PLAC E DE L AN ALYS E TOXIC OLOG IQUE EN URGE NCE HOSP ITALI ERE



Documents pareils
Centre Antipoison et de Toxicovigilance Strasbourg Tél:

LE POINT TOX. N 7 - Juillet Bulletin du réseau de toxicovigilance de La Réunion L ÉVOLUTION TEMPORELLE DU NOMBRE D INTOXICATIONS

Intoxication par les barbituriques

Migraine et Abus de Médicaments

MEDICAMENTS CONTENANT L ASSOCIATION DEXTROPROPOXYPHENE / PARACETAMOL :

I - CLASSIFICATION DU DIABETE SUCRE

INTERET PRATIQUE DU MDRD AU CHU DE RENNES

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Les toxiques les plus courants et les plus dangereux

Carte de soins et d urgence

Bulletin de veille sanitaire octobre 2012

Association lymphome malin-traitement par Interféron-α- sarcoïdose

Livret des nouveaux anticoagulants oraux. Ce qu il faut savoir pour bien gérer leur utilisation

Le traitement du paludisme d importation de l enfant est une urgence

Item 169 : Évaluation thérapeutique et niveau de preuve

Diplôme d Etat d infirmier Référentiel de compétences

Le traitement de l'insuffisance cardiaque chez le chien

Référentiel Officine

Le don de moelle osseuse :

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

UTILISATION DES C.C.P DANS LES HEMORRAGIES SOUS AVK ET SOUS NACO : RECOMMANDATIONS DE L HAS COPACAMU 2014

Item 182 : Accidents des anticoagulants

L APS ET LE DIABETE. Le diabète se caractérise par un taux de glucose ( sucre ) trop élevé dans le sang : c est l hyperglycémie.

REFLEXIONS POUR LE DEVELOPPEMENT D UNE PRATIQUE DE CONCERTATION PROFESSIONNELLE ENTRE MEDECINS ET PHARMACIENS DANS L INTERET DES MALADES

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

Migraine et céphalées de tension: diagnostic différentiel et enjeux thérapeutiques

Trouble bipolaire en milieu professionnel: Du diagnostic précoce àla prise en charge spécialisée

La prise en charge d un trouble dépressif récurrent ou persistant

Délivrance de l information à la personne sur son état de santé

Plan. Introduction. Les Nouveaux Anticoagulants Oraux et le sujet âgé. Audit de prescription au Centre Hospitalier Geriatrique du Mont d Or

B06 - CAT devant une ischémie aiguë des membres inférieurs

Une forte dynamique des prescriptions de ces nouveaux anti-coagulants oraux

27 ème JOURNEE SPORT ET MEDECINE Dr Roukos ABI KHALIL Digne Les Bains 23 novembre 2013

EVALUATION DES TECHNOLOGIES DE SANTÉ ANALYSE MÉDICO-ÉCONOMIQUE. Efficacité et efficience des hypolipémiants Une analyse centrée sur les statines

7- Les Antiépileptiques

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS DE LA COMMISSION. 10 octobre 2001

Déclarations européennes de la pharmacie hospitalière

chronique La maladie rénale Un risque pour bon nombre de vos patients Document destiné aux professionnels de santé

CE QU IL FAUT SAVOIR PARTICIPATION À UN ESSAI CLINIQUE SUR UN MÉDICAMENT

Accidents des anticoagulants

I. Une nouvelle loi anti-discrimination

Démarche d évaluation médicale et histoire professionnelle

Questions / Réponses. Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées

Projet de Loi no 98 Loi modifiant la Loi sur l assurance médicament et d autres dispositions législatives

Diabète de type 1 de l enfant et de l adolescent

Les nouveaux anticoagulants oraux, FA et AVC. Docteur Thalie TRAISSAC Hôpital Saint André CAPCV 15 février 2014

Nouveaux anticoagulants oraux (NOAC)

SOMMAIRE I. INTRODUCTION 4 II. SOURCES D INFORMATION 5

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Les soins des douleurs chroniques dans les TMS Les échecs thérapeutiques

Gestion périopératoire et des évènements hémorragiques sous nouveaux anticoagulants oraux

L ÉDUCATION THÉRAPEUTIQUE DU PATIENT EN 15 QUESTIONS - RÉPONSES

Point d Information. Le PRAC a recommandé que le RCP soit modifié afin d inclure les informations suivantes:

PRISE EN CHARGE DES PRE ECLAMPSIES. Jérôme KOUTSOULIS. IADE DAR CHU Kremlin-Bicêtre. 94 Gérard CORSIA. PH DAR CHU Pitié-Salpétrière.

Bilan d Activité du Don de Plaquettes par cytaphérèse Sur une Période d une année au Service Hématologie EHS ELCC Blida.

Informations sur le rivaroxaban (Xarelto md ) et l apixaban (Eliquis md )

PARTICIPATION À UN ESSAI CLINIQUE SUR UN MÉDICAMENT CE QU IL FAUT SAVOIR

Bon usage. Mise au point

F.Benabadji Alger

e-santé du transplanté rénal : la télémédecine au service du greffé

Protocole. [anonyme et gratuit] Avec la Région, on en parle, on agit.

Don d organes. Notre pays a une nouvelle loi sur la transplantation depuis juillet 2007.

Le don de moelle osseuse

Arthralgies persistantes après une infection à chikungunya: évolution après plus d un an chez 88 patients adultes

Bienvenue aux Soins Intensifs Pédiatriques

Migraine et mal de tête : des "casse-tête"

LISTE DES ACTES ET PRESTATIONS - AFFECTION DE LONGUE DURÉE HÉPATITE CHRONIQUE B

INSUFFISANCE CARDIAQUE «AU FIL DES ANNEES»

Pharmacologie des «nouveaux» anticoagulants oraux

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Formation sur la sécurisation du circuit du médicament

Fibrillation atriale chez le sujet âgé

Les nouveaux anticoagulants ont ils une place aux Urgences?

Point d information Avril Les nouveaux anticoagulants oraux (dabigatran et rivaroxaban) dans la fibrillation auriculaire : ce qu il faut savoir

Céphalées. 1- Mise au point sur la migraine 2- Quand s inquiéter face à une céphalée. APP du DENAISIS


LE GRAND LIVRE Du. Pr Jean-Jacques Altman Dr Roxane Ducloux Dr Laurence Lévy-Dutel. Prévenir les complications. et surveiller la maladie

{ Introduction. Proposition GIHP 05/12/2014

Les tests génétiques à des fins médicales

En considérant que l effet anticoagulant du dabigatran débute dans les 2 heures suivant la prise du médicament :

EXEMPLE DE METHODOLOGIE POUR L ELABORATION D UN PROTOCOLE DOULEUR Marie AUBRY Infirmière référente douleur Hôpital TENON AP-HP Paris XX e SOMMAIRE

TITRE : «Information et consentement du patient en réadaptation cardiovasculaire»

Contenu de la formation PSE1et PSE2 (Horaires à titre indicatif)

Professeur Diane GODIN-RIBUOT

LASER DOPPLER. Cependant elle n est pas encore utilisée en routine mais reste du domaine de la recherche et de l évaluation.

SUPPLEMENT AU DIPLÔME

Conférence de Consensus : «L agitation en urgence (petit enfant excepté)»

RELPAX. hydrobromure d élétriptan

Prise en charge de l embolie pulmonaire

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Réseau sur. Médicaments. l Innocuité et l Efficacité des. Document d orientation pour la présentation de requêtes au RIEM

Efficacité et risques des médicaments : le rôle du pharmacien

Prévalence des céphalées à travers l enquête décennale Santé

Les drogues POUR EN SAVOIR PLUS. 1. L avis du psychologue. 2. Les risques et leur prévention. Quelques chiffres

Autisme Questions/Réponses

MINISTERE DE LA SANTE ET DES SOLIDARITES DIRECTION GENERALE DE LA SANTE- DDASS DE SEINE MARITIME

Photographie statistique des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles en France selon le sexe entre 2001 et 2012

Colette Franssen Département d Anesthésie Réanimation CHU Sart Tilman LIEGE

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 27 avril 2011

Transcription:

PLAC E DE L AN ALYS E TOXIC OLOG IQUE EN URGE NCE HOSP ITALI ERE CHEFIRAT B. Les intoxications aiguës constituent un réel problème de santé publique dont l impact reste encore à évaluer. Le nombre total d intoxications aiguës, recensé au niveau du service de Pharmaco- Toxicologie du Centre Hospitalo-Universitaire d Oran, connaît régulièrement une croissance annuelle. Ainsi, près de 500 cas sont enregistrés chaque année (Fig. 1). Figure 1. Evolution des cas d'intoxications aiguës sur les sept dernières années. Globalement, ces intoxications touchent beaucoup plus le sexe féminin et sont plus fréquentes chez les adolescents et les adultes jeunes. La nature est le plus souvent volontaire ; il s agit généralement de tentatives de suicide dans un contexte conflictuel familial ou professionnel. Les intoxications accidentelles s observent surtout chez les enfants ingérant tout produit qui est à leur portée mais également chez les adultes par confusion avec d autres produits, par erreur thérapeutique ou surdosage médicamenteux. Concernant les catégories des substances en cause, les médicaments occupent le premier rang avec en tête les psychotropes (benzodiazépines, neuroleptiques, antidépresseurs) et à un degré moindre les antiépileptiques (carbamazépine, phénobarbital), les antalgiques (paracétamol) et autres médicaments comme les antihistaminiques, les antiasthmatiques, les médicaments cardiovasculaires et les antitussifs etc. Viennent en deuxième position les pesticides notamment les raticides avec l introduction d un produit commercialisé par le circuit informel sous le nom de «Rat-Killer STRONG». Enfin, on note d autres types d intoxications, au monoxyde de carbone, aux plantes toxiques telles que le chardon à glu et à d autres toxiques dont la nature exacte reste indéterminée.

Devant cette situation inquiétante, l analyste toxicologue se trouve confronté à la toxicologie clinique et aux besoins des cliniciens qui doivent gérer avec efficacité ce grand nombre d intoxications aiguës admises en urgence. En effet, les principales préoccupations du clinicien, pour une meilleure prise en charge de l urgence toxicologique, sont bien de : Poser le diagnostic. Apprécier le pronostic. Instaurer une thérapeutique particulière à côté du traitement symptomatique. Ces préoccupations constituent les indications de l analyse toxicologique qui intervient dans : La confirmation diagnostique ou l exclusion de l hypothèse toxique. L évaluation de la gravité de l intoxication et son évolution. L indication d un traitement spécifique, l évaluation et la surveillance d autres mesures thérapeutiques visant à modifier la cinétique du toxique ou de ses métabolites. I. DIAGNOSTIC TOXICOLOGIQUE La démarche diagnostique d une intoxication est basée sur : L anamnèse. La clinique. L analyse toxicologique. Les investigations complémentaires. A. ANAMNESE Il s agit d une étape essentielle qui oriente le plus souvent l analyse toxicologique par un interrogatoire minutieux du patient présumé intoxiqué, de son entourage ou des secours. Le clinicien doit se donner du temps pour réunir un maximum d informations parce qu il est possible, dans la grande majorité des cas, de déterminer la cause précise de l intoxication, la quantité absorbée, le lieu et le moment supposés de l exposition, les circonstances et l état clinique initial du patient. B. CLINIQUE L approche clinique incluant l anamnèse et l examen clinique essaie de répondre aux questions concernant : La concordance entre les signes cliniques à l examen et le délai d ingestion. La compatibilité des symptômes présentés avec la nature du toxique. L adéquation de l intensité des symptômes avec l intensité de l exposition (relation dose/effet). 2 www.medespace.net Chefirat Bilel

Pratiquement, le clinicien peut être confronté à quatre situations majeures : Dans la première situation, l intoxication est certaine, le toxique est connu d après les données anamnestiques et la symptomatologie est concordante avec le toxique incriminé et la dose : dans ce cas l analyse toxicologique peut accroître la précision diagnostique mais a plutôt des implications thérapeutique, pronostique ou médicolégale. Dans la deuxième situation, l intoxication est certaine, le toxique est connu mais la symptomatologie ne concorde pas avec le toxique ou la dose : dans ce cas, l analyse toxicologique permet soit de déceler d autres toxiques associés, soit de pousser le clinicien à rechercher, à côté du produit incriminé, une cause non toxique à l origine de cette symptomatologie. Dans la troisième situation, l intoxication est certaine d après le contexte, mais le toxique n est pas connu : dans ce cas, un screening général s impose ; il comprend une recherche globale des substances les plus souvent impliquées dans l épidémiologie locale. D autres investigations complémentaires permettent en revanche de cibler l analyse toxicologique vers certaines classes de produits. Dans la dernière situation, la symptomatologie (coma, syndromes toxiques) évoque une possible étiologie toxique malgré l absence de contexte évocateur : dans ce cas, seule l analyse toxicologique est susceptible de confirmer ou d infirmer l éventuelle intoxication. C. ANALYSE TOXICOLOGIQUE Selon le cas, il s agira donc soit de confirmer l intoxication présumée de nature connue ou inconnue et d en évaluer la gravité, soit d exclure l hypothèse d une intoxication. Il est important de signaler que l absence de signes fonctionnels ou physiques, une symptomatologie mineure ou non spécifique, estimée non imputable à une intoxication, n exclut pas toujours cette dernière et le risque ne doit pas être sous-estimé. C est l exemple de l intoxication aux antidépresseurs tricycliques caractérisée par l existence d un temps de latence de 1 à 4 heures entre la prise médicamenteuse et l apparition des premiers symptômes ou l intoxication au paracétamol dont les premières manifestations sont relativement mineures et ne permettent en aucune façon de prévoir l apparition ultérieure d une cytolyse hépatique qui atteint son acmé 3 à 4 jours plus tard. D. INVESTIGATIONS COMPLEMENTAIRES Dans cette démarche, certains examens complémentaires notamment les examens biologiques (Tableau 1) occupent une place de choix. Les résultats biologiques de base peuvent : Orienter le diagnostic : hypokaliémie avec la théophylline ou la chloroquine. Refléter la sévérité de l intoxication : hyperkaliémie avec les digitaliques. Evaluer la fonction des organes impliqués dans le métabolisme et l excrétion des toxiques : le taux de prothrombine pour le suivi des raticides anticoagulants. Ou encore avoir des implications thérapeutiques essentielles dans les situations à haut risque vital comme les acidoses dans les intoxications par les salicylés. 3 www.medespace.net Chefirat Bilel

Toxiques Analyses biologiques Résultats attendus Théophylline Kaliémie Hypokaliémie Chloroquine Kaliémie Hypokaliémie Digitaliques Kaliémie Hyperkaliémie Antivitamines K Taux de prothrombine Abaissé Salicylés Gaz du sang artériel Acidose métabolique / Alcalose respiratoire Ethanol Glycémie / Osmolalité Hypoglycémie / Trou osmolaire Organophosphorés Cholinestérases Activité diminuée Tableau 1. Exemples d examens biologiques utilisés en toxicologie. II. FACTEURS DE GRAVITE / FACTEURS PRONOSTIQUES L analyse toxicologique aide à apprécier le degré de sévérité de l intoxication et à prévoir son évolution. Une distinction s impose entre les facteurs de gravité et les facteurs pronostiques selon que le toxique soit fonctionnel ou lésionnel : pour les toxiques fonctionnels comme la théophylline ou la digoxine, il existe une assez bonne corrélation entre les concentrations plasmatiques et la sévérité des symptômes tandis que pour les toxiques lésionnels, la toxicité dépend de la concentration maximale atteinte au niveau de l organe cible et l évolution des symptômes n est pas proportionnelle à celle des concentrations plasmatiques ; la symptomatologie peut persister malgré la disparition du toxique de l organisme. III. TRAITEMENT L analyse toxicologique aide également à poser l indication de traitement spécifique ou, au contraire, évite la mise en œuvre d un traitement lourd, hasardeux ou coûteux, alors qu il n est pas nécessaire. Le traitement des intoxications aiguës comporte classiquement trois volets : Le traitement symptomatique : en urgence, le traitement symptomatique est toujours prioritaire ; en aucun cas, ses indications ne sont discutées sur les résultats de l analyse toxicologique. Ces derniers sont, en revanche, indispensables pour guider la thérapeutique ultérieure. Le traitement évacuateur/épurateur : l analyse toxicologique peut indiquer un lavage gastrique toujours bénéfique après 12 heures de l ingestion de phénobarbital ou d antidépresseurs tricycliques. Elle peut aussi indiquer une diurèse forcée alcaline dans l intoxication aux barbituriques ou la contre-indiquer si la barbitémie est supérieure à 400 µmol/l. Le traitement antidotique : les résultats de l'analyse toxicologique ont une influence directe sur la mise en route du traitement spécifique tel que le traitement par l éthanol des intoxications au méthanol ou à l éthylène glycol. 4 www.medespace.net Chefirat Bilel

CONCLUSION Une analyse toxicologique utile et performante nécessite une bonne coopération entre cliniciens et toxicologues analystes. Cette collaboration se situe à différents niveaux : Les renseignements : toute demande d analyse formulée par le clinicien doit contenir le maximum de renseignements pouvant aider à l identification du toxique. Les prélèvements : le clinicien doit être informé par l analyste des modalités des prélèvements nécessaires pour mener à bien l investigation toxicologique. La discussion et l interprétation des résultats afin d arrêter les investigations, d élargir la gamme de l exploration ou de passer à un dosage permettant d évaluer l imprégnation toxique ou d établir un suivi thérapeutique. Extrait de la communication orale : «Place de l analyse toxicologique en urgence hospitalière» Chefirat B., Abourijel N., Mehtougui K., Saadi F.Z., Sehaba H., Rezk-kallah H. Service de Pharmaco-Toxicologie, CHU Oran. Présentée lors de la deuxième rencontre scientifique du département de Pharmacie d Oran portant sur : «Urgences Toxicologiques et Suivi Thérapeutique» les 10 et 11 Mars 2007. 5 www.medespace.net Chefirat Bilel