Rapport de synthèse SUIVI DE LA REALISATION EXPERIMENTALE DE LA REHABILITATION EN LOGEMENTS OCCUPES BUREAU ETUDES TECHNIQUES ENGINEERING CONSEILS

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BUREAU ETUDES TECHNIQUES ENGINEERING CONSEILS 1/36 REHABILITATION DU GROUPE BUIGNET TOURNELLE PONCELET A CHELLES SUIVI DE LA REALISATION EXPERIMENTALE DE LA REHABILITATION EN LOGEMENTS OCCUPES Rapport de synthèse Patrick Martin PLAN URBANISME CONSTRUCTION ARCHITECTURE

Fiche technique REX DE CHELLES 2/36 8RESUME DE L' 'EXPÉRIIMENTATIION L'objectif de la démarche proposée, est de permettre à la maîtrise d'ouvrage, Maîtrise d'œuvre de disposer dès la phase de définition des objectifs et performances de l'opération, de données économiques, techniques, et organisationnelles fiables des différentes hypothèses et éléments de programme, validées par l'entreprise générale et ses sous traitants. Le thème de l'expérimentation propose un schéma nouveau de définition et de préparation du projet global de requalification (réhabilitation / démolition/reconstruction) en logements occupés, suivant une organisation en ingénierie concourante, garantissant une meilleure intégration des objectifs et des logiques d'intervention des différents acteurs dès la phase de programmation. La proposition propose une nouvelle combinaison des séquences programmation conception préparation et chantier, afin de disposer dès les phases amonts de : l'ensemble des objectifs de la maîtrise d'ouvrage (bailleur) et des attentes des locataires, la définition des faisabilités techniques et opérationnelles des solutions envisagées, pré engagements économiques, définition des conditions avales d'intervention, planification et gestion d'une opération complexe de réhabilitation / démolition / reconstruction. C'est enrichir la définition du programme des dimensions économiques et organisationnelles dès le diagnostic préalable de l'opération pour : la définition d'un service logement adapté aux attentes des locataires et aux conditions du marché local du logement sur le centre ville de CHELLES. assurer une maîtrise des quittancements (loyer principal, charges et consommations), réduire la pénibilité de chantier pour les habitants et les ouvriers, réduire par anticipation la durée du temps de travail sur chantier. C'est également permettre au Maître d'ouvrage de disposer d'engagements économiques de la part de l'entreprise très en amont sur un "engagement conditionnel par actions" permettant de bâtir un programme fiable et cohérent avec maîtrise des conditions opérationnelles, des phasages et des contraintes économiques de l'opération de requalification dans son contexte de projet urbain. 8OPERATIION SUPPORT Réhabilitation PALULOS du groupe Buignet Tournelles Poncelet à CHELLES de 305 logements et actions d'accompagnements d'intégration urbaine. 8PARTENAIIRES DE L' 'EXPERIIMENTATIION Maître d'ouvrage : OPHLM de CHELLES M. J. RABDON Maîtrise d'œuvre Architecte M.LAUMONNIER BET et Economiste BERIM M.C.PACITTO Paysagiste coloriste Mme BARDE Entreprise générale SICRA Réhabilitation M. P.A. LECLERT Assistée de SOGEA Développement M. G.MALAVALLON Contact SICRA réhabilitation M.D. VEDRENNE Directeur 36 rue du Séminaire, Centra 307 Chevilly Larue 94586 RUNGIS 8EVALUATIION DE L''EXPERIIMENTATIION Patrick MARTIN BETREC 24 bis bld de la Chantourne 38706 LA TRONCHE 04 76 42 17 27 Fax 04 76 51 57 48

3/36 SOMMAIRE I SYNTHESE DE L'EVALUATION p 4 II PRESENTATION DE L'OPERATION ET DE L'EXPERIMENTATION p 5 II 1 Présentation de l'opération p 5 II 2 Présentation de l'expérimentation / analyse du protocole p 7 de l'expérimentation III SUIVI EVALUATION DE L'OPERATION EXPERIMENTALE p 9 ET SON ELARGISSEMENT IV DEROULEMENT DE LA DEMARCHE p 10 IV.1 Démarche et mise au point du programme p 10 IV 2 Démarche de préparation du process de suivi de chantier p 11 IV 3 Déroulement du chantier p 18 V ELARGISSEMENT DU SUIVI EVALUATION A L'EXPRESSION p 21 D'UNE METHODOLOGIE GENERALE V 1 Introduction p 21 V 2 Méthodologie de l'organisation séquentielle d'une opération de p 21 réhabilitation en site occupé. VI ANNEXES p 29 Annexe 1 Annexe 2 Instrumentation de la démarche Audit des entreprises

4/36 I Synthèse de l''évaluation Le déroulement de l'expérimentation est globalement conforme aux engagements pris par l'équipe, même si certains points de programmation n'ont pas connu les développements attendus (porte urbaine). L'essentiel, à savoir la préparation et la réalisation "conformes" d'un projet global de réhabilitation en logements occupés suivant une ingénierie concourante constitue un point acquis. Cette opération a été également le support de perfectionnements d'un ensemble d'outils et de pratiques identifiés précédemment comme intéressant sous forme d'une méthodologie cohérente et informatisée, intégrant toutes les échelles de gestion d'un tel projet : La préparation du chantier élargie à la logistique et à la gestion des commandes et approvisionnements. La planification interactive élargie à la gestion des commandes et des approvisionnements. La gestion quotidienne du chantier intégrant la relation fournisseur. La gestion de la relation avec les locataires. On retiendra que l'opération de CHELLES a permis de finaliser le concept de "logistique service" d'une entreprise générale, la SICRA, très motivée dans la requalification des hommes et des méthodes à destination du marché complexe de la réhabilitation en site occupé.

II Présentatiion de ll''opératiion et de ll''expériimentatiion 5/36 Présentation des bâtiments : II 1 Présentation de l'opération Le groupe Buignet/Tournelle/Poncelet a été construit en plusieurs tranches à partir de 1964. Ce groupe bénéficie d'une localisation privilégiée, en centre ville, à proximité immédiate de la Mairie, des commerces et des transports en commun. Il est constitué de deux bâtiments : - le Poncelet : 40 logements en R + 4 (4 cages) - le Buignet/Tournelle : 265 logements en R + 8 (13 cages) Le programme des travaux de réhabilitation : Atelier logements : Réfection de la plomberie / robinetterie et des pièces humides Remise aux normes et réfection du réseau électrique. Remplacement des portes palières Changements des menuiseries et occultations Réfection des installations courants faibles Amélioration ventilation des logements Travaux libres au choix des locataires dans les logements. Atelier parties communes : Remise aux normes électriques et réfection des réseaux courants forts et faibles Réfection de l'installation de chauffage et distribution eau chaude Réfection de la ventilation Changement des menuiseries et portes extérieures Réfection et mise aux normes des installations gaz Réaménagement des caves et mise en sécurité Réfection des locaux communs (vide ordures) Désenfumage des cages d'escalier et isolation sous-sols. Atelier enveloppe Etanchéité des terrasses Réfection des bétons et peintures des façades Traitement des gardes corps Etanchéité des loggias Réfection et traitement des acrotères en peigne inversé. Les actions d'accompagnement a la réhabilitation Le programme de réhabilitation du groupe Buignet/Tournelle/Poncelet s'inscrit dans le cadre d'un projet urbain de la ville de CHELLES, visant à intégrer les nouveaux quartiers de la Zac de l'aulnoy. Ces actions menées avec la Ville de CHELLES, visaient à : Créer une "Porte urbaine" dans le bâtiment Buignet/Tournelle, pour favoriser la communication entre les nouveaux quartiers de l'aulnoy et le centre ville. Cette action entraînait la démolition de 10 logements (au niveau des cages I & J)

6/36 La réalisation de cette action devait être prise en charge par la Ville de Chelles dans le cadre de la mise en œuvre du projet de ville. Travaux au choix dans les appartements : Pour répondre aux attentes des locataires l'office a prévu de budgéter une enveloppe spécifique de crédits, sur fonds propres, permettant aux locataires de choisir des prestations dans leur logement à la carte. L'enveloppe de travaux affectée à chaque logement est identique. Les locataires bénéficient d'un libre choix parmi un ensemble de prestations définies avec l'association des locataires pour lesquelles seront défini un niveau de point. Chaque locataire peut choisir pour un volume de 100 points de travaux à la carte dans son logement, réalisé en supplément des prestations de base prévues dans le programme. L'OPHLM a prévu une enveloppe de 10 000 F TTC TVA 5.5 % (y compris honoraires) de travaux à la carte par logement. Pour répondre aux besoins en logements sur le site et compenser les logements détruits par la porte urbaine, il etait prévu : Le "traitement des pignons" des bâtiments Tournelle et Poncelet. Il devrait permettre de constituer une liaison avec les nouveaux quartiers, par de petites constructions permettant de créer sur le site une nouvelle offre en logements intermédiaires. Cette action devait occasionner la construction de 14 logements (8 T2 2 T3 4 T4). Elle devait être réalisée à partir d'une programmation de nouveaux logements sociaux (PLA et PLA LM). Cette nouvelle offre de logements etait destinée au relogement des familles concernées par les travaux de démolition pour la porte urbaine. Chronologie du déroulement de l'opération : initialisation en juin 1998 dossier marché définitif finalisé en février 1999 après l'abandon de la porte urbaine et des logements supplémentaires début de chantier : le 29 novembre 1999 fin de chantier : mai 2000 pour les logements et août 2000 pour le ravalement de façades.

7/36 II 2 Présentation de l'expérimentation / Analyse du protocole de l'expérimentation L'opération de CHELLES est le support d'une expérimentation qui propose un schéma nouveau de définition et de préparation des travaux de réhabilitation en logements occupés, en ingénierie concourante où l'entreprise générale utilise sa position stratégique d'interface entre le maître d'ouvrage et les corps d'état pour une meilleure intégration des objectifs et des logiques d'intervention des différents acteurs dès la phase amont de programmation. Elle propose une nouvelle combinaison des séquences programmation conception préparation de chantier afin d'enrichir les phases amonts des conditions avales d'intervention pour que les arbitrages prennent la mesure de la gêne engendrée par les travaux dans les espaces habités et réciproquement que les travaux soient mis en œuvre dans la continuité des objectifs initiaux du maître d'ouvrage de l'opération. Elle a pour objectif d'enrichir la définition du programme d'une dimension organisationnelle et économique dès le diagnostic préalable de l'opération. Elle doit permettre également au maître d'ouvrage de disposer d'engagements économiques de l'entreprise très en amont permettant de bâtir un programme cohérent avec les contraintes financières de l'opération. Cette implication amont de l'entreprise a pour objectif d'assurer une analyse et une prise en compte totale et constante des objectifs de la maîtrise d'ouvrage parallèlement aux conditions d'intervention, validées avec les locataires, dans les solutions organisationnelles retenues (réductions des gènes et suppression des disfonctionnements) et au travers des critères de choix et l'implication des sous traitants. Le programme ainsi établi de manière collective et itérative doit devenir un cadre de référence (démarche par objectif) sur lequel les acteurs peuvent s'engager et assurer les ressources et moyens nécessaires à la gestion de l'opération. Le suivi expérimental porte sur les 4 principales phases suivantes. 1. LA DEFINITION D'UN "PROJET DE PROGRAMME A partir d'un diagnostic préalable, le maître d'ouvrage, doit établir un programme permettant de définir les objectifs de performances de l'opération, et d'associer l'intelligence que peut générer la proposition d'interface de l'entreprise sur la prédéfinition des conditions opérationnelles ainsi que sur un chiffrage estimatif permettant une première approche du marché. Le projet de programme doit définir les objectifs de l'opération en terme architectural, technique, économique mais également doit servir de référence aux différents acteurs pour la définition finale du programme et le déroulement de l'opération). 2. DEFINITION D'UN PROGRAMME DE REHABILITATION

8/36 L'expérimentation propose un diagnostic détaillé sur les différentes dimensions de l'opération de réhabilitation : urbaine, architecturale, technique, sociale, économique et organisationnelle. Ce diagnostic conduit par la maîtrise d'œuvre à partir d'un travail itératif avec l'entreprise doit permettre au maître d'ouvrage de procéder à la définition du programme de réhabilitation en intégrant dans les critères de choix les données relatives aux conditions de réalisation et l'analyse des effets induits pour les locataires. 3. L'INSTRUMENTATION DE "PREPARATION CHANTIER" La phase de préparation de chantier, doit servir à la mise au point finale des différentes options techniques ainsi qu'à la mise en place des moyens logistiques et organisationnels déjà prédéfinis en phase de programmation. La SICRA propose à ses sous traitants de définir et de mettre en place une procédure d'assistance à la préparation de chantier permettant d'intégrer les modes de définition des prestations élargies aux conditions organisationnelles de mise en œuvre dans une réhabilitation en site occupé. 4. REALISATION DU CHANTIER Le déroulement du chantier doit constituer un exercice pratique permettant de vérifier les points suivants : L'efficience de la préparation du chantier et de l'instrumentation mise en place relativement aux objectifs visés, Le niveau de satisfaction du locataire et du maître d'ouvrage, relativement à le tenue des objectifs techniques, organisationnels et financiers.

9/36 III Le suiivii évalluatiion de ll''opératiion expériimentalle et son éllargiissement Compte tenu du thème abordé sur cette opération et des acquis expérimentaux existants, le suivi évaluation portera sur l'opération elle-même en référence au protocole et aux opérations précédentes. Il sera élargi à un bilan prospectif de travail sur la réhabilitation en site occupé. Ce bilan sera principalement axé : Sur le recensement des spécificités identifiées, propres à la réhabilitation en site occupé. Sur les choix conceptuels et d'organisation séquentielle de chantier en site occupé, Sur la préparation du chantier, élargie à la logistique propre à ce type d'intervention. Sur le déroulement du chantier en atelier en tant qu'applicatif pratique de l'organisation séquentielle des chantiers à la réhabilitation en site occupé. Cette synthèse est destinée à permettre une large diffusion des acquis dont on a pu éprouver la pertinence sur les différentes opérations expérimentales et pour lesquels l'opération expérimentale de CHELLES constitue une premier support diffusable.

IV Déroullement de lla démarche 10/36 IV 1 Démarche et mise au point du programme A partir du 9 juin 1998, l'entreprise SICRA a développé une démarche de mise au point itérative du programme entre les bureaux d'études, la maîtrise d'ouvrage et ses propres services. Celle-ci peut se résumer ainsi : A partir du diagnostic technique et de la définition initiale d'un pré programme de la réhabilitation voulu par la maîtrise d'ouvrage le 9 juin 1998 qui intégrait la création d'une porte urbaine et de logements supplémentaires, une succession d'aller et retour de chiffrage du programme de base, de solutions variantes, de recherche d'économies classiques a été produite pour aboutir in finé à un chiffrage cohérent avec l'équilibre de l'opération qui consacrait l'abandon de la porte urbaine et la création du logement supplémentaire en janvier/février 1999. Il a donc fallu 6 à 7 mois pour revenir à l'émergence d'un programme de réhabilitation classique, hors démolition majeure ou création d'adjonction en pignon surélévation. Durant cette phase, le suiveur observe qu'une première étape de programmation est consacrée à la stricte mise au point du programme. Cette mise au point semble confuse compte tenu de la fragilité de la pré programmation de la requalification urbaine du site. Celle-ci est liée à la création d'une porte urbaine pour mettre en communication des différents quartiers et la construction de nouveaux logements ; Cette requalification ne semble pas avoir été mesurée correctement au stade du pré programme puis à fait l'objet de réflexions tardivement éclairées par l'entreprise générale pour conclure à la non-faisabilité de cette approche. On peut considérer toutefois que le rôle de l'entreprise générale a permis de prendre ces décisions sous l'éclairage technique, logistique et économique en complément des actions de réhabilitation classique. On peut également considérer que les décisions concernant l'urbanisme doivent constituer un préalable à l'action et ne pas être rattachées au seul contexte économique de l'opération dont on peut bien imaginer à l'avance qu'il ne peut pas supporter la restructuration urbaine environnementale du quartier. En d'autre terme l'approche de la restructuration urbaine ne peut pas être considérée comme résultant d'une extension d'action de réhabilitation, mais au contraire, comme le fait générique d'une réhabilitation qui doit être pensée et conçue en cohérence avec elle. Dans ce sens l'abandon du projet de restructuration urbaine est une conséquence naturelle d'un positionnement stratégique erroné au départ. Cette modification de programme n'est donc pas imputable à la méthodologie de l'ingénierie convergente qui a donné de bons résultats sur la partie bâtiment puisqu'en février 1999, 6 à 7 mois après le démarrage des études, le programme technique de réhabilitation est globalement arrêté dans des conditions connues d'intervention technique et logistique, ce qui a permis de développer immédiatement les outils "méthode".

11/36 IV 2 Démarche de préparation du process de suivi de chantier. A partir de février 1999 le programme est délimité aux seules actions de la réhabilitation et la SICRA se concentre sur le développement des outils informatiques adaptés au process de réhabilitation qui sera explicité plus loin. Le classeur des outils méthode est présenté en mai 1999. Il analyse et permet d'une manière synthétique de dérouler un process de réhabilitation depuis la préparation de chantier jusqu'à la livraison des ouvrages. La préparation du chantier se déroulera à l'aide des outils jusqu'en novembre 1999 date de début des travaux (29/11/99). La préparation des outils a donc largement anticipé la phase de préparation de chantier proprement dite puisqu'elle a abouti en mai 1999 pour un début de chantier en novembre 1999. Cela a permis de laisser une large place à la préparation du chantier elle-même. L'objectif de la préparation de ces outils était de perfectionner et de finaliser le concept de logistique service préalablement testé par la SICRA sur l'opération de BLANC MESNIL sous la conduite de M. CARACCIOLO (conduite de travaux). Il convient d'observer aujourd'hui que ces outils sont totalement informatisés, que l'installation du bureau de chantier s'est élargie à des équipements informatiques performants pour l'utilisation du logiciel de planification (PSN6) pour l'édition d'e-mail et de fax, et pour la gestion interactive des différentes fiches de renseignements et de suivi de la modification. L'instrumentation est complète ainsi que l'installation informatique nécessaire à son exploitation pertinente. Comme sur l'opération de BLANC MESNIL l'organisation de chantier a été confiée à M. CARACCIOLO, elle est du type séquentiel. Elle est organisée suivant 3 ateliers : l'atelier logement largement dominant ici avec des interventions lourdes dans les logements, l'atelier parties communes, l'atelier enveloppe. Le détail du contenu de ces ateliers figure dans l'implantation de l'opération ci avant. L'ensemble des fiches a été utilisé atelier par atelier, il constitue une instrument complet permettant : 1. De recenser tous les éléments utiles à l'établissement d'un planning logistique élargi à la gestion de commandes et les approvisionnements. 2. La gestion au quotidien des commandes et des approvisionnements au fil des déroulements du chantier. 3. La gestion de l'avancement du chantier. Lensemble des fiches de renseignements entreprise/fournisseur se présente ainsi :

12/36 La fiche 1 se décompose en 3 parties : Fiche de renseignements et d'identité du sous traitant (1 er rang logistique) (fiche 1) Fiche de renseignements et d'identité du fournisseur et transporteur (2 ème rang) (fiche 1 B) Fiche de renseignement et d'identité du fabricant (3 ème rang logistique) (fiche 1 T) Fiche 2 Fiche de renseignements et d'intervention (cette fiche développe la planification des moyens) Fiche 3 Fiche de renseignements planification et approvisionnements (cette fiche précise les délais et la butée des 72 heures avant exécution de la tâche, qui doivent prendre en compte les fournisseurs) Fiche 4 Fiche d'approvisionnement et stockage sur base principale. (elle permet de déterminer la surface et la configuration du cantonnement et d'une manière générale, des installations de chantier, compris moyens de levage et de manutention) Elle est complétée d'une fiche d'approvisionnement et stockage sur base avancée (fiche 4B) Fiche 5 Fiche fabricant et fournisseur (c'est une fiche de renseignements sur les sociétés qui indique par exemple, l'arrêt et la reprise de fabrication). L'ensemble de ces renseignements sert à recenser la liste des besoins pour les installations communes au sein d'une fiche spécifique et fabriquer un planning logistique dont la partie texte est compatible avec le logiciel Excel, (ce qui laisse de nombreuses possibilités de tri par tâche, par bâtiment, par montée d'escalier, par fournisseur, par corps d'état etc) A partir d'éditions organisées de cette partie texte, les entreprises sont informées de l'ensemble des commande à passer ; Elles seront dans la suite, amenées à les confirmer à SICRA à travers des "fiches dialogue" qui permettent d'échanger sur les dates et modes de livraisons. On constate, à la lecture de ces fiches, leur souci extrême de détail que nécessite la parfaite connaissance des travaux à exécuter. C'est pourquoi préalablement à la finalisation de celles-ci, il convient de recenser logement par logement la nature des travaux à exécuter. L'entreprise SICRA a donc développé les fiches "d'enquête logement" appelées "fiches de recensement des travaux" (voir annexe ) permettant d'identifier au cours des visites systématiques et personnalisées les travaux dits de base ainsi que les travaux à la carte. Outre ces fiches travaux établies logement par logement et servant de support à l'enquête, l'entreprise SICRA a développé en chaînage avec celles -ci, les fiches de colisages, corps d'état par corps d'état et logement par logement (cf annexe) de manière à pouvoir indiquer instantanément aux entreprises sous traitantes la liste des commandes établies en synthèse des visites des logements

13/36 La fiche travaux comporte une partie de texte et une partie graphique qui permet au locataire de choisir selon le type de logement un certain nombre de "menus". Comme nous l'avons lu cette fiche travaux se traduit par un outil logistique approprié à destination de l'entreprise, "la fiche colisage" Il y a donc une fiche colisage par logement pré remplie par les prestations de base et complétée par le menu choisi. Les entreprises reçoivent les fiches colisage à partir desquelles elles peuvent passer leurs commandes à leurs fournisseurs. Il n'y a donc pas de perte d'information entre la saisie des travaux à réaliser et la "fiche colisage" qui s'en déduit automatiquement. L'entreprise SICRA a donc constitué un ensemble composé : des fiches de recensement "travaux et colisages" des fiches 1 à 5 dites de "renseignements" permettant de conduire de manière fiabilisée l'ensemble de la saisie nécessaire à l'élaboration d'un planning élargi à la gestion des commandes et des approvisionnements comme l'indique le synoptique joint. Nota ; l'ensemble des fiches de renseignements divers et de planification commande, livraison, colisage, figure en annexe 2.

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16/36 Comme le montre les synoptiques, à partir de la planification générale tous corps d'état un planning par logement est établi minutieusement. Il est fait sur la base d'une décomposition horaire et journalière des tâches. Il peut être considéré comme immuable, ce qui induit une régularisation des effectifs en fonction de la taille des logements. Le logement doit être terminé avant 16 heures et aucun autre logement n'est commencé à partir de cette heure, le temps de la journée restant étant consacré à préparer le travail du lendemain. Cela se traduit par une organisation très fine des journées des compagnons : ceuxci dès la première heure, préparent sur la base logistique, le colisage qui leur sera nécessaire pour toute la journée. Ce colisage contient tout le matériel et les outils dont ils auront besoin. Tout cela est préparé dans des anciens coffres de grue et confère à leur action des conditions de sécurité optimum. La seconde partie de la journée est évidemment consacrée à la production et en fin de journée, il y a retour des colis à la base logistique avec préparation de la journée du lendemain. Le suivi montre que ce type de planification est très efficace et fait gagner du temps aux compagnons : en effet le suiveur a constaté que les effectifs d'ouvriers vont en diminuant dans les premiers mois du chantier, du fait de l'augmentation de la productibilité qui est indéniablement le point de cette organisation. La préparation de chantier s'achève sur une connaissance rigoureuse et fiabilisée : des travaux à effectuer dans chaque logement, des dates et des durées d'intervention dans chaque logement, des besoins en logistique, en levage et manutention de chaque entreprise relativement à chaque logement, des commandes et dates d'approvisionnement et des besoins en stockage de chacune des entreprises. Pour réaliser la mise en place de cette méthodologie, il est nécessaire de consacrer environ 3 mois de préparation sous l'égide d'une conduite de travaux expérimentée. Ce travail permet de mener à bien l'ensemble des enquêtes et mettre au point l'ensemble des plannings, il permet également de souder tous les partenaires entre eux avec et de créer des relations importantes avec tous les responsables de la SICRA. CONCLUSION PHASE DE PREPARATION DE CHANTIER Le suiveur a constaté que cette préparation de chantier était menée par M. CARACCIOLO et son équipe avec une grande rigueur et un grand professionnalisme. Elle a été facilitée par la mise au point interactive du programme en phase amont : cela semble avoir permis de gagner du temps et beaucoup de précisions. Cette pratique est en rupture avec l'habitude qui prévaut de procéder à la définition précise des prestations après la signature des marchés : en effet, les marchés sont signés habituellement, avec une connaissance assez aléatoire des logements et des entreprises partenaires (qui ne sont pas encore choisies). Les marchés sont alors adossés à des approches de produits "techniquement équivalents", l'affinage des choix se produisant en préparation de chantier, au contact des réalités des logements et des entreprises choisies en sous traitance.

17/36 Sur l'opération de CHELLES, la petite taille de l'opération supposait une mise en route de la logistique service très efficace, dès la préparation de chantier, sans aléa sur les choix techniques. L'équipe SICRA analyse qu'il est important de gagner le temps de la mise au point "produits" en la remontant en phase programme, afin que la méthodologie de la logistique service s'applique sur les petites opérations. Par ailleurs la reconduction de la majorité des partenaires fidélisés à BLANC MESNIL (à l'exception de deux d'entre eux) a conféré à la démarche, une grande efficacité ; seules deux nouvelles entreprises interviennent sur CHELLES : il s'agit des lots menuiseries extérieures et électricité qui se sont prêtés d'emblée à la mise en place de la méthode. En matière de saisie d'informations, il n'y a pas d'évolution notoire entre la liste des informations qui avaient été jugées nécessaires à la fabrication du planning sur l'opération de BLANC MESNIL et celle de CHELLES. : le progrès consiste principalement dans l'informatisation complète des outils dans leur chaînage et leur simplification.

18/36 IV 3 Déroulement du chantier. La base logistique du chantier a été installée à l'arrière des bâtiments dans un espace assez réduit mais bien organisé : elle a parfaitement fonctionnée tout au long du chantier. Le bureau de chantier était installé dans le logement témoin, où les différents menus étaient représentés sous forme de panneaux bien illustrés. En plus du conducteur principal, Mr CARACCIOLO, la SICRA avait mis à disposition sur site du personnel d'encadrement compétent et motivé qui suivait quotidiennement le bon déroulement de la démarche. Il assurait tout à la fois le lien avec les entreprises sous traitante et le lien avec les locataires. Le chantier s'est déroulé comme la préparation l'avait prévu. Celle ci a bien générée les résultats attendus : Par l'élaboration d'un planning fiabilisé, élargi à la gestion des commandes et des approvisionnements. Par la mise en place de la base logistique (mise en place de l'équipe de suivi, de la bureautique, de la plate forme logistique). Le déroulement du chantier a montré : Une efficacité immédiate du planning ainsi élaboré et du suivi de celui-ci à l'aide d'outils simples (synoptique d'intervention logement, synoptique hebdomadaire de livraisons). Une efficacité renouvelée des réunions de chantier, élargies à la gestion logistique. Elles se sont parfaitement déroulées : Chaque mois, lorsque la prévision du mois suivant était confirmée ou adaptée en fonction des circonstances. Chaque semaine, où le point était fait précisément sur les moindres détails de l'organisation. L'entreprise générale a alors pleinement joué son rôle en apportant un réel service à ses sous traitants et une totale fiabilisation du planning sur la base d'une communication bien instrumentée. Le déroulement du chantier a été en tous points conformes aux attendus : La logistique, en instaurant une planification rigoureuse des phases de préparation du chantier a permis de fixer les dates de commandes et de livraisons des matériaux très en amont de la phase des travaux. En ayant eu une connaissance précoce du planning détaillé de réalisation, les entreprises ont été en mesure d'optimiser la gestion de leurs approvisionnements en consacrant un temps de préparation et d'analyse plus important pour : L'élaboration et la présentation de la liste des commandes aux fournisseurs. L'organisation de la réception et le stockage des matériaux.

19/36 Avec à la clef une réduction significative des dysfonctionnements habituels, ce qui était le but recherché ; Les locataires ne s'y sont pas trompés car ils ont été complètement respectés et ont beaucoup apprécié la fiabilité des engagements pris. Au-delà de cet aspect, les entreprises associées à la démarche y ont trouvé un grand intérêt, en effet : Par la connaissance précise de la quantité de produits à mettre en œuvre, les entreprises avaient l'opportunité de passer des commandes importantes auprès de leurs fournisseurs afin de pouvoir bénéficier de conditions de paiement, sinon de prix, plus avantageuses. Dans ce cas de figure, non seulement l'entreprise trouve un intérêt à commander des quantités importantes de fournitures lui ouvrant droit à des remises de prix, mais également le fabricant, qui ayant connaissance des dates de livraisons étalées sur un temps relativement long, peut assurer une meilleure rentabilité de son outil de production au regard de la gestion de son carnet de commandes, parallèlement à une démarche qui satisfait le maître d'ouvrage et le locataire. C'est donc toute la chaîne productive qui se trouve valorisée dans le déroulement du chantier. Utilisation des ressources du logiciel de planification : L'utilisation des ressources du logiciel PSN6 a permis d'accéder automatiquement à des informations ciblées en utilisant des faisceaux de critères de tri qui permettent de fournir : Par entreprise Par prestation Par bâtiment Par cage Par logement. les dates d'intervention, de commande, de fabrication et de livraison. Dans la suite l'entreprise SICRA s'est contentée de vérifier la tenue des engagements au fil du temps. L'automatisation du courrier locataire Compte tenu de la fiabilité de la méthodologie d'intervention, il a été possible d'automatiser le courrier à destination des locataires : ceux-ci étaient prévenus de la date d'intervention dans leur logement, 3 semaines pour 1 semaine avant celle-ci et enfin la veille de celle-ci. La fiche travaux précisait tout le contenu de cette intervention. Il n'y a eu aucun dérapage de planning. CONCLUSION DEROULEMENT DU CHANTIER Le déroulement du chantier a donc été conforme aux espérances, par rapport à celle de BLANC MESNIL, il a permis la simplification et le développement de l'instrumentation associés à la méthodologie d'intervention. Les niveaux de satisfaction observés auprès des différents partenaires, maître d'ouvrage, maîtres d'œuvre, entreprises et surtout des locataires, sont la meilleure évaluation de cette démarche. Plutôt que d'en assurer un résumé nous avons rassemblé en annexe, les audits des entreprises.

20/36 CONCLUSION EVALUATION DE LA DEMARCHE La démarche de mise au point du programme en ingénierie concourante se révèle positive sur le bâti existant relativement à la fiabilisation des choix de la maîtrise d'ouvrage en intégrant dès la programmation les dimensions organisationnelles et logistiques, au choix de réhabilitation en plus des facteurs économiques. On peut considérer que l'on a dégagé ici une marge de progrès dans l'intervention en logements occupés dans la mesure ou cette approche spécifique a contribué à minimiser la gêne des occupants et surtout à fiabiliser la communication détaillée avec eux en amont (dès le démarrage des enquêtes). Cette démarche amont a également produit des effets positifs sur l'anticipation des connaissances détaillées des produits et des matériaux ce qui a rendu très efficace la période de préparation de chantier. Dans la suite, le déroulement de la démarche a validé le process de réhabilitation dit de "logistique service" dans sa pertinence et sur l'efficacité de l'informatisation de l'ensemble des instruments qui y sont liés et ce pour l'ensemble des phases allant de la conception à la réalisation en passant par la phase enquête locataire et la phase de préparation de chantier. La réhabilitation de CHELLES a donc développé avec succès une bonne synthèse des acquis expérimentaux des dernières années et les derniers progrès d'instrumentation des outils adaptés à la réhabilitation en site occupé sont de ce fait validés. A ce stade, on peut affirmer le bien fondé d'une telle démarche organisationnelle pour la réhabilitation lourde, il s'agit là d'un bilan très positif. L'analyse prospective faite dans la 2 ème partie de l'année 2000, montre une évolution de la réhabilitation vers un type d'intervention moins uniforme dans les logements. On observe que la part du tronc commun diminue au profit d'une plus grande souplesse de choix laissée à l'initiative des locataires. Parfois même ceux ci ont le choix entre des travaux minimalistes d'entretien patrimonial qui sont financés par le maître d'ouvrage et ne génèrent pas d'augmentation de loyer et des travaux d'embellissement et de confort qui sont fiancés par des augmentations de loyer (qui doivent alors être acceptées par le locataire) : si cette tendance se confirme, ce qui est tout à fait probable compte tenu des évolutions des financements en cours, il conviendra d'adapter la méthode "logistique service" sous forme d'un nouveau process afin de prouver que sa rigueur n'est pas antinomique avec la souplesse requise. Le chapitre suivant, consacré à l'élargissement du suivi évaluation à l'expression d'une méthodologie générale vise à fixer les enseignements acquis pour pouvoir progresser dans ce sens et faire face aux évolutions sus visées.

21/36 V - Ellargiissement du suiivii évalluatiion a ll''expressiion d''une méthodollogiie généralle V1 INTRODUCTION. Le bilan prospectif des opérations expérimentales de réhabilitation en site occupé apparaît suffisamment riche aujourd'hui pour être exprimé sous forme d'une méthodologie définie ci-après. Ceci non pas afin de fixer définitivement les modes opératoires mais d'exprimer un point d'étape suffisamment clair, pour assurer le développement et la généralisation de ce type de montage dans de nouvelles configurations nécessitant rigueur et souplesse. V 2 METHODOLOGIE DE L'ORGANISATION SEQUENTIELLE D'UNE OPERATION DE REHABILITATION EN SITE OCCUPE. 1 - Généralités L organisation des travaux de réhabilitation revêt une importance particulière car ses dysfonctionnements sont amplifiés par deux facteurs aggravants : * l atomisation des tâches : les tâches sont le plus souvent de faible importance et très dispersées, * l occupation des lieux de travail par les ouvriers est mal ressentie par les locataires et peut aboutir à des blocages formels à l égard des travaux. De ce fait, la réflexion sur l organisation par séquence visant à regrouper les tâches non plus en lots traditionnels mais en sous-ensembles cohérents d intervention, constitue une voie d amélioration bien adaptée à la réhabilitation. C est aujourd hui une réalité reconnue par tous les professionnels, maîtres d ouvrage, maîtres d œuvre et entreprises. C est pourquoi ces opérations doivent être organisées suivant cette méthode. Sur l'essentiel des opérations de réhabilitation, une pertinence d organisation se dégage particulièrement autour de 4 pôles de réorganisation qui sont : l enveloppe (étanchéité + désenfumage, isolation, passages traversants, ), les parties communes (entrées, escaliers, dégagements, gaines techniques, caves, portes palières et réseaux structurants), les espaces extérieurs (local ordures + grilles d entrée et quelques révisions et chaussées), et surtout : le logement lui-même : (Travaux intérieurs et quelques aménagements sur les menuiseries extérieures), atelier particulièrement sensible dont l organisation est développée ci-après.

22/36 Chacun de ces ateliers obéit à une logique séquentielle propre : rythme du travail homogène entre les intervenants, même unité de lieu, même unité de temps, et à une organisation de la logistique propre : * installation de chantier, * gestion des commandes et des approvisionnements, * gestion des moyens de levage et de manutention, * gestion des informations, Travailler en réhabilitation sur le double thème séquentiel et logistique, aboutit ainsi à une double efficience : - celle d un découpage séquentiel de travail dont la pertinence permet une clarification de toutes les interfaces et l identification des rythmes propres à chacun des ateliers, - celle d une logistique définie en cohérence avec les objectifs attendus sur chacun des ateliers. Et permet de diminuer la pénibilité des tâches, tant pour les entreprises en charge du chantier, que pour le locataire qui bénéficie d une intervention optimisée qui respecte sa sensibilité (notamment pour l atelier qui le concerne et plus, l atelier logement). Ce mode d organisation est développé dans le guide «Optimiser les opérations de réhabilitation du logement social» édité par la D.H.C. en novembre 1997,. 2. Organisation spécifique de l'atelier logement Communication, logistique et respect des engagements vis à vis des habitants, sont les éléments déterminants pour la réussite des opérations de réhabilitation de logements sociaux en milieu occupé ; la finalité de l action qui doit être menée conjointement par l ingénierie et l entreprise, est la minimisation de la gêne des occupants à travers la mise en œuvre d un planning d intervention fiabilisé, élargi à une gestion fine de la logistique, c est-à-dire : une gestion des flux humains (effectif), des matériels (approvisionnements) et de l information maîtrisée à l échelle de la ½ journée. Sur la réhabilitation des logements occupés, les tâches sont souvent très courtes et comportent un tronc commun, très répétitif qui constitue l'ensemble des actions visant à maintenir aux normes ou en sécurité le bâtiment. La diversité des tâches, multipliée par le nombre de logements, rend acrobatique la gestion de contraintes très différenciées. Pour y parvenir concrètement, l organisation par atelier (qui doit être adaptée à chaque opération), permet de rétablir une lisibilité à travers cette multiplicité de tâches grâce à leur classement approprié dans les ateliers concernés. Sur cette base, l atelier logement devra faire l objet d une approche particulière fondée sur trois actions principales très concrètes :

23/36 * une micro-planification à l intérieur du logement occupé, élargie à la logistique (approvisionnement, colisage, etc...), * un équilibrage des tâches et un lissage des effectifs entre les différents intervenants, qui se traduit par la formation d une équipe pluri-compétente effectuant l ensemble des tâches en continu dans un logement donné, * la réactualisation permanente du planning élargi aux approvisionnements en phase chantier pour assurer une réactivité face aux événements de tous ordres. Ces trois actions nécessiteront de développer un travail d'enquêtes et de repérages manuscrits et graphiques sur des "fiches travaux" logement par logement, puis, de travailler avec les corps d état concernés à l organisation fine du travail au cours de la préparation de chantier. Il convient de prévoir à cet effet : - une préparation de chantier de l'ordre de 3 mois élargie à la gestion des approvisionnements, voire à celle de toute l organisation de la filière logistique concernée par le produit à mettre en œuvre. Son aboutissement est une planification des commandes et des approvisionnements et la définition d une base logistique permettant de disposer des moyens nécessaires sans souci d aléas externes, - une préparation de chantier destinée à redistribuer les tâches intelligemment entre les différents compagnons pour créer une équipe pluri-compétente, capable de réhabiliter un logement dans son ensemble un minimum de temps pour limiter la gêne des locataires. - une préparation de chantier destinée à établir une micro-planification fiable (quitte à la tester sur plusieurs logements témoins), l échelle de temps étant la ½ journée. Cette micro-planification étant fiabilisée par l organisation parallèle d une base logistique (container, aire de déconditionnement et reconditionnement, stockage en pied d immeuble, etc...) permettant de garantir la tenue du planning. La préparation de chantier, qui débute par une enquête diagnostic systématique de tous les logements, est prévue sur une durée de 3 mois et doit être poursuivie pendant le déroulement du chantier par une maîtrise de la circulation de l information à partir de fiches travaux au jour le jour, permettant au pilote coordinateur de la maîtrise d'œuvre, du groupement d entreprises ou de l entreprise générale, de réactualiser en temps continu les interventions en logements habités, ainsi que l information des locataires. L existence d une base logistique, propre à l opération, permettra d éliminer les aléas «externes» au site, pour n avoir à se préoccuper que de ceux qui sont issus des problèmes techniques de dernière heure, du personnel des entreprises, voire des locataires eux-mêmes : ce point est développé ci-après dans ce texte. 3. Liste des tâches par atelier Les listes de tâches concernent les travaux de base et celle des travaux à la carte ou travaux spécifiques propres à un logement particulier. Elles doivent être préalablement établies avant les enquêtes puis adaptées d une part, à la réalité des travaux dans chaque logement (suite à l enquête exhaustive à mener en préparation de chantier) et d autre part, à la capacité des entreprises susceptibles d'effectuer les travaux (selon leurs moyens en hommes et matériels) :

24/36 Il ne s agit au départ que d'un travail préalable destiné à opérer un recensement exhaustif des tâches, à exécuter de manière à préfigurer le classification des tâches à l'intérieur de séquences homogènes appelées "ateliers". Moyennant cette classification, on peut organiser les travaux au sein des ateliers pour monter de manière claire un planning d intervention par logement, par cage, par immeuble ou un planning global sur l'ensemble immobilier. Selon cette approche, on peut être amené à corriger des illogismes liés au contour usuel des métiers ou corps d'état, par exemple la pose de la porte palière doit être rattachée aux parties communes (plutôt qu à l atelier logement) et les menus travaux sur les menuiseries extérieures, rattachés à l atelier logement lorsqu'il n y a pas de logistique extérieure du type échafaudage pour ces tâches. La correction des ces illogismes constituent de facto, une optimisation raisonnable de l'intervention. Elle donne toute sa pertinence à l'organisation par atelier ultérieur. 4 Organisation du planning 4.1 Atelier logement Cet atelier est structuré à partir du tronc commun minimal lui-même organisé habituellement autour : de la réfection salle de bain / cuisine / WC et/ou,de la réfection de l électricité nécessitant une équipe pluridisciplinaire : plomberie / chauffage / VMC électricité revêtement de sol / peinture / faïence menuisier / plâtrier Ces divers éléments devront être pris en compte par le pilote coordinateur de la maîtrise d'œuvre, du groupement d entreprises ou de l entreprise générale, pour définir les effectifs et qualifications des ouvriers composant les équipes «logement» et pour répartir leurs tâches de manière à assurer à chacun le plein emploi (continuité des interventions sans temps mort improductif). 4.2 Atelier parties communes Cet atelier est structuré autour de deux sous-ensembles : les réseaux structurants, la réfection des halls et cages d escaliers, Il doit précéder l atelier logement en mettant à sa disposition les attentes et évacuations fluides. Il doit être exécuté après l atelier logement pour ce qui concerne la réfection des halls et cages d escaliers.

25/36 C est pourquoi il se décompose en deux sous-ensembles ou «sous-ateliers» distincts «à dimensionner» pour effectuer en dix jours ouvrables, chacune des deux interventions pour une montée d escalier donnée. Le premier sous-atelier comportera une équipe pluridisciplinaire : électricien, plombier/chauffagiste, VMC ; le second sous-atelier comportera une équipe pluridisciplinaire : menuisier, peintre et revêtements de sols, voire plâtrier. Le premier sous-atelier devra intervenir ponctuellement en deux jours maximum dans les logements pour les alimentations et les évacuations fluides, pour la pose des portes palières ainsi que pour la création du réseau VMC; le second sous-atelier n interviendra pas dans les logements. Ces divers éléments devront être pris en compte par le pilote coordinateur de la Maîtrise d'œuvre du groupement d entreprises ou de l entreprise générale pour définir les effectifs et qualifications des ouvriers composant les équipes «parties communes» et pour répartir leurs tâches de manière à assurer à chacun le plein emploi (continuité des interventions sans temps mort improductif). 4.3 Atelier enveloppe L atelier enveloppe doit se réaliser en même temps que la première partie de l atelier des parties communes ou le précéder compte tenu de son interactivité sur le poste désenfumage et VMC. Indépendamment de ces aspects, la dominante de cet atelier concerne l étanchéité et le ravalement de façade qui obéissent à la propre logistique. Le pilote coordinateur de la maîtrise d'œuvre du groupement d entreprises ou de l entreprise générale devra gérer cet atelier en relation avec l atelier logement et parties communes, du fait des préparations qu il intègre pour les travaux de ces derniers. 4.4 Atelier espaces extérieurs Cet atelier doit se dérouler en fin de chantier et ne comporte aucune difficulté particulière. 5 Organisation de la logistique associée au planning 5.1 Préambule L organisation logistique d'un chantier de réhabilitation constitue un enjeu majeur pour la réussite de celui-ci et ce, à trois niveaux : * au niveau des installations de chantier, qui permettent de mettre à disposition de tous les corps d état une base logistique composée d'installations fixes ou mobiles de divers services étendus éventuellement, à la manutention et au levage :. voie d accès, plate-forme de stockage,. clôture, bureau de chantier, sanitaires,

. chariot élévateur ou tout autre moyen de levage adapté aux besoins et au site. 26/36 Ce sont des éléments «vitaux», utiles à tous, qu il convient d appréhender avec le plus grand soin en fonction des différentes phases du chantier et en relation étroite avec le maintien de la sécurité des accès en milieu occupé. * au niveau de chacune des entreprises, qui disposent de leurs propres moyens logistiques, pour :. le transport et le colisage,. les moyens de levage et de manutention,. la gestion des commandes et la livraison. etc... Ce sont des éléments qui trouvent le plus souvent, leurs origines en dehors des «palissades» du chantier, au niveau des industriels fournisseurs ou des négociants, mais ces éléments interférent «puissamment» avec la vie du chantier. * au niveau de l ordonnancement du chantier, qui reste théorique s il n intègre pas la dimension logistique commune ou propre à chaque entreprise, tel qu esquissé cidessus. L'organisation logistique de principe doit être étudiée avec un maximum de précisions et de réalisme avant le chantier au cours de la phase étude. Elle débute dès l'élaboration du diagnostic et s'achève sous forme d'un cahier des charges précis figurant les droits et les devoirs de chacun dans le dossier de consultation des entreprises. Il ne s'agit là que d'une première approche d'organisation logistique qui doit être finalisée avec l'entreprise ultérieurement. L organisation finale de la logistique se situe obligatoirement en phase de préparation de chantier, lorsque les entreprises sont connues en interface entre les intentions préfigurées à l'amont de la démarche et les pratiques réalistes des équipes de terrain ; elle vise à maîtriser l ensemble des flux d informations et de matériaux sur un chantier de bâtiment pour optimiser le travail des hommes et fiabiliser l ordonnancement des tâches, ainsi que la qualité. La logistique peut être considérée comme l ensemble des moyens et méthodes qu il convient de mettre en œuvre en amont ou en parallèle aux équipes de production, pour maîtriser la qualité, la rentabilité et les détails dans le cas d une organisation de travail préétablie. Elle permet de définir les besoins communs ou spécifiques à chaque corps d état pour traduire dans les faits, les intentions d organisation d un chantier, souvent limitées à l expression théorique d un planning sans souci du «comment» : la logistique est précisément la réponse à ce «comment» 5.2 Déroulement de la démarche d organisation de la logistique en phase opérationnelle chantier Sur un chantier il convient de développer une démarche exemplaire articulée autour des points suivants : 1. Optimisation de la logistique commune pour chaque atelier du chantier,

27/36 2. Optimisation de la logistique propre à chaque entreprise, à l intérieur de chacun de ces ateliers, 3. Optimisation de l ordonnancement, élargi à la logistique : intégration dans le planning des commandes et livraisons, de manière à traiter la planification des approvisionnements, conjointement avec celle des travaux, Cette triple approche sera menée par le pilote coordinateur du chantier (dont la mission sera élargie à la coordination de la logistique) en relation étroite avec les entreprises dont les forces vives doivent être mobilisées pour mener une démarche consensuelle, utile à tous. Cette démarche consensuelle se déroulera suivant le phasage et les modalités ciaprès, qui devront être très pragmatiques et adaptés au savoir-faire de chacun, pour être facilement appliqués par les hommes de chantier : du conducteur de travaux aux compagnons en passant par les chefs d équipe. C est pourquoi, la démarche générale nécessite dans l intérêt de tous, un véritable travail d adaptation aux réalités de chacun tout en restant volontairement exigeant et ambitieux : Phase 1 *analyse des interventions sur le bâti après la visite exhaustive des logements, * prise de connaissance des caractéristiques logistiques des entreprises susceptibles de réaliser ces interventions, * prise en compte des objectifs généraux de délais et de qualité et la volonté d intervention par équipe pluridisciplinaire dans les logements, Une synthèse entre ces points sera faite par le pilote coordinateur du chantier ; elle sera approfondie, discutée consensuellement pour définir un mode d intervention adapté aux caractéristiques réelles des entreprises choisies pour réaliser les travaux de chaque atelier, tout en respectant les objectifs de la démarche fixée par la maîtrise de l ouvrage et la maîtrise d œuvre. Phase 2 Organisation des moyens communs autour de trois outils structurant la manutention : le levage et le déchargement à niveau, à savoir : * une base logistique fixe comportant les bureaux de chantier et des aires pour containers de stockage : cette base sera obligatoirement située devant le bâtiment B compte tenu de son importance prépondérante en nombre de logements, donc en «flux matière», * des stockages mobiles sous forme de containers disposés en pied de cage d'escalier * des moyens de manutention et levage communs à définir, en fonction des caractéristiques du site et des besoins des entreprises. Phase 3 Organisation de la planification élargie à la gestion de la logistique. Cette phase implique pour chacune des entreprises, de communiquer au pilote coordinateur de chantier, dont la fonction est élargie à la coordination de l organisation logistique, les éléments nécessaires :

28/36 * à la compréhension des besoins de l entreprise, * à l organisation détaillée de tous les flux entrants et sortants, du chantier ; ce qui suppose une connaissance de l origine des produits et des contraintes qui sont liées à cette origine :. des quantités, volumes et poids des différents produits,. des dates au plus tard, de confirmation des commandes. des modalités de livraison, transport, colisage, rythme,. des besoins en stockage intermédiaire ou sur site à pied d œuvre,. des besoins en levage s il n est pas assuré par l entreprise elle-même ou de l information sur le mode de manutention-levage utilisé, si l entreprise le fait elle-même,. des besoins en énergie ou services de tous ordres (eau, bennes, etc...). des modes de récupération des déchets,. etc... Ceci, de manière à organiser les plages d approvisionnement dans le planning général, au mieux des intérêts et de la rentabilité de chacun, en éliminant les phases de co-activité, nuisibles à tous. * à l organisation de l ordonnancement des tâches de production, et pour ce faire, de communiquer :. les modes de réalisation,. les effectifs,. la durée de l intervention. ainsi que toutes les exigences sur les tâches précédentes,... Cela exige en fait, une participation active des conducteurs de travaux de chaque entreprise à la préparation du chantier qui sera donc élargie à l organisation logistique et se déroulera avant le début des travaux. Ce n est qu après avoir effectué le travail de mise au point d un planning élargi à la logistique, que le chantier débutera. Phase 4 Suivi de l organisation logistique pendant le chantier : L outil de planification élargie à la logistique sera obligatoirement informatisé et associé à un système de communication interactif avec les partenaires. De ce fait, il pourra être en permanence réactualisé en fonction des réalités du chantier et des besoins spécifiques de dernière heure. C est le pilote coordinateur de l entreprise générale qui effectuera ce suivi en lien avec les coordinateurs de travaux des différents corps d état.

29/36 ANNEXE 1 INSTRUMENTATION DE LA DEMARCHE DETAIL DES FICHES - Fiche de recensement des travaux - Fiche de renseignements entreprises/fournisseurs - Fiche de planification / commandes / livraisons et colisages

30/36 FICHE TRAVAUX - Fiche travaux de base dans le logement (avec repérage graphique) - Détail des 3 menus - Fiche "choix du menu"

31/36 FICHES DE RENSEIGNEMENTS - IDENTITE - INTERVENTIONS - PLANIFICATION ET APPROVISIONNEMENTS - APPROVISIONNEMENT ET STOCKAGE - RESSOURCES DE CHANTIER

32/36 FICHES DE PLANIFICATION / COMMANDES / LIVRAISONS / COLISAGES - PLANIFICATION TC - PLANIFICATION LOGISTIQUE TYPE - PLANIFICATION HORAIRE ET JOURNALIERE DES LIVRAISONS - TABLEAU RECAPITULATIF DES DATES DE COMMANDES DES CHAUFFES BAINS ET APPAREILS SANITAIRES - LIVRAISONS SEMAINE 17 - FICHE DE COLISAGE D'UN LOGEMENT.

33/36 ANNEXE 2 AUDIT DES ENTREPRISES

34/36 AUDIT DES ENTREPRISES Les entreprises suivantes se sont prêtées aimablement à un audit de la part du suiveur : les ZELLES, M. LEMARQUI CCL (entreprise d'électricité) M. CANDEL et le chef de chantier M. LAHSINE, SBPR (peinture, revêtements de sols / ravalement / faïence), M. SENEGAL et M. RICHARD, CSTI (serrurerie) M. HOUDIN. Ces audits ont eu lieu en présence de M. CARACCIOLO et de M. PARROT de la SICRA AUDIT ENTREPRISE LES ZELLES Monsieur LEMARQUI précise que la méthodologie développée en amont demande beaucoup de préparation pour le conducteur de travaux. Il indique que le remplissage des fiches (305 au total, 1 par logement) est long et fastidieux mais, qu'à l'application sur le terrain, on gagne du temps : "c'est la tranquillité absolue car tout est fait" Les fiches de renseignements habituelles ont été fournies, ainsi qu'une fiche colisage par type de logement. Sur le site, le chef de chantier prépare 3 logements par jour : il conditionne ainsi 3 colis suivant les types de cages considérés. La planification a été faite le 15 octobre 1999. Le chantier est maintenant totalement livré en menuiseries extérieures. Seul un dérapage de 24 heures, liè à un problème de production d'usine, a été observé mais, comme le stock de livraison intégrait 72 heures de fourniture de matériaux à l'avance, cela n'a pas posé de souci particulier sur le chantier. RAPPEL : la base du système est le synoptique de rotation. A partir de ce synoptique de rotation, tout le planning de fabrication des différentes tranches du programme a été bloqué chez LES ZELLES, y compris la livraison. En conclusion, M. LEMARQUI considère que cette méthode a beaucoup d'avantages : le rythme de 3 logements par jour (qui a nécessité 12 poseurs + 3 manœuvres) a généré un effectif stable depuis le mois de décembre (il n'y a pas eu de changement de compagnon). Le seul regret concerne la lourdeur du démarrage et la difficulté à tenir le rythme de la 1 ère semaine. Il aurait fallu, au début du chantier, plus de souplesse pour le rodage des équipes. Le gros avantage "c'est la production qui est très bien planifiée". Il n'y a eu aucune commande réalisée en urgence au niveau de l'usine. Cette méthodologie apparaît comme une bonne organisation relativement au système de production industrielles des ZELLES. ENTREPRISE CCL M. CANDEL précise que son entreprise d'électricité était déjà spécialisée en interventions en logements occupés préalablement à cette opération. La méthodologie qu'il a observée sur le chantier ne fait "qu'écrire ce qu'il fait d'habitude'". Au niveau de la production des fiches d'identité et d'approvisionnement, CCL a fait de gros efforts : Selon les commentaires de M. CARACCIOLO, "pour l'électricien, la gestion des commandes c'est de l'épicerie". Au niveau pratique, les fiches colisage permettent au chef électricien de préparer ses kits tous les jours.

35/36 C'est le chef de chantier, M. LAHSINE, qui prépare soit le soir pour le lendemain, soit le matin tôt, ½ heure, le matériel nécessaire pour les 3 logements à réaliser le jour. L'entreprise passe chez le locataire la veille au soir pour l'avertir de l'intervention du lendemain (l'entreprise a l'habitude de procéder ainsi). Un débat s'engage pour constater que le locataire n'est pas conscient à CHELLES de l'importance organisation logistique qui permet le bon déroulement du chantier. Il ne se rend pas compte du travail déployé pour parvenir à une telle maîtrise du planning. La position du maître d'ouvrage est la même. Il n'a pas conscience du travail déployé. Il constate que le résultat est bon et "qu'à partir de là, tout va bien". A ce jour, les réceptions suivent le rythme de 3 logements par jour sans réserve (ou avec très peu de réserves). L'effectif de l'entreprise CCL est de 9 personnes : 3 personnes par logement plus le chef de chantier. Il y a 7 personnes en plus dans les parties communes. Il n'y a pas eu de changement dans les effectifs, pas de problème notable de livraison, le seul problème vient de la difficulté qu'ont les locataires pour accepter de déplacer leurs meubles. En conclusion, pour l'entreprise CCL, cette méthodologie, proche de celle développée habituellement, s'avère bonne : l'écrire et la respecter n'a pas posé de problème particulier. ENTREPRISE SBPR Cette entreprise, ayant déjà travaillé sur BLANC MESNIL, se retrouve à CHELLES dans des conditions différentes : il y a beaucoup plus de travaux intérieurs. En effet, l'entreprise SBPR, qui avait été retenue initialement pour le ravalement des façades, s'est vue confier un marché foncièrement différent (augmenté de 50 %) pour réaliser les travaux intérieurs. L'entreprise dispose de 25 personnes sur le chantier. La question des fiches d'approvisionnement est différente pour cette entreprise car elle procède sur le plan logistique de manière originale : les commandes sont générées à grande échelle et acheminées au dépôt de l'entreprise à BOURGES. L'approvisionnement sur chantier se fait par camionnette une fois par semaine. Suit, après le colisage par logement qui se déroule pour cette entreprise comme pour les autres. Les équipes logements sont constituées en fonction des menus de travaux avec des peintres et des carreleurs. Il y a deux poseurs de revêtements de sol dont un peut aider le carreleur. La régulation de la composition de l'équipe se fait grâce aux effectifs des parties communes et du ravalement de façades. La charge de travail est gérée semaine par semaine. Le noyau de personnel est fixe sur le site. Pour les équipes logements, il est complété selon le besoin en fonction de la charge prévisionnelle issue des menus de travaux par logement. Cette solution, très pragmatique, permet d'avoir une occupation du personnel à 100 % malgré la difficulté de cette entreprise à gérer sur ce chantier un grand nombre de menus à la carte. En effet, ces menus génèrent des quantités de travaux variables par logement. En plus de cela, il y a 6 choix de peinture et 6 choix de peinture et 6 choix de couleur de faïence. Heureusement, ces choix ont été recensés avant le démarrage du chantier et les fiches travaux et colisage ont permis de faire face à cette complexité. Le fait d'avoir géré les commandes à l'avance a permis d'éviter les problèmes liés à des ruptures de fabrication de revêtements de sols. Si le système de commande habituel avait été utilisé, on aurait eu des arrêts de chantier. Il y a un petit stock tampon pour tenir compte des changements d'avis de dernière heure des locataires. Il est noté que l'ensemble du travail amont a été fait par la SICRA et fourni à l'entreprise SBPR.

36/36 A la différence de BLANC MESNIL, il y a eu une automatisation de l'édition du colisage sous forme informatique en fonction des menus. Seules les variantes ou modifications par rapport à la règle de base des menus étaient enregistrées : cela a permis un très grand gain de temps en saisie et une élimination des erreurs sur les fiches travaux et les fiches colisage. La fiche travaux contient tous les renseignements nécessaires sur les sols, les peintures, les menuiseries intérieures; la plomberie, l'électricité et la faïence. En conclusion, l'entreprise précise qu'il est très important de ne pas avoir que des logements à faire, dans un cas comme celui de CHELLES, de manière à disposer des souplesses requises pour stabiliser l'effectif en effectuant d'autres travaux sur les parties communes et les ravalements. Elle constate, a posteriori, qu'il était utile de préparer avec beaucoup de soin les interventions dans les logements. Aujourd'Hui, le planning est tenu à une journée près par rapport à toutes les dates prévisionnelles sur l'ensemble des logements. En général, la ½ journée en question est utilisée pour intervenir la veille du jour prévu pour commencer les préparations dans les logements. L'entreprise est globalement satisfaite. Le colisage se fait le soir pour le lendemain. Il nécessite une durée d'une heure environ. L'entreprise constate qu'elle ne trouve nul par ailleurs une telle organisation de chantier en province. ENTREPRISE CSTI (serrurerie) Cette entreprise est peu concernée par l'organisation de chantier. De plus, elle a subi des aléas majeurs. Sa masse de travaux a beaucoup chutée du fait que les garde-corps n'ont pas été changés et que les auvents ont été supprimés. Il ne reste à cette entreprise, essentiellement, que la porte d'entrée à poser. Ce lot a subi une grande désorganisation du fait de la modification de commande en cours de route, et, à part les fiches concernant les entrées des halls, elle a peu de lien avec la méthode. Elle vient ponctuellement sur le chantier pour poser simultanément deux ensembles de halls d'entrée par jour pour rentabiliser son intervention. ENTREPRISE MERCIER L'entreprise MERCIER, présente au début des audits, a dû s'absenter. Cette entreprise est en redressement judiciaire, ce qui complique beaucoup la gestion des approvisionnements. L'entreprise MERCIER s'est toutefois appliquée à respecter la méthode dans la droit ligne de BLANC MESNIL. Toute la procédure est bien respectée mais l'efficacité et l'enclenchement des commandes dépendent de l'administrateur judiciaire qui est le seul à pouvoir signer les chèques. A ce jour, l'ensemble des livraisons est terminé et le personnel continue de travailler. M. CARACCIOLO précise que ces dispositions doivent tenir jusqu'à l'achèvement des logements le 26 mai 2000. On peut penser que, sans cette approche logistique, le chantier n'aurait jamais pu être terminé par l'entreprise MERCIER dans des conditions correctes. En conclusion des audits, il apparaît que les outils sont bien utilisés. Il n'y a qu'un essoufflement visible sur les fiches de confirmation de livraison. Le reste des fiches est parfaitement bien utilisé. Pour ce qui concerne l'essoufflement des confirmations de livraison, on peut l'expliquer pour l'entreprise SBPR sui, acheminant elle-même une fois par semaine les produits et matériaux nécessaires à l'aide de son estafette, ne ressent pas le besoin de confirmer ce type d'intervention. Par ailleurs, LES ZELLES a une logistique industrielle bien rodée qui permet de se passer de ce genre de confirmation. Cela signifie éventuellement que cette fiche pourrait être allégée dans la suite de la démarche.