Etude de cas : Madagascar



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Transcription:

Etude de cas : Madagascar Enquête menée e au sein du service d oncologie d de l hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) Juin-Juillet Juillet 2007 Laurine LAVERGNE Atelier ReMeD : Le cancer en Afrique (13 nov 2007) 1

Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona Unique centre de prise en charge globale du cancer Situation privilégi giée Panel de soins de qualité : les diagnostics, les soins thérapeutiques et adjuvants, le suivi de l él évolution du cancer Cependant, en termes d accessibilitd accessibilité géographique, d installations et de ressources humaines, Madagascar n échappe pas aux pénuriesp 2

Epidémiologie du cancer à Madagascar Adultes : cancer du col de l utl utérus, cancer du sein, cancer de l œl œsophage, cancer colorectal Enfants et jeunes adultes de moins de 20 ans : ostéosarcomes, osarcomes, lymphomes non hodgkiniens, lymphomes hodgkiniens 3

Place du cancer à Madagascar Année 2005 2006 2007 Nouveaux patients 1256 1500 680 (1er semestre) Hospitalisations 1130 1521 618 (1er semestre) Nombre de patients sous chimiothérapie : 1131 chimiothérapies prépar parées pour le 2ème 2 trimestre 2007 (soit en moyenne 13 chimio/jour) Malgré ces chiffres, les pathologies cancéreuses : ne font pas partie des priorités s politiques de santé malgaches, sont rarement intégr grés s dans les programmes d actions d de la Direction des Maladies Non Transmissibles (DMNT) 4

Place du cancer à Madagascar Ministère de la santé : Actions ponctuelles Pas d engagements d sur le long terme Responsables politiques malgaches conscients du poids des pathologies cancéreuses : morbidité mortalité croissance économique ( ( productivité des patients) Parmi patients adultes actifs interrogés s : 69,6% : en arrêt travail complet 30,4% : en arrêt travail partiel 46,2% : pas de compensations financières 5

Accessibilité géographique Centralisation = frein à la prise en charge des patients venant des villes de provinces et des zones rurales Provenance des patients interrogés s : Tana et environs Tamatave Antsirabe Tuléar Diégo 68,7% 9,8% 5,9% 3,92% 3,9% NB : 80% des malgaches vivent dans les campagnes Distance domicile-hjra : méd. m 10 km, moy.. 86 km, max. 660 km Patients venant des villes de provinces obligés s de «louer» des chambres à l hôpital ou de vivre chez un membre de la famille logeant à Antananarivo. 6

Plateaux techniques et ressources humaines 1 laboratoire public d anatomopathologie d (HJRA): 2 anatomopathologistes diplômés, 5 techniciens formés s sur «le tas», équipement simple mais correct Services d imageries d simples et d endoscopiesd (Tana et CHR) : difficile accessibilité géographique et économique Services de chirurgie (Tana et CHR) : compétents mais difficile accessibilité géographique et économique 1 appareil de radiothérapie rapie (Tana): vétuste, défaillant, d insuffisant (jusqu à 60 radiothérapies rapies par jour), pas de personnel qualifié pour l entretienl Pas de centres de soins palliatifs 7

Plateaux techniques et ressources humaines Equipe médicale m du service d oncologie d de l HJRA l : 9 médecins m (2 spécialistes) 1 interne qualifié 2 surveillantes 6 infirmiers (pour 60 lits) sans formation spécialis cialisée Rq: : préparation paration des chimiothérapies au lit du malade, sans champs stériles, sans protection spéciale de l infirmier l et dans des conditions relatives d asepsied 8

Liste des médicaments m anticancéreux DNPL, commission ad hoc essentiels de Madagascar 23 spécialit cialités - 14 disponibles à l HJRA (34 spécialit cialités s dans la dernière re liste de l OMS, l 2007) Critères res de sélection s des médicaments m anticancéreux : mécanismes et sites d action, d indications thérapeutiques et protocoles de chimiothérapie dans lesquels ils sont inclus données épidémiologiques (registres nationaux, 2005), progrès s thérapeutiques, capacités à payer des patients cancéreux malgaches, dotation de l Etat. l Pas de concertation avec médecins m du service d oncologie d HJRA (Inadéquation médicaments m anticancéreux disponibles / besoins) 9

Acquisition des médicaments m anticancéreux Acheteurs: Centrale d achat d des médicaments m essentiels = Salama Grossistes malgaches Fournisseurs: Cipla, Serum Institut of India ou Tabur Quantification: consommations passées, données épidémiologiques, protocoles retenus 10

Acquisition des médicaments m anticancéreux Contrôle qualité : a priori (BPF, fiches techniques des fournisseurs, échantillon) et à posteriori CHMP (Centrale Humanitaire Médico-Pharmaceutique, France) SGS (Société Générale de Surveillance, Belgique) Difficile de trouver des fournisseurs de médicaments m anticancéreux de qualité à bons prix : => La pré-qualification groupée e des fournisseurs et la création d un groupement d achats d des médicaments m anticancéreux, commun à l ensemble des PED d Afrique d subsaharienne, sont de véritables opportunités 11

Centres de distribution des médicaments anticancéreux Pharmacie de l HJRA l : 97,6% des patients interrogés quasi-monopole pharmaceutique médicaments anticancéreux de qualité,, efficients et à des prix relativement abordables, problème des ruptures de stocks (amputations de protocoles, retards, voire d interruptions d de certaines cures de chimiothérapie) => importations (médecins, relations familiales ou amicales, etc.) Quelques officines de la capitale sur commandes à des prix peu compétitifs Pharmacies de certains hôpitaux et cliniques privés 12

Protocoles de chimiothérapies Protocoles de base Exemples : Cancer du sein (métastas tastasé ou non) => protocole FAC Protocoles FEC ou vinorelbine-5 5 FU (cancer du sein métastasm tastasé) => patients aisés Cancer du col de l utl utérus => protocole FAP Rq : protocole souvent amputé de la doxorubicine (manque d argent) Cancer colorectal => protocole LV-5FU Rq: : 5 FU souvent administré seul (manque d argent) d Protocole FOLFOX => patients aisés 13

Coûts des chimiothérapies (2400 Ar = 1 ) Coûts imputables médicaments, adjuvants, consommables hospitalisation transport perte revenu total Coût t moyen/cure 252 800 Ar (105 ) 7 098 Ar (3 ) 44 175 Ar (18 ) 276 800 Ar (113 ) Coût t médian/curem 200 000 Ar (83 ) 10 000 Ar (4 ) =>198% du revenu mensuel moyen des patients et 86% du revenu mensuel moyen des ménagesm 14

Sources de financement Qui Quoi Bénéficiaires Combien Ménages Tout 86% Dotation Etat Médicaments anticancéreux essentiels Patients 250 m d Ar d pour 2007 Subvention Etat Traitements patients sans prise en charge et fonctionnaires 50% Traitements indigents 90% ANYMA analyses, contrôles, adjuvants, consommables enfant 100% (dès 2 ème cure) traitements Patients Avance GFAOP médicaments anticancéreux enfants 100% 15

Conclusion Programme national de lutte contre le cancer Rationnel et efficace : définition et organisation de réseaux r de laboratoires et d hôpitaux ayant des équipements et du personnel de santé de qualité et en quantité suffisante, promotion et développement d des campagnes d information, d de prévention et de dépistage d avec le soutien réel r des acteurs étatiques et internationaux 16

Conclusion implication des professionnels de santé,, du secteur éducatif et des médias m dans : campagnes d information d et de sensibilisation aux pathologies cancéreuses, campagnes de lutte contre le tabac, campagnes de vaccinations (VHB), campagnes prévention des MST (HPV), les campagnes de dépistage d précoce amélioration de l accessibilitl accessibilité aux médicaments m anticancéreux pour les populations (disponibilité,, qualité,, efficacité et prix) 17

OMS: Conclusion 1/3 des cas de cancer évité avec des modes de vie plus sains et mesures de santé publiques adéquates =>Campagne d informations, d de prévention et de dépistage 1/3 guéri par traitements modernes accessibles à tous =>Lutte pour l aml amélioration de l accl accès s aux médicaments anticancéreux =>Sélection et usage rationnel des médicaments m anticancéreux, instauration de prix abordables, financement durable et renforcement des systèmes de santé 18

Conclusion Grands axes stratégie : prévention primaire, dépistage et le diagnostic précoces, traitements et les soins palliatifs La lutte contre le cancer ne peut être efficace et effective sans s le soutien des autorités s politiques et de la population malgache Aucune priorité n est accordée e aux pathologies cancéreuses au sein des politiques de santé malgaches qui s investissent s davantage dans les maladies infectieuses 19

Merci pour votre attention 20