Regard géographique sur le paradigme numérique

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1 Centre de Recherche en Géographie et Aménagement UMR 5600 Environnement - Ville - Société Regard géographique sur le paradigme numérique Technologies de l'information et de la communication, espace, territoires Mémoire pour le diplôme d Habilitation à Diriger des Recherches présenté le 25 janvier 2005 à l UniversitéJean Moulin Lyon 3 par Bruno MORISET Laboratoire de Géographie 18 rue Chevreul LYON Devant un Jury composé de Mmes et Mrs : Denise PUMAIN, professeur, Université Paris 1 Sorbonne, présidente du Jury Nicole COMMERCON, directrice de recherche, CNRS, UMR 5600, Lyon Gabriel DUPUY, professeur, Université Paris 1 Sorbonne John TUPPEN, professeur, Université Joseph Fourier - Grenoble 1 Patrick LUSSON, Directeur de la Prospective et des études d aménagement, Région Rhône-Alpes Jacques BONNET, Professeur, Université Jean Moulin Lyon 3 Est-ce que la terre a diminué, par hasard? Sans doute. La terre a diminué puisqu'on la parcourt maintenant dix fois plus vite qu'il y a cent ans. Jules Verne. Le tour du monde en quatre-vingts jours. The End of Geography (O'Brien, 1992) Maybe the end of distance. But not the end of geography (Malecki, 2001) Not the death of distance! not the death of geography! (Graham, 2002)

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3 3 Introduction Le mythe fondateur d'une problématique : de la fin annoncée de la géographie au retour des territoires Depuis près d une décennie, l évolution des technologies numériques d information et de communication, avec au premier plan le phénomène «Internet», et la vague médiatique qui en est résulté, ont proposé à la communauté géographique une problématique intellectuellement stimulante, autour du débat sur la disparition des distances, voire de la géographie elle-même, comme le titrait R. O'Brien en 1992 d'une manière provocatrice : Global Financial Integration: The End of Geography. Qu on l exprime ainsi abruptement, ou d une manière plus sophistiquée, par le concept d une «rétraction du temps et de l espace» (Collapsing space and time, Brunn et Leinbach, 1991), on est en présence d un mythe déjà ancien, qui date, au moins, de la fin du XIXe siècle, avec la fin des grandes explorations, l'avénement des transports rapides (chemin de fer) et des télécommunications (télégraphe). This end-of-geography theme has been with us since experts predicted that technologies from the telegraph and the telephone to the automobile and the airplane would essentially kill off the cities. R. Florida, 2004, p Le mythe de la fin de la géographie propagé par les «cybergourous» était provocateur pour les géographes, auxquels il signifiait la disparition de leur discipline. Ceci explique peut-être la vigueur avec laquelle ces derniers ont réagi à l'encontre de cette idée. R. Brunet, bien avant la vague médiatique de l Internet, dénonçait les illusions provoquée par la «télématique», tout en soulignant l importance des enjeux liés au traitement de l information. Les TIC, selon R. Brunet, non seulement n aboutissent pas à un espace isotrope, mais renforcent les polarisations, les concentrations métropolitaines. Tout ce qui est télé a l'air d'ouvrir d'autres dimensions : on va pouvoir désenclaver, créer des emplois partout, grâce au télétravail Tout ce que l'on voit apparaître dans le développement de la télématique montre une concentration accrue, un renforcement immédiat des nœuds les plus forts des réseaux, qui s'équipent en télécentres, téléports aucune promesse d'espace isotropique, où tout lieu en vaudrait un autre, n'existe par la télématique autrement que dans la vision de théoriciens n'ayant aucun sens des territoires et de l'économie de l'entreprise, laquelle a un besoin vital de rentes spatiales différentielles. Le territoire est plus que jamais là. R. Brunet, Le territoire dans les turbulence, p. 87. Assertion corroborée plus tard par R. Florida, malgré le triomphe de l Internet : Never has a myth been easier to deflate. Not only do people remain highly concentrated, but the economy itself continues to concentrate in specific places. Place and community are more critical factors than ever before. Florida, The rise of the creative class, 2004, p Il est remarquable que, loin de disparaître ou de «rétrécir», l espace géographique, le territoire, font aujourd hui l objet d un regain d intérêt qui déborde largement le cercle des géographes. Ainsi, dans son supplément trimestriel de mars 2003 consacré aux nouvelles technologies, The Economist titrait : «La revanche de la géographie».

4 4 In the early days of the Internet boom, there was much talk of the "death of distance. The emergence of a global digital network, it seemed, would put an end to mundane physical or geographical constraints Actually, geography is far from dead The Economist, 15 mars 2003, Technology Quaterly, p. 17. Joël Kotkin explique pourquoi le développement des technologies numériques n'a pas diminué, mais au contraire augmenté l'importance de la géographie (à tous les sens du terme) : comme elles l ont toujours fait dans l ère pré-numérique, les technologies d information et de communication permettent - nous verrons dans quelle mesure - une plus grande variété dans les choix de localisation des acteurs. Dès lors, les caractéristiques spécifiques des territoires prennent une part accrue dans les processus de décision. Thèse fondamentale, défendue par de nombreux auteurs. The importance of geography is not dwindling to nothing in the digital era: in fact, quite the opposite. In reality, place-geography matters more than ever before. If people, companies can truly live anywhere, or at least choose from a multiplicity of places, the question of where to locate become increasingly contingent on the peculiar attributes of any given location. The New Geography : How the Digital Revolution Is Reshaping the American Landscape, J. Kotkin, 2000, pp C est la problématique principale du présent mémoire, qui est inscrite dans une dialectique paradoxale : - D une part, nous le tiendrons pour axiome, on assiste à l affirmation des territoires, à la fois dans les faits et comme objet d étude majeur de notre discipline (Di Méo, 1998 ; Vanier, ; Debarbieux et Vanier, etc.). Comme l écrit R. Brunet (op.cit.), «le territoire est plus que jamais là». - D autre part, nous le développerons, c est le triomphe dans les faits et dans les discours du paradigme numérique, dont les discours de légitimation s appuient en grande partie sur le mythe de l ubiquité spatiale Le chapitre un est principalement introductif et épistémologique. Il s agissait, d abord, de définir le paradigme numérique, de montrer comment son émergence s est accompagnée et s est nourrie de la production d une idéologie à composante spatiale, dont la prise en compte est indispensable à la compréhension des rapports entre les technologies numériques (leur déploiement et leurs usages) et l espace. C est dans ce contexte que s inscrit la production scientifique de tous ceux, géographes, urbanistes, aménageurs, voire sociologues ou économistes, qui ont réfléchi sur les relations TIC/espace et territoire. Au cœur du paradigme numérique se trouvent ces fameuses «TIC», trop souvent considérées comme une «boîte noire» (Dupuy, 1982). Or, pour bien comprendre le rapport que ces technologies entretiennent avec l espace géographique, et éventuellement, l influence que leurs usages peuvent avoir sur la production des territoires, il faut précisément entrer dans la boîte noire. Aussi le chapitre deux est-il consacré à étudier l émergence et les caractéristiques techniques et spatiales d un réseau numérique intégré. Plusieurs auteurs ont fait du réseau un paradigme central d'interprétation des faits économiques et sociaux, que ce soit en urbanisme et aménagement, avec la revue Flux, autour de Gabriel Dupuy 1 «Les nouvelles mailles du pouvoir local», Revue de Géographie de Lyon, vol. 70, n 2. 2 Ces territoires qui ses dessinent (éds.), DATAR - Editions de l'aube.

5 5 et Jean Marc Offner, dans les sciences cognitives, les sciences de l information et de la communication (revue Réseaux), en sociologie des siences et des organisations, avec la «théorie de l'acteur réseau», initiée, entre autres, par Bruno Latour et Michel Callon 3, ou en sociologie urbaine et économique (Manuel Castells, 1996, The Rise of the Network Society). La raison d être des télécommunications est de produire de la «téléaccessibilité», c est à dire une capacité, pour un agent situé en un lieu, de recevoir et expédier des données à distance. Or cette téléaccessibilité dépend d une «équation technicospatio-économique», comme écrivent les experts, de plus en plus complexe, dans laquelle les caractéristiques spatiales intrinsèques du réseau jouent un rôle essentiel : le nombre de Gigahertz détermine une portée en kilomètres, la distance par rapport à un central téléphonique détermine le nombre de Mbit/sec. etc., avec des enjeux à la clé en termes d aménagement du territoire. Entrer dans la boîte noire nous permet ainsi de maîtriser le paradoxe énoncé plus haut : si les TIC ne pouvaient pas effacer les distances et «éliminer la géographie», c est, d abord et simplement, parce que le réseau numérique possède sa propre géographie, qui nous oblige à appréhender le déploiement et les usages des technologies numériques en tant que pratiques spatiales. Car le réseau en lui même n est rien s il n est pas activé, utilisé, par les agents économiques et sociaux. L étude de la relation TIC espace et territoire passe nécessairement par les usages, que nous avons choisi d étudier dans le cadre de la production de biens et de services par les entreprises (chapitre trois). Au delà des querelles d économistes sur l existence ou non d une «nouvelle économie», il s agissait de montrer que la numérisation du système productif et la convergence numérique (informatique et télécommunications) entraînent des mutations importantes dans l'organisation spatiale de la production. Or, les entreprises sont de puissants agents de production territoriale (production étant compris au sens théorique, c'est à dire incluant destruction, recomposition etc.). Le meilleur exemple de ce phénomène est donné par l émergence de ce qu on pourrait appeler «les territoires de l économie numérique» (chapitre quatre), dont la Silicon Valley demeure l archétype. Le fonctionnement de ces districts ou «clusters» met en valeur le «paradoxe de l économie numérique», c est à dire la persistence des économie d agglomération comme facteur constitutif essentiel des territoires économiques les plus actifs, et ce dans un système productif dont la matière première et, fréquemment, le produit final, sont constitués en proportion croissante d information numérisée, donc transmissible à distance. Nous verrons qu il faut se garder de la conception simpliste de simples districts productifs : c est bien en tant que territoire, avec leur complexité sociale, que ces espaces doivent être appréhendés. Les espaces ruraux semblent se situer aux antipodes de ces «siliconium». Pourtant, nous verrons qu ils sont gagnés, eux aussi, par l économie numérique et cognitive, et que de la Silicon Valley à la Sylvicole Valley (Mimizan, département des Landes), il y a continuité plutôt que clivage. L analyse serait très partielle, si l entreprise privée, seule, devait endosser la responsabilité de ces dynamiques. La majorité des géographes économiques et des économistes spatiaux reconnaissent le rôle des institutions publiques dans l émergence et la dynamique des espaces productifs. D une manière générale, on peut dire que les technologies numériques sont devenues à toutes les échelles un outil et un enjeu dans les politiques de développement économique et d aménagement des territoires (chapitre cinq). On entre ici dans le domaine de la mythique «fracture numérique». Avec la création d infrastructures de 3 B. Latour, Nous n'avons jamais été modernes. Paris, La Découverte ; M.Callon et al. (éds.), Réseau et coordination. Paris, Economica.

6 6 télécommunications, dont la problématique est voisine de celle du TGV et autres «grands équipements structurants», on reste dans une démarche d aménagement classique, toutefois non dénuée d aspects subjectifs. L émergence d un urbanisme dédié à l économie numérique reste encore dans le domaine du saisissable, même si les aspects «marketing» s avèrent déterminants. Avec le concept de «territoire numérique», voire de «territoire intelligent», on entre tout à fait dans la composante utopique du paradigme numérique, qui doit conduire l humanité vers un «monde parfait». Cette présentation séquentielle, inévitable, ne reflète qu imparfaitement la complexité des interrelations au sein d un système idéologie-technologie-acteursespace, et l ordre des chapitres n indique pas une hiérarchie. Deux points de méthode Le principal écueil qui menace, voire annihile, la réflexion géographique sur les TIC est le déterminisme technologique. Ce déterminisme est illustré par le schéma d analyse, parfois proposé, de l interaction technologie-société, ou technologie-territoire (ou technologie-ville, etc.). Nous pensons que cette approche est à éviter, car elle fait de la technologie - en toute rigueur il faudrait écrire technique - une sorte de deus ex machina, un objet en soi, venu d ailleurs, qui s imposerait à la société. Or la technologie est dans la société, en est un élément constitutif, fluctuant, en permanente interaction avec ses autres éléments, composé de matériels, d usages et de processus cognitifs. Lorsque nous utiliserons, par convention, l expression «technologies de l information et de la communication», ou TIC, il s agira bien de comprendre, le plus souvent, «déploiement ou usage des TIC». Le déterminisme technologique, c est aussi inverser la fin et les moyens : c est General Motors qui fait vivre Microsoft, et non l inverse. Cette dénonciation du déterminisme technologique est au cœur d un article retentissant de Nicholas Carr dans la Harvard Business Review, au titre provocant : «IT doesn t matter» (réf. The Economist, 3 avril 2004). Cette tendance à l inversion des rôles provoque par exemple «l instrumentalisation» de la technologie par les discours et politiques qui y voient un remède à quantité de maux de la société. Nous y reviendrons. De là découle notre second point de méthode, qui est de faire un travail de géographie, et non pas de sciences de l information et de la communication, d histoire ou de sociologie des techniques et autres sciences sociales ou branches des sciences sociales (ce qui n interdit pas d emprunter idées et concepts lorsqu ils nous semblent féconds) 4. L objet premier de notre discipline est l espace, voire le territoire (en tant qu espace produit, mais aussi vécu, perçu, représenté). Donc, comme l écrit Allen Scott, les TIC et leurs usages, ne doivent pas être étudiés en tant que tels, pour eux même, mais en tant qu objets spatialement distribués, en tant que pratiques spatiales, et si possible spatialisantes et territorialisantes. ICTs strike me as not being of any special interest in themselves to geographers, but as a phenomena that MEDIATE other more basic issues. For example, the geographic significance of ICTs in business activities is not their essential constitution, but rather 4 Les géographes n ayant évidemment pas le monopole de la réflexion sur l espace. A titre d exemple, nous pensons que l introduction de Pierre Bourdieu au chapitre «Effets de lieux», de La misère du monde, (1992, pp ) est un des textes de géographie les plus importants jamais écrits. Voir aussi : Tim Cresswell, 2002 : «Bourdieu's geographies: in memorium, Guest editorial, Environment and Planning D: Society and Space, vol. 20, pp

7 7 the impacts that they have on urban, regional, locational etc. systems. Their geographic significance, then, is realized through other variables (A.J. Scott, message électronique à l auteur, 5 avril 2002). Or, la géographie est confrontée à ce problème général, ancien et permanent : tout objet, tout phénomène, étant d une manière ou d une autre situé dans l espace géographique, il y a matière à disserter sur tout. Le géographe doit-il étudier la manière dont les entreprises, les groupes ethniques, les habitants, les fonctionnaires, les élèves et enseignants du pays ou de la commune x ou y, utilisent les TIC? Le risque de l idiographie est qu après avoir «planté le décor» - TIC et écoles rurales, par exemple - on renonce à toute analyse de type géographique, faute de formuler une hypothèse de recherche sur l usage des TIC comme pratique spatiale qui conduirait à comparer, par exemple, avec l usage des TIC dans les écoles urbaines. Faute de poser de telles lignes de recherches, la question ne relève pas de la géographie, mais plutôt des sciences de l éducation. De même, l utilisation des TIC par les entreprise industrielles du Haut-Doubs relève des sciences du management et de la productique, si on n étudie pas le rapport de ces usages avec la localisation de l entreprise par rapport à ses sous-traitants, fournisseurs et collaborateurs. Pour A. Scott, les TIC ne sont pas intrinsèquement un objet d étude pour le géographe. Mais, s il n est pas sûr qu il existe une «géographie des TIC», les TIC ont bien une géographie. Cette analyse est un passage obligé, car, comme nous le démontrerons dans le chapitre 2, la capacité de «médiation» qu évoque Scott se forme précisément dans certaines des caractérisques spatiales des réseaux techniques de télécommunications, qu il convient de connaître. Mais cette étude n est pas une fin en soi, ce en quoi nous rejoignont tout à fait Scott. C est pourquoi nous avons essayé de proposer au lecteur - pour simplifier - un cheminement <idéologie>, <technologie>, <pratiques spatiales> (dans le domaine de la production économique), <production territoriales> (par l économique et le politique), dans lequel nous montrerons qu au delà des TIC, le paradigme numérique est effectivement une des médiations, à la fois technique, économique et idéologique, par lesquelles les hommes pratiquent, organisent et produisent leur espace et leurs territoires. Ainsi, il conviendra de garder en permanence le souci d un équilibre entre la recherche des faits matériels et objectivables, et celle des discours et représentations sur le numérique qui ne sont pas les derniers à produire les effets de réalité sur l espace et le territoire que d aucuns ont parfois nié.

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9 9 Chapitre 1. La pensée géographique face au paradigme numérique La littérature scientifique en science sociale aborde souvent le sujet des TIC sans vraiment préciser de quoi il s agit. Un de nos soucis premiers fut de trouver un terme qui devait permettre d embrasser le sujet dans toute sa complexité, à la fois structurelle et phénoménologique. C est pourquoi nous employons le terme de «paradigme numérique» 5, qui a été proposé, notamment, par P. Breton et S. Proulx (1996). Le paradigme permet d aller au delà de la technique, de l économique, pour embrasser le discours, l idéologie (au sens actuel du terme), la dimension historique des technologies numériques d information et de communication. Le paradigme numérique est le produit social d un développement technologique, la convergence numérique, qui met en oeuvre les très médiatisées technologies de l information et de la communication ou TIC. L espace géographique est omniprésent parmi les discours et les représentations constitutives de la composante idéologique du paradigme numérique. Le nouveau paradigme digital L'un des plus grands changements, peut-être le plus important depuis l'antiquité est la poussée du paradigme digital, tel qu'il a été rendu possible par l'idéologie moderne de la communication la réunion dans un même ensemble homogène de quatre dimensions : une technique de base, l'électronique, une méthodologie particulière de traitement de l'information, un système de représentation du monde cohérent et universel, enfin un enjeu stratégique et économique. La puissance du paradigme digital tient dans doute à la synergie qu'il opère entre des dimensions jusque là éclatées dans le monde technique, politique, économique ou philosophique. Breton et Proulx, 1996, p Les «TIC» et le paradigme numérique Une affaire de métaphores Dans une bonne partie de la littérature en sciences sociales, les «TIC» sont considérées comme une boîte noire, ce qui se traduit par un usage abondant de métaphores (tableau n 1). La médiatisation du phénomène a engendré l'émergence d'un consensus flou, qui dispenserait d'une tentative de définition. Le lecteur ou l'auditeur doit se contenter d'une compréhension intuitive, immergée dans l'idéologie de la communication, qui fait appel à une représentation collective des TIC, TI et autres société de l'information, c'est à dire au plus petit commun dénominateur d'un ensemble de discours qui tournent autour de la même chose. Il faut reconnaître que nous n'avons pas, nous même, échappé au phénomène dans certains de nos textes. Certaines expressions désignent le processus ou son historicité (une ère nouvelle), d'autres le résultat, sous la forme d'une société, d'une économie, d'un espace ou d'un territoire. 5 Préférable à l anglicisme «digital».

10 10 Tableau n 1. Les métaphores du paradigme numérique Une révolution, une ère nouvelle? Digital revolution, (Kotkin, 2000) Digital era (Ibid.) Digital age (Dutton, 1999) Information age, (Wilson, Corey, 2000) Electronic age (Ibid.) Internet Age (Leamer & Storper, 2001) The telecommunication age (Warf et al., 2000) Global Information age (Caves, 1999) Une nouvelle économie? Information economy (Castells, Hall, 1995 ; Kotkin, 2000) New Economy Capitalisme cognitif (Ascher, 2000) Multimédia, New Media Net économie (Muller, 2001) De nouveaux territoires? The world in the wire (Kitchin, 1998 ; Horan, 2000) The invisible continent 7 (Ohmae, 2000) Digital places (Curry, 1998) Virtual States (Everard, 2000) Informational City (Castells, 1989) Database Nation (Garfinkel, 2000) Digital city City of bits (Mitchell, 1995 ; Horan, 2000) Wired City (Roberts, Steadman, 2000) Une nouvelle société? Société de l'information (Eveno, 1997) Information society (Kellerman Ducatel et.al., 2000) Société de communication Network society (Castells, 1996) Society on the line (Dutton, 1999) Digital Communities 6 Société hypertexte (Ascher, 2000) Fracture numérique, digital divide Un nouvel espace? Space of flows (Castells 1999) Electronic space (Wilson, Corey, 2000) Network spaces (Graham, 2000) Cyberspace, géocyberspace (Batty, Bakis, Dodge, Kichin, etc.) Networked city (Roberts et.al., 1999) Ville numérique (Sandoval, 2000) Intelligent city (Komninos, 2002) Smart city Telecity E-topia (Mitchell, 2000) Teletopia (Piorinski, 1991) Televillages (Broadhurst & Ledgerwood, 1999) Silicon (Valley, Alley, Prairie, Sentier, Alps ) De nouvelles accessibilités? Information Highway Teleaccess (Dutton, 1999) Télétravail, telecommuting Une nouvelle géographie? New Geography (Kotkin, 2000) Virtual Geography (Batty, 1997) Virtual Geographies (Crang & May, 1999) Il est remarquable que ces expressions servent peu ou prou à désigner la même chose, et trois ou quatre sous-ensembles de cette chose. Ceci pose en soi un problème épistémologique : on est loin de la rigueur formelle atteinte par les sciences dites exactes. Est-il possible d'identifier un terme commode d'emploi, scientifiquement rigoureux, qui permettrait d'embrasser le champ d'investigation de la «géographie des TIC» la plus couramment partagée? A tout seigneur tout honneur, un préambule s impose sur l inévitable acronyme TIC (technologies de l information et de la communication), qui s est définitivement imposé au détriment de NTIC. On a rapidement constaté que le «N» était de moins en moins pertinent, avec le temps qui passe. 6 Colloque Digital Communities - Cities in the Information Society, Northwestern et Michigan State University, Chicago, 4-7 Novembre Traduit en français sous le titre : géographie secrète de la nouvelle économie.

11 11 Une des façons d'éviter cet écueil est de commencer par le vocabulaire en préférant l'expression "techniques de l'information et de la communication" (TIC) à celle de NTIC (Musso, 1994, p. 11). Le succès planétaire de TIC (ou ICT, IT ), que nous conserverons souvent par convention, ne saurait dissimuler sa faiblesse scientifique : les gens qui l emploient ne veulent pas parler de la presse à imprimer de Gutemberg ou du télégraphe de Chappe qui ont été des TIC en leur temps. Par ailleurs, faut-il faire supporter l ensemble du discours à une ou des technologies, alors que ce sont les applications, les usages de ces technologies qui sont l objet de nos analyses? Le risque est grand de glisser dans le déterminisme technologique. On passera sur l abus de langage qui consiste à parler de technologie en lieu et place de technique. S il y a une techno-logie au sens étymologique du terme, c est plutôt l inflation de discours sur la question. Société de l'information, société de communication, bien que très couramment utilisées, relèvent du pléonasme, en ignorant la généralité extrême des concepts d'information et de communication. C'est par essence la communication qui constitue les individus en société (et pas seulement chez l'homme). Le développement et la diffusion d'innovations telles que le feu et la roue (pour ne rien dire de l'imprimerie) ont été des processus informationnels et communicationnels, de même que le fait religieux, porté par l'oral puis par l'écrit. The use of the term the information age to describe the period that we now find ourselves living in is open to misinterpretation. Society has always been based on exchanging information. (M. Goodchild et E. Sheppard, avant propos de Janelle and Hodge, 2000,Information, Place and Cyberspace) Economie numérique, digital economy conviennent bien au champ économique, mais ignorent les aspects sociaux, politiques. Ces expressions sont floues ; elles peuvent désigner certains secteurs particuliers (électronique, informatique, télécommunications) ou l économie tout entière, de plus en plus numérisée dans presque tous les secteurs d activité. Société en réseau (The rise of the network society, Castells, 1996), économie des réseaux, espace des réseaux ne sous satisfont pas, même si le paradigme de réseau est fortement connexe au paradigme numérique. L approche par les réseaux inclut les transports, concept radicalement différent des TIC, bien que d'une application complémentaire, comme nous le verrons. Par ailleurs, les réseaux existent depuis des millénaires : au delà de la métaphore, network society ne peut pas prendre en compte l'aspect événementiel qui a été un temps exprimé par l usage de l adjectif «nouveau». Cybergéographie, géographie du cyber-espace, (ou du géo-cyber-espace) sont des métaphores médiatiques très utilisées par les chercheurs, mais dont le statut scientifique reste précaire. Certains y voient tout le champ de la géographie des TIC, comme Martin Dodge et Rob Kitchin dans l Atlas du cyberspace (www.cybergeography.org), qui présentent des cartes des réseaux cablés bien réels, mais aussi des territoires électroniques dits «virtuels». Il reste le cas des expressions, très courantes, qui sont formées avec l adjectif numérique (ou «digital») : société, espace, territoire, ville numériques (city of bits ). Ces expressions prennent en compte la dimension numérique et permettent de situer le problème dans le temps (pas d'ordinateurs avant 1945). Mais leur usage relève souvent du slogan politico-médiatique, qui tendrait à faire croire au «tout

12 12 numérique», que l informatique est devenue le principe constitutif de la société (et des territoires). On évitera donc d écrire au premier degré que X ou Y est une ville (ou une région) numérique, sauf à se prêter au jeu médiatique. Cette avalanche de métaphore montre la difficulté de saisir dans toute sa complexité un événement récent : la convergence numérique La convergence numérique L'interrogation sur la «fin des distances» date du milieu du XIXe siècle (télégraphe) voire de la Révolution française (télégraphe optique de Chappe). Les télécommunications ont près d un siècle et demi d âge. L ordinateur plus d un demisiècle. Les géographes travaillent sur les télécommunications depuis les années soixante. Qu est-ce alors que cette déferlante technologique et médiatique qui a balayé la société des pays développés dans les années quatre-vingt-dix? Le simple citoyen, tout comme le chercheur, a conscience que, depuis quelques années, il se passe quelque chose, pour lequel on emploie l'adjectif nouveau, et le mot phénomène, ou révolution. Ce phénomène, c est la convergence numérique. The convergence of computers with digital telecommunications and media technologies. Graham, 1998, p. 165 The geographic dimension of information technologies emerge from the intersection of three distinct but increasingly interrelated phenomena: computers, télécommunications, and the information economy. Wilson, Corey, 2000, pp 1-3. La société de l'information fonde son développement sur la convergence technologique entre ordinateurs, réseaux de télécommunications et protocole d'échange entre les machines. J. de Rosnay, in Parrochia 2001, p. 35. Cette convergence, pour certains, serait en train de produire l un des plus grands bouleversements qu ai connu l humanité (c est une thèse à discuter). Philippe Breton et Serge Proulx (1996) y voient, en toute simplicité, l'événement le plus important depuis l'antiquité. Pour J.M. Billaud 8, c est l amorce de la troisième grande révolution technique, après l invention de l agriculture et le machinisme. Les Homo Sapiens ont fait deux très grandes révolutions dans l'histoire... La première, il y a ans avec le néolithique et sa révolution agricole, la deuxième plus proche de nous : la révolution industrielle il y a 250 ans. Nous allons donc vers notre 3ème Révolution. C'est pour le milieu de ce Siècle, et l'internet y jouera le rôle qu'a eu l'imprimerie entre la 1ére et 2éme Révolution Cette convergence numérique doit être déclinée sous ses deux aspects principaux et complémentaires, technique et événementiel : le rapprochement physique et technique, par l intermédiaire de la numérisation, de concepts et de pratiques informationnelles autrefois distincts ; la multiplication et la diffusion des technologies numériques dans les rouages de la société, la convergence créant un processus de rétroaction positive qui entraîne une accélération de cette diffusion (dont les caractères spatiaux sont importants pour le géographe). 8 Un des grands gourous français des TIC, nous y reviendrons.

13 La convergence des techniques : numérisation et Internet La rupture est créée par le passage du mode analogique au mode numérique de transmission et de traitement de l'information. Rappelons que l'avantage essentiel du numérique est non seulement dans la vitesse de transmission (le télégraphe était une plus grande révolution de ce point de vue), mais dans la possibilité de dupliquer, acheminer, stocker, agréger l'information à l'infini (ou presque), sans aucune altération. La transformation de l'information en une série de «zéros» et de «uns» permet son acheminement instantané (en apparence), sans dégradation du message (cf. encadré n 1). La convergence numérique, c est la numérisation de la plupart des produits «informationnels» de notre société : fichiers et dossiers administratifs et commerciaux, plans, cartes, photos, textes (livres, presse), documents sonores, vidéo. Ces objets peuvent dorénavant être stockés, traités et acheminés suivant les même procédures, dont, notamment, l Internet. Parmi les exemples, on peut mentionner : Convergence numérique dans la presse écrite. La composition des journaux est électronique depuis plusieurs décennies. Les correspondants pouvaient envoyer leurs articles aux rédactions par modem-fax depuis une vingtaine d année, au moins. L aboutissement de la convergence, c est que le journal ou le magazine, lui même, est édité en version électronique, et intégralement consultable, depuis n importe quel point du globe, sur un terminal numérique. Convergence numérique dans l image et le son. Photo, vidéo, cinéma, musique, procède aujourd hui de la même filière technique : les contenus sont saisis, stockés, transportés, sous forme numérique, et dupliqués à l infini sans altération. Le cinéma numérique supprime le problème de la copie et du transport des bobines de film. Les conséquences économiques sont énormes pour les secteurs considérés. 9 Convergence numérique dans les télécommunications. Rien ne symbolise le mieux cette convergence que l évolution récente du téléphone cellulaire. Le «mobile» devient un terminal multi-usage, qui permet de recevoir, stocker et consulter plusieurs types de données (voix, textes, photos, vidéo). Plus encore, il devient un dispositif de production d information numérisée, qui incorpore appareil photo et caméra. Evolution qui devrait s accélérer avec la généralisation de l UMTS ou téléphonie mobile 3G (cf. infra). Convergence numérique dans l informatique. Le téléphone devient un ordinateur ou un assistant personnel. Inversement, l ordinateur, couplé à une caméra, un micro et un modem, devient un «objet communicant», qui peut servir à écouter de la musique, «regarder la télévision», téléphoner, faire de la visio-conférence, pratiquer des jeux vidéos en ligne etc. 9 La numérisation de l information, pose un problème économique majeur : les acteurs sociaux, et tout particulièrement les entreprises, sont confrontés au paradoxe d une information dont la valeur marchande peut être très élevées (plusieurs dizaines, voire centaines de milions d Euros pour un film, un jeu vidéo ou quelques pièces musicales), mais dont le transport, le stockage, la duplication et la diffusion ont des coût qui avoisinent zéro.

14 14 Le rôle de l Internet dans la convergence L Internet incarne souvent à lui seul les TIC dans les discours courants. Cette exagération s explique par le rôle croissant qu il joue dans la convergence numérique, en plus d une croissance rapide propre à marquer les imaginations. Internet est une norme de connexion entre ordinateurs, ou norme IP (Internet Protocole). C est la norme IP qui permet aux objets mentionnés ci-dessus de communiquer les uns avec les autres. C est l Internet qui permettra d accéder à une multitude de services (téléphone, presse, TV, cinéma, musique, réservations, achats ) depuis une plateforme électronique commune, que l on pourra consulter sur un écran de téléphone, d ordinateur ou de télévision, sur n importe lequel d un des terminaux disponibles à proximité (dans la maison ou au bureau), reliés les uns aux autres grâce à un réseau sans fil WiFi. Ces services seront accessibles depuis une automobile, que ce soit en back seat (multimédia pour les passagers) ou en front seat (aide à la circulation). La convergence informatique-télécommunications-internet est parfaitement illustrée par le secteur des centres d'appel. Ce qui distingue le centre d'appel moderne de l'antique standard téléphonique, ce sont les logiciels perfectionnés qui permettent de répartir les appels entre les opérateurs, d'accéder rapidement aux dossiers informatisés des clients, et, de plus en plus, de recevoir et répondre aux courriers électroniques de ces clients (ce qu'on appelle 0 l Td ( )Tj Td (l)tj Td (e)tj

15 15 Figure n 1 Le triangle de la communication (d après Breton et Proulx, 1996, p.271). TELECOMMUNICATIONS Telex Téléphone Centraux téléphoniques Satellites Télécopie Annuaire electronique Réseaux Télématique cablés Réseau numérique à Modem Agence de presse intégration de services Banques de données Réseaux informatique Publicité TV Radio Livres Magnétoscope Journaux Image de synthèse Edition assistée par ordinateur Intelligence artificielle Ordinateur MEDIAS INFORMATIQUE ELECTRONIQUE Une croissance et une diffusion exponentielles On assiste depuis une vingtaine d'années à un mouvement massif «d'informatisation de la société» (Nora et Minc, 1978), dont témoigne la croissance des taux d'usage et d'équipement des entreprises et des ménages. Le phénomène Internet a accéléré le mouvement depuis le milieu des années quatre-vingt-dix. Le processus devient cumulatif : la multiplication des services et produits numériques incite une part croissante des ménages (sans parler des entreprises) à s'informatiser et à se connecter. 10 Le phénomène fonctionne à l échelle mondiale : les pays les plus avancés obligent les suivants à s'adapter, sous peine d'être marginalisés. 10 Les métiers de services publics n'échappent pas au phénomène : l'administration, l'enseignement, voire la médecine, ont entamé, à des rythmes divers, leur "migration" vers le numérique : en 2003, pour la première fois, les contribuables français pouvaient déclarer leurs revenus sur Internet (avec un délai supplémentaire). Il y a donc une forte incitation en retour à s équiper. Il en ira de même avec la multiplication des portails éducatifs : un élève ne pourra plus suivre une scolarité normale sans être doté d un matériel ad hoc.

16 16 Comme nous l avons entrevu dans le paragraphe précédent, l'alliance conjointe de l'informatique, de l'internet et des télécommunications s'impose partout, dans l'entreprise et dans la vie quotidienne : jeux, vidéo, photo, réservations, achats, déclarations fiscales, loisirs. «L homo numericus», comme écrirait N. Negroponte est bardé de dispositifs électroniques qui deviennent des objets fétiches, en attendant que ces objets soient incorporés dans ses vêtements, puis dans son corps. Randonneurs, alpinistes et plaisanciers ne sortent plus sans leur téléphone mobile et leur GPS (Global Positioning System). L'automobile, objet sacré de la société occidentale, devient un ordinateur roulant, truffé de capteurs, guidé par GPS, un salon roulant doté de lecteur de CD et climatisation électronique. Le péage est automatique, et, raffinement suprême, les radars automatiques permettent de dresser de bien mal nommés «procès-verbaux», adressés aux contrevenants avec le minimum d intervention humaine. En dehors de leurs capacités propres, une des raisons majeures de l engouement médiatique dont ont fait l objet les TIC, et surtout l Internet, est la rapidité avec laquelle ces techniques se sont diffusées à travers la société (et donc l espace). Rappelons que l Internet a été créé en 1968 au sein du Ministère de la Défense américain 11. C est en 1974 que Vinton Cerf définit les spécifications du protocole TCP/IP. Le World Wide Web (l application la plus populaire fonctionnant sous IP) a été créé en 1989 par Tim Berners Lee au CERN à Genève. Les quinze premières années sont confidentielles, et l Internet ne sort guère des laboratoires. En 1977, il y avait 111 machines connectées. En 1987, Dans les années quatre-vingt-dix, c est le décollage, avec un million de «hosts» en 1992, et plus de deux-cent millions en 2002 (www.isoc.org/internet/history). La croissance du Web est tout aussi impressionnante. En 1995, le premier Netcraft Survey détectait noms de domaine. Le million de sites est dépassé en avril 1997, les dix millions en février 2000, les 35 millions en décembre 2001, record d avant la «crise des TIC». Ce chiffre de 35 millions est retrouvé en février 2003, puis la croissance reprend : 40 millions en avril 2003, 50 millions en mai 2004 (source : Selon le Computer Industry Almanac, on approche en 2004 le milliard d usagers du Net dans le monde (www.clickz.com/stats/big_picture/geographics/article.php/151151). To get a market of 50 million people, radio took 38 years, TV took 13 years. Once it was open to the general public, the Internet made to the 50 million person audience mark in just 4 years! 15 avril Le téléphone mobile, technologie vieille de 50 ans, a fait également preuve ces dernières années d une croissance extrêmement rapide, ainsi que d importantes mutations, qui l engagent dans une convergence croissante avec les autres outils de communication. Les premières offres au public viables datent de la fin des années soixante-dix. Motorola lance sa première offre commerciale en 1981 (rappelons que le lancement commercial du téléphone filaire date de 1877). Mais c est dans la deuxième moitié des années quatre-vingt-dix que l on assiste à «l explosion» du mobile (1,3 milliard d abonnés dans le monde fin 2003 selon le Journal du Net). Ainsi, en France, selon le CREDOC, quatre années (janvier 1997 à janvier 2001) ont suffi pour que le taux d équipement individuel passe de 5% à 55%. Une des caractéristiques de la téléphonie mobile est qu elle constitue un exemple rare de «saut technologique» (leapfrogging), puisque dans certains pays en développement, la plupart des usagers au «sans fil» n avait jamais possédé 11 Au sein de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), qui va créer «l ARPAnet»

17 17 d accès individuel au téléphone filaire (en Chine, par exemple, premier marché mondial pour le nombre de téléphones cellulaire vendus en 2002, avec 18 % du total mondial des abonnés, contre 12 % aux Etats-Unis - Ce genre de saut technologique a fortement contribué à nourrir les discours et les fantasmes sur la révolution des TIC Tableau n 1. L explosion de la téléphonie mobile : taux de pénétration par habitant (d après Forissier, 2002, p. 11) France 1 % 5 % 50 % Union européenne 2 % 10 % 62 % Etats-Unis 4 % 17 % 41 % Japon 2 % 21 % 53 % Ces développements technologiques et économiques doivent beaucoup à l accroissement exponentiel de la puissance de calcul des micro-processeurs, qui, suivant la fameuse loi de Moore, double tous les dix-huit mois depuis plus de trente ans 12. C est cette course à la puissance qui a permis la miniaturisation, la baisse des prix, et la vulgarisation des terminaux électroniques mentionnés ci-dessus. Cette convergence ne serait pas concevable sans un accroissement concomittant des capacités du réseau numérique de télécommunications, sur lequel nous reviendront plus longuement. Aujourd hui, une simple paire de fibre optique est potentiellement capable d'acheminer l'équivalent du trafic téléphonique mondial instantané 13. Figure n 2 La loi de Moore (Extrait de The Economist) 12 Gordon Moore fut président d'intel. En 1965, il publie son célèbre postulat, toujours d'actualité, sur l'accroissement exponentiel des performances des circuits intégrés. Pour plus de renseignement, consulter travaux/moore.htm. 13 Le multiplexage des longueurs d'onde permet de dépasser plusieurs térabits (milliers de gigabits) par seconde.

18 18 Les limites de la convergence Ces évolutions technologiques sont de nature à provoquer des réactions affectives d enthousiasme ou de rejet. Tombant dans le piège du déterminisme technologique, les commentateurs de la sphère politico-médiatique ont souvent tendance à exagérer les effets actuels ou futurs de cette convergence numérique. On a annoncé, par exemple, la fin du livre, de la presse écrite, le mariage entre l ordinateur et la télévision. Or, rien de tout cela ne s est produit. Même si la télévision est devenue de bout en bout numérique, les terminaux sont restés (et resteront encore longtemps) matériellement séparés. Et surtout, la télévision, l informatique et les télécommunications sont des métiers fondamentalement différents, entre lesquels les synergies demeurent faibles, comme l ont appris à leurs dépens plusieurs dirigeants de société au début des années deux-mille. L apparition des téléphones mobiles de troisième génération (3G) suscite le même genre de fantasmes. Des auteurs comme Nigel Thrift (1996) 14 ont critiqué la tendance à voir dans l émergence récente des TIC quelque chose de nouveau. Thrift montre qu à la fin du XIXe siècle, le télégraphe et le téléphone, non seulement avaient apporté leur lot d effets spatiaux (par exemple dans l organisation spatiale des firmes), mais aussi avaient provoqué discours et mythes dans les mêmes circonstances qu aujourd hui. R. J. Gordon (2000) 15 affirme, à juste titre nous semble-t-il, que l Internet a beaucoup moins changé la vie et le territoire de nos contemportains que l automobile ou les antibiotiques. C est donc avec un œil très critique qu il faut s aventurer sur le terrain des TIC et des changements annoncés de la société, et pour ce qui nous concerne, de l espace géographique et du territoire. L importance des bouleversements économiques et sociaux actuels ne sauraient être niée. Les usages des technologies numérique sont au service d un élargissement scalaire et d une accélération de toutes les formes de mobilité, qu il s agisse des personnes, des biens, des capitaux ou des idées. La responsabilité du géographe, dans ce contexte, est de faire la part entre, d une part, le réel objectivable des pratiques spatiales, et éventuellement des impacts sur les territoires, d autre part, les discours, d où qu ils émanent, qui ont contribué à fabriquer des représentations spatiales, et une idéologie spatiale des TIC. 14 New urban eras and old technological fears : reconfiguring the goodwill of electronic things», Urban Studies. 15 Does the New Economy Measure up to the Great Inventions of the Past?. Journal of Economic Perspectives, vol. 14, n 4, pp

19 19 Encadré n 1. La nature de l'information Il existe plusieurs définitions de l'information. Joël de Rosnay (1977) propose un très général "contenu d'un message permettant de déclencher une action" (dans un corps humain, ce message peut être communiqué au cerveau par le système nerveux, dans une entreprise, par le réseau électronique de l'intranet). Mais les technologies numériques reposent sur une définition mathématique de l'information, issue des travaux de Shannon et Weaver (The Mathematical Theory of Communication). L'information y est mesuré comme la différence entre deux incertitudes. L'informatique et les télécommunications numériques utilisent le bit comme unité de mesure de l'information. L'exemple du jeu de carte proposé par J. de Rosnay permet de comprendre facilement la nature du bit : quelle est la plus petite information (la plus petite réduction d'incertitude) que l'on peut donner sur une carte extraite au hasard dans un jeu? rouge (= 0) ou noire (=1). Cette information est égale à un bit. De fait, la mesure de l'information numérisée est totalement indépendante de la nature de cette information, puisque elle n'est constituée que de zéros et de uns Ainsi, il convient de ne pas confondre les deux conceptions du terme information : une certaine quantité de bits n'a de valeur informative sociale que si elle permet une action ou pour le moins une compréhension (quelle information contient un livre en chinois?). Comme l'écrit Edgar Morin, la mesure shanonienne de l'information numérique est insensée, au sens propre du terme (1977, p. 303) Dans le même ordre d'idée, il n'y a guère de proportionnalité entre les effets sociaux d'un message et la quantité mathématique d'information qu'il représente : quelques bits suffisent pour transférer en quelques centièmes de seconde plusieurs milliards de dollars d'une rive à l'autre de l'atlantique (adresses, numéros de compte, montant), alors que le téléchargement d'un film met en oeuvre plusieurs milliards de bits, et peut durer plusieurs heures, suivant la qualité de la connexion.

20 La composante géographique d'une nouvelle idéologie? Le phénomène technologique et économique qu est la convergence numérique ne peut se comprendre indépendamment de sa composante sociale, culturelle et idéologique. L analyse sociologique globale des TIC n est pas dans notre propos. Notre intention est de montrer que le paradigme numérique est aussi une construction idéologique, forgée par des discours d origines diverses, au sein de ce que Jean Gadrey appelle la "sphère politico-médiatique" (2001, pp. 19). Et que ces discours possèdent une forte composante spatiale, qui tend à propager les mythes géographiques de la fin des distances et de l ubiquité. On peut identifier quatre catégories d'acteurs en forte interaction, les même personnes appartenant souvent à plusieurs de ces catégories : les entreprises, les médias, les collectivités publiques, les groupes de pression et cercles d'experts. Par souci de simplicité, nous n'avons pas retenu les individus, les ménages, en tant que producteurs de discours ou d'idéologie. Mais il ne faut pas oublier que les consommateurs de TIC, par leurs modes de consommation et d usages, déterminent radicalement la configuration et le succès de ces technologies. Ils déterminent également certaines politiques, par l'intermédiaires des statistiques ou des enquêtes d'opinions Entreprises et publicité A travers la publicité, colportée par les médias dont elle est la principale source de revenus, les entreprises du secteur des TIC sont parmi les plus gros producteurs des représentations qui mettent en scène la vertu des technologies numériques à ignorer les contraintes de l espace géographique. Le lien médias-entreprises de TIC est encore plus fort, c'est trivial, lorsqu ils appartiennent à la même compagnie, ce qui est de plus en plus fréquent avec l'émergence des groupes dits «multimédia», présents tout à la fois dans les télécommunications et la presse : Bouygues-TF1, Vivendi-Cégétel-Canal+, AOL-Time Warner (CNN) etc. Pour toucher (psychologiquement) sa cible, la publicité doit se situer dans le domaine de l'idéologie (grâce à ceci, vous serez plus beau, plus fort, plus sûr de vous, plus sain, plus performant, plus branché ). Les mythes des TIC décrits par G. Claisse (ubiquité, convivialité, progrès) 16 sont omniprésents. Le plus important pour nous est celui de l'ubiquité. De même que le lave-linge et Ariel ou Skip ont «libéré» la ménagère, le téléphone (mobile surtout), l'ordinateur portable, libèrent l'homme de la tyrannie des distances. Le supplément multimédia au n 1909 du 7 juin 2003 du Nouvel Observateur est émaillé d encarts publicitaires pour des fabricants d'ordinateurs et de téléphone mobile, avec des slogans parfaitement évocateurs de la mystique géographique des TIC. Apple vend son ibook avec le slogan «Votre vie. A emporter». Toshiba vend son portable avec une photo d'un scooter des neiges sur une surface enneigée, avec un «complètement givré. IBM et son «solution pour une petite planète», est une allusion évidente au «village global» de Marshall Mc Luhan (figure n 3). En octobre 2004, Darty fait campagne sur le thème d une ruralité et d un troisième âge idéalisés, en mettant en scène un vieux berger (avec son béret) gardant ses moutons, assis sur un rocher, un ordinateur portable sur les genoux. Avec le , L'abbaye des télémythes. Lyon, Aléas.

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