Développement du système financier de l'uemoa après 2006 Rodrigo García-Verdú Département Afrique Fonds Monétaire International Banque Centrale des États de l'afrique de l'ouest Dakar, Sénégal 18 Janvier 2012
Plan de la présentation Objectif Développement du système financier, croissance économique et réduction de la pauvreté Résumé du FSSA 2008 pour l'uemoa Approfondissement du système financier de l'uemoa après 2006
Plan de la présentation ( ) L'exemple de M-Pesa en Kenya comme politique fructueuse pour augmenter l'accès au système financier Conclusions et recommandations
Objectif de la présentation Présenter un court bilan de l'évolution des indicateurs les plus pertinents concernant le développement du système financier de l'uemoa après 2006 Pourquoi 2006? Évaluation de la stabilité du système financier (FSSA) a été conclue en 2008, avec donnés de fin 2006 ou de mi-2007
Développement du système financier et croissance économique Quels sont les principaux apports du système financier à la croissance économique? Fourniture des services de paiement et d'épargne Intermédiation financière: Passer au crible les projets de investissement Allocation de l'épargne aux investissements avec les taux de rentabilité les plus élevés Transformation de l'échéance, de dépôts de court terme à prêts de long terme Répartition et diversification des risques
Développement du système financière, croissance économique et réduction de la pauvreté La littérature économique sur le développement du système financier et la croissance économique trouve une relation positive et significative Cette littérature trouve aussi une relation négative et significative entre le développement du système financière et la pauvreté
Développement du système financier et croissance économique Source: Figure 1.1 à Beck, Munzele Maimbo, Faye ettriki (2011).
Développement du système financier et réduction de la pauvreté Source: Figure 1.2 à Beck, Munzele Maimbo, Faye et Triki (2011), basé sur Beck, Demirgüç-Kunt, and Levine (2007).
Système financier de l'uemoa D'après le FSSA 2008, le système financier de l'uemoa peut être caractérisé par: Des bas niveaux d'intermédiation, d'accès et de pénétration La prépondérance des banques commerciales dans le système financier Un niveau moyen de capitalisation et de liquidité des banques suffisant
Approfondissement du système financier de l'uemoa après 2006 Malgré la crise financière globale de 2008-2009, le système financier de l'uemoa s'est approfondi depuis 2006 comme dans le reste de l'afrique Mais le système financier de l'uemoa partait de plus bas et demeure moins profond Et les évolutions par pays ont divergé
Ratio de monnaie au sens large au PIB 45 40 Masse monétaire au sens large (% du PIB) CEMAC UEMOA ASS (ex UEMOA et Afrique du Sud) 38.2 Pourcentage 35 30 25 20 15 13.5 24.4 33.1 17.7 31.2 10 5 0 2006 2010 Source: Indicateurs du Développement Mondial 2011, Banque Mondiale.
Situation par pays Masse monétaire au sens large (% du PIB) 2010 2006 Guinea-Bissau 17.8 25.8 Cote d'ivoire 24.1 34.0 Togo 30.3 42.7 Benin 27.1 37.5 Niger 14.1 19.1 Burkina Faso 19.5 26.3 Senegal 33.8 37.5 Mali 26.5 28.5 0 10 20 30 40 50 Pourcentage Source: Indicateurs du Développement Mondial 2011, Banque Mondiale.
Convergence entre pays du ratio de monnaie au sens large au PIB Relation entre le taux de croissance du ratio de monnaie au sens large au PIB et son niveau initial (2001) dans un échantillon de 38 pays de l'afrique sub-saharienne 15% Taux de croissance annuelle 10% 5% 0% -5% -10% 0 20 40 60 80 100 120 140 160 Ratio de monnaie au sens large à PIB en 2001 (pourcentage) Source: Calculs propres, Indicateurs du Développement Mondial 2011, Banque Mondiale.
Convergence entre pays du ratio de monnaie au sens large au PIB dans l'uemoa Relation entre le taux de croissance du ratio de monnaie au sens large au PIB et son niveau initial (2001) dans les pays membres de l'uemoa 15% Taux de croissance annuelle 10% 5% 0% -5% -10% 0 10 20 30 40 50 Ratio de monnaie au sens large à PIB en 2001 (pourcentage) Source: Calculs propres, Indicateurs du Développement Mondial 2011, Banque Mondiale.
Accès au crédit 25 Crédit intérieur au secteur privé (% du PIB) CEMAC UEMOA ASS (ex UEMOA et Afrique du Sud) 22.4 20 17.5 18.1 Pourcentage 15 10 14.7 7.9 5 5.4 0 2006 2010 Source: Indicateurs du Développement Mondial 2011, Banque Mondiale.
Situation par pays Crédit intérieur au secteur privé (% du PIB) 2010 2006 Guinea-Bissau 2.1 6.2 Niger 8.4 12.6 Benin Togo 16.8 17.1 23.1 23.0 Cote d'ivoire 14.2 18.1 Senegal 22.7 25.9 Burkina Faso Mali 17.6 17.9 18.4 18.8 0 5 10 15 20 25 30 Pourcentage Source: Indicateurs du Développement Mondial 2011, Banque Mondiale.
Approfondissement du système financier de l'uemoa après 2006 Bien sur, l'approfondissement du système financier n'est pas l'unique objectif Il y a en partie un tradeoff entre l'approfondissement et la stabilité du système financier: une croissance du crédit sans une supervision prudentielle adéquate accroît les risques de crise financière, come les exemples de l'indonésie, du Mexique et de la Thaïlande l'illustrent
Tradeoff entre l'approfondissement et la stabilité du système financier Crédit intérieur au secteur privé (% du PIB) Percentage 60 50 40 30 20 10 0 Indonesie, 1998 (échelle de gauche) Mexique, 1995 (échelle de gauche) Thailande 1998, (échelle de droite Anée de la crise -10-9 -8-7 -6-5 -4-3 -2-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Années avant et après la crise (année crise=0) Source: Beck, Asli Demirguc-Kunt, and Levine (2010). 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 Percentage
Marché boursier La bourse régionale s'est peu développée et reste de petite taille: Nombre faible et en diminution depuis 2006 des entreprises cotées Marché peu liquide Un peu mieux sur le plan de la capitalisation, mais reste inférieure à celles des bourses plus développées en Afrique sub-saharienne
Peu d'entreprises cotées Nombre d'entreprises cotées à la bourse 2010 2006 Nigeria 215 202 Mauritius 41 86 Kenya 53 51 Cote d'ivoire 38 40 Botswana Zambia Malawi Tanzania Namibia 21 18 19 14 14 10 11 6 7 9 0 50 100 150 200 250 Source: Indicateurs du Développement Mondiale 2011, Banque Mondiale.
Liquidité très faible Valeur des titres échangés (% du PIB) 2010 2006 Mauritius 2.1 3.7 Kenya 3.5 5.8 Nigeria 2.7 2.4 Botswana Zambia Cote d'ivoire 0.2 0.9 0.6 0.8 0.6 0.6 Malawi Namibia Tanzania 0.4 0.5 0.2 0.2 0.1 0.1 0 1 2 3 4 5 6 7 Pourcentage Source: Indicateurs du Développement Mondiale 2011, Banque Mondiale.
Capitalisation Capitalisation boursière (% du PIB) 2010 2006 Mauritius 55.3 66.9 Kenya 46.0 50.6 Cote d'ivoire 23.9 31.2 Botswana 27.4 35.1 Malawi 18.8 26.7 Nigeria 26.3 22.3 Zambia Namibia Tanzania 11.1 9.7 6.8 5.5 3.8 17.4 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Pourcentage Source: Indicateurs du Développement Mondiale 2011, Banque Mondiale.
Améliorer l'information sur l'accès au système financier L'UEMOA n'a pas d'indicateurs pour évaluer le progrès en termes d'accès de la population au système financier Cette information est essentielle pour un bon diagnostic de la situation et la mesure des progrès Une manière de produire cette information est de participer aux enquêtes comme FinScope et FinAccess, qui permettent d'obtenir indicateurs comparables internationalement
Principaux obstacles à l accès Les enquêtes qui mesurent l'accès au système financier, comme FinScope et Financial Access, ont identifié les obstacles suivants: Absence de proximité physique raisonnable Coûts élevés: directs (commissions) et indirects (formalités, coût d'opportunité) Mauvaise conception des produits financiers Manque de culture financière
Le cas de M-Pesa en Kenya comme un exemple d approche fructueuse M-Pesa est un service de paiement, virement et compte de dépôt à vue non rémunéré commencé au Kenya en mars 2007 Il est un type de service financier mobile, ou service bancaire sans succursale Opéré par Safaricom, en partenariat avec Vodafone
Evolution de M-Pesa depuis 2007 Evolution de M-Pesa de mars 2007 à novembre 2011 Millions de personnes 16 14 12 10 8 6 4 2 Nombre des clients (échelle de gauche) Nombre des agents (échelle de droite) 35 30 25 20 15 10 5 0 0 Apr-07 Jul-07 Oct-07 Jan-08 Apr-08 Jul-08 Oct-08 Jan-09 Apr-09 Jul-09 Oct-09 Jan-10 Apr-10 Jul-10 Oct-10 Jan-11 Apr-11 Jul-11 Oct-11 Milliers d'etablissements Source: http://www.safaricom.co.ke/
Est-il possible de répliquer le cas de M- Pesa dans l'uemoa? Le taux de pénétration du téléphone portable dans l'uemoa jusqu'a 2006 est resté supérieur à celui du Kenya, et maintenant il est supérieur à la moyenne de l'afrique sub-saharienne Donc, le défi pour répliquer le cas est double: Technique: fixer une structure tarifaire d'interconnexion efficiente entre les opérateurs de téléphonie portable Politique: gérer la baisse du taux de rentabilité des banques commerciales
Densité téléphonique portable Taux de pénétration du téléphone portable Kenya WAEMU SSA (ex WEAMU) 70 60 50 40 30 20 10 61.6 52.7 51.2 0 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Nombre de comptes par 100 habitants Source: Indicateurs du Développement Mondiale 2011, Banque Mondiale.
Conclusions et recommandations Des progrès ont été enregistrés depuis 2006 Mais le système financier de l'uemoa reste peu profond en comparaison avec la moyenne de l'afrique sub-saharienne Par ailleurs, des écarts importants existent dans l'union, tant en niveau que pour les variations récentes. Comprendre ces écarts aiderait à mieux comprendre les facteurs de l approfondissement
Conclusions et recommandations De nombreuses recommandations du FSSA 2008 restent valides. Les mettre en œuvre rapidement contribuerait à accélérer l'approfondissement Quelques priorités: développement du marché monétaire, du marché des titres d'etats, reconsidération de certaines règles prudentielles Ce développement doit aller de pair avec un maintien de la stabilité
Guides utiles pour aider a développer le système financier Simon T. Gray and Nick Talbot (2007), Developing Financial Markets, Handbooks in Central Banking, No.26, March 2007, Centre for Central Banking Studies, Bank of England Bernard J. Laurens et al. (2005), Monetary Policy Implementation at Different Stages of Market Development, Occasional Paper No. 244, Washington, DC: International Monetary Fund