Recherche section : Texte d opinion Source #4 : Guide destination Québec Le choc culturel : << Mais qu est-ce qu un choc culturel et comment se manifeste-t-il? Le choc culturel se traduit par une anxiété de l individu qui va perdre tous les signes et symboles familiers des rapports sociaux qu il connait. Il est ressenti à des degrés divers. Pour mieux affronter le choc culturel, il s agit d en connaitre les causes et d apprendre à en reconnaître les symptômes et les 4 principales phases. Les quatre phases d adaptation : Le processus d adaptation dans le pays d accueil est décrit depuis longtemps au travers d une «courbe en U» qui fut créée par J. Stewart Black & Mark Mendenhall : la Phase du spectateur appelée Lune de miel, la Phase de désillusion et d implication, le Choc de culture, la Phase de l adaptation et la Phase de Maturité. Phase 1 : La Lune de miel. Période d enchantement, assez courte. C est une période de curiosité et d intérêt pour le nouveau pays. Au programme : découverte, enthousiasme, fascination et implication. La personne se retrouve dans un pays inconnu où tout reste à découvrir, notamment une nouvelle culture qui diverge de leur culture d origine (normes, valeurs, comportements et coutumes), sans que cela ne remette en cause pour l instant son propre système de valeurs. Son système va servir alors de référentiel. Les immigrants sont à prime abord fasciné par leur pays d accueil et par ses façons de faire. Durant les premières semaines, ils voient la vie en rose et ne sont pas encore confrontés à certaine difficultés. Phase 2 : Le Choc culturel. Cette phase est aussi appelée désillusion et frustration. L individu ressent ce déphasage culturel comme une sensation de manque, une notion de perte, car il ne trouve pas ses repères dans sa vie quotidienne (alimentation, manière de vivre, comportement, langue différente, administration ). Il va donc se confronter aux
réalités de la vie quotidienne et aux difficultés de logistique et matérielles. Les mots clés qui se rapportent à cette période sont : différences, isolation, confusion, mal du pays d origine. Il ressent un vide culturel et de la nostalgie Ce terme se rapporte donc à la douleur qu une personne malade ressent parce qu elle souhaite retourner à sa terre natale et ayant des craintes de ne jamais le revoir. Le mal du pays peut conduire à différents syndromes : psychologiques (dépression, manque de confiance ) physiques (maux d estomac, insomnie) et comportementaux (nervosité, repli sur soi etc.). Rendu à un certain moment, les immigrants font face aux problèmes habituelle, c est à dire : trouver un travail et un logement. De plus, ils doivent commencer à préparer leur démarche pour obtenir certains documents, comme une carte d assurance maladie, un permis de conduire pour certains, etc. Phase 3 : Adaptation ou échec. L individu va prendre ses distances ou s intégrer, en acceptant ou refusant son nouveau mode de vie. S il prend le chemin de l adaptation, il va alors adapter ses habitudes à la nouvelle culture, être rassuré, trouver ses repères, remplacer ses anciennes habitudes par de nouvelles. Il devient capable de voir les différences des deux cultures de manière plus objective et de gérer cette situation. Sinon on se dirige vers un reniement et un échec. Dans cette étape, ça casse ou ça passe, mais généralement pour les immigrants maghrébins ça passe de force. Ils n ont pas le choix de s intégrer pour continuer à avancer, ils doivent arrêter de regarder en arrière, malgré qu ils y restent profondément attachés. Phase 4 : La Maturité. Cette étape est aussi appelée phase de l intégration ou de maîtrise. Les différences sociales et culturelles sont acceptées. L individu est capable de fonctionner avec sa culture d origine et celle du nouveau pays. Une meilleure compréhension de ces quatre temps permet aux immigrants de mieux les apprivoiser et de les anticiper. >> C est vraiment à cette étape que l immigrant commence réellement à s intégrer et à accepter sa nouvelle culture avec ses torts et ses biens fait.
Source complémentaire Institut de recherche et d informations socio-économiques (Page consulté le 14 août 2015) L intégration des immigrants et immigrantes au Québec [En ligne]. Adresse URL: http://iris-recherche.s3.amazonaws.com/uploads/publication/file/note-immigrationweb.pdf Extrait parlant du nombre d immigrant par années L année 2010 a été une année record pour le nombre d immigrants admis, aussi bien au Canada en général (280 682) qu au Québec (53 981). Le nombre d entrées représentait alors, dans l ensemble du Canada, 0,8 % de la population et, au Québec, 0,7 %. Selon le Conference Board du Canada, le nombre d entrées annuelles au pays devrait être haussé à 375 000 donc environ 1,1 % de la population de façon à stabiliser la force de travail et à assurer la croissance économique. Bien que la majorité des Canadiens et des Québécois appuient les taux élevés actuels d immigration, la question des niveaux de l immigration et de sa contribution à l économie fait de plus en plus débat dans l espace public. Considérant la complexité du phénomène, la multiplicité des variables en cause et l absence d une méthode globale permettant d apprécier l ensemble des impacts de l immigration, aucune évidence ne s impose quant aux coûts ou aux bénéfices économiques de l immigration. Il nous apparaît alors scientifiquement peu convaincant d utiliser des données de nature économique pour justifier une baisse des niveaux d immigration. Bien qu elle ne constitue pas la panacée, il nous est tout de même permis de croire que l immigration représente un élément positif pour l équilibre fiscal. D ailleurs, une récente étude a évalué les effets d une hausse annuelle de 100 000 immigrants sur l économie canadienne ; ses auteurs entrevoient une hausse de 2,3 % du PIB réel d ici 2021 et des retombées de 14 milliards de dollars en taxes et impôts pour le gouvernement30. De plus, si cette étude fait état d une faible baisse du PIB réel par habitant en 2021, en simulant une parité de revenu et de productivité entre immigrants et travailleurs natifs, l augmentation du PIB à l horizon de 2021 serait plutôt de l ordre de 3,4 %, les retombées fiscales seraient plus élevées de 22 milliards de dollars et le PIB réel par habitant croîtrait. Comme il s agit d une projection, ces résultats ne sont bien sûr pas infaillibles. Cependant, à titre indicatif, ils laissent entrevoir les bénéfices que pourrait
générer une meilleure intégration socio-économique des nouveaux arrivants pour l économie nationale. Rétablissons les faits. D abord, cette thèse comprend une pré- misse erronée, à savoir que les décideurs politiques ont récemment ouvert le Québec à l immigration de façon à soulager les finances publiques et à sauver la province de maux tels que le vieillissement de la population et la décroissance de la population active. Or, comme le souligne avec acuité la démographe Claire Benjamin, l immigration au Québec est un choix de société qui ne se résume pas à une perspective purement instrumentale et économiciste : «l immigration n [est] pas ce qui peut «sauver» le Québec, mais plutôt, en complémentarité avec les autres leviers sur lesquels il est possible d agir, ce qui peut «aider» le Québec à mieux faire face à ses défis de développement». D ailleurs, les plus récentes perspectives démographiques de l Institut de la statistique du Québec (ISQ) montrent que l immigration permet de maintenir le renouvellement de la population et d en ralentir le vieillissement ainsi que la croissance inévitable du rapport de dépendance démographique. Selon ce rapport, à compter de 2029, moment où le nombre de décès surpassera celui des naissances, l apport migratoire assurera seul la croissance démographique québécoise. Bien que le potentiel de l immigration soit limité et que le taux de fécondité ne soit pas à 2,1, l ISQ conclut que les paramètres actuels de croissance démographique peuvent assurer le renouvellement de la population, ce qui nécessite alors que le niveau d immigration annuel ne tombe pas sous 47 500. De plus, à l horizon de 2056, selon le scénario de référence, c est-à- dire avec les mêmes taux de fécondité et de migration nette qu en 2009, 28 % de la population sera âgée de 65 ans et plus, contre 14 % en 2006. Cette proportion augmenterait toutefois à 32,2 % avec un scénario d immigration nulle. Ainsi, avec une migration zéro, «pour chaque 100 personnes en âge de travailler, il y aurait 59 personnes âgées de 65 ans et plus comparativement à 49 dans le scénario de référence37». Quant au rapport de dépendance démographique, sans immigration, il serait de 102 personnes «à charge» pour 100 personnes âgées de 20 à 64 ans. Le vieillissement de la population semble inévitable est l immigration est une manière de le ralentir. Économiquement, le Québec à intérêt de continuer la forte immigration et même de l augmenté.
Articles Extrait de : BOCK-CÔTÉ, Mathieu. «L immigration au Québec : entrevue avec le démographe Guillaume Marois, Le journal de Montréal, 14 février 2015 MBC : La question des seuils est fondamentale, même si vous la prenez de biais. Le Québec a-t-il les moyens d accueillir plus de 50 000 immigrants par année? On vient tout juste de l évoquer, d ailleurs, ces immigrants ont moins à s intégrer à 8 millions de Québécois mais plutôt à une population métropolitaine d environ 3 000 000 de personnes où les Québécois francophones sont en voie de minorisation accélérée. Le peuple québécois pourra-t-il encore longtemps supporter des seuils d immigration aussi élevés? GM : Il est difficile de répondre à la question des seuils et plus généralement de la capacité d accueil, dans la mesure où ces enjeux sont intimement liés à nos attentes, notamment en ce qui concerne l intégration économique, la francisation et la régionalisation. Si la plupart des intervenants s accordent généralement sur l importance de ces trois points, ceux-ci sont néanmoins souvent relégués au second plan. Le principal défaut de la manière de procéder habituelle de la politique d immigration actuelle est que les objectifs sont quantitatifs avant d être qualitatifs. Avant d assurer une bonne intégration professionnelle, une francisation adéquate et une régionalisation de l immigration, le ministère cherche à atteindre les seuils d immigration qu il s est fixés. Or, devant l absence d impact important du nombre d immigrants reçus sur le vieillissement de la population, les finances publiques, la prospérité et le marché de l emploi, cette approche doit être revue. À mon avis, il serait préférable de considérer les seuils non pas comme un objectif, mais comme une conséquence de nos attentes en matière d intégration économique, de francisation et de régionalisation. Le principal objectif des planifications du ministère de l Immigration serait alors de déterminer les conditions minimales que l on juge acceptable sur chacun des trois points ci-haut (par exemple, un taux de chômage maximum jugé acceptable, une proportion minimum d intégration en français et une proportion minimum s installant en régions) et d ajuster la grille de sélection en
conséquence, en prenant en considération les moyens financiers pouvant aider l atteinte de ces objectifs (formation linguistique, stages subventionnés en entreprise, etc.). Le nombre d immigrants reçus serait alors la conséquence de ces objectifs d intégration et non un objectif en soi. Selon cette approche, si l on dispose des moyens pour assurer une bonne intégration professionnelle des immigrants, en français et suffisamment en région, alors il n y a pas de raisons de limiter les seuils à 50 000. Au contraire, si dans un contexte de restriction budgétaire, on coupe dans les services de francisation et si en plus, le nombre de candidats très qualifiés désirant immigrer au Québec n est pas suffisant pour permettre une sélection évitant de trop grandes difficultés d intégration professionnelle, alors il est inutile de chercher à atteindre quand même des seuils élevés. Pour information, pour atteindre les seuils qu il s est fixés, le Québec doit actuellement avoir une grille de sélection beaucoup moins sévère que celle du gouvernement fédéral qui s applique aux immigrants en destination du reste du Canada. Par rapport à la taille de la population, le Québec se situe parmi les régions les plus accueillantes du globe. À 50 000 immigrants par année, le taux annuel d immigration au Québec est d environ 6/1000. C est moins que la Norvège (13/1000), la Belgique (10/1000) et que la moyenne canadienne (7/1000), comparable au Danemark (6/1000), mais plus élevé que la France (2/1000), la Finlande (4/1000) et les États-Unis (3/1000). La comparaison avec l Europe est difficile, dans la mesure où les définitions ne sont pas les mêmes (par exemple, le statut de «résident permanent» n existe pas dans plusieurs pays d Europe et l on inclut aussi souvent dans les entrées les résidents temporaires, contrairement au Canada). De plus, pour les pays faisant partie de l espace Schengen, la migration entre les pays membres est conceptuellement plus proche d une migration interprovinciale au Canada que d une véritable migration internationale. Les taux comparés ne réfèrent ainsi pas à la même chose. Si l on limite la comparaison aux 13 provinces et territoires canadiens et 50 états américains, le Québec se positionne au 9e rang, ce qui le place à un niveau comparable aux états de New York et de la Floride. L immigration au Québec est grand enjeu et on s attend à ce qu elle rapporte des résultats. Quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, c est là qu on se questionne. Pour que l immigration soit profitable, il faut trouver le moyen de mieux intégrer les
immigrants. Pour se faire, le démographe M. Marois, propose d instaurer des seuils d acceptabilité pour le niveau de chômage ou de francisation par exemple. Il propose aussi de modifier la grille d évaluation pour la sélection, afin de la rendre plus efficace et plus conforme à la réalité.