NOTE D INTENTION PROJET FILM DOCUMENTAIRE «Je suis d accord avec Confucius»

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Transcription:

NOTE D INTENTION PROJET FILM DOCUMENTAIRE «Je suis d accord avec Confucius» L Association Belle Rive se rallie à la conception de la Fédération Nationale des Centres Sociaux qui définit le Centre Social et Socioculturel comme un foyer d initiatives porté par des habitants associés appuyés par des professionnels, capables de définir et de mettre en œuvre un projet de développement social pour l ensemble de la population sur un territoire donné. L Association Belle Rive affirme, par ailleurs, son «Utopie Réaliste» qui est de créer les conditions pour que chacun augmente sa capacité à être libre et donc sa capacité à agir. Notre finalité est de faire prendre conscience qu agir est possible. Notre projet s inscrit dans des fondements : - L Education Populaire, mouvance dans laquelle s inscrivent l Association Belle Rive et les logiques de ses acteurs, Bénévoles et Salariés, et qui marque de son empreinte les choix réalisés, les modes d intervention et les stratégies adoptées. - La pédagogie des opprimés de Paulo Freire dans laquelle nous retenons la démarche de conscientisation et d éducation émancipatrice où l éducateur apprend autant de ses élèves qu il leur apporte, où le chemin vers la connaissance se fait ensemble dans l expérience et le monde. Il n y a plus celui qui sait et celui qui ignore. «Personne n éduque autrui, personne ne s éduque seul, les hommes s éduquent ensemble, par l intermédiaire du monde». - L empowerment qui est «un processus composé d un enchaînement simultané d étapes agissant sur quatre plans : la participation, les compétences pratiques, l estime de soi et la conscience critique. Dans leur ensemble et par leur interaction, elles permettent le passage d un état sans pouvoir d agir à un autre où l individu est capable d agir en fonction de ses propres choix».

Avant toute chose, affirmer les valeurs qui nous animent contribue à donner du sens aux actions menées et à participer à la transformation sociale, qui est notre raison d être : - Le respect et la tolérance : pouvoir exister et être reconnu dans son identité et sa différence, et accepter l autre tel qu il est. - Le plaisir et la convivialité comme art de vivre, ceci pour générer de la joie dans le vivre ensemble. - Le principe d égalité, un homme en vaut un autre. - L engagement et la responsabilité. Notre projet a pour objectif d accroître notre compréhension du monde et donc, notre conscience politique. La responsabilité est la reconnaissance de l interdépendance de l individu avec ses semblables et avec la nature, et est une des dimensions fondamentales de l éthique. Notre engagement est de «mettre en gage» notre responsabilité à agir en tant que citoyen, proportionnellement à notre conscience politique, individuelle et collective. Nos principes d action sont au nombre de 4 : un accueil et une écoute participative, en organisant la rencontre entre les habitants et la prise en compte de leur expression, en relayant ou en suscitant leur envie pour qu elle se transforme en actions. La dynamique collective car le groupe est un facilitateur pour augmenter la prise de conscience collective et agir. «Seul on marche plus vite, en groupe on va plus loin» L organisation des actions Les actions se construisent à partir des envies des habitants. Elles s appuient sur leurs potentiels et non sur leurs besoins. Les personnes sont une ressource pour les projets qui sont élaborés par elles et non pour elles. Les actions sont construites sur le mode projet avec la définition d objectifs et un échéancier.

La participation des personnes est effective à toutes les étapes du projet, de la conception à l évaluation, en passant par les moyens de l action, dont l autofinancement. L action n est que le support, un moyen d entraînement, pour que les personnes développent leurs compétences. La visée en termes de capacités à accroître est définie par les personnes elles-mêmes, le véritable apprentissage passant par l expérimentation. L ambition des projets est donc variable d un groupe à l autre. Comme tout processus d apprentissage passe par des étapes, les personnes ont la possibilité de construire de réels parcours dans le temps. L apprentissage tout au long de la vie est une posture à encourager. Deux éléments phares à valoriser sont la transmission de l expérience et l évaluation, comme moments explicites de la prise de conscience. L organisation des actions fondée sur la transversalité des publics et des projets, la dimension intergénérationnelle permet aux personnes d appréhender le projet global. Dans la finalité de changement inhérente à notre projet, la démarche participative prend tout son sens, seule la personne pouvant changer. Chaque action développée doit permettre à chacun de développer son pouvoir d agir sur lui-même, sur son quartier, sur la ville. Les stratégies d intervention sont adaptées à chaque quartier (travail de rue, animations en pieds d immeubles, travail en proximité ). L organisation associative pensée comme système Une organisation associative en adéquation avec la participation effective des habitants et un fonctionnement démocratique avec un véritable partage du pouvoir entre 3 comités : Conseil de Centre - Comité de Gestion - Comité de Projets, en interdépendance, mais avec des missions différentes et une autonomie dans les prises de décisions. La qualification, le professionnalisme et la posture d accompagnement des salariés. La coopération Bénévoles/Salariés.

Des temps formels de formation et de réflexion communs aux bénévoles et salariés, jusqu à une expérience de recherche-action partagée. Une organisation conçue de façon à faire en sorte que toutes les actions sur le terrain soient en interaction, afin qu elles s entraînent les unes aux autres, le tout au sein d un mouvement qui alimente la dynamique associative. «Quand tu es motivé, tu es motivant et encourageant et réciproquement.» Ce projet est ambitieux, mais il se traduit concrètement dans des actions choisies par les gens qui en créent le sens et se l approprient dans un même temps. Si ce projet paraît séduisant parce que fondé sur la participation des habitants, l association n en reste pas moins confrontée à des paradoxes de taille du fait des réalités institutionnelles. Les politiques publiques formulent la dimension de la participation des habitants comme un critère d évaluation et donc de financement. C est le cas, à titre d exemple, sur les projets retenus par la politique de la ville et les programmes de rénovation urbaine. Il est à remarquer que cette injonction à participer concerne alors certains quartiers et des catégories de populations ciblées. Si cette volonté affirmée paraît généreuse, quelle réalité souhaite-elle recouvrir et de quelle participation parlons-nous? Quels sont les niveaux d implication des habitants attendus : participation aux réunions d information, implication sur des processus de concertation, de décision, d évaluation? Nous vérifions alors qu un même mot «participation» recouvre des réalités différentes en termes de place laissée aux habitants. Dans le cadre de politiques publiques conçues de façon ascendante avec l application de programmes déterminés, la participation attendue est confinée, de fait, qu à certains niveaux de participation. Il apparaît donc clairement que participer n est pas synonyme d agir. Par ailleurs, les représentations sociales sur ce qu est un Centre Social, ses missions, et les populations qu il accueille, sont fortes. Il est attendu des professionnels d être

capables d élaborer un diagnostic du territoire et de proposer des réponses aux besoins repérés en incitant les personnes à y participer. Dans une visée plus ambitieuse de transformation sociale, si la compétence des professionnels est indispensable, elle ne se suffit pas à elle-même. Mettre en œuvre un réel pouvoir d agir implique d emblée de s appuyer sur les ressources des personnes comme experts de leur territoire, et pas seulement de prendre en compte leurs besoins. La motivation pour ce film est de montrer qu agir est possible sous réserve d en réunir les conditions. Développer et exercer son pouvoir d agir sur soi et sur la cité percute la question de la mise en œuvre de la démocratie, et donc du partage du savoir et du pouvoir. Ils nécessitent un apprentissage par étapes que les personnes doivent acquérir, un fonctionnement démocratique ne se décrète pas mais s organise car il percute des pouvoirs bien établis. Force est de constater que le sens de nombre de mots utilisés est désormais galvaudé tels que participation, démarche participative, etc... Il est à craindre qu il en soit de même pour celui du pouvoir d agir. Pour limiter ce travers, il paraît indispensable d accompagner les mots d images comme révélateurs de sens, c est du moins l hypothèse que nous formulons avec ce projet de film documentaire. L intérêt d un tel projet est à dimension multiple pour notre association, à la fois finalité et moyen. Conçu comme un projet à part entière, il a pour finalité de communiquer et faire connaître ce que peut être un projet Centre Social dans son essence. Réalisé comme film documentaire à destination du territoire saintais, de ses élus, de ses partenaires et de ses habitants, sa diffusion pourra dépasser ce périmètre. Il pourra être l occasion de susciter du débat au sein de notre réseau des centres sociaux à l échelle départementale, régionale et nationale. Il pourra plus largement être support à échanges autour de questions sur l exercice de démocratie locale ou associative.

Ce projet est par ailleurs un moyen de travailler avec les groupes d action sur ce qu ils veulent montrer et sur ce qu ils veulent témoigner, de ce qu ils vivent et du sens défendu. Il est appréhendé comme un outil supplémentaire au service du projet global mené, l image étant un moyen puissant d accompagner les personnes dans cette prise de conscience entre le «faire» et le pourquoi de l action. Du rêve à la réalité, des étapes se vivent et se déclinent par la mobilisation d énergie, d émotions, de sentiments, d esthétique qui se traduisent effectivement dans l action. Par la dynamique interne qu il va créer et qu il crée déjà, ce documentaire est un moyen de renforcer le processus de transmission et d essaimage souhaité entre les personnes et les groupes d un territoire. De bien entendu des limites à ce projet associatif existent. Il existe une tension permanente entre l ambition de notre utopie qui nous autorise à rêver et notre lucidité qui nous permet d agir en toute humilité. Il est cependant à noter qu elle ne nous empêche en rien d agir. Mots et phrases clés : pouvoir d agir, transformation sociale, démocratie, coopération, penser et agir, résister, système apprenant, habitant expert, intergénérationnel, transmission, essaimage Gagner du temps à croire qu on en perd Si un homme rêve seul, c est seulement un rêve, s il rêve avec un autre c est une réalité qui commence. A Belle Rive tu ne trouves rien de tout cuit Un homme en vaut un autre