Kinésithérapie des cervicalgies. Jacques VAILLANT



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LA HERNIE DISCALE LOMBAIRE

Transcription:

Kinésithérapie des cervicalgies Jacques VAILLANT

Généralités

Cervicalgie «commune» ou «non spécifique» Motif de 3% des consultations en médecine de ville [CREDES, 1994]

Prévalence instantanée : 10 à 43 % population générale [Van der Donck et al., J rheumatol, 1991] sur la vie : 70 % [Rat et al., Rev Rhum, 2004]

Histoire naturelle des cervicalgies aigus 40-45 % des cervicalgiques aigus => guérison complète 25-30 % = symptômes minimes (Bogduk et McGuirk, 2007)

Cervicalgies chroniques = Supérieure à 3 mois Prévalence 11 à 17 % Invalidante et / ou sévère : 5 à 11 % [Rat et al., Rev Rhum, 2004]

Facteurs de risque Augmentation de la fréquence chez : Femmes (Odds Ratios = 2) Antécédents traumatiques (Odds Ratios = 2) Faible niveau d éducation : (Etudes Primaires = Odds Ratios = 2,4 ;Etudes Secondaires + Odds Ratios =1,7) Certains secteurs d activité : industrie (Odds Ratios = 2,2), Agriculture (Odds Ratios = 2), Employés de bureau (Odds Ratios = 1,7) Stress physique et mental (Odds Ratios = 1,2)

Anatomo-pathologie Arthrose disco-somatique antérieure Unco-discarthrose Arthrose inter- apophysaire postérieure Les muscles et les structures ligamentaires.

Mais Ne sont pas facteurs de risque! Pathologies discales Arthrose zygapophysaire Se souvenir que la majorité des lésions anatomiques reste asymptomatiques +++

Mais les patients ont lu les CR radio «Iatrogénicité» du compte rendu (Djais J Rheumatol 2005, Kendricks BMJ 2001) Evolution + souvent défavorable si radiographie (Hayward BMJ 2003 étude VOMIT) Augmentation des «croyances» liée au compte rendu (Carr ISSLS 2005) + de la moitié des comptes rendus utilisent des termes de pathologie pour décrire des phénomènes liés au vieillissement Seuls 2% précisent qu il s agit de phénomènes normaux pour l âge

Signes de gravité de cervicalgies traumatiques

Signes cliniques péjoratifs Cervicalgies (irradiations : occiput, membre supérieur) Céphalées (occipito-orbitaire et rétro-auriculaires) Acouphènes, douleurs Troubles de l'équilibre et de la posture (déclenchés ou aggravés par les mouvements de la tête)-pseudovertiges (30 % de nystagmus mais épreuves vestibulaires normales)-romberg à minima-ataxie à minimadémarche en étoile-nausées, «étourdissements» Autres (immédiats ou à distance) : scotomes, flous visuels, peur de la foule, insomnie, pertes de mémoire...

CRITERES CLINIQUES PREDICTIFS DE L'ABSENCE DE LESION OSTEOARTICULAIRE pas de douleur médianeépineuses) pas de déficit neurologique (sensitifs, moteurs, reflexes) vigilance normale pas d'intoxication (éthylique, medicamenteuse) pas de lésions douloureuses ailleurs (polytraumatique) 34069 radios, présences de lésions = 818 8 faux négatifs avec les critères cliniques erreur d'application des critères et accidents sévères excellente valeur prédictive (Hoffman 2000)

Facteurs de risque prédictifs évolution après Whiplash («coup du lapin») Intensité douleur initiale +++ Troubles du sommeil, souffrance cognitive, troubles concentration, impréparation lors de la collision

Quelques rappels physiologiques

Sollicitations musculaires En position verticale du tronc, pour faire une flexion =relâchement des extenseurs (et non travail des fléchisseurs) Fléchisseurs travaillent pour faire une flexion en décubitus ou résister à une accélération (automobile) Extenseurs travaillent pour tenir la tête en position de travail ou résister aux décélérations (automobile) C est le long du cou qui assure le mouvement d autoagrandissement

Couplage Oculo-cervical A partir de 15 de mouvement oculaire, il existe une contraction des muscles cervicaux (André-Deshays, 1991)

Utilisation privilégiée Œil / Cou : Capacité de mouvements rapides de poursuite oculaire : les yeux (100 à 800 / sec). Capacité de mouvements lents : le rachis cervical (30 à 100 / sec)

Utilisation privilégiée Œil / Cou : Typologies de cibles En fonction, proportion varie selon la vitesse de la cible visuelle. Typologies de sujets Sujets céphalogyres & sujets oculogyres

Examen (Bilan)

Evaluer et traiter S intéresser Expliquer Rassurer Mettre en valeur les progrès

Diagnostic différentiel Important, notamment en accès direct Mais également en cas de consultation différée (par rapport à la prescription)

Pathologie suspectée Spondylarthropathie (SpA) Éléments d anamnèse Homme, < 40 ans, antécédents familiaux de SpA, antécédents d uvéite, talalgies, fessalgies, psoriasis, diarrhée, douleurs inflammatoires. Sensibilité aux AINS. Éléments de l examen physique Accentuation de la cyphose dorsale. Uvéite, psoriasis cutané. Atteinte des sacro-iliaques. Fracture, tassement Métastase, lymphome Âge > 70 ans, antécédents d ostéoporose. Traitement par corticoïdes, autre facteur ostéopéniant (ménopause précoce). Âge > 50 ans, antécédents de cancer ostéophile (poumon, prostate, rein, sein, thyroïde -PP RST). Altération de l état général. cervicalgies à début progressif, sans facteur déclenchant, s aggravant, de rythme non strictement mécanique. Accentuation de la cyphose dorsale. Prostate indurée, tumeur du sein, hépatomégalie nodulaire, adénopathies ou autres atteintes organiques. Signes neurologiques déficitaires.

Pathologie suspectée Spondylodiscite Éléments d anamnèse Facteurs d immunodépression (diabète, traitements), antécédents de geste sur le rachis (infiltration, chirurgie), infection (dentaire, endocardite), cervicalgies inflammatoires. Éléments de l examen physique Signes généraux (fièvre, frisson). Plaie ou abcès cutané. Raideur rachidienne multidirectionnelle. Tumeur intrarachidienne Méningoradiculites infectieuses (herpès, zona, VIH, Lyme) Douleurs nocturnes, de décubitus, obligeant à se lever et à marcher pour être soulagé. Absence de facteur traumatique déclenchant, de syndrome rachidien. Contexte infectieux, morsure de tique. Raideur multidirectionnelle. Signes neurologiques souslésionnels. Irradiation pluriradiculaire, déficit moteur ou sensitif étendu à d autres territoires. Lésions cutanées.

Entretien avec le patient et évaluation de la douleur Interrogatoire : Site de la douleur Irradiation / Projection versus Radiculalgie Durée de l affection Circonstances de survenue Mode d installation Intensité de la douleur Fréquence de la douleur Durée de la douleur Délai d installation Facteurs déclenchants Facteurs aggravants Facteurs de soulagement

Questionnaire DN4 pour rechercher les douleurs neuropathiques Pour estimer la probabilité d une douleur neuropathique, le patient doit répondre à chaque item des quatre questions ci dessous par «Oui» ou «Non». Question 1 : La douleur présente-t-elle une ou plusieurs des caractéristiques suivantes? 1. Brûlure 2. Sensation de froid douloureux 3. Décharges électriques Question 2 : La douleur est-elle associée dans la même région à un ou plusieurs des symptômes suivants? 4. Fourmillements 5. Picotements 6. Engourdissements 7. Démangeaisons Question 3 : La douleur est-elle localisée dans un territoire où l examen met en évidence : 8. Hypoesthésie au tact 9. Hypoesthésie à la piqûre Question 4 : La douleur est-elle provoquée ou augmentée par : 10. Le frottement Oui = 1 point ; Non = 0 point Score du patient : /10 Mode d emploi Lorsque le praticien suspecte une douleur neuropathique, le questionnaire DN4 est utile comme outil de diagnostic : ce questionnaire se répartit en quatre questions représentant dix items à cocher ; le praticien interroge lui-même le patient et remplit le questionnaire ; à chaque item, il doit apporter une réponse «Oui» ou «Non» ; à la fin du questionnaire, le praticien comptabilise les réponses, 1 pour chaque «Oui» et 0 pour chaque «Non» ; la somme obtenue donne le score du patient, noté sur 10. Si le score du patient est égal ou supérieur à 4/10, le test est positif. 1 D après Bouhassira D et al. Pain, 2004 ; 108 : 248 57

Douleur : Points clés Topographie (Quebec Task Force, 1995) Quantification : EVA Algomètre (piston à ressort) : douleurs musculaires Recherche de douleurs projetées vs douleurs de radiculalgies (élimination d une NCB)

Et à part cela??? «Que se passe-t-il d autre dans votre vie?» «Comment vont les choses au travail?»

Examen tégumentaire : Infiltrat sous-cutané sur le rachis, le cuir chevelu, le visage, les épaules. Points de Knap ou points gachettes

Examen morphologique Global (morphotype) Qualitatif : Longiligne / bréviligne Quantitatif : Circonférence du rachis cervical (reproductible)

Examen morphologique Examen morphostatique frontal de dos Équilibre général Pieds ->Genoux->Bassin -> Rachis-> Ceinture Scapulaire Objectiver Marquage des épineuses (fil à plomb) Fil à plomb C7 -> pli interfessier Scoliose : mesure des flèches

Examen morphologique Examen morphostatique sagittal de profil Équilibre général Pieds ->Genoux->Bassin -> Rachis-> Ceinture Scapulaire Objectiver Équilibre fil à plomb tragus -> sol Flèches S1 -> occiput

Position : Spontanée? Comment évaluer? Corrigée sans référence? Corrigée avec référence? Corrigée avec référence et contre-appuis?

Quelles déductions thérapeutiques? Position spontanée = Défaut d automatisation + défaut de conscience + défaut musculaire + défaut de souplesse Position corrigée sans référence = défaut de conscience + défaut musculaire + défaut de souplesse Position corrigée avec référence = défaut musculaire + défaut de souplesse Impossible correction même avec référence, aide et contre-appuis = défaut de souplesse

Évaluation articulaire : Mobilité cervicale globale Et Mobilité thoracique Mobilité scapulaire

Qualitative Étoile de Maigne I = faiblement limitée II = Limitée III =Très limitée

Mobilité régionale cervicale Appréciation qualitative (actif) & quantitative Mesure centimétrique Mesure angulaire (inclinomètre)

Évaluation musculaire palpatoire Palpatoire : recherche de tension, contractures Échelle de Nilsson, 1995 0 = pas de réaction visible et rien à la palpation 1 = pas de réaction visible mais réaction verbale d inconfort ou de légère douleur 2 = expression verbale spontanée de palpation douloureuse avant d interroger le patient et éventuelle expression faciale d inconfort 3 = grimace marquée et retrait, expression verbale marquée par la douleur

Évaluation musculaire : Force Appréciation manuelle : la plus employée en pratique courante influence de l expérience et subjectivité du praticien

Endurance : Évaluation musculaire traduit bien les capacités fonctionnelles du sujet endurance statique endurance dynamique fonctionnelle

Test de flexion cranio-cervical = force des fléchisseurs profonds du rachis cervical. Chez un sujet allongé en décubitus dorsal, avec un système pneumatique gonflé à 20 mmhg. Le patient doit successivement appliquer une pression de 22, 24, 26, 28 et 30 mmhg durant 10 secondes (pour chacun des incréments). Le patient ne doit pas réaliser une rétropulsion de la tête. Le test est positif : si le sujet n est pas capable de développer une augmentation de pression de 6 mmhg, si le sujet n est pas capable de tenir 10 secondes, s il utilise ses muscles fléchisseurs superficiels, s il rétropulse la tête pour gagner en force.

Endurance statique : Extenseurs cervicaux : Harms-Ringdahl et al. (1999). poids de 1,5 kg (femmes), 2 kg (hommes) tenir le plus longtemps possible dans cette position temps mesuré en secondes (max. 360)

Diminution de la capacité kinesthésique cervicale Test de Replacement Céphalique : Normale = - de 4,5 Physiopathologie

Évaluation de l équilibre Cervicalgie = évaluer aussi les performances d équilibre One leg balance ou test d appui monopodal ; Hopping test performance ou test de saut antérieur sur un membre inférieur.

Échelle du Neck Disability Index (NDI) Évaluation de la Fonction (USA, NL, AUS )

Complément en cas de NCB

Mener l enquête pour identifier l origine des douleurs Différentiation douleurs radiculaires et douleurs projetées

Test de sensibilité nerveuse à la traction On place progressivement la ceinture scapulaire en position basse, abduction de l épaule, extension du poignet et supination de l avant-bras, rotation externe de l épaule, extension du coude, puis inclinaison controlatérale du rachis cervical. Le test est positif s il existe une asymétrie de plus de 10 entre les deux membres supérieurs ou s il reproduit les douleurs ressenties par le patient.

Dans la direction du côté douloureux, le patient effectue une inclinaison. Recherche reproduction des signes Mécanisme souffrance radculaire par compression foraminale Kappa : 0,60 ; Sens: 0,7 Spé: 0,92 Test de Spurling A

Test de Spurling B Inclinaison associé à une rotation de sa tête préalablement placée en extension. Reproduction des signes douloureux. Souffrance radiculaire par compression foraminale Kappa : 0,62 ; Sens: 0,7 Spé: 0,92

Test de Spurling inversé Le test est réalisé en effectuant une inclinaison et rotation controlatérale à la douleur. La douleur signe une atteinte des muscles cervicaux homolatéraux.

Le test est réalisé en effectuant traction 7 kg (menton rentré). Diminution ou disparition des douleurs. Kappa : 0,88 Test de distraction

Évaluation si pbm équilibre Troubles de l équilibre = évaluer aussi le rachis cervical Douleur Mobilité cervicale Tensions musculaires Extensibilité musculaire Capacité proprioceptive du rachis cervical

Traitement

Informer et rassurer le patient Encourager le patient à rester actif et mobile (Grade A) Faire «comme d habitude» (Grade B) Réassurer et éduquer (Grade A) Guidelines (Australie, 2003 & 2008 ; NL, 2003 ; USA, 2008)

Repos ou immobilisation L immobilisation ou la mise au repos de la région cervicale doit être d un usage bref (2-3 jours) et proposé uniquement durant les épisodes de cervicalgie aiguë. L immobilisation du rachis apportée par les colliers cervicaux est faible (grade C).»

D une manière générale, le traitement kinésithérapique des cervicalgies communes devra associer des techniques antalgiques, articulaires, musculaires, de reprogrammation neuro-musculaire et de réadaptation à la vie normale et professionnelle (grade B). Les modalités d association de ces techniques dépendent des résultats du diagnostic kinésithérapique.

Électrothérapie, ultrasons et infrarouges Aucune étude méthodologiquement correcte n a évalué isolément chacune de ces modalités thérapeutiques. Les seules études disponibles ont toujours évalué l efficacité des agents physiques antalgiques ou anti-inflammatoires (électrothérapie, ultrasons, infrarouges) en association avec d autres thérapeutiques kinésithérapiques.»

Massage Effet sur douleur et mobilité (Grade C) Effet sur qualité de vie (Grade A) Effet sur la proprioception (Grade C) Doit être un adjuvant thérapeutique (accord professionnel).

Techniques actives Les techniques de mobilisations actives, passives ou de contracté-lâché participent à l amélioration des amplitudes articulaires de la région cervicale. (grade A & B)

Rééducation oculo-cervicale «Les techniques visant à solliciter le repositionnement céphalique sont recommandées pour tous les types de patients cervicalgiques (grade B). Ces techniques sont proposées en complément des techniques de gain de mobilité.»

1 er temps détente musculaire : mouvements oculaires, mobilisation tête 2 ème temps travail en situation de découplage: recentrage, mobilisation active 3 ème temps recouplage : poursuite de cible

Plan général de traitement

Étape 1 - à court terme : le retour au calme sensoriel. Cette première partie vise la sédation de la douleur, par action sur les réactions inflammatoires et les contractures musculaires. L'objectif est de retrouver une bonne mobilité rachidienne ainsi qu une bonne trophicité des tissus mous cervicaux

Étape 1 Massage Mobilisation & tractions douces

Étape 1 Relâchement musculaire & Mouvements oculaires

Étape 2 - à moyen terme : le travail de perception. Travail combiné vision et rachis cervical et cou et ceinture scapulaire. redonner au patient un éveil sensoriel de qualité, entretenir par des exercices d autokinésithérapie.

Étape 2 Après que le patient ait présenté des résultats bénéfiques suffisants (diminution des douleurs, amélioration des amplitudes, de la force et des gestes fonctionnels), le thérapeute doit organiser le suivi à plus ou moins long terme ;

Étape 2 Mobilisation cervicale Travail du recentrage

Étape 2 Renforcement des muscles cervicaux Recouplage oculocervical

Étape 2 Coordination membre supérieur et rachis cervical Apprentissage d exercices

Étape 3 - à long terme : le soutien sensoriel Les traitements masso-kinésithérapiques devront être adaptés aux résultats obtenus.

Étape 3 Exercices à visée d'éveil sensoriel gestes matinaux d entretien de la mobilité rachidienne et travail de perception musculaire Exercices à visée d'entretien de la force musculaire. Adaptés en fonction des besoins de chaque patient, notamment l âge, le sexe, les activités professionnelles et sportives du patient (accord professionnel).

Différenciation du traitement selon le bilan

Proposition de réalisation sur Si présence de, cela justifie : arguments Techniques Douleur Défaut de proprioception / conscience corporelle Tension musculaire / contracture Douleur / contractures Massage (position selon) Electrothérapie / Thermothérapie* Tension musculaire globale Contractures avec limitations d amplitudes Défaut d automatisation de la posture Détente «douce»* /relaxation*/oculo-cervical 1 Exercices en correction et double tâche Défaut de conscience corporelle Travail avec feed-back, recentrage céphalique Défaut de souplesse (posture fixée), défaut de mobilité (asymétrie) Impossibilité de maintenir une posture corrigée, fatigabilité musculaire, douleurs de fin de journée, faiblesse musculaire, diminution circonférence Assouplissements (mobilisations actives, actives aidées, passives) Renforcement musculaire*, développent de l endurance*. Défaut de coordination œil-cou ou œil-membre supérieur, défaut proprioceptif, douleur, port de collier > 72h Douleurs induites par activité définie (Travail, sport, domestique, loisirs) Proprioception (dont repositionnement)* Conseils ergonomiques

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