Au-delà de la conformité L excellence des données sur les risques comme moyen de se démarquer
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Les nouvelles règles sur l agrégation des données sur les risques et la notification des risques ont une incidence sur les activités et les systèmes informatiques des banques Si les données font l objet d une plus grande attention dans les secteurs de la cybersécurité et de la notification des risques, elles sont rarement considérées comme un enjeu critique et stratégique par les équipes de la haute direction. Étant donné l urgence de demandes concurrentes en matière économique et réglementaire, les politiques et les pratiques de gestion des données font souvent l objet d une faible priorité. Toutefois, cette négligence recèle un danger. En d autres termes, une équipe de direction qui se fie à des données incomplètes, inexactes ou périmées peut compromettre la prise de décisions commerciales. Le problème s intensifie par le fait qu à partir de la saisie jusqu au processus d agrégation, les données ne sont pas utilisés à des fins utiles. Plusieurs institutions financières doivent effectuer un nettoyage intensif des données et faire un rapprochement manuel avant de pouvoir produire des rapports de gestion raisonnablement agrégés qui ne sont souvent que des rapports de base. Pour compliquer les faits, le travail requis pour nettoyer, manipuler et rapprocher les données empêche souvent les analystes de bien comprendre les mesures clés et leurs répercussions sur les activités commerciales. Cette situation est nuisible pour les affaires et pour la transparence des marchés financiers. Afin de redresser cette situation, le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (le «Comité de Bâle») a publié 14 principes destinés à renforcer l agrégation des données sur les risques et la notification des risques. 1 Si les principes se concentrent manifestement sur les données sur les risques, ils visent à toutes fins utiles à aider les banques à prendre des décisions éclairées, uniformes et en temps opportun. Considérant l état actuel des affaires pour la majorité des banques, ces principes auront de fortes et profondes répercussions sur les activités bancaires. Les établissements bancaires d importance systémique à l échelle mondiale (EBISm) devront se conformer à ces principes d ici janvier 2016, entreprendre des auto-évaluations annuelles et produire des plans de mesures correctives et de mise en œuvre pour combler les lacunes. Au Canada, le BSIF s attend que les établissements bancaires d importance systémique à l échelle nationale (EBISn) se conforment d ici décembre 2016. Le Comité de Bâle et le BSIF s attendent à ce que toute nouvelle banque désignée à titre d EBISm ou d EBISn se conforme dans les trois années qui suivent sa désignation. Au fil du temps, ces principes seront déployés et représenteront les normes minimales en matière de qualité des données et de gouvernance qui s appliqueront à toutes les institutions bancaires et sociétés d assurances réglementées. 1 Comité de Bâle sur le contrôle bancaire «Principes aux fins de l agrégation des données sur les risques et de la notification des risques» (BCBS 239) Au-delà de la conformité 1
Au cœur des principes du Comité de Bâle Selon les Principes aux fins de l agrégation des données sur les risques et de la notification des risques, du Comité de Bâle, les 14 principes visent quatre thèmes clés : Thèmes clés Principes du Comité de Bâle Gouvernance et infrastructure 1. Gouvernance 2. Architecture de données et infrastructure informatique Capacités d agrégation des données sur les risques 3. Exactitude et intégrité 4. Exhaustivité 5. Actualité 6. Adaptabilité Pratiques de notification des risques 7. Exactitude 8. Représentativité 9. Clarté et utilité 10. Fréquence 11. Distribution Attentes de surveillance 12. Supervision 13. Actions correctives et mesures de supervision 14. Coopération entre autorités d origine/d accueil Les principes aux fins de l agrégation des données sur les risques et de la notification des risques du Comité de Bâle (les «principes RDAR») établissent des attentes sans précédent que chaque banque interprétera à sa façon. Par exemple, si les banques sont supposées posséder des capacités d agrégation des données sur les risques communes dans l ensemble de leurs systèmes, il n y a pas une mesure particulière requise pour exprimer différentes formes de risques. De même, des caractéristiques comme l exhaustivité, l actualité, l adaptabilité et l exactitude peuvent avoir plusieurs significations lorsqu elles s appliquent à différents risques. La granularité des données et des rapports sur le crédit, le marché et les risques opérationnels varie elle aussi. En fait, ce besoin pour différents niveaux de détails peut amener les banques à prendre en considération leur infrastructure de modélisation des risques lorsqu elles conçoivent leur processus de notification des risques. À moins que les banques n améliorent leur infrastructure d agrégation des données sur les risques, elles ne seront pas en mesure de documenter et de valider pleinement leurs capacités d agrégation des données sur les risques et de notification des risques pour répondre aux exigences. 2 Au-delà de la conformité
Des défis semblables se présentent en ce qui concerne l obligation pour les banques de déployer des systèmes pouvant produire des données sur les risques agrégées dans des périodes de tension ou de crise. Une agrégation efficace des données sur les risques en période de tension ou de crise pourrait sous-entendre un besoin de bâtir une «surcapacité» relativement à des besoins normaux. En même temps, les capacités d agrégation devront demeurer souples pour répondre aux demandes ponctuelles. Par conséquent, les banques doivent trouver un équilibre entre l utilisation de capacités automatisées, essentielles à l actualité et à l exactitude, et le recours à des processus manuels ponctuels. Les auto-évaluations initiales complétées par les EBISm font état de la dépendance par rapport aux processus manuels et des imperfections importantes de l infrastructure informatique. La conformité au principe de l architecture de données et de l infrastructure informatique a obtenu le plus faible résultat, tandis que celui de la distribution de rapports a été le plus élevé 2. Le fait que les principes de gouvernance et d infrastructure informatiques constituent des «conditions préalables pour assurer la conformité aux autres principes», soulève des questions quant à la valeur et à la fiabilité des rapports de risques si les systèmes qui les produisent ont des limites. Il ne suffit pas de cocher des cases Étant donné la nature ambiguë des principes du Comité de Bâle, les banques pourraient être tentées d adopter uniquement les normes minimales de conformité dans la conception de leurs principes aux fins de l agrégation des données sur les risques et de la notification des risques. Toutefois, cette approche minimaliste pourrait s avérer inappropriée. Lorsque nous examinons la question du point de vue d une entreprise, les initiatives prescrites par les principes RDAR créent une occasion de libérer le pouvoir stratégique des données d une banque. En améliorant vos politiques de données sur les risques, en normalisant vos processus et en adoptant l automatisation, vous pouvez : libérer vos gestionnaires des tâches de traitement et de consolidation de données pour les amener plutôt à faire de l analyse; améliorer la prise de décision en rehaussant l intégrité des données; créer de nouvelles perspectives pour la prise de décision à l échelle de l entreprise plutôt que d adopter une approche cloisonnée; mettre à jour avec une facilité relative les données de l entreprise (données financières et de trésorerie). Les banques doivent analyser avec soin toutes ces implications et conditions préalables afin de les intégrer dans leurs plans de mise en œuvre. 2 Comité de Bâle sur le contrôle bancaire «Principes aux fins de l agrégation des données sur les risques et de la notification des risques» (BCBS 239) Au-delà de la conformité 3
Sans cette perspective stratégique, les modifications requises aux termes des principes RDAR seront perçues comme des coûts réglementaires et ne seront vraisemblablement pas adoptées en pratique. Ce concept a été relevé par le Comité de Bâle qui, dans son rapport d étape, a suggéré que les autorités de contrôle «songent à rehausser leurs efforts pour intégrer entièrement les principes dans leurs programmes de contrôle» 3. Grâce à la perspective stratégique, les modifications peuvent aider à répondre aux besoins de conformité réglementaire et à transformer les données en actif stratégique. L enjeu est d obtenir l appui de la haute direction, de concevoir un plan qui aborde la conformité du point de vue de l entreprise et de bâtir une base de travail solide pour la transformation des données de l entreprise. Examinons maintenant chacun de ces éléments. 1 2 3 Amener la haute direction à reconnaître les données comme un actif stratégique Puisque différents secteurs de la banque, outre le service de gestion des risques, fournissent et transforment les données sur les risques, ces dernières deviennent particulièrement complexes à gérer. Voilà pourquoi il est essentiel que la direction à l échelle de l entreprise adhère au concept avant que les banques puissent apporter les modifications requises pour se conformer aux principes RDAR. À mesure que les décisions et les modifications relatives à un programme RDAR atteignent les premières lignes, les gestionnaires des équipes commerciales et technologiques doivent défendre la véritable valeur des données sur les risques. En adhérant rapidement à cette pratique, les banques seront en meilleure position pour concevoir des plans de mise en œuvre des principes RDAR qui sont efficaces et réalisables, non seulement au sein du service de la gestion des risques, mais aussi dans l ensemble de l organisation. Adopter une perspective d entreprise en planifiant en fonction d une valeur stratégique plutôt qu en fonction d un degré minimum de conformité La conception d un plan de mise en œuvre et de conformité aux principes est une initiative d envergure. Pour libérer entièrement la valeur stratégique de vos données, il est bien avisé de lancer d abord un plan pour les données sur les risques et de l appliquer par la suite à tous les autres types de données. Trop souvent, les grandes institutions bancaires entreprennent des initiatives d importance cloisonnées sans porter attention à leurs répercussions potentielles dans les autres secteurs de l organisation. Cela se traduit souvent par une duplication injustifiée de temps et d argent. Pour éviter cette situation, les banques doivent adopter une approche stratégique à la mise en œuvre en donnant une définition suffisamment élargie aux principes RDAR pour les appliquer à toutes les formes de données, pas seulement aux données sur les risques. En adoptant une perspective d entreprise, vous pouvez dépasser la seule question de conformité et libérer la pleine valeur de vos données à l échelle de l organisation. Établir une base qui résout les données sur les risques une fois pour toutes et s applique à toute l entreprise Cette solution requiert également d adopter des outils et des accélérateurs à l échelle de l entreprise. De cette façon, la base du programme s applique autant aux données sur les risques qu aux données financières ou aux données sur les clients. Essentiellement, les données sur les risques peuvent être perçues comme le programme pilote d une initiative plus vaste et plus utile pour optimiser les données à l échelle de la banque. Dans la mesure du possible, il faut rechercher des occasions de tirer profit des outils et des pratiques en cours, particulièrement lorsque l adhésion des utilisateurs est acquise et que des leçons fondamentales sont apprises. 4 Au-delà de la conformité 3 Comité de Bâle sur le contrôle bancaire «Progress in adopting the principles for effective risk data aggregation and risk reporting» (BCBS 268)
Ajouter de la valeur à l entreprise la suite d importantes analyses, le Comité de Bâle a À constaté que les activités actuelles d agrégation des données sur les risques et de notification des risques dans plusieurs institutions financières sont extrêmement variées et offrent d innombrables possibilités de dévaluer, de corrompre, de perdre ou d acheminer incorrectement les données, ce qui nuit à la prise de décisions d affaires de qualité en temps opportun. Heureusement, les principes RDAR du Comité de Bâle fournissent aux banques un cadre qui peut être utilisé pour résoudre ce problème à la source. Toutefois, pour le faire efficacement, les banques doivent comprendre la futilité de mettre en œuvre les nouveaux principes RDAR d une façon décentralisée; cette approche à ce titre ne parvient pas à procurer le contexte nécessaire pour traduire les principes en activités commerciales et de gestion des risques. Par contre, une approche centralisée offre des avantages de constance et de contrôle, tout en réduisant le fardeau relatif aux données pour ceux que les génèrent ou les utilisent dans le cours de leurs fonctions. En adoptant ce type d approche centralisée, il faut un engagement en matière de leadership et d investissement. Les quatre étapes ci-dessous peuvent aider à simplifier la mise en œuvre : Commencer par déterminer les exigences de l organisation en matière de renseignements et à définir son appétit pour le risque, les mesures clés et les rapports requis (ou désirés) par le conseil d administration et la haute direction; Traduire ces définitions pour répondre aux besoins opérationnels et de notification des fonctions de risques et des unités d exploitation, par exemple, pour la tolérance aux risques, les limites de crédit et de négociation; Convertir ces besoins en étapes de mise en œuvre dans un cadre de gestion des données; Résoudre les lacunes décelées en matière de gestion des données et utilisant une combinaison de modifications aux processus d affaires et à la technologie. Ceci pourrait nécessiter des modifications à l architecture des données sur les risques. Peu importe votre approche à la mise en œuvre, il est essentiel de ne pas percevoir cette tâche comme étant uniquement un exercice de conformité réglementaire. Les principes RDAR, lorsqu ils seront intégrés à toute l organisation, devraient permettre d atteindre une capacité supérieure en matière de données qui génèrent des avantages qui vont bien au-delà de la notification des risques. D une façon idéale, le résultat obtenu est une source de données unique bien gérée, centralisée et fiable, qui permet des rapprochements avec le grand livre général et qui ajoute de la valeur à l entreprise. D un point de vue commercial, les banques peuvent réduire ou éliminer la redondance des activités en silos, réaliser des économies et tirer profit d une plateforme souple et évolutive, et rehausser grandement la gouvernance et la gestion des risques. Au-delà de la conformité 5
Prochaines étapes Pour plus de renseignements sur les principes RDAR du Comité de Bâle et sur les avantages d une mise en œuvre à l échelle de l entreprise, veuillez communiquer avec : Azer Hann Associé Leader de la gestion du capital et des risques 416-601-5777 ahann@deloitte.ca Gord Kilarski Directeur de service Leader de l analytique des risques 416-601-5677 gkilarski@deloitte.ca www.deloitte.ca Deloitte, l un des cabinets de services professionnels les plus importants au Canada, offre des services dans les domaines de la certification, de la fiscalité, de la consultation et des conseils financiers. Deloitte S.E.N.C.R.L./s.r.l., société à responsabilité limitée constituée en vertu des lois de l Ontario, est le cabinet membre canadien de Deloitte Touche Tohmatsu Limited. Deloitte désigne une ou plusieurs entités parmi Deloitte Touche Tohmatsu Limited, société fermée à responsabilité limitée par garanties du Royaume-Uni, ainsi que son réseau de cabinets membres dont chacun constitue une entité juridique distincte et indépendante. Pour obtenir une description détaillée de la structure juridique de Deloitte Touche Tohmatsu Limited et de ses sociétés membres, voir www.deloitte.com/ca/apropos. Deloitte S.E.N.C.R.L./s.r.l. et ses sociétés affiliées.14-0036t