Chiffres clés de l assurance transport 2011 réalisés par l ABAM Contenu 1. Facultés : la Belgique reste dans le top 15... 2 2. La branche CMR reste dans le vert... 3 3. Corps fluviaux... 4 4. Corps maritimes... 5 5. Conclusion... 5
Juste avant le début des vacances d'été, l Association belge des assureurs maritimes (ABAM) a présenté ses statistiques qui reflètent la situation au 31 décembre 2011. Les chiffres repris ci-après sont basés non pas sur un exercice, mais sur une année de souscription. Ce qui signifie qu une prime est attribuée à l année au cours de laquelle la couverture du premier, selon l ordre chronologique, (ou seul) risque de transport concerné prend cours. Les dommages, les réserves pour sinistres en suspens et les produits des recours qui se rapportent aux risques couverts en fonction des primes payées, relèvent de la même année de souscription que celle pour ces primes. 1. Facultés : la Belgique reste dans le top 15 Alors que le volume des primes après 12 mois de la branche facultés a progressé chaque année et de 53 % au total durant la période 2004-2008, nous notons en 2009 un recul de près de 24 %. Avec une baisse de 40,8 millions d euros, le volume des primes pour 2009 s élève à 132,3 millions d euros au 31 décembre de cette année. Cette baisse sensible est compensée par une hausse de 14 % en 2010 et de 12 % en 2011. Le volume des primes après 12 mois s'élève à 169,3 millions au 31 décembre 2011. Comme par le passé, avec une part de 79 % dans l'encaissement total, les assurances facultés demeurent de loin la principale branche du marché belge de l'assurance transport. Pour l'année 2008, le marché belge de l'assurance transport a pu profiter d'une croissance importante de l'économie et du commerce mondial, avec une hausse spectaculaire des prix des matières premières et des tarifs de fret élevés. Le seul point négatif durant cette période était que la croissance du volume des primes n'était pas toujours en rapport avec la croissance du volume commercial, avec pour conséquence un niveau sans doute trop bas pour les primes techniques. Étant donné que le secteur de l'assurance transport est étroitement lié au commerce mondial général, la crise économique a eu un très lourd impact sur le secteur, qui s'est traduit en premier lieu par une forte diminution de l'encaissement en 2009. De plus en plus de contrats sont en effet basés sur les chiffres d'affaires des entreprises. Avec la reprise du commerce international en 2010 et 2011, les volumes transportés et les prix des matières premières ont considérablement augmenté, entraînant un redressement du volume des primes de la branche facultés. Sur le plan des sinistres, une période de basse conjoncture se caractérise par un risque accru de fraude matérielle et financière ainsi que par une baisse de la qualité de la navigation. Un premier signe de dégradation était déjà clairement perceptible au niveau du loss ratio (rapport sinistres sur primes brutes) de l'année de souscription 2008 : s'établissant à 59,2 % fin 2008, il était supérieur de 10 points de pourcentage à la moyenne des bonnes années que furent 2007, 2006, 2005 et 2003, pour lesquelles il a été mesuré au même p. 2
moment (après 12 mois). Le loss ratio de l'année de souscription 2009 est comparable à celui de 2008 après 12 mois et s'élève à 58 %. En 2010 et 2011, la tendance négative se poursuit de manière drastique. Pour l'année de souscription 2010, le loss ratio après 12 mois s'élève à 74,3 %. Pour 2011, il poursuit sa hausse à 91,9 %. Pour ces deux années, le résultat final sera sensiblement négatif. La dégradation du résultat en 2010 et 2011 est un phénomène mondial : la fréquence du nombre de sinistres reste certes stable, mais leur importance augmente. En transport maritime, surtout, les assureurs doivent faire face à un grand nombre de cas importants d'avarie et de piraterie. La surcapacité sur le marché, l'extension des garanties dans les contrats sans adaptation de la prime et la couverture de nouveaux types de risques (notamment l'avarie et la piraterie) sans appliquer les primes nécessaires à cet effet sont les principales causes des pertes actuelles dans la branche facultés. Il ressort des chiffres annuels publiés par l'iumi (International Union of Marine Insurance) que le marché belge des facultés fait partie du top 15 au niveau mondial. Afin de pouvoir continuer à remplir ce rôle, la vigilance reste de mise et de nouveaux investissements en matière de savoir-faire sont nécessaires. 2. La branche CMR reste dans le vert Pour la branche CMR (l'assurance de la responsabilité des transporteurs professionnels de marchandises sur la route à l'égard du chargement), le volume des primes après 12 mois n'a augmenté que de 4,2 % durant la période 2004-2008, passant de 21,3 à 22,2 millions d'euros, ce qui contraste avec l augmentation du nombre d entreprises de transport et d expédition, l extension de leurs flottes et la hausse des tarifs de fret au cours de cette même période. Le "soft market", la délocalisation des activités principalement vers les pays de l'europe de l'est et la rémunération des courtiers sur la base d'honoraires en sont les causes. En 2009, le nombre de faillites dans le secteur du transport a connu une hausse de près de 45 % en comparaison de 2008. Les principales causes de ce phénomène sont naturellement la baisse de l'activité économique, une situation qui a pesé sur les tarifs de fret, mais aussi les problèmes de liquidité en raison du non-paiement ou du paiement tardif des factures de fret. Il n'est dès lors pas étonnant que le volumes des primes pour la branche CMR ait enregistré un recul de 6,8 % en 2009. Pour l'année de souscription 2009, le volume des primes s'élève à 20,7 millions d'euros après 12 mois. Avec la reprise progressive de l'activité économique, le volume des primes pour la branche CMR en 2010 est reparti à la hausse de 7,7 %. Pour 2010, il s'établit à 22,3 millions d'euros après 12 mois. Étant donné que la tarification s'effectue de plus en plus sur la base du chiffre d'affaires plutôt que par fret, le volume des primes baisse à nouveau de 3,6 % en 2011 pour s'établir à 21,5 millions d'euros après 12 mois. p. 3
Contrairement aux résultats de la branche facultés, ceux de la branche CMR sont positifs ces dernières années. Les loss ratios pour les années de souscription 2009, 2010 et 2011 après 12 mois s'élèvent à 55,1 %, 57,6 % et 55,9 %. Ceux qui pratiquent cette branche savent toutefois à quel point elle est vulnérable, ne serait-ce qu'en raison de la hausse de la criminalité liée au transport sur les routes belges et européennes. Volume des primes brutes après 12 mois (millions d euros) Loss ratio (charge des sinistres / primes brutes) après 12 mois Année de souscription 2010 2011 2010 2011 Facultés 151,1 169,3 74,32 % 91,94 % CMR 22,3 21,5 57,64% 55,88% Corps fluviaux 6,7 6,8 72,44 % 73,29 % Corps maritimes 16,6 16,6 56,58 % 54,99 % Total 196,6 214,2 70,87 % 84,86 % 3. Corps fluviaux Après les 12 premiers mois, le volume des primes en assurance corps fluviaux s'élève pour l année de souscription 2009 à 5,1 millions d'euros, soit un recul de 13 %. Pour l'année de souscription 2010, le volume des primes s'élève à 6,7 millions d'euros après 12 mois, soit une progression de 31,1 % par rapport à 2009, mesurée au même moment. En 2011, le volume des primes augmente légèrement par rapport à 2010 et atteint 6,8 millions d'euros après 12 mois. À partir de l'année de souscription 2007, le loss ratio après 12 mois évolue défavorablement pour l'assurance corps fluviaux. Alors que le loss ratio après 12 mois s'élevait à 53,2 % pour 2007, il augmente chaque année et atteint 73,3 % en 2011. On s'attend à ce que, comme les trois années précédentes, le résultat final de 2011 soit dans le rouge. Les loss ratios élevés de ces dernières années résultent d'un certain nombre de "sinistres majeurs", d'une accumulation de sinistres (dégâts aux machines, aux postes de commande) et des résultats très négatifs du segment du poussage. En outre, la vague de nouvelles constructions a il est vrai mené à de nouvelles primes assorties de réductions déraisonnables. p. 4
4. Corps maritimes En corps maritimes, le volume - modeste - des primes augmente depuis 2006, notamment grâce à l'expansion du secteur belge du dragage. Le volume des primes pour les années de souscription 2010 et 2011 s'élève à 16,6 millions d'euros après 12 mois, soit une hausse de 3,1 %. Au 31 décembre 2011, un bénéfice minime est noté pour 2006, mais il est déjà clair que les années 2007 à 2010 seront déficitaires. Le loss ratio après 12 mois pour 2011 s'élève à 55 % et est comparable à celui de 2006. Aucune perspective réjouissante pour l'assurance corps maritimes ne se dégage des résultats globaux fournis par l'iumi. La fréquence des sinistres baisse, mais ce que l'on appelle les sinistres majeurs ne cessent d'augmenter, notamment en raison de la hausse des frais de réparation. 5. Conclusion Le volume des primes de l assurance transport en Belgique augmente en 2011 par rapport à 2010 de 9,0 % et s établit après 12 mois à 214,2 millions d euros. Combinée avec la hausse de 12,9 % en 2010, cette augmentation compense largement la baisse de 2009 (- 18,6 % par rapport à 2008). Le loss ratio global pour l'année de souscription 2011 après 12 mois s'établit à 84,9 %, soit quelque 15 points de pourcentage de plus que le loss ratio après 12 mois de 2010, 25 points de pourcentage de plus que ceux de 2008 et 2009 et 35 points de pourcentage de plus que ceux des "bonnes années" précédentes. La probabilité d'un résultat négatif au final pour les exercices 2010 et 2011 est assez réelle. p. 5