Leçon 3 - Les transformations de l industrie bancaire française Sommaire I - La mutation permanente du secteur bancaire français 1.1 - Le poids économique du secteur bancaire et financier 1.2 - L indispensable rentabilité 1.3 - Des métiers bancaires de plus en plus différenciés II - L évolution du rôle économique des banques françaises 2.1 - Les banques et le financement de l économie 2.2 - Les services rendus aux particuliers 2.3 - Supervision bancaire et protection de la clientèle II - La nouvelle organisation industrielle du secteur bancaire français 3.1 - Les éléments moteurs de la restructuration depuis 20 ans 3.2 - Les restructurations bancaires 3.3 - L internationalisation du système bancaire français 3.4 - Force et faiblesses des banques françaises au sein du secteur bancaire européen
I - La mutation permanente du secteur bancaire français 1.1 - Le poids économique du secteur bancaire et financier L activité des banques représentait 2,4 % du PIB français en 2008 contre 2,5 % en 2006 et 2007. Le poids du secteur financier (banques, assurance et autres sociétés financières) dans l indice SBF 250 (représentatif de 65% des capitalisations d Euronext cotées à Paris) était de 16,5% en 2008 et celui du sous-secteur des banques était de 8,6%. 6 groupes bancaires se partagent les ¾ des activités : Crédit Agricole-LCL, BNP- Paribas, Société Générale, BPCE (Banques Populaires et Caisses d Epargne), Crédit Mutuel, Banque Postale Ces 6 groupes gèrent 80 % des 72 millions de comptes courants et des 149 millions de comptes à terme ou sur livret Sur la base des fonds propres, on trouvait six groupes bancaires français parmi les cinquante premiers groupes mondiaux en 2007: le Crédit Agricole (7 ème ), BNP Paribas (11 ème), le Crédit Mutuel (24 ème), de dollars de fonds propres), Caisses d Epargne (26 ème), la Société Générale (27 ème), Banques Populaires (37 ème) les quatre premières valeurs françaises représentaient 6,7 % de la capitalisation du marché en 2008, dont 2,6 % pour BNP Paribas, 2 % pour la Société générale, 1,7 % pour Crédit agricole, 0,3 % pour le Crédit industriel et commercial et 0,3 % pour Natixis, cinquième capitalisation boursière bancaire française. Rôle important en matière d épargne et de financement de l économie (taux d intermédiation au sens étroit de 42,8 % en 2008 contre 55 % en 1990)
I - La mutation permanente du secteur bancaire
I - La mutation permanente du secteur bancaire Capitalisation boursière au 13 février 2009 (en milliards de $) 200 186,8 200 180 160 180 160 140 120 100 122,1 111,2 92,6 92,1 140 120 100 80 66,6 60,1 59,8 80 60 40 20 0 ICBC China Const Bank Bank of China HSBC JP Morgan Chase 39,1 Wells Fargo Banco Santander Mitsubishi UFJ Bank of Communications Intesa Sanpaolo Bank of America Royal Bank of Canada Crédit Suisse 37,8 35,4 33,7 33,5 33,3 33,3 32,4 UBS BBVA Westpac Banking China Merchants Bank BNP Paribas Banco Itau 31,7 31,1 30,4 30,4 29,1 27,9 25,3 24,4 23,7 Commonw Bk Australia Sumitomo Mitsui Bradesco SA Mizuho Financial Unicredi Bank of Nova Scotia Crédit Agricole 23,5 60 40 20 Source: A. Minda à partir de Bloomberg 0
I - La mutation permanente du secteur bancaire français 1.2 - L indispensable rentabilité Nécessité de dégager une rentabilité élevée et stable Bénéfices élevés permettent une meilleure couverture des risques (réserves, provisions) et une augmentation des fonds propres Les efforts de rentabilité des banques françaises (avant la crise des subprimes) ROE d environ 13 % en 2004 Royaume-Uni :16 %; Pays-Bas: 16 % Coefficient d exploitation de 65 % Espagne : 53 % ; Royaume-Uni : 57 % Les facteurs de l amélioration de la rentabilité Faiblesse des taux d intérêt, diminution du coût du risque, augmentation de l offre de crédit, augmentation des commissions (40 % des PNB sauf pour les CEP) Les tensions structurelles Concurrence sur les prêts immobiliers compriment les marges d intérêt Faible valorisation boursière de certains établissements
I - La mutation permanente du secteur bancaire français PNB par métier des trois premières banques françaises (Crédit Agricole + BNP Paribas + Société Générale) 2006 2007 2008 Banque de détail 59 % 64 % 70 % Banque de financement et d investissement 25 % 19 % 15 % Gestion d actifs 16 % 17 % 15 % Source: A. Minda à partir rapports annuels
I - La mutation permanente du secteur bancaire français L impact de la crise sur la rentabilité Coefficient d exploitation : rapport des charges d'exploitation (frais de personnel, dotation aux amortissements et aux provisions sur les immobilisations corporelles et incorporelles, autres services externes) divisé par le produit net bancaire. Il mesure l'efficacité de l'exploitation d'une banque.
I - La mutation permanente du secteur bancaire 1.3 - Des métiers bancaires de plus en plus différenciés On peut schématiquement distinguer : Les activités de banque de détail (particuliers, professionnels, petites entreprises); les services financiers spécialisés (crédit à la consommation, affacturage, bancassurance) et les services non financiers (immobilier, location de véhicules, de matériel informatique Les activités de banque d entreprise (Banque de Finance et d Investissement) La «banque privée» dédiée à la gestion de fortune Les activités sur les marchés financiers Les activités de banque d affaires (fusions-acquisitions, introductions en Bourse et marché primaire d actions) Les activités de capital-risque, capital-développement, LBO* («private equity») Les activités de gestion d actifs (gestion d OPCVM, mandats de gestion, conservation des titres) * Un LBO ou Leveraged Buy Out est le rachat des actions d'une entreprise financé par une très large part d'endettement. Concrètement, un holding est constitué, qui s'endette pour racheter la cible. Le holding paiera les intérêts de sa dette et remboursera celle-ci grâce aux dividendes réguliers ou exceptionnels provenant de la société rachetée.