PROJET DE FIN D ETUDES Juin 2006 DIDIER Florent - Élève ingénieur de 5 ème année «Développement et mise en forme du Process & Standards des Corps d Etats Secondaires en Habitat» Spécialité GENIE-CIVIL
REMERCIEMENTS Je remercie la société Pertuy Construction et l ensemble de ses collaborateurs pour leur accueil chaleureux, leur patience à mon égard et l aide qu ils m ont apporté. Je tiens plus particulièrement à exprimer ma reconnaissance envers M. Paul ADRIAENS, Directeur Général Adjoint Pertuy Construction Bâtiment, M. Jean-Yves SCHWEITZER et M. Hervé VÉRONÈSE, Directeurs Adjoint Travaux qui ont rendu possible ce séjour au sein de Pertuy Construction. Je souhaite aussi remercier M. Edouard GEORGÉ et M. Pierre-François WURTZ, Chefs de groupe Pertuy Construction et Pilotes du projet, qui m ont permis d assumer pleinement mon rôle dans l élaboration du Process & Standards des Corps d Etats Secondaires en habitat. Je tiens aussi à les remercier pour leur patience, leur compréhension et pour l ensemble des connaissances qu ils m ont apporté au cours de ces cinq mois. Grâce à l ensemble de ces personnes, ce stage m a permis d améliorer mes compétences en matière de gestion de projet et principalement, de prendre conscience des paramètres qui régissent la bonne exécution des travaux sous-traités. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 2
SOMMAIRE INTRODUCTION... 4 1. La présentation de l entreprise... 5 1.1. Un groupe international... 5 1.2. Une identité régionale... 7 1.2.1. Historique... 7 1.2.2. Les activités de Pertuy Construction... 7 1.2.3. Le secteur Bâtiment... 8 2. Les Besoins de l entreprise... 9 2.1. Une politique d entreprise... 9 2.1.1. Historique... 9 2.1.2. Les Nouveaux Enjeux... 9 2.2. Pourquoi l Habitat?... 9 2.3. Le P&S GO...10 2.4. La particularité des CES...11 2.5. La situation actuelle...12 2.6. Les enjeux du Process & Standard CES...13 3. Elaboration du projet...16 3.1. Equipe de projet...16 3.2. Notre réponse aux objectifs...16 3.2.1. Les documents «TYPE»...18 3.2.2. La réglementation...20 3.2.3. Contrôle...21 3.2.4. La Charte sous-traitant....21 4. La Démarche Process & Standard CES...23 4.1. Planning de travail...23 4.2. Les Acteurs de la démarche P&S CES...25 4.2.1. Les acteurs internes...25 4.2.1.1. Les collaborateurs travaux...25 4.2.1.2. La Direction Technique (DT)...26 4.2.1.3. Le service Achat...28 4.2.1.4. Le SAV...29 4.2.2. Les sous-traitants...29 4.3. La procédure de travail...30 4.3.1. L analyse des informations...30 4.3.2. Les réunions de travail...30 4.3.3. Consultation finale...31 4.4. Mon rôle dans l élaboration du P&S CES...31 5. Un support de formation...33 6. P&S Menuiserie Extérieure...35 CONCLUSION...49 BIBLIOGRAPHIE...50 ANNEXES...51 Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 3
INTRODUCTION Dans le cadre du cursus d ingénieur de l INSA Strasbourg, l aboutissement de la formation s effectue par l intermédiaire d un PFE 1 d une durée de 20 semaines. L objectif général du PFE est de mettre l étudiant au cœur d un problème technologique réel qu il devra résoudre. En tant qu élève de dernière année à l INSA Strasbourg, section Génie Civil, j ai effectué mon PFE au sein de la Direction bâtiment de l entreprise Pertuy Construction. Mon projet de fin d étude concerne le développement et la mise en forme du P&S 2 des CES 3 en Habitat. Cette procédure de standardisation a préalablement été appliquée au GO 4. Il s agit d un projet global d entreprise qui vise à supprimer la notion de Prototype sur les chantiers de logements. L objectif du projet consiste à capitaliser l expérience des collaborateurs de l entreprise afin de parvenir à une mutualisation du savoir et sur cette base, de rédiger un document de synthèse, rationalisant les modes opératoires et permettant au conducteur de travaux d élever le niveau de qualité des ouvrages. Edité sous support informatique, le programme est destiné à être distribué à 150 conducteurs travaux Pertuy Construction au cours de l été 2006. La participation à un tel projet est pour moi l occasion de m intéresser aux CES mais aussi d appréhender davantage la gestion de projet avec les impératifs et les exigences que cela requiert. Ce mémoire présente de façon synthétique les grandes étapes du projet, Après une présentation succincte de Pertuy Construction, je définirais les enjeux du P&S puis les moyens mis en œuvre pour y répondre. 1 Projet de Fin d Etudes 2 Process & Standards 3 Corps d Etats Secondaires 4 Gros Oeuvre Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 4
1. La présentation de l entreprise 1.1. Un groupe international Créée en 1952 par Francis Bouygues, l entreprise "BOUYGUES" s'impose aujourd'hui en tant que leader sur la plupart de ses marchés. D'abord centrée sur l'ile de France, l'entreprise s'implante en régions pour couvrir l'ensemble de la France, l'europe puis le reste du monde. L'internationalisation débute en 1972 par la construction du complexe olympique de Téhéran en Iran. La force du groupe BOUYGUES Construction réside dans la diversité de ses activités, du bâtiment aux travaux publics, en incluant les terrassements et les domaines de l électricité (ETDE). En 2005, son chiffre d affaire croît de +11% à 5,8 milliards d. En Europe, BYEFE 5 est constitué de plusieurs entités régionales ayant chacune leur histoire. Dans le Nord-Est de la France, il s agit de Pertuy Construction. Figure 1 : Organisation géographique de BYEFE. Bien que la construction soit le cœur de métier du groupe BOUYGUES, ses activités se sont diversifiées au cours des années (TF1, Bouygues Telecom, Colas, Bouygues Immobilier). 5 BouYgues Entreprises France Europe Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 5
Figure 2 : Organigramme de Bouygues à Pertuy Construction. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 6
1.2. Une identité régionale 1.2.1. Historique La société PERTUY a été fondée en 1950 par Augustin Pertuy à Nancy. En application de sa stratégie d implantation en province, BOUYGUES prit une participation majoritaire dans le capital de PERTUY en 1978 et créa la même année la société GTFC 6 à Besançon. Afin d assurer des relations de proximité avec ses clients, PERTUY implanta de nouvelles agences à Epinal, Longwy, Metz et Reims. GTFC (région Franche-Comté et Côte d Or) et PERTUY ont fusionné en 1999 pour constituer une nouvelle entité, PERTUY-GTFC SA. Dès le 1er janvier 2000, celle-ci étendit son champ d action à l ensemble du quart Nord-Est de la France (Lorraine, Champagne, Alsace, Franche-Comté et Côte d Or) et au Luxembourg, en intégrant KESSER en Alsace, société fondée en 1974. L entreprise prit sa dénomination actuelle, PERTUY CONSTRUCTION, à ce moment-là. 1.2.2. Les activités de Pertuy Construction Présente depuis plus de 50 ans sur son territoire, l entreprise Pertuy Construction, développe ses 4 métiers : Bâtiment, Génie Civil, Ouvrages d art, Montage Figure 3 : Répartition de l Activité en 2005. 6 Grands Travaux Franche Comté Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 7
Figure 3 : Evolution de l Activité Bâtiment Ce diagramme nous permet de constater que l activité du service Bâtiment contribue à hauteur de 50% à l activité de Pertuy Construction. Par ailleurs, sa croissance suit la tendance du groupe. Figure 4 : La main d œuvre Pertuy Construction (février 2006). Actuellement, une grande campagne de recrutement des compagnons est menée sur tout le territoire afin de fournir aux chantiers une main d œuvre suffisante. 1.2.3. Le secteur Bâtiment Habitat : logements sociaux, logements privés, réhabilitation de logements. Ouvrages fonctionnels : bureaux, commerce, culture, enseignement, justice, loisirs, santé. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 8
2. Les Besoins de l entreprise 2.1. Une politique d entreprise 2.1.1. Historique 12 et 13 juin 2003 : Point de rencontre maîtrise à la Bresse. Paul ADRIAENS lance officiellement le projet des Process & Standards chez Pertuy Construction en prenant pour objectif «un abaissement des coûts de production chantier de 10% en 3 ans». L ensemble des hiérarchies travaux est mobilisé autour de ce thème. 2.1.2. Les Nouveaux Enjeux A ce jour, la plupart des entités de BYEFE possède leur propre P&S GO, adapté aux modes de constructions régionaux. Une action en cours a pour objectif de tous les réunir, afin de définir le P&S de BYEFE. Limité jusque-là aux travaux réalisés en PP 7, Paul ADRIAENS a lancé en décembre 2005 le projet Process et Standards CES en Habitat. Instigateur de la démarche sur tout le territoire de BYEFE, il nous revient la mission de concevoir et développer l outil à destination des conducteurs de travaux. 2.2. Pourquoi l Habitat? A l heure ou l industrie n a pour seul objectif que d accroître sa productivité en s appuyant sur des processus de fabrication toujours de plus en plus élaborés, le BTP 8 a trouvé dans l habitat le moyen de l imiter. Cette stratégie se vérifie à deux échelles. Il apparaît clairement que les chantiers de logements présentent de nombreuses similitudes, que ce soit au niveau des ouvrages verticaux comme des ouvrages horizontaux. Ces modes opératoires identiques, que nous retrouvons d un chantier à un autre, ou d un étage à un autre, pour une construction de logements donnée, justifient la mise en place de standards de construction pour les modes opératoires courants. Les travaux en logements sont des travaux répétitifs qui s inscrivent effectivement dans une démarche de standardisation. Par ailleurs, les travaux du second œuvre sont très variés. La nature des produits ainsi que leurs prescriptions de mise en œuvre sont multiples, le conducteur de travaux doit par conséquent tous les connaître afin de garantir au client une qualité optimale. 7 Part Propre 8 Bâtiment Travaux Publics. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 9
Ainsi, la gestion des CES est une activité complexe qui requiert de la part de l ingénieur travaux, une organisation minutieuse et des connaissances diversifiées. Toutefois, l Habitat rend possible la mise en place d une démarche unique de suivi des CES pour des prestations différentes. En effet, quelque soit la nature des revêtement muraux à poser, les procédures d Achat, la réception du support ou encore les procédures de contrôle sont identiques. Le P&S CES se propose donc d établir une procédure unique de suivi des CES. 2.3. Le P&S GO Figure 6 : Page d accueil du P&S GO. En Juin 2003, une démarche de standardisation a déjà été entreprise pour les travaux du GO. Elle a permis d établir le P&S GO qui établit les standards de fabrication pour les ouvrages horizontaux, les ouvrages verticaux et les ouvrages divers en habitat. L information disponible sur le CD-ROM est organisée suivant trois grands axes : La méthodologie de réalisation de la tâche, La boîte à outils que doit posséder le compagnon pour réaliser cette tâche, Le matériel à utiliser. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 10
Figure 7 : Exemple du Process Banche. 2.4. La particularité des CES Dans un projet de logements, Pertuy Construction intervient principalement en tant qu entreprise générale. Elle a donc en charge la réalisation globale de l ouvrage, à savoir le Gros Œuvre en part propre et les Corps d Etat Secondaires en sous-traitance. Pour le conducteur en charge du chantier, ce sont deux secteurs d activités différents, qui requièrent chacun des compétences spécifiques. Dans une construction, les travaux du second œuvre «habillent» l enveloppe du bâtiment et le rendent fonctionnel. Il s agit de la partie visible de l ouvrage. Ainsi, une attention particulière doit y être portée. Pour satisfaire à ces exigences, l ingénieur dispose de nombreuses zones d interventions, mais pour être efficaces, elles doivent être régies par des procédures. Dans sa mission de coordination, il doit s assurer de l enchaînement optimal des tâches, que ce soit sur l aspect technique comme sur les délais. Dans sa mission de suivi, il doit veiller à la bonne exécution des prestations soustraitées, tant vis-à-vis de la réglementation que des exigences du client. Enfin, afin de garantir un haut niveau de qualité, l ingénieur est affecté d une mission de contrôle des prestations réalisées, aussi bien sur la fonctionnalité que sur la finition des ouvrages. Le P&S CES doit apporter des réponses aux problèmes soulevés par ces différents devoirs. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 11
Outre le succès financier, la réussite d un projet s apprécie aussi par le nombre de réserves en fin d opération. Ce dernier aspect est capital dans la politique de fidélisation des clients car leurs attentes vont dans la capacité d une entreprise générale à orchestrer les interventions de chacun mais aussi et principalement, à offrir des ouvrages de qualité, que ce soit du point de vue technique que architectural. Pour prétendre à ce résultat, l ingénieur travaux doit être sensibilisé sur les procédés d exécution des différentes prestations à réaliser, et plus particulièrement sur les points de vigilance et sur les interfaces avec les autres CES. Ainsi, le Process & Standard CES doit fournir aux hommes de chantier les informations et les outils nécessaires à une gestion rigoureuse des travaux sous-traités. 2.5. La situation actuelle Consciente des enjeux que les CES représentent, Pertuy Construction ne cesse d investir dans la formation de ses jeunes cadres. Ainsi, des sessions sont régulièrement organisées afin de sensibiliser les jeunes conducteurs aux techniques de construction des CES. Le support de formation a été élaboré par la DT 9 de Bouygues Construction, il est désigné par l acronyme ITC (Initiations aux Techniques de Construction) qui traite de la plomberie, de l électricité, du clos-couvert mais aussi de l acoustique, de la sécurité incendie Tous ces documents et bien d autres sont disponibles sur l Intranet de Bouygues Construction. De plus, les jeunes ingénieurs ne sont jamais seuls sur chantier, la réponse à une interrogation est toujours détenue par une personne de l entreprise. Figure 8 : Exemple de l ITC CVC Cette dernière remarque peut aussi être à l origine de certains désagréments. En effet, les services de l entreprise sont régulièrement mis à contribution sur des sujets récurrents en 9 Direction Technique. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 12
Habitat. Cette remarque est principalement valable pour le service réglementation. Ainsi, le P&S CES devra permettre de soulager ces services, en apportant les éléments de réponse adéquats. Dans un autre registre, comme toutes les entreprises de BTP, Pertuy Construction doit faire face à des sujets de sinistres récurrents dont la charge financière est supportée par le SAV 10. Dès lors, une action doit être menée en collaboration avec ce service afin de déceler les défauts d exécution à l origine de ces malfaçons et ainsi mettre en place les actions correctives en amont. Toutefois, en construction, LA solution n existe pas. La réglementation impose dans de nombreux cas une exigence de résultats qui peut être satisfaite par divers systèmes constructifs. Mais tous les procédés ne se valent pas et leur coût peut parfois aller du simple au double. Il convient donc de rechercher celui qui possède le meilleur rapport qualité/prix. Enfin, à ce jour, il n existe pas de réseau de connaissances, chacun dans son coin expérimente des systèmes ou procédures sans en faire bénéficier les autres conducteurs. Ainsi, certaines innovations restent isolées et de la même façon des erreurs sont reconduites sur chantier. Pour y remédier, le P&S CES se propose de capitaliser l expérience des collaborateurs travaux. 2.6. Les enjeux du Process & Standard CES Nous venons de le voir, Pertuy Construction dispose d un champ de connaissance très vaste, mais à ce jour, aucune synthèse n existe permettant d établir une démarche unique pour des prestations différentes. En effet, les services de l entreprise, les formations dispensées, l expérience des conducteurs ou encore les renseignements disponibles sur l Intranet constituent un puit de connaissance considérable, mais à ce jour, il manque un document de synthèse permettant de faire le lien entre chacune de ces sources d informations. Le P&S CES se veut être ce document. D autre part, le passé de Pertuy Construction a forgé les différences entre les cultures de construction locales. Ainsi, à Besançon (GTFC), Strasbourg (KESSER) ou Nancy (Pertuy), on n utilise pas les même matériaux et les même techniques de construction. Ces distinctions d autrefois doivent à présent être mises en commun afin d établir les systèmes les plus performants et les plus rentables qui pourront être généralisés à l ensemble du territoire Pertuy Construction. Pour parvenir à cette mutualisation du savoir, une vaste campagne d audits auprès de tous les acteurs de la construction doit être menée. Enfin, pour s imposer sur son marché, Pertuy Construction n a de cesse l ambition d élever son niveau de qualité.. Pour y parvenir, il a été décidé de rationaliser les procédés d exécution et d établir une procédure unique de gestion des CES, pour chaque lot et pour des prestations différentes. 10 Service Après Vente. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 13
Ce travail d analyse nécessite de maîtriser l ensemble des paramètres qui régissent la bonne exécution des prestations. Outre l aspect réglementaire et financier, la prise en compte des habitudes de l entreprise et de ses expériences apparaît comme essentielle. Ainsi, deux constats sont faits : Les ingénieurs travaux ont besoin d un document de synthèse qui définisse les systèmes constructifs à mettre en œuvre pour élever le niveau de qualité des ouvrages. Le manque d échanges entre les conducteurs de travaux conduit à des erreurs chroniques sur les chantiers et à des innovations/améliorations non diffusées. Le Process & Standard CES doit combler ces manques en répondant aux trois objectifs qui lui ont été fixés : Gagner en productivité et en qualité par la standardisation des modes opératoires de l entreprise et de ceux des ST 11, Il s agit d abord de présenter les travaux à réaliser, puis d identifier les points sensibles, ceux à l origine des sinistres, et enfin de déterminer des procédés d exécution standards, qui permettent de s en affranchir. Notre ambition est de faire de l ingénieur travaux un spécialiste multidisciplinaire, afin de le rendre attentif sur les conséquences d un non respect des règles de l art et ainsi limiter le risque de réalisations non-conformes non détectées à temps. Capitaliser l expérience travaux en procédant à des audits sur tout le territoire Pertuy Construction, L analyse des besoins a montré le manque d échanges entre les conducteurs de travaux et les conséquences en découlant. Pour y remédier, une série de rencontres sur les chantiers est programmée, afin de recueillir les attentes des conducteurs pour le P&S CES, ainsi que leurs expériences pour, à terme, parvenir à une mutualisation du savoir. Mettre à disposition des conducteurs de travaux, une aide pour la bonne exécution des prestations sous-traitées, ainsi qu un outil de suivi et de contrôle des Corps d Etats Secondaires en Habitat. Nous en avons parlé ; la réglementation impose dans certains cas une exigence de résultats. Le P&S CES doit proposer des systèmes constructifs permettant d y répondre. 11 Sous Traitant Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 14
Toutefois, l aspect technique ne suffit à lui seul pour justifier une solution ; les critères financiers et de mises en œuvre sont également considérés dans nos recherches. Le P&S a aussi pour mission de guider l ingénieur travaux, aussi bien dans les démarches à entreprendre, comme les commandes de fournitures, que dans le suivi des travaux. Par ailleurs, pour systématiser les procédures de contrôle, le P&S définit la nature et la fréquence des contrôles à réaliser pour prétendre à une qualité optimale. Destiné à être distribué à l ensemble des conducteurs travaux Pertuy Construction, le P&S CES, comme l a été le P&S GO, sera édité sous format informatique (.ppt) puis gravé sur CD- ROM ; le choix du support ayant été convenu au démarrage de la campagne Process & Standard en 2003. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 15
3. Elaboration du projet 3.1. Equipe de projet Destiné aux équipes de Travaux, le P&S CES doit être précis, synthétique et pratique. Ce mariage n étant pas des plus évidents, Paul ADRIAENS, à l initiative du projet, à missionner trois hommes pour constituer l équipe de projet. Instigateur du P&S CES Paul ADRIAENS Superviseur P&S CES Hervé VERONESE Pilotes du P&S CES Edouard GEORGE Pierre François WURTZ Figure 8 : Organigramme du Process & Standard CES. 3.2. Notre réponse aux objectifs Pour que le logiciel P&S CES devienne un outil du quotidien, l ingénieur doit pouvoir trouver réponse à sa question de manière instantanée, sans avoir à parcourir l ensemble du programme. C est ce qui a justifié l intégration de quatre portails d accès. La définition de leur contenu a, quant à elle, été dictée par les activités qui rythment la journée de travail du conducteur de travaux sur chantier. Ainsi, la gestion des prestations sous-traitées requiert une organisation minutieuse, à la fois en phase préparatoire, pour la commande des fournitures ou l élaboration du planning TCE, mais aussi en phase d exécution pour le suivi des travaux. Pour y parvenir, l ingénieur a besoin d un certain nombre de supports. Certains d entre eux sont d ores et déjà standardisés ; d autres restant à la charge du conducteur. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 16
La rubrique «Documents TYPE» est conçue pour être une véritable boîte à outils, dans laquelle des documents ou des démarches ayant fait leur preuve sur chantier, sont présentés. Lors du suivi des prestations sous-traitées, le conducteur doit s assurer du respect des bonnes pratiques. Pour ce faire, il lui faut connaître les procédés d exécution standards, ceux qui sont mis en œuvre sur tous les chantiers Pertuy Construction. Par ailleurs, les prestations intérieures devant répondre à de multiples exigences réglementaires, le conducteur a le devoir de les faire respecter ; ce qui impose qu il se les approprie. Aussi, le P&S CES présente des procédés d exécution permettant de répondre à toutes ces exigences, mais aussi les points réglementaires y faisant référence. Enfin, puisque la réussite d un projet s évalue, entre autres, par le nombre de réserves en fin d opération, l ingénieur a la responsabilité de mettre en place des contrôles systématiques sur les points sensibles faisant souvent défauts. Ainsi, les axes de recherches du P&S CES se superposent aux activités du conducteur, de la rédaction des pièces écrites, au suivi technico-réglementaire, en terminant par des procédures de contrôles. Les quatre rubriques du P&S CES sont : Documents «TYPE» Exécution Réglementation Contrôle Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 17
Figure 9 : Page d accueil du P&S CES. 3.2.1. Les documents «TYPE» Seront disponibles sous cet onglet : Figure 10 : Documents «Type». Les documents de coordination nécessaires à la gestion des prestations sous-traitées, en particulier un modèle d un Compte Rendu de coordination et de tableau des choix, Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 18
Le planning TCE 12, avec notamment la démarche à entreprendre pour son obtention, Il s agit d un outil développé par Bouygues Bâtiment Île de France qui, à partir d une base de donnée Excel (.xls) renseignée par le conducteur, établit le planning TCE pour le chantier considéré sous «Project», rendant ainsi possible les adaptations en cours de travaux. La transposition en prévision de durées de tâches est rendue possible par une manipulation informatique qui intègre les cadences et ratios de l entreprise. Cet outil a été adapté aux conditions de travail de Pertuy Construction et est actuellement en cours de diffusion sur les différents sites. Fiable à 90%, le planning TCE «automatique» doit devenir un standard d entreprise. Il doit à l avenir équiper tous les chantiers d Habitat. Le P&S propose par conséquent une démarche à suivre, en collaboration avec le service Méthode, pour son obtention. Les formulaires Achat, comprenant entre autres diverses DA 13 et lettres de commandes, Même si Pertuy Construction sous-traite les prestations du second œuvre à des entreprises partenaires, il lui arrive, de plus en plus souvent, de traiter les marchés en pose seule et de prendre en charge l achat des fournitures. Financièrement intéressant, ce mode de gestion comporte de nombreux risques, à savoir des erreurs de métré, des erreurs dans la nature des fournitures à livrer ou encore dans la prise de commandes ; associée à cela, une prise de temps considérable. Le P&S CES, en collaboration avec le service Achat, se propose de mettre à disposition des conducteurs, des documents pré-établis, qui listent les éléments importants à prendre en compte au moment de la commande, ainsi que des points de vigilance, afin de limiter les risques d erreurs. Le standard d interface propose au conducteur une affectation de tâche systématique à un CES pour les travaux en limite de prestations, Ces «additifs» sont à intégrer au marché du ST. Les TMA 14 Sur de nombreuses opérations, un certain nombre de logements est destiné à de l accession à la propriété. Cette situation est classique, mais elle entraîne des perturbations d ordre organisationnel, qui, si elles sont mal gérées, peuvent conduire à l échec du chantier. C est ce que nous appelons, lorsque chaque propriétaire définit ses choix, la gestion des TMA. Le P&S CES propose au conducteur des procédures pour la bonne conduite des opérations, car le plus grand risque en accession reste le manque de rigueur et d organisation. 12 Tous Corps d Etats 13 Demande d Achat 14 Travaux Modificatifs Acquéreurs Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 19
3.2.2. La réglementation Les bâtiments de logements sont très réglementés et la réglementation y faisant référence est en constante évolution. Ainsi, une attention particulière y est portée, afin que l ensemble des procédés d exécution décrit dans le logiciel soit conforme aux exigences en vigueur. Par ailleurs des mises à jour du programme sont envisagées. En construction, nous parlons souvent des «Règles de l Art». Ce terme générique recouvre l ensemble des textes qui encadrent l activité de construction : normes, DTU 15, avis techniques, règles professionnelles, règles de calcul et de dimensionnement des ouvrages, etc. Ces textes expliquent comment bâtir un mur ou une charpente, comment réaliser un enduit ou comment poser des tuiles. Chacun d entre eux traite d un domaine d application particulier. Dans la construction, les normes de produits décrivent les matériaux et les composants traditionnels, c'est-à-dire ceux dont l usage est suffisamment ancien et généralisé. Les DTU, quant à eux, définissent les conditions de mise en œuvre des produits. De façon imagée, la norme de produit définit la «bonne» brique et le DTU le «bon» mur. Si les normes et les DTU codifient les pratiques considérées comme traditionnelles, largement répandues et faisant l objet d un consensus entre les professions, ils ne décrivent pas un produit ou un procédé nouveau ou innovant. Or, les progrès de la technique et de la science incitent les professionnels à rechercher, concevoir, proposer et vendre des produits nouveaux. Un produit nouveau peut se distinguer par une ou plusieurs des caractéristiques suivantes : Des performances techniques élevées de l ouvrage fini, Des conditions de mise en œuvre améliorées, Un prix compétitif. Afin d ouvrir les marchés à ces produits nouveaux, il existe, en France, le système des Avis Techniques (AT) par lequel, après un examen technique détaillé par le CSTB, des «Groupes Spécialisés» (GS), constitués de professionnels et d experts, formulent un «avis» qui, lorsqu il est favorable, autorise la mise en place sur le marché de ces produits, avec une reconnaissance d un taux de risque raisonnable pour les assurances. Ces «avis» prennent la forme de documents écrits, qui expliquent dans quelles conditions l aptitude à l emploi du produit ou procédé nouveau a été examinée, et qui précisent les limites d emploi de l innovation. En bonne logique, lorsque des procédés «nouveaux» ont pu, grâce au système des Avis Techniques, faire leur preuve sur les marchés et parvenir à un large niveau de développement, ils ne peuvent demeurer dans la catégorie des «innovations», puisqu en tant que références d un marché, ils sont devenus «traditionnels». Or, ce passage de l Avis Technique à la norme est parfois difficile. Des systèmes et procédés, considérés depuis des années comme références de leurs marchés, tels que les doubles 15 Documents Techniques Unifiés Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 20
vitrages, les étanchéités bitume élastomères et les menuiseries PVC, demeurent dans le système des Avis Techniques. Ces règles sur l art de bâtir les ouvrages ne doivent pas être confondues avec les performances imposées, en fonction de son usage et de sa destination, à chaque construction. Nous pouvons citer comme exemples, dans cette seconde catégorie de textes, le Code de la construction et de l habitation, le règlement de sécurité incendie, la réglementation acoustique et les règles parasismiques. Les performances minimales peuvent être l isolement acoustique entre locaux, le degré coupefeu d une porte et la réaction au feu d un revêtement. Ces performances sont à priori imposées sans avoir la préoccupation de savoir si les murs sont en béton, en briques, en bois ou en plastique, si les planchers sont en Béton Armé (BA) ou en précontraint, etc. Cette référence à la performance à atteindre laisse au constructeur toute liberté d imaginer des solutions originales. Elle a permis l éclosion de multiples innovations techniques. Le chapitre réglementation se propose par conséquent de définir les performances minimales à atteindre pour chaque type d ouvrage. 3.2.3. Contrôle Dans la volonté de l entreprise à accroître son niveau de qualité, il a été décidé d établir une procédure de contrôle standard qui soit à la fois applicable sur chantier et qui vérifie l ensemble des points à l origine des sinistres les plus courants ou les plus graves. Cette dernière rubrique propose aux conducteurs une série de contrôles à réaliser tout au long du chantier. Bien sûr, il s agit de listes non exhaustives. Ainsi, avec une moyenne de cinq à six contrôles par lots, nous garantissons une mise en application effective sur chantier. Toujours dans un souci de facilités de mise en œuvre, nous avons également édité ces contrôles sous forme de fiches imprimables, prêtes à l emploi. De surcroît, ces fiches constituent une traçabilité pour le chantier. 3.2.4. La Charte sous-traitant. La productivité et la qualité étant les buts recherchés, il faut, pour y parvenir, avoir une action directe sur les travaux, mais aussi préserver de bonnes relations avec les partenaires sous-traitants. La charte sous-traitant se propose de redéfinir les principes de bases à respecter entre le ST et l entreprise générale. Que ce soit en phase de consultation, en phase d exécution ou en phase de réception, le respect doit toujours gouverner les rapports. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 21
Intégrée en préambule au P&S CES, cette charte rappelle au conducteur le comportement à adopter face aux entreprises sous-traitantes. Indispensable à la réussite du projet, elle est primordiale dans la quête de fidélisation des entreprises. Afin d être le plus complet possible, le P&S CES traite des prestations de ces 16 CES : - Ascenseur - Menuiserie Extérieure - Charpente, - Plâtrerie, - Chauffage, - Plomberie, - Couverture, - Ravalement, - Echafaudage, - Revêtements de sols, - Electricité, - Revêtements muraux, - Etanchéité, - Serrurerie, - Menuiserie Intérieure, - VMC. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 22
4. La Démarche Process & Standard CES Les axes de travail étant établis, il a fallu s organiser afin de recueillir les informations permettant d apporter des réponses aux attentes formulées. En vue de regrouper les connaissances afin d établir un document de synthèse rationalisant les modes opératoires, nous avons entrepris, sur l ensemble du territoire Pertuy Construction, une démarche de consultations auprès des différents acteurs de la construction, afin de cibler les zones d actions et ainsi, n intégrer au P&S que les informations essentielles à la gestion des CES en Habitat. Ce sont huit étapes de travail qui ont été identifiées pour la récolte des informations, leur traitement et leur intégration au programme : Préparer les entretiens, Rencontrer les collaborateurs travaux, Rassembler et synthétiser les points de vue, Rencontrer les responsables des différents services de l entreprise, afin d engranger leur expérience de l Habitat, Définir les points d attention particulière, Analyser, à partir des informations recueillies, les différents procédés d exécution et définir le «standard» ; celui qui contribue au respect des performances et qui dispose de critères financiers et techniques intéressants, Mettre en place les procédures de coordination entre les services de l entreprise pour le bon fonctionnement du P&S CES, Editer un outil de travail précis et pratique. 4.1. Planning de travail Janvier 2006 : Intégration au sein d un chantier TCE, Définition des besoins, Élaboration du contenu du projet. Février 2006 : Préparation des entretiens (élaboration d un questionnaire de travail), Début des audits. Mars 2006 : Fin des audits (trois semaines d entretiens), Synthèse des informations. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 23
Avril 2006 : Présentation du P&S Menuiserie Extérieure, Analyse et mise en forme (deux CES/semaine). Mai 2006 : Analyse et mise en forme (deux CES/semaine), Consultations des personnes auditées pour retour d avis sur le P&S parachevé. Juin 2006 : Prise en compte des retours de consultations, Finalisation de la mise en forme, Mise en fabrication des CD-ROM, Distribution du logiciel à cent cinquante conducteurs (30 Juin 2006). Figure 11 : Planning de travail Prévisionnel/Réel Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 24
4.2. Les Acteurs de la démarche P&S CES 4.2.1. Les acteurs internes 4.2.1.1. Les collaborateurs travaux À travers son désir de faire participer les conducteurs de travaux à l élaboration du P&S CES, la direction Bâtiment, à l initiative du projet, exprime son désir de parvenir à une mutualisation du savoir. Pour y arriver, des rencontres avec des conducteurs de travaux ont été programmées. Collaborateurs Fonctions Agences B. DELIAU Chef de groupe Besançon F. VAMPOUILLE Ingénieur principal Besançon F. KOPP Ingénieur principal Besançon E. LE GRAËT Chef de service adjoint Nancy R. FAIVRE Conducteur Nancy C. BOULARD Chef de groupe Nancy A. THOMAZO Chef de service adjoint Nancy E. CANON Chef de service Strasbourg D. SILVA Ingénieur principal Strasbourg E. MASSIERA Conducteur Strasbourg Figure 12 : Listing des personnes auditées Responsable de ces entretiens, je me suis présenté sur les différents chantiers, à la rencontre des personnes sollicitées. Après une présentation succincte du projet, ils m ont fait part de leur expérience de chantier. D une durée moyenne de deux heures, ces entretiens sont des discussions au cours desquelles les responsables livrent leurs vécus de chantier, aussi bien les éléments positifs, tels que les procédures de contrôles et les améliorations techniques mises en oeuvre, que les problèmes rencontrés et les causes qui en sont à l origine. Pour rester centré sur l objectif, des questionnaires de travail ont préalablement été rédigés, qui m ont permis d orienter les discussions, et surtout d éviter les «hors sujets». Cf. Annexe 1 : Questionnaire.s Pour chaque interview, les notes sont rassemblées sous forme de fiches «SYNTHÈSES» ; une fiche par CES. Cf. Annexe 2 : Fiches synthèses. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 25
Le Processus Travaux de Pertuy Construction assimile conjointement les services de l entreprise dans l élaboration d un projet de construction. Les rôles sont répartis de façon à ce que chacun ait sa mission. Le développement des quatre axes de recherches du P&S CES requiert des compétences multiples, qui sont pour la plupart maîtrisées par les services de l entreprise ; qu il s agisse de la direction technique (service Méthode et service Réglementation) ou du service Achat et Service Après Vente (SAV). Interrogés périodiquement ou à l avancement du projet, chacun des services a répondu aux attentes du P&S CES avec la plus grande attention, que ce soit pour mettre à disposition des documents de références, pour mettre en place des procédures ou pour apporter les connaissances indispensables au traitement des données de chantiers. 4.2.1.2. La Direction Technique (DT) Figure 13 : Processus Travaux Pertuy Construction, Technique. Le service Méthode Le service Méthode intervient en appui commercial pour les études de prix et en appui travaux pour les chantiers. Sa mission consiste à définir : Les moyens de réalisations des ouvrages, Les plannings d interventions, Les étaiements et les coffrages, Les sécurités, Les modes opératoires. A priori assez éloigné des travaux du second œuvre, le service Méthode a pris en charge la gestion du planning TCE. Après l avoir récupéré auprès de Bouygues Bâtiment île de France, Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 26
ce service l a ensuite adapté aux conditions de travail de Pertuy Construction ; les ratios et les cadences étant mis à jour. Actuellement, cet outil n est utilisé que sur la région de Strasbourg. Cet état de fait résulte d une mauvaise diffusion de l information concernant l existence d un tel outil. Ainsi, l intérêt du P&S est de généraliser son usage à tous les chantiers de logements. Pour ce faire, une rencontre avec Denis JUNG, responsable du programme «Planning TCE» à Pertuy Construction, a permis d établir une procédure d obtention. Pour rappel, un questionnaire sous format informatique Excel, sur les caractéristiques de l ouvrage, doit préalablement être renseigné par le conducteur. Transmises au service Méthode, les réponses sont converties informatiquement en superposition et en durées de tâches. L édition du planning TCE ne peut advenir qu après un traitement des données par le service Méthode. Afin de contrôler les afflux de demandes que va générer la diffusion du P&S CES, il est capital d établir une procédure. Une fiche est publiée dans ce sens. Elle mentionne les différents stades d avancement dans la procédure. Le service Réglementation Comme nous avons pu le constater précédemment, le système réglementaire, qui régit les travaux de constructions, est très complexe. Outre le respect des règles de l art, les constructions neuves doivent également prétendre à des performances minimales, que ce soit vis-à-vis de la sécurité incendie, de la réglementation acoustique ou de la sécurité des personnes. De la connaissance de ces performances dépend la nature des systèmes à mettre en œuvre. Le non-respect de ces notifications est dommageable à plus d un titre. Il peut mettre en danger la sécurité des personnes mais principalement, il altère la qualité de l ouvrage. À contrario, la prise en compte de ces exigences peut conduire l entreprise à développer des systèmes spécifiques ou à rechercher des produits performants, toujours sous Avis Techniques, qui lui permettront de réaliser des économies d échelle. C est ce à quoi tente de répondre le P&S CES. Tout d abord, la collaboration avec le service réglementation, et plus particulièrement avec Guillaume MICHEL, nous a permis de définir les performances à atteindre pour chaque type de locaux et pour tous types de réglementations (incendie, acoustique, thermique, sécurité des personnes, sécurité des biens, etc.). Suite à cela, nous avons évalué le niveau de performances atteint par la mise en œuvre des différents systèmes constructifs rencontrés sur chantier ou décris par les conducteurs. Ces analyses nous ont permis de définir des procédés d exécution «standards», répondant aux exigences réglementaires. Au cours de ces analyses, nous avons également imaginé de nouveaux systèmes. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 27
4.2.1.3. Le service Achat Figure 14 : Processus Travaux Pertuy Construction, Achats. L entité Bouygues Construction Achats traite l ensemble des achats de gros œuvre ou de second œuvre pour les chantiers. C est également elle qui édite les lettres de commandes et gère le suivi et l expédition. La puissance du service Achat permet, dans certains cas, de faire travailler le ST en pose seule. La fourniture reste alors à la charge de l entreprise. Pour ces prestations, des contrats cadres existent. Ils conviennent de tarifs avantageux entre Bouygues Construction et les fournisseurs partenaires. Des procédures permettent d y avoir accès, par l intermédiaire du service Achat, en renseignant d abord des Demandes d Achats (DA), avant de figer le marché en signant la lettre de commande. Le P&S CES se propose dans un premier temps de rappeler le mode de fonctionnement du service Achat et de rendre disponible les DA pour l ensemble des fournitures susceptibles d être achetée par Pertuy Construction. Des précisions sont apportées sur les lettres de commandes, afin de rendre vigilant le conducteur sur certains pièges (modes de déchargements, conditionnements, protections, etc.). Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 28
4.2.1.4. Le SAV Figure 15 : Processus Travaux Pertuy Construction, SAV Au-delà de la mission d assurer les garanties contractuelles vis-à-vis des clients, le SAV a également la mission de préventions et de conseils auprès des équipes travaux. L objectif est de faire partager leurs expériences des différents sinistres ou désordres rencontrés, afin d orienter les choix techniques vers des solutions fiables, pour la satisfaction des clients, représentant à long terme un moindre coût pour l entreprise. C est exactement dans cet esprit que nous sommes allés interroger les responsables du SAV. Avec leur aide, nous avons identifié certains désordres chroniques, mais aussi les causes qui en sont à l origine. Cette prise de conscience nous oriente dans le choix des sujets à traiter et nous aide dans l élaboration des procédés «standard». 4.2.2. Les sous-traitants Les sous-traitants sont les principaux acteurs du second œuvre. De ce fait, il est indispensable de recueillir leurs avis et leurs conseils pour l élaboration du P&S CES. Les conséquences de ce dernier sur leurs prestations sont réelles, avec tout d abord l obligation de respecter les systèmes constructifs mentionnés dans le programme, mais aussi de porter une attention particulière à la qualité des ouvrages (autocontrôles systématiques). Pour envisager une mise en application effective, le programme doit être proche de la réalité, en s inspirant des modes de constructions traditionnels. Le P&S CES ne doit pas «réinventer la poudre» car les ST connaissent leur métier. Notre mission consiste à faire en sorte que le niveau de qualité atteint satisfasse aux exigences du maître d ouvrage. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 29
Pour qu il y ait un accueil favorable, les ST doivent être intégrés à la démarche. Ainsi, pour chaque lot traité, les entreprises concernées ont été systématiquement consultées, afin de recueillir leurs façons de faire, mais aussi leurs expertises. 4.3. La procédure de travail Dans l optique de proposer au conducteur une information pertinente, nous nous sommes efforcés de nous appuyer sur les connaissances des collaborateurs de l entreprise ; ce qui justifie la campagne d audits auprès de l ensemble des acteurs intervenant dans un projet de construction de logements. Réaliser une encyclopédie n étant pas notre objectif, nous avons dû sélectionner les informations répondant le plus justement à nos attentes Comme je l ai déjà précisé, les témoignages ont été regroupés sous forme de fiches «SYNTHÈSES». À partir de ce travail, une analyse a permis d établir une information synthétique et précise, disponible sur le logiciel. 4.3.1. L analyse des informations À partir des fiches «SYNTHÈSES», l analyse consiste à identifier les points de vigilance qui régissent véritablement la réussite d une prestation. Compte tenu du caractère très pratique du document, les informations renseignées doivent être les plus épurées possible et répondre de façon précise aux interrogations soulevées. La réussite du projet réside dans notre capacité à sélectionner les procédés d exécution les plus courants et à y apporter des renseignements et/ou innovations qui permettront au chantier de gagner en qualité et en productivité. Ainsi, des études ont été menées dans ce sens, notamment avec le service Réglementation qui nous permet de proposer des optimisations et des solutions techniques, répondant aux exigences auxquelles sont soumis les bâtiments de logements. Les améliorations, autant du point de vue technique qu esthétique, sont soumises à une étude complète, avant d être validées et intégrées au P&S CES. 4.3.2. Les réunions de travail Afin d évaluer l avancement du projet et de décider de nouvelles orientations, des réunions hebdomadaires, réunissant les deux pilotes et moi-même, ont été organisées. Au cours d une rencontre chefs de services et chefs de groupes le 5 Avril 2006, j ai présenté les travaux en cours. Jusque-là, nous nous étions principalement concentrés sur le P&S Menuiserie Extérieure, CES «témoin» pour la présentation. Le but de cet exposé a été de susciter les remarques des cadres, autant sur la nature des informations que sur la forme. Les retours ont été positifs ; ce qui nous a conforté dans le Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 30
choix de la conception du projet. Dès lors, les autres CES ont été traités, en se basant sur le modèle du P&S Menuiserie Extérieure. 4.3.3. Consultation finale Actuellement, l ensemble des CES est traité. Afin de faire adhérer les conducteurs à la démarche, nous avons entrepris une consultation auprès des collaborateurs qui ont été audités. L objectif de cette initiative est de les faire s exprimer sur le contenu du P&S CES, afin que nous puissions évaluer la pertinence de nos propos. En fonction des observations faites, nous pourrons envisager de modifier, de compléter ou de supprimer certaines informations. La date de retour des consultations étant fixée au vendredi 2 juin, le document joint en annexes ne prend pas en compte les observations formulées. Un autre type de consultation est également programmé. La filiale NORPAC de BYEFE s est engagée dans la voie d une procédure P&S CES. Démarrés en janvier de cette année, leurs travaux nous sont parvenus début du mois de mai. Sur CD-ROM, leur logiciel s apparente davantage à un listing de procédés d exécution existant, qu à une réflexion sur le développement de systèmes, adaptés aux exigences en vigueur et aux spécificités régionales. La rencontre, fixée au vendredi 9 Juin, sera l occasion d échanger les objectifs recherchés et les réponses formulées. 4.4. Mon rôle dans l élaboration du P&S CES Dès mon arrivée chez Pertuy Construction, j ai été affecté pendant un mois sur le site de PFASTATT, qui abrite de nombreuses opérations en cours. L une d entre elle venait d être réceptionnée, tandis qu une autre connaissait l effervescence des CES. Durant cette période, je me suis familiarisé aux travaux du second œuvre, tout en côtoyant les entreprises qui en ont la responsabilité. J ai constaté la nature des réserves mentionnées par le Maître d ouvrage lors d une réception. Ce dernier point a élucidé la démarche du P&S CES, avec notamment les aboutissants auxquels il doit prétendre, à savoir un gain en qualité. Après avoir participé à la recherche des axes de travail en équipe, je me suis occupé du déroulement des entretiens avec les collaborateurs. Outre l aspect instructif pour le P&S CES, ces déplacements m ont donné l occasion de rencontrer des gens de travaux, d échanger et de découvrir de nombreux chantiers, dont les particularités diffèrent. Par ailleurs, les premiers entretiens m ont permis de saisir rapidement les améliorations à apporter sur certains sujets chroniques et d apprécier les multiples modes de constructions qui peuvent exister pour parvenir à un même résultat. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 31
Ces différences, tant au niveau des systèmes mis en œuvre que des matériaux utilisés, sont réelles au sein d une même région et peuvent s avérer considérables si nous comparons ce qui est réalisé à Nancy, Strasbourg ou Besançon. Responsable de l avancement du projet, j ai animé l ensemble des réunions hebdomadaires. Ces réunions permettent à l équipe de valider les travaux effectués au cours de la semaine, de fixer les prochaines échéances et de discuter du contenu des informations à véhiculer. J ai également rédigé l ensemble des CR internes pour les diffuser aux personnes concernées. Cf. Annexe 3 : CR de réunions Pour la rédaction des procédures, je me suis beaucoup documenté. À partir des informations recueillies au cours des audits, j ai établi des ébauches transmises à l équipe et aux personnes compétentes, qui ont apporté une plus-value aux propos. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 32
5. Un support de formation L objectif final de mon projet consiste à établir le CD-ROM Process & Standard CES, traitant de 16 Corps d Etats Secondaires et décrivant pour chacun : Les standards d exécution, Les préalables à l exécution, Les procédés d exécution standards et les points de vigilances, La réglementation en vigueur, Les contrôles à réaliser, Les procédures d Achat. Afin de faciliter le suivi des CES, une série de documents «TYPES» sera mise à disposition des conducteurs, sur le CD-ROM. Distribué à cent cinquante conducteurs de travaux, le P&S CES est conçu pour répondre aux différents besoins des utilisateurs, à savoir : Un outil de formation pour les jeunes ingénieurs, Une aide pour la bonne exécution des prestations sous-traitées, Des fiches de contrôles prédéfinies, Un argumentaire pour justifier de certains choix ou variantes auprès du client, Une boîte à outils, comprenant l ensemble des documents de suivis pour la gestion des CES (planning, DA, procédures TMA, etc.). Pour répondre à l exigence des conducteurs de travaux, l organisation des informations et la mise en forme du logiciel ont fait l objet d une attention particulière. Ainsi, un code couleur, facilitant la navigation au sein du programme, a été adopté : Vert (ÉXÉCUTION): Informations relatives aux procédés d exécution à mettre en œuvre, Bleu (RÉGLEMENTATION) : Exigences réglementaires à atteindre, Rouge (CONTROLE) : Contrôles à réaliser avec mise à disposition de fiches imprimables, Jaune (ACHAT) : Formulaires de DA et précisions sur les lettres de commandes. Par ailleurs, la consultation des informations est possible par différents chemins d accès ; ce qui offre une certaine latitude de recherches : À partir du sommaire général, Depuis l intérieur d un CES. Ainsi, pour accéder aux exigences réglementaires régissant la serrurerie, deux possibilités s offrent à nous : Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 33
Depuis le sommaire général. Depuis l intérieur du CES. Figure 16 : Réglementation «SERRURERIE» Par ailleurs, afin de rendre l utilisation du logiciel plaisante et sa lecture attractive, de nombreux schémas et photographies ont été intégrés au texte. Dans la mesure ou certains points peuvent nécessiter des informations complémentaires, nous recommandons aux jeunes recrues d effectuer la lecture en présence du supérieur hiérarchique. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 34
6. P&S Menuiserie Extérieure Dans ce chapitre, nous allons parcourir le P&S Menuiserie Extérieure. La présentation des autres CES se fait également sur la même trame et leurs consultations permet d obtenir le même type d informations que celles résumées ci-dessous. Examinons tout d abord les informations renseignées sous l onglet «EXECUTION». Figure 17 : Portail d entrée Figure 18 : Portail EXECUTION 3 4 1 2 6 5 Figure 19 : EXECUTION Menuiserie Extérieure (1/5) 1 : «Les standards» exposent très succinctement les habitudes de l entreprise, à savoir si les prestations sont réalisées en Fourniture et Pose (FP) ou alors en FP séparées. Ces renseignements ne doivent être considérés comme des vérités absolues, en effet, l attribution des marchés en FP ou en FP séparées est fonction de nombreux paramètres, à la fois du budget disponible, du contexte économique, des offres des ST En Menuiserie Extérieure, Pertuy Construction a conclu un contrat cadre avec un fournisseur de menuiseries PVC, dès lors, tous les chantiers de logements s y approvisionne, ce qui conduit les conducteurs à traiter les marchés en Pose SEULE. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 35
2 : Il s agit d un lien qui donne accès au chapitre : Documents TYPE\Standard d interfaces Figure 20 : Standard d interfaces Sous ce chapitre sont renseignés les tâches en limite de prestation, celles qui servent d interfaces entre deux prestations, il peut s agir de joints, d alimentations électriques, de tirage de câbles Ainsi, nous proposons au conducteur une affectation systématique de ces prestations à un CES donné. En Menuiserie Extérieure, outre des précisions à faire mentionner sur la lettre de commande des menuiseries, nous recommandons au conducteur, d intégrer au marché du poseur, la réalisation du joint entre le coffret du Volet Roulant (VR) et le plafond. Sans ce dernier, le niveau de qualité ne pourra satisfaire le client et des réserves seront alors exprimées. Figure 21 : Joint acrylique coffret VR/Plafond «Les Préalables à l exécution» alerte le conducteur sur les préliminaires à engager. Il peut s agir de vérifications, de travaux à réaliser, d accords à obtenir Notre objectif avec ce paragraphe est de pointer du doigt les interfaces qui conditionnent la bonne exécution des travaux à venir. L ensemble de ces informations est issu de l expérience des collaborateurs Pertuy Construction. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 36
En Menuiserie Extérieure, le retour d expérience témoigne de problèmes récurrents liés à un manque de vigilance et/ou d attention du conducteur au moment de la commande. 3 : À la réception des plans architectes, avant la commande des menuiseries extérieures, il convient de vérifier la compatibilité entre les dimensions des baies mentionnées sur les plans et les dimensions maximales couvertes par l Avis Technique (AT) du fabricant. A défaut, un autre mode de certification devra être envisagé et surtout, les coûts de fabrication seront plus élevés. Figure 22 : Extrait de l Avis Technique LZ 4 : Un autre point de vigilance est la caractéristique des vitrages, d un point de vue thermique mais aussi et surtout acoustique. Ainsi, a proximité de voies bruyantes (voies ferrés, RN, etc.), les vitrages doivent posséder des propriétés acoustiques adaptées afin de garantir à l occupant un confort optimal. Il en est de même pour la nature des entrées d air dans les châssis, celles-ci doivent être adaptées aux contraintes du site. Ces sujets sont préalablement étudiés par le service réglementation en phase commerciale et les conclusions sont transmises aux Travaux sous forme d un rapport Technico-réglementaire qui préconise certaines dispositions à mettre en œuvre. Ainsi, si le site est localisé à proximité d une source de bruit, le conducteur devra simplement s assurer de la prise en considération de cette spécificité dans l analyse réglementaire et intégrer les recommandations dans la commande des menuiseries. 5 : Figure 23 : Portail REGLEMENTATION rapport Technico-réglementaire Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 37
6 : Procédure d ACHAT La commande des menuiseries est à notre charge (F&P séparées). Par conséquent, en collaboration avec le service Achat, nous rappelons l importance de la réunion lancement Achat CES - qui est dans beaucoup de cas mal préparée et les obligations du conducteur à cet égard. Les délais de livraison sont également rappelés afin que le conducteur puisse passer commande au moment opportun, évitant ainsi les oublis ou retards dans les livraisons. Les «boutons» jaunes permettent un accès direct aux formulaires d Achat. On passe à la page suivante en cliquant sur l icône, comme indiqué ci-contre. Figure 24 : EXECUTION Menuiserie Extérieure (2/5) Dressement de tableau Ebrasement s Dormant du châssis A partir de la seconde page, les informations concernent principalement les procédés d exécution à mettre en œuvre pour satisfaire aux exigences réglementaires et de qualité. Les photos ont été prises sur chantiers. En Menuiserie Extérieure, on insiste tout d abord sur l importance des préparations de support qui, si elles sont mal effectuées peuvent entraîner des infiltrations d eau. Ces préparations sont à réaliser avant la pose des châssis et sont à intégrer au marché des maçons. Il y a tout d abord le dressement de tableau au mortier, sur la face intérieur du mur. Cette préparation consiste à réaliser une surface plane et régulière qui assure l aplomb du châssis. Fonction de la nature de la maçonnerie, le dressement de tableau est obligatoire ou recommandé. Les ébrasements consistent à remplir de mortier les oreilles des agglos. La fonction est double ; améliorer l étanchéité au niveau des joints de maçonnerie et préparer le support pour le ravaleur (crépisseur). Figure 25 : Préparations du support Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 38
Glacis Le glacis consiste à recharger de mortier, le support maçonné de telle sorte que la bavette alu, fixée pardessus ait une pente minimum pour l évacuation des eaux. Enfin, lorsque deux appuis bétons sont accolés, il est indispensable de traiter le joint AVANT la pose du châssis sous peine de dégâts causés par les infiltrations d eau. Figure 26 : Réalisation du Glacis La suite de la partie EXECUTION est constituée de dessins d exécution auxquels nous associons des photos et sur lesquels nous accentuons les points de vigilance. D autre part, les termes «techniques» sont explicités à partir d images ou de schémas. Figure 27 : EXECUTION Menuiserie Extérieure (3/5) Figure 28 : Infiltrations d eau par la liaison menuiserie/go En Menuiserie Extérieure, ce qui est déterminant est l étanchéité à l eau et à l air du châssis. Le SAV nous a relaté de nombreux cas de mal façons qui entraînent des dégâts considérables sur les revêtements intérieurs (cf. ci-contre) Pour y remédier, il suffit de suivre les prescriptions du fabricant, à savoir la mise en place de joints sur tout le périmètre du châssis. Les audits nous ont également parmi d identifier un second point de vigilance ; le traitement du cochonnet. Le cochonnet est constitué par le débord du coffret roulant posé en applique. Sa fonction est double, il joue d abord un rôle esthétique mais sert aussi au ravaleur, en effet, il constitue un arrêt lors de la mise en œuvre de l enduit monocouche. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 39
Figure 29 : Mise en œuvre du cochonnet L expérience a montré que la prise en considération du cochonnet n était pas toujours effective sur chantiers. Certaines fois, le linteau recouvre complètement le coffret VR ce qui offre un résultat esthétique moyen mais surtout complique la tâche du ravaleur. Nous avons ainsi établi un procédé d exécution pour la réalisation du linteau. Ce dernier devra être implanté à la pige de telle sorte qu il ne mesure pas plus de 19cm. Figure 30 : EXECUTION Menuiserie extérieure (4/5) Cette 4 ème page fournit les détails d exécution en partie basse du châssis. Comme pour les fixations hautes et latérales, l attention est portée sur la réalisation des joints d étanchéité. On remarquera d ailleurs que le joint est double ; - coté extérieur, un premier joint en silicone garantie l étanchéité à l eau du châssis. - coté intérieur, un joint mousse bitumineux assure l imperméabilité à l air. Cette page décrit aussi deux modes de pose : Pose sur appui béton avec rejingot déporté, cas courant pour les portes fenêtres, Pose sur équerre de fixation, cas courant pour les baies «traditionnelles» - avec bavette alu. Une photo illustre d ailleurs ce dernier type de pose. Enfin, un dernier sujet est traité ici, il s agit du débord de bavette qui doit être supérieur à 2cm pour éviter d éventuelles coulures sur façade. Il s agit là d une recommandation qui prend en compte les remarques des collaborateurs consultés. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 40
1 2 2 4 3 Après avoir fait plusieurs recommandations afférentes aux procédés d exécution, nous présentons sur cette dernière page, intitulée «Les non-conformités», des clichés de réalisations non-conformes. Grâce à la procédure de contrôle mise en place, les reprises ont pu êtres réalisées. Il s agit de sensibiliser les conducteurs sur les erreurs à éviter. Figure 31 : EXECUTION Menuiserie extérieure (5/5) En menuiserie extérieure, on rencontre principalement des problèmes au niveau du support et des joints d étanchéité. 1 : Le linteau de 19cm n a pas été respecté, ce qui conduit le ravaleur à mettre en place des cornières d arrêt. 1 2 : Le joint extérieur d étanchéité à l eau n a pas été tiré jusqu en haut et les ébrasements n ont pas été réalisés. 2 : L espace entre les oreilles de la bavette et la maçonnerie doit être complètement étanché, c'est-à-dire rempli de joint pompe. Ce n est pas le cas sur cette photographie. Figure 32 : Mise en œuvre d une cornière d arrêt 3 : Les 2 «jours» que l on peut apercevoir sont la conséquence d une mauvaise réception du support, à la fois un tableau mal dressé mais aussi des ébrasements absents. 4 : Le tableau est détérioré et le châssis posé! Cette situation reflète le manque de professionnalisme du poseur qui aurait dû attendre la reprise avant de poser son châssis. La dépose du châssis a été ordonnée. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 41
Figure 33 : Chemin d accès REGLEMENTATION On accède à la partie REGLEMENTATION depuis la partie EXECUTION du lot Menuiserie Extérieure. Cf. procédure ci-dessus Figure 34 : REGLEMENTATION Menuiserie Extérieure (1/2) Figure 35 : Déformation d un vitrage En première page, on retrouve, lorsque c est nécessaire, un lexique des termes à l usage dans la réglementation. Les informations sont par la suite organisées par textes réglementaires, on retrouve ainsi les chapitres «Sécurité Incendie», Réglementation Acoustique», «Sécurité des personnes et des biens» Le référentiel Technique est renseigné en Haut à droite de la 1 ère page REGLEMENTATION. En Menuiserie Extérieure, un rappel est tout d abord fait sur les différentes natures de vitrage et leurs désignations. On y présente notamment le vitrage feuilleté, dit «de sécurité» ou STADIP. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 42
Par la suite, on parle de STADIP intérieur ou extérieur. En réalité, il s agit de la position du vitrage feuilleté. Lors d un choc sur un vitrage, quel qu il soit, il se produit une déformation sur la 1 ère vitre qui se communique ensuite à la seconde. Lorsque la limite d élasticité est atteinte, la rupture a lieu qui, lorsqu il s agit d un vitrage feuilleté, se manifeste par le développement d un réseau de «fissures», mais lorsque le vitrage est «simple», par des éclats de verre projetés. Ainsi, à l étage, on préférera positionner le STADIP coté extérieur afin d éviter les risques de «guillotine» sur les passants du bas en cas de rupture du vitrage. La réglementation sur «La sécurité des personnes et des biens» impose des performances minimales aux vitrages, notamment en ce qui concerne leur résistance aux chocs. Suivant la dimension, la localisation et la fonction de l ouverture, il pourra s avérer nécessaire de poser des vitrages de sécurité. Cette seconde page comporte des informations concernant la réglementation acoustique, en l occurrence sur les conséquences de la proximité à une voie bruyante. Nous en avons déjà parlé dans EXECUTION\ Préalables à l exécution. Un point de sécurité incendie y est également abordé, il concerne le degré Coupe Feu (CF) d une menuiserie extérieure localisé dans une paroi d un escalier en façade. Figure 36 : REGLEMENTATION Menuiserie Extérieure (2/2) Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 43
Figure 37 : Chemin d accès CONTRÔLE On accède à la partie réglementation depuis l intérieur du lot Menuiserie Extérieure. Cf. procédure ci-dessus Figure 38 : CONTRÔLE Menuiserie Extérieure (1/2) A partir des observations faites sur chantiers et des retours du SAV, nous avons formulé une série de contrôles pour chacun des CES. Ceux-ci font référence aux procédés d exécution établis dans le P&S CES. Pour une facilité de mise en application, le tableau renseigne également de l outil avec lequel il faut procéder au contrôle ainsi que des assimilations au planning. Toujours dans cet esprit, une fiche imprimable est disponible sous l onglet, situé en haut et à droite de la page. Figure 39 : Hauteur de relevé nécessaire En Menuiserie Extérieure, des vérifications sont à faire en phase de conception, il s agit en l occurrence de déterminer les hauteurs de remontées d étanchéité nécessaires sous appui béton. Ces informations sont disponibles dans le P&S Etanchéité. Cette première fiche mentionne Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 44
également les contrôles à réaliser AVANT la pose des châssis, notamment les préparations de supports avec la réalisation des tableaux et ébrasements, mais aussi l implantation des baies en façade par rapport aux plans architectes. Par ailleurs, nous demandons au conducteur de porter une attention particulière lors de la réalisation des premiers linteaux de fenêtres afin que la prescription de 19cm soit respectée. Un respect rigoureux de ces contrôles garanti une pose optimale des châssis. Cette seconde fiche présente les contrôles préconisés POST pose des châssis. Des illustrations en parties basses viennent agrémentées les propos. Dans un premier temps, on considère que l étanchéité du châssis, par rapport à l extérieur, est assurée si on peut observer le croisement des joints latéraux avec le joint bas. La photo en bas à gauche illustre un système d étanchéité performant. Les autres contrôles ont attrait à Figure 40 : CONTRÔLE Menuiserie Extérieure (2/2) l équipement des châssis monoblocs (système de manœuvre, système de blocage, entrées d air..) vis-à-vis des prescriptions du CCTP et de la réglementation. Ainsi, les systèmes de blocage équipant les châssis du RdC sont une assurance antieffraction, ils empêchent une remontée du volet roulant depuis l extérieur. Il faut donc s assurer qu il n y ait pas d interversions entre un châssis du R+1 et un du RdC. De la même façon, le principe de la VMC impose des entrées d air dans les pièces principales et des bouches d extraction dans les pièces de service. Dès lors, pour éviter des désagréments liés à une mauvaise circulation de l air, il faut s assurer le plus rapidement possible, de la bonne implantation des entrées d air. Faute d attention, il peut s avérer que le poseur ait échangé involontairement la destination d un châssis. Le dernier contrôle concerne le sens d ouverture des fenêtres, il doit correspondre aux indications portées sur les plans architectes. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 45
A partir de l icône ci-contre, on obtient une fiche de contrôle imprimable qui permet au conducteur de réaliser ses contrôles sur site, mais aussi de conserver une trace des résultats. Par ailleurs, cette fiche tend à standardiser les contrôles. Notre objectif est de les rendre systématiques car ils permettent dans de nombreux cas de déceler les problèmes en amont, avant même qu ils ne contaminent d autres CES. Parallèlement à ces contrôles, nous avons rédigé une procédure, qui était déjà plus ou moins appliquée sur chantier, qui définie le rôle du logement Témoin dans les procédures de validation des choix. Figure 41 : Fiche de contrôle imprimable Figure 42 : Procédure de validation des choix En vue d une éventuelle intégration à la démarche, une étude est actuellement menée sur la possibilité d organiser 2 ou 3 réunions «validation des échantillons» à l avancement du chantier, de telle sorte que les choix soient définis en temps voulu et ainsi que les désagréments causés par le manque de réactivité de certains intervenants disparaissent. Toutefois, une telle réunion nécessite une gestion rigoureuse de la part du conducteur et des sous-traitants puisqu elle sous-entend une mise à disposition générale de l ensemble des échantillons. Actuellement, la présentation des échantillons s effectue au cours des réunions client, ce qui laisse à l ingénieur une certaine liberté d action, principalement temporelle. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 46
Figure 43 : Chemin d accès ACHAT Pour les fournitures achetées par Pertuy Construction, des procédures sont mises en place avec le service Achat. En vue de la réunion de lancement CES, le conducteur doit établir des demandes d Achat/Prix qui rassemblent les informations nécessaire à une consultation et à l élaboration d une lettre de commande. Toutefois, le retour d expérience témoigne d erreurs de livraisons causées, dans certains cas, par des imprécisions portées à ce document. Le P&S CES se propose de mettre à disposition de l ingénieur ces formulaires mais surtout de les expliciter davantage. En Menuiserie Extérieure, des précisions sont apportées sur la définition des menuiseries et de leurs équipements mais aussi sur les caractéristiques des vitrages. Des liens renvoient vers les chapitres «EXECUTION» et «REGLEMENTATION». Figure 44 : DA Menuiserie Extérieure Une fois la Demande d Achat (DA) établie, le service Achat recherche le fournisseur le moins disant (ou celui qui a conclut un contrat cadre) et transmet le devis aux Travaux. Le devis accepté, une lettre de commande est rédigée par le service Achat qui est ensuite soumise au conducteur pour approbation. Dès lors, le conducteur doit y faire mentionner l ensemble des indications qu il juge adéquates pour le bon déroulement de la livraison. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 47
Les informations sont organisées de la manière suivante ; - un «spécimen» d une lettre de commande renseigne le conducteur sur la nature des informations à renseigner. - des annotations figurent à droite de la page, elles concernent notamment le déroulement de la livraison. En effet, il est arrivé que des livraisons complétes soient déchargées à la main ou carrément renvoyées faute d outil de manutentention. Ces additifs doivent prévenir ces situations de telle sorte Figure 45 : Précisions sur lettre de commande q une livraison n entraine pas de désorganisation de chantier. Par ailleurs, en Menuiserie Extérieure, nous portons l attention du conducteur sur la nécessité d organiser la livraison pour que la répartition par niveau soit facilitée. Nous prenons ainsi l exemple d une livraison de 2 niveaux avec une palétisation par niveau. La palétisation est indispensable si l on envisage un déplacement par grue. L ensemble des CES sont traités suivant le même modèle. Bien évidemment, certains d entre eux, plus techniques ont nécessité davantage de recherches. D autre part, certains systèmes afférant à plusieurs CES ont fait l objet d études complétes, avec la participation de tous les acteurs de l entreprise. Ainsi, le traitement des Gaines Techniques (GT), le rebouchage des GT ou encore le traitement acoustique des revêtements de sol ont longtemps été à l orgine de désordres sur chantier, c est ce qui a justifié notre investissements sur ces sujets. Dés à présent, les systèmes élaborés devront être généralisés à tous les chantiers. Je vous invite dès à présent à découvrir le résultat de mon PFE. Le P&S CES est disponible en annexe. Cf. Annexe 4 : Process & Standards CES Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 48
CONCLUSION Sur un chantier de logements TCE, la gestion des Corps d Etats Secondaires constitue une des activités principale du conducteur de travaux. Conçu pour faire disparaître la notion de prototype sur les chantiers de logements, le P&S CES s appuie sur l expérience des collaborateurs Pertuy Construction afin de rationaliser les modes opératoires des prestations sous-traitées et ainsi élever le niveau de qualité des bâtiments de logements. Le Process & Standards CES sera donc avant tout un outil de capitalisation du savoir faire et des modes opératoires de l Entreprise et de ceux de nos sous-traitants. Les objectifs de cette première version sont : Gagner en qualité et en productivité par la standardisation des modes opératoires mis en œuvre, Mettre à disposition des conducteurs de travaux, une aide pour la bonne exécution des prestations sous-traitées ainsi qu un outil de suivi et de contrôle des Corps d Etats Secondaires (CES) en Habitat, Capitaliser l expérience travaux. Pour atteindre ces objectifs, les recommandations mentionnées dans le P&S CES devront être respectées. Pour ce faire, les chefs de groupe, collaborateurs au projet, devront initier leurs ingénieurs travaux aux systèmes adoptés mais aussi aux procédures à mettre en œuvre avec les différents intervenants. De façon plus générale, la direction Bâtiment de Pertuy Construction devra faire appliquer entièrement cette politique de standardisation par l ensemble des «équipes travaux» à partir de juillet 2006, date à laquelle les procédures seront définitivement adoptées. D un point de vue personnel, ce stage m a permis de m immerger pendant cinq mois dans une entreprise dont le métier de base est le GO mais ou le second œuvre y également bien représenté. J ai pu apprécier au jour le jour le travail des différents services de Pertuy Construction : la direction, les travaux, la direction technique, les Achats, le SAV. A de nombreuses reprises, j ai eu l occasion de développer mes aptitudes en terme d organisation : la formation des collaborateurs, l animation de réunions «d information» et «d avancement» et les rencontres que j ai eu l opportunité de faire, ont été pour moi l occasion d approfondir mes aptitudes en matière de présentation orale ou écrite et de développer mes capacités d analyse. De manière générale, le sujet qui m a été confié par P.ADRIAENS m a permis d apprendre, de façon autonome, à mener à son terme un projet global d entreprise tout en me familiarisant avec les travaux du second oeuvre. Toutes ces remarques font que ces cinq mois ont constitué une parfaite transition entre mes études d ingénieur Génie Civil à l INSA de Strasbourg et ma future carrière professionnelle. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 49
BIBLIOGRAPHIE - DUTHU Henri, MONTHARRY Daniel, PLATZER Michel, La Technique du Bâtiment Tous Corps d Etat, Editions Le Moniteur, Paris, 1999 - DIDIER D., LE BRAZIDEC M., NATAF P., THIESSET J., Précis de Bâtiment conception, mise en œuvre, normalisation, Edition NATHAN-AFNOR, Paris 1991 - Chambre Syndicale Nationale de l Etanchéité (CSNE), Etanchéité du BTP à base de bitume, Editions DTSB, 1994 - E-cahiers du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) - Textes réglementaires applicables aux bâtiments de logements - Documents internes Pertuy Construction. Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 50
ANNEXES Annexe 1 : Questionnaires de Travail Exécution Réglementation Achat Annexe 2 : Fiches «SYNTHESE» Annexe 3 : Annexe 4 : CR de réunions P&S CES en Habitat Florent DIDIER, PFE, Juin 2006 51