Amibiase M. STROBEL IFMT JUIN

Documents pareils
HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

Apport de la biologie moléculaire au diagnostic des parasitoses

Conduite à tenir devant des troubles digestifs au retour du voyage. Laurent Beaugerie Hôpital Saint-Antoine, Paris

La recto-colite hémorragique

GASTRO-ENTEROLOGIE. Variabilité. A des entrées. B des sites anatomiques. C inter-individuelle. D intra-individuelle

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Il est bien établi que le réseau d eau hospitalier peut

Dracunculose Association Française des Enseignants de Parasitologie et Mycologie (ANOFEL)

Corpus Médical Faculté de Médecine de Grenoble

Maladies inflammatoires chroniques intestinales: une approche globale

Les Arbres décisionnels

Diagnostic des Hépatites virales B et C. P. Trimoulet Laboratoire de Virologie, CHU de Bordeaux

Faut-il encore modifier nos pratiques en 2013?

«J ai mal au ventre» :

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Comprendre la COLITE ULCÉREUSE

Christian TREPO, MD, PhD

RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT. Bisolax 5 mg comprimés enrobés contient 5 mg de bisacodyl par comprimé enrobé.

Hépatite = inflammation du foie. Pr Bronowicki CHU Nancy Conférence mensuelle - section de Forbach

Définitions. PrioritéVie MC. Votre assurance contre le risque de maladie grave

Orientation diagnostique devant une éosinophilie 1

MALADIES INFLAMMATOIRES DE L INTESTIN :

Votre guide des définitions des maladies graves de l Assurance maladies graves express

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

Item 95 Maladies sexuellement transmissibles : infections urogénitales à gonocoque et Chlamydia trachomatis (en dehors de la maladie de Nicolas-Favre)

Infestation par Dipylidium caninum,

Compte rendu d hospitalisation hépatite C. À partir de la IIème année MG, IIIème années MD et Pharmacie

HEL de Des maladies dépistées grâce aux examens préventifs

Recommandations de la Société de Pneumologie de Langue Française sur la prise en charge de la tuberculose en France

Tuberculose bovine. Situation actuelle

Module digestif. II. Prévention du reflux gastro-œsophagien :

Artéfact en queue de comète à l échographie hépatique: un signe de maladie des voies biliaires intra-hépatiques

Traitements de l hépatite B

LES HEPATITES VIRALES

Hépatites Auto-Immunes. Critères et Scores Diagnostiques

LA CHOLÉCYSTECTOMIE PAR LAPAROSCOPIE

Informations sur le cancer de l intestin

C. difficile. Réponses aux questions les plus fréquemment posées sur le. à l Hôpital général juif HÔPITAL GÉNÉRAL JUIF SIR MORTIMER B.

Association lymphome malin-traitement par Interféron-α- sarcoïdose

Mme BORGHI Monique Infirmière ETP Mme ALEXIS Françoise Hopital Archet I Infectiologie/Virologie Clinique

L hépatite C pas compliqué! Véronique Lussier, M.D., F.R.C.P.C. Gastroentérologue Hôpital Honoré-Mercier 16 avril 2015

LA TUBERCULOSE Docteur ALAIN BERAUD

N o de contrat : Je demande par la présente une révision de la surprime concernant le numéro de contrat susmentionné. Signé à ce jour de 20

Arthralgies persistantes après une infection à chikungunya: évolution après plus d un an chez 88 patients adultes

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Définitions. MALADIES GRAVES Protection de base Protection de luxe. PROTECTION MULTIPLE pour enfant

MI1:Métabolisme et Nutrition Séméiologie des troubles du transit Année universitaire

Hépatites virales. Anomalies biologiques chez un sujet asymptomatique (83) A. Gerolami Janvier 2006

27 ème JOURNEE SPORT ET MEDECINE Dr Roukos ABI KHALIL Digne Les Bains 23 novembre 2013

INFORMATIONS AU PATIENT SUR LA COLOSCOPIE

Le dépistage du cancer de la prostate. une décision qui VOUS appartient!

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

INTERVENTIONS CHIRURGICALES EN GYNÉCOLOGIE

Les formalités médicales ci-dessous sont celles prévues aux conditions générales du contrat assurance emprunteur çaassure n 24.

Cirrhoses et étiologie des cirrhoses (228) Professeur Jean-Pierre ZARSKI Avril 2003 (Mise à jour Mars 2005)

PROGRAMME. Qu est ce que la sélection? Médicale Non médicale. Tarification et compensation Mortalité, surmortalité Loi des grands nombres

Les fistules obstétricales sont des communications anormales entre les voies urinaires ou digestives et l'appareil génital. ou d une manœuvre abortive

ANNEXE IIIB NOTICE : INFORMATION DE L UTILISATEUR

L hépatite C. 50 questions et réponses. Dr. med. Daniel Lavanchy, PD Dr. med. Andrea De Gottardi, Prof. Dr. med. Andreas Cerny

Atelier N 2. Consultation de patientes porteuses d une maladie générale

Marchés des groupes à affinités

Compliance (syn. Adhérence - Observance) IFMT-MS-Sémin.Médict.Nov.05 1

L ABC POUR SE PRÉPARER À UNE COLOSCOPIE

Hépatite. du dépistage au traitement. Questions et réponses. L hépatite C Dépistage, clinique, prise en charge et conseils aux patients

Voyager avec sa mici.

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Ville : Province : Code postal : Date de naissance : jour mois année Date de naissance : jour mois année

Prophylaxie infectieuse après exposition professionnelle

Bilan d Activité du Don de Plaquettes par cytaphérèse Sur une Période d une année au Service Hématologie EHS ELCC Blida.

NOTICE: INFORMATION DE L UTILISATEUR

Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. Comité technique des infections nosocomiales et des infections liées aux soins

RÉFÉRENCES ET RECOMMANDATIONS MEDICALES

1.1.2 : Indiquer la voie de pénétration du microorganisme

Hépatite B. Risques, prévention et traitement. Prof. Dr méd. Stefan Zeuzem. European Liver Patients Association

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

Les hépatites virales chroniques B et C

Le traitement du paludisme d importation de l enfant est une urgence

FORMULAIRE DE DECLARATION DU RISQUE PERTE DE PROFESSION INSTRUMENTISTE ARTISTE LYRIQUE LUTHIER

ASSURANCE COLLECTIVE DÉCLARATION D'ASSURABILITÉ

Infection à CMV et allogreffe de cellules souches hématopoïétiques : Expérience du Centre National de Greffe de Moelle Osseuse, Tunis.

L'œsophage L'œsophage est un tube musculaire qui traverse de la bouche à l'estomac. Causes

QU EST-CE QUE LA TUBERCULOSE?

Carte de soins et d urgence

HEPATITES VIRALES CHRONIQUES ET AIGUES

Transplantation hépatique à donneur vivant apparenté. Olivier Scatton, Olivier Soubrane, Service de chirurgie Cochin

LA LOMBALGIE CHRONIQUE : Facteurs de risque, diagnostic, prise en charge thérapeutique

La maladie de Still de l adulte

Vaccinations - Rédaction Dr BOUTON

Le VIH et votre foie

Actualités IRM dans la SEP Thomas Tourdias 1, 2

Spondylarthropathies : diagnostic, place des anti-tnf et surveillance par le généraliste. Pr P. Claudepierre CHU Henri Mondor - Créteil

L ANGINE. A Epidémiologie :

Ouverture d un pavillon médical : Mesures mises en œuvre pour la mise en eau et suivi bactériologique

Renseignements médicaux et questionnaire sur les capacités fonctionnelles pour l assurance de soins de longue durée

SURVEILLANCE PROVINCIALE DES INFECTIONS NOSOCOMIALES

Augmentations des transaminases 1. Circonstances d'un premier dosage

A. Bourgeois SMIT. CHRU de Montpellier

Transfusions sanguines, greffes et transplantations

NOTICE: INFORMATION DE L UTILISATEUR. Bisolax 5 mg comprimés enrobés. Bisacodyl

Transcription:

Amibiase M. STROBEL IFMT JUIN 2003 1

Amibiase : généralités Causée par protozoaire Entamoeba histolytica (Eh) Responsable de la dysenterie amibienne (colite parasitaire) potentiellement grave Une des causes majeures de diarrhées dans le monde M. STROBEL IFMT JUIN 2003 2

Amibiase (2) Transmission fécale ( syn. hydrique, oro-fécale ) Ubiquitaire, mais endémique surtout dans les PED 10-12% population mondiale est porteuse d Eh Seuls 10% des porteurs sont symptomatiques Une Difficulté diagnostique majeure : à coté d Eh existent nombre d amibes non pathogènes M. STROBEL IFMT JUIN 2003 3

Entamoeba histolytica Eh est difficile à cultiver in vitro (pas en routine) Eh existe sous 2 formes : a) trophozoite se présentant à leur tour sous 2 aspects : Eh histolytica : agressive p.les tissus amibiase maladie Eh minuta : non agressive, commensale amibiase infection b) kyste: f. de résistance (milieu extérieur) et de contamination M. STROBEL IFMT JUIN 2003 4

E histolytica : le problème des amibes non pathogènes A coté d Eh existent de nombreuses amibes non pathogènes E.dispar inditinguables de Eh, E.moshkovski Autres amibes communes + faciles à distinguer: Entamoeba coli, E hartamnni, Dientameoba fragilis, Endolimax nana, etc. confusion possible avec Eh à l examen des selles M. STROBEL IFMT JUIN 2003 5

Épidémiologie Ubiquitaire : climats chauds et froids Transmission hydrique ( ou par les mains ) Favorisée par la pauvreté Et par l utilisation d engrais humain (Sud Est Asie) M. STROBEL IFMT JUIN 2003 6

Épidémiologie (suite) 1 humain / 8 est porteur d Eh soit 12% popul mondiale soit 480 M de personnes - Mortalité 40-100.000/an Seuls 10% des porteurs sont symptomatiques Groupes à risque : Résidents ou voyageurs dans les PED endémiques Homosexuels masculins Mauvaise hygiène fécale collective : malades mentaux, vieillards en institution M. STROBEL IFMT JUIN 2003 7

Pathologie «Histolytica» : Eh trophozoite capable de détruire tout tissus Virulence : conditions de V mal connues : - très agressive chez les uns et asymptomatique chez d autres? - facteurs d adhérence, cytolyse, toxicité, phagocytose, protéase Colon : prédilection de Eh pour la muqueuse colique Provoque - ulcérations muqueuses + + +, micro-abcès - abcès à distance : foie + + + / poumon / cerveau Réaction inflammatoire initiale muqueuse + + + dysenterie Ensuite, lésions chroniques peu inflammatoires (l amibe échappant aux défenses immunitaires) M. STROBEL IFMT JUIN 2003 8

Immunité : du «portage sain» (infection) à la maladie L Amibiase est immunisante anticorps protecteurs seuls 10% des porteurs sont symptomatiques colite aiguë ou amibiase hépatique ne récidivent pas On doit ainsi distinguer nettement : A «maladie» (ou Invasive) = symptomatique 10% A «portage» (ou A infection /A infestation) = f. asymptomatique = porteurs sains 90% Sérologie utile et performante en cas d A. maladie, surtout A invasive (extra-digestive ou digestive ulcérée) Possibilité de vaccin à l étude M. STROBEL IFMT JUIN 2003 10

M. STROBEL IFMT JUIN 2003 11

Clinique 1 : Amibiase Intestinale 1. Portage sain, majoritaire (90%) = Amibiase infection peut évoluer vers Forme symptomatique (A maladie) 2. F. insidieuse (non spécifique) : diarrhées, crampes abdominales, ténesme 3. Colite amibienne (10% des cas) = Amibiase maladie M. STROBEL IFMT JUIN 2003 12

Amibiase Intestinale (suite) 3. Colite amibienne (10% des cas) = Amibiase maladie - début subaigu évolution prolongée «classique» - syndr.dysentérique typique traduisant - ulcérations de la muqueuse colique + + (endoscopie) - perte de poids, - absence de fièvre 4. Colite nécrosante aiguë ( syn. col. fulminante, mégacôlon toxique, amibiase maligne ) M. STROBEL IFMT JUIN 2003 13

Amibiase Intestinale (fin) 4. Colite nécrosante aiguë - rare (0.5%) mais très grave ( mortalité 40%), - sujets sous corticoïdes ( suite à faux de Crohn ou RCH ) - fièvre élevée, faciès toxique, douleurs++ +, diarrhée sanglante, - colon atone et dilaté avec ulcérations confluentes - signes péritonéaux : pré-perforation perforation - amibes difficiles à mettre en évidence - Tt médical inefficace chirurgie urgente : colectomie 6. Amoebome : - pseudo-tumeur du colon droit (cæcum, colon ascendant) - mime le K du colon diagnostic chirurgical M. STROBEL IFMT JUIN 2003 15

Clinique 2: abcès amibien du foie Epidémio : sexe masc. (10H/1F), < 50 ans ; zone d endémie Début : subaigu (en 2-4 sem) Symptômes : * Fièvre (l A colique est en général sans fièvre ) *Douleur sourde, abdomen > D, et base thorax D (réaction pleurale) *Toux sèche, gène inspiratoire *S digestifs associés dans 10-35% (non spécifiques) *Hépatomégalie douloureuse, avec douleur à l ébranlement M. STROBEL IFMT JUIN 2003 16

Abcès A du foie (2) : Diagnostic Imagerie : image d abcès non spécifique, en général unique & lobe D Biologie : GB, Pases alc., ALAT.. inconstamment Recherche d Amibes présentes dans selles de < 50% abcès A foie inconstamment retrouvées dans liquide de ponction Sérologie + > 90% M. STROBEL IFMT JUIN 2003 18

Abcès A du foie (3) Diagnostic différentiel 1. Abcès à pyogènes FR : age>50, diabète, calculs biliaires, ictère 2. Cancer du foie (nécrosé) I ou IIaire 3. Kyste hydatique M. STROBEL IFMT JUIN 2003 19

Clinique : localisations extraintestinales = 1% des amibiases 1. Foie (abcès) : la + fréquente des loc.extra-intestin 2. Poumon (15% des abcès du foie) (à droite) 3. Plèvre (fréquent) (pleurésie réactionnelle puis empyème, coté droit, fistulisation d abcès du foie ; qqfois l étape abcès du foie peut être sautée) 4. Péricarde : rare, rupture abcès du foie = grave + + M. STROBEL IFMT JUIN 2003 20

Clinique : localisations extraintestinales (suite) 7. Cutanée ( paroi abdominale, périanale ) 8. Génito-urinaire (rare, par contiguïté) 9. Cérébrale (abcès, très rare, très grave).. M. STROBEL IFMT JUIN 2003 21

Amibiase : Diagnostic biologique 1. Ex selles à l état frais ( + + + ) : Faible sensibilité visualisation de trophozoites mobiles ou de kystes (immobiles) 2. Rechercher présence d hématies dans les trophozoites faux + / confusion avec E.dispar (indistinguable) 3. Autres techniques M. STROBEL IFMT JUIN 2003 22

Diagnostic : Examen des selles 1. Nombreuses contraintes : les amibes sont fragiles + + +, et l élimination n est pas constante pour un résultat fiable : - selles à examiner rapidement : 30 min AP émission!!! - 3 jours de suite - sujet doit être vierge d antibiot, antidiarrhéiques, Al, baryte - utiliser colorations : iode, bleu de méthylène - et techniques de concentration 2. Confusions possibles malgré ces précautions M. STROBEL IFMT JUIN 2003 23

Amibiase diagnostic : autres techniques 2. Recherche d Antigène ou DNA (PCR) de Eh dans les selles 3. Sérologie : sensibilité 70-90% dans amibiase symptomatique mais sérol. reste + plusieurs mois-années AP guérison 4. Biopsie colique : nombr. types lésionnels, non spécifiques, sauf si Amibes visibles (non constamment) (color.pas) 5. Ponction hépatique (abcès) : rentabilité assez faible, pus rarement chocolat, stérile, amibes rarement retrouvées M. STROBEL IFMT JUIN 2003 25

Diagnostic : sensibilité des techniques disponibles M. STROBEL IFMT JUIN 2003 26

Amibiase Traitement Tableau Drogue Dose / durée Effets II aires A. Porteur sain Paromomycine Diloxanide furoate Tiliquinol (intétrix) 25-35 mg/kg/j x 7 j 500 mg x 3 /j x10 j 2g / j x 10j gastro-intestinaux Id /prurit, urticaire B. Colite aiguë Metronidazole (Tinidazole) 750 mg x 3/j x 10j 2 g à J1 & J8 gastro-intestin antabuse, neurol. Suivi de traitt A. C. Abcès Foie Metronidazole Tinidazole Id 800 mgx 3/j x 5j Id id Suivi de traitt A. M. STROBEL IFMT JUIN 2003 27