SALAIRES. Augmentations au compte-gouttes



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L ÉVÉNEMENT SALAIRES Augmentations au compte-gouttes Méthodologie A Enquête téléphonique, réalisée par Ipsos Loyalty, en novembre 2010, auprès de 534 responsables ressources humaines ou directeurs généraux d entreprises du BTP et de l ingénierie de 10 salariés et plus. Les résultats ont été redressés afin de constituer un échantillon représentatif du secteur du BTP. Cette enquête fournit des salaires moyens annuels bruts. 21 janvier 2011 _ LE MONITEUR 508331.GRP.indd 13 près la rigueur, la détente? Pas encore. En 2010, les augmentations salariales ont été modestes, 2011 devrait s annoncer sous les mêmes auspices. Certes, les entreprises retrouvent des couleurs mais la visibilité et les marges ne sont pas suffisantes pour ouvrir le robinet des augmentations. D après notre enquête Ipsos/«Le Moniteur», le niveau moyen d augmentation devrait se situer aux alentours de 2 %. Des augmentations massivement individuelles sans saupoudrage. Le mot d ordre sera partout : «différenciation!» Du côté des rémunérations variables, les niveaux de primes dépendront, pour partie, des résultats réalisés en 2010. Aussi, dans bien des entreprises, ils devraient baisser. A noter que le critère de la «sécurité» prend, chaque année, un peu plus d importance dans le calcul de la part variable. De son côté, l épargne salariale ne cesse de progresser même si les sommes distribuées sont en recul, signe que la crise est encore présente. Dans ce contexte, les marges de manœuvre pour motiver et fidéliser restent minces. E. N. 3 13 18/01/11 21:20

3 Salaires Augmentations au compte-gouttes POLITIQUE DE RÉMUNÉRATION La priorité est donnée aux En 2011, les entreprises devraient contenir leur masse salariale en ciblant des augmentations autour de 2 %. Les résultats en retrait enregistrés en 2010 auront également un effet direct sur les rémunérations variables des cadres. Une protection sociale de qualité devrait être un élément différenciant à terme. Cette année encore, les salariés devront se serrer la ceinture. Après une année 2010 placée sous le signe de la rigueur en termes d augmentation salariale, 2011 devrait connaître le même sort. Si certaines activités repartent, comme l ingénierie, d autres sont encore dans la difficulté. Sans compter que pour l ensemble de la filière, les prix sont encore trop bas et les marges faibles. «Le problème aujourd hui n est pas l activité mais la rentabilité», résume Bruno Pavie, DRH du groupe de travaux publics NGE. Aussi, d après notre enquête Ipsos/«Le Moniteur», le niveau moyen d augmentation devrait se situer aux alentours de 2 %. «Nous avons eu une approche prudente en 2010 car les incertitudes sur nos marchés étaient importantes. En 2011, nous devrions connaître une légère embellie, dans un contexte marqué par des disparités importantes selon les métiers», illustre Nicolas Flamant, DRH de Spie Batignolles. Un avis partagé par Jean- Yves Lagière, son homologue chez Razel. «Nous devons rester prudents car les grands chantiers que nous avons remportés peuvent être retardés et parce que les niveaux de prix sont encore bas.» L inflation estimée à 1,8 % (décembre 2009-décembre 2010) va influer sur les niveaux d augmentation, comme c est le cas chez Colas. «Dans un contexte général difficile, notre objectif est de préserver le pouvoir d achat de nos collaborateurs avec une augmentation moyenne des salaires de plus de 2,5 %», indique Philippe Tournier, le DRH. HAYS L EXPERT «Les cadres restent peu mobiles» CYRIL LECACHEUR, senior manager division BTP, cabinet Hays. 60 % des entreprises interrogées ont versé des primes à leurs cadres en 2010. «L an passé, les cadres ont fait preuve d une grande frilosité. Ils ne voulaient prendre aucun risque. Les candidats venaient uniquement vers les cabinets de recrutement pour tester leur valeur sur le marché. Cette année, la situation se détend légèrement même si nous constatons que nombre d entre eux, notamment sur des métiers réputés mobiles comme les conducteurs de travaux ou les chefs de projets, restent peu enclins à changer de postes ou de régions. Les candidats n hésitent pas à mettre la qualité de vie dans la balance. Les mobilités dans le sens Paris-province correspondent souvent à des choix pour se rapprocher de sa région d origine ou gagner en qualité de vie Dans le sens province-paris, les candidats sont prêts à bouger à condition que la nature du poste, le niveau de responsabilités et le salaire proposé en vaillent la peine!» Mode d attribution des augmentations (cadres) 61 % Individuel 11 % Collectif 18 % Les 2 à part égale Les augmentations individuelles se généralisent pour les cadres. 10 % Nsp Des augmentations différenciées Sur les augmentations, les entreprises n ont qu un mot d ordre : l individualisation. Toutes regarderont scrupuleusement qui sera augmenté. «Les jeunes que nous avons recrutés il y a deux ou trois ans seront particulièrement visés par les augmentations, précise Chrystelle Darroux, DRH de l entreprise ETI. Nous avons investi dans leur formation donc pas question de les voir partir!» Même son de cloche chez SNC Lavalin qui marquera une attention particulière à ses «hommes clefs» sur l ensemble des filières expertise, management de projet et gestion de centre de profit. «Nos confrères recrutent de nou- 9,5 % de la rémunération annuelle sont versés sous forme de primes aux cadres (niveau moyen). Types d épargnes salariales mises en place 47 % 46 % 46 % Intéressement Participation PEE 11 % PERCO PEE : Plan d Epargne Entreprise - PERCO : Plan Epargne Retraite Collectif Accords d intéressement et Perco progressent au sein des entreprises de la construction. 5 % Autre SCHÉMAS : 2010 IPSOS LOYALTY 14 LE MONITEUR _ 21 janvier 2011 508331.GRP.indd 14 18/01/11 21:20

mesures individuelles veau, nous devons être vigilants au turnover», note Sébastien Botin, vice-président pour les ressources humaines. De son côté, Ingerop «s assurera que personne n est laissé de côté tout en ciblant les profils à potentiel», résume Jacques Morvan, son DRH. Côté rémunération variable, les entreprises poursuivent la distribution des primes, principalement à leurs cadres, sans pourtant opérer de transfert du fixe vers le variable. En d autres termes, les primes seront au rendez-vous à condition que les résultats 2010 le soient! Sur les modalités de distribution, des changements sont à noter. Nombre d entreprises minorent ou majorent les primes en fonction des résultats «sécurité» en s appuyant sur le taux de fréquence ou le taux de gravité. Eléments de motivation et de récompense de la performance, les primes sont distribuées au plus près du succès. Comme c est le cas chez Bouygues Construction. «Nous avons repensé le mode de distribution des primes en rapprochant leur versement au plus près de l événement, sans attendre le mois de janvier pour le faire», témoigne Jean- Manuel Soussan, responsable du développement des ressources humaines. La santé au cœur des politiques RH Autre élément de la rémunération globale, l épargne salariale progresse, d année en année, au sein du secteur de la construction. Accords d intéressement, plans d épargne entreprise et plans d épargne retraite se 1,8 % C est le pourcentage moyen d augmentation que les entreprises prévoient de donner en 2011. développent. En revanche, la crise a eu un effet direct sur les sommes versées par les entreprises. De leurs côtés, les salariés privilégient de plus en plus le paiement direct des montants dus au titre de l intéressement et de la participation au détriment de l épargne à moyen terme. Les entreprises qui ne sont pas dotées de tels dispositifs devront combler leur retard, faute de quoi elles risquent de le payer en termes d attractivité. Un autre élément pourrait s avérer essentiel dans les années à venir : la protection sociale. Aujourd hui considérée comme un accessoire, elle pourrait retrouver une place centrale. François de Dreuzy, directeur projets RH & rémunérations chez Spie en est convaincu. «La prévention, la santé et la prévoyance vont devenir des éléments différenciant. L entreprise a tout intérêt à bien Pratiques de rémunération des entreprises 57 % 60 % 58 % Epargne salariale Prime Avantages en nature Le recours à l épargne salariale a permis aux entreprises d étoffer un peu plus leur politique de rémunération globale. communiquer en interne sur les prestations qu elle offre. Sur notre intranet, les salariés peuvent s informer sur les prestations et se connecter directement sur les sites des prestataires. Depuis trois ans, les cotisations pour la mutuelle n ont pas augmenté et les garanties ont progressé. Les salariés doivent en être conscients!» Une situation qui sera sans doute difficile à maintenir à l avenir. En effet, pour combler le déficit de la sécurité sociale, l Etat taxe désormais les contrats des mutuelles de 3,5 %. Taxe qu elles répercuteront sans nul doute aux entreprises qui auront pour alternative d augmenter les cotisations ou de réduire les niveaux de couverture. Une protection sociale de qualité redeviendra alors une donnée essentielle aux yeux des salariés. Emmanuelle N Haux PHILIPPE COUETTE L EXPERT «Les entreprises rémunèrent les candidats au juste prix» FABRICE VEYRE directeur de la division immobilier et construction de Michael Page. «La reprise des recrutements s est fait sentir au cours du second semestre 2010 mais le marché reste fragile. En effet, les entreprises manquent encore de visibilité sur leurs carnets de commandes ou craignent des retards dans le démarrage des projets, comme il y en a tant eu l an passé. Pour autant, elles sont toujours prêtes à recruter certains profils de confirmés sur les fonctions travaux comme en études de prix. De même, les chefs de projets ayant de l expérience dans le montage d opérations ou les spécialistes dans le domaine de l efficacité énergétique des bâtiments restent très recherchés. Nous sentons également un redémarrage dans le domaine de l immobilier, en recherche foncière et en développement. Mais, le secteur le plus dynamique aujourd hui est sans conteste l ingénierie qui recherche des spécialistes structures, électricité et des chefs de projets. Au niveau de leurs attentes, les entreprises sont particulièrement exigeantes : pour conclure une embauche, le candidat doit répondre à 90 % des critères fixés par le client! Côté salaires, la donne a également changé. Les entreprises proposent aujourd hui des niveaux de rémunérations suffisamment corrects pour être attractifs sans pour autant faire exploser leur grille interne. On est loin des politiques salariales erratiques pratiquées par certains ces dernières années.» 21 janvier 2011 _ LE MONITEUR 15 3 508331.GRP.indd 15 18/01/11 21:20

Les salaires moyens par fonction Ce tableau récapitule les salaires moyens pour un débutant dans le poste, à 5 ans et 10 ans d expérience de douze fonctions clés. Il s agit de salaires bruts annuels sur douze mois, congés payés inclus, hors variable. Stabilité des salaires d embauche en 2011 Débutant 5 ans 10 ans Chef de chantier Il organise le travail et dirige les chefs d équipe. Tous secteurs. 26 500 30 500 35 500 Conducteur de travaux Il est responsable de la prestation, jusqu à la réception par le client. Tous secteurs. 28 500 35 000 40 000 Ingénieur - conducteur Il est responsable de la prestation, tout comme le conducteur, mais de niveau bac + 5. Tous secteurs. 34 500 41 500 49 500 Directeur de travaux Il dirige les conducteurs de travaux sur un grand projet ou sur plusieurs chantiers. Tous secteurs. 45 500 54 000 64 000 Responsable de centre profit Il dirige une unité opérationnelle (agence, filiale ). Tous secteurs. 51 500 59 500 69 500 Technicien bureau d études Il est responsable des études de prix, des études techniques ou des méthodes. Tous secteurs. 25 000 36 500 Ingénieur bureau d études Mêmes fonctions que le technicien bureau d études mais de niveau bac + 5.Tous secteurs. 33 000 39 500 47 500 Responsable-chargé d affaires Il supervise une affaire (études, suivi des travaux jusqu à la facturation) et est le garant du résultat financier du chantier. Secteurs : électricité, génie climatique et second œuvre. 32 000 38 000 44 000 Technicien de maintenance Il assure la maintenance d une installation pour le compte d un client. Secteurs : électricité et génie climatique. 23 000 26 000 Technicien atelier ou matériels Il intervient techniquement sur les matériels, anime une équipe de mécaniciens, assure la planification et diagnostique les pannes. Secteurs : routes, TP et gros œuvre. 25 000 38 000 Chef de projet Il manage un projet depuis la phase concours jusqu à la fin des travaux. Secteurs : ingénierie et bureaux d études. 33 500 40 500 48 000 41 000 50 000 60 500 Directeur/ingénieur matériel 16 508331.GRP.indd 16 Responsable d un parc matériel, il assure le choix technologique, établit les budgets, gère l interface avec les chantiers. Secteurs : routes, TP et gros œuvre. LE MONITEUR _ 21 janvier 2011 18/01/11 21:20

3 Salaires Augmentations au compte-gouttes Les niveaux de salaires par activité Ces tableaux listent les salaires des douze fonctions clés de notre enquête, secteur d activité par secteur d activité. Il s agit de salaires bruts annuels sur douze mois, congés payés inclus, mais hors primes et rémunération variable. Ingénierie et bureaux d études Technicien bureau d études 24 000 34 500 38 000 Ingénieur bureau d études 36 000 44 000 Chef de projet 33 000 40 500 47 000 Travaux publics Chef de chantier 25 000 29 500 34 500 Conducteur de travaux 30 500 38 000 43 000 Ingénieur-conducteur de travaux 35 500 41 500 50 000 Directeur de travaux 49 000 59 500 71 000 Technicien bureau d études 25 500 37 000 Ingénieur bureau d études 32 500 39 500 50 000 Responsable centre de profit 51 000 59 500 71 500 Technicien d atelier/matériels 27 000 32 000 39 500 Ingénieur/directeur matériels 41 000 50 000 58 500 Génie climatique Chef de chantier 25 000 28 500 33 000 Conducteur de travaux 31 500 35 000 40 000 Ingénieur-conducteur de travaux 31 500 39 500 42 000 Directeur de travaux 42 500 48 500 55 000 Responsable - chargé d affaires 33 500 38 000 44 000 Technicien bureau d études 26 000 31 000 36 500 Ingénieur bureau d études 32 000 47 500 55 000 Responsable centre de profit 42 000 51 000 61 000 Technicien de maintenance 22 000 26 000 30 500 Second œuvre Chef de chantier 24 500 27 500 31 500 Conducteur de travaux 27 500 33 000 38 500 Ingénieur-conducteur de travaux 34 000 39 500 48 500 Directeur de travaux 41 500 47 000 54 000 Responsable - Chargé d affaires 31 000 37 000 44 000 Technicien bureau d études 24 500 29 500 35 500 Ingénieur bureau d études 31 500 36 500 44 500 Responsable centre de profit 44 500 53 000 63 500 Electricité Chef de chantier 26 000 29 000 33 500 Conducteur de travaux 27 500 31 500 34 500 Ingénieur-conducteur de travaux 32 000 36 500 41 500 Directeur de travaux 38 500 46 500 52 500 Responsable - Chargé d affaires 33 000 38 500 45 000 Technicien bureau d études 25 000 28 500 32 000 Ingénieur bureau d études 34 000 39 000 44 500 Responsable centre de profit 49 500 55 000 62 500 Technicien de maintenance 24 000 26 500 29 500 Gros œuvre Chef de chantier 27 500 32 500 38 000 Conducteur de travaux 29 000 37 500 42 500 Ingénieur conducteur de travaux 35 000 43 500 53 500 Directeur de travaux 47 500 56 500 67 000 Technicien bureau d études 25 500 30 500 38 500 Ingénieur bureau d études 34 000 40 000 49 000 Responsable centre de profit 55 500 63 000 73 500 Technicien d atelier/matériels 24 500 29 000 37 500 Ingénieur/directeur matériels 41 000 50 000 61 500 Routes Chef de chantier 28 000 32 000 36 000 Conducteur de travaux 32 500 38 500 45 000 Ingénieur conducteur de travaux 36 500 45 000 55 000 Directeur de travaux 49 000 55 500 64 500 Technicien bureau d études 29 000 34 500 40 500 Ingénieur bureau d études 35 000 44 500 55 000 Responsable centre de profit 56 000 71 000 82 500 Technicien d atelier/matériels 27 000 32 500 38 000 Ingénieur/directeur matériels 38 500 46 500 57 000 SOURCE : IPSOS Retrouvez l intégralité des résultats de notre enquête sur le site www.lemoniteur.fr 21 janvier 2011 _ LE MONITEUR 17 508331.GRP.indd 17 18/01/11 21:20