Appel Région Bretagne ASOSC Appropriation Sociale des Sciences [PERISCOPE Rapport Intermédiaire] de IUEM-REEB OLIVIER RAGUENEAU -LEMAR AVEC LA COLLABORATION DE NADINE SOUCHARD -CCB MARYLINE LAIR -REEB ANOUCK HUBERT- IUEM ET LE CHERCHEUR COLLECTIF JUIN 2013-JUIN 2014
TABLE DES MATIERES INTRODUCTION... 2 1- DEMARCHE D ANIMATION DU COLLECTIF ACTEURS-CHERCHEURS... 3 1-1 REUNI ON DE LANCEMENT ET MOBILISATION DES ACTEURS... 3 2-2 EXPLORATION DE L ESPACE DE PRATIQUES ACTEURS-CHERCHEURS... 6 2-3 L ESPACE DE PRATIQUE E N QUESTIONNEMENT... 7 2- LE FORUM «L OBSERVATION PARTICIPATIVE EN SCIENCES DE LA MER ET DU LITTORAL»...8 2-1 -L EQUIPE PROJET ET LES ENTRETIENS PREPARATOIRES... 8 2-2 - LE PROGRAMME- LE PUBLIC- LES ATELIERS... 9 LE PROGRAMME...9 LES INVITATIONS ET CEUX QUI ONT REPONDU PRESENT... 10 LES QUESTIONS QUI ONT ETE SOULEVEES DANS LES ATELIERS... 10 2-3 L OBSERVATION PARTICIP ATIVE A L IUEM... 12 3- QUELLE PROSPECTIVE POUR L OBSERVATION PARTICIPATIVE?... 14 3-1 DYNAMIQUES D ACTEURS... 14 3-2 PHASE 2-C O-CONSTRUCTION D UNE PROSPECTIVE POUR L OBSERVATI ON PARTICIP ATIVE EN SCIENCES DE LA MER E T DU LITTORAL... 15 ANNEXES...0 ANNEXE 1 CARTE MENTALE DU CHERCHEUR C OLLECTIF... 0 ANNEXE 2-GRILLE D ANALYSE INTERVIEWS... 1 ANNEXE 3 PROGRAMME DU FORUM... 3 ANNEXE 4 - TEXTE DE L INVITATION AU FORUM OBSERVATION PAR TICIPATIVE... 4 ANNEXE 5 LA CONCLUSION DU FORUM PAR YVES-MARIE PAULET... 5 ANNEXE 6 TABLEAU DES INTERVIEW S REALISEES ET DES E XPERIENCES PRESENTEES... 6
INTRODUCTION L idée de la création de PERISCOPE (Plateforme d échanges et de recherche interdisciplinaire entre sciences et société civile organisée) est née au moment des premières rencontres régionales sciences et société organisées en février 2011 à l IUEM. A la suite de ces rencontres, un projet ASOSC (Appropriation Sociale des Sciences) a été déposé et retenu par la région Bretagne. Le projet est alors construit en partenariat avec le REEB (Réseau d'éducation à l'environnement en Bretagne, en liens directs avec Dominique Cottereau, administratrice et Corinne Vermillard, directrice), et inclut également d autres partenaires scientifiques UBO-SHS (Université de Bretagne Occidentale, Sciences Humaines et Sociales) et d autres partenaires associatifs (une troupe de théâtre et Océanopolis). L idée était alors de co-construire un état des lieux mobilisateur des relations sciences société à l échelle de la région Bretagne et de définir ensemble les objectifs, la gouvernance, et le fonctionnement de PERISCOPE. Des co-financements avaient été demandés pour un budget global de 110 000 mais non obtenus (70 000, programme REPERE du Ministère de l écologie et du développement durable). Tout début 2012, le fait de ne pas avoir obtenu ces co-financements implique de faire un avenant à la convention ASOSC entre la Région Bretagne et l UBO. Le projet est alors retravaillé (par Olivier Ragueneau, Anouck Hubert, Dominique Cottereau, Corinne Vermillard) et recentré sur l état des lieux et sur le thème du continuum terre-mer, l ambition du projet et le budget étant revus à la baisse. Des partenaires SHS de l UBO ne valident pas ce document et demandent à faire une autre proposition. La nouvelle proposition nous parvient en juin 2012, mais elle ne peut être présentée à la région Bretagne car le projet, les partenaires et la répartition financière est totalement différente de la demande initiale, acceptée et financée par la région Bretagne dans le cadre ASOSC ; de plus l esprit de cette proposition ne correspond pas du tout au type de recherche-action collaborative que nous avions initialement envisagé. Le projet est mis en stand-by, du fait du départ du REEB de Corinne Vermillard puis de Dominique Cottereau. Le projet est réactivé en janvier 2013, en intégrant le Collège Coopératif de Bretagne comme partenaire de l IUEM, mais avec 3 changements d interlocuteurs à la région Bretagne, ce n est pas simple au niveau administratif et financier de relancer le projet. Une réunion en juin 2013 au siège de l'association REEB (Guingamp) permet une première présentation du projet à quelques adhérents du réseau, membres de la commission eau/mer/littoral. À la demande de la région, une proposition plus détaillée est construite et soumise en juillet 2013, rédigée par Elise Quéré (REEB), Nadine Souchard (CCB), et Anouck Hubert (IUEM). Du fait de mobilités et de réorganisations internes au REEB, nous changeons d interlocuteur : Elise Quéré (remplaçante) => Sophie Houbart => Maryline Lair. La proposition rédigée en juillet donne alors lieu à un avenant à la convention Région-Bretagne UBO, qui est voté en octobre. Fin octobre 2013 les crédits sont ouverts et nous pouvons commencer le projet. Pendant ce temps, à l IUEM, la plateforme PERISCOPE a continué à organiser des temps de travail (journées d études, petits déjeunés arts et sciences) des rencontres entre scientifiques et acteurs de la société civile qui ont contribué l émergence de projets de recherche comme ARTISTIC (projet international entre sciences, arts et politique autour du changement climatique) et la ZABrI (Zone atelier Brest-Iroise), et de formation, comme Université d été MER-Education, l UE sciences et société Masters SML, Tous ces projets et plus particulièrement le projet ASOSC-PERISCOPE participent à la co-construction de PERISCOPE, ce sont ces projets qui lui donnent une consistance, une existence. Aujourd hui, il est important de clarifier ce qu est PERISCOPE : Un tiers-lieu, un think-tank, un laboratoire d idées, un espace de rencontres et d hybridation des savoirs, pour comprendre et réfléchir mais aussi pour contribuer à l émergence de projets innovants entre sciences et société en lien avec la mer et le littoral.
Il faut faire attention de distinguer la plateforme Périscope, véritable laboratoire d idées et en cours de structuration au niveau régional, qui a vocation à devenir pérenne, du projet ASOSC- Périscope, état des lieux qualitatif des relations sciences-société, qui s étend sur deux années. Ce rapport intermédiaire présenté à l issue de la phase 1 du projet (juin 2013-juin 2014), présente les démarches d animation du collectif acteur-chercheur que nous avons mis en œuvre, les résultats d une «mise à l épreuve» lors du «forum «observation participative» en sciences de la mer et du littoral» et les pistes de travail qui s ouvrent pour la seconde phase du projet, à la fois dans le cadre de la commission eau/mer/littoral du REEB et de la prospective scientifique de l IUEM. 1- DEMARCHE D ANIMATION DU COLLECTIF ACTEURS-CHERCHEURS Pour mener à bien cette exploration des interactions entre acteurs et chercheurs, nous avons souhaité constituer un collectif acteur-chercheur nommé «le chercheur collectif» dans lequel nous essayons d assurer une symétrie de position. Cette démarche est accompagnée par Nadine Souchard, Sociologue au CCB (Collège coopératif de Bretagne) et animée par Anouck Hubert, chargée de mission sciences et société à l IUEM. 1-1 REUNION DE LANCEMENT ET MOBILISATION DES ACTEURS Du fait des nombreux changements de personnes entre les porteurs initiaux ayant déposé le projet et ceux qui ont effectivement la charge de le mettre en œuvre, la dynamique initiée en 2011 est à reconstruire. Il nous a fallu réexpliquer le contexte, remobiliser les acteurs associatifs du REEB et les acteurs scientifiques de l IUEM, réorienter les objectifs du projet en fonction des acteurs ayant répondu à l appel à participation. 28 JUIN 2013 DANS LES LOCAUX DU REEB (GUINGAMP-PLOUISY) : PRESENTATION DU PROJET A LA COMMISSION EAU/MER/LITTORAL DU REEB (11 personnes présentes dont 3 acteurs de la recherche) L idée proposée est de faire un recensement des diverses formes d interactions entre associations du REEB et acteurs scientifiques sur le thème des sciences de la mer et de qualifier ces relations. Lors de cette première rencontre, une partie des échanges porte sur les sciences participatives et plus particulièrement l observation participative. Les limites et les freins de ce type d interactions sont relevés par les acteurs associatifs, en particulier la dissymétrie de la relation avec des protocoles conçus par les scientifiques et mis en œuvre par les associations et le manque de feedback de la part des scientifiques vers les observateurs bénévoles. En observation participative les protocoles sont souvent construits par les seuls scientifiques, sans que les acteurs de terrain ne soient consultés De même, une fois que les observateurs bénévoles ont transmis leurs données, ils n ont que très peu d interactions avec les scientifiques A la suite de cette présentation du projet ASOSC-PERISCOPE, le REEB a lancé un appel à participation auprès de ses associations adhérentes. Il est à noter que la dissymétrie de moyens a été pensée et que les acteurs du REEB sont défrayés en tant que prestataire pour leur participation au projet. L'appel a été lancé en octobre 2013, et 11 personnes représentant des associations ont manifesté leur intérêt pour le projet. Après échanges avec chacun sur leur motivation et principalement sur l'engagement que le projet nécessitait, 8 personnes se sont inscrites dans le projet (dont la coordinatrice du REEB).
Ainsi, le chercheur-collectif s'est constitué en partie avec les acteurs associatifs suivants : Virginie Antoine, Association Pour Kernaou, éducatrice à l'environnement / chargée de mission Environnement Véronique Javoise, ALESA, professeur en lycée agricole Anne-Kristell Jouan, Nautisme en Bretagne, chargée de mission Claire Prieur, MAVD, éducatrice à l'environnement Marie-Amélie Néollier et Jean-Charles Planchenault, Surfrider Foundation, éducateurs à l'environnement Céline Marie, CPIE de Belle-Isle-en-Mer, éducatrice à l'environnement Jean-Marc Terrade, Interactions, éducateur à l'environnement, chargé de mission GIML Maryline Lair, REEB, coordinatrice du réseau REEB 18 DECEMBRE CRESS A RENNES : PRESENTATION ASOSC-PERISCOP AUX ACTEURS ASSOCIATIFS REEB (10 personnes présentes dont 3 acteurs recherche) Récit de l émergence du projet ASOSC-PERISCOPE et du développement de PERISCOPE think-tank. Qu est-ce qu un chercheur collectif? Un chercheur collectif c est plusieurs personnes qui sont chercheurs ou ne le sont pas, peu importe finalement. Ce qui est important c est qu ils se mettent collectivement en travail de recherche. Dans le cas présent, le chercheur collectif sera composé d acteurs de l éducation à l environnement adhérents du REEB et de chercheurs de l IUEM, chercheurs en sciences de la mer et du littoral. Les chercheurs de l IUEM ne participent pas en tant que spécialistes experts de leur discipline (biologie, chimie, droit, économie, géologie, géographie), ils vont travailler sur une question qui est nouvelle pour eux et utiliser des outils qu ils n ont jamais utilisé. De même les acteurs associatifs ne sont pas spécialistes des relations sciences et société et cette démarche de recherche est nouvelle pour eux. Il y a symétrie de position, tous acteurs et tous chercheurs. Mais on ne va pas changer les rôles, faire de la recherche «comme si». D'une manière générale, même si les modèles de recherche-action sont très divers, il y a toujours une visée de transformation sociale. Participer à un programme de recherche-action, c'est se mettre en situation réflexive. Le fait d'être à plusieurs engagés dans cette dynamique, que la réflexion soit partagée, permet de créer de la connaissance. Ce n'est pas une recherche au sens scientifique, même si on a va rechercher ensemble. L'objectif est de créer quelque chose ensemble, qui relève du bénéfice à partager nos réflexions, chercheurs et société civile : et donc aussi d'accepter de quitter notre posture «très» associative ou «très» chercheur pour créer ensemble. C'est différent de ce que l'on rencontre souvent dans la recherche-action où un groupe d'acteurs va chercher des chercheurs pour les éclairer dans ce qui les traverse. Il faut rompre avec l'idée que l'on va faire une recherche scientifique, mais plutôt une recherche entre nous sur des choses assimilables par nous. C'est ça, la notion de «chercheur collectif». On ne se place pas dans une posture de porte parole (on n est pas là pour défendre notre chapelle) Qu est-ce que le chercheur collectif va produire? De la connaissance appropriable par tous. Quelle sera la question travaillée par le chercheur collectif? On ne va pas faire un inventaire exhaustif des pratiques sciences-société sur le continuum terre-mer, mais plutôt une typologie des pratiques pour les comprendre. Et ceci, déjà à partir de nos expériences Tour de table des motivations, des freins, des craintes :
Une grande partie des acteurs associatifs se disent intéressés pour approfondir les sciences participatives et en particulier l observation participative comme l une des modalités des relations entre acteurs scientifiques et acteurs associatifs du REEB. 24 JANVIER A L IUEM PLOUZANE : PRESENTATION ASOSC-PERISCOP AUX ACTEURS RECHERCHE IUEM (7 personnes présentes tous acteurs de la recherche) Récit de l émergence du projet ASOSC-PERISCOPE et du développement de PERISCOPE think-tank. Qu est-ce qu un chercheur collectif? Qu est-ce que le chercheur collectif va produire? La recherche, la nouvelle connaissance ainsi produite est différente de ce que produit une recherche académique : l objectif est de produire de la connaissance appropriable par tous. Le processus est tout aussi important que le résultat et c est pourquoi il nous faudra capitaliser et trouver la meilleure manière de rendre compte de ce cheminement Quelle sera la question travaillée par le chercheur collectif? Inventaire et qualification des relations entre scientifiques et acteurs de la société civile dans les domaines de la mer et du littoral et du continuum terre-mer. Nous ne sommes pas en recherche d exhaustivité mais nous cherchons à rendre compte d une diversité de pratiques en partant des expériences représentées dans le groupe, analyser collectivement ces pratiques et mobiliser les acteurs de la recherche et les acteurs associatifs. Tour de table des motivations, des freins, des craintes : Intérêt pour le sujet, et envie d en savoir plus car dans les réseaux scientifiques internationaux et nationaux, dans les appels à projets, cette notion de sciences & société est de plus en plus présent. L objet mer se prête bien à cette approche. Certains jeunes chercheurs et personnels de la recherche se posent la question de leur légitimité à participer à ce collectif car ils n ont pas de connaissances scientifiques sur le sujet des relations science-société. Il leur est rappelé que c est aussi le cas des acteurs associatifs du REEB et que l idée est d apprendre à travers le processus Ainsi, le chercheur-collectif s'est constitué en partie avec les acteurs scientifiques suivants : Olivier Ragueneau, IUEM, Biochimiste directeur du LEMAR Laboratoire des sciences de l'environnement MARin Christine Paillard, biologiste LEMAR Fabien Riera, Ethnologue, LEMAR Daniela Zepilli, Biologiste, LEMAR Marie Czamanski, ingénieur d étude, IUEM Observatoire Anouck Hubert, chargée de mission Sciences et société LabexMER RESULTAT Explicitation du contexte du projet, explicitation de la forme singulière de recherche-action que nous proposons. Ecoute des motivations, intérêts, et craintes des acteurs associatifs et des acteurs de la recherche.
2-2 EXPLORATION DE L ESPACE DE PRATIQUES ACTEURS-CHERCHEURS Le collectif acteur-chercheur ou «chercheur collectif» ainsi constitué s est réuni au cours de 5 rencontres entre février 2014 et juin 2014. L objectif était d explorer l espace de pratiques acteurs-chercheurs en partant dans un premier temps des expériences représentées dans le groupe et dans un second temps, d un approfondissement en interviewant des acteurs scientifiques et des acteurs associatifs sur des projets bien ciblés. 1-CARTE MENTALE ET REPERTOIRE D EXPERIENCES EN DEBATS (19 février à l IUEM Plouzané - 13 participants 6 acteurs recherche et 7 acteurs associatifs) Au cours de cette rencontre d une journée, après un temps d interconnaissance, les objectifs, le contexte, et les modalités du travail sont rappelés aux participants. Une séquence méta-plan permet de réaliser une carte mentale nous permettant de cartographier les représentations initiales du groupe sur les relations entre acteurs de la recherche et acteurs associatifs. Une seconde séquence a pour objectif de répertorier les différentes expériences présentes dans le groupe et de créer son répertoire d expérience. Finalement, ces deux documents, carte mentale et répertoire d expérience, sont étudiés pour repérer des typologies de relations entre acteurs de la recherche et acteurs associatifs et de repérer les thématiques manquantes. A partir de ces premiers travaux, un débat est lancé pour analyser les tout premiers résultats. La feuille de route jusqu à la prochaine rencontre est co-élaborée et un rapide feedback de la journée est demandé aux participants. Annexe 1 : Carte mentale 2-OUTILLER-CO-ELABORATION D UNE GRILLE D ANALYSE (2 avril à l IUEM -½ journée- 12 participants 6 acteurs recherche et 6 acteurs associatifs) Cette rencontre d une demi-journée a débuté par une lecture partagée des premières productions (carte mentale, répertoire d expérience et débat issu de la première rencontre). Une seconde séquence a consisté en un exercice de co-élaboration d une grille d analyse, un outil commun d analyse des expériences représentées dans le groupe et d analyse des pratiques des acteurs rencontrés au cours d interviews réalisées par les participants sous forme d un binôme acteur associatif-acteur recherche. La grille d analyse est ensuite testée par le groupe lors de la présentation de deux formes de pratiques des relations entre acteurs de la recherche et acteurs associatifs : rencontre artistes-chercheurs-étudiants-enseignants et observation participative. Suite à cette expérimentation la grille d analyse a été affinée et enrichie. Puis une feuille de route a été co-élaborée avec les intentions de réalisation d interviews, si possible en binômes acteurs associatifs acteurs de la recherche. Annexe 2 : grille d analyse
FORUM «L OBSERVATION PARTICIPATIVE EN SCIENCES DE LA MER ET DU LITTORAL : UN ESPACE DE PRATIQUES A QUESTIONNER ET A ENRICHIR?» (23-24 avril 2014 à l IUEM Plouzané 70 participants- 18 intervenants) Dès la première rencontre avec les acteurs associatifs du REEB, la question des sciences participatives et plus particulièrement de l observation participative était apparue comme le type d interaction science-société le plus spontanément cité, souvent expérimenté et relativement bien approprié. Mais il apparaissait également que la nature de cette relation, ses modalités, et ses dynamiques posaient de nombreuses questions intéressantes, en particulier sur la dysmétrie de position et de contribution entre les acteurs associatifs et les acteurs de la recherche. C est pourquoi l IUEM a souhaité, dans le cadre du projet ASOSC et en demandant un complément de financement à l ISCC (Institut dess Sciences de la Communication du CNRS) expérimenter un espace de questionnement des pratiques en invitant acteurs de la société civile et acteurs de la recherche à participer au forum «L observation participative en sciences de la mer et du littoral : un espace de pratiques à questionner et à enrichir?» Ce forum a été l occasion d une mise à l épreuve d un espace de questionnement de pratiques. Annexe 4 : Texte de l invitation MISE EN PARTAGE DES MATERIAUX RECOLTES (14 mai à l IUEM Plouzané- ½ journée-9 participants 4 acteurs recherche et 5 acteurs associatifs) La troisième ½ journée de rencontre a commencé par une analyse des expériences partagées lors de la précédente rencontre et l appropriation de la grille d analyse. Deux nouvelles expériences ont ensuite été présentées : L empowerment avec Surfrider fondation, et la vision des ressorts de participation des bénévoles dans les associations. Ensuite le groupe a partagé les résultats des interviews réalisées.la rencontre s est terminée avec l élaboration d une nouvelle feuille de route et la programmation de nouvelles interviews. Annexe 6 : Tableau des interviews réalisées 2-3 L ESPACE DE PRATIQUE E N QUESTIONNEMENT (25 juin à l IUEM Plouzané- journée- 9 participants 5 acteurs recherche et 4 acteurs associatifs) Après une rapide analyse partagée des expériences présentées lors de la dernière séance, la quatrième journée de rencontre a été l occasion de présenter une expérience de pratique représenté dans le groupe avec les interactions entre chercheurs et artistes dans le contexte de la plateforme PERISCOPE et dans le cadre du projet Auris Maris, et de présenter les interviews réalisées auprès de l équipe de TARA Océans une initiative privée d observations et d expéditions scientifiques en océanographie.un second temps de travail a consisté à identifier, à partir des matériaux récoltés, les questions convergentes et les questions qui motivent les participants.le troisième temps a permis de se projeter dans la seconde phase du projet. Différents objectifs : les chercheurs ont des objectifs de connaissances, les acteurs de l éducation à l environnement ont des objectifs de protéger et faire connaitre. Besoin d espaces communs de dialogue. Rôle central du médiateur / de la médiation La médiation est la construction d un espace relationnel. Liens entre science et société via médiation donnent des liaisons fructueuses Attention au piège de la médiation écran : le médiateur ne se substitue pas aux scientifiques, il est facilitateur dans la relation.
2- LE FORUM «L OBSERVATION PARTICIPATIVE EN SCIENCES DE LA MER ET DU LITTORAL» La complexité inhérente au socio-écosystème mer-littoral nécessite de repenser la production des connaissances, et au-delà des approches interdisciplinaires purement scientifiques, d'imaginer de nouvelles interactions entre sciences et société : de la nécessaire vulgarisation à la question du pilotage d'une partie de recherche par la société civile organisée, en passant par les sciences dites participatives, ou encore la mise en place de forums hybrides au sens de Callon, Lascoumes et Barthe (2001). Nous avons répondu à l appel à projet PEPS interdisciplinaire du CNRS «expertise, controverses et communication entre science et société» pour contribuer à l état des lieux mobilisateur des relations existantes entre sciences et société en Bretagne, mené dans le cadre du projet ASOSC financé par la Région Bretagne, en choisissant de se focaliser sur les sciences participatives, en particulier au niveau de l'observation du milieu marin. L'émergence de projets d'observation participative correspond aujourd'hui à un intérêt exprimé dans la communauté scientifique en sciences de la mer et du littoral. Mais qu'en est-il des acteurs de la société civile et des citoyens? Quelles sont leurs demandes, leurs motivations? Peuvent-elles rencontrer les besoins des scientifiques? Le projet a pour finalité, à partir des pratiques existantes, d'enrichir les représentations des acteurs scientifiques et de la société civile organisée du terme de ''participation'' dans le champ des sciences participatives en sciences de la mer et du littoral. Ce projet s'insère dans la plateforme PERISCOPE, pôle régional de l'iscc depuis 2011. 2-1 -L EQUIPE PROJET ET LES ENTRETIENS PREPARATOIRES Après s être documentée sur le sujet par la constitution d une bibliographie et la lecture de rapports de synthèses, l équipe projet constituée de 5 personnels de l IUEM (3 ingénieurs d étude et deux chercheurs), toujours accompagnée par N. Souchard, sociologue du Collège Coopératif de Bretagne, a réalisé une série d entretiens préparatoires au forum avec des acteurs de la recherche et des acteurs de la société civile concernés par la pratique et l analyse de l observation participative en sciences de la mer et du littoral. C est à partir de ces entretiens que l équipe projet a conçu le programme et choisi les intervenants. Les taches d animation d ateliers et de tables rondes ont été réparties entre les membres de l équipe projet. Personnes Interviewées en préparation au Forum : Annie Bauer, Ifree Olivier Musard, Aires Marines protégées Romain Juliard, Museum National d histoire naturelle Eric Feunteun et Tristan Diméglio, Planète Mer Bibliographie : Boeuf G.,Allain Y.-M., Bouvier M., 2012. L apport des sciences participatives dans la connaissance de la biodiversité. Rapport remis à la Ministre de l Ecologie, Janvier 2012 Ifree, 2011. Sciences participatives et biodiversité - Implication du public, portée éducative et pratiques pédagogiques associées. Livret No 2, 107 p. Storup B., Millot G., Neubauer C., 2013. La recherche participative comme mode de production de savoirs. Un état des lieux de pratiques en France. Rapport de la Fondation Sciences citoyennes, 94 p. Gosselin M., Gosselin F., Julliard R., 2010. L'essor des sciences participatives pour le suivi de la biodiversité : intérêts et limites. Sciences eaux et territoires 3, 76-83. Tela Botanica, 2009. Observons la nature, des réseaux et des sciences pour préserver la biodiversité, 60 p. Le ROP réseau d observateurs en plongée.
2-2 - LE PROGRAMME- LE PUBLIC- LES ATELIERS 23-24 avril «Deux journées d échanges entre acteurs de la recherche et acteurs de la société civile pour découvrir la diversité des pratiques, interroger les différents usages scientifiques et sociaux de l observation participative, découvrir des initiatives fédératrices et imaginer les perspectives pour demain.» LE PROGRAMME Mercredi 23 : QUESTIONNER Conférence introductive : Rendre compte d une diversité de pratiques. Par Annie Bauer Table ronde 1 : Les artisans et animateurs de l observation participative en sciences de la mer et du littoral Phénomer : Suivi des blooms de phytoplanctons Biolit : Observation de la biodiversité du littoral Ecoflux : Suivi de la qualité des eaux de rivières en Finistère Apecs : Suivi des populations de requins et raies Pour chacun de ces projets un témoignage à deux voix : acteur/chercheur => noms Table ronde 2 : Quels usages scientifiques et sociaux de l observation participative? Usages scientifiques : Grégoire Lois Muséum National d Histoire Naturelle ; Pascal Monestiez Réseau CiSStats INRA et CNRS-CEBC Usages sociaux : Bérangère Storup, Fondation Sciences Citoyenne Atelier 1 : Questionner les usages : Usages scientifiques : L observation participative peut-elle être contributive dans les démarches scientifiques, comment et à quelles conditions? Usages sociaux : L observation participative est-elle nécessairement citoyenne et mobilisatrice et à quelles conditions? Jeudi 24 : ENRICHIR Restitution ateliers 1 - Présentation du travail des L3 d ethnographie, UBO Conférence 2 : Vers une structuration nationale du paysage de l observation participative en SML. Par Olivier Musard (Agence des Aires Marines Protégées) et Grégoire Lois (Muséum National d Histoire Naturelle). Atelier 2 - Perspectives : Quelles perspectives pour l observation participative en sciences de la mer et du littoral? Restitutions des ateliers 2 et conclusion : Yves-Marie Paulet Directeur IUEM Annexe 3 : Programme
LES INVITATIONS ET CEUX QUI ONT REPONDU PRESENT Une large diffusion de l invitation au niveau des réseaux associatifs, des réseaux scientifiques en sciences de la mer et du littoral, et de nos partenaires des collectivités et institutions. 98 inscriptions en ligne : 39 acteurs de la recherche, 21 acteurs des collectivités territoriales, ministère et agence d état, 31 acteurs associatifs, 8 acteurs économiques entreprises. 22 inscrits en ligne qui déclarent s intéresser au sujet et qui souhaitent recevoir les présentations et bilan mais qui ne peuvent se déplacer pour le forum. 72 personnes présentes Annexe 4 : texte de l invitation par mail LES QUESTIONS QUI ONT ETE SOULEVEES DANS LES ATELIERS Atelier 1 : Visée de transformation sociale de l Observation participative L observation participative constitue une opportunité pour passer d une consommation de biens communs à prise de conscience de «devoirs», changer de regard et changement de comportement. Observation participative est un outil de sensibilisation à l environnement, de recueil de données, mais cela reste un outil parmi d autres. L observation participative est un outil de formation, elle permet un gain de compétences, déclinables pour les scolaires et peut favoriser les approches pluridisciplinaires. L observation participative permet également de valoriser les savoirs empiriques et de comprendre les écarts entre les savoirs d usages et les savoirs scientifiques. L observation participative n a pas forcément un objectif d hybridation des savoirs mais c est une bonne opportunité d hybridation des questionnements. Quels lieux, espaces propices seraient pour hybrider les questionnements? Le scientifique reformule les questionnements sociétaux en questions scientifiques. L acteur scientifique n est pas forcément un chercheur au sens académique, il peut être un acteur associatif ou agent des collectivités ayant une formation scientifique pointue. Les projets d observation participative sont des programmes complexes, multi acteurs, multi thématiques. Pour les scientifiques c est un luxe et un privilège que de pouvoir se poser des questions risquées sur le long terme. L observation participative est une opportunité pour les scientifiques de mettre en œuvre de nouvelles façons de décrire et d étudier la biodiversité. Attention au risque d «Observation participative washing» dans des appels à projets scientifiques ou associatifs : ce sont des projets impliquant dans lesquels on ne devrait pas s engager juste par un effet de mode. Peu d exemples de co-construction des projets entre les acteurs scientifiques et les acteurs associatifs, cela nous apparait néanmoins comme un idéal à concrétiser. L observation participative ne concerne pas le seul domaine de l étude de la biodiversité, d autres expériences sont actuellement menées comme par exemple l archéologie. Le champ des activités humaines en milieu marin est peu exploré avec des outils d observation participative. Quid des participants dans le cadre de leur entreprise? Comment penser l OP sur les espaces marins? Il faudrait mener une réflexion sur la spécificité du milieu marin.
Synthèse atelier 2 : Quelles perspectives pour l observation participative en sciences de la mer et du littoral? Quelques rêves que nous avons évoqués: La création de «sentinelles de la côte» un réseau de citoyens usagers du littoral observateurs de différents paramètres. Le problème de la mobilisation sur les observations de la nature ordinaire se pose et cela parait plus facile de mobiliser sur des espèces charismatiques. Il serait intéressant d intégrer des programmes d observation participative dans la formation continue des professionnels de la mer et dans les lycées maritimes. L observation participative constitue un levier pour contribuer et enrichir le débat public et faire évoluer les politiques publiques. Il serait intéressant d étudier les différentes postures du monde scientifique vis-à-vis de l'observation participative: dynamiques individuelles et collectives, représentations sur la place des "profanes" dans un processus de recherche, rôle de l'hybridation des expériences (professionnelle/associative/ ), etc De nouveaux développements possibles? L observation instrumentée semble être une piste intéressante. Les outils autrefois réservés aux spécialistes sont à présent ou seront bientôt à la portée de tous (GPS, thermomètre, hygromètre, microphone, caméras embarquées et drones). Par exemple les plongeurs sont des usagers qui sont déjà très bien instrumentés. L'observation participative peut permettre aux scientifiques d'avoir des vues synoptiques et d'étudier des processus soumis à une très forte variabilité spatiale et temporelle (exemple : dynamiques estuariennes). Cela pourrait aider les scientifiques à résoudre des problématiques de changement d'échelle. Structuration des initiatives d observation participative en sciences de la mer et du littoral Il n est pas forcément nécessaire d avoir un label ou une charte, mais par contre il apparait important d avoir un certain nombre de valeurs partagées. Il faudrait peut-être limiter l hétérogénéité des bases de données et harmoniser les protocoles (par exemple: indicateurs simples : indicateurs d occurrence (présence -absence), indicateurs de densité,) La mutualisation et la localisation sur les sites naturels d une communication commune localiser des différentes «offres» d activités d observation participative. Par exemple avec des QR codes renvoyant aux sites des différents projets d observation participative. Il est important de s'appuyer sur les structures existantes (projets, collectifs, sites web, ) pour diffuser et mutualiser les moyens et les expériences plutôt que de chercher à créer de nouveaux outils. Il serait intéressant de savoir comment cela se passe ailleurs : Quelles sont les différences culturelles, quelles sont les bonnes pratiques et bonnes idées qui seraient transférables en France. Européen Science Citizen Organization http://ecsa.biodiv.naturkundemuseum-berlin.de/ Europeen Marine Board http://www.marineboard.eu/ Annexe 6 La conclusion du directeur de l IUEM Yves-Marie Paulet Lien vers le compte-rendu du forum
2-3 L OBSERVATION PARTICIP ATIVE A L IUEM Dans le cadre du projet PEPS ISCC financé par le CNRS et du projet ASOSC PERISCOPE financé par la région Bretagne, un groupe de travail s est constitué autour de l Observation participative en Sciences de la Mer et du Littoral. En interviewant les chercheurs et personnels de l IUEM ainsi que des personnes ressources extérieures, nous avons pris la mesure de l intérêt que ces questions suscitent en interne, mais aussi auprès de nos partenaires scientifiques et associatifs. Ces entretiens nous ont également permis de prendre conscience des aspects sociaux, éthiques, pratiques, techniques, méthodologiques qu il faudrait prendre en compte, tant du point de vue des scientifiques que des acteurs associatifs et des gestionnaires. Avec ce travail, nous avons compris que les sciences participatives et en particulier l observation participative s inscrivent dans un mouvement national et international qui est actuellement en développement rapide. Les questions soulevées sont nombreuses et pour contribuer à y répondre, le forum régional «L observation participative en sciences de la mer et du littoral : un espace de pratiques à questionner et enrichir?» a été organisé à l IUEM les 23 et 24 avril 2014. Ce forum a été un temps d échanges fort et constructif entre acteurs de la recherche et acteurs de la société civile pour découvrir la diversité des pratiques, interroger les différents usages scientifiques et sociaux de l observation participative, découvrir des initiatives fédératrices et imaginer les perspectives pour demain. S inscrire dans les perspectives de développement a l échelon national et régional En préparant ce forum, nous avons rencontré l Agence des AMP et le MNHN qui ont souhaité associer l IUEM au projet d investissement d avenir 65 millions d observateurs, Vigie Nature et notamment à Vigie Mer, le volet maritime de ce projet. L IUEM est en effet un acteur majeur, national et international, de la recherche en Sciences de la Mer et du Littoral et de l observation dans ces domaines. Il est donc particulièrement à même de contribuer au développement national de l observation participative en Sciences de la Mer et du Littoral. Ce projet Vigie Nature est en très bonne voie de financement et une réunion de lancement pour Vigie Mer est d ores et déjà programmée début février, réunion à laquelle l IUEM est convié. Vigie Mer a pour objectifs (1) le développement et la coordination du réseau d observateurs en plongée, (2) le développement et la coordination de programmes de sciences participatives, (3) la contribution au développement d outils spécifiques ou transversaux (notamment informatique) et (4) la coordination et la mise en réseau des sciences participatives. Ces différents axes sont destinés à améliorer et faciliter la participation. L IUEM, a signé en juin 2014 la charte des partenaires en tant que partenaire de Vigie Mer, pourra s y appuyer pour ces futurs projets d observation participative, gagnant notablement en efficacité dans la mise en œuvre. Il est par ailleurs important de s inscrire dans les initiatives régionales, par exemple le réseau Melglaz «éduquer à la mer», porté par la région Bretagne. Une réflexion émerge également autour du réseau Ecoflux à la fois pour imaginer son développement au niveau régional et pour faire évoluer les données recueillies.
Lancement d un nouveau Réseau de sciences participatives d Observation du Domaine pelagique à partir de voiliers (RODEO) L objectif est de lancer un nouveau réseau de sciences participatives pour l observation du domaine pélagique en Rade de Brest (réseau d observation en Rade de Brest avec le concours de plaisanciers ; 15-20 voiliers). Océanopolis organise une journée de lancement d un projet de «sciences participatives» les 21-22 juin 2014. L objectif est de démarrer un réseau d observation du domaine pélagique & du plancton en Rade de Brest, à partir de voiliers de plaisance (15-20 plaisanciers sont intéressés pour participer à ce projet). Ce réseau est basé sur le bénévolat, et la volonté de certains plaisanciers de contribuer à l observation du domaine pélagique marin. Des réseaux d observation existent déjà en Rade de Brest et sur la côte bretonne (REPHY, PREVIMER). L originalité de ce nouveau réseau serait de réaliser des prélèvements d eau de manière simultanée (à un instant t), et ce en différents points de la Rade de Brest (autant de points de prélèvements que de voiliers disponibles). Cela permettrait d avoir une vision synoptique de quelques paramètres hydrologiques de base en rade de Brest (disque de Secchi, teneur en chlorophylle a, composition des communautés planctoniques). Après cette première opération de lancement, il est prévu de pérenniser ce réseau d observation, avec une fréquence de prélèvements de l ordre de 3-4 fois par an (fin d hiver, pendant le bloom phytoplanctonique au printemps, en fin de printemps, et à la fin de l été). Les paramètres mesurés seraient, dans un premier temps : (1) un prélèvement d eau pour la caractérisation des communautés phytoplanctoniques (taxonomie), (2) un prélèvement d eau (2-4 litres) en vue d une filtration pour la mesure de la biomasse carbone, azote, phosphore particulaire), (3) la profondeur de la couche euphotique (estimée à partir d un disque de Secchi), et (4) la teneur en chlorophylle et les performances photosynthétiques (mesure de fluorescence immédiatement après le retour au port des voiliers). Si ce réseau se pérennise, les données recueillies seront intégrées dans la base de données de l observatoire (IUEM), et mises à disposition des chercheurs impliqués dans les programmes d études sur l écosystème de la rade de Brest. La présente demande financière faite au LABEX (4867 ) permettrait de fabriquer les équipements à fournir aux plaisanciers (tubes de prélèvements d eau, disque de Secchi), et d effectuer les mesures, soit immédiatement après le retour au port des bateau le jour j (Aquapen pour mesures de la chlorophylle a et des paramètres photosynthétiques), ou a posteriori (biomasse en carbone, azote, phosphore ; comptage phytoplanctoniques).
3- QUELLE PROSPECTIVE P OUR L OBSERVATION PARTICIPATIVE? La première phase du projet a, entre autres, fait apparaître un élément trop souvent oublié : on fait avec les acteurs en présence. En effet, le bilan de la première phase du projet met en évidence que nos résultats et productions sont d'abord le fruit du travail des acteurs en présence, et que cela n'est donc pas neutre. Pourquoi ces acteurs associatifs font partie du «chercheur-collectif»? Pourquoi ces chercheurs font partie du «chercheur-collectif»? Qui représentent-ils? C'est pourquoi, à la fois du côté des acteurs associatifs comme des chercheurs, nous avons voulu repenser la deuxième phase du projet, en allant (et ceci avant la fin du projet) à la rencontre de ceux qui ne sont pas là. Cette démarche ne remet pas en cause le «chercheur collectif» et les personnes qui le composent, seulement elle tient compte des personnalités présentes et l'objectif est alors de confronter de façon régulière les avancées du groupe de travail à d'autres acteurs. Nous avons choisi l observation participative comme sujet pour lancer un exercice de prospective partagée entre d un côté la commission eau/mer/littoral du REEB et de l autre, l observatoire de l IUEM. Dans cette partie, nous allons décrire les dynamiques de ces deux acteurs et ensuite, exposer les objectifs de la deuxième année du projet, centrés sur cette prospective partagée entre recherche et milieu associatif, dans une démarche que nous pensons très innovante. 3-1 DYNAMIQUES D ACTEURS La commission eau/mer/littoral Le REEB est organisé en commissions de travail thématiques, chacune rassemblant les membres du réseau concernés et impliqués sur la thématique. La commission eau/mer/littoral rassemble une quarantaine d'associations bretonnes, dont certaines se sont également impliquées dans le projet ASOSC-PERISCOPE. Conscient que la méthode employée pour constituer le groupe ASOSC-PERISCOPE (à savoir un appel à mobilisation) contient un biais, et ne favorise donc pas les représentations de tous les acteurs associatifs impliqués en éducation à la mer et au littoral au sein de la commission eau/mer/littoral, la seconde phase du projet prévoit d'organiser un temps de travail entre le projet ASOSC-PERISCOPE et la commission eau/mer/littoral. Ce temps de travail devra nous permettre de confronter les éléments d'analyse de l'année 1, à une plus grande diversité d'acteurs associatifs et initier un travail de prospective sur l observation participative. L observatoire de l IUEM Observatoire des Sciences de l Univers (OSU) depuis 2005, l une des trois missions de l IUEM est l observation. Sa mission globale est le suivi systématique à long-terme de phénomènes naturels liés au milieu marin, qui prennent place à différentes échelles spatiales et qui requièrent des observations sur la durée du fait de leur variabilité lente ou sporadique. Par essence multidisciplinaire, l Observatoire Marin de l IUEM regroupe des séries d observation de l océan dans toutes ces composantes : spatiales, depuis les zones littorales et côtières jusqu au domaine hauturier et thématiques, de l océan vivant à l océan physique, incluant ses interfaces à la Terre solide, du trait de côte aux grands fonds. D un point de vue institutionnel, l Observatoire Marin de l IUEM est porteur de deux Services Nationaux d Observation (SNO) de l INSU et d un Système d Observation et d Expérimentation au long terme pour la Recherche en Environnement (SOERE) d AllEnvi. Il contribue à un SNO INSU, au réseau national RESOMAR de l INSU et abrite des sites instrumentés INSU. Treize séries à long-terme s organisent autour de quatre grands thèmes. Le premier «Ecosystèmes et biodiversité en milieu côtier et littoral» (usuellement dit «Faune-Flore») inclue les séries historiques de l IUEM (EVECOS, MAERL, Herbiers, Estran, ces trois dernières contribuant à RESOMAR Benthos), une plus récente (Microalgues,
contribuant à RESOMAR Pelagos) et une série hébergée (Mouettes, Univ. Paul Sabatier, Toulouse). Le second thème «Interface Terre-Mer» s articule autour du SNO DyLiTC et ses sites nationaux de référence, complétés de sites pour des suivis à l échelle régionale. Le thème «Physique, chimie et biogéochimie de l océan» regroupe le suivi physico-chimique et biogéochimique de l océan côtier (contribution au SNO SOMLIT, associé au suivi à hautefréquence MAREL, SIRANO) et littoral (ECOFLUX) et le suivi physico-chimique de l océan hauturier avec le SNO ARGO-France. Enfin, le quatrième et dernier thème «Processus aux dorsales océaniques» est celui de la série Hydroacoustique-Bruits abyssaux. Pour le prochain plan quinquennal 2016-2021, l ensemble des labos de l IUEM et l observatoire doivent construire leur prospective scientifique. 3-2 PHASE 2-CO-CONSTRUCTION D UNE PROSPECTIVE PO UR L OBSERVATION PARTICIPATIVE EN SCIENCES DE LA MER ET DU LITTORAL L idée de proposer la co-construction d une prospective «observation participative» entre recherche et monde associatif est la suivante : à l issue du forum sur l observation participative, l IUEM a engagé une réflexion sur le devenir de cette activité au sein de son observatoire. Parmi les multiples séries d observation décrites ci-dessus, seule ECOFLUX est participative ; elle implique des bénévoles et des lycées agricoles dans le suivi de la qualité de treize cours d eau dans le Finistère et ce, depuis une quinzaine d années et à un pas de temps hebdomadaire, constituant ainsi une base de données remarquable. La question qui se pose alors est de savoir ce que devient ECOFLUX, si l on veut l étendre à d autres cours d eau, d autres paramètres à mesurer, d autres départements, voire même à lancer d autres séries d observation participative : le trait de côte, la biodiversité sur l estran etc A l heure où l IUEM lance sa prospective, tant en recherche, en formation qu en observation, sa nouvelle directrice, Anne-Marie Tréguier, dans la lignée des activités innovantes proposées par PERISCOPE (la plateforme), a lancé un appel original : qui pourrait imaginer construire sa prospective, dans les laboratoires comme dans l observatoire, AVEC la société civile? Bien évidemment, le désir du chercheur collectif de se focaliser sur l observation participative ne pouvait manquer de profiter de l occasion : l idée est donc d utiliser ce groupe, en l élargissant à d autres acteurs associatifs et à d autres chercheurs intéressés par l observation participative, pour alimenter la réflexion prospective de l observatoire en co-construisant son volet participatif. Il s agit également de s assurer que cette coconstruction serve non seulement à l IUEM mais également à la commission eau/mer/littoral du REEB. Concrètement, cette idée sera présentée début 2015 à cette commission du REEB et une journée de créativité, centrée sur ce sujet de l observation participative sera organisée au sein de cette commission. L'ambition du réseau REEB et des acteurs associatifs en éducation à l'environnement est, entre autres, de développer le rapport aux sciences et aux démarches scientifiques des citoyens, de favoriser la participation des citoyens dans les décisions de la cité, mais aussi de développer notre conscience et notre capacité à être acteur et auteur des politiques publiques. Le projet mené avec l'iuem constitue un espace d'expérimentation pour les acteurs associatifs du REEB, afin de mieux comprendre le positionnement de chacun, et comment se font les liens entre la science, les chercheurs, la société civile organisée et les citoyens. En parallèle, une journée sera organisée au sein de l IUEM avec les chercheurs déjà impliqués dans l observation participative ou susceptibles de l être (cf par exemple, le lancement récent de RODEO ou de PHENOMER), pour recueillir le point de vue de la recherche. Au printemps, une réunion du chercheur collectif élargi permettra la mise en commun des résultats de ces deux réunions et la co-construction de cette prospective «observation participative» qui sera utile autant au REEB qu à l observatoire de l IUEM. Cette démarche innovante dans le milieu de la recherche sera présentée au Conseil Scientifique International de l Institut au début du mois d avril 2015.
ANNEXES ANNEXE 1 CARTE MENTALE DU CHE RCHEUR COLLECTIF
ANNEXE 2-GRILLE D ANALYSE INTERVIEWS Une grille qui prépare la structuration de fiches expérience Des expériences qui sont supports à une mise en relation entre des acteurs de la société civile organisée et des chercheurs autour de problématiques maritimes littorales Une grille support à vos entretiens : Il ne s agit pas d appliquer mécaniquement les questions mais de bien identifier collectivement les thèmes que l on souhaite aborder 3 dimensions peuvent être dissociées mais aussi articulées dans l entretien : - l initiative - le collectif d acteurs - l acteur rencontré Nous avons essayé de réorganiser les thèmes et, à titre indicatif, d identifier une ou des questions qui pourraient amener nos interlocuteurs à présenter, discuter et développer leurs point de vue 1- Genèse, histoire de l initiative, de l expérience Pourquoi, dans quel contexte et avec quelles institutions et acteurs impliqués cette expérience, ce projet a pu voir le jour? (Cette partie vise à décrire le plus finement l expérience d un point de vue factuel, objectif ; elle est souvent la partie la plus décrite spontanément) - source et contexte du projet (élément déclencheur.) - à partir de quels vécus, constats - autour de quels objets, (améliorer la connaissance, développer une approche sensible, résoudre un problème de pollution ) - réseau d acteurs : acteurs promoteurs, acteurs associés. - institutions impliquées - temporalité - objectifs visés initialement - échelle de l action. 2- Dans le «collectif d acteurs», ce qui construit la relation : Cette partie vise à décrire le plus finement possible la nature des relations Remarque : il n y a d ailleurs pas nécessairement un collectif d acteurs physiques, comme dans le cas des sciences participatives Comment elle a été initiée? - Décrire les modalités de construction de la relation : informelle, formalisation, négociation, convention - Quelle interconnaissance préalable des acteurs? Sur quelle base? - Repérer les attentes initiales des acteurs associatifs (en matière de recherche, en matière d action ), attentes initiales des chercheurs (en matière de connaissance, en matière d action ) - Modalités d implications (de la contribution des données à la co-construction de la recherche ) - Modalités d interactions (outils participatifs, réunions de travail ) - Conception de l orientation d action (participation, appropriation, traduction, médiation ) plutôt à essayer de renseigner par vous-mêmes?
Quelle conception (dimension) de l activité scientifique est en jeu dans la relation? (L activité scientifique saisie à travers la question des données, la rigueur méthodologique, l activité scientifique comme activité sensible, engagée ) Quelle conception de l action (individuelle, collective) est en jeu dans la relation? Qu est ce qui est partagé comme attente, projet entre les acteurs de la société civile et les acteurschercheurs? 3- L évolution des orientations d action et de la relation société civile-chercheur Comment dans le temps a évolué cette relation? - qu est ce qui a été renforcé, interrogé, remis en question. - La nature des relations, les attentes réciproques des acteurs chercheurs et des acteurs associatifs s est-elle été modifiée? Comment la conception même de l action a été renforcée et/ou interrogée? Quel bilan partagé, quelle communication autour de cette expérience? 4- Les problèmes rencontrés et les limites identifiées Peut-on repérer les problèmes et/ou des insatisfactions? Quelles explications en donnent les différents acteurs? Quels aménagements, évolutions ont été imaginés ou seraient à penser? 5- La vision de l acteur rencontré Pourquoi et comment vous vous êtes retrouvé impliqué dans ce projet? Qu est-ce qui vous motivait? A titre personnel, qu est-ce que vous en avez retiré? A partir de votre propre expérience, comment pourrait-on envisager de faire évoluer ce projet? Qu est-ce que vous auriez envie d expérimenter? 6- POUVEZ-VOUS nommer par un ou plusieurs mots clés la nature de la relation entre scientifique et société civile qui a été expérimentée? (vulgarisation, participation..) Un tableau à remplir avec la personne rencontrée à la fin de l entretien Dans ce tableau, intégrer les éléments factuels qui vous paraissent indispensables (nom, fonction, organisme ) Nom de l initiative Institutions impliquées Personnes impliquées Personne rencontrée A préciser les différents types d engagement Contexte Echelle Finalité Modalité
ANNEXE 3 PROGRAMME DU FORUM
ANNEXE 4 - TEXTE DE L INVITATION AU FORUM OBSERVATION PAR TICIPATIVE
ANNEXE 5 LA CONCLUSION DU FORUM PAR YVES-MARIE PAULET Forum Observation Participative 23-24 avril L observation participative est un sujet sérieux, vaste et complexe. Sur l objet Mer l observation participative n en est qu à ses balbutiements et reste encore un objet difficile à centrer. Il est important de capitaliser sur le sujet, car de nombreux projets émergents dans ce domaine en lien avec les enjeux de la croissance bleue. Ce forum «L observation participative en sciences de la mer et du littoral» y contribue et, nous l espérons, permettra la construction de projets et de partenariats. L une des difficultés à prendre en compte reste l accès au milieu, notamment l océan hauturier. Pourtant dès 1931 des navires de commerce sillonnant les mers du globe sont équipés de capteurs récoltant des données qui ont fortement contribué au développement des connaissances du milieu océanique. Mais la difficulté principale reste le faible nombre de scientifiques investis dans ce type de démarches. C est bien le symptôme d un système contraint, hypocrite et schizophrène : D une part une injonction d ouverture vers la société et d autre part des contraintes de plus en plus lourdes (Contraintes de temps, courte durée des projets, compétition sur les dossiers..) dans un contexte où seule la production scientifique est évaluée (Nombre de publications et renommées des revues scientifiques). Il est donc urgent de repenser le statut du chercheur et ses missions, cela passera par des prises de décisions politiques. Les sciences participatives doivent être subversives. Elles constituent un excellent moyen (pour l école, pour la recherche,.) de produire de nouvelles connaissances. Elles doivent être des sciences citoyennes qui amènent tout à chacun à développer son sens critique vis-àvis de la production des savoirs. De nouveaux cadres doivent être imaginés, par exemple une obligation réglementaire pour les professionnels exploitant les ressources marines de participer à la récolte de données scientifiques. Aujourd hui la démocratisation des technologies de l information et de la communication permet d envisager un essor à grande échelle, des observations instrumentées et connectées.
ANNEXE 6 TABLEAU DES INTERVIEW S REALISEES ET DES EXPERIENCES PRESENTEE S Intervieweurs Acteurs interviewés Projet Maryline Lair et Claire Prieur Xavier Bougeard TARA océans, Maryline Lair et Claire Prieur Daniel Cron TARA océans, Anne-Kristel et Fabien Philippe Soudant scientifique Microplastics de l IUEM Jean-Charles Planchenault Et Céline Marie Jacques Dussol RIEM Observation participative plancton Nom Prénom Organisme ou institution Projet ou démarche Anne Kristell Jouan Parcours professionnel Ressort de participation des bénévoles et observation participative Marie-Amélie Néollier Surf rider fondation Empowerment-Gardiens côtes des Véronique Javoise Claire Prieur Lycée Tristan Corbière MAVD Projet Artistes-chercheursenseignants-étudiants Observation participative Le Spipoll Fabien Riera-Christine Paillard IUEM Auris Maris-Arts et sciences