Institut pour le Développement des Capacités / AFRITAC de l Ouest / COFEB Cours régional sur la Gestion macroéconomique et les questions de dette Dakar, Sénégal du 4 au 15 novembre 2013 S-2 Crises financières et de la dette Pierre Dhonte Ce matériel de formation est la propriété du Fonds monétaire international (FMI) et son usage est réservé aux cours de l Institut pour le développement des capacités (ICD). Il ne peut être réutilisé sans le consentement de ce dernier.
Sommaire I Qu est-ce qu une crise financière? II Origine et coût des crises III Prévenir et guérir
I - Qu est-ce qu une crise financière? C est l incapacité d un agent à respecter ses obligations. Crise bancaire : les banques n honorent pas les demandes d de retrait Crise de la balance des paiements (monétaire) : Les autorités doivent dévaluer la monnaie (abandonner un taux de change fixe) ou augmenter fortement les taux d intérêt Crise de la dette : Les emprunteurs (y compris les États) ne remboursent pas totalement
Les crises bancaires On a Une crise bancaire apparait lorsque Une ruée sur une banque, potentielle ou avérée, incite un établissement à suspendre les retraits Les autorités doivent intervenir en accordant un soutien financier de grande ampleur: Garanties généralisées Apport massif de liquidité
Les crises «jumelles» Traditionnellement: e e des crises de balance a de paiements e accompagnées par des crisesbancaires - Causées par des troubles dans le secteur financier -Prototype: les crises «asiatiques» Renouvellement: un lien réciproque entre crise bancaire et crise de la dette publique - prototype: la crise européenne
Lien entre les crises de balance de paiements et les crises bancaires Crises de balance de paiements Crises bancaires La banque centrale défend la monnaie (le rattachement) en augmentant le taux d intérêt la croissance souffre et la qualité des actifs bancaires diminuei La dévaluation de la monnaie peut entrainer une crise bancaire si les banques ont des positions ouvertes nettes en devises étrangères ou si elles ont fait des emprunts en devises aux entreprises productrices de biens non-échangeables Crises bancaires Crises de balance de paiements Une ruée sur les banques peut entrainer le déplacement des dépôts a l étranger, une réduction des réserves, et une crise monétaire
Lien entre crise de la dette et crise bancaire: ex. de l Europe Les banques européennes pèsent lourd: les top 3 banques = 406% du PIB aux Pays Bas, 250 en France, 125 en Allemagne, 43 aux US Elles sont encore très «nationales»,par leur portefeuille de titres publics et par le caractère national de la supervision Liens organiques: familiarité au niveau des CAs
Les banques exposées au risque souverain Risques souverains s des banques de la zone euro, en % de leur capital (Déc. 2011) Toutes bques Banques françaises Grèce 8 4 Portugal 4 2 Espagne 19 3 Italie 25 18 France 25 49
et inversement Inversement, le coût d une crise bancaire pèse sur le budget de l Etat «hôte» (Irlande ) car la supervision demeure principalement nationale L ajustement Lajustement budgétaire crée un risque pour le système bancaire, et donc un risque supplémentaire pour le budget, ce qui conduit à des taux d intérêt plus élevés
II -L origine Lorigine des crises
Un changement d anticipations Les bulles ont existé de tout temps (Kindleberger, Minsky): une période d euphorie, puis un moment de panique (un «moment Minsky»)conduisant à une très forte demande de liquidité Elles diffèrent dans leurs circonstances, mais se ressemblent dans leur déroulement: - «déplacement» - euphorie («irrational exuberance») - perte de confiance (retour à la liquidité) - panique et parfois crash -reprise
Illustration : la crise des «subprime» Des innovations ( $1300 bn de subprime, mélangés dans $ 11000 bn de ABSs), dans un contexte de politique monétaire très souple Un climat d euphorie: des primes de risque très réduites Un changement soudain d anticipations Perte de confiance liée au manque de transparence des ABSs des conséquences disproportionnées
et un effet de contagion La contagion est psychologique et technique Les institutions financières ont énormément d échanges déchanges entre elles.dès lors les incertitudes pesant sur l une se propagent rapidement à l ensemble du marché. On a cru que la titrisation, en répartissant largement les risques, était un facteur de stabilité. En réalité, en propageant l incertitude, elle a été un facteur d instabilité.
Le détonateur: un choc modeste
Contraction des bilans Ménages, entreprises et institutions Ménages, entreprises et institutions financières cherchent tous à consolider leur position Le solde épargne-investissement du secteur privé s améliore de 9 points de PIB en quatre ans aux US, de 4 points en Europe Les banques réagissent aux nouveaux ratios de Bâle en limitant le crédit plutôt qu en augmentant leur capital
Contraction du crédit
Conséquences fortes pour l activité BRI rapport 2013 p.78
Conséquences fortes pour l emploi lemploi
Conséquences budgétaires
III Prévenir et Guérir Les éléments d un consensus pour la gestion des crises bancaires: comment les éviter, comment y répondre Des questions profondes sur la gestion des crises de la dette
Prévenir les crises bancaires La transparence, clé de la prévention: éviter les surprises ( Exemples: la Corée en 1998; les subprime aujourd hui) Besoin de coordination internationale: Bale; Financial Stability Forum; IASB Besoin de supervision, mais aussi de discipline des marchés Les trois dimensions de «Bale II»: -Définir i des normes comptables (IFRS) - Imposer des ratios de bilan correspondant aux risques - Renforcer la gestion des risques: VAR, stress tests Renforcer les infrastructures: clearing and settlement Renforcer la coopération entre les autorités
Problèmes philosophiques La réglementation induit i l innovation: i ne vaut-il pas mieux se fier à la discipline des marchés? - regulation Q -> Eurodollar -regulation T -> produits dérivés - ratios prudentiels -> hors bilan Rôle du prêteur en dernier ressort: problème de «risque moral»
Faut-il sauver les banques? En cas de ruée sur une banque, la banque centrale peut servir de prêteur de dernier recours et la sauver Tout cela a un prix: Aléa moral Mauvaise allocation des ressources Coût budgétaire Inflation pour réduire le coût budgétaire Réduction des réserves Crise monétaire
Gérer les crises bancaires En règle générale, toute stratégie comprend les trois éléments interdépendants suivants: Il faut traiter toute crise de liquidité grave stabiliser le passif des banques et arrêter les ruées sur les banques. Il faut faire disparaître les banques insolvables et nonviables et rétablir la santé et la solidité des autres; A moyen terme il faut restructurer les prêts improductifs.
Ripostes en 2007-2009 Apport de liquidité et garanties du passif des Pas de fermeture administrative i ti des banques Pas de gel des dépôts (sauf pour la banque Parex en Lettonie) Achats d actifs, garantie des actifs, injection de fonds propres p Vastes interventions de l État dans le secteur financier (souvent remboursées par la suite) Relèvement des exigences de fonds propres
Réactions de politique économique Intervention vigoureuse des banques centrales Accroissement massif des déficits budgétaires et forte hausse de l endettement
Réactions des banques centrales
Incertitudes de l endettement Risque d un cercle vicieux: déficit perte de confiance hausse des taux chute de l activité lactivité D où la volonté de tous les pays avancés de réduire leurs déficits Mais la réduction des déficits a un effet négatif sur l activité i et les recettes
Conclusion: Problématique de l endettement On ne sort pas d une situation de surendettement s il n y a pas de croissance économique suffisante. La soutenabilité de la dette est une affaire de dynamique: croissance de la dette contre croissance du PIB Il faut donc cibler les dépenses qui pèsent sur les déficits i futurs (retraites) Il faut lorsque nécessaire rétablir la compétitivité (Grèce)
F et D Juin 2010 La croissance est centrale