Alternatives thérapeutiques récentes au traitement de l incontinence fécale



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Transcription:

Alternatives thérapeutiques récentes au traitement de l incontinence fécale Laurent Siproudhis Centre hospitalier régional et universitaire de Pontchaillou, 35033 Rennes cedex <laurent.siproudhis@chu-rennes.fr> Les méthodes thérapeutiques conventionnelles du traitement de l incontinence fécale offrent un bénéfice thérapeutique parfois décevant soit parce que le bénéfice symptomatique est cliniquement peu pertinent (médicaments, rééducation), soit parce que les effets s épuisent avec le temps (réparation sphinctérienne), soit parce que les indications sont trop restreintes (neuromodulation, réparation sphinctérienne), soit parce que la lourdeur et la morbidité du geste sont jugées rédhibitoires (graciloplastie). Des alternatives thérapeutiques mini-invasives visant à renforcer la résistance anale ont été développées pour répondre à des troubles fonctionnels ou anatomiques du sphincter anal interne (pression de repos). Les méthodes de radiofréquence (sclérose tissulaire par méthode de thermocoagulation) et l injection de matériaux inertes (biosilicones, hydroxyapatite, hyaluronidase, collagène) poursuivent ces objectifs mais les évaluations scientifiques sont actuellement insuffisantes. Mots clés : incontinence fécale, sphincter anal, matériaux inertes doi: 10.1684/hpg.2007.0105 Tirés à part : L. Siproudhis L incontinence fécale est un symptôme fréquent et un problème de santé publique préoccupant parce qu elle induit un handicap social et familial important. Pour autant, les filières d accès aux soins sont mal définies et les offres de traitements font l objet d une évaluation encore insuffisante. Les modalités thérapeutiques reposent classiquement sur les règles hygiéno-diététiques visant à améliorer les troubles du transit intestinaux et la qualité de l évacuation rectale [1, 2]. Les techniques de rééducation sont souvent proposées mais la validité d une telle approche est actuellement discutée. Par rapport aux conseils hygiéno-diététiques simples, les techniques de rééducation assistée (biofeedback) ne permettent actuellement pas d apporter la preuve scientifique d un bénéfice supplémentaire [3]. Les techniques chirurgicales reposent pour les plus simples sur les techniques de réparation sphinctérienne directe lorsqu il existe un défect significatif du sphincter anal externe (postopératoire ou postobstétrical) mais le bénéfice fonctionnel immédiat ne se maintient pas durablement puisque l immense majorité des malades ont une continence imparfaite, 5 à 10 ans après le geste initial [4, 5]. Certains troubles de la continence sont peu accessibles à des gestes non invasifs soit parce que le mécanisme pathogénique dominant est lié à un défect ou à une insuffisance du sphincter anal interne soit parce qu il est principalement d origine neuro- 225

pathique. Les techniques de substitution sphinctérienne (sphincter anal artificiel, graciloplastie dynamisée) sont souvent réservées à des formes d incontinence sévères chez des personnes malades mais très motivées quand on connaît la lourdeur chirurgicale des gestes et l importante morbidité qui y est associée. La neuromodulation des racines sacrées consiste à assurer, par une approche directe, la stimulation électrique d une racine sacrée supportant une partie du contingent sensitivomoteur du nerf pudendal (racine S3). Cette technique impose une stimulation continue acquise au moyen d un boîtier implantable comparable à un pacemaker. À l inverse des méthodes évoquées plus haut, cette dernière est séduisante parce qu elle entre dans le cadre des thérapeutiques miniinvasives, qu elle repose sur un test diagnostique et que le niveau d amélioration est parfois spectaculaire chez ces malades [6, 7]. On n en maîtrise pas encore parfaitement les indications. Cette méthode est actuellement réservée aux seuls malades ayant une intégrité sphinctérienne et on a peu de visibilité sur les phénomènes d épuisement d effet à long terme. Dans une logique mini-invasive similaire, l injection de matériaux inertes et les techniques de radiofréquence se présentent aujourd hui comme deux «challengers» thérapeutiques séduisants. Ils élargissent encore une offre de soins qui fait souvent hésiter le thérapeute et le malade entre une thérapeutique peu morbide mais d efficacité limitée (ou contestée) et une approche plus lourde à supporter par le patient pour l obtention d une continence correcte. Radiofréquence Mode d action L objectif recherché par les méthodes d électrocoagulation réside dans la création d une fibrose rétractile sous-muqueuse propice à une amélioration du tonus et de la tension pariétale dans une zone physiologique sphinctérienne. Cette stratégie a été proposée dans le traitement endoscopique du reflux gastro-œsophagien. Dans l incontinence fécale liée à une insuffisance fonctionnelle de repos du canal anal, la technique de radiofréquence délivre une énergie tissulaire à l extrémité de sonde aiguilles de 6 mm de long dont seule l extrémité est active : elle produit une élévation de la température tissulaire contrôlée de 85 alors que la base de l aiguille est refroidie afin de ne pas exposer à un escarre muqueux. Les zones d impact sont contrôlées au moyen d un dispositif intracanalaire comparable à un anuscope (figure 1). Le nombre d impacts réalisés durant une séance varie de 16 à 32. Ceux-ci sont délivrés dans la partie haute du canal anal et/ou dans la partie moyenne. La technique est réalisable sous sédation anesthésique légère et sous anesthésie locale ou tronculaire. Les suites immédiates sont habituellement simples et les complications sont rares (douleurs, escarres de coagulation, saignements) [8-10]. Résultats L évaluation d une technique pourtant développée depuis au moins 4 ans fait encore défaut [8-10]. L approche thérapeutique est séduisante parce qu elle s adresse typiquement à des personnes souffrant d une incontinence passive pour laquelle les possibilités thérapeutiques sont classiquement réduites. Le bénéfice thérapeutique est jugé bon et stable dans le temps lorsqu il concerne l évaluation monocentrique d un faible effectif (n = 10) : près de 80 % des malades traités tirent un bénéfice de plus de 50 % et le score d incontinence varie d un facteur trois par rapport aux données préthérapeutiques [8-9]. Les explorations physiologiques de la continence sont en revanche non modifiées. Une étude collaborative multicentrique américaine apporte des résultats moins optimistes après traitement d un nombre plus important de personnes (n = 50) [10] : le bénéfice est jugé statistiquement significatif dans certaines dimensions symptomatiques (envies impérieuses) et de qualité de vie (composante sociale) mais l amélioration symptomatique n est pas cliniquement pertinente et les scores symptomatiques d incontinence varient peu par rapport aux données préopératoires (diminution de 20 %) [10]. Outre les différences méthodologiques évidentes de ces deux études, certaines données techniques peuvent expliquer la différence d efficacité observée entre les deux expériences, notamment le nombre d impacts et le positionnement des impacts par rapport à la ligne pectinée [8-10]. Biopolymères Mode d action Dans l incontinence liée à une insuffisance du sphincter anal interne, les méthodes rééducatives et la chirurgie conventionnelle ne sont pas d un secours efficace et les techniques de substitution sphinctérienne ou de neuromodulation peuvent apparaître lourdes ou inadaptées. L implantation de matériaux inertes périanaux est une méthode séduisante pour compenser l hypotonie anale de repos chez certains malades souffrant d une incontinence fécale passive [11]. Les biomatériaux candidats à une telle approche sont nombreux (téflon, graisse autologue, collagène hétérologue purifié, zirconium et hydroxyapatite, acide hyaluronique) 226

Figure 1. Le matériel de radiofréquence utilisé ressemble à un gros anuscope qui permet des impacts de thermocoagulation à la partie haute du canal anal. (tableau 1) : ils offrent une assez bonne sécurité d emploi mais peu d entre eux ont fait l objet d une évaluation dans l incontinence fécale (figures 2 et 3). Les techniques d implantation sont simples et elles peuvent pour la plupart être effectuées sous anesthésie locale et/ou en ambulatoire (tableau 2) [11-13]. La procédure ayant bénéficié d une évaluation la plus large repose sur l injection d implants périanaux de biosilicone [13]. Cette technique est simple de réalisation, elle est facilement proposée en ambulatoire sous anesthésie locale (tableau 2). Trois implants, conditionnés en phase semi-liquide de 2,5 ml, sont positionnés à la partie haute du canal anal dans l espace intersphinctérien et/ou sous-muqueux (figures 4 et 5). Ils peuvent faire l objet d une injection au sein d un défect sphinctérien préalablement identifié ou de façon empirique au niveau de trois points cardinaux de façon à obtenir une disposition homogène. La tolérance est excellente plus de 9 fois sur 10. Les principales complications peuvent être en rapport avec des hématomes minimes au niveau des points de ponction ou des douleurs lorsque les implants sont trop superficiels. Les complications infectieuses sont exceptionnelles depuis que les injections sont effectuées à partir d un point de ponction péri-anal et non endocanalaire. Tableau 1. Gamme de biomatériaux inertes dont l utilisation est possible dans le traitement de l incontinence. Teflon (Polytef ) Collagène purifié de bœuf (Gax ) Silicone (PTQ ) Hydroxyapatite (Coaptite ) Polyacrylamide (Bulkamid ) Graisse autologue Collagène purifié de porc (Permacol ) Oxyde de zirconium (Durasphère ) Acide hyaluronique (Zuidex ) Fibroblastes et myoblastes (cellules souches autologues) 227

Résultats Figure 2. L injection d hydroxyapatite ou d hyaluronidase se fait de façon simple dans la lumière d un anuscope à la manière d une injection sclérosante hémorroïdaire. Le bénéfice thérapeutique est jugé favorable à la fois sur les symptômes et les dimensions de qualité de vie des malades. L amélioration des troubles de la continence se poursuit pendant plusieurs semaines après l injection initiale [11-13]. Il est nécessaire d obtenir un recul minimal de trois mois avant de prendre d autres options thérapeutiques : 40 à 67 % des malades estiment avoir une amélioration de plus de 50 % de leur trouble de la continence et plus de 9 fois sur 10, leur qualité de vie est améliorée. Le bénéfice thérapeutique peut encore être accru par un guidage endosonographique (figures 3 et 5) du positionnement des implants (privilégiant les zones de défects) ou en augmentant le nombre des implants posés (4 à 6). Les résultats se maintiennent dans le temps sans dispersion ou dégra- 16 P = 0,003 Continence scores with 95% Cl 14 12 10 8 6 4 N = 18 18 18 18 18 Baseline 1 3 6 12 A Mois Figure 3. L injection sous-muqueuse d hydroxyapatite induit une diminution des scores moyens d incontinence (partie gauche) et sa localisation sous-muqueuse est facile à matérialiser par méthode endosonographique (partie droite) (d après [12]). Tableau 2. Comparaison de deux méthodes d injection de biomatériaux inertes dans le traitement de l incontinence fécale passive (adaptée de [11]). Durasphère [12] Biosilicone [13] Ambulatoire Ambulatoire Pas d anesthésie Anesthésie locale Pas d antibioprophylaxie Antribioprophylaxie Injection directe transanale Injection périanale Sous-muqueuse Intersphinctérienne Matériel de sclérose hémorroïdaire Pistolet d injection spécifique 1 à 4 sites 3 sites 2 ml par site 2,5 ml par site 228

Figure 4. L injection de biosilicone impose le recours à un matériel spécifique du fait de la densité élevée et de la viscosité de l agent injecté. dation des implants [13]. Il n est néanmoins pas certain que cette technique supporte l épreuve d une évaluation contrôlée randomisée du fait de la réponse sous placebo habituellement élevée des malades incontinents. Conclusion EAS IAS implant Figure 5. La topographie d un implant dans l espace intersphinctérien est bien appréciée par méthode d échographie endocavitaire tridimensionnelle. Par définition, les nouvelles procédures thérapeutiques sont encore insuffisamment évaluées. Dans le champ de la proctologie, les méthodes en phase d analyse poursuivent actuellement l objectif d un ratio bénéfice/risque élevé à la différence de procédures chirurgicales passées jugées aujourd hui lourdes par la technicité, le coût et la morbidité qu elles induisent. Espérons que, dans de nombreuses affections jugées invalidantes mais de bon pronostic, ces approches tiendront leurs paris. En résumé Les troubles de la continence liés à un trouble fonctionnel ou anatomique du sphincter anal interne sont peu accessibles aux thérapeutiques conventionnelles de l incontinence fécale (médicaments, rééducation, réparation sphinctérienne). L injection de matériaux inertes, repose sur des méthodes mini-invasives ambulatoires (injection peranuscopique, injection périsphinctérienne). L efficacité des injections de matériaux inertes n est documentée que dans des essais pilotes ouverts le plus souvent. Dans ces essais, le niveau d amélioration clinique est parfois important. Le bénéfice n est pas toujours immédiat et peut s accroître dans les mois qui suivent l injection. Les méthodes de radiofréquence induisent une sclérose sousmuqueuse à la partie haute du canal anal. Son efficacité dans les troubles de la continence fécale pourrait ainsi reposer sur une diminution de la compliance du canal anal. Le bénéfice thérapeutique n est actuellement démontré que dans des essais ouverts d effectif réduit. Le bénéfice symptomatique a une pertinence clinique modeste c est-à-dire que le niveau d amélioration quantifié par des scores simples est limité. Références 1. Ehrenpreis ED, Chang D, Eichenwald E. Pharmacotherapy for fecal incontinence : A review. Dis Colon Rectum 2006 ; 49 : 1-9. 2. Lehur PA, Leroi AM. Incontinence anale de l adulte. Recommandations pour la pratique clinique. Gastroenterol Clin Biol 2000 ; 24 : 299-314. 3. Norton C, Chelvanayagam S, Wilson-Barnett J, Redfern S, Kamm MA. Randomized controlled trial of biofeedback for fecal incontinence. Gastroenterology 2003 ; 125 : 1320-9. 4. Karoui S, Leroi AM, Koning E, Menard JF, Michot F, Denis P. Results of sphincteroplasty in 86 patients with anal incontinence. Dis Colon Rectum 2000 ; 43 : 813-20. 5. Bravo Gutierrez A, Madoff RD, Lowry AC, Parker SC, Buie WD, Baxter NN. Long-term results of anterior sphincteroplasty. Dis Colon Rectum 2004 ; 47 : 727-31. 6. Matzel KE, Kamm MA, Stosser M. Sacral spinal nerve stimulation for faecal incontinence : multicentre study. Lancet 2004 ; 17(363) : 1270-6. 7. Leroi AM, Parc Y, Lehur PA, Mion F, Barth X, Rullier E, et al. Efficacy of sacral nerve stimulation for fecal incontinence : results of a multicenter double-blind crossover study. Ann Surg 2005 ; 242 : 662-9. 8. Takahashi T, Garcia-Osogobio S, Valdovinos MA, Mass W, Jimenez R, Jaurequi LA, et al. Radio-frequency energy delivery to the anal canal for the treatment of fecal incontinence. Dis Colon Rectum 2002 ; 45 : 915-22. 9. Takahashi T, Garcia-Osogobio S, Valdovinos MA, Belmonte C, Barreto C, Velasco L. Extended two-year results of radio-frequency energy delivery for the treatment of fecal incontinence (Secca procedure). Dis Colon Rectum 2003 ; 46 : 711-5. 10. Efron JE, Corman ML, Fleshman J, Barnett J, Nagle D, Birnbaum E, et al. Safety and effectiveness of temperature-controlled radio-frequency energy delivery to the anal canal (Secca procedure) for the treatment of fecal incontinence. Dis Colon Rectum 2003 ; 46 : 1606-18. 11. Vaizey CJ, Kamm MA. Injectable bulking agents for treating faecal incontinence. Br J Surgery 2005 ; 92 : 521-7. 12. Davis K, Kumar D, Poloniecki J. Preliminary evaluation of an injectable anal sphincter bulking agent (Durasphere) in the management of faecal incontinence. Aliment Pharmacol Ther 2003 ; 18 : 237-43. 13. Tjandra JJ, Lim JF, Hiscock R, Rajendra P. Injectable silicone biomaterial for fecal incontinence caused by internal anal sphincter dysfunction is effective. Dis Colon Rectum 2004 ; 47 : 2138-46. 229