TERMES DE REFERENCE Recrutement d un/e Consultant/e National/e pour la réalisation d une analyse des barrières à l accès au dispositif national de conseil et de dépistage anonyme et gratuit du VIH existant (CCDAG), selon une approche Genre I- Contexte et justification En Tunisie, l épidémie de l infection par le VIH était considérée jusqu au milieu des années 2000 comme peu active, avec un taux de prévalence inférieure à 0,1% dans la population générale. Cependant, les études séro-comportementales de 2009, 2011 et 2014 ont montré que la prévalence du VIH, dans les sites explorés par ces enquêtes 1, était plus importante auprès des «populations clés» et notamment les Hommes ayant des relations Sexuelles avec les Hommes (HSH). Ainsi, la prévalence a été respectivement estimée à 0,43%- 0,61%-0,92% pour les travailleuses du sexe clandestines (TS), de 3,1%-2,4%-3,9% pour les usagers de drogues injectables (UDI) et de 4,9%- 13%- 9,1% pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Il est estimé qu une proportion importante des personnes appartenant à ces populations clés ne connait pas son statut sérologique 2. D autre part, l évaluation basée sur le Genre de la Riposte Nationale au VIH/SIDA élaborée en 2014 par le PNLS, en partenariat avec l ONU SIDA et l ONU Femmes, rappelle que le mode de transmission diffère selon le genre. En effet, depuis le début de l épidémie, le mode de transmission chez les femmes se fait surtout par l activité hétérosexuelle alors que chez les hommes, la transmission se fait plutôt par l usage des drogues injectables. L incidence par âge en 2014 diffère aussi selon le genre : pour les moins de 19 ans : l incidence est plus forte pour les filles que pour les garçons ; chez les 20-24 ans, elle est à peu près égale entre les hommes et les femmes ; dans la tranche de 24-50 ans, elle est plus forte pour les hommes; pour les plus de 50 ans, elle est plus forte pour les hommes. Actuellement, l information disponible indique que le sexe ratio a diminué de 3.02 avant 2000 à 1.52 en 2014 3. En 2007, et dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Stratégique National VIH/IST 2006-2010, le Programme National de Lutte contre le sida, avec le concours des différents acteurs de la riposte nationale (y compris la société civile), et avec l appui de l UNICEF, a mis en place le dispositif national de conseil et de dépistage anonyme et gratuit du VIH en Tunisie. Ce dispositif a été créé afin de renforcer les services de prévention et d améliorer l accès au dépistage, notamment pour les populations les plus exposées au risque de transmission du VIH. Un ensemble d actions a ainsi été 1 Rapport d activité sur la Riposte Nationale au SIDA- Tunisie, RARSM/GARPR, 2015- Ministère de la Santé Publique (DSSB/PNLS). 2 Stratégie Nationale sur le dépistage- 2014
mené pour appuyer la création de ce dispositif, telles que la révision de la loi sur la déclaration des maladies transmissibles et les prérogatives pour l anonymat, l élaboration du cahier des charges, des modules de formation du personnel et des fiches de recueil de données et de reporting, la formation du personnel et la mise à dispositif des outils nécessaires (test rapide). En 2015, 25 centres de conseil et de dépistage (CCDAG) sont répartis sur l ensemble des gouvernorats du pays. La stratégie actuelle de dépistage repose sur un dépistage individuel volontaire, à l initiative de toute personne souhaitant connaître son statut sérologique. Le dépistage est offert de manière anonyme et gratuite au sein des CCDAG. Cependant, la prise en compte du genre dans le dispositif reste limitée et celui-ci demeure peu utilisé par les populations les plus à risque, bien que des activités extramurales aient été entreprises par certains CCDAG. Pourtant, le diagnostic précoce accompagné d une orientation rapide vers un service de prise en charge et d une bonne observance du traitement antirétroviral, peut conduire à une suppression virale durable et à une diminution des taux de transmission sexuelle du VIH et d incidence du VIH. Une première revue du dispositif national de conseil et de dépistage anonyme et gratuit du VIH a été réalisée en 2011 par le PNLS avec l appui de l UNICEF. Les résultats obtenus indiquent qu entre 2009 et 2011, le nombre d hommes accédant à ces centres est plus important que celui des femmes (61% contre 39% pour les femmes). Le dépistage constitue l un des piliers de la stratégie globale de la lutte contre le sida. L étude servira ainsi à orienter les interventions du PNLS, selon l approche «fast track» de l ONU SIDA pour l élimination de l épidémie en 2030. Il est donc nécessaire d analyser et comprendre les barrières à l accès à ce dispositif pour les femmes, les filles et les populations clés, afin d en tirer les leçons et l améliorer dans le sens de l accélération de la riposte nationale. L étude, vient dans ce cadre, répondre aux recommandations de l évaluation basée sur le genre de la Riposte Nationale au VIH/SIDA, en ce qui concerne «l amélioration de l information stratégique pour mieux connaître l épidémie et mieux comprendre les besoins spécifiques des femmes et des filles, des hommes et garçons et des populations clés». A cet effet, et afin d appuyer le PNLS/DSSB à mener cette étude, l ONU Femmes, en partenariat avec l ONUSIDA, cherche à recruter un/e Consultant/e National/e, afin de mener une analyse des barrières à l accès au dispositif national de conseil et de dépistage anonyme et gratuit du VIH (CCDAG), selon une approche Genre. II- Objectifs général et spécifiques de la consultation Objectif général : L objectif de la consultation est d identifier et d analyser les barrières à l accès au dispositif national de conseil et de dépistage anonyme et gratuit du VIH (CCDAG), selon une approche basée sur le genre.
Objectifs spécifiques : Analyser les causes sous-jacentes des barrières à l accès selon la perspective genre en menant des entretiens avec les différents intervenants et bénéficiaires concernés (PNLS/DSSB, personnel des CCDAG, représentants des populations clés, ONGs thématiques, espaces communautaires ) Formuler une série de recommandations opérationnelles relatives aux différents critères analysés, servant à renseigner et appuyer une Riposte Nationale au VIH/SIDA plus sensible au genre. III- Résultats attendus au terme de cette prestation : Les barrières à l accès au dispositif national de conseil et de dépistage anonyme et gratuit (CCDAG) sont identifiées et analysées selon une approche genre Les recommandations pour la prise en compte du genre dans l accès au dispositif national de conseil et dépistage sont formulées et disséminées auprès des acteurs nationaux impliqués dans la riposte nationale au VIH/SIDA. IV- Tâches et responsabilités : Le/la consultant/e, en étroite collaboration avec le comité restreint de pilotage de l étude (PNLS/DSSB, ONU Femmes, ONU SIDA) aura pour tâches de : - Proposer des critères d évaluation sensibles au Genre pour l analyse des barrières à l accès selon les critères définis et préparer une grille d analyse ; - Mener des rencontres/interviews/focus groupes avec les différents intervenants, personnes ressources et bénéficiaires concernés ; - Identifier et analyser les barrières sensibles au genre dans l accès aux centres de conseil et de dépistage ; - Donner un aperçu périodique au comité technique sur l état d avancement de l étude ; - Faciliter l atelier de présentation et validation des résultats de l étude ; - Elaborer le rapport final (en français) compilant les résultats de l analyse, incluant les bonnes pratiques identifiées et les recommandations et participer à l animation de l atelier ou réunion de validation. L atelier ou réunion de restitution réunira les acteurs nationaux impliqués dans la riposte nationale au VIH/SIDA, le comité technique restreint de suivi de l étude et le comité de pilotage élargi. V- Produits attendus : - Rapport intermédiaire comprenant les premiers résultats de l étude, la note méthodologique, la grille d analyse et outils d analyse validés - Rapport final de l étude (en français) remis au PNLS en papier et version électronique. Le rapport doit inclure des recommandations permettant de surmonter les obstacles identifiés, afin d améliorer l accessibilité sensible au Genre des centres, - les outils de collecte d informations utilisés (questionnaires, grille d entretien, matrice d évaluation des structures visitées selon les critères définis etc ) et les rapports des focus groupes/entretiens seront remis au PNLS.
VI- Qualification et compétences requises : - Diplôme universitaire en sciences médicales ou sociales ou autre discipline équivalente - Avoir des connaissances dans le domaine du VIH/sida - Avoir de bonnes connaissances du contexte et de la riposte nationale en matière de VIH/sida en Tunisie, et des acteurs clés - Avoir de bonnes connaissances et familiarité avec les concepts de Droits Humains/ Genre/ Droits des Femmes - Avoir mené des études similaires - Disposer de compétences en communication et animation de discussions/focus groups/ entretiens et recueil d information qualitative - Capacité à travailler en équipe et avec de multiples acteurs - Maitrise parfaite de l arabe et du français VII- Durée de la consultation et honoraires : La réalisation de cette étude ne dépassera pas 3 mois maximum (dont 50 jours de travail effectif), à compter de la date de signature du contrat. Livrables Termes de paiement - Rapport intermédiaire comprenant les premiers résultats de l étude, la note méthodologique validée, la grille d analyse et outils d analyse validés 25% - Rapport final de l étude validé et atelier de validation des résultats 75% VIII- Engagements : Le Comité technique restreint de suivi de l étude (PNLS, ONU Femmes, ONU SIDA, ONFP) s engage à : - Etablir un comité de pilotage élargi pour consultation et validation des outils d analyse et résultats de l étude (Organisations Gouvernementales, Société Civile, Système des Nations Unies ) - Briefer le consultant - Effectuer un suivi régulier de l avancement du travail - Effectuer les commentaires et demandes d ajustements nécessaires tout au long de la mission et sur les différentes versions du rapport de l étude Le Comité de pilotage élargi s engage à : - Valider la note méthodologique et les outils d analyse - Valider les différentes versions du rapport de l étude
IX- Confidentialité : - Toutes les données collectées resteront confidentielles, et ne pourront pas être utilisées pour d autres travaux qu après autorisation explicite du PNLS/DSSB - Toutes les données nominatives ne seront jamais diffusées et ne seront pas accessibles à un tiers. X- Grille d évaluation et modalités de soumission : Note max CARACTERISTIQUES 1000 Rubrique Expérience et expertise dans le domaine d étude 800 1.1 Diplôme universitaire en sciences médicales ou sociales ou autre discipline équivalente 1.2 Bonnes connaissances du contexte, des institutions, de la riposte nationale en matière de VIH/Sida et des acteurs clés 1.3 Connaissances et familiarité avec les concepts de Droits Humains/ Genre/ Droits des Femmes 1.4 Avoir mené des études similaires 200 Rubrique Compétences exigées 200 200 200 200 2.1 Compétences en communication, animation de discussions/focus groupes/entretiens, et recueil d information qualitative 100 2.3 Maitrise de l arabe et du français 100 Note importante : Seront éliminées à l issue de cette phase toutes les offres ayant obtenu une note technique inférieure à la note technique minimale de 700 points qui représente 70% des points totaux de la proposition technique (notée sur 1000 points). L offre la moins disant et techniquement qualifiée sera retenue. XI- Modalités de soumission : Le dossier de candidature doit comprendre : Une offre technique comprenant : - CV actualisé et détaillé. - Note méthodologique décrivant la méthode adoptée et incluant un calendrier prévisionnel des activités prévues dans le cadre de cette revue (visites, réunions de travail, entretiens ) Une offre financière comprenant :
- Une proposition financières en HT et TTC, incluant tous les frais inhérents à la consultation (frais de communication, déplacements, perdiem etc ) XII- Dépôt de dossier de soumission : Les dossiers de candidature doivent être soumis, au plus tard le 21 septembre 2015, aux adresses email suivantes : comiteenquete@gmail.com, fatma.lassoued@unwomen.org