Septembre 2010 FICHE TECHNIQUE COMMENT AMELIORER LA RENTABILITE DU LITRE DE LAIT? L optimisation économique d une exploitation laitière n est pas chose facile. Toutes les exploitations sont différentes et chacune possède ses propres problématiques liées à son système d exploitation mais également à son environnement proche. Cependant, certains leviers d action permettant de réduire les charges de l atelier lait, et donc d en augmenter la rentabilité, sont utilisables dans toutes les exploitations. De quoi se compose le coût de production d un litre de lait? Les charges proportionnelles : Elles varient avec le volume d activité : il y a plus de charges pour produire 500 000 litres que 300 000 litres. On y compte : frais vétérinaire, frais alimentaire (fourrages et concentrés), coût de renouvellement, frais d IA, Pour maîtriser les charges proportionnelles, il faut un effectif adapté au quota. En réduisant le nombre de vaches pour faire le quota, on limite les frais d élevage, de reproduction ou alimentaires qui augmentent avec la taille du troupeau. Les charges fixes : Elles ne dépendent pas du volume d activité et sont assez stables d une année sur l autre : le bâtiment coûte autant et l amortissement des tracteurs est le même que l on livre 300 ou 500 000 litres. Elles comprennent : le foncier, les bâtiments, l équipement, les charges sociales Le facteur déterminant pour réduire le poids des charges fixes est de maximiser le volume livré/ ha, les litres de lait/m² de bâtiment ou le lait/ VL. Le poste concentré + minéral ne représente que 13 à 14% du coût total du litre de lait. Se focaliser sur le coût de concentré est trop restrictif car on ne prend pas en compte les autres charges, à savoir la valorisation des fourrages, les performances secondaires du troupeau (repro, santé ) et le coût de renouvellement qui sont des leviers importants pour améliorer la rentabilité.
Quelques leviers pour améliorer la rentabilité du lait : Objectif 1 : Faire son quota diluer les charges fixes! Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les derniers litres de lait qui sont les plus chers à produire mais les premiers! Pour produire son premier litre de lait, il faut investir dans un troupeau, dans une salle de traite, dans du matériel d élevage (bâtiments, clôtures ), dans des terres pour produire des fourrages, dans du matériel de récolte Toutes ces charges pèsent lourd sur les premiers litres produits. Le seul moyen de les réduire est de les diluer dans un volume de lait plus grand. Pour réduire ces charges, il faut donc produire le plus possible. Plus l outil de production est «saturé» (nous parlons bien de l outil, pas de l exploitant), plus les charges qui en découlent sont écrasées et plus la marge de l atelier augmente. En considérant une exploitation dont la référence serait de 450 000 L, une sous réalisation de quota de l ordre de 5% liée à la diminution de la distribution de concentré permet certes la réduction du coût alimentaire (3 à 5% d économie) mais entraîne un hausse du coût de production des 1000L de l ordre de 8 à 10 euros soit 3000 euros au total pour cette exploitation. Même avec un prix du lait relativement bas, réaliser le quota reste une des meilleures solutions pour maîtriser son coût de production Objectif 2 : Efficacité alimentaire Elle peut être mise en évidence par certains indicateurs tel que l ITL (Indice de Transformation Lait) dans la méthode de rationnement des animaux. ITL = Quantité de MS ingérée / Quantité de lait produite Dans un premier temps, cet indicateur permet d avoir une idée précise de l efficacité alimentaire de la ration. Un ITL faible est la garantie d une bonne valorisation de l alimentation par les vaches. Dans un deuxième temps, il permet l optimisation de l assolement de l exploitation : le fait de savoir quelle quantité de matière sèche consomment les animaux pour produire 1L de lait, permet d anticiper les surfaces nécessaires pour l affouragement des vaches. Augmenter son efficacité alimentaire (en réduisant l ITL) permet de libérer des surfaces initialement consacrées à la production de fourrages pour y implanter des cultures plus rentables et ainsi augmenter le résultat global de l exploitation. Une bonne maîtrise de l ITL permet donc une meilleure valorisation du travail de l exploitant. Quelques chiffres autour de l ITL : valeur ITL valeur ITL valeur ITL des meilleurs élevages observée en élevage sporadiquement observée Pour une exploitation avec un quota de 450 000 l, passer d un ITL de 800 à un ITL de 700 permet d économiser 45 tonnes de MS, soit l équivalent de 4 ha de maïs ensilage ou encore 7 ha de prairie. Objectif 3 : Coût des renouvellements minimiser la durée d élevage et le taux de réforme Taux de renouvellement : Aujourd hui, en France, le taux de renouvellement moyen et de 33%. L élevage des génisses est loin d être gratuit puisqu il faut nourrir les animaux alors qu ils ne sont pas productifs! En moyenne, une génisse coûte entre 1.6 et 2 Euros/ jours (en fonction de l âge au premier vêlage).il est donc important d ajuster au mieux le taux de renouvellement de son élevage en fonction des objectifs fixés. Pour une exploitation en développement et dont l objectif est d augmenter la taille du troupeau, il est normal d observer des taux de renouvellement élevés.
Considérons toujours une exploitation avec 450 000 L de quota avec 50 vaches pour produire cette référence, soit un niveau d étable de 9000 L/VL. Passer d un taux de renouvellement de 35% à un taux de 30% a un impact à la fois technique et économique Les vaches doivent alors produire 17% de lait en plus durant leur carrière (qui sera légèrement plus longue, l objectif est donc raisonnable Cette augmentation de production permet dans un même temps de réduire la taille du troupeau de 3 vaches. Ces animaux ne sont dès lors plus à nourrir et leur départ libère l équivalent de 2 ha de SFP qui pourront être attribués à des cultures de vente. Au final, l économie réalisée grâce à cette meilleure maîtrise du taux de renouvellement est de l ordre de 1800 à 2000 Euros par an Âge au premier vêlage : Avec le taux de renouvellement, l âge au premier vêlage est le 2 ème facteur permettant d augmenter la productivité des vaches sur leur carrière et donc leur rentabilité. Avant le premier vêlage, une génisse coûte de l argent sans en rapporter. La balance économique est clairement déficitaire durant cette période qu il convient logiquement de réduire au maximum. En France, le premier vêlage se situe autour de 30 mois et cette moyenne masque de grandes disparités. Certains élevages pratiquent un premier vêlage à 24 mois quand d autre sont à 36. Pour une exploitation type 450 000 L de quota, 50 caches et un premier vêlage à 33 mois, une réduction de l âge de vêlage de 5 mois permet de réduire le coût de production de 1000 L d environ 6.5 Euros. Comme la carrière des vaches en plus longue, elles produisent plus de lait par jour de vie et le quota peut être rempli avec 4 vaches en moins. Soit un équivalent de 2 à 3 ha de SFP. En attribuant ces hectares libérés à des cultures de ventes, il est possible d économiser près de 3000 Euros. Limiter les réformes en début de lactation : Plus de 25% des réformes touchent les vaches durant les 2 premiers mois de lactation. La gestion de cette période est stratégique pour améliorer la longévité en travaillant sur le déficit énergétique et la baisse d immunité. L utilisation d un aliment complémentaire permet une gestion ciblée avec apport de matière grasse protégée, mono propylène glycol, facteurs hépatiques, oligo-éléments chélatés, vitamines et levures vivantes. Cette sélection d ingrédients permet de limiter les problèmes métaboliques à l origine de réformes tout en maximisant le pic de lait. Conclusion : La réduction des charges peut donc passer par une augmentation de la production laitière à l échelle de l animal et si possible par un allongement de leur carrière (encore trop de vaches sont réformées alors qu elles atteignent tout juste l âge adulte). La ration doit être bien maîtrisée pour optimiser son efficacité (ITL) et donc sa rentabilité. Il faut également raisonner les investissements à l échelle globale de l exploitation. Le niveau de mécanisation des fermes françaises est en moyenne plus élevé que celui de nos homologues européens. Pourquoi consommons-nous plus de matériel? Certains investissements sont-ils réellement nécessaires? La course aux achats de matériel neuf pour essayer de défiscaliser les bénéfices d une bonne année ne semble pas être une stratégie payante lorsque le contexte de la filière lait est défavorable. Les crises étant cycliques et le prix du lait étant volatile, il est risqué de s endetter sur plusieurs années pour acheter un tracteur s il n y a pas un réel besoin technique à satisfaire.
COMMENT AMELIORER L ITL? Deux pistes sont particulièrement travaillées avec notre partenaire PROVILYS. La vitesse de dégradation des aliments Pour optimiser les fermentations du rumen et ainsi valoriser au mieux la ration, il convient de synchroniser les vitesses de dégradation des différents constituants. Une déconnexion entre la dégradation de la part énergétique et celle de la fraction azotée induit plus de pertes sous forme d ammoniac et de méthane. Dans les cas les plus flagrants, ce déséquilibre peut provoquer acidose ou alcalose. Le critère GHF/MADeg est un indicateur pertinent sur la bonne synchronisation des vitesses de fermentations. Sa maîtrise est l élément clé de l amélioration de l ITL. ITL = Indice de Transformation lait GHF = Glucides Hautement Fermentescibles dans le rumen MADeg = Matière Azotée Dégradable dans le rumen Le choix de la complémentation doit prendre en compte les caractéristiques des fourrages pour obtenir un critère GHF/MADeg proche de 3 Noyau Optitek ND Constitué d un mix d huiles essentielles, le noyau Optitek ND permet de mieux nourrir la flore du rumen en limitant les pertes sous forme d ammoniac et de méthane. Cet effet bénéfique sur la flore à pour conséquence une meilleure valorisation de la ration, se traduisant dans les essais menés, par une production supplémentaire d 1 litre de lait / vache / jour sur la lactation. Résultats d essais Ferme de Grignon en 2007 Lot Lot Ecart Témoin Optitek Primipare (kg) 29.3 30.9 + 1.6 Multipare (kg) 37.3 38.8 + 1.5 Essai RVL041 Lilas - 2008/2009-2 lots de 21 vaches appariées par rang de lactation, stade de lactation, niveau de production. - Même niveau de production, TB et TP à la mise en lot. - Même ration, ajout d Optitek sur lot d essai pendant 5 semaines Témoin Optitek % de primipare 47 43 Jours moyens de lactation (j) 252 254 Lait (kg) pendant l essai 29,5 30,5 Pour plus d informations sur la gamme UCAL-PROVILYS vous pouvez contacter votre technico-commercial.