SIGNALEMENT DES INFECTIONS NOSOCOMIALES

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Transcription:

SIGNALEMENT DES INFECTIONS NOSOCOMIALES BILAN DU DISPOSITIF DANS LE SUD-OUEST - ANNEE 2016 585 Établissements en capacité de signaler au 31 décembre 2016 310 Fiches de signalement reçues 123 Établissements signalant 1751 Patients concernés à l émission du signalement 34% Fiches de signalements de cas groupés 22 Signalements avec intervention sur site 4 Fiches REX publiées 25% Proportion de signalements en lien avec des précautions standard non optimales 7 % Proportion de cas secondaires parmi les patients identifiés colonisés ou infectés par une entérobactérie productrice de carbapénémase (EPC) 28 % Proportion de cas secondaires parmi les patients identifiés colonisés ou infectés par E. faecium van A ou van B 7% Proportion d'épisodes d'epc avec au moins un cas secondaire 10% Proportion d'épisodes d'e. faecium van A ou van B avec au moins un cas secondaire 6 Signalement d'épidémie d'eblse www.cpias-nouvelle-aquitaine.fr rubrique «Signalement» Analyse-rédaction : Dr AG. VENIER Mise en page : C. ROY

SOMMAIRE BILAN INTER-REGIONAL Signalements reçus 3 Motifs de signalement 3 Signalement et déclaration de vigilance 3 Micro-organismes 4 Résistances 6 Localisation des infections 7 Répartition selon le type de service 8 Caractéristiques des établissements signalant 8 Demandes d expertise et interventions sur site 9 Analyse des causes, axes d amélioration 9 BILAN REGIONAL Participation au dispositif de signalement par région 10 Principaux axes d amélioration par région 10 Mis en place depuis 2001 par le décret n 2001-671 du 26 juillet 2001, le dispositif de signalement des infections nosocomiales repose actuellement sur l article L1413-14, qui pose le principe d une déclaration des infections nosocomiales ou autres évènements indésirables graves liés aux soins par «tout professionnel ou établissement de santé». Au 1 er mars 2012, tous les établissements de santé devaient réaliser leurs signalements par voie électronique (e-sin), conformément à l Instruction DGOS/PF2/DGS/RI3 n 2012-75 du 13 février 2012 relative au signalement externe des infections nosocomiales par les établissements de santé et les structures mentionnées à l'article R.6111-12 du code de la santé publique ainsi qu'aux modalités de gestion des situations signalées. Suite à l enquête utilisateurs et aux retours faits par les CCLIN, une deuxième version d e-sin a été effective début 2015. Le CCLIN Sud-Ouest a accueilli la région Languedoc-Roussillon en 2016 du fait de la réforme territoriale et ce bilan prend donc en compte le nouveau découpage régional. Bilan des signalements 2016 CCLIN Sud-Ouest 2

BILAN INTER-REGIONAL SIGNALEMENTS REÇUS Le nombre de signalements a connu une progression constante depuis sa mise en place en 2001, avec une stabilisation entre 2008 et 2014. En 2016, 310 signalements ont été émis sur e-sin dont 50 par la région Languedoc-Roussillon. Tableau 1 : Distribution du nombre de signalement et du nombre de cas par an, de 2001 à 2016 Année de signalement Nb de signalements Nb de cas à l'émission du signalement 2001 25 41 2002 69 199 2003 90 302 2004 125 486 2005 141 517 2006 155 439 2007 173 573 2008 203 841 2009 185 1 263 2010 212 1 345 2011 204 1 569 2012 204 1 885 2013 204 1 514 2014 215 1 484 2015 277 2 030 2016 310 1 751 MOTIFS DE SIGNALEMENT En 2016, les 2 principaux critères de signalement cochés par les établissements étaient : la nature de l agent pathogène (47% des signalements) et les épidémies ou cas groupés (39%). Pour rappel, les critères justifiant un signalement externe au CCLIN et à l Agence Régionale de Santé sont 1 : Infection nosocomiale ayant un caractère rare ou particulier du fait : 1a : de l agent pathogène (nature, caractéristique, profil de résistance ) 1b : de la localisation de l infection 1c : de l utilisation d un dispositif médical 1d : de procédures ou de pratiques exposant d autres personnes 2 : Décès lié à une infection nosocomiale 3 : Infection nosocomiale suspecte d être causée par un germe présent dans l eau ou dans l air environnant 4 : Maladie devant faire l objet d une Déclaration Obligatoire et dont l origine nosocomiale peut être suspectée 5 : Autre Un signalement peut être lié à plusieurs critères. SIGNALEMENTS ET DECLARATION DE VIGILANCE Quatre signalements ont indiqué avoir fait une déclaration de vigilance à leur émission mais il s agissait finalement d une erreur de saisie ou d une confusion entre biovigilance et signalement des infections associées aux soins. Bilan des signalements 2016 CCLIN Sud-Ouest 3

MICRO-ORGANISMES Cette année confirme la persistance d une prédominance de K. pneumoniae parmi les 10 principaux microorganismes signalés, principalement lors d épisodes concernant une entérobactérie productrice de carbapénémase (EPC). Figure 1 : Distribution des principaux microorganismes signalés en 2016 selon le codage e-sin Les signalements des cas de gale, d infection à Clostridium difficile, et de coqueluche sont stables depuis trois années (cf Tableau 2). Tableau 2 : Evolution des signalements de gale, Clostridium difficile et coqueluche, de 2001 à 2016 Année C. difficile nb signalements (nb de cas) Gale nb signalements (nb de cas) Coqueluche nb signalements (nb de cas) 2001 0 0 0 2002 0 2 (8) 0 2003 0 3 (47) 0 2004 1 (1) 1 (16) 0 2005 1 (6) 4 (48) 2 (12) 2006 6 (11) 5 (69) 2 (6) 2007 27 (39) 8 (37) 1 (7) 2008 35 (48) 12 (116) 4 (8) 2009 18 (27) 5 (19) 4 (8) 2010 12 (22) 16 (119) 3 (16) 2011 6 (14) 20 (138) 2 (6) 2012 7 (14) 17 (208) 3 (6) 2013 6 (7) 9 (82) 1 (3) 2014 6 (19) 14 (161) 0 (0) 2015 9 (20) 13 (52) 1 (1) 2016 7 (9) 12 (81) 2 (4) Bilan des signalements 2016 CCLIN Sud-Ouest 4

Clostridium difficile En 2016 les signalements de cas de C. difficile reçus au CCLIN Sud-Ouest ont concerné 9 patients dont 3 sont malheureusement décédés. Par deux fois, il s agissait de cas communautaires post-antibiotiques. Cette constatation a conduit l équipe à réaliser un court tutoriel sur le C. difficile afin de sensibiliser les cliniciens à cette pathologie. https://www.cpias-nouvelle-aquitaine.fr/outils_videos/tuto-cclin-sud-ouest-n4- clostridium-difficile-mars-2017/ Gale Le diagnostic de gale a encore posé des difficultés et il restr fortement recommandé de disposer d un dermoscope. Pour rappel, une courte vidéo de questions-réponses sur la Gale (VLOG n 4) et trois plaquettes à destination des patients, pharmaciens et médecins sont disponibles sur le site du CCLIN dans la rubrique outils. https://www.cpias-nouvelle-aquitaine.fr/outils_videos/vlog-cclin-sud-ouest-n4-janvier- 2016/ Coqueluche Deux signalements ont concernés des cas nosocomiaux chez des professionnels non vaccinés en maternité et en médecine. Ces cas ont générés la prise en charge de plusieurs contacts patients et professionnels et ont conduit dans les établissements concernés à une resensibilisation des équipes concernant cette vaccination. Pour rappel, l ensemble des recommandations reste disponible sur http://nosobase.chulyon.fr/recommandations/coqueluche.html A noter en 2016 Séroconversion Hépatite C Deux patients ont présenté une hépatite C dans le cadre de leur prise en charge : l un après une chirurgie et l autre en dialyse. Les deux patients ont bien évolué. Pour le premier cas, aucune hypothèse n a pu être privilégiée et les précautions standard ont été rappelées. Pour le deuxième cas, l analyse approfondie des causes a permis d identifier des actions d amélioration concernant les précautions standard et le traitement des cas connus. Ce dernier point a fait écho aux recommandations de décembre 2016 de la Haute Autorité de Santé (HAS) concernant l indication du traitement contre l hépatite C. https://www.hassante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2016-12/recommandation_college_hepatite_c.pdf Bacillus cereus Trois signalements d infection/colonisation par Bacillus cereus ont été émis en 2016 (3 bactériémies et 2 colonisations). Ces signalements se sont inscrits dans un contexte d enquête nationale menée par Santé Publique France sur la période de juin à septembre 2016 : cette enquête rétrospective a concerné les cas d infection/colonisation à Bacillus cereus survenus chez les nouveau-nés et a permis de montrer que les infections graves à Bacillus cereus dans cette population étaient un évènement de fréquence faible mais non négligeable, 13 cas de bactériémie ayant été recensés sur la période au niveau national ; ces cas étaient pour la plupart isolés. Les détails de cette enquête seront mis en ligne prochainement sur le site de Santé Publique France. Un REX sur le sujet est déjà disponible sur le site du CCLIN. https://www.cpias-nouvelle-aquitaine.fr/wpcontent/uploads/2015/05/rex_cclin_so_b_cereus.pdf Tuberculose multi-résistante nosocomiale Un soignant de maladie infectieuse a développé une tuberculose multi-résistante (Isoniazide, Rifampicine, Fluoroquinolone) en lien avec un patient index originaire de Russie et hospitalisé 319 jours dans le service. Ce soignant a reçu le traitement adéquat. Les investigations sont toujours en cours mais les hypothèses d un port de masque non optimal (fit test) et/ou d une observance perfectible des mesures par le patient ne peuvent être exclues. Bilan des signalements 2016 CCLIN Sud-Ouest 5

RESISTANCES Pseudomonas aeruginosa Sept signalements ont concerné en 2016 une infection ou une colonisation isolée par P. aeruginosa. dont un signalement de colonisation urinaire par Pseudomonas aeruginosa producteur d une carbapénémase de type GES-5 en Midi-Pyrénées, témoignant de la persistance régionale de ce micro-organisme. A. baumannii résistant à l imipénème (ABRI) En 2016, les parmi les six signalements d infections à Acinetobacter baumannii, deux concernaient des souches résistantes à l imipénème productrices d une carbapénémase de type OXA 23, un concernait une souche productrice d une carbapénémase de type OXA 58 ; deux cas étaient importés de l étranger (Tunisie, Maroc). Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) Six signalements de SARM ont été émis en 2016, concernant trois bactériémies, deux ISO et une colonisation. Les bactériémies à SARM ont toutes donné lieu à une analyse des causes profondes, dont deux avec un appui Cclin-Arlin pour sa réalisation. http://www.cclin-arlin.fr/gdr/analyse_causes/analyse_causes.html Cas groupés d'eblse Le PROPIAS recommande le signalement de tous les cas groupés d'eblse : six signalements ont été transmis au CCLIN Sud-Ouest en 2016. Nous engageons les EOH à signaler ces épidémies et à analyser leurs causes de survenue (respect des précautions standard et complémentaires, organisation, pratiques d'antibiothérapie). Désormais, deux REX d épidémies d EBLSE sont disponibles sur le site https://www.cpias-nouvelle-aquitaine.fr/signalement-retours-dexperience/retours-dexperience/ Bactéries hautement résistantes émergentes BHRe Pour rappel, sont considérées comme BHRe uniquement les entérobactéries productrices de carbapénémase (EPC) et les E. faecium résistant aux glycopeptides ou à la vancomycine (Van A ou van B). Les E. faecalis résistant aux glycopeptides sont considérés comme des BMR. Le PROPIAS demande que : - la proportion de cas secondaires sur l'ensemble des cas de BHRe soit inférieure ou égale à 20 %, - la proportion d'épisodes avec cas secondaires soit inférieure ou égale à 10 %. Sur le Sud-Ouest en 2016 La proportion de cas secondaires sur l'ensemble des cas signalés de BHRe a été de : - 7 % pour les EPC (115 patients dont 8 cas secondaires), - 28 % pour les E. faecium van A ou B (14 cas dont 4 cas secondaires). La proportion d'épisodes signalés avec cas secondaires a été de : - 7 % pour les EPC (107 épisodes dont 7 avec cas secondaires), - 10 % pour les E. faecium van A ou B (10 épisodes dont 1 avec cas secondaires). Tableau 3 : Synthèse des signalements de BHRe reçus au CCLIN SO en 2016 EPC E. faecium van A ou B Nb signalements 113 10 Nb épisodes 107 10 dont épisodes avec Cas groupés 7 1 Nb total de cas 115 14 dont cas secondaires 8 4 Patients infectés 23 4 dont cas secondaires 0 0 Origine de la BHR chez le cas index Hospitalisation à l'étranger 49 2 Antibiothérapie 34 3 Bilan des signalements 2016 CCLIN Sud-Ouest 6

A noter en 2016 4 cas d infection à E faecium résistant aux glycopeptides : 2 bactériémies, un abcès de paroi et une pneumopathie. Le cohorting n a quasiment jamais été mis en place pour un cas isolé, faute de moyens humains. Par contre le cohorting a montré son efficacité pour résoudre très rapidement un phénomène épidémique, que ce dernier soit débutant (3 cas) ou de grande ampleur. Le mécanisme de résistance de type OXA-48 est fréquemment porté par un plasmide. Ainsi dans un épisode d EPC, si les dépistages autour d un patient porteur d une enterobactérie OXA 48 identifient un patient porteur d une autre enterobactérie OXA 48, l hypothèse d une transmission plasmidique est à évoquer systématiquement dans l analyse de la situation. Cette situation s est produite pour deux signalements en 2016. LOCALISATION DES INFECTIONS Un même signalement pouvait être lié à plusieurs sites d infection. La figure 2 présente les principaux recensés. Figure 2 : Répartition des sites d infection en 2016 parmi les 310 signalements, selon le codage e-sin Infections du site opératoire (ISO) En 2016, 14 signalements ont concerné une ISO, dont 11 ayant conduit en interne à la réalisation d une analyse approfondie des causes ou d une RMM. L Arlin ou le Cclin ont apporté leur appui pour cinq de ces signalements. Bactériémies En 2016, 28 bactériémies ont été signalées, dont 11 ayant conduit en interne à la réalisation d une analyse approfondie des causes. L Arlin ou le Cclin ont apporté leur appui pour cinq de ces signalements. Bilan des signalements 2016 CCLIN Sud-Ouest 7

REPARTITION DES SIGNALEMENTS SELON LE TYPE DE SERVICE En 2016, les signalements concernaient principalement des services de médecine, chirurgie et réanimation Figure 3 : Distribution des signalements selon le type de service en 2016 (n=310) CARACTERISTIQUES DES ETABLISSEMENTS SIGNALANT En 2016, 123 établissements de l inter région ont signalé au moins une fois. Figure 4 : Distribution du nombre de signalements en fonction du type d établissement en 2016 (n=310). Bilan des signalements 2016 CCLIN Sud-Ouest 8

DEMANDES D EXPERTISE ET INTERVENTIONS SUR SITE En 2016, la demande d expertise était cochée à l émission dans 16% des signalements. Au total, 30 signalements ont fait l objet d une ou plusieurs conférences téléphoniques/visioconférence avec l Arlin et/ou le Cclin et 22 signalements ont fait l objet d une ou plusieurs interventions sur site de l Arlin et/ou le Cclin pour des évaluations de pratiques, des analyses de causes ou la participation à une réunion de crise. ANALYSE DES CAUSES, AXES D AMELIORATION Tous les signalements reçus au Cclin ont fait l objet d une analyse par le Cclin conjointement avec l Arlin et tous ont fait l objet d une investigation locale ; 21 % des signalements ont donné lieu à une analyse approfondie des causes formalisée en interne ; un signalement a donné lieu à l'élaboration d'une fiche de retour d'expérience (fiche REX http://www.cclin-arlin.fr/gdr/rex/rex.html) et deux à l élaboration d un tutoriel (cf C. difficile). A partir des signalements passés, 4 Fiche REX ont été publiées en 2016 : une concernant une épidémie d E. faecium résistant aux glycopeptides, une concernant des cas d infection/colonisation par Bacillus cereus en néonatalogie, une concernant des cas groupés d EBLSE en réanimation, et une concernant une méningite post-rachianesthésie. Les principaux axes d amélioration identifiés à l occasion des signalements de 2016 étaient : - assurer des précautions standard conformes aux recommandations (25% des signalements) - améliorer l organisation, la logistique, les protocoles (18%) - améliorer le diagnostic et/ou le ciblage des patients (7%) - améliorer l antisepsie cutanée (3%) - améliorer la formation des professionnels (3%) Si le respect des précautions standard reste encore en tête des mesures clefs d'amélioration, la hausse de l'identification, par les établissements d'actions sur les causes profondes notamment organisationnelles, est à saluer. Bilan des signalements 2016 CCLIN Sud-Ouest 9

BILAN REGIONAL PARTICIPATION AU DISPOSITIF DE SIGNALEMENT PAR REGION En 2016, la région ayant effectué le plus de signalements a été la région Nouvelle Aquitaine suivie par la région Occitanie. Ces 2 régions sont celles ayant le plus grand nombre d établissements. Tableau 4 : Taux de signalements pour 10 000 lits en 2016 Régions Nb de signalements en 2016 Taux de signalement 2016 pour 10 000 lits* Nouvelle Aquitaine 145 36 Guadeloupe 15 62 Guyane 10 110 Martinique 3 16 Occitanie 137 35 Total 310 36 *Nombres de lits issus du tableau de bord Tableau 5 : Répartition du nombre d établissements signalant par région, en 2016 Régions Etablissements Nb total Taux de signalant d'établissements* participation (%) Nouvelle Aquitaine 63 270 23 Guadeloupe 6 25 24 Guyane 4 7 57 Martinique 2 18 11 Occitanie 48 283 17 123 603 20 *Nombres d établissements issus du tableau de bord Au 31 décembre 2016, 585 établissements étaient opérationnels sur e-sin soit 97%. Nous engageons les établissements encore non connectés ou partiellement opérationnels à régulariser cette situation rapidement (3 en Poitou-Charentes, 2 en Limousin, 3 en Guadeloupe, 5 en Midi-Pyrénées, 5 en Languedoc-Roussillon). PRINCIPAUX AXES D AMELIORATIONS PAR REGION Les principaux axes d amélioration retrouvés dans les signalements selon les régions sont : - Nouvelle Aquitaine : Améliorer le respect des précautions standard et l organisation - Guadeloupe - Guyane - Martinique : Améliorer les précautions standard et la communication - Occitanie : Améliorer le respect des précautions standard et le diagnostic / ciblage des patients. Pour en savoir plus : La lettre du signalement : http://www.cclin-sudouest.com/pages/sign_esin.html, lien «documents utiles» Site internet CCLIN Sud-ouest, rubriques «Signalement» Le CCLIN et les ARLIN remercient les établissements signalant pour leur participation au dispositif de signalement et leurs multiples partages d expérience et engagent les établissements ne l ayant encore jamais fait à intégrer en 2017 cette dynamique transparente et positive d amélioration de la qualité des soins. Bilan des signalements 2016 CCLIN Sud-Ouest 10