CHAPITRE 5 : LA GLOBALISATION FINANCIERE

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Transcription:

CHAPITRE 5 : LA GLOBALISATION FINANCIERE Monnaie et Finance Internationales David Guerreiro david.guerreiro@univ-paris8.fr Année 2013-2014 Université Paris 8

Table des matières 1 Historique de la globalisation Le cadre de la globalisation Les euromarchés Balance des paiements et euromarchés 2 Le processus d intégration Critères et acteurs de l intégration L intégration des marchés financiers 3 La financiarisation de l économie Les 3 D Les innovations financières Fonctionnement et dysfonctionnement de la finance

Le cadre de la globalisation La mondialisation Processus d intégration économique. Mis en place à partir de la 2 GM avec GATT + SMI. Qu est que l intégration? Diverses conception de l intégration. Fait dire à Perroux que concept floue. Retient définition de Balassa (1961) : Volonté politique de supprimer discriminations portant sur considérations d appartenance nationale entre unités de production. => Vision d intégration par le marché! Le GATT General Agreements on Tariffs and Trade, 1947. Baisse négociée des droits de douanes et des barrières non-tarifaires. Remplacé par OMC en 1994.

Le cadre de la globalisation GATT + SMI Institutions de la mondialisation. Ont favorisé 2 types d échanges internationaux : Echanges commerciaux. Echanges de capitaux. Les échanges commerciaux Augmentation spéctaculaire du commerce. Part des exports dans PIB mondial = 5,5% en 1950, 10,5% en 1973, 17% en 1998, près de 25% aujourd hui. Commerce + vite que PIB. Les échanges de capitaux Multinationalisation des firmes (Michalet, 1976). FMN se définit comme entreprise qui possède au moins une unité de production hors de son pays domestique et dont le cadre d activité est mondial.

Le cadre de la globalisation Multinationalisation A pour base les IDE. 3 stratégies pour entreprises : Approvisionnement : capitaux assurent exploitation et acquisition de matières premières et énergétiques à faibles coûts. Débouchés : produire localement est solution pour contourner entraves éventuelles à échange international.=> Permet pénétrer nouveaux marchés et se soustraire à concurrence internationale sur marchés domestiques. Rationalisation des coûts : perte avantage technologique ou faible coût mo peut pousser entreprise à délocaliser. Rationalisation passe par pleine exploitation des avantages comparatifs de chaque pays dans lequel firme est implantée.=> division internationale des processus de production (DIPP).

Le cadre de la globalisation La globalisation financière Parachèvement d intégration commerciale (échanges de produits) et d intégration économique (échanges de capitaux). Intégration appliquée à le sphère financière. Impulsée par dérèglementation financière à partir des 70 s. Progressivement standardisation et interconnection des marchés de capitaux au niveau mondial. Abouti à un vaste marché mondial de capitaux.

Prémisses de la globalisation : les euromarchés Les euromarchés Origines Apparaissent durant 50 s avec l eurodollar. USD déposés sur des comptes bancaires en dehors des USA. Créés lorsque banques commerciales installées hors du territoire américain accordent des crédits en USD. A partir 60 s s étends à d autres devises (yen, mark, sterling, etc...)=> euromonnaies. Avec guerre de Corée, URSS a peur que ses avoirs en USD soient gelés par USA. Transfert de leurs USD vers Europe via Banque des Pays d Europe du Nord. Code télex de la banque : euro (d où euromonnaies). Sur base de ses USD, accorde des prêts en USD à des agents demandeurs.

Prémisses de la globalisation : les euromarchés Caractéristiques Marché de gros : montants élevés. Marché paralèlle : n est pas controlé par autorités monétaires nationales. Aucunes réserves obligatoires. Marché interbancaire : à l origine, ne concernait que 200 grandes banques environ. Importance des euromarchés (en milliards USD) Année Montant net Part USD M2 USA 1973 160 74% 861 1978 495 74% 1389 1981 1018 79% 786 1987 2221 66% 2901

Prémisses de la globalisation : les euromarchés Raisons apparentes du succès des euromarchés Réglementations mises en place aux USA durant 50 s et 60 s : Regulation Q, en 1958. Interest Equalization Tax (IET), en 1963. Voluntary Foreign Capital Restraints(VFCR), en 1964. Contenu règlementations Régulation Q : rémunération des comptes à termes plafonnée. IET : retenue à la source sur intérêts des capitaux américains prêtés à étranger. VFCR : engagements à ne pas accroitre sorties de capitaux. Effets Incite investisseurs à chercher placements à étranger. Incite FMN à contourner règles pour se financer en USD.

Prémisses de la globalisation : les euromarchés Extensions des euromarchés Eurodevises : naissent d opérations d emprunt ou de dépôt, faites dans pays différent de monnaie dans laquelle ils sont libellés. Echéances de 48h à 1 an. Eurocrédits : crédits de 1 à 8 ans libellés dans monnaie indépendante de nationalité des prêteurs et des emprunteurs. Euro-obligations : émission de titres obligataires par des groupements de banques dans un pays différent de la monnaie de support. Euroactions : émission d actions par groupements de banques pour compte d entreprise sur marchés autres que marché national. Dissolution des euromarchés dans finance globale A partir des années 90 s, plus vraiment d euromarchés. Suppression des règlementations, controles de change. Multiplication des facilités bancaires internationales. => Annulation entre marché monétaire interne et externe. Opérations euromonétaires fondues dans finance globale.

Prémisses de la globalisation : les euromarchés A retenir A l origine euromarchés sont : Des marchés monétaires internationaux contournant réglementations nationales échappant au contrôle des banques centrales. Ils se superposent aux marchés monétaires nationaux et sont reliés à eux par le marché des changes. Ils se sont ensuite développés dans les années 70 : Pour de venir des marchés monétaires, mais aussi financiers internationaux. Pour enfin se fondre, après les dérèglementations financières, dans un vaste marché international des capitaux.

Balance des paiements : la vrai raison de la globalisation Crise pétrolière des années 70 Chocs pétroliers redistribuent richesse mondiale. Pays importateurs de pétrole (développés) => pays exportateurs pétrole (non-développés). Pays exportateurs ont niveau de C et d I < à leurs nouvelles richesse. => Excédentaires => Capactié de financement! Que faire de cette épargne? Recyclage des pétrodollars. Placer dans secteur bancaire privé. Banques vont placer... sur euromarchés!! Finance PED => 1982 et crise mexicaine.

Balance des paiements : la vrai raison de la globalisation Les déficits courants des pays avancés (PA) A partir 70 s, PA dégagent déficits courants. A partir 80 s, déficits de plus en plus conséquents. Pas de réajustements (ni réel, ni change) => décident d emprunter! La globalisation 1 70 s font appel aux banques qui drainent épargne des euromarchés (recyclage pétrodollars). 2 80 s libéralise secteur financier afin de pouvoir faire appel à toute épargne mondiale (notamment Allemagne et Japon). 3 => Globalisation financière a servi (et sert encore) à faciliter financement des déficits courants.

Critères de l intégration Qu est-ce que l intégration financière Fusion de tous les marchés nationaux et internationaux (euromarchés) de capitaux. Aboutit à un seul et unique marché de capitaux global et transfrontalier. Gère tous les produits et toutes les maturités. Le degré d intégration Intensité de l intégration fondée sur 2 conditions : Mobilité des capitaux. Substituabilité des actifs.

Critères de l intégration La mobilité des capitaux Possibilité pour capitaux de se déplacer : De places financières en places financières. De pays en pays. Aussi idée qu il n existe pas de difficultés : Plus marché est intégré, plus les mouvements sont faciles à réaliser. Absence de contôle de changes, de discriminations fiscales. La substituabilité La possibilité pour capitaux de passer : Au sein d un même espace monétaire, d un type actif domestique à un autre. Par exemple délocaliser de l euro de Paris à New-York. De changer d habitat préféré : passer d une devise à une autre. Par exemple acheter des obligations étrangères. La substituabilité élargit espace des choix des investisseurs.

Critères de l intégration Mobilité + substituabilité Permet à investissuers de choisir lieux et monnaies de support. Permet arbitrage. Permet recomposition du portefeuille d actifs sur base : Rendements nominaux relatifs. Risque de change sur devises choisies. Autres risques (politique, gel des avoirs, etc...). Fiscalité. Intégration du marché financier Marché international d autant plus intégré que : Identité de traitement (pas de discrimination étrangers/nationaux). Se traduit par égalité de rendement net, càd corrigé : Variation de change. Diférentiel de fiscalité. Prime de risque éventuelle.

Acteurs de l intégration Les banques internationales Prêtent à des agents résidents et non-résidents, en monnaie nationale ou en devise. Rôle d intermédiaire financier permettant meilleure allocation des capitaux à l échelle mondiale. A l origine des euromarchés. Groupes industriels internationaux (FMN) Internationalisation des activités, stratégies mondiales. Besoin de financements adaptés! Règlement des IDE, et placement des revenus. Optimisation fiscale...

Acteurs de l intégration Les conglomérats financiers Ensemble constitué d une part de sociétés captives ou polarisées, et d autre part d une banque qui oriente ses activités vers le financement de sociétés captives et vers la prise de participations dans le capital de ces sociétés. => Holdings. Fusions-acquisitions dans le secteur bancaire en Europe. Mondialisation de l activité bancaire. Les Zinzins Organismes collecteur d épargne qui placent cette épargne sur les marchés. Fonds de pension, fonds d investissement collectifs, OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobiliaires). Pendant 80 s, leurs avoirs connaissent une forte (épargne retraite). Interviennent directement sur marché.

Acteurs de l intégration Les Etats Ce sont eux qui sont à la base de la dérèglementation bancaire et financière! Décision politique!

Intégration parfaite Version forte Des actifs libellés en monnaies différentes, à condition d être strictement équivalents (maturité, risque) ont le même taux de rendement au cours de change près. Actifs financiers ont même prix (rendement/intérêt) : i = i + s PTINC Version faible Des actifs libellés en monnaies différentes, bien que strictement équivalents (maturité, risque) peuvent présenter des écarts de rendements, au cours de change près. Ces écarts sont bornés et équivalents aux coûts de transaction. Actifs financiers ont des différentiels de prix bornés : i = i + s + γ

Intégration imparfaite Intégration imparfaite Dans la réalité il existe beaucoup d imperfections qui vont à l encontre d une intégration parfaite. Intégration imparfaite correspond à situation où différentiels de prix (corrigés des variation de change) ne sont pas bornés, mais où prix (corrigés des variations de change) sont convergents.

Les imperfections Résumé Actifs ne sont pas strictement équivalents en termes : maturité, statut juridique, conditions d emissions. Coûts de transactions. Fiscalité. Prime de risque. Les coûts de transaction Frais divers. Connexions informatiques, télex, droits d enregistrement... Principales source des spreads (écarts acheteurs-vendeurs). Version faible de l intégration. Inférieur à 1% sur marché des changes.

Les imperfections La fiscalité Différences de traitement fiscal entre opérations transfrontalières. Important car Investisseurs considèrent rendements nets (ajustés des taxes et impôts). Les primes de risque Supplément de rendement exigé par un investisseur afin de compenser un niveau de risque supérieur à la moyenne. Issu de l aversion pour le risque. Appliqué quand risque de défaut, ou quand risque sur le rendement réel. i = i + s + ρ avec ρ : prime de risque.

Les 3 D Qu est-ce que la financiarisation Processus qui sur la base de la libéralisation des marchés financiers et de la sophistication grandissante des techniques fait pénétrer la finance dans tous les secteurs de la vie économique, et tend à lui donner un rôle moteur dans la mondialisation. Les 3 D Décloisonnement. Dérèglementation. Désintermédiation.

Les 3 D Le décloisonnement Processus d ouverture externe (levée des contrôle de change) et interne (remise en cause des compratiments préexistants) des marchés nationaux. Fin de distinction entre banques commerciales/d investissement : déspécialisation (aux US). Big-bang de Londres en 1986. Création du MATIF (Marché à Terme Internationale de France) en 1986 (produits dérivés sur taux d intérêt et de change). Suppression contrôle de change en 1987. Permettre d unifier les marchés finanicers. Continuum d opérations financières allant de court à long terme, avec support en monnaie ou devises.

Les 3 D La dérèglementation Impulsée aux USA par contournements des banques et des entreprises. En Europe continentale (France), sous influence des pouvoirs publics qui cherchent à attirer investisseurs. Booster innovations financières. Innovations aussi issues de montée des risques : flottements monnaies + monétarisme ( tx d intérêt). Fin encadrement du crédit et des taux. Nouveaux produits comme bons du Trésor courts... produits dérivés. Permis aux banques d élargir gamme d activité.

Les 3 D La désintermédiation Economie d endettement => Economie de marchés financiers (Hicks, 1974). On ne peut pas parler de réel désintermédiation (majorités opérations sont réalisées par banques)=> plutôt marchéïsation. Banques ne transforment plus échéances... Vont pour compte des clients sur marchés financiers. Redéploiement activités bancaires, avec en France très forte diminution rôle crédit. => Mobiliérisation des bilans bancaires : + plus de titres dans bilans. Au passif (origine ressources) part des titres = 4,2% en 1980, 23,4% en 2002 en France. A l actif (emploi ressources) part des titres = 3,8% en 1980, 21,3% en 2002 en France.

Introduction Innovations financières ont été au coeur de la globalisation et donc de la financiarisation de l économie. Découlent des nouveaux risques apparus à la fin des 70 s : Risques de change fin de Bretton-Woods et flottement généralisé. Risque de taux d intérêts avec mise ne place de politiques monétaristes pour contrer inflation. Les différentes innovations fianciancères sont classées en 3 catégories : 1 re génération. 2 e génération. 3 e génération.

Les innovations de première génération La titrisation Technique financière transformant des créances ou des actifs en titres négociables. Née aux USA dans les 70 s, arrive en France dans 80 s. Permet aux banques d assouplir gestion de leur bilan et diminuer coût de financement. En titrisant, banques se débarassent du risque associé aux sousjacents : Banques transfèrent créances à fonds commun (pool ou special purpose vehicle). Ce fonds va émettre des titres sur la base des créances que banque lui a cédé. Créances disparaissent du bilan des banques! Permet de respecter les ratios prudentiels.

Les innovations de deuxième génération Les produits dérivés sur taux (change et intérêt) 3 principaux produits : Contrats à terme. Swaps. Options. Produits permettant de se couvrir contre les risques : de change. de taux d intérêt.

Les innovations de troisième génération Les derivés de crédits Produits dérivés (futures, options, swaps) ayant pour sousjacent un risque de crédit. Même fonctionnement que produits dérivés, mais en cas de risque de crédit. Plupart du temps ne concenrne pas directement défaut, mais dégradation de marge de crédit.

Les cinq fonctions majeures Finance moderne est à même d assurer 5 fonctions : FONCTIONS ROLES Transfert Transfert de richesse dans le temps : intertemporel favorise investissement, de richesse lissage de la conso Gestion des Meilleure gestion grâce à tranfert risques et mutualisation Accumulation Meilleure allocation des ressources : du capital maximisation des rendements Diffusion de Cotations, cours l information notations Flux de paiement Continuité et sécurité du paiement dans espace et temps

Les dysfonctionnements En réalité des dysfonctionnements récurrents apparaissent : DYSFONCTIONS Sur/sous consommation présente Aléa moral anti-sélection Sous /sur accumulation sectorielle du capital Efficience info imparfaite Crise de liquidité ROLES Favoriser ou contraindre artificiellement la conso dans le présent prise de risque asymétrie d info conduisant à choisir les mauvais I t Sur-investissements créations de bulles spéculation Comportements mimétiques Crise de confiance