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Transcription:

Femme 49 ans, non ménopausée, douleurs abdominales aiguës en fosse iliaque droite, discret syndrome inflammatoire biologique : suspicion d appendicite aiguë. Quels sont les principaux items sémiologiques à retenir sur le scanner Laureline.SIMON (IHN)

Volumineuse masse intra-abdominale développée aux dépens de l annexe droite Cloisonnée, paroi épaissie, pas de rehaussement Contenu : liquide spontanément dense, graisse, micro-calcifications. Niveau liquide-graisse. 3 nodules hétérogènes à composante graisseuse et tissulaire Pédicule à la partie inférieure de la masse avec image de spire : torsion?

Echographie pelvienne Nodules hyper échogènes Avec atténuation Fine cloison Contenu mixte (hyperéchogène Et liquidien avec sédimentation) Niveau liquidien Foyers de micro-calcifications Hypo-vascularisation

IRM pelvienne Ax T1 Ax T1 FS parenchyme ovarienremanié, ne se rehaussant pas après IV Masse à contenu graisseux (hypers T1 annulé par sat fat)

Masses péritonéales à contingent graisseux : arbre diagnostique Mise en évidence du contingent graisseux : Echographie : hyper-échogène TDM : densités négatives IRM : - hypert1 / signal T2 intermédiaire à hyper - + saturation de la graisse - IP/OP : graisse microscopique / eau Eliminer les localisations différentielles : -Origine surrénalienne (adénome / myélolipome) -Origine rénale (angiomyolipome) -Origine rétro-péritonéale (liposarcome) -Origine pelvienne (kyste dermoïde) Caratériser la lésion : -Limites, contours -Parois, septas -Composition : kystique, tissulaire, calcifiée, hémorragique. -Etude du rehaussement D après : Imagerie des lésions graisseuses péritonéales. JFR 2011. Lyon

Masses péritonéales à contingent graisseux : arbre diagnostique NON NON Densité graisseuse homogène Localisation mésentérique, < 5 cm Pas de cloison, pas de rehaussement liposarcome NON Densité graisseuse macroscopique (TDM) Réhaussement septal après injection (forme lipogénique pure) ou nodulaire (forme scléreuse) Contingent tissulaire intra-lésionnel (hypersignal T2, calcifications, remaniements hémorragiques) Refoule sans envahir les tissus adjacents. Volumineuse masse bien limitée Contingent graisseux prédominant Fine capsule et fines cloisons Rehaussement discret Tératome! Lymphangiome kystique chyleux Ischémie épiploïque (grand omentum ou frange) NON Localisation péritonéale Cloisonnée Contingent graisseux Au sein d une masse liquidienne

au total : diagnostic radiologique de torsion ovarienne sur tératome mature confirmé par l'intervention

Macroscopie

Différenciation pilo-sébacée et adipeuse du kyste Tissu cutané (non pathologique) X20 X40

Revêtement épithélial kératinisant Zoom

Cytologie péritonéale Hémorragique et inflammatoire Tissu adipeux et hémorragique Signes indirects de torsion Trompe congestive et hémorragique Éléments figurés du sang

Tératomes ovariens-anatomie pathologique Tumeurs à cellules germinales les plus fréquentes. Constitituées de tissus d origine: -ectodermique (peau, tissu nerveux) -mésodermique (muscle, tissu adipeux) -endodermique (tube digestif, bronche) Se différencient par la nature et la maturité des tissus retrouvés au sein de la tumeur. Teratomes ovariens matures et immatures : caractéristiques en écho, TDM et IRM. Jradiol 2010;91;27-36

Histologie : 3 types de tératomes Tératome kystique mature : 20 % % des tumeurs ovariennes de l adulte, 50% de l enfant. Âge moyen : 30 ans (< tumeurs épithéliales), Bilatéral 8-15%, 7 cm en moyenne Tissu bien différencié issu d au moins 2-3 couches de cellules souches. Tissus ectodermiques et mésodermiques +++ Kystique (88%), contenu liquide ++ sébacé, +/- cheveux paroi = épithélium squameux limité en dehors par stroma ovarien Nodule appendu à la face interne avec dérivés des 3 couches de cellules souches : nodule de Rokitansky.

Tératome immature: Tumeur maligne exceptionnelle (<1%), femme jeune Grande taille ( 14-25 cm) Tumeur solide avec queques plages liquidiennes, en général, peu abondantes. Signe de malignité = effraction capsulaire. Mélange tissus matures et immatures Tératomes matures homolatéraux (26%) et contro-latéraux (10%) Tératome monodermique : Issu d un seul feuillet embryonnaire. On distingue : goître ovarien (struma ovari), tumeur carcinoïde et tumeur à différenciation nerveuse

Kyste dermoïde :imagerie échographique 3 formes décrites classiquement: 1Formation kystique présentant un nodule échogène appendu à sa paroi ( nodule de Rokitansky). 2Masse échogène atténuante (atténuation post / cheveux, sébum épais, graisse, structures ossifiées) 3Kyste avec multiples échos linéaires = cheveux flottant dans la lumière. +/- kyste d allure banal (contenu séreux) 1Niveau liquide (liquide séreux déclive / sébum surnageant)

Kyste dermoïde :imagerie CT et IRM Graisse : TDM : < -20 UH IRM : hyper T1 T2, s annulant après sat fat Artéfact de déplacement chimique en périphérie, Liseré en hyposignal à l interface eau/graisse ou tissu/graisse Sur les séquences en écho de gradient en opposition de phase. Au sein des tératomes : -liquide : sébum -glandes sébacées, riches en sébum -Solide : adipocytes -périphérie : granulome lipophagique

Tératome mature : Graisse dans 93 % des cas, souvent abondante Si contenu séreux uniquement -> graisse pariétale ou protubérance +/- niveau liquide/graisse, très évocateur. Kyste uniloculaire (88%), paroi fine Nodule de Rokitansky : portion tissulaire, fait saillie dans la lumière Dents, calcifications, ossifications. Aucun rehaussement ou rehaussement linéaire cloison/nodule

Kyste dermoïde vs tératome immature : critères de différenciation en imagerie Tératome mature typique Tératome immature

Kyste dermoïde : complications Torsion annexielle : 1 ère cause de torsion ovarienne parmi l ensemble des tumeurs ovariennes Complication la + fréquente; ++ pendant ou au décours immédiat de la grossesse ++ avec kystes plus volumineux que la moyenne Signes : épaississement de la trompe et de la paroi du kyste, Épanchement pelvien, déviation de l utérus vers le côté du tératome, Torsion du pédicule vasculaire ovarien.

Kyste dermoïde : complications Infection du kyste Rupture du kyste 2 formes cliniques très différentes - péritonite dermoïde aiguë en cas de rupture massive brutale (per- opératoire)avec passage à la chronicité même en cas de lavage péritonéal immédiat - péritonite dermoïde chronique granulomateuse avec implants à distance (jusqu'au dôme hépatique ) localisations "parasitiques" péritonéales abdomino-pelviennes Dégénérescence (1-2 %) à partir du nodule de Rokitansky

Take home messages Tératomes ovariens = tumeurs à cellules germinales les + fréquentes Diagnostic facile quand sémiologie typique en imagerie Différenciation en imagerie : tératome mature / immature Torsion ovarienne = complication la plus fréquente