Bulletin d information de santé publique MAURICIE ET CENTRE-DU-QUÉBEC VOLUME 15, NUMÉRO 3 NOVEMBRE 2006 Campagne de vaccination contre l influenza 2006-2007 Voici quelques informations concernant la campagne de vaccination contre l influenza 2006-2007. De plus, tous les médecins du Québec ont reçu une lettre d information du Directeur national de santé publique au début du mois de septembre 2006. D abord un petit rappel : Assurons-nous, en temps que professionnels de la santé, que nous soyons tous vaccinés contre l influenza afin d éviter de transmettre la maladie à nos patients qui sont de plus en plus vulnérables ou à nos familles ainsi que pour nous protéger nous-mêmes. Quand se déroulera la campagne? Du 6 novembre 2006 jusqu au début de janvier. Toutefois, il est toujours possible de vacciner une personne tant que le pic de l influenza n a pas été atteint. La vaccination en CH et en CHSLD se fera aussi au début du mois de novembre. Etat de la situation concernant les vaccins : Comme il a été mentionné dans la lettre du Directeur national de santé publique reçue par tous les médecins,il y a eu un retard dans la production des vaccins et la livraison ne devrait se faire au début de novembre. A cet égard, nous vous recommandons de ne pas planifier de grosses cliniques de vaccination au début de la campagne au cas où un retard additionnel dans la distribution des vaccins devait survenir. Nous vous tiendrons informés de tout changement à cet égard. Quel vaccin sera utilisé? Encore cette année, le vaccin Fluviral de GSK sera utilisé.toutefois, quelques doses de vaccin Vaxigrip de la compagnie Sanofi-Pasteur seront aussi disponibles. Contrairement à l année passée, le vaccin Vaxigrip ne sera plus réservé à la vaccination des enfants. En effet, les études ont clairement démontré qu il n y a aucun lien entre le thimérosal et l autisme chez les enfants. Les cliniques médicales qui le désirent peuvent, pour leur clientèle non à risque qui désire se faire vacciner, se procurer des vaccins chez certaines compagnies de fournitures médicales. (vaccin Influvac de la compagnie Solvay Pharma) ainsi qu auprès de Sanofi-Pasteur (vaccin fluviral) ou encore auprès de leur pharmacie locale. Quel sera le format utilisé? Le format utilisé sera la fiole de 5 ml contenant 10 doses de 0,5 ml de vaccin. Posologie : Enfants âgés de moins de 3 ans : Pour ce groupe d âge, le calendrier d administration prévoit 2 doses à 4 semaines d intervalle (s il s agit d une première vaccination contre l influenza), en utilisant une posologie de 0,25 ml par dose. (suite en page 2) 1
Enfants âgés de 3 à 8 ans : Un calendrier de 2 doses à 4 semaines d intervalle, mais avec une posologie de 0,5 ml par dose. Pour tout enfant de 3 à 8 ans déjà vacciné antérieurement, une seule dose est requise. Personnes âgées de 9 ans ou plus : Une seule dose avec une posologie de 0,5 ml. Quels sont les groupes visés par la gratuité? Tout comme l année passée, les enfants en santé âgés de 6 à 23 mois seront vaccinés. En effet, suite à des recherches menées, il a été établi que ce groupe d âge courait un plus grand risque d être hospitalisé pour une grippe que les enfants plus âgés et les jeunes adultes bien portant. Dans le but de leur accorder une protection supplémentaire, les contacts de la maisonnée pourront aussi se faire vacciner gratuitement ainsi que les travailleurs des CPE et des garderies familiales en contact avec des enfants âgés de moins de 2 ans. Voici donc un résumé des clientèles visées par la gratuité : enfants en bonne santé âgés de 6 à 23 mois; personnes atteintes de maladies chroniques, âgées de 2 à 59 ans, incluant les personnes souffrant de conditions médicales pouvantù compromettre les fonctions respiratoires; personnes âgées de 60 ans et plus; toutes les personnes vivant en centre d accueil ou en établissement de soins prolongés; tout contact domiciliaire (incluant les enfants) d une personne faisant partie des groupes à risque ci-dessus. De plus, la vaccination de la maisonnée des enfants âgés de moins de 6 mois est pertinente car ces derniers ne peuvent recevoir le vaccin dû à leur jeune âge; les travailleurs en garderies (familiale ou CPE) en contact avec les enfants de 0 à 23 mois; le personnel des établissements de soins de santé. Quelle est la composition du vaccin (souches vaccinales)? La composition du vaccin pour cette année a été modifiée à nouveau cette année pour tenir compte de l ajout de 2 nouvelles souches : la souche B ainsi que la souche H3N2. A/New Caledonia/20/99 (H1N1) A/Wisconsin/67/2005 (H3N2) ou la souche analogue A/Hiroshima/52/2005 B/Malaysia/2506/2004 Résultats de la campagne 2004-2005 Voir le tableau des résultats inclus en page 3. Bénéfices de la vaccination contre l influenza On sait que la vaccination contre l influenza n est pas efficace à 100 % pour nous protéger de la maladie. En effet, à mesure que l on vieillit, notre système immunitaire répond moins bien aux différents vaccins, dont le vaccin contre l influenza. Cependant, les bénéfices reconnus incluent une réduction de : 34 à 44 % des visites médicales pour des symptômes respiratoires dus à l influenza dans tous les groupes d âge 25 % de la prise d antibiotiques 30 à 70 % des hospitalisations pour pneumonie ou grippe (personnes âgées vivant en milieu ouvert) 50 à 60 % des hospitalisations pour pneumonie ou grippe (personnes âgées vivant en milieu fermé) 80 % des décès chez les personnes à risque (en milieu fermé) 32 à 45 % de l absentéisme au travail chez les adultes Données tirées de la publication Prévention en pratique médicale de la Direction de santé publique de Montréal Centre, octobre 2002. Le syndrome oculo-respiratoire (SOR) Les études menées depuis la saison 2000 permettent de conclure que le syndrome oculo-respiratoire (SOR) est un effet secondaire attendu chez un petit nombre de vaccinés et associé probablement à tous les vaccins contre l influenza. La présence d un SOR une fois ne signifie pas qu il surviendra après une immunisation subséquente, non plus, si cela arrivait, qu il y ait une aggravation des symptômes. En ce sens, le SOR bénin ou modéré ne constitue pas une contre-indication à la 2
vaccination. Par contre, la présence d un SOR sévère doit faire l objet d une décision médicale individuelle basée sur les risques et les bénéfices pour la personne vaccinée. Pensons aussi à la vaccination contre le pneumocoque : Profitons de la campagne de vaccination contre l influenza pour offrir la vaccination contre le pneumocoque aux personnes qui ne l ont pas reçue. Toutefois, le vaccin contre le pneumocoque peut aussi être administré tout au long de l année Généralement, il n est donné qu une seule fois pendant la vie, sauf chez les aspléniques ou chez ceux qui ont une condition médicale liée à une immunosuppression D autre part, nous avons eu une opinion du Comité sur l immunisation du Québec (CIQ) qui nous informe que «quelques études ont évalué qu il était sécuritaire d administrer des doses multiples du vaccin contre le pneumocoque chez les personnes âgées». «La vérification du dossier vaccinal avant une vaccination doit rester une pratique habituelle ; cependant, en cas de non disponibilité du dossier vaccinal, on peut effectuer la vaccination d une personne adulte pour laquelle la vaccination contre le pneumocoque est indiquée» Clientèle visée par la vaccination gratuite : - Les personnes âgées de 65 ans et plus - Les personnes âgées de 2 à 64 ans atteintes d une maladie chronique qui augmente le risque de maladie invasive par le pneumocoque Le vaccin utilisé cette année sera le Pneumovax 23 de la compagnie Merck Frosst Le format unidose de 0,5 ml sera utilisé Fernand Guillemette Médecin-conseil Résultats de la campagne de vaccination contre l'influenza Evolution du taux de couverture vaccinal (TCV) Comparaison des années 01-02, 02-03, 03-04 et 04-05 Milieu ouvert Catégories Objectif (%) Année 01-02 Année 02-03 Année 03-04 Année 04-05 Année 05-06 65 ans 60% 53,1% 57,2% 53,9% 58,0% 59,4% 60-64 ans 55% 35,0% 34,7% 39,3% 40,5% 41,1% 6 mois à 59 ans 50% 31,8% 30,5% 33,0% 2 ans à 59 ans 50% 35,9% 36,9% 6 mois à 23 mois 50% Non obtenu 28,7% 3
Implantation du système intégré de récupération des seringues et des aiguilles usagées en Mauricie et au Centre-du-Québec Le problème des seringues usagées abandonnées dans l environnement ou laissées à des endroits inappropriés n est pas lié uniquement à l usage des drogues injectables. En effet, avec le virage ambulatoire, plusieurs maladies sont maintenant traitées à la maison. L évolution des méthodes de traitement entraîne une recrudescence des autosoins qui requièrent l utilisation de seringues et d aiguilles à domicile. Les personnes qui s injectent de l insuline et celles qui s administrent des médicaments cytotoxiques en sont des exemples. Une bonne part de ces seringues et aiguilles prennent la voie des ordures ménagères et quelquefois des bacs de recyclage. Ces déchets biomédicaux, éliminés de cette façon, risquent de causer des piqûres accidentelles, des infections et beaucoup d inquiétudes. De plus, ces accidents coûtent de plus en plus cher au système de santé. C est dans ce contexte que le ministère de la santé et des services sociaux (MSSS) a décidé de mettre en place un système intégré de récupération de seringues et des aiguilles usagées. Ce projet, qui découle du Programme national de santé publique 2003-2012, est proposé à l échelle du Québec. Depuis le 1 er juin 2006, ce système est implanté dans la région, grâce à la collaboration de plusieurs organismes et services concernés (centres de santé et de services sociaux (CSSS) et leurs composantes, pharmaciens, cliniques spécialisées, organismes communautaires, associations de malades, municipalités et plusieurs autres acteurs). Ainsi, les personnes qui s injectent des médicaments peuvent se procurer sans frais des contenants sécuritaires aux pharmacies et aux CSSS. Elles peuvent également rapporter leurs contenants de seringues et d aiguilles aux mêmes endroits. Les cliniques spécialisées (diabète, hémodialyse et sclérose en plaques) acceptent aussi de recevoir les contenants de seringues et aiguilles rapportés par leur clientèle. Mentionnons que les pharmacies, les CSSS et les cliniques spécialisées acceptent aussi de recevoir les contenants de seringues et aiguilles apportés par des personnes qui utilisent ces instruments pour d autres usages domestiques comme par exemple l utilisation de drogues par injection. Les contenants de seringues et des aiguilles rapportés seront éliminés sans frais de façon sécuritaire à des endroits qui sont bien identifiés. Nous vous ferons parvenir à chaque clinique médicale un exemplaire de l affiche ci-contre en vous demandant de l installer en bonne place dans votre salle d attente. Il va sans dire que ce projet fait partie des actions à mettre de l avant pour vivre dans un environnement sain et sécuritaire. Marie-Paule Gauthier inf. B.sc. Infirnière-conseil Direction de la santé publique 4
Étiquette respiratoire : des mesures simples et efficaces Chers collègues, La Table régionale en prévention des infections a identifié depuis longtemps la promotion de l'étiquette respiratoire comme un facteur efficace de lutte aux infections dans nos établissements et dans nos cliniques. On sait déjà que les virus respiratoires peuvent être transmis dans nos salles d'attente. Un seul patient qui tousse contamine l'air pendant plusieurs heures. Les règles de l'étiquette respiratoire, simples et efficaces, peuvent empêcher ou réduire significativement cette contamination. Elles consistent à : demander à tout patient fébrile de porter un masque et de se laver les mains avec un rince-mains antiseptique virucide; d'aménager dans votre salle d'attente une espace désigné pour les patients ayant fièvre et toux. Les masques et le gel virucide coûtent peu.voir fiche ci-jointe. De plus, nous vous ferons parvenir sous peu des affiches incitant les usagers à porter le masque et à se laver les mains s'ils présentent des symptômes de fièvre et de toux. (pages 5 et 6) Je vous invite donc à vous engager résolument dans la démarche de l'étiquette respiratoire : la stratégie gagnante pour prévenir les maladies respiratoires. Linda Milette Adjointe médicale en protection de santé publique. Si les usagers,les visiteurs et les membres du personnel respectent les règles du lavage de mains et du port du masque, ces habitudes efficaces vont entrer dans les mœurs et vont faire toute une différence. Oui, ces moyens sont efficaces. Ils peuvent faire reculer les maladies respiratoires dans nos communautés. Ces pratiques peuvent sauver des vies face à l'influenza saisonnière qui, rappelons-le, cause toujours des décès. Elles nous permettent également de fourbir nos armes face à une éventuelle pandémie d'influenza au virus H5N1. Des mesures simples et efficaces Lavage de mains Port du masque Mise à l'écart des patients ayant fièvre et toux. Il en coûte peu pour des résultats concluants Les aménagements physiques suggérés sont mineurs. Il est facile de délimiter un espace éloigné d'au moins un mètre du reste de la clientèle. 5
Pour joindre la santé publique Déclaration urgente : Service de garde en maladies infectieuses en tout temps 1-800-567-2934 ou 379-3214, pagette # 986467 Déclaration dans les 48 h : Par la poste : Secrétariat des MADO Direction de santé publique 550, rue Bonaventure Trois-Rivières, G9A 2B5 Par téléphone : Secrétariat des MADO 819-693-3943 Par télécopieur : Nouveau numéro unique : 1-866-DSP-MADO 1-866-377-6236 Responsable : René Lord Collaborateurs : Fernand Guillemette, médecin-conseil, maladies infectieuses Linda Milette Adjointe médicale en protection de santé publique Marie-Paule Gauthier infirmière-conseil, maladies infectieuses La Santé contagieuse est une publication de la Direction de santé publique de l Agence de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Elle s adresse particulièrement aux médecins et aux partenaires en maladies infectieuses des établissements de la région. Elle est publiée cinq fois par année. Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 1704-8869 6