TITRE DE L EXPÉRIENCE Septembre 2003-mai 2004 Approche orientante pour élèves en difficulté d adaptation et d apprentissage ÉCOLE SECONDAIRE SIAA Polyvalente de Disraëli (822040) à Disraëli 474 élèves École à très forte majorité francophone. Offre le secondaire 1 à 5 général (58,6 % au général, 41,4 % en concentration sportive ou sport-étude). (Se servir des données de la fiche-école pour décrire les caractéristiques de l école) PERSONNE-RESSOURCE : CAROL ST-LAURENT, enseignant responsable du programme de mentorat (personne-relais entre le milieu scolaire et l Université de Sherbrooke). COMMISSION SCOLAIRE ET RÉGION ADMINISTRATIVE CS DE L AMIANTE DR 03 CAPITALE-NATIONALE ET CHAUDIÈRE-APPALACHES PROBLÈME À L ORIGINE ET OBJECTIFS VISÉS On voulait améliorer les apprentissages scolaires des élèves inscrits en cheminement particulier. Ce sont généralement des élèves de premier cycle du secondaire qui ont un retard de plus de deux ans en langue maternelle et en mathématique, ce qui les empêche d intégrer les classes régulières. On pensait que : la participation régulière et continue à des activités orientantes à l intérieur de leurs cours la mise sur pied et la gestion d une mini-entreprise, qui se spécialise dans la fabrication et la mise en marché d objets divers rejoignant l intérêt de la plupart des élèves et des personnes de leur environnement (intérêt identifié avec un sondage au début de l année scolaire) la participation à des activités comme des conférences d entrepreneurs qui n ont pas nécessairement de formation scolaire poussée et des visites de milieux de travail relatifs au domaine de l entrepreneuriat pouvaient les aider à développer des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être liés au Programme de formation de l école québécoise (MEQ, 2003b), se rattachant plus précisément à la prise de décision, à la conception, à l organisation et à l exécution d un travail. (Quelle est la situation, le contexte, la problématique à l origine du choix de cette intervention ou projet? Pourquoi l avoir mise en place? Quels sont les objectifs visés?) POPULATION VISÉE AU DÉBUT 28 garçons, 12 filles, âgés de 13 à 18 ans. Profil type : nombreux échecs, n aiment pas l école, rejetés par les autres élèves, vivent fréquemment des problèmes familiaux, des démêlés avec la justice, des problèmes de consommation de drogue ou d alcool. (L intervention s adressait-elle au début du projet à toute la population scolaire de l école ou à une seule partie? Laquelle?) BRÈVE DESCRIPTION DE L EXPÉRIENCE ET CONDITIONS DE RÉALISATION Projet de recherche-action axé sur des activités éducatives orientantes pour des élèves en difficulté d adaptation et d apprentissage, incluant la création d une mini-entreprise gérée par ces élèves. POPULATION EFFECTIVEMENT TOUCHÉE 37 élèves au lieu de 40. 1
Activités orientantes réalisées à l intérieur des cours de français, mathématique, anglais, formation personnelle et sociale, enseignement moral, éducation manuelle et technique. Les activités tiennent compte des compétences dans le Programme de formation de l école québécoise (MEQ, 2003b). Exemples d activités : lecture de la bande dessinée Le mystère du lac, rédaction de documents pour la promotion de la mini-entreprise, rédaction d une lettre de remerciement, conférencier bédéiste, rencontre avec un entrepreneur, étude de marché sur les produits fabriqués par les élèves, facturation, je bâtis mon entreprise, l abri nucléaire, bâtir un curriculum vitae. Trois instruments de mesure (Évaluation de mes qualités entrepreneuriales et Inventaire visuel d'intérêts professionnels disponibles sur internet http://gpsao.educ.usherbrooke.ca dans la section Questionnaires) ont été utilisés avant et après les activités orientantes pour vérifier l impact sur les élèves : Questionnaire Ton choix d orientation (Gingras et Lévesque, 2003). 15 minutes. Inventaire visuel d intérêts professionnels (Dupont, Gingras et Tétreau, 2000). 80 photographies en couleur représentant différentes activités illustrant des professions semi-spécialisées ou non. Entre 15 et 20 minutes. Compilation des réponses par les élèves eux-mêmes. Évaluation de mes qualités entrepreneuriales (L Heureux, Dupont et Gingras, 1995). 20 minutes. (Préciser et décrire brièvement l intervention ou le projet choisi ainsi que les conditions de réalisation.) QU EST-CE QUI A CHANGÉ? POURQUOI? QUELS SONT LES RÉSULTATS? ACTEURS IMPLIQUÉS Enseignants Conseillère d orientation Chercheure Personne-relais (Quels sont les acteurs ou systèmes impliqués dans cette intervention?) Résultats scolaires des élèves Plutôt stables (français écrit, mathématique, éducation manuelle et technique) ou ont diminué (français lecture, anglais, formation personnelle et sociale et enseignement moral). Très peu d élèves pouvaient être mesurés, parce que notes issues d un enseignement modulaire. Taux d abandon scolaire Deux fois moins d élèves (2 élèves) qui ont quitté l école que l année précédente (4 élèves). Résultats sur petit nombre. Impact positif du projet sur la motivation des élèves, d après les commentaires de la direction et des personnes impliquées. Acquisition des compétences disciplinaires et transversales D après les observations consignées par les enseignants sur les grilles d évaluation, la plupart des élèves ont acquis chacune des compétences. Échelle de cotation répartie en 3 points : Pas acquis. En voie d acquisition. Acquis. Selon les enseignants, il faudrait introduire une échelle de cotation en 5 points. Résultats à l Inventaire visuel d intérêts professionnels (N=21 élèves) Diminution de l intérêt des élèves pour deux secteurs, CONSTRUCTION et ADMINISTRATION. Différences significatives dans les réponses obtenues. Tend à supporter les propos des enseignants : savent ce qu ils ne veulent pas faire, même s ils ne savent pas ce qu ils veulent faire. 2
Résultats au Questionnaire Évaluation de mes qualités entrepreneuriales (N=21) Plus conscients de leurs caractéristiques. Différences significatives sur la majorité des dimensions, notamment Énergie et engagement, Motivation, Atteinte des résultats, Compétition avec soi-même. Reconnaissance des élèves de leurs qualités entrepreneuriales. S attribuent davantage ces qualités au post-test. (Qu est-ce qui vous permet d affirmer que l intervention choisie fonctionne? Qu est-ce qui vous permet de conclure à des changements réels? Quels sont les indicateurs qui vous permettent ou ont permis d en déterminer l efficacité?) LIENS ENTRE LES RÉSULTATS ET LES OBJECTIFS DE LA STRATÉGIE AGIR AUTREMENT Touche l objectif 1 Accroître la réussite des élèves des écoles SIAA sur le plan de l instruction, 1a) sous l angle des apprentissages scolaires, et plus spécialement en lecture et en mathématique; 1b) sous l angle de la motivation envers leurs apprentissages scolaires en général, et plus spécialement à l égard de la lecture et de la mathématique. Touche l objectif 2 Accroître la réussite des élèves des écoles SIAA sur le plan de la socialisation, 2a) sous l angle des relations avec leurs pairs et leurs enseignantes ou enseignants et 2b) sous l angle du bien-être et des conduites sociales. Touche l objectif 3 - Accroître la réussite des élèves des écoles SIAA sur le plan de la qualification, 3 a sous l angle des aspirations scolaires et professionnelles; 3c) sous l angle de l augmentation de la persévérance des élèves dans leur cheminement scolaire à chaque cycle du secondaire; 3d) sous l angle de la diminution des sorties sans diplôme ni qualification au premier cycle du secondaire. Touche l objectif 4 Améliorer la perception qu ont les élèves, leur famille et les différentes catégories de personnel envers le climat de leur école, en particulier le climat relationnel et d appartenance. Touche l objectif 5 Accroître l implication professionnelle des différentes catégories de personnel des écoles, notamment le personnel enseignant, 5b) sous l angle de la participation à des activités de développement professionnel dans le cadre de la stratégie (mécanismes de participation du personnel, travail en collégialité, activités adaptées de formation continue). Touche l objectif 6 Accroître la collaboration entre les différentes catégories de personnel des écoles engagées dans la stratégie et les familles de leurs élèves, 6a) sous l angle de la communication entre l école et la famille; 6b) sous l angle de la participation des parents à la vie et aux activités de l école. Touche l objectif 7 Accroître la collaboration entre les écoles engagées dans la stratégie et les autres partenaires externes de la communauté,7a) sous l angle de l établissement d un réseau de partenaires externes de la communauté, concernés par le mieux-être des jeunes et de leur famille. Touche l objectif 9 Mettre en place un processus continu de planification, de mise en œuvre et de pilotage relativement à l ensemble de la démarche de la stratégie d intervention Agir autrement et en accroître la qualité, 9d) sous l angle de l identification et de l application des moyens ou des actions éducatives et des conditions de réalisation prometteuses en milieu défavorisé. Touche l objectif 11 Accroître les conditions facilitant la mise en œuvre de la stratégie dans les écoles secondaires de milieux défavorisés, 11a) sous l angle de l expertise dont elle se dote et qu elle rend disponible pour les commissions scolaires et les écoles au regard de l intervention en milieu défavorisé. (Indiquer quel(s) objectif(s) de la SIAA sont touchés par les changements ou les résultats.) (S il s agit d une école échantillonnée, voir les résultats des questionnaires de l équipe d évaluation.) (S il ne s agit pas d une école échantillonnée, tenter de vérifier avec l école si des résultats quantitatifs et qualitatifs sont issus des outils développés par l école, tels que sondage, questionnaire sur les perceptions, focus group, etc.) 3
FORCES ET COMPÉTENCES SUR LESQUELLES L ÉCOLE S EST APPUYÉE Association avec le Groupe provincial de soutien pour l approche orientante à l école (GPSAO). Travail effectué au sein de l équipe d enseignants en s appuyant sur leur expérience disciplinaire. Périodes de temps réservées à la clarification des attentes mutuelles et disponibilité des participants (enseignants, conseillère d orientation, conseillère pédagogique, personne relais, chercheure) Support de la direction. Budget alloué pour la libération des enseignants et l achat de matériel. (Quelles sont les forces et compétences, qui existent déjà dans l école, sur lesquelles elle s est appuyée pour faire ce choix et réaliser l intervention ou le projet? Décrire ces forces et ces compétences, à partir de ce que l école en dit.) AUGMENTATION DES FACTEURS DE PROTECTION ET DIMINUTION DES FACTEURS DE RISQUE Renforce la valeur de l élève aux yeux de ses parents, des autres élèves et des employeurs. Améliore la perception que les parents ont de l école. (Comment cette intervention contribue-t-elle à renforcer les facteurs de protection du milieu ou encore à diminuer les facteurs de risque en présence?) CONDITIONS D EFFICACITÉ RECONNUES EN MILIEU DÉFAVORISÉ ET MISES EN PLACE DURANT L EXPÉRIENCE Les chercheurs ont agi dans plus d un lieu d intervention en même temps, soit auprès de l élève, dans la classe, dans l école, auprès des parents et dans la communauté. Ce sont les enseignants qui ont demandé aux parents le consentement pour que leurs jeunes passent les questionnaires, ce qui a créé un lien enseignant/parent. Les élèves ont eu l occasion de voir que leurs parents s impliquaient dans le projet, parce qu ils avaient de l intérêt pour les objets décoratifs réalisés par leur enfant, ou achetaient ces objets, ou que les bénéfices générés par la vente des produits ont diminué les coûts que les parents devaient payer pour d autres activités scolaires. Les parents se sont rapprochées de leur enfant. Ils ont été en mesure de voir ce qu il réalisait à l école. Le projet a permis aux élèves de développer leur estime de soi et a contribué à les valoriser au plan personnel, étant donné que les objets produits se vendaient vite et bien. Plusieurs personnes (parents, représentants du monde du travail, autres élèves de l école) ont une meilleure perception des élèves en cheminement particulier, car ils les ont vus capables de réalisations. Le projet a créé un sentiment d appartenance entre les enseignants impliqués, car ils avaient un but commun et ils devaient travailler ensemble. Le projet leur a permis de vivre une expérience de formation continue, de pouvoir la partager et d acquérir une certaine reconnaissance de leurs pairs. Le projet a contribué à la renommée de l école qui dispose maintenant d activités éducatives orientantes intégrées au Programme de formation de l école québécoise et peut être citée en exemple. (Quelles sont les conditions d efficacité reconnues en milieu défavorisé qui ont été mises en place pour optimiser l effet des interventions? Se servir de la liste des conditions d efficacité en milieu défavorisé ci-jointe.) 4
SUGGESTIONS POUR CONTINUER D ÉVALUER L EXPÉRIENCE ET EN FAVORISER LE TRANSFERT Les chercheurs eux-mêmes notent certaines choses à améliorer que nous savons importantes en milieu défavorisé. Le manque d intégration du projet dans la planification des cours des nouvelles enseignantes. Le manque d implication des élèves relativement à certaines composantes du projet (absence d un sentiment d appartenance par rapport à la préparation des activités éducatives et à certaines prises de décision relatives au projet). Le nombre trop élevé d intermédiaires (plus d une vingtaine de personnes participaient au projet). Le manque de suivi du projet pour les années à venir, c est-à-dire continuer à faire vivre la mini-entreprise à travers les disciplines, à l intérieur de l école et dans la communauté. (À partir de vos connaissances sur les conditions d efficacité reconnues en milieu défavorisé, faites un retour sur l expérience.) (Le retour permet d identifier, de nommer et de reconnaître les conditions qui ont contribué ou non à l efficacité de l intervention; il est nécessaire pour reproduire ou améliorer ces conditions; il mobilise les acteurs déjà engagés; il favorise le transfert de l expérience à d autres groupes.) Source : K : CIMD Site Extranet, lundi le 7 mars 2005, projet présenté à Pauline Jean et validé par Chantale Hallée. Documents consultés : Fiche-école Liste des orientations et objectifs de la stratégie d intervention Agir autrement. Voir K:\GRP\Cmn_CIMD\COMITÉ DE PILOTAGE NOVEMBRE 2004. Liste des conditions d efficacité reconnues en milieu défavorisé. Pages 20 à 30 du Bilan de l analyse et grandes tendances des planifications ou des états des lieux 2003-2004 des écoles engagées dans la stratégie d intervention Agir autrement. Voir K:\GRP\Cmn_CIMD\COMITÉ DE PILOTAGE NOVEMBRE 2004 Résultats des questionnaires de l équipe d évaluation. Voir Questionnaire sur l environnement socio-éducatif (QES), Questionnaire sur le profil scolaire et social des élèves (appelé psycho-social), Questionnaire d évaluation des connaissances en mathématique et Questionnaire «Lire pour apprendre». Rapport du projet pilote de recherche-action en lien avec l approche orientante pour les élèves en difficulté d adaptation et d apprentissage. Présenté par le Groupe provincial de soutien pour une approche orientante à l école (GPSAO). Faculté d éducation. Université de Sherbrooke et la Polyvalente de Disraeli. Juin 2004, 46 p. Pour plus d information sur l approche orientante à l école : http://gpsao.educ.usherbrooke.ca/ 5