PROJET DE RENFORCEMENT DES CAPACITES EN CONCEPTION ET ANALYSE DES POLITIQUES DE DEVELOPPEMENT LIBERALISATION DU SECTEUR DE L ASSURANCE ET CROISSANCE ECONOMIQUE AU BENIN Document de Travail n 006/2010 Jean-Claude Sourou KEKE Economiste Septembre 2010 LOT 4070-A - O.H.E.E. 226 Habitat Akpakpa, Appartement 5 - Tel : 21 37 44 34 Fax. 21 37 44 36 E-mail : secretariat@capod.org - site web : www.capod.org 02 BP 534 Cotonou, République du Bénin
AVANT-PROPOS Après près de vingt années de stagnation à travers le monopole et la gestion étatique, le secteur des assurances au Bénin depuis sa libéralisation en 1998, a connu un véritable essor avec l entrée sur le marché d autres compagnies et le développement de nouveaux produits. C est pour mieux apprécier la contribution réelle de ce secteur depuis sa libéralisation à l économie béninoise que le Projet CAPOD s est investi dans la réalisation de ce travail. Ce travail a bénéficié des contributions pertinentes de la Direction des Assurances, notamment celle du Directeur, Monsieur ADJANON Urbain. Nous adressons nos remerciements aux membres du groupe de discussion, du comité de lecture qui ont apporté des commentaires constructifs pour l amélioration des analyses contenues dans ce document. Il s agit notamment d une part de Messieurs AMOUSSOUGA Venance (DG/UBA-Vie), ASSAH Gustave (consultant), ACCLASSATO Dénis et SOSSOU Gilles Armand (enseignants-chercheurs, FASEG/UAC) et de Mme FASSINOU Evelyne (ADG/Avie) d autre part. Ce travail s est également enrichi de la contribution des Chercheurs du Projet CAPOD et de la disponibilité du personnel d appui. En particulier, nous adressons nos sincères remerciements à Epiphane G. ADJOVI, Sosthène U. GNANSOUNOU, Cyrille HONAGBODE, Wilfried HOUEDOKOU, Gisèle MAMAVI GANGBO, Thierry A. OGOUGBE, Rock COMAHOUE, Rachelle AGBOBLI AGBO, Flora BEKE MONGBO et Armand VODOUHE pour leur appui dans la finalisation de ce document. 2
SOMMAIRE AVANT PROPOS... 2 LISTE DES TABLEAUX. 5 LISTE DES GRAPHIQUES..6 SIGLES ET ABREVIATIONS..7 RESUME NON TECHNIQUE...9 INTRODUCTION..13 1. Cadre théorique et méthodologique de l étude... 16 1.1. Revue sur la relation entre le développement de l assurance et le développement économique et social... 16 1.1.1 Importance de l assurance dans le développement économique et social... 16 1.1.2 Analyse des déterminants de la demande d assurance et de la relation entre croissance économique et secteur de l assurance... 19 1.2 Méthodologie utilisée dans le cadre de cette étude... 20 1.2.1 Les données et leurs sources... 20 1.2.2. Outils d analyse des données collectées... 23 2. Le marché des assurances au Bénin : état des lieux... 27 2.1. Evolution et structure du marché de l assurance au Bénin... 27 2.1.1 Historique et aperçu général du marché de l assurance au Bénin... 27 2.1.2 Structure du marché des assurances au Bénin... 31 2.2 Analyse du marché de l assurance à partir des données d enquête... 38 2.2.1 Caractéristiques des acteurs du marché et perceptions des produits d assurance par les consommateurs... 38 2.2.2 Accessibilité, satisfaction et état de la concurrence par rapport aux produits d assurance... 41 3- Analyse de la contribution du secteur de l assurance à la croissance économique au Bénin et du sens de causalité... 44 3.1 Analyse de la contribution des assurances à l économie béninoise... 44 3.1.1 Analyse de quelques indicateurs de mesure de la contribution du secteur de l assurance à la croissance économique... 44 3.1.2 Analyse des autres effets du secteur de l assurance au développement économique et social... 47 3.2 Analyse du sens de causalité entre la croissance économique et les assurances... 51 3
3.2.1 Analyse des résultats du Test de racine unitaire et de cointégration... 51 3.2.2 Analyse des résultats de l estimation de la relation de cointégration et du sens de causalité... 52 CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS...54 ANNEXES... 59 Annexe 1 : Différents tableaux descriptifs... 60 Annexe 2 : Méthodologie d étude de la causalité et de cointégration sur panel... 69 Annexe 3 : Questionnaire... 80 4
LISTE DES TABLEAUX Tableau n 1 : Répartition de l échantillon par catégorie et par zone... 22 Tableau n 2 : Structure de la base de sondage et de l échantillon selon la branche d activité... 22 Tableau n 3 : Répartition des ménages par zone et par catégorie... 23 Tableau n 4 : Degré de concentration et indice de Herfindahl Hirchman dans le secteur de l'assurance au Bénin... 37 Tableau n 5 : Statut de souscription des consommateurs... 39 Tableau n 6 : Source de financement des souscriptions par type d assurance... 39 Tableau n 7 : Statut de souscription des entreprises... 40 Tableau n 8 : Degré de satisfaction des clients... 42 Tableau n 9 : Degré de confiance des ménages... 43 Tableau n 10 : Evolution des taux de pénétration à l économie béninoise de 1999 à 2008... 45 Tableau n 11 : Densité des primes d assurance au Bénin de 2005 à 2008... 46 Tableau n 12 : Evolution du montant des impôts et taxes annuels des sociétés d'assurances du marché et des recettes fiscales de l état de 1999 à 2008 (en milliards FCFA)... 48 Tableau n 13 : Résultats des tests de stationnarité... 51 Tableau n 14 : Résultats des tests de cointégration selon le type d assurances vie, IARD et Marché) 52 Tableau n 15 : Résultats de l estimation de la relation de cointégration par le Dynamique Ordinary Least Squares (DOLS)... 52 Tableau n 16 : Résultats du test de causalité de Granger... 53 5
LISTE DES GRAPHIQUES Graphique n 1 : Evolution du chiffre d affaires du marché de l assurance de 1992 à 2008 (en milliards de FCFA)... 29 Graphique n 2 : Evolution comparée du chiffre d'affaires des branches IARD et Vie du marché des assurances au Bénin... 30 Graphique n 3 : Répartition du chiffre d'affaires des sociétés IARD par catégorie de dommages pour l'année 2008... 30 Graphique n 4 : Répartition du chiffre d'affaires des sociétés Vie par catégorie de produits pour l'année 2008... 31 Graphique n 5 : Perception des services d assurance par les ménages... 41 Graphique n 6 : Appréciation des prix des produits d assurance... 42 Graphique n 7 : Contribution de l assurance à l économie... 44 Graphique n 8 : Dispersion des taux de pénétration et densités dans les pays de l UEMOA... 47 Graphique n 9 : Evolution des emplois créés par l assurance... 48 Graphique n 10 : Evolution des placements des sociétés d assurance des pays de l UEMOA (de 2000 à 2007)... 49 Graphique n 11 : Part de chaque pays dans le placement de l union en 2007... 50 Graphique n 12 : Contribution de l assurance au financement de l investissement au Bénin... 50 6
SIGLES ET ABREVIATIONS CAPOD : Projet de renforcement des capacités en Conception et Analyse des Politiques de Développement CEA CIMA CM CNSS : Commission Economique pour l Afrique : Conférence Interafricaine des Marchés d Assurances : Chef de Ménage : Caisse Nationale de Sécurité Sociale CNUCED : Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement CPFA CRCA DA DGAE DGE DOLS : Centre Professionnel de Formation à l Assurances : Commission régionale de Contrôle des Assurances : Direction des Assurances : Direction Générale des Affaires Economiques : Direction Générale de l Economie : Dynamic Ordinary Least Squares EMICoV : Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vie des Ménages Fanaf FBCF FCFA FFSA IARD IFC IHH IIA INSAE MEF ONG PIB : Fédération des Sociétés d Assurances de Droit National Africaines : Formation Brute de Capital Fixe : Franc de la Communauté Financière Africaine : Fédération Française des Sociétés d Assurance : Incendies, Accidents et Risques Divers : Indemnité de Fin de Carrière : Indice Herfindahl Hirchman : l Institut International des Assurances : Institut National de la Statistique et de l Analyse Economique : Ministère de l Economie et des Finances : Organisation Non Gouvernementale : Produit Intérieur Brut 7
PVD : Pays en Voie de Développement SATUNE : Système Automatisé d immatriculation Unique des Entreprises SGM : Secrétariat Général du Ministère SONAR : Société Nationale d Assurance et de Réassurance UE : Union Européenne UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine 8
RESUME NON TECHNIQUE L économie béninoise a amorcé vers la fin des années 90, une croissance qui ne demande qu à être soutenue dans la perspective de la lutte contre la pauvreté axée sur l atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Aussi, reste-t-il aux pouvoirs publics d assainir le cadre macroéconomique des affaires pour créer un cadre incitatif propice à l investissement, lui-même moteur du développement économique. Du fait qu au Bénin les besoins en termes d investissement y sont énormes, l assurance est, plus que jamais, une nécessité. Selon Greenwald (1987), l assurance peut-être définie comme étant «un système par lequel un individu, une association ou une entreprise peut se protéger du coût d événements incertains grâce à un regroupement des risques (événements aléatoires) et à un partage du coût de couverture de ces risques». Ainsi, en l absence de développement de ce secteur, une part importante de l activité économique serait tout simplement inexistante. Ce constat oblige, les pouvoirs publics et les acteurs du marché de l assurance à redoubler d efforts pour mieux encadrer et développer davantage ce secteur. L assurance facilite non seulement les transactions économiques par le biais des transferts de risque et de l indemnisation, mais également est appelée à promouvoir l intermédiation financière (Ward et Zurbruegg, 2000). En effet, l importance du secteur des assurances dans le processus de développement d un pays a déjà été admise depuis 1964. Un solide secteur de l assurance est une caractéristique essentielle d un système économique performant, car il contribue à la croissance économique et favorise l emploi. Plus précisément, l assurance peut contribuer à la promotion de la stabilité financière, la mobilisation de l épargne, la facilitation des échanges et du commerce, la gestion plus efficace du risque, l atténuation des pertes, l efficacité et la répartition du capital (comme un substitut du Gouvernement) et comme un complément des programmes de sécurité sociale. Un faible et inégal développement du secteur de l assurance, notamment dans les services offerts aux entreprises, augmenterait l incertitude sur les décisions économiques qui seront prises par les individus et les entreprises et constituerait in fine un obstacle à l activité économique. La situation du Bénin dans ce secteur n est pas reluisante. En effet, le marché béninois des assurances après une longue période de monopole d Etat a connu sa libéralisation en 1998. Depuis lors, il connaît un véritable essor avec l entrée sur le 9
marché d autres compagnies et le développement de nouveaux produits (l'assurance vie, l assurance santé, etc.). Divers textes ont été adoptés par les pouvoirs publics pour définir les règles et conditions d'exercice de la profession d'assurance au Bénin. Mais ces textes n ont pas pour autant favorisé un meilleur développement du secteur. Ainsi, nombreux sont les béninois qui ne se retrouvent pas encore dans ce monde et l apport de ce secteur à l économie n est pas à un niveau très significatif, d où l intérêt de cette étude qui vise à apprécier la contribution du secteur de l assurance, depuis sa libéralisation, à l économie béninoise. Cette étude a permis, à partir des données d une enquête réalisée auprès des acteurs du secteur de l assurance et des informations collectées auprès de diverses structures, de faire l état des lieux du marché des assurances, d apprécier la contribution de ce secteur à l économie béninoise et de formuler des recommandations de politiques pour une meilleure contribution du secteur de l assurance à l économie béninoise. Au regard des analyses effectuées des données collectées, on note que, depuis la libéralisation du secteur des assurances au Bénin, des améliorations ont été certes notées tant en ce qui concerne le nombre de compagnies, le chiffre d affaires que, la diversification des produits offerts à la clientèle ainsi que le circuit de distribution des produits. Cette libéralisation a entraîné une dynamisation du secteur au niveau interne. Mais le constat est que ce secteur souffre encore de plusieurs insuffisances dont principalement une domination du marché par la branche Incendie, Accident et Risques Divers (IARD) au détriment de la branche vie. Nous pouvons également noter la faible pénétration du secteur dans l économie nationale, la faible cotisation par individu (densité), une extrême concentration du marché (ce qui est généralement le cas des très petits marchés), lenteur dans le processus de règlement des sinistres, sa très faible contribution au financement de l investissement et aux recettes fiscales de l Etat, le rôle modeste dans la mobilisation de l épargne en plus du déficit structurant persistant de certaines branches d activités. Aussi, le faible pouvoir d achat de la population, n est pas de nature à permettre à une grande partie de la population de souscrire aux polices d assurance, surtout aux produits liés à l assurance vie. Ainsi, le développement de la branche vie soulève beaucoup d inquiétudes. Cette branche qui fait le bonheur de certains pays en matière de financement de l économie reste encore très faible au Bénin. 10
Le secteur des assurances au Bénin a encore du mal à véritablement décoller comme dans certains pays de la Conférence Interafricaine des Marchés d Assurances (CIMA) et hors CIMA et, surtout, comme dans les pays du nord. Sa contribution à la croissance demeure encore très faible alors que les résultats d estimations ont montré qu il existe une relation entre la croissance et le niveau de développement de l assurance et que c est la croissance qui cause l assurance au Bénin. La faible contribution de ce secteur à la croissance est due au faible pouvoir d achat des populations. Cette faiblesse du pouvoir d achat fait que, les clients trouvent les services d assurance chers. Cet état de pauvreté fait que certains, malgré leur connaissance de l importance de l assurance se trouvent dans l incapacité d y souscrire à cause du niveau relativement faible de leur revenu et au coût élevé des produits d assurance. En effet, comment souscrire à une assurance dans les conditions actuelles si son revenu ne suffit même pas à faire face aux besoins vitaux, de premières nécessités (se loger, se nourrir, s instruire, se vêtir et se soigner)? Dans ces conditions, il serait intéressant d œuvrer pour le développement et la promotion de la micro-assurance. La promotion de la micro-assurance, suggérée aussi bien par les offreurs que par les demandeurs de produits d assurance pourrait alors avoir un impact potentiel sur le fonctionnement du secteur de la santé, la lutte contre la pauvreté, l extension de la protection sociale et l élargissement du marché de l assurance. Aussi, les responsables des structures d assurance et de l organe de tutelle doivent ils réfléchir à l élargissement de la masse des personnes assurables et au développement de créneaux d assurance réputés d accès difficile comme l assurance vie et l assurance agricole. Une sensibilisation des potentiels clients sur l importance et les différents produits vie offerts par les compagnies s avère nécessaire (culture d assurance de la grande masse). Afin de favoriser une meilleure contribution de ce secteur à la croissance, il faudra «innover» et ceci nécessite la contribution de tous les acteurs. Ainsi, il serait souhaitable : en ce qui concerne les assureurs, il serait souhaitable de : intensifier leur politique de communication ; proposer de nouveaux produits adaptés aux besoins des populations en termes de garanties, de distribution ou facilité d accès et de prix adapté ; 11
augmenter les parts de marché en menant des actions pour conquérir progressivement une partie de la population qui n a pas encore souscrit aux services d assurance autres que le service «Assurance véhicule». Dans ce cas, des actions peuvent être menées à l endroit de certaines catégories de la population dont les revenus ont connu une certaine amélioration (cas des enseignants du secondaire et du supérieur) avec des produits adaptés à leur besoin ; améliorer la qualité de service par une accélération de la cadence de règlement des sinistres et aussi une amélioration de l assistance aux victimes. Les contrôleurs (autorités de tutelle), doivent veiller à la mise en place d un cadre législatif et réglementaire adéquat en vue de moderniser ce secteur, accroître son rendement et améliorer sa contribution au développement. Il faut signaler dans ce cas l absence de textes réglementaires et législatifs pour mettre en place et/ou canaliser la prospective de l assurance. Le pouvoir public, doit : mettre en œuvre des mesures de promotion de l assurance comme les mesures d incitation fiscales par exemple la défiscalisation de l assurance vie et l annulation ou la réduction importante des taxes parafiscales notamment la taxe sur les frais de contrôle ; Assurer un taux de croissance à deux chiffres et soutenu afin de tirer les effets multiplicateurs du secteur de l assurance. 12
INTRODUCTION Partout dans le monde, l assurance favorise l investissement et, par conséquent, la croissance économique et l emploi. Elle libère de la peur de financer sur fonds propres d éventuelles pertes matérielles et immatérielles. Selon Greenwald (1987), l assurance peut-être définie comme étant «un système par lequel un individu, une association ou une entreprise peut se protéger du coût d événements incertains grâce à un regroupement des risques (événements aléatoires) et à un partage du coût de couverture de ces risques». C est un système qui fait intervenir deux groupes d acteurs à savoir, les assureurs et les assurés liés entre eux par un contrat. Ainsi, il est donc difficile de penser à une activité économique sans penser aux risques, et donc aux services fournis par le secteur de l assurance. Ce secteur est beaucoup plus important que ne laisse supposer sa part directe dans l économie et constitue en fait l épine dorsale de l économie moderne. L importance de ce secteur dans le processus de développement d un pays a déjà été admise depuis la première session de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), en 1964. Un solide secteur de l assurance est une caractéristique essentielle d un système économique performant, car il contribue à la croissance économique et favorise l emploi. La littérature économique a démontré que la croissance économique et le développement de l assurance étaient interdépendants et qu une économie sans services d assurance serait beaucoup moins développée et stable. Ainsi, le secteur de l assurance, depuis sa libéralisation survenue par endroit et à des degrés divers, est devenu un secteur important et est en expansion dans presque toutes les économies, qu elles soient développées ou en voie de développement. Sa croissance est particulièrement forte dans les économies en modernisation rapide (ou émergentes). Ce constat oblige les pouvoirs publics et les acteurs du marché de l assurance à redoubler d efforts pour mieux encadrer et développer davantage cette activité. L assurance non seulement facilite les transactions économiques par le biais des transferts de risque et de l indemnisation, mais également est appelée à promouvoir l intermédiation financière (Ward et Zurbruegg, 2000). Plus précisément, l assurance peut contribuer à la promotion de la stabilité financière, à la mobilisation de l épargne, à la facilitation des échanges et du commerce, à la gestion plus efficace du risque, à l atténuation des pertes, à l efficacité, à la répartition du capital (comme un substitut du Gouvernement) et vue comme un complément des programmes de sécurité (Skipper, 2001). 13
Les assureurs, de part leurs interventions dans l économie, jouent le rôle d investisseurs institutionnels (FFSA, 2009). Ces derniers rassemblent des ressources financières dispersées et les redirigent vers des investissements, facilitant ainsi l accès des entreprises au capital. Par cet acte on peut alors retenir que les assureurs mobilisent l épargne, créent de la liquidité et améliorent l intermédiation financière. Ce secteur très développé dans les pays du Nord et exporté dans les Pays en Voie de Développement (PVD) pendant la colonisation ne cesse de prendre de l importance, que ce soit par les sommes importantes qu il draine ou le nombre d emplois qu il crée ou les domaines qu il couvre (production, santé, vie, etc.). Un faible et inégal développement du secteur de l assurance, notamment dans les services offerts aux entreprises, augmenterait l incertitude sur les décisions économiques qui seront prises par les individus et les entreprises et constituerait, en dernière analyse, un obstacle à l activité économique. En effet en l absence d assurance, une part importante de l activité économique serait tout simplement inexistante. L assurance devrait avoir un impact positif double sur le niveau de l épargne d une économie : - Premièrement, elle augmente le taux d épargne général (notamment grâce aux produits d assurance vie), d où des marchés financiers plus étendus et le financement des investissements plus facile ; - Deuxièmement, elle abaisse le niveau d épargne de précaution devenue inopportune si les risques envisagés sont couverts par des services d assurance (épargne rarement investie sur les marchés de capitaux) et stimule les investissements et la consommation en réduisant le niveau de fonds improductifs ou inutilisés. En Afrique, du fait que les besoins en termes d investissement sont énormes, l assurance est, plus qu ailleurs, une nécessité. On peut dire, sans risque de se tromper, qu en Afrique, la performance de ce secteur reste encore très mitigée. Après les années «difficiles» où les sociétés d assurance évoluaient dans un cadre juridique obsolète (héritage du code des assurances français, qui date de 1938), le secteur est loin de prendre son envol pour un réel développement. En 2008, l Afrique ne représentait que 1,3% (marché vie et non vie) du marché mondial. La part de l Europe était de 41,1% précédant l Amérique 34% et l Asie, 21,9%. En termes de part de marché, il est à noter que les 16 pays africains de la Fédération des Sociétés d Assurances de Droit National Africaines (Fanaf) pris ensemble représentent 2% du marché africain. L Afrique du Sud à elle seule représente plus de 81% du marché de l assurance en Afrique. 14
La situation du Bénin dans ce secteur n est pas reluisante. La part du Bénin sur le marché de l UEMOA n a été que de 8,4% (avec 2,21% pour l assurance vie et 6,21% pour les assurances IARD) en 2008. Cette situation n est pas favorable à une amélioration de la croissance en ce sens que c est l assurance vie qui selon les travaux empiriques, contribue plus à la croissance et, pour assurer une meilleure croissance des investissements, il faudrait mettre en place des stratégies pour un développement de ce secteur. Malgré cette situation, des efforts ont été consentis. Ainsi, depuis la libéralisation de ce secteur en 1998, le marché béninois des assurances a connu un véritable essor avec l entrée sur le marché d autres compagnies et le développement de nouveaux produits (l'assurance vie, l assurance santé, etc.). Aussi, afin d assurer un meilleur fonctionnement de ce secteur, divers textes ont été adoptés par les pouvoirs publics pour définir les règles et conditions d'exercice de la profession d'assurance au Bénin 1. On pouvait compter en 2009 douze (12) compagnies d assurance sur le marché béninois (avec six sociétés en assurance vie, six sociétés en assurance non vie). Les primes émises ou affaires directes du secteur proviennent des branches assurance vie et non vie avec des progressions significatives au plan interne d une année à une autre. Il faut également noter que malgré la libéralisation de ce secteur, sa contribution en matière de mobilisation de l épargne et surtout à la croissance est toujours restée faible. Ainsi, selon le rapport de la Direction Générale des Affaires Economiques (DGAE), la contribution de ce secteur à la croissance qui tournait autour de 0,1% du PIB en 2004 n a pas connu de grande variation jusqu en 2008 (0,87% en 2005, 0,9% en 2006, 0,97% en 2007 et à 1% en 2008), tandis que la prévision pour 2010 tourne autour de 0,2% (DGAE, 2007). Le niveau de prime par tête doit être une préoccupation aussi bien des acteurs que des pouvoirs publics qui ont le souci de promouvoir et de favoriser l industrie des assurances car avec un taux de pénétration moyen de 0,14%, la contribution de l ensemble des sociétés béninoises d assurance vie dans l économie nationale reste encore très faible (DGAE, 2007). Cette situation du Bénin dénote qu il existe des besoins énormes en termes d investissement et des marges de progression du secteur de l assurance. Cette situation observée au Bénin et, n ignorant pas l importance de ce secteur dans la vie économique d une nation tant dans la mobilisation de l épargne que pour le financement des investissements aussi bien publics que privés et surtout à la croissance économique, soulève des interrogations. La question principale qui est posée est celle de savoir pourquoi malgré la libéralisation du secteur des assurances depuis 1998, le taux de pénétration reste faible? 1 Les Sociétés d'assurance ne peuvent exercer leurs opérations qu'après avoir obtenu un agrément. L'agrément est accordé par le Ministre des Finances, après avis de la Commission Régionale de Contrôle des Assurances, pour les opérations d'une ou plusieurs branches d'activités 15
Ainsi, au Bénin, ce secteur n arrive pas encore à contribuer de façon significative à l amélioration du taux de croissance pouvant être favorable à la lutte contre la pauvreté, en dépit de sa stabilité politique, des réformes structurelles et autres mesures d appui au secteur privé. La réponse à cette question est la préoccupation de cette étude dont l objectif est d apprécier la contribution du secteur de l assurance, depuis sa libéralisation, à la croissance économique. De façon spécifique, il s agira de : - Faire l état des lieux du marché des assurances au Bénin depuis sa libéralisation en 1998 ; - analyser la contribution de ce secteur à la croissance économique ; - analyser la relation de causalité entre la taille du marché de l assurance et la croissance économique. Ainsi, après avoir exposé dans une première section le cadre théorique ainsi que la méthodologie utilisée dans le cadre de cette étude, nous avons fait dans une deuxième section, l état des lieux du secteur de l assurance au Bénin. La contribution du secteur de l assurance à l économie béninoise ainsi que la détermination du sens de la causalité entre les performances du secteur de l assurance et la croissance économique au Bénin ont été abordés dans la troisième section. Enfin, des recommandations ont été formulées en vue d une meilleure contribution de ce secteur à la croissance économique au Bénin. 1. Cadre théorique et méthodologique de l étude Cette section présente une synthèse de la littérature économique sur le rôle du secteur des assurances dans le développement économique et social ainsi que la méthodologie adoptée pour apprécier la contribution du secteur de l assurance à la croissance économique au Bénin. 1.1. Revue sur la relation entre le développement de l assurance et le développement économique et social 1.1.1 Importance de l assurance dans le développement économique et social Plusieurs travaux ont été réalisés afin de montrer l importance du secteur de l assurance dans le développement économique d une nation. La plupart de ces études aboutissent au fait que ce secteur est essentiel pour le développement d une économie et, qu un solide secteur de l assurance est une des caractéristiques essentielles d un système économique performant d où son installation et sa diversification surtout pour les Pays en Voie de Développement (CEA, 2006). Ainsi Ripoll (1973) à travers une analyse des stratégies pouvant 16
faciliter l installation des institutions nationales d assurance dans le cadre du commerce international a essayé de montrer que même après la décolonisation, les pays en développement n ont pas eu la tâche facile en ce qui concerne la création des institutions nationales d assurance. En effet, les résistances se sont manifestées pendant longtemps, et le constat était que l expansion des affaires dans les pays en voie de développement, liée au processus de leur croissance économique, a été absorbée dans une large mesure par les assureurs et réassureurs internationaux. La tendance vers l expansion des grandes multinationales dans ce secteur constitue donc une partie essentielle de leur stratégie et, par ailleurs, cette tendance peut encore être stimulée par leur gouvernement pour qui, les affaires réalisées à l étranger par les assureurs et réassureurs nationaux peuvent avoir des répercussions très favorables sur leur balance de paiement. Ainsi, Ripoll a rappelé que le Royaume-Uni a enregistré en 1971 un excédent net de recettes, dans ce secteur, de 381 millions de livres avec, depuis 1963, un rythme de croissance cumulative moyenne de 25% l an 2. La Suisse fait encore mieux, en termes relatifs, et en 1968, le solde positif dans ce secteur atteignait par tête d habitant, une fois et demi le niveau obtenu par le Royaume-Uni 3. Ailleurs, en Europe occidentale, les résultats sont relativement plus modestes. Mais, même si l expansion de leurs assureurs n a pu se développer dans les proportions qu on vient de mentionner, cette expansion demeure non seulement un objectif prioritaire des compagnies, mais aussi une préoccupation des Etats. Dans le but d apprécier l importance du secteur de l assurance, la plupart des auteurs utilisent par convention, comme outil d appréciation, le taux de pénétration ce qui permet d analyser la contribution de ce secteur au PIB et de faire des comparaisons entre Etats ou groupe de pays. Cette approche a été utilisée particulièrement dans une étude réalisée par le Comité Européen des Assurances (CEA) en 2006 pour analyser la contribution du secteur de l assurance à la croissance économique et à l emploi au sein de l Union Européenne (UE). Les résultats de cette étude ont permis d identifier des disparités entre les différents marchés de l assurance de l Europe des vingt cinq (25). Alors que certains pays affichent des taux élevés, d autres ont des taux de pénétration faibles. La comparaison de ce taux avec celui des Etats-Unis permet d affirmer que le secteur européen des assurances est moins développé qu aux Etats-Unis où ce taux est supérieur à 10%, alors que le ratio moyen pondéré des vingt cinq pays de l Union s élève seulement à 8,5%. 2 Voir, par exemple, Financial Times, Londres, 21 novembre 1972. La somme indiquée ici correspond aux foreign earnings from insurance et inclut les revenus des investissements. 3 The Economist, Londres, 18 juillet 1970. 17
Il existe également une différence encore plus significative si cette comparaison est faite au niveau de chaque type d assurance. Ainsi le taux de pénétration de l «assurance dommages» est supérieur à 6% aux Etats-Unis contre moins de 3,5% en moyenne dans l Europe des vingt cinq. Enfin, on peut retenir que les différentes tendances observées ne modifient en rien la conclusion que le secteur de l assurance recèle un potentiel de croissance en Europe. Abondant dans le même sens mais, faisant son étude sur les pays d Afrique, Moustassie (2006) constate que la part relative de l assurance dans le PIB est encore embryonnaire et que le marché est doté cependant d énormes potentialités de croissance qu il convient d explorer efficacement. A cela, il ajoute que l existence d un code unique des assurances et d un organe supranational de contrôle constitue un atout majeur, non seulement pour les contrôleurs, mais aussi pour les assureurs et les assurés, notamment les opérateurs économiques qui interviennent aujourd hui indifféremment dans la plupart des Etats africains. Moustassie (2006) note aussi que depuis 5 ans, le marché, réalise des bénéfices globalement importants qui représentent 3 à 4 % des primes des émissions dans la région, (ce qui n était pas le cas avant l institution de la CIMA) et dégage un excédent de solvabilité qui équivaut aujourd hui à 2,5 fois la marge minimale requise. Mais pour Thierry (2005), l appréciation de la place de l assurance dans une économie nationale peut se faire selon deux approches pertinentes : la cotisation par habitant (densité) et le ratio cotisations/pib. Pour ce dernier, si l on considère la répartition de l épargne financière, on observe que, parmi les différents opérateurs du marché financier, les sociétés d assurances occupent une place relativement restreinte, représentant une fraction limitée du total des engagements du secteur financier. Si l on examine le ratio cotisations/pib, critère le plus souvent utilisé pour évaluer l importance de l assurance dans une économie, la relative faiblesse du secteur de l assurance est évidente au sein des économies des pays en développement. Quant à Mohamed (2009), il apprécie l importance du secteur à partir d une analyse descriptive en mettant l accent sur la place prépondérante qu il occupe dans le processus de développement. Ceci à cause de la diversité de ses interventions dans les différents domaines économiques, financiers et sociaux. Aussi, souligne t-il la nécessité de mettre en place un cadre législatif et réglementaire adéquat en vue de moderniser ce secteur, accroître son rendement et améliorer sa contribution au développement. Il évoque également la question des assurances dans le domaine agricole, et souligne sa nécessité du fait du potentiel agricole de plusieurs pays en voie de développement. Mohamed (2009) 18
propose le renforcement de partenariats avec les entreprises ayant une expertise suffisante dans le domaine agricole. La situation du secteur de l assurance a été également appréciée à travers l analyse de certaines variables comme le nombre de sociétés évoluant dans le secteur, les différents domaines couverts, le nombre d emplois créés, le volume des primes émises, les institutions réglementant le secteur, etc. Cette approche est utilisée dans la plupart des études qui cherchent à apprécier l importance du secteur dans l économie. Elle a été adoptée dans plusieurs études dont particulièrement le rapport du CEA (2006), ce qui a permis de constater que plus d un million de personnes qualifiées interviennent dans ce secteur au niveau des vingt cinq pays de l Union Européenne. Liedtke (2006) quant à lui montre que l assurance joue un rôle prépondérant dans le domaine financier et que son impact, autre que celui purement financier sur la croissance économique est essentiellement lié au mode de fonctionnement des économies modernes. Il note qu il existe une forte corrélation entre l existence de l assurance dans certains marchés et la profusion de mesures préventives et que l assurance affecte non seulement les comportements ex-ante par une prévention efficace, mais également les comportements ex-post. Enfin, Liedtke (2006) conclut que malheureusement, un certain nombre d impacts constructifs et efficaces sont négligés ou ne sont pas étudiés en détail lorsqu il s agit de prendre des décisions politiques. 1.1.2 Analyse des déterminants de la demande d assurance et de la relation entre croissance économique et secteur de l assurance En utilisant la base de données de l enquête sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe (SHARE) de 2005 afin d estimer les déterminants de la probabilité de détenir l assurance dépendance 4 en France, Courbage (2007), montre que la demande d assurance dépendance est avant tout motivée par des comportements d altruisme. Elle serait demandée à la fois pour conserver l héritage à transmettre et pour protéger financièrement les proches en cas de dépendance, mais aussi pour alléger la charge qui pèse ou pourrait peser sur les offreurs d aide informelle. L expérience de la maladie ainsi que les comportements à risque ont également un impact significatif sur la demande. Blondeau (2002) dans les déterminants du cycle de l'assurance de dommages en France, montre qu en assurances de dommages, le résultat provient des primes et des revenus financiers, déduction faite du coût des sinistres et des frais d'exploitation. Or, trois de ces quatre éléments connaissent des fluctuations. 4 Services permettant de se prémunir contre les risques liés à la perte d autonomie due au grand âge. 19
Intuitivement, les résultats financiers dépendent de l'évolution des taux d'intérêt et des marchés (pour le produit des placements), et la sinistralité est liée à la conjoncture économique (phénomène d'aléa moral). L'application des théories financières (comme le Modèle d Evaluation des Actifs Financiers ou les options) à l'assurance permet d'isoler des éléments pouvant influer sur la prime. L'étude empirique effectuée sur l'assurance de dommages française de 1963 à 1999 permet de vérifier ces raisonnements intuitifs, et de tester les facteurs influençant la prime. Elle permet aussi, par l'intermédiaire d'une analyse de cointégration multi-variée (VAR), d'analyser les interactions entre les primes, les sinistres, les frais d'exploitation, les capitaux propres, le PIB, les taux d'intérêt à long terme, et le taux de rendement de la Bourse de Paris. D après une analyse empirique transnationale effectuée par Webb et al. (2001), le développement des secteurs de l assurance et de l intermédiation financière augmente la productivité totale des facteurs en facilitant une allocation efficace du capital. Aussi d autres auteurs ont essayé de mesurer la relation causale entre la performance macroéconomique et la taille du secteur de l assurance. Outreville (1990) fut l un des premiers à examiner la relation économétrique entre développement de l assurance et croissance économique des pays en développement. D après ses conclusions, les services d assurance vie et dommages «causent» la croissance économique. Kugler et Ofoghi (2005), s appuient sur une analyse basée sur l existence de relation de cointégration pour montrer en utilisant les données de la Grande Bretagne, qu une augmentation de la taille (représentée par le chiffre d affaires) des différentes «branches dommages» a un effet positif et statistiquement significatif sur la croissance économique. L effet d un développement du secteur de l assurance sur la croissance économique s est révélé plus significatif que l influence inverse de la croissance économique sur le secteur de l assurance, preuve de la prédominance d un effet positif sur le long terme plutôt que cyclique. 1.2 Méthodologie utilisée dans le cadre de cette étude Cette partie présente tant les outils de collecte de données que les outils utilisés pour le traitement des données primaires et secondaires collectées. 1.2.1 Les données et leurs sources Les données qui ont été utilisées dans le cadre de cette étude sont à la fois des données primaires et secondaires. Les données primaires sont obtenues à travers une enquête qui a couvert trois régions du Bénin (Cotonou et environs, Abomey-Bohicon et Parakou). Ce choix se 20
justifie par une insuffisance des ressources et à la forte concentration des entreprises dans ces zones. Ainsi, trois cibles (les ménages, les entreprises du côté de la demande, et les compagnies d assurance du côté de l offre) ont été identifiées afin de mieux apprécier l offre et la demande des services d assurance. Un questionnaire a été élaboré par cible et a servi d instrument de collecte d informations nécessaires à l étude. Un plan d échantillonnage a été réalisé afin de disposer d échantillon représentatif. En ce qui concerne les données secondaires, elles sont collectées auprès de la Direction Générale des Affaires Economiques (DGAE), de la Direction des Assurances (DA) et sur le site de la CIMA et de la Fanaf. Pour cette enquête, nous nous sommes limités à trois zones géographiques à savoir : Cotonou, Abomey- Bohicon et Parakou. 1.2.1.1 Le questionnaire Afin de mieux cerner le marché des assurances au Bénin, une enquête a été réalisée et a visé les entreprises (unités de production), les ménages ainsi que les compagnies d assurance. Cette enquête a permis de disposer d informations sur les obstacles potentiels auxquels le secteur est confronté. Les différentes rubriques du questionnaire sont i) caractéristiques des enquêtés ; ii) connaissance, performance des produits d assurance et des assureurs ; iii) attractivité des produits d assurance ; iv) moyens et perception des assurances ; v) les produits concurrents. A cet effet, un échantillon représentatif a été retenu par cible. 1.2.1.2 Les échantillons Pour des raisons d insuffisance de ressources et de délai de réalisation de l enquête, la méthode de quotas a été retenue. Cette méthode garantie la taille minimum recommandée pour faciliter les approximations utiles dans le cadre de la loi normale. Ainsi, un échantillon de 250 entreprises et de 250 ménages a été retenu dans le cadre de cette étude. Pour la collecte des données primaires, la méthode de tirage aléatoire a été retenue en ce qui concerne les entreprises et celle des itinéraires a été privilégiée pour les ménages. Pour ce qui concerne les sociétés d assurance, du fait de leur nombre réduit sur le marché, elles ont été enquêtées de façon exhaustive soit un total de 11 sociétés d assurance. La répartition des entreprises et ménages est présentée dans le tableau ci-dessous. 21
Tableau n 1 : Répartition de l échantillon par catégorie et par zone Zone d enquête Nombre d entreprises Nombre de ménages Cotonou et environs 170 150 Abomey-Bohicon 30 50 Parakou 50 50 Total 250 250 Source : réalisé par l auteur L affectation de l effectif des entreprises par localité a été réalisée sur la base de la structure de représentation des unités économiques dans les différents départements 5 du Bénin. 1.2.1.3 Plan d échantillonnage Des échantillons ont été tirés en rapport avec les différentes cibles retenues dans le cadre de cette étude. Ainsi : En ce qui concerne les entreprises, le champ de l enquête concerne les entreprises exerçant à Cotonou, Abomey-Bohicon et Parakou, la base de sondage comporte 11.753 entreprises potentielles clients de services d assurance. Sur la base d un tirage aléatoire simple, il a été tiré 250 entreprises en respectant la structure par branche d activités selon le tableau ci-dessous. Ce mode de tirage garantit une représentativité. Tableau n 2 : Structure de la base de sondage et de l échantillon selon la branche d activité Branche d activité Structure dans la base de sondage Structure dans l'échantillon Agriculture, pêche 3,1 6,7 Industries extractives 1,4 0,0 Industries manufacturières 3,3 4,0 Electricité, eau 2,7 1,3 Bâtiment et travaux publics 32,0 29,4 Commerce de gros et détail, 42,4 46,0 restaurant, hôtels Transport, entrepôts et 5,9 5,3 communication Banque, assurance, services aux 4,6 4,0 entreprises Services fournis à la collectivité 4,6 3,3 Total 100,0 100,0 Source : réalisé par l auteur sur la base des données de «SATUNE» 5 Premier recensement général des entreprises, INSAE, 1980 22
Compte tenu de la difficulté observée au niveau des «enquêtes entreprises», un échantillon de remplacement qui permettrait de procéder aux remplacements en cas de refus a été tiré. Il s'agit d'un échantillon parallèle de 250 entreprises. En pratique, si l'entreprise n 5 refuse, on la remplace par l'entreprise n 5 de l'échantillon de remplacement. S'agissant de l'enquête auprès des ménages, quelques groupe-cibles ont été retenus. Il s agit des ménages ayant un chef de ménage (CM) fonctionnaire, ménages ayant un CM travaillant dans le secteur privé formel, des zémidjans, des commerçants, et des transitaires et assimilés. Ainsi les quotas suivants ont été retenus : Tableau n 3 : Répartition des ménages par zone et par catégorie Zone d enquête catégories Nombre de ménages Total fonctionnaire 30 salarié privé 30 Cotonou et Zémidjan 30 150 environs Commerçantes 30 Transitaires et assimilés 30 fonctionnaire 10 salarié privé 10 Abomey-Bohicon Zémidjan 10 Commerçantes 10 50 Transitaires et assimilés 10 fonctionnaire 10 salarié privé 10 50 Parakou Zémidjan 10 Commerçantes 10 Transitaires et assimilés 10 Total 250 250 Source : réalisé par l auteur La répartition de l effectif des ménages par département a été faite sur la base de la structure de répartition des ménages selon les résultats de l Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vie des ménages (EMICoV, 2006). 1.2.2. Outils d analyse des données collectées Les données obtenues seront analysées grâce à des outils adéquats. Ainsi, des tableaux et graphiques ont été utilisés pour présenter et analyser les informations collectées. Aussi, on a fait recours à l estimation économétrique afin d apprécier l existence d une relation entre la croissance économique et le développement du secteur de l assurance d une part et le sens de causalité entre ces deux variables d autre part. 23
1.2.2.1 Calcul de quelques indices Pour apprécier la contribution de l assurance à la croissance, trois indicateurs ont été utilisés (indice Herfindahl Hirchman, densité de l assurance et le taux de pénétration). Indice Herfindahl Hirchman (IHH) C est un indicateur qui permet d apprécier le niveau de concentration du marché des assurances au niveau d une économie (pays). Il équivaut à la somme des carrés des parts de marché détenues par toutes les compagnies d assurance dans leurs branches. IHH = n 2 X i i= 1 X i étant la part de marché (en termes de chiffre d affaires) détenue par la compagnie d assurance i dans sa branche. Règle de décision : si IHH est < 1000 on peut alors déduire que le marché est non concurrentiel si 1000 IHH< 1800 alors le marché est moyennement concurrentiel si IHH 1800 alors le marché est très concurrentiel Le taux de pénétration Dans le domaine des assurances, la pénétration est définie comme étant la part de ce secteur dans le PIB. Cette indice a été utilisé par la plupart des travaux ayant analysé la contribution de la croissance à l économie. On peut citer les travaux de moustassie et de la CEA en 2006, thierry en 2005, etc. C est un indicateur qui mesure la pénétration de cet actif financier dans le PIB et est plus significatif que la densité. Taux de pénétration = chiffre d' affaires des PIB sociétés d' assurance Il peut également être calculé pour chaque catégorie ou type d assurance. Densité de l assurance C est un indicateur qui donne une idée sur la prime d assurance par tête. Elle est obtenue de la manière suivante : Densité = somme des dépenses l' effectif de d' assurance la population effectuées 24
Il permet d apprécier dans le temps l évolution de la consommation des services d assurance au niveau d une nation. Il sert aussi d indicateur de comparaison entre pays. Il varie selon que l on considère l effectif total de la population, l effectif de la population active ou encore l effectif de la population assurée. On peut également faire le calcul en prenant en compte soit le total des primes ou les primes par catégorie d assurance. Dans le cadre de cette étude, cette densité sera calculée de façon globale et par branche d assurance (DGAE, 2007). 1.2.2.2 Le modèle d analyse de la relation entre l assurance et la croissance économique Cette partie a permis de présenter le modèle ainsi que les variables retenues dans le cadre de l analyse de la relation entre assurance et la croissance économique. Le modèle Pour apprécier l existence d une relation de court ou long terme entre le développement du secteur de l assurance sur la croissance économique, on a fait recours à la modélisation économétrique. L association entre le développement du secteur de l assurance et la croissance économique a été plus développée dans la littérature empirique que théorique (outreville, 1990 ; kugler, 2005, etc.). Cela se justifie par l existence une variété d études sur la question. Le modèle à tester dans le cadre de cette étude est celui utilisé par KUGLER en 2005 et se présente sous sa forme générale de la façon suivante : K Y t =α 0 + a X k kt k = 1 +µ t (1) Où Y représente le PIB (indicateur de croissance), n le nombre de variables de régression et de contrôle, X k sont des variables explicatives ou de contrôle et k le nombre de variables explicatifs. Les observations relatives aux variables retenues dans le cadre de cette étude étant disponibles que sur une très courte période (1999-2008, soit 10 ans), ceci ne permet pas une analyse soutenue de la causalité entre le développement du secteur des assurances et la croissance économique. Nous avons donc eu recours aux données de panel en considérant les pays de l UEMOA. Le choix des pays de la zone UEMOA au détriment de ceux de la CIMA se justifie par le fait que les pays de cette zone ont une même politique monétaire, une réglementation commune en ce qui concerne les critères de gestion budgétaire (critères de convergence), une même réglementation pour le fonctionnement du marché de l assurance et sont sensibles aux mêmes chocs financiers. Ceci nous permet de postuler à l hypothèse d une certaine homogénéité au niveau de ces pays avec l existence d effet fixe. Ainsi le modèle qui est alors testé est sous la forme suivante : Y it = α i, + β 1 DA it + β 2 FBCF it + β 3 Tx_infl it + ε it (2) 25
Avec Y le PIB du pays i à une date donnée t, DA mesure le niveau de développement des assurances (à travers le volume du chiffre d affaires), Tx_infl, le taux d inflation et FBCF est une variable de contrôle qui représente, l investissement en capital, ε est un terme d erreur. La prise en compte du taux d inflation comme variable explicative permet d utiliser des données en valeur courante. Le logarithme de ces variables a été déterminé sauf en ce qui concerne le taux d inflation. Ainsi, le modèle qui a été estimé est la suivante : LY i,t = α i + β 1 LDA i,t + β 2 LFBCFit + β 3 Tx_infl it + ε it (3) Cette équation est considérée comme une relation de long terme si elle présente des relations de cointégration. Nous avons ainsi testé la stationnarité des séries des différentes variables retenues dans le cadre de cette étude. Nous avons testé la stationnarité pour le panel. En effet, les techniques de racine unitaire et de cointégration sur données de panel nécessitent un minimum d homogénéité pour pouvoir tirer des conclusions plus générale. C est pour cette raison qu on a retenu uniquement dans notre échantillon rien que les pays de l UEMOA et non ceux de la CIMA. Notre étude porte sur le groupe des pays de l UEMOA. Nature des variables et leurs sources Les indicateurs de la taille du secteur de l assurance retenus dans le cadre de ce travail sont : CAMAR : représente la taille de l assurance de marché appréhendé par le chiffre d affaires de toutes les sociétés d assurance toutes branches confondues (IARD et Vie) ; CAIARD : représente la taille de la branche IARD appréhendée par le chiffre d affaires des structures évoluant dans la branche IARD uniquement ; CAVIE : représente la taille de la branche Vie et capitalisation appréhendée par le chiffre d affaires des structures évoluant dans la branche Vie et capitalisation uniquement ; Deux variables de contrôles sont incluses, la première est le taux d inflation mesuré par l indice des prix à la consommation et la deuxième représente le niveau de l investissement. L indicateur de la croissance économique est le PIB. Les données couvrent la période 1999-2008, elles sont extraites de la base de données de la banque mondiale (World Development Indicators), et la base de données de la direction des assurances (DA/DGAE/MEF). Toutes ces variables sont exprimées en logarithme à l exception du taux d inflation. 26
Ainsi, les tests de stationnarité ainsi que les tests de cointégration sur les données de panel sont réalisés. La méthodologie détaillée (proposée par Eggoh J., 2009) relative à ces différents tests est présentée en annexe 2. 2. Le marché des assurances au Bénin : état des lieux Cette section est consacrée à la description de l évolution du marché de l assurance au Bénin et à l analyse de sa structure actuelle à partir des données primaires et secondaires. 2.1. Evolution et structure du marché de l assurance au Bénin Dans cette section, il est présenté d une part l évolution du marché de l assurance au Bénin de même que les différents acteurs et d autre part, le passage en revue des différents services. 2.1.1 Historique et aperçu général du marché de l assurance au Bénin 2.1.1.1 Historique En 1974, avec la politique de nationalisation mise en place sous le gouvernement marxiste, toutes les sociétés d assurance étrangères ont été nationalisées au profit de l Etat et le monopole de l Etat a été confié à la Société Nationale d Assurance et de Réassurance (SONAR), une société publique qui offrait des services d assurance-vie et IARD. En 1989, avec l échec des institutions financières étatiques, du fait que ces institutions étaient soumises à des influences extérieures, notamment, des pressions politiques, le gouvernement a opté pour la privatisation totale du secteur. Dans ce cadre, la première mesure prise en 1991 a été la restructuration de la SONAR avec la réduction de ses charges puis de ses engagements techniques pour parvenir à un équilibre de sa situation financière. La libéralisation du secteur de l Assurance ainsi amorcée au Bénin en 1994 avec la cession de toutes les activités de la branche «assurance-vie» de la SONAR à deux nouvelles compagnies à capitaux privés (UBA-vie et ARGG), a permis la reconstitution progressive du marché béninois de l Assurance. Le principe de la spécialisation des opérations d assurance prévu par le code CIMA en son article 326 est à ce jour d une application complète au Bénin. En effet, depuis 1992, douze Etats africains ont institué une organisation intégrée de l industrie des assurances sur le continent. Les gouvernements de ces Etats, dont celui du Bénin, ont signé le Traité de la Conférence Interafricaine des Marchés d Assurances (CIMA) dont la caractéristique principale est la mise en place d une législation unique en matière d assurance pour tous les Etats membres à travers un 27
code des assurances dénommé «Code CIMA» et l institution d un organe supranational de contrôle des assurances, la Commission Régionale de Contrôle des Assurances (CRCA). Il faut signaler qu au Bénin, la privatisation de la branche IARD n a eu lieu qu en 1998 avec l octroi d agrément à trois compagnies d assurance privées (l Africaine des Assurances, la Fédérale des Assurances et les Nouvelles Sociétés d Assurance du Bénin. L Africaine des assurances a reçu le portefeuille de la SONAR (avec 5% des actions conservées par l Etat) tandis que les deux autres compagnies ont commencé à partir d un portefeuille nul. Depuis cette libéralisation, le marché de l assurance a connu une certaine évolution caractérisée par l augmentation du nombre de compagnies opérant dans ce secteur et une diversification des produits offerts. Même si on commence par observer ces dernières années des compagnies opérant dans les deux branches (Nouvelle Société Interafricaine d Assurance, Africaine des assurances), les sociétés d assurance exerçant sur le marché béninois opèrent séparément selon qu elles sont agréées pour la branche vie ou pour la branche non vie. 2.1.1.2 Aperçu général du marché : Tendance et évolution L évolution de l économie béninoise suivie de la libéralisation du secteur de l assurance a entraîné une forte croissance du marché d assurance et une augmentation du nombre de compagnies. D une seule société avant la libéralisation, on peut compter à ce jour dans le secteur, 12 compagnies (dont 6 IARD et 6 Vie), 11 courtiers, 93 agents généraux d assurance et plus de 300 agents commerciaux (tableau n A1, annexe 1). Ces derniers se partagent aujourd hui un marché dont le chiffre d affaires (mesuré par les primes émises) qui était de 9,57 milliards de FCFA en 1998 est passé à 30,01 milliards de FCFA en 2008 (tableau n A2, annexe 1). Ce secteur a également connu ces dernières années des mouvements de sorties et d entrées de sociétés, ce qui n a pas pour autant eu d impact sur l évolution du chiffre d affaires du secteur, donc sur son développement. On a noté l entrée de NSIA-Vie, de la Société Africaine d Assurances et de Réassurances du Bénin (SAARB) et l Africaine Vie respectivement en 2007 et 2008 ; ainsi que le retrait d agrément de SADES-Bénin (2009). Evolution du chiffre d affaires global Comme illustré à travers le graphique ci-dessous, on note une constante évolution du chiffre d affaires des structures d assurance sur la période de l étude (1998-2008), ce qui traduit «toutes choses étant égales par ailleurs», un fonctionnement régulier du marché et un certain dynamisme des acteurs. Comparé à la période 28
avant libéralisation, on note une expansion du marché de l assurance béninois après la libéralisation. Une croissance significative du chiffre d affaires après la libéralisation est ainsi observée malgré sa faible performance au niveau africain. Graphique n 1 : Evolution du chiffre d affaires du marché de l assurance de 1992 à 2008 (en milliards de FCFA) montant en milliards de FCFA 35 30 25 20 15 10 5 0 Libéralisationdu secteur Chiffre d'affaires du marché Source : Direction des assurances (DA/DGAE/MEF) année Les primes d assurance (appréciées à travers les chiffres d affaires) ont augmenté à un rythme très rapide soit en 2008, près de trois fois la situation observée en 2000 (tableau n A3, annexe 1). De 1999 à 2007, le pays est passé du septième rang au sixième parmi les 13 pays de la CIMA en termes de montant total de primes perçues. Ainsi, malgré la performance réalisée en termes de chiffre d affaires, de nombre de sociétés et de produits, on peut noter que cette performance est restée en dessous de la moyenne de la CIMA (en 2007 par exemple 19,69 milliards de FCFA contre 22,15 milliards de FCFA pour la CIMA). Evolution du chiffre d affaires par branche d assurance Par rapport à 1999, les chiffres d affaires qui tournaient autour de 8,56 milliards de FCFA pour la branche IARD et 2,17 milliards de FCFA pour l assurance Vie, sont passés respectivement à 22,15 milliards de FCFA et à 7,86 milliards de FCFA en 2008 soit une hausse de plus de 156% et de 262% en une décennie respectivement pour la branche IARD et Vie. Ceci dénote de la vitalité et du dynamisme au niveau national des sociétés d assurances opérant au Bénin tant en ce qui concerne la branche IARD que la branche Vie. Mais on note également la dominance de la branche IARD en termes de chiffre d affaires sur le marché. Cette situation est contraire à la tendance généralement observée au niveau des statistiques par continent ou, la branche vie domine la branche non vie en ce qui concerne l Afrique de façon générale (tableau n A4, 29
annexe 1). La contribution de la branche IARD au chiffre d affaires fait plus de trois fois celle de la Branche Vie et capitalisation. Graphique n 2 : Evolution comparée du chiffre d'affaires des branches IARD et Vie du marché des assurances au Bénin 2007 2005 Vie et capitalisation 2003 2001 IARD 1999 0 5 10 15 20 25 Source : Direction des assurances (DA/DGAE/MEF) Répartition du chiffre d affaires par produits en 2008 En 2008, le marché des assurances au Bénin était estimé à 30,1 milliards FCFA contre 25,72 milliards en 2007 soit une hausse de 17%. Suivant la typologie, la répartition du chiffre d affaires de 2008 se présente comme l indique le graphique ci-dessous. Graphique n 3 : Répartition du chiffre d'affaires des sociétés IARD par catégorie de dommages pour l'année 2008 3% 6% 3% 2% 10% 22% 54% Accidents et maladie Automobile Incendie et dommages aux biens Responsabilité civile générale Transports Source : Direction des assurances (DA/DGAE/MEF) Ainsi, on constate que c est l assurance automobile qui contribue pour la grande part à la mobilisation du chiffre d affaires de la branche IARD. En 2008, ce produit a contribué pour plus de 54% au chiffre d affaires, ensuite, vient l assurance 30
accident et maladie (22%), l incendie et dommages aux biens (10%). Les autres types de produits contribuent à peine pour 14% du chiffre d affaires. La situation observée au niveau de l assurance dommages s explique par le fait que la responsabilité civile automobile est «obligatoire» partout et à cela, il faut ajouter l existence d une politique d assurance pour tous les véhicules en transit, ce qui constitue des éléments explicatifs du chiffre d affaires de cette catégorie d assurance dans la branche IARD. Ainsi, on peut retenir sans se tromper que les trois principaux créneaux porteurs de la branche IARD sont : les véhicules automobiles, la santé et l incendie. Hormis l assurance automobile, on peut dire sans se tromper que les béninois sont peu demandeurs des services d assurance IARD. En ce qui concerne la branche Vie, la «grande branche 6» et la capitalisation contribuent à eux deux, à près de 75% du chiffre d affaires de cette branche d assurance. A cela, on peut ajouter aussi «l assurance collective» qui contribue à plus de 23% (voir graphique en dessous). Graphique n 4 : Répartition du chiffre d'affaires des sociétés Vie par catégorie de produits pour l'année 2008 2,05% 39,86% 0,00% 0,00% 23,02% Source : Direction des assurances (DA/DGAE/MEF) 35,07% grande branche collective complémentaire autres risques capitalisation acceptations 2.1.2 Structure du marché des assurances au Bénin La description du marché des assurances au Bénin se fera en deux points. Il est présenté dans un premier temps les caractéristiques du marché de l assurance à partir des données secondaires et dans un second temps, une analyse de ce marché est faite à partir des données d enquête. 6 Toutes opérations comportant des engagements dont l exécution dépend de la durée de vie humaine et/ou liée à un fonds d investissement. 31
2.1.2.1 Les acteurs et les services d assurance offerts Cette partie est consacrée à la présentation des différents acteurs intervenants sur le marché de l assurance au Bénin ainsi que les différents produits offerts par les assureurs de ce marché. les différents acteurs Comme acteurs intervenant dans le marché des assurances au Bénin, nous avons : - la tutelle : Ministère de l Economie et des Finances/ Direction des assurances ; - les compagnies d assurances proprement dites en deux branches (Branche de l assurance dommage (IARD) et Branche de l assurance vie) ; - les intermédiaires d assurance (courtiers et sociétés de courtage) ; - les clients (Assurés, souscripteurs, sociétés, individus, etc.) ; - les prescripteurs (médecins, Etat pour les marchés publics). A ceux-là on peut ajouter l Association des Sociétés d assurance au Bénin (ASA- Bénin). Elle est une organisation professionnelle dont l objectif est entre autre de soutenir et de défendre les intérêts des sociétés membres. a) La tutelle Elle est assurée par la Direction des Assurances (DA) qui est une structure du Ministère de l Economie et des Finances (MEF). Initialement créée par décret n 88-528 du 29 décembre 1988, la Direction des Assurances, a été régie ensuite par plusieurs textes suite aux modifications faites par l Autorité compétente. Elle est aujourd hui, au terme de l arrêté n 098/MFE/DC/SGM/DGE du 1er mars 2006, une direction opérationnelle de la Direction Générale de l Economie. Dans le cadre de l exécution de ses attributions, elle subit l influence des dispositions prescrites à l Annexe II du Traité de la Conférence Interafricaine des Marchés d Assurances (CIMA) qui énonce les attributions des Directions Nationales des Assurances. Ainsi, comme toutes les Directions Nationales des Assurances des pays membres de la CIMA, la Direction des Assurances du Bénin sert de relais à l action de la Commission Régionale de Contrôle des Assurances (CRCA), organe supranational de régulation des marchés d assurance de la zone, au terme de l arrêté n 098/MFE/DC/SGM/DGE du 1er mars 2006 précité. Pour l exécution de ses attributions, la Direction des Assurances utilise un corps de contrôleurs des assurances assermentés. Elle est l organe qui s occupe des 32
différentes questions d assurances au niveau de l Administration publique et à ce titre, chargée : - de la conception et de la surveillance de l application de la réglementation nationale en matière d assurances ; - de l étude et de la proposition au Gouvernement de toutes mesures susceptibles d assurer et de parfaire la promotion du marché national d assurances ; - de la représentation de l Etat au sein des organismes internationaux de coopération en matière d assurances ; - de la gestion du Centre Professionnel de Formation à l Assurances (CPFA) du Bénin, unité pédagogique décentralisée de l Institut International des Assurances (IIA) de Yaoundé ; - de la mise en œuvre de la tutelle du Ministre en charge des Finances sur le secteur de l assurance ; - d inciter le secteur de l assurance à accroître sa participation au développement économique national. b) Les compagnies d assurances Les compagnies d assurances sont des entreprises qui ont pour missions d offrir les services d assurance pour un meilleur fonctionnement de l économie. Au Bénin, en 2009, on pouvait compter douze (12) compagnies d assurance (tableau n A5, annexe 1) exerçant dans les branches «Incendies, Accidents et Risques Divers (IARD)» et Vie et capitalisation. c) Les intermédiaires d assurance Les intermédiaires d assurance constituent des maillons importants de la chaîne des animateurs du marché des assurances béninois et depuis la libéralisation de ce secteur, ils connaissent une croissance soutenue. Ainsi, rencontre t-on des courtiers (personnes physiques) et sociétés de courtage, les mandataires non salariés et les salariés ou prospecteurs. Actuellement sur le marché béninois, ces courtiers sont au nombre de onze (11) avec un nombre important d agents généraux et apporteurs libres. La réglementation sur les intermédiaires en matière d agrément est issue des dispositions des articles 506, 508 à 516 ; 517 à 520 et 524, 532, 533 et 537 du code «CIMA», relatives à l exercice de la profession. 33
d) Les clients Ils sont constitués d individus, de groupes d individus (appelés particuliers) et/ou de sociétés qui demandent les différents produits offerts par les compagnies d assurance. L enquête réalisée dans le cadre de la présente étude permet de se faire une idée de leur opinion sur le secteur et de leurs attentes. e) les prescripteurs Le prescripteur apparaît comme une personne en dehors des acteurs proprement dits de l'assurance (assureur, assuré, intermédiaire) qui concourt à la souscription du contrat d'assurance en raison notamment du rôle moral ou technique qu'il joue dans la décision de prise d'une assurance. C'est le cas du Médecin de famille qui signale à un chef de famille la nécessité de prendre une assurance maladie. C'est aussi l'exemple du chef d'établissement qui impose la souscription d'une assurance scolaire pour le parent d'élève. Ceux ci exercent pour ainsi dire une influence morale. Mais il existe d'autres prescripteurs qui exercent une influence technique. C'est la situation du Risque Manageur qui signale a l'assurable, les risques qui pèsent sur l'entreprise et qui nécessitent la prise d'une garantie d'assurance. Au total, sans utiliser une coercition comme encas d'une loi qui rend obligatoire la souscription d'une assurance, le prescripteur aboutit au même résultat de souscription d'assurance. Ainsi, leurs actions plus prononcée pourrait participer au développement de l'assurance dans un pays. Les produits offerts Au Bénin, on distingue les assurances de dommages et les assurances vie et capitalisation. a) Les assurances de dommages Les assurances de dommages concernent essentiellement : i) les accidents corporels et maladie, ii) la responsabilité automobile, iii) les autres risques auto, iv) les incendies et autres dommages aux biens, v) la responsabilité civile générale, vi) les pertes pécuniaires diverses, vii) l assistance, viii) les transports, ix) la caution. Il faut signaler que les sociétés d assurance développent des initiatives dans bon nombre de sous catégories liées aux domaines ci-dessus mentionnées. Ainsi, de nouvelles formules d assurance sont proposées au public, notamment dans le cadre de l assurance transport et de l assistance. C est le cas des couvertures spécifiques relatives au transport du coton et à l assurance voyage. 34
Aussi, de nouveaux mécanismes de distribution sont mis en place à travers des partenariats avec les banques, la poste et les structures de microfinance, confirmant ainsi le bien qu on pourrait penser des compagnies d assurance exerçant au Bénin, pour un ancrage définitif dans l assurance moderne et leur ambition pour la croissance du secteur. b) Les assurances Vie et capitalisation Les produits de la branche vie et capitalisation qui représentent de l épargne à moyen et long terme, regroupent les couvertures courantes que constituent les contrats «Epargne», «Décès», notamment ceux liés au crédit et leurs nombreuses combinaisons. La nécessité de satisfaction de la clientèle a amené les sociétés d assurance à initier des produits comme «l assurance obsèques», «l assurance capital tiré», et à investir le domaine des assurances de groupe avec à la clé, le produit «Indemnité de Fin de Carrière (IFC)» pour lequel la loi de finances exercice 2007 a consenti une déduction fiscale de la prime. Dans le même ordre d idées, les sociétés d assurance mettent de plus en plus l accent sur les produits «retraite complémentaire», «sur la garantie annexe «Perte d Emploi» des contrats Groupes Emprunteurs et la sécurité de l Education des enfants en cas de décès prématuré des parents. Ces différents produits sont catégorisés en : i) grande branche ; ii) collectives ; iii) complémentaires ; iv) autres risques ; v) capitalisation et vi) acceptations. 2.1.2.2 Le fonctionnement du marché de l assurance Circuits de distribution des produits de l assurance La distribution des services d assurance au Bénin se caractérise par une très grande dynamique axée sur la diversité des produits et des réseaux. Ainsi au Bénin, cette distribution est assurée par trois types d intermédiaires : les courtiers (personnes physiques) et sociétés de courtage, les mandataires non salariés et les salariés ou prospecteurs. Ces dernières années, on note un développement des canaux de distribution comme les réseaux bancaires (avec le développement de la bancassurance), les postes et les structures de micro-finance. Des conditions légales très strictes sont exigées de ces différents intermédiaires afin de donner à la clientèle des garanties de compétence et de moralité. Ces intermédiaires sont rémunérés par des «commissions qui sont des pourcentages sur les primes d assurance versées par les entreprises en contrepartie de l apport des contrats nouveaux et éventuellement de l activité de gestion effectuée. 35
a) Les agents généraux Ce sont les mandataires indépendants qui constituent le réseau traditionnel de distribution des produits d assurance. b) Les courtiers Ce sont des intermédiaires entre la clientèle et une société d assurance ; ils ont un statut de commerçant inscrit au registre de commerce. c) Les mandataires Ils sont chargés par une société d assurance, un agent général, une société de courtage ou un courtier de présenter les opérations d assurance. d) Les salariés ou prospecteurs Ils sont commis par une entreprise d assurance, un agent général, un courtier ou une société de courtage pour présenter les opérations d assurance en leur nom. Ces différentes catégories d intermédiaires ne peuvent exercer leur activité qu après : - le visa de leur traité de nomination (ou tout document équivalent) par le Ministre des Finances, ceci pour les personnes physiques titulaires d un mandat d agent général ; - l obtention de l agrément du Ministre des Finances pour tout courtier d assurance ; - l obtention d une carte professionnelle délivrée par le mandataire et visée par l autorité de tutelle pour toute personne physique ou morale mandatée à cet effet par une entreprise d assurance ; - l obtention d une carte professionnelle de prospecteur visée par l autorité de tutelle pour les salariés commis par les personnes agréées. Les besoins et l état de la concurrence dans le marché Les assurances répondent à un besoin d assistance, de protection mais aussi de garantie dans la couverture des risques inhérents à l exercice d une activité économique. Le marché des produits substituts est constitué par le «recours» aux tontines et autres regroupements sociaux. Le marché des produits complémentaires comprend les prestations de la CNSS et d autres ONG ou mutuelle intervenant dans la protection sociale. 36
Le tableau n 4 ci-dessous présente l évolution du degré de concentration du marché de l assurance par branche au Bénin et sur la période 2006 à 2008. Tableau n 4 : Degré de concentration et indice de Herfindahl Hirchman dans le secteur de l'assurance au Bénin NON VIE Nom des Sociétés 2006 2007 2008 Chiffre d affaires (en millier de FCFA) % montant (en millier de FCFA) % montant (en millier de FCFA) % Africaine des Assurances 5873029 33,77 6509817 33,07 7317053 33,93 NSIA 5035249 28,96 5919064 30,07 6013859 27,89 FEDAS 2776246 15,97 3329286 16,91 4164133 19,31 GAB 2479546 14,26 2504771 12,72 2584791 11,99 ALLIANZ (AGF) 1224841 7,04 1423541 7,23 1484148 6,88 Total 1 17388911 100 19686479 100 21563984 100 C2* 7 10908278 62,73 12428881 63,13 13330912 61,82 C3* 13684524 78,70 15758167 80,05 17495045 81,13 Indice Herfindahl Hirchman** 8 2487,05-2497,63-2493,08 - Colina-vie 2132535 48,76 2429594 47,06 2997226 45,52 UBA-Vie 1058987 24,21 1123828 21,77 1210456 18,39 ARGG 704836 16,12 805086 15,59 1007393 15,30 AVIE-SA 477343 10,91 804633 15,58 1056466 16,05 VIE L'Africaine Vie 0-0 - 312336 4,74 Total 2 4373701 100 5163141 100 6583877 100 C2* 3191522 72,97 3553422 68,82 4207682 63,91 Indice Herfindahl Hirchman** 3342,42 3174,09 2924,52 Source : Direction des assurances (DA/DGAE/MEF) Comme le montre le tableau ci-dessus, le marché de l assurance est extrêmement concentré au Bénin. Le marché IARD a été légèrement moins concentré en 2008 qu en 2007 dans la mesure où la part cumulée de marché (C2) des deux plus grandes compagnies est passée de 63,13% à 61,82%. Cette concentration a connu une légère baisse dans la branche assurance-vie où l indice C2 est passé de 68,82% en 2007 à 63,91% en 2008. Ainsi, parmi les 12 compagnies d assurance établies au Bénin en 2008, les deux premières de la branche IARD en termes de chiffre d affaires (Africaine des assurances et NSIA-Bénin) détiennent environ 62% du chiffre d affaires de cette branche, et ceci depuis plusieurs années alors que, les autres (FEDAS, GAB, et ALLIANZ) totalisent les 38% restant avec chacune un chiffre d affaires inférieur à 7 * C2 et C3 sont la somme des parts de marché détenues par les deux et par les trois plus grandes compagnies respectivement. 8 ** L indice Herfindahl Hirchman (IHH) équivaut à la somme des carrés des parts de marché détenus par toutes les compagnies d assurance dans leurs branches d activités respectives. 37
3 milliards de FCFA (tableau n A6, annexe 1) depuis leur création jusqu en 2008. Quant aux sociétés de la branche Vie et capitalisation, les deux principales (Colinavie et UBA-vie) détiennent au moins 74% du marché des assurances Vie et capitalisation. Il est à signaler que la compagnie «Colina-vie» détient à elle seule, plus de 45% du marché (en termes de chiffre d affaires). L indice Herfindahl Hirchman (IHH), qui mesure le degré de concurrence dans le marché de l assurance, est très élevé dans les deux branches car supérieur à 1800. Cet indice 2493,08 pour la branche IARD et de 2924,52 pour la branche Vie. Ceci peut s expliquer par l entrée de nouvelles compagnies sur le marché ce qui a favorisé la concurrence. Le marché de l assurance béninois est si petit que s il y avait plus d opérateurs, ils n auraient pas tous pu générer suffisamment de primes pour couvrir leurs frais fixes ou même atteindre le point d équilibre (point où les recettes permettent de couvrir les charges). Il ne faut alors donc pas compter sur l entrée sur le marché de nouveaux opérateurs pour accroître la concurrence mais plutôt sur l offre par les compagnies existantes de nouveaux produits, ceci dans le but de capter une plus large clientèle. 2.2 Analyse du marché de l assurance à partir des données d enquête L analyse du marché des assurances est faite ici à partir des données collectées auprès des acteurs du marché des assurances. 2.2.1 Caractéristiques des acteurs du marché et perceptions des produits d assurance par les consommateurs Après avoir présenté le profil des acteurs du marché des assurances au Bénin, nous avons ensuite eu à apprécier leurs perceptions sur les produits offerts. Les ménages 2.2.1.1 Caractéristiques des acteurs du marché Les résultats des enquêtes montrent que près de 87% des ménages enquêtés ont une connaissance de l existence d une société d assurance au moins. Aussi, près de 86% ont connaissance d au moins deux sociétés. Mais malgré cela, seuls 38,2% de ceux qui ont connaissance d au moins une société ont eu à souscrire à une police d assurance (tableau ci-dessous). 38
Tableau n 5 : Statut de souscription des consommateurs Souscription à une assurance Connaissance d'une (des) société (s) d'assurance exerçant au Bénin Source : CAPOD, enquête assurance, 2010 Oui Oui Non Total Effectif 83 134 217 % 38,2% 61,8% 100,0% Le type d assurance auquel ils souscrivent le plus est l assurance automobile (qui est une assurance obligatoire). Ensuite vient l assurance maladie suivie de l assurance vie, puis l assurance retraite. Les autres types (assurance indemnité de fin de carrière, incendie, etc.) intéressent très peu de ménages. D autres types de produits offerts (assurance caution, assurance agricole) ne se retrouvent pas dans le portefeuille de ces ménages. La plupart des ménages (73%) qui ont eu à souscrire à une police d assurance (automobile, vie et retraite) supporte eux-mêmes les charges de leur souscription (tableau n 6). Mais pour certains (soit un taux moyen de 27% des trois types d assurance les plus souscrits) ces charges sont supportées par leurs employeurs. Tableau n 6 : Source de financement des souscriptions par type d assurance Type d'assurance Fonds propres parents employeur Total Assurance vie 78,6%,0% 21,4% 100,0% Assurance maladie 66,7%,0% 33,3% 100,0% Assurance maladie 75,0%,0% 25,0% 100,0% Source : CAPOD, enquête assurance, 2010 Selon les informations collectées, on peut noter que les ménages qui ont eu à souscrire à une police d assurance sont ceux qui ont le statut de mariés (près de 80%). Les ménages dont le chef a un niveau d instruction correspondant au secondaire souscrivent plus que les autres. De même, ces ménages sont plus constitués de fonctionnaires (public et privé) et représentent plus de 60%. A ceux là, on peut ajouter les commerçants (17%) et ensuite les transitaires et assimilés (14%). 82,4% des hommes qui ont eu à souscrire à une police d assurance disposent d un revenu supérieur à 50.000 FCFA, tandis que chez les femmes, cette population représente 84,1% (tableau n A7, annexe 1). D où on peut retenir qu à revenu égal, les femmes chefs de ménage souscrivent plus que les hommes. 39
Les entreprises La plupart (près de 99%) des entreprises enquêtées, connaissent l existence d une société d assurance. Elles connaissent à 95,2% au moins deux structures d assurance. Parmi ces entreprises, seules près de 60% ont eu à souscrire à une police d assurance. Les entreprises ayant souscrit exercent principalement dans le commerce de gros (57,4%), les bâtiments et transport (22,8%), celles qui n ont pas souscrit sont également en majorité dans ces branches d activités (tableau cidessous). Tableau n 7 : Statut de souscription des entreprises Branche d'activité (activité principale) Agriculture, chasse, et pêche Industrie extractive Industrie manufacturière Electricité, eau Bâtiment et Travaux Publics Commerce- restaurant et hôtels Transport et communication Banque et assurance Services fournis à la collectivité Autres services Non réponse Souscription à une Oui 0,00% 3,70% 2,90% 1,50% 22,80% 57,40% 3,70% 1,50% 5,10% 1,50% 0,00% police d'assurance Non 2,20% 0,00% 4,40% 1,10% 17,60% 47,30% 6,60% 2,20% 15,40% 3,30% 0,00% Source : CAPOD, enquête assurance, 2010 En dehors de l assurance automobile à laquelle elles souscrivent le plus (89%), certaines entreprises souscrivent mais à une échelle moindre à d autres types d assurances tels que l assurance vie (13,2%), l assurance maladie (11,80%) et l assurance retraite (8,8%) au profit de leur personnel. Comme chez les ménages, au niveau des entreprises également, l assurance agricole ne se retrouve pas dans leur portefeuille. Il faut souligner que la plupart de ces entreprises sont à 89% dirigées par des hommes et ont à 54,4%, une taille de moins de 10 employés. Les entreprises ayant un effectif compris entre 10 et 20 employés représentent plus de 19% du total des entreprises enquêtées et 21,3% pour celles dont l effectif est compris entre 20 et 50 employés. La grande partie des entreprises (81,3%) n ayant souscrit à au moins une police d assurance est constituée des entreprises de petite taille (ayant moins de 10 employés). En termes de chiffre d affaires, on peut signaler que 53,7% de ces entreprises ont un chiffre d affaires inférieur à 200 millions de FCFA alors que près de 25% ont un chiffre d affaires allant de 200 millions à 600 millions de FCFA (tableau n A7 (bis), annexe 1). La grande partie (64%) de celles qui n ont pas souscrit malgré leur 40
connaissance de l assurance sont de petites entreprises en termes de chiffre d affaires (moins de 200 millions). Aussi il faut noter que 70,30% des entreprises n ayant pas souscrit aux produits d assurance n ont jamais été approché par les offreurs. Les ménages 2.2.1.2 Perceptions des produits d assurance par les consommateurs Les résultats des enquêtes montrent que la grande partie (74,2%) de ceux qui connaissent les sociétés d assurance, considère l assurance comme étant une nécessité. Dans le même temps, près de 14% de ceux-ci considèrent les assurances comme étant un luxe tandis que pour près de 5%, l assurance n a aucune importance. Graphique n 5 : Perception des services d assurance par les ménages 80,0% 60,0% 40,0% 20,0% perception,0% Un luxe Une nécessité N'ont pas d'importance Ne sait pas Source : CAPOD, enquête assurance, 2010 Les entreprises Près de 41% des entreprises n ayant pas souscrit à une police d assurance justifient leur comportement par l insuffisance de ressources financières encore qu on vient de noter plus haut que ce sont pour la plupart des entreprises de petite taille tant par rapport à l effectif qu au chiffre d affaires. Pour d autres, ils trouvent parfois que c est trop coûteux ou sans utilité. 2.2.2 Accessibilité, satisfaction et état de la concurrence par rapport aux produits d assurance Cette partie présente d une part, les déterminants de l accessibilité (en termes de coûts) des clients aux produits de l assurance ainsi que le niveau de concurrence observé sur le marché d autre part. 41
2.2.2.1 Accessibilité des clients aux produits d assurance Selon les résultats, une grande partie (61,4%) des ménages ayant souscrit aux produits d assurance trouve que le coût des assurances est élevé sur le marché béninois. Le coût élevé des produits d assurance est relatif à leur pouvoir d achat. Il est à signaler que plus de 32% de ces ménages trouvent le prix acceptable. Graphique n 6 : Appréciation des prix des produits d assurance 1,2% 32,5% 32,5% Très chère Assez chère Moins chère Acceptable Ne sait pas 4,8% 28,9% Source : CAPOD, enquête assurance, 2010 Au même moment, près de 50% des ménages ayant connaissance mais n ayant pas souscrit trouvent que le coût des assurances est élevé tandis que 41% de ces ménages disent qu ils ne peuvent pas se prononcer sur le coût, étant donné qu ils n ont jamais souscrit à une police d assurance. 2.2.2.2 Satisfaction par rapport aux produits d assurance et état de la concurrence par rapport au secteur de l assurance Les ménages Une grande partie des ménages enquêtés et ayant souscrit à une police d assurance n est pas satisfaite des prestations des compagnies d assurance. Tableau n 8 : Degré de satisfaction des clients Satisfaction Oui Non Ne sait pas % % % Le non paiement du sinistre Oui 8,9% 58,3% 32,8% La procédure de compensation Oui 77,8% 18,3% 3,9% Autre Oui 24,4% 41,7% 33,9% Source : CAPOD, enquête assurance, 2010 42
Pour ces derniers, la procédure de compensation constitue la principale raison de leur non satisfaction. Cette situation a détérioré le degré de confiance qui devrait exister entre les sociétés d assurance et les assurés. Tableau n 9 : Degré de confiance des ménages faire confiance aux assureurs Ne sait % Oui Non pas Total souscrire à une assurance Oui 54,2% 38,6% 7,2% 100,0% Non 26,9% 41,8% 31,3% 100,0% Total 37,3% 40,6% 22,1% 100,0% Source : CAPOD, enquête assurance, 2010 En effet, un nombre considérable (près de 39%) des ménages ayant souscrit à une police d assurance ne font pas confiance aux assureurs. Ce résultat pourrait nous conduire à penser qu ils y ont souscrit par obligation. Parmi, ceux qui connaissent et n ont pas souscrit, 42% d entre eux n ont pas souscrit parce qu ils ne font pas confiance aux assureurs. Aussi, 31% de ceux-là n ont pas voulu se prononcer sur leur degré de confiance qu ils ont aux sociétés d assurance. Les entreprises Près de 85% des entreprises ayant souscrit à une police d assurance ont affirmé faire confiance aux assureurs. Ce résultat se justifie par le fait que les assureurs leur ont donné satisfaction au moment où ils avaient eu des sinistres malgré parfois la lenteur observée dans le règlement de ces sinistres. Très peu d entreprises (5%) ont eu des instances en justice avec leur assureur. Il faut signaler aussi que très peu de ces entreprises (29%) ont une politique visant à encourager leur personnel eux-mêmes à souscrire à une politique d assurance retraite. Ceci s explique par le fait que la plupart d entre elles cotisent pour ces derniers au niveau de la CNSS. En ce qui concerne les avantages fiscaux éventuels dont elles bénéficient, certaines (23%) affirment bénéficier des avantages fiscaux quand elles assurent leur outil de production contre les dommages. Aussi beaucoup d entre elles pensent que les béninois ne s assurent pas, soit par manque de moyens (40%), soit par absence de confiance (25%). En ce qui concerne la concurrence, nous avons relevé selon les ménages deux concurrents majeurs aux sociétés d assurance. Il s agit notamment des tontines et des mutuelles de crédit. D autres concurrents qualifiés de concurrents mineurs sont les CLCAM et les banques par rapport à certains produits spécifiques liés à la «branche Vie». Tandis qu au niveau des entreprises, on peut retenir comme concurrent potentiel, la CNSS. 43
3- Analyse de la contribution du secteur de l assurance économique au Bénin et du sens de causalité à la croissance Cette section présente les résultats de la mise en œuvre de la méthodologie retenue notamment celles relatives à la contribution du secteur des assurances à la croissance économique et ceux liés au sens de causalité entre ces deux variables. 3.1 Analyse de la contribution des assurances à l économie béninoise Il est difficile d évaluer avec exactitude l effet positif de l assurance de marché sur l activité économique. Si la comparaison des cotisations d assurance et du PIB fournit des informations sur la performance du secteur de l assurance, elle néglige la contribution globale du secteur à l économie. 3.1.1 Analyse de quelques indicateurs de mesure de la contribution du secteur de l assurance à la croissance économique 3.1.1.1 La pénétration de l assurance Ainsi, le taux de pénétration de l assurance dans l économie qui n est rien que la part du chiffre d affaires réalisé par l ensemble des sociétés d assurance dans le Produit Intérieur Brut (PIB) reste encore faible tant au niveau du Bénin que de l UEMOA comme le montre le graphique ci-dessous. Ce taux est passé de 0,73% en 1999 pour se retrouver à près de 1% en 2007. Ce qui veut dire que la contribution de l assurance à la croissance reste encore en 2007 inférieure à 1%. Cette évolution observée est aussi à l image de l évolution du taux de croissance économique ce qui montre qu il y a une relation entre ces deux indicateurs. Graphique n 7 : Contribution de l assurance à l économie pourcentage 1,20 1,00 0,80 0,60 0,40 0,20 0,00 Bénin moyenne UEMOA Source : DA/DGAE année En ce qui concerne la contribution de chaque branche au taux de pénétration global, on peut noter que le taux de la branche Vie, même si sa contribution demeure encore faible, connaît une évolution régulière depuis les quatre dernières années (2005-2008). 2008). Toutefois, elle reste encore très faible pour une économie qui a un besoin de financement. 44
Le taux de pénétration observé est surtout tiré par la branche IARD au détriment de la branche vie. En détail du taux de pénétration global, celui de l assurance vie qui a été de 0,23% en 2007 est passé en 2008 à 0,26%. La valeur ajoutée de cette branche vie est tirée de la croissance considérable du chiffre d affaires qui est passé de 26,2% entre 2006 et 2007 à 30,38% entre 2007 et 2008 du chiffre d affaire de cette branche vie qui, est par essence génératrice d épargne de longue durée et donc susceptible d être injectée dans les créneaux porteurs de l économie. Vivement que cette tendance se poursuive pour permettre aux sociétés d assurance de contribuer plus sensiblement au financement des projets d investissement au plan national. Tableau n 10 : Evolution des taux de pénétration à l économie béninoise de 1999 à 2008 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Taux de pénétration IARD 0,56 0,55 0,71 0,73 0,74 0,74 0,70 0,71 0,74 0,74 Taux de pénétration Vie 0,14 0,13 0,14 0,12 0,13 0,13 0,17 0,19 0,23 0,26 Taux de pénétration global 0,70 0,68 0,85 0,86 0,87 0,87 0,87 0,90 0,97 1,00 Source : calcul fait par l auteur 3.1.1.2 La densité de prime Le tableau n 11 montre que la densité de prime d assurance malgré son évolution ces dernières années demeure encore faible. Ceci dénote de l exiguïté du marché de l assurance au Bénin par rapport à d autres pays. Mais il y a cependant des possibilités d expansion du rayon d activités avec la promotion de produits tels que l assurance maladie, retraite et agricole. En effet, le ratio chiffre d affaires sur l effectif de la population totale traduisant la densité de l assurance a été de 3.618 FCFA en 2008 contre 3.285 FCFA il y a un an. L Afrique dispose de la cotisation moyenne par habitant la plus faible de tous les continents. Cette cotisation est de 28.000 FCFA en moyenne pour l Afrique alors qu elle est de 1.336.000 FCFA pour l Océanie (tableau n A8, annexe 1). Parmi les pays de la Fanaf, le Bénin vient en sixième position après le Gabon (46.613 FCFA), la Côte d Ivoire avec une densité de 8.059 FCFA (tableau n A9, annexe 1). 45
Tableau n 11 : Densité des primes d assurance au Bénin de 2005 à 2008 2005 2006 2007 2008 Chiffre d affaires des sociétés d assurance (en millions de FCFA) 20089 22246 25717 30010 Effectif de la population totale du Bénin 7326222 7612145 7829250 8294841 Effectif de la population active du Bénin 2801855 2810381 2819461 2832431 Prime d assurance par tête (FCFA) 2696 2891 3285 3618 Prime d assurance IRAD par tête (FCFA) 2160 2271 2514 2670 Prime d assurance vie par tête (FCFA) 535 621 770 948 Prime d assurance par travailleur (FCFA) 7170 7916 9121 10595 Nombre de contrats souscrit en assurance 247990 372847 483318 nd Source : INSAE pour la population et DA pour les données concernant l assurance La part de la branche vie est marginale mais a connu une augmentation plus significative que celle de la branche non vie entre 2007 et 2008, avec un taux d accroissement de 23,11% en 2008 contre 6,20% en 2007. La densité relative à la population active s élève à 10.595 FCFA contre 9.121 FCFA en 2007. Ce qui veut dire que la prime moyenne imputable à chaque travailleur a passé la barre des dix mille francs en 2008. Le ratio isolé de la branche vie, affiche un montant de 2.776 pour le même exercice. En considérant le nombre de contrats souscrits en assurance, la densité de l assurance relative à la population assurée s élève à 53.210 FCFA en 2007 contre 59.666 FCFA en 2006. En rapportant le chiffre d affaires de la branche vie au nombre de contrats en cours à la clôture de l exercice 2007 en ce qui concerne les compagnies de ladite branche, on obtient une densité de 27.149 FCFA contre 33.916 FCFA en 2006. Ce qui correspond à un montant de 2.262 FCFA consacrée par les assurés de leur revenu mensuel à l assurance vie Ce ratio est de 6.281 FCFA en assurance dommages, soit près du triple du ratio vie. Cette comparaison est en corrélation avec la part de la branche dommage dans le chiffre d affaires du marché. On peut enfin noter que ce marché demeure encore exigu, en termes de prime par habitant et ceci en rapport à d autres pays de la CIMA tels que le Gabon, la Côte d Ivoire (tableau n A10, annexe 1). 46
3.1.1.3 Dispersion du taux de pénétration et de la densité L analyse du graphique ci-dessous permet de noter qu il existe une dispersion du taux de pénétration et de la densité entre pays de l UEMOA. L écart entre le Bénin, le Sénégal et la Côte d Ivoire peut s expliquer par le niveau de développement de ces pays, ce qui se justifie également par le niveau de protection sociale de ces pays. La position du Togo au niveau du graphique s explique par le fait que ce pays a un taux de pénétration supérieur à celui du Bénin mais avec une densité faible c est-à-dire le revenu consacré par habitant reste encore faible. Mais que ce soit par rapport au taux de pénétration que de la densité, le Bénin dispose d une meilleure position par rapport au Burkina-Faso, le Mali et le Niger. Graphique n 8 : Dispersion des taux de pénétration et densités dans les pays de l UEMOA Taux de pénétration 1,80 1,60 1,40 1,20 1,00 0,80 0,60 0,40 0,20 0,00 Niger Togo Bénin Burkina-Faso Mali Sénégal Côte d'ivoire 0,00 1 000,002 000,003 000,004 000,005 000,006 000,007 000,008 000,009 000,00 Densité des assurances vie et dommages Source : DA/DGAE 3.1.2 Analyse des autres effets du secteur de l assurance au développement économique et social Cette partie a permis d analyser l effet du développement du secteur de l assurance à la création d emplois, à l amélioration des recettes fiscales et à l investissement. 3.1.2.1 Contribution du secteur de l assurance à la création d emplois Depuis sa libéralisation, le secteur de l assurance au Bénin est représenté par une douzaine de sociétés employant directement plus de 350 personnes à des emplois qualifiés. En plus de leur propre personnel, les assureurs emploient indirectement de nombreux professionnels. Aussi, les assureurs collaborent-ils également avec des experts, des sociétés informatiques, des fonctionnaires chargés de la prévision, etc, ce qui constitue une population importante qui dispose d un revenu grâce à ce 47
secteur. D après les statistiques sur le secteur on peut retenir qu au Bénin, ce secteur a contribué à la création de 353 emplois permanents dont 266 emplois pour la branche IARD et 87 pour la branche vie. Graphique n 9 : Evolution des emplois créés par l assurance nombre d'emplois 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Nombre d'emplois permanents VIE Nombre d'emplois permanents IARD Source : INSAE, DA/DGAE année 3.1.2.2 Contribution de l assurance aux recettes de l Etat et aux ressources des banques Même si la contribution de ce secteur aux recettes fiscales de l Etat a commencé par prendre de l importance ces dernières années dépassant même le milliard de francs CFA, elle demeure toutefois encore faible. Tableau n 12 : Evolution du montant des impôts et taxes annuels des sociétés d'assurances du marché et des recettes tes fiscales de l état de 1999 à 2008 (en milliards FCFA) Montant des impôts et taxes payés 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 0,29 0,31 0,60 0,91 1,12 1,01 1,19 2006 2007 2008 1,25 1,30 1,44 Recettes fiscales de l'etat 199 234 247 283 307 312 334 Sources : FINANSTAT, 2009, DGAE 379 447 512 Quant aux ressources des banques, les assureurs, de par leur activité, contribuent également aux ressources des institutions financières à travers leur dépôt au niveau de ces institutions. Sur la période 1999 à 2008, ces dépôts sont en constante évolution, passant de 4,33 milliards de FCFA en 1999 à près de 23 milliards en 2008. Même si la grande partie de ces ressources provient des produits IARD, les banques peuvent s en servir pour financer leurs activités de court terme. 48
3.1.2.3 Contribution de l assurance à l intermédiation financière, la création de la liquidité et la mobilisation de l épargne Grâce aux placements qu elle effectue en contrepartie de ses engagements envers les assurés, l assurance joue un rôle primordial dans le financement de l économie. Ainsi avec plus de 617 milliards de placements réalisés par l ensemble des pays de l UEMOA et de plus de 50 milliards de FCFA d encours pour le Bénin en termes de placement en 2007, ce secteur constitue un investisseur institutionnel important auquel une attention particulière doit-être accordée. En effet, la grande partie de ce placement est généralement investie dans les actions et obligations émises par les Etats et les entreprises. Même si cette contribution du Bénin demeure encore faible par rapport à la moyenne de l UEMOA (88,25 milliards de FCFA), il est à signaler qu un effort est fait afin d améliorer cette contribution d une année à une autre (voir graphique n 10). Graphique n 10 : Evolution des placements des sociétés d assurance des pays de l UEMOA (de 2000 à 2007) Année UEMOA BENIN En effet, la participation des assureurs au financement de l économie contribue à la croissance et à la création d emplois. Cette participation a connu une augmentation et va certainement s accroître avec le développement en perspective des produits d épargne retraite. Mais par rapport à la seule année 2007 il est à noter qu en dehors de la Côte d Ivoire et du Sénégal, le Bénin (8%) vient en troisième position en matière de placement sur le marché financier, le Burkina-Faso suit avec 7% (graphique ci- dessous). 0,00 20,00 40,00 60,00 80,00 100,00 montant en milliards de FCFA Source : DA/DGAE 49
Graphique n 11 : Part de chaque pays dans le placement placement de l union en 2007 4% 3% Bénin 7% 8% 18% Burkina-Faso 3% Côte d'ivoire 57% Mali Niger Sénégal Togo Source : DA/DGAE La contribution de la part du Bénin pourra connaître une augmentation si des actions sont mises en œuvre afin d assurer un meilleur développement des produits liés à l épargne car la contribution de cette branche au chiffre d affaire du secteur demeure encore très faible. faible 3.1.2.4 Contribution de l assurance à l investissement en capital La récente évolution du portefeuille des assureurs depuis la libéralisation de ce secteur se caractérise par une augmentation de la part des actions, du capital «investissement» et des obligations d entreprises. Malgré l effort fait par le secteur d assurance au Bénin, sa contribution au financement de l investissement demeure encore très faible. Un effort est fait mais demeure encore inférieur à 10% du montant de l investissement réalisé par an au Bénin (voir graphique ci-dessous). ci Graphique n 12 : Contribution de l assurance au financement de l investissement au Bénin 2008 2006 placement assurance 2004 2002 investissement 2000 0% 20% 40% 60% 80% 100% Source : INSAE, DA/DGAE 50
3.2 Analyse du sens de causalité entre la croissance économique et les assurances Cette partie a permis après avoir passé en revue un certain nombre de tests économétriques, de présenter les résultats et interprétations de la relation de long terme et à la détermination du sens de causalité entre la croissance économique et la taille du secteur de l assurance. 3.2.1 Analyse des résultats du Test de racine unitaire et de cointégration Il existe plusieurs tests de racine unitaire sur données de panel. Les tests les plus recommandés sont ceux de Pesaran et Shin (2003) et Maddada et Wu (2000). Les résultats des différents tests (Pesaran et Shin) de non stationnarité sont résumés dans le tableau ci-dessous : Tableau n 13 : Résultats des tests de stationnarité Test de Im Pesaran et Shin (IPS) Variable Niveau Différence Ordre d intégration Statistique Probabilité Statistique Probabilité lcaiard 0,26753 0,6055-2,06235** 0,0196 I(1) lcamar -0,01229 0,4951-2,64659*** 0,0041 I(1) lcavie -0,82516 0,2046-1,94351** 0,026 I(1) lfbcf -0,79976 0,2119-2,75243*** 0,003 I(1) lpib 5,39908 1-1,79778** 0,0361 I(1) tx_infl -0,8823 0,1888-4,10751*** 0 I(1) ***, ** significativité respectivement à 1% et 5% Les résultats de ce test montrent une forte indication en faveur de l hypothèse de la non stationnarité des variables, toutes ces variables sont intégrées d ordre 1. Il est à noter que pour les petits échantillons comme le nôtre, le ADF-Stat construit à partir du modèle «between» est le plus robuste. C est une statistique que nous avons utilisée pour tester la relation de cointégration entre le développement du secteur de l assurance et la croissance économique. Les résultats de ce test sont présentés dans le tableau n 14. 51
Tableau n 14 : Résultats des tests de cointégration selon le type d assurances vie, IARD et Marché) Test de cointégration de Pedroni Variable Statistique Probabilité Lcaiard -3,291893*** 0,0005 Lcamar -5,089293*** 0 Lcavie -4,5751*** 0 *** significativité à 1% Les résultats semblent confirmer l existence d une relation de cointégration entre le secteur de l assurance et la croissance économique. Le test de cointégration effectué montre que le développement de la taille du secteur de l assurance peut caractériser à long terme la croissance économique. Le test de Group-ADF est significatif à 1% pour toutes les variables. On peut alors procéder à l estimation de la relation de cointégration. 3.2.2 Analyse des résultats de l estimation de la relation de cointégration et du sens de causalité En passant à l estimation de la relation de cointégration par la méthode du Dynamique Ordinary Least Squares (DOLS) 9, les résultats du tableau ci-dessous montrent que le développement de la taille du secteur d assurance a un effet positif sur la croissance économique (voir tableau ci-dessous). Tableau n 15 : Résultats de l estimation de la relation de cointégration par le Dynamique Ordinary Least Squares (DOLS) Variable dépendante : logarithme du PIB nominal Variable Coef Std,Err, t Stat P-value explicatives Lcamar 0,56*** 0,06 9,34 0,00 Lfbcf 0,31 *** 0,09 3,42 0,00 tx_infl 0,01 0,02 0,53 0,59 *** significativité à 1% Le coefficient en panel du Lcamar est de 0,56 avec un t de student égale à 9,34, ce qui implique que l impact du développement de la taille du secteur de l assurance 9 Utilisée à cause de la petite taille du panel, notamment la faible dimension individuelle (voir annexe 2) 52
est significativement positif. Les coefficients des autres variables (Lfcbf et tx_infl) présentent des signes attendus, positifs. Mais malgré le signe positif du taux d inflation, cette variable reste non significative avec un P-value égale à 0,59. A partir de ces résultats on peut affirmer l existence d une relation de long terme entre le développement de la taille du secteur de l assurance et la croissance économique. Un tel résultat nous incite à tester la causalité au sens de Granger entre ces deux variables. Ayant constaté une relation positive entre la taille du secteur de l assurance et la croissance économique, il est nécessaire de voir si c est la croissance qui cause le développement du secteur de l assurance ou le contraire. Dans ce cadre on a procédé au test de causalité selon Granger. Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau ci-dessous. Tableau n 16 : Résultats du test de causalité de Granger Hypothèse nulle Statistique P-value DLCAVIE ne cause pas DLPIB 10.7463*** 0.0002 DLPIB ne cause pas DLCAVIE 0.45887 0.6350 DLCAMAR ne cause pas DLPIB 3.92207** 0.0271 DLPIB ne cause pas DLCAMAR 2.79292* 0.0721 ***, **, * significativité respectivement à 1%, 5% et 10% Les résultats du test de causalité montrent une causalité à double sens entre le développement de la taille du secteur de l assurance et la croissance économique. Mais cette causalité est plus forte en partant de la croissance économique vers l assurance de marché. Prenant en considération les différentes branches d assurance, on note qu il n y a pas de relation de causalité entre la taille de la branche IARD et la croissance et que seule la taille de la branche vie est causée par la croissance économique. Un tel résultat pourrait s expliquer par le fait que les ressources que procure ce type d assurance sont des ressources de long terme qui peuvent-être utilisées par les compagnies dans leurs interventions sur le marché financier. D où la nécessaire intervention des acteurs pour un meilleur développement de cette branche d assurance. 53
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS Depuis sa libéralisation, des améliorations ont été notées dans la performance du secteur de l assurance tant en ce qui concerne la croissance du chiffre d affaires que de la diversification des produits offerts à la clientèle. Cette libéralisation a entraîné une dynamisation du secteur. Mais le constat est que ce secteur souffre encore de plusieurs insuffisances dont principalement la faible pénétration dans l économie nationale, la faible densité et le rôle modeste dans la mobilisation de l épargne en plus du déficit structurel persistant de certaines branches d activités. Le développement de la branche vie laisse encore à désirer. Cette branche qui fait le bonheur de certains pays en matière de financement de l économie reste encore très faible au Bénin. Ce secteur a encore du mal à véritablement décoller comme dans certains pays de la Conférence Interafricaine des Marchés d Assurances (CIMA) et hors CIMA et, surtout, comme dans les pays du nord. Sa contribution à la croissance demeure encore très faible alors que les résultats d estimations ont montré qu il existe une relation entre la croissance et le niveau de développement de l assurance et que c est la croissance qui cause l assurance au Bénin. La faible contribution de ce secteur à la croissance est due au faible pouvoir d achat des populations. Cette faiblesse du pouvoir d achat fait que les clients trouvent les services d assurance «chers» compte tenu de leur pouvoir d achat. Ce qui justifie le fait que, malgré la connaissance de l importance de l assurance, certains se trouvent dans l incapacité d y souscrire à cause du niveau relativement faible de leur revenu et au coût élevé des produits d assurance. En effet, comment souscrire à une assurance dans les conditions actuelles si son revenu ne suffit même pas à faire face aux besoins vitaux, de premières nécessités (se loger, se nourrir, s instruire, se vêtir et se soigner)? Dans ces conditions, il serait intéressant d œuvrer pour le développement et la promotion de la micro-assurance. La promotion de la micro-assurance, suggérée aussi bien par les offreurs que par les demandeurs de produits d assurance pourrait alors avoir un impact potentiel sur le fonctionnement du secteur de la santé, la lutte contre la pauvreté, l extension de la protection sociale et l élargissement du marché de l assurance. Aussi, les responsables des structures d assurance et de l organe de tutelle doivent ils réfléchir à l élargissement de la masse des personnes assurables et au développement de créneaux d assurance réputés d accès difficile comme l assurance vie et l assurance agricole. 54
Une sensibilisation des potentiels clients sur l importance et les différents produits vie offerts par les compagnies s avère nécessaire (culture d assurance de la grande masse). Afin de favoriser une meilleure contribution de ce secteur à la croissance, il faudra «innover» et ceci nécessite la contribution de tous les acteurs. Ainsi, En ce qui concerne les assureurs, il serait souhaitable de : Intensifier leur politique de communication ; proposer de nouveaux produits adaptés aux besoins des populations en termes de garanties, de distribution ou facilité d accès et de prix adapté ; augmenter les parts de marché en menant des actions pour conquérir progressivement une partie de la population qui n a pas encore souscrit aux services d assurance autres que le service «Assurance véhicule». A ce niveau, des actions peuvent être menées à l endroit de certaines catégories de la population dont les revenus ont connu une certaine amélioration (cas des enseignants du secondaire et du supérieur) avec des produits adaptés à leur besoin. améliorer la qualité de service par une accélération de la cadence de règlement des sinistres et aussi une amélioration de l assistance aux victimes. Les contrôleurs, doivent veiller à la mise en place d un cadre législatif et réglementaire adéquat en vue de moderniser ce secteur, accroître son rendement et améliorer sa contribution au développement. Il faut signaler qu à ce niveau on note l absence de textes réglementaires et législatifs pour mettre en place et/ou canaliser la prospective de l assurance. Le pouvoir public, doit mettre en œuvre des mesures de promotion de l assurance comme les mesures d incitation fiscales par exemple la défiscalisation de l assurance vie et l annulation ou la réduction importante des taxes parafiscales notamment la taxe sur les frais de contrôle. Assurer un taux de croissance à deux chiffres et soutenu afin de tirer les effets multiplicateurs du secteur de l assurance. Au total, tous les acteurs doivent travailler à la promotion de l assurance vie gage du développement futur de l assurance, d une part et à l éclosion des sociétés (ou service) d assurance dans le secteur agricole, d autre part. Ceci faciliterait une meilleure contribution de ce secteur à la croissance économique et au développement du Bénin. 55
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ANNEXES 59
Annexe 1 : Différents tableaux descriptifs Tableau n A1 : Les courtiers et Sociétés de courtages N d ordre Raison Sociale Forme juridique Date d agrément Capital social (en million de FCFA) 1 Gras-Savoye Bénin SA 13-11-95 25 2 Sociétés de courtage d assurance et de réassurance (SCAR) 3 Courtage en Assurance et de réassurance (CAREAS-Bénin) 4 Courtage en Assurance et réassurance (A&C Bénin) 5 Cabinet de Courtage d Assurance «2CA» 6 Assurance et réassurance Inter Continentales Conseils (ARIC-SA) 7 Conseils-études et courtage en Assurance (CECA) SARL 13-11-95 8 SARL 18-03-97 5 SA 05-06-96 15 Courtier personne physique 14-05-98 SA 03-10-03 10 Courtier personne physique 25-05-05 8 ARC-EN-CIEL Assurance SA (ARECA) SA 02-09-05 20 9 Société Africaine d Etudes et de Courtage en Assurance (SAECO Assurance SARL) SARL 23-05-06 1 10 ASCOMA Bénin SA 22-10-07 50 11 AZUR DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL (ADI) SA 22-12-08 50 Tableau n A2 : Evolution du chiffre d affaires par branche (en milliards de FCFA) 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 BRANCHE IARD BRANCHE VIE Chiffre d'affaires du marché 7,75 8,56 9,20 13,01 14,32 15,39 15,82 16,10 17,47 19,69 22,15 1,82 2,17 2,23 2,56 2,44 2,61 2,71 3,99 4,78 6,03 7,86 9,57 10,73 11,43 15,57 16,76 18,00 18,53 20,09 22,25 25,72 30,01 60
Tableau n A3 : Résultats d estimation de la relation de long terme Number of obs = 49 F( 9, 39) = 56.58 Prob > F = 0.0000 Total (centered) SS = 19.54124201 Centered R2 = 0.8575 Total (uncentered) SS = 10752.82889 Uncentered R2 = 0.9997 Residual SS = 2.784633001 Root MSE =.2384 Robust lpib Coef. Std. Err. z P> z [95% Conf. Interval] lcamar.5630191.0602602 9.34 0.000.4449114.6811269 lfbcf.3095601.0905616 3.42 0.001.1320627.4870575 tx_infl.0082338.0154381 0.53 0.594 -.0220243.0384919 lcamar FD..5431138.691547 0.79 0.432 -.8122935 1.898521 D1. -.7151653.5213142-1.37 0.170-1.736922.3065918 LD. -.6662394.5586623-1.19 0.233-1.761197.4287187 lfbcf FD..0578118.0476742 1.21 0.225 -.0356279.1512514 D1. -.2474271.0970463-2.55 0.011 -.4376343 -.0572199 LD. -.0715277.0511333-1.40 0.162 -.171747.0286916 _cons 8.109406.5733467 14.14 0.000 6.985667 9.233145 Included instruments: lcamar lfbcf tx_infl FD.lcamar D.lcamar LD.lcamar FD.lfbcf D.lfbcf LD.lfbcf Duplicates: tx_infl Tableau n A4 : Evolution du chiffre d affaires par continent Cotisations 2004 2005 2006 2007 2008 en milliards de dont dont dont dont dont $ US Total % vie Total % vie Total % vie Total % vie Total % vie Amérique 1229 45% 1247 45% 1334 45% 1428 46% 1451 46% Europe 1206 58% 1335 61% 1456 61% 1765 63% 1753 60% Asie 739 76% 765 76% 778 74% 812 73% 933 74% Afrique 36 69% 43 69% 50 72% 54 70% 55 69% Océanie 54 49% 56 48% 58 50% 69 52% 78 56% Total Monde 3264 57% 3446 58% 3676 58% 4128 59% 4270 58% 61
Tableau n A5 : Sociétés d assurance au Bénin (situation en 2008) Sociétés Date d agrément Capital Social (en million de FCFA) 1- ARGG 17-11-1994 500 Sociétés Vie 2- Avie 14-12-2004 500 3- L africaine Vie 2008 4- Colina Vie 01-04-1997 500 5- UBA- Vie 17-11-1994 500 6- NSIA-Vie Bénin 10-10-2005 500 7- Allianz Bénin Assurances 25-01-2000 500 8- L Africaine des Assurances 20-03-1998 1000 Sociétés IARD 9- La Fédérale d Assurance SA 14-05-1998 500 10- La GAB SA 30-04-1999 500 11- NSIA Bénin 07-05-1998 1000 12- SAARB 23-08-2007 500 62
Tableau n A6 : Evolution du Chiffre d Affaires par compagnie d'assurance de 2004 à 2008 (en millier de FCFA) NON VIE Nom des 2004 2005 2006 2007 2008 Sociétés montant % montant % montant % montant % montant % ALLIANZ (AGF) 1082981 6,85% 1220210 7,58% 1224841 7,04% 1423541 7,23% 1484148 6,88% Africaine des Assurances 5666315 35,82% 5521179 34,30% 5873029 33,77% 6509817 33,07% 7317053 33,93% FEDAS 2323034 14,68% 2538201 15,77% 2776246 15,97% 3329286 16,91% 4164133 19,31% GAB 2822076 17,84% 2231744 13,86% 2479546 14,26% 2504771 12,72% 2584791 11,99% NSIA 3925410 24,81% 4587168 28,49% 5035249 28,96% 5919064 30,07% 6013859 27,89% Total 1 15819816 100,00% 16098502 100,00% 17388911 100,00% 19686479 100,00% 21563984 100,00% UBA-Vie 886543 32,69% 1032822 25,88% 1058987 24,21% 1123828 21,77% 1210456 18,39% Colina-vie 1270676 46,85% 2309362 57,88% 2132535 48,76% 2429594 47,06% 2997226 45,52% VIE ARGG 555134 20,47% 533319 13,37% 704836 16,12% 805086 15,59% 1007393 15,30% AVIE-SA 0 0,00% 114539 2,87% 477343 10,91% 804633 15,58% 1056466 16,05% L'Africaine Vie 0 0,00% 0 0,00% 0 0,00% 0 0,00% 312336 4,74% Total 2 2712353 100,00% 3990042 100,00% 4373701 100,00% 5163141 100,00% 6583877 100,00% TOTAL (1+2) 18532169 20088544 21762612 24849620 28147861
Tableau n A7 : Caractéristiques des clients ayant souscrit Connaissance d'une (des) société (s) d'assurance Oui souscription à une assurance Oui Non % % Moins de 50 000frs 7,6% 41,3% 50 000 à 100 000 frs 28,8% 29,8% Homme Femme Revenu mensuel Revenu mensuel 100000 à 200 000 frs 22,7% 21,2% 200000 à 300000frs 21,2% 2,9% Plus de 300000frs 18,2% 4,8% Non réponse 1,5%,0% Total 100% 100% Moins de 50 000frs 5,9% 40,0% 50 000 à 100 000 frs 29,4% 40,0% 100000 à 200 000 frs 58,8% 10,0% 200000 à 300000frs 5,9% 3,3% Plus de 300000frs,0% 6,7% Non réponse,0%,0% Total 100% 100%
Tableau n A7 (bis) : Caractéristiques des clients ayant souscrits Connaissance d'une (des) société (s) d'assurance Oui souscription à une assurance Oui Non Étudiant,0%,0% Fonctionnaire 30,1% 21,6% Activité principale Statut matrimonial Niveau d'instruction Agriculteur,0%,0% Sans emploi,0%,0% Entreprise privée 30,1% 21,6% Zémidjan 3,6% 23,1% Commerçant 16,9% 13,4% Transitaire et artisan 14,5% 18,7% Autre 4,8% 1,5% Total 100% 100% Marié(e) 75,9% 68,7% Célibataire 9,6% 12,7% Divorcé(e) 3,6% 1,5% Veuf/veuve 2,4% 2,2% Union libre 7,2% 14,2% Autres 1,2%,7% Total 100% 100% Aucun 3,6% 6,7% Primaire 13,3% 32,1% Secondaire 63,9% 56,7% Supérieur 19,3% 4,5% Total 100% 100% 65
Tableau n A8 : cotisation moyenne par habitant et par continent (2008) dont Cotisations moyennes par habitant en $ US Total vie non vie Amérique 1553 714 839 Europe 2044 1244 800 Asie 234 174 60 Afrique 56 38 17 Océanie 2272 1282 991 Total Monde 6159 3452 2707 Monde 634 370 264 Tableau n A9 : Evolution des cotisations moyennes par habitants des pays de la Fanaf (2004-2008) Cotisations par habitant TOTAL (en F CFA) 2004 2005 2006 2007 2008 Bénin BEN 2565 2707 2909 3197 3627 Burkina BFA 1363 1481 1495 1822 1847 Burundi BD 395 615 683 669 733 Cameroun CMR 5141 5224 5161 5670 5660 Centrafrique CAF 365 428 452 556 643 Congo brazza COG 4402 5149 6402 7358 7219 Côte d'ivoire CIV 6801 7117 7445 7391 8059 Gabon GAB 36278 36557 39903 44239 46613 Guinée GIN 496 480 470 455 523 Madagascar MGA 825 948 922 805 787 Mali MLI 1081 1190 1269 1338 1529 Niger NER 707 835 915 994 1043 Rwanda RWA 995 982 2156 2635 2581 Sénégal SEN 5115 5250 5376 5803 6270 Tchad TCD 620 600 571 731 640 Togo TGO 2501 2451 2593 2918 3103 MEDIANE FAN 1222 1336 1825 2229 2214 66
Tableau n A10 : Evolution de la densité de l assurance vie et dommages au Bénin et dans l'uemoa de 1999 à 2007 (en milliards de FCFA) 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 Bénin 1 588 1 693 2 307 2 482 2 665 2 568 2 696 2 891 3 285 Burkina-Faso 989 990 1 012 1 182 1 350 1 363 1 481 1 495 1 819 Côte d'ivoire 6 868 6 471 6 192 6 710 6 812 6 801 7 117 7 445 7 929 Mali 991 1 084 1 049 1 049 1 027 1 081 1 190 1 269 1 338 Niger 662 641 646 666 733 707 835 915 994 Sénégal 3 512 3 920 4 091 4 839 5 138 5 115 5 250 5 376 5 803 Togo 2 275 2 206 2 571 2 799 2 717 2 501 2 451 2 593 2 918 moyenne UEMOA 2 412 2 429 2 553 2 818 2 920 2 877 3 003 3 141 3 441 Tableau n A11 : Nombre d'agents généraux dans le pays Raison Sociale Nombre AFRICAINE 19 NSIA Bénin 14 FEDAS 44 GAB 9 Allianz Bénin 0 SAARB 7 TOTAL 93 67
Tableau n A12 : Pourcentage des entreprises ayant souscrit par rapport au nombre d'employés Souscription à une assurance Effectif Moins de10 10 à 20 20 à 50 50 à 100 Plus de100 Total % % % % % % Oui 54,40% 19,10% 21,30% 1,50% 2,90% 100% Non 81,30% 13,20% 4,40% 0,00% 1,10% 100% Tableau n A13: Pourcentage des entreprises ayant souscrit par rapport au chiffre d'affaires Souscription à une assurance Chiffre d affaire (en million de FCFA) Moins de 200 200 à 400 400 à 600 600 à 800 800 à 1000 Plus de 1000 % % % % % % Total Oui 53,70% 18,40% 6,60% 2,90% 7,40% 7,40% 100% Non 63,70% 13,20% 5,50% 2,20% 3,30% 5,50% 100% 68
Annexe 2 : Méthodologie d étude de la causalité et de cointégration sur panel Cette section présente les grands axes de la démarche méthodologique consacrée à l étude de la causalité sur données de panel. Nous présentons à cet effet successivement les tests de racine unitaire sur panel, les tests de cointégration et la méthodologie d estimation de la relation de cointégration sur panel 10. Tests de racine unitaire sur panel de IPS (2003), MW (1999) et Pesaran (2003) Les tests de racine unitaire que nous utilisons ici sont ceux de Im, Pesaran et Shin (2003), de Maddala et Wu (1999) 11, et de Pesaran (2003). L objectif de ce paragraphe n est pas de présenter de façon détaillée les tests de racine unitaire sur panel, mais de relater de façon très brève, l intuition de ces différents tests 12. Il serait intéressant de faire remarquer que les premiers tests de racine unitaire sur panel ont été réalisés par Levin et Lin (1992, 1993). Toutefois, ces tests de première génération présentent la limite de ne contrôler l hétérogénéité du panel que par la présence d effets fixes individuels et temporels, en supposant l homogénéité de la racine autorégressive sous l hypothèse alternative. En effet, il est peu probable qu en cas de rejet de l hypothèse de racine unitaire, que l on ne puisse accepter l hypothèse alternative d une racine autorégressive commune à tous les individus. Les contributions de IPS (2003), MW (1999) et Pesaran (2003) permettent d apporter des solutions à ce problème. - Le test de IPS (2003) La spécification du modèle à tester considérée par IPS se présente comme suit : où yi, t = α i + ρ i yi, t 1 + ε i, t ; i = 1,2,..., N ; t = 1,2,..., T α i est l effet fixe individuel et ρ I est un paramètre constant. Le test d hypothèse d IPS est : H : ρ i = 0, i = 1,...,, contre 0 N H1 : ρ i < 0, i = 1,..., N1 et ρ i = 0, i = N1 + 1,..., N. 10 Elle s inspire librement de Eggoh (2009), 11 IPS pour Im, Pesaran et Shin et MW pour Maddala et Wu par la suite. 12 Pour plus de détails sur les tests de racine unitaire sur panel, se référer à Im, Pesaran et Shin (2003), Maddala et Wu (1999), ou encore pour des surveys bien fournis sur le sujet à Banerjee (1999) ou Hurlin et Mignon (2005). 69
En cas d absence d autocorrélation des résidus qui sont indépendants et 2 identiquement distribués ( N (, σ ) ε it 0 ε ), IPS propose la statistique i NT par la moyenne des N statistiques individuelles de Dickey-Fuller : t _ bar = 1 N NT t it N i= 1 t _ bar définie Où t it est la t statistique individuelle de Student associée à l hypothèse nulle de racine unitaire. La question qui se pose à ce niveau est la détermination de la loi de t _ barnt. Sous l hypothèse d absence d autocorrélation des résidus, pour T fixe et N tendant vers l infini et t it établir que la loi de la statistique moyenne standardisée indépendant et identiquement distribué, on peut a Z tbar : Z a tbar = N [ t _ barnt E( tit )] Var( t ) it a Z tbar converge vers une loi normale centrée réduite ; et représentent respectivement la moyenne et la variance des statistiques individuelles de Dicker-Fuller (les deux moments sont tabulés). IPS ajoute que, pour la plupart du temps, les statistiques sont indépendantes mais non identiquement distribués (cas par exemple d un panel non cylindré) ; donc la statistique moyenne standardisée est donnée par l expression suivante (pour T et N tendant vers l infini) : De façon plus générale, lorsqu on autorise l autocorrélation des résidus (à l instar de IPS), le modèle à estimer se présente sous la forme suivante :,,,,, ; 1,2,, ; 1,2,, La statistique du test de IPS pour T et N finis sur panel pour T et N finis sur panel non cylindré est (c est cette formulation qui est plus généralement retenue) : 70
,,, 0,, 0 0 0 ~0,1 Pour T et N grands, ou encore dans les cas d un panel cylindré et les résidus sont corrélés du même ordre pour tous les individus, la statistique vers - Le test de MW (1999) converge Le test de MW repose sur la significativité des tests individuels de racine unitaire en combinant les p-values des N tests individuels de racine unitaire indépendants : 2 ~ 2. Si les statistiques des tests individuels de racine unitaire sont continues, les p- values ( 1,2,, ) sont indépendants et distribués suivant une normale centrée réduite N (0,1). Ainsi, sous l hypothèse nulle 2 suit un 2 et est distribué suivant un 2. Pour des valeurs de N élevées, Choi (2001) propose une statistique standardisée, qui se présente sous la forme suivante : 1. 2 2 On sait que sous l hypothèse nulle, 2 = 2 et 2 = 4 ; par conséquent, la statistique de Choi (2001) n est rien d autre que la moyenne centrée et réduite de la statistique de MW( ). Si les p-values sont indépendantes et identiquement distribuées, la statistique Z_MW converge sous l hypothèse nulle vers une normale centrée réduite, pour N tendant vers l infini. Breitung (2000) trouve que le test IPS n est pas puissant lorsque les trends individuels sont pris en compte, et ce test est très sensible à la spécification d une tendance déterministe. Par contre, le test de MW a l avantage comparativement au test de IPS que sa valeur ne dépende pas des différents retards des tests ADF individuels. De plus, Maddala et Wu (1999) trouvent que les tests de MW sont 71
meilleurs à ceux d IPS 13. Pour ces raisons, lorsque les tests de IPS et de MW conduisent à des résultats contradictoires, nous allons nous fier au test de MW. - Le test de Pesaran (2003) Pesaran (2003) propose un test qui permet de tenir compte des éventuelles dépendances entre les individus (test de racine unitaire de deuxième génération). La démarche consiste ici à conserver les séries brute, en augmentant le modèle DF ou ADF par l introduction des moyennes individuelles de, et des différences premières, : on obtient alors un modèle augmenté de type CADF (Cross Sectionnally Augmented Dicker-Fuller). Pesaran considère exactement le même modèle et la même structure de test que IPS (1997) à la différence près qu il introduit un facteur commun :,,,,,, Où l effet individuel avec. Le facteur commun ~.. 0,1 est inobservable. Les hypothèses du test de Pesaran sont identiques à celles d IPS. Pesaran montre qu en absence d autocorrélation des,, l introduction dans le modèle de la moyenne, et de la valeur retardée est suffisante pour filtrer asymptotiquement les effets de la composante commune inobservable dès lors que N tend vers l infini. Pour chaque individu i = 1,.. N on estime ce modèle et l on construit de façon standard la t-statistique associée à l hypothèse nulle de racine unitaire pour l individu i, notée,. A partir des statistiques CADF individuelles,, Pesaran propose une statistique moyenne de type IPS appelée CIPS, pour Cross Sectionnally Augmented IPS :, 1, Il s agit d une généralisation de la statistique (équation 5.2) d IPS (2003). En outre, Pesaran suggère une statistique de type CIPS tronquée, notée CIPS* (N,T), construite comme la moyenne de statistiques individuelles tronquées, telle que : 13 Une remarque identique a été faite par Christopoulos et Tsionas (2004). 72
, 1,, Où la statistique individuelle, tronquée est définie par :,,,,,,, Les paramètres de troncature et dépendent du modèle retenu (modèle sans constante ou modèle avec constante) et sont définis de telle sorte que,, soit suffisamment importante (supérieure à 0,9999). Toutefois, pour 15, les statistiques, et, fournissent les mêmes résultats. Enfin, en présence d autocorrélation des résidus, la même démarche doit être appliquée dans un modèle "doublement" augmenté : augmenté dans la dimension inter-individuelle et augmenté par les termes habituels des spécifications ADF standard. Le modèle CADF devient alors :,,,,,, Les distributions des statistiques moyennes CIPS (N,T) et CIPS* (N,T) sont identiques à celles du cas précédent. - Test de cointégration de Pedroni (1999, 2004) sur panel hétérogène Pedroni (1999, 2004) propose une extension de la relation de cointégration hétérogène à plusieurs régressions. A l instar des tests de IPS, les tests de Pedroni prennent en compte l hétérogénéité par le biais de paramètres qui peuvent être différents entre les individus. Une telle hétérogénéité peut se situer à la fois au niveau des relations de cointégration et au niveau de la dynamique de court terme. Ainsi, sous l hypothèse alternative, il existe une relation de cointégration pour chaque individu, et les paramètres de cette relation ne sont pas nécessairement les mêmes pour tous les individus du panel. La prise en compte d une telle hétérogénéité constitue un avantage indéniable puisqu en pratique, il est rare que les vecteurs de cointégration soient identiques d un individu à un autre du panel. Dans ces conditions, imposer de façon erronée une homogénéité des vecteurs de cointégration aurait pour conséquence un non rejet de l hypothèse nulle d absence 73
de cointégration, alors même que les variables sont cointégrées. Toutefois, le test de Pedroni ne se préoccupe pas de la détermination du nombre de relations de cointégration ; mais il teste uniquement l hypothèse nulle d absence de cointégration contre l hypothèse alternative d existence de la relation de cointégration. La mise en œuvre des tests de Pedroni nécessite d estimer dans un premier temps la relation de long terme suivante :,,,,,, Où 1,2,, désigne le nombre d individus, 1,2,, la dimension temporelle et 1,2,, le nombre de variables exogènes. La structure des résidus est la suivante : Pedroni propose sept tests de cointégration, dont quatre sont basés sur la dimension within (intra) et trois sur la dimension between (inter). Les deux catégories de tests reposent sur l hypothèse nulle d absence de cointégration : 1 où désigne le terme autorégressif des résidus estimés sous l hypothèse alternative. La distinction entre les deux catégories de tests se situe au niveau de la spécification de l hypothèse alternative : - pour les tests fondés sur la dimension intra, l hypothèse alternative est : 1 alors que ; - pour les tests fondés sur la dimension inter, l hypothèse alternative est : 1. On constate que le test basé sur la dimension inter est plus général dans la mesure où il autorise la présence d hétérogénéité entre les individus sous l hypothèse alternative. Les tests fondés sur la dimension within (intra) sont : la statistique panel, la statistique panel, la statistique panel (non paramétrique) et la statistique panel (paramétrique). En ce qui concerne les tests basés sur la dimension between (inter), il y a : la statistique groupe, la statistique groupe (non paramétrique) et la statistique groupe (paramétrique). Les tests fondés sur la dimension within (panel cointégration statistics) 1- Test non paramétrique de type rapport de variance (panel -statistic) 74
,, 2- Test non paramétrique du type de la statistique de Phillips-Perron (panel - statistic),,,, 3- Test non paramétrique du type de la statistique de Phillips-Perron (panel - statistic),,,,, 4- Test paramétrique du type de la statistique de Dicker-Fuller Augmenté ADF (panel -statistic),,,,, Les tests fondés sur la dimension between (group mean panel cointegration statistics) 5- Test non paramétrique du type de la statistique de Phillips-Perron (group - statistic),,,, 6- Test non paramétrique du type de la statistique de Phillips-Perron (group t- statistic),,,, 7- Test paramétrique du type de la statistique de Dicker-Fuller Augmenté ADF (group t-statistic) : 75
,,,,, Avec 1 1 1 µ µ,, ; 1, 2 ; ;, 1 ;, ;, 1 ; 1, 2 1 1,, où,,, et, sont les résidus obtenus à partir des régressions suivantes :,,,;,,,,,,,., ; Les statistiques sont construites sur la base des relations de cointégration et d un certain nombre d estimateurs de paramètres de nuisance. Le paramètre de nuisance correspond à la i ème composante de la décomposition de Cholesky de la matrice de variance-covariance des résidus. et désignent respectivement les variances individuelles contemporaines et de long terme. 76
Méthodes d estimation de la cointégration en panel Bien que les statistiques du test de cointégraton de Pedroni permettent de conclure à l existence ou non de la relation de long terme entre les variables, elles ne fournissent pas une estimation à l aide des VECM. Ainsi, après les tests de cointégration de Pedroni (1999), il faut d autres méthodes pour évaluer la relation entre les variables du modèle. Parmi les techniques les plus utilisées pour estimer la relation de cointégration sur des données de panel, on a : l estimateur du Fully Modified (FM) et l estimateur des moindres carrés dynamiques (DOLS) développés par Kao et Chiang (1998, 2001) ; les estimateurs à correction d erreur de Pesaran, Shin et Smith (1999) à savoir le Pooled Mean Group (PMG), le Mean Group (MG), le Dynamic Fixed Effet (DFE) et le Static Fixed Effet (SFE). Nous retenons dans le cadre de ce chapitre les deux estimateurs à correction d erreurs suivants : les DOLS et le PMG ; d une part Kao et Chiang (1997) montrent que l estimateur des DOLS est plus performant que les estimateurs des OLS et FMOLS ; d autre part, le PMG qui est l estimateur intermédiaire entre les estimateurs MG et DFE. Il faut noter que ces deux estimateurs sont les plus utilisés dans l estimation de la relation de cointégration entre le développement financier et la croissance économique : Apergis et al. (2007), Dufrénot et al. (2007) et Loayza et Rancière (2006). La méthode des moindres carrées dynamiques (DOLS) de Kao et Chiang (1998, 2001) L estimateur des DOLS en panel proposé par Kao et Chiang (1998, 2001) s inspire de l estimateur en série temporelle de Stock et Watson (1993). Considérons le modèle à effets fixes d une régression en panel :,,, 1,2,, ; 1,2,, Où, est une matrice de dimension (1,1), est le vecteur des pentes de dimension (k,1), est l effet fixe individuel,, est le terme d erreur supposé stationnaire. On suppose également que,, un vecteur de dimension (k, 1), est un processus intégré d ordre 1, pour tout tel que :,,, Selon Kao et Chiang (1998), le processus, obtenir : peut être projeté sur, pour,,,,, 77
, est un processus stationnaire de moyenne nulle,, et, ne sont ni corrélés pour les valeurs contemporaines, ni avec les termes en retards et les on a :,,,, L hypothèse faite par Kao et Chiang (1998, 2001) sur les lags et les leads (, ) est que ces deux paramètres tendent vers l infini avec T à un taux approprié, c est-àdire : 0, 0. En remplaçant par son expression dans l équation de régression standard, on a :,,,,, Par conséquent, l estimateur des DOLS est obtenu à partir de la régression suivante :,,,,, On peut bien remarquer que l équation caractéristique de l estimateur des DOLS est une extension d une régression standard dans laquelle on intègre les lags et les leads des variables exogènes en différence dans la relation de cointégration afin de reproduire asymptotiquement des estimateurs sans biais et d éviter les problèmes liés à l estimation des paramètres de nuisance. La méthode de Pooled Mean Group de Pesaran et al. (1999) : test de causalité sur panel Pesaran, Shin et Smith (1999) proposent l estimateur Pooled Mean Group (PMG) qui suppose une homogénéité des coefficients à long terme contre une hétérogénéité à court terme. En effet, l hypothèse d homogénéité des coefficients à long terme repose sur le fait que les contraintes budgétaires, les conditions d arbitrage ou encore les technologies de production identiques affectent de la même manière les différents groupes de pays. Par contre, l hétérogénéité de court terme révèle l existence d une différence au niveau de la spécification de la dynamique dans chaque pays. En effet, l estimateur PMG est un intermédiaire entre l estimateur 78
MG (qui consiste à estimer des équations séparées pour chaque pays et examiner la distribution des coefficients estimés, en particulier la moyenne des coefficients) et l estimateur DFE (seuls les effets individuels qui peuvent être fixes ou aléatoires permettent de prendre en compte l hétérogénéité de l échantillon, alors que les coefficients des variables exogènes sont supposés constants). Le modèle "Autoregressive Distributed Lag" ARDL (p,q,q,,q) postulé par Pesaran et al. (1999) se présente comme suit :,,,,,,, av 1,2,,, 1,2,,, le nombre de retards de la variable endogène, le nombre de retards des variables explicatives,, les effets fixes individuels,, les coefficients liés à la variable endogène retardée, et enfin, les coefficients afférents aux régresseurs. La reparamétrisation de l équation de long terme donne la spécification suivante :,,,,,,,,, Où 1,2,,, 1,2,,, 1,,,,, Avec 1,2,, 1 et, avec 1,2,, 1. Pesaran et al. (1999) supposent que le modèle ARDL est stable, si les racines de l équation 1, s étendent en dehors du cercle unitaire. Cette hypothèse suppose que 0 et l existence de la relation de long terme entre, et, est définie par :,,,, où, est I(0), et le coefficient de long terme est supposé être le même pour tous les individus du panel. 79
Annexe 3 : Questionnaire Les renseignements contenus dans ce questionnaire sont confidentiels. Ils sont couverts par le secret statistique et ne peuvent être publiés que sous forme anonyme conformément à la loi sur l obligation de répondre et le secret statistique. QUESTIONNAIRE MENAGE Ce questionnaire est réservé aux chefs de ménage de 25 ans et plus. DEPARTEMENT... / COMMUNE... / ARRONDISSEMENT...... / NUMERO D ORDRE DU MENAGE. / NOM DE L ENQUETEUR NOM DU CONTROLEUR. /.. / DATE DE DEBUT DE L INTERVIEW Jour / Mois / Année / DATE DE FIN DE L INTERVIEW Jour / Mois / Année / A. IDENTIFICATION N Questions Réponses Codes A1 Nom du répondant (facultatif) A2 Age (en années révolues) / A3 Sexe 1= M 2= F A4 Statut matrimonial 1= Marié(e) 2= Célibataire 3= Divorcé(e) 4= Veuf/veuve 5= Union libre 80
4=Autres (préciser). A5 Activité principale 1= Étudiant 2=Fonctionnaire 3=Agriculteur 4=Sans emploi 5=Entreprise privée 6=Autre (à précisez). A6 Revenu mensuel (En FCFA) 1= Moins de 50 000frs 2= 50 000 à 100 000 frs 3= 100000 à 200 000 frs 4= 200000 à 300000frs 5= Plus de 300000frs A7 Niveau d instruction 1= Aucun 2= Primaire 3=Secondaire 3= Supérieur B. CONNAISSANCE, PERFORMANCE DES PRODUITS D'ASSURANCE ET DES ASSUREURS N Questions Réponses Codes B1 Connaissez-vous une (des) société (s) d assurance exerçant au Bénin? 1=Oui 2=Non Aller à E1 B2 Si oui, lesquelles (les lister)? B3 Avez-vous souscrit à une police d assurance? 1= oui Aller à B6 2= non B4 Si non, pourquoi? A= Trop coûteux B= Manque de ressources financières suffisantes C= Aucune utilité D=Dispose d une assurance au Service E= Autre ( à préciser.) B5 Avez-vous été approché une fois pour 1= oui la souscription d une assurance? 2= non Aller à C 3 B6 Si oui, A quels types d assurances? A=Assurance vie B=Assurance maladie C=Assurance automobile D=Assurance retraite E=Assurance agricole F=Assurance transports G=Assurance incendie H=Assurance Caution I=Indemnité de fin de carrière J=Assurance Prévoyance Entreprise K=Assurance Retraite collective L=Micro-assurance M=Autres (préciser) B7 Auprès de quelle société d assurance? A= Africaine des Assurances B= ARGG C= UBA-Vie 81
B8 B9 B10 Comment avez-vous choisi votre assureur? Qui assure les charges de votre assurance? Avez-vous jamais été victime d'un sinistre? D= Avie E= NSIA Bénin F= FEDAS G= GAB H= Allianz-Bénin I= SAARB J= Colina Vie-Bénin K= Africaine Vie Bénin L=SADES M= Autre (à préciser) A=Bouche à oreille B= Performance de l assureur C= Recherche personnelle D= Publicité E= Autres (à préciser).. 1= Vous même 2= vos parents 3= l employeur 4= une institution académique 5= Autre, (précisez) 1= oui 2= non Aller à B13 B11 Si oui, lequel (s)? A=Maladie B= Incendie C= Accident D= Décès E= Retraite F= Autre (préciser). B12 B13 B14 Votre assureur a-t-il honoré ses engagements dans le cadre du sinistre? Avez-vous déjà eu d autres problèmes avec votre assureur? Si oui, lequel? (Vous pouvez énumérer autant de cas) 1= Oui 2= Non 3= Dossier en cours (dater si possible) 1= oui 2=non Aller à C1 1. 2. C. ATTRACTIVITE DES PRODUITS (uniquement pour les ménages ayant répondu OUI à B1) N Questions Réponses Codes C1 C2 Les produits d'assurance vous satisfont-ils? Que souhaiteriez- vous assurer en plus? (autant de réponses possibles) 1= oui 2=non 3= NSP (ne sait pas) A= Bétail B= Incendie C= Licenciement D= Récolte E= Accouchement F= Bail G= Autres (à préciser) 82
C3 C4 Que pensez-vous du coût des assurances au Bénin? Qu'est-ce qui vous déplait le plus chez l'assureur? (autant de réponses possibles) 1=Très chère 2=Assez chère 3= Moins chère 4= Acceptable 5= Ne sait pas A=Le non paiement du sinistre B= La procédure de compensation C= Autre (précisez) C5 A quoi sert l'assurance selon vous? A=À dédommager en cas d accident de voiture B= A dédommager d'un incendie C= À dédommager d'un décès D= Toutes les propositions E=Autres, précisez D. MOYENS ET PERCEPTION DES ASSURANCES (uniquement pour les ménages ayant répondu OUI à B1) N Questions Réponses Codes Comment percevez-vous les services d'assurance? Faites-vous confiance aux assureurs? Si non, pourquoi? E. LES PRODUITS CONCURRENTS 1= Un luxe 2= Une nécessité 3= N'ont pas d'importance 4= Ne sait pas 1= oui Aller à E1 2= non 3= Ne sait pas. N Questions Réponses Codes E1 Êtes-vous membre d'une tontine? 1= oui 2= non Aller à E3 E2 Si oui, laquelle?. E3 Êtes-vous membre d'une autre association financière de même nature? 1= oui 2= non Aller à E6 E4 Si oui, laquelle?. E5 E6 Pourquoi appartenez-vous à ces associations? A= Elles ne sont pas éloignées B= Elles sont accueillantes et conviviales C= Elles communiquent beaucoup avec nous D= Elles sont rapides à nous assister dans le besoin E= Autre (précisez)... Quelles suggestions apportez-vous pour améliorer le secteur d assurance au Bénin? «Notre entretien est à présent terminé. Merci beaucoup d y avoir consacré du temps» 83