INTRODUCTION. A- Modélisation et paramétrage : CHAPITRE I : MODÉLISATION. I. Paramétrage de la position d un solide : (S1) O O1 X

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Transcription:

INTRODUCTION La conception d'un mécanisme en vue de sa réalisation industrielle comporte plusieurs étapes. Avant d'aboutir à la maquette numérique du produit définitif, il est nécessaire d'effectuer une étude théorique, afin d'optimiser le fonctionnement, la forme des éléments, le choix des matériaux... Ceci suppose une connaissance, ou du moins une appréciation aussi exacte que possible des mouvements, forces, accélérations, chocs... auxquels sont soumis les éléments qui composent l'ensemble du mécanisme. Cette étude s'appuie sur une représentation du réel appelée Modélisation : schémas représentation vectorielle des forces, vitesses, accélérations... des liaisons, Elle comporte différents domaines, dont certains sont communs à la science physique : La mécanique Statique étudie les forces qui s'appliquent sur les solides, indépendamment des mouvements de ceux-ci. La Cinématique étudie les mouvements des solides, indépendamment des forces qui s'y appliquent. La Dynamique étudie les mouvements des solides en relation avec les forces qui les produisent. L' Énergétique s'intéresse à l'énergie nécessaire à la production des mouvements et efforts. La Résistance des Matériaux, en fonction des études précédentes, et du matériau choisi, permet le dimensionne ment des éléments. Une étude mécanique adaptée sera donc effectuée en phase de conception préliminaire, et/ou en phase de conception détaillée. Elle peut faire appel à une démarche de calcul ou à des logiciels de simulation. CHAPITRE I : MODÉLISATION A- Modélisation et paramétrage : I. Paramétrage de la position d un solide : A un solide S1 est lié le repère R1 (O1;x1;y1; z1). Z Z1 Y Y1 (S1) O O1 X X1 Pour définir la position de ce solide par rapport à un repère de référence R (O;x ;y ; z), il faut connaître : la position de l origine O1 dans R. l orientation de la base (x1;y1; z1) dans la base (x ;y ; z). Rem : Tous les repères sont orthonormés directs. page 1

1. Position de l'origine O1 : Selon le problème à traiter, on utilisera les coordonnées cartésiennes ou cylindriques : Cartésiennes (X; Y; Z) Cylindriques (r; θ; z) z z o1 z o o1 z r = OH y y y o r x x θ x OO 1 =x. x y. y z. z H OO 1 =r.cos x r.sin y z. z 2. Orientation de la base : La position instantanée du solide sera caractérisée par un ou plusieurs angles orientés autour d'un axe. Exemple : Roue et vis sans fin. Soit le repère (O1; x1; y1; z1) lié à la vis, d'axe de rotation (O1 ; y1). Soit le repère (O2; x2; y2; z2) lié à la roue, d'axe de rotation (O2 ; x2). X1 y1 α z2 Z1 On notera : Orientation de la vis : (α ; z1 ) Orientation de la roue : (β; x2) β y2 X2 II. Liaison entre deux solides : Les liaisons entre les solides sont représentées par des schémas normalisés qui permettent d'établir un schéma cinématique (voir tableaux suivants extraits du GDI). page 2

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III. Schéma cinématique : Le schéma cinématique doit permettre la compréhension des différents mouvements des mécanismes. Pour établir ce schéma, il faut : A partir du plan d ensemble, déterminer les classes d équivalences cinématique (groupes de pièces liées entre elles par encastrement). Choisir un repère par solide. Analyser les liaisons et la nature des surfaces en contact. Positionner les liaisons schématisées selon l orientation qu elles ont sur le dessin d ensemble. Paramétrer la position angulaire des différents solides. IV. Loi entrée - sortie d un mécanisme : Un sens de parcours de la chaîne cinématique étant fixé, on appelle «entrée - sortie» la relation qui existe entre les paramètres de position de la pièce d entrée et les paramètres de position de la pièce de sortie d un mécanisme. Exemple : Réducteur Soit le réducteur à engrenage droit dont le dessin d'ensemble est donné ci-contre. En considérant que le montage fait partie d'un mécanisme, établir le schéma cinématique plan et la loi entrée_sortie du réducteur. 1. Classes d'équivalences : Il y a ici trois groupes cinématiquement équivalents : S0, lié au repère R (O ; x; y;xz), S1, lié au repère R1 (A; x; y1 ; z1) et S2, lié au repère R2 (O; x ; y2; z2). 2. Graphe des liaisons : S1 S0 S2 3. Analyse des liaisons : L S1/S0 : liaison pivot d'axe (A; x) L S2/S0 : liaison pivot d'axe (O; x) L S2/S1 : liaison linéaire rectiligne d'axe (I; x) et de normale orientée suivant la droite de pression de l'engrenage. On notera que cette dernière liaison ne sera pas représentée par son symbole normalisé usuel. Un certain nombre d'éléments (engrenages, cames, accouplements...) sont représentés par des symboles particuliers. Voir GDI pages 118 à 120. page 5

4. Schéma cinématique plan paramétré : Solide S1, orientation de la base : ( θ1 ; Ax ) Solide S1, orientation de la base : ( θ2 ; Ox ) 5. Loi entrée-sortie du mécanisme : La longueur de l'arc IB1 est égale à la longueur de l'arc IB2. Ce qui se traduit par l'équation : r1. Θ1 = r2. Θ2 B- Mobilité des mécanismes : I. INTRODUCTION : Dans un mécanisme isostatique, les actions exercées dans chaque liaison sont entièrement connues. Il en résulte l' assurance que les surfaces de liaison sont bien en contact, une évaluation correcte des efforts de pression. La position relative des liaisons n'a pas besoin d'être aussi précise que lorsque le mécanisme est hyperstatique, d'où une plus grande facilité de fabrication. On va donc rechercher, par la théorie des mécanismes, le degré d'hyperstatisme éventuel d'un mécanisme, afin de le réduire. II. THEORIE DES MECANISMES : 1. Méthode directe : Cette méthode est applicable à tous les mécanismes, qu'ils se situent dans le plan ou dans l'espace. page 6

Elle consiste à isoler les pièces ou sous-ensembles de pièces qui constituent le mécanisme, et à appliquer les lois de la statique, et ainsi obtenir un certain nombre d'équations indépendantes : On appelle p le nombre de pièces d'un mécanisme, y compris le carter. Dans l'espace, on obtiendra au maximum 6 (p-1) équations indépendantes. Dans le plan, on obtiendra au maximum 3 (p-1) équations indépendantes. Nous appellerons Ne le nombre total d'équations, et Ns le nombre total d'inconnues statiques. On obtient la relation suivante : h = Ns Ne h est appelé degré d'hyperstatisme du mécanisme. 2. Méthode de la loi globale : Cette méthode ne peut pas être appliquée aux mécanismes dit "plans". Elle est cependant plus rapide en ce qui concerne les mécanismes dans l'espace. La théorie des mécanismes établit une relation entre : Ns : nombre total d'inconnues statiques dans le mécanisme. Pour chaque liaison : li représente les degrés de liberté de la liaison. Le nombre d'inconnues statiques ns de la liaison est donc : ns = (6 - li ) Ns = ns M : mobilité du mécanisme. M = mu + mi mu : degré de mobilité utile du mécanisme. En général, un organe de transmission de mouvement possède un degré de mobilité utile : à un mouvement d'entrée correspond un mouvement de sortie. mi : degré de mobilité interne : Dans un mécanisme, une pièce peut avoir une mobilité qui sur le plan du fonctionnement n'a aucune conséquence, mais qui en ce qui concerne la construction du mécanisme est souvent intéressante. Par exemple, une biellette dont les seules liaisons sont des rotules peut tourner sur elle-même sans que sa fonction soit modifiée. p : nombre de pièces du mécanisme, y compris le carter. h : degré d'hyperstatisme du mécanisme. La loi globale des mobilités s'écrit : h = M + Ns - 6 ( p-1) Si h = 0, le système est isostatique. Si h > 0, le système est dit hyperstatique d ordre h. page 7

III. REDUCTION DE L'HYPERSTATISME D'UN MECANISME : 1. Choix des liaisons : Nous avons vu que le choix des liaisons détermine le degré d'hyperstatisme du mécanisme. Afin de rendre le système isostatique, il est souvent possible de modifier les liaisons en ajoutant par exemple des mobilités internes. 2. Conditions fonctionnelles géométriques : Lorsque on ne peut ou ne souhaite pas modifier la nature des liaisons, on impose à la construction du mécanisme des conditions géométriques fonctionnelles, qui sont autant de contraintes à la fabrication. Chaque condition supprime un ou plusieurs degré d'hyperstatisme. EXEMPLE : Scie sauteuse On donne le plan d'ensemble d'une scie sauteuse, ainsi que les ensembles de pièces cinématiquement équivalents. Deux modélisations sont proposées. Dans chaque cas, déterminer à l'aide de la loi globale le degré d'hyperstatisme du mécanisme. Conclusion? S1 = { 1,2,9,15,16,17,18,19,20,21,22,23,24,25,26} S3 = {3,4,5,11,12 } S6 = {6 } S7 = { 7,8,10,13,14 } page 8

SOLUTION 1 SOLUTION 2 Analyse des liaisons : Analyse des liaisons : L1/3 : pivot glissant, donc L1/7 : pivot glissant, donc L6/3 : pivot glissant, donc L3/7 : appui-plan, donc L6/7 : appui-plan, donc ns = 3 ns = 3 NS = 18 L1/3 : pivot glissant, donc L1/7 : pivot glissant, donc L6/3 : linéaire annulaire, donc L3/7 : linéaire rectiligne, donc L6/7 : appui-plan, donc ns = 2 ns = 2 ns = 3 NS = 15 Degré de mobilité utile : mu = 1 Degré de mobilité utile : mu = 1 Degré de mobilité interne : mi = 1 (translation possible de 6 par rapport à 3) Degré de mobilité interne : mi = 2 (translation + rotation possibles de 6 par rapport à 3) Nombre de pièce : p = 4 Nombre de pièce : p = 4 Loi globale de mobilité : h = M + NS 6(p-1) = 2 +18 (6x3) = 2 Le système est hyperstatique de degré 2 Loi globale de mobilité : h = M + NS 6(p-1) = 3 +15 (6x3) = 0 Le système est isostatique page 9