Market consistency : fondements et limites

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Transcription:

http://www.therond.fr pierre@therond.fr Galea & Associés ISFA - Université Lyon 1 18 octobre 2013

Introduction La notion de Market consistency devient un standard dans les problématiques d évaluation de portefeuilles et d entreprises d assurance. Elle intervient même comme référence de base dans le référentiel prudentiel Solvabilité 2. Si elle apparaît incontournable, il apparaît néanmoins opportun de s attarder sur les principes sous-jacents sur lesquels elle repose et leurs éventuelles limites eu égard aux problématiques pour lesquelles elle est employée.

Sommaire 1 Motivation 2 3 4

Normes de valorisation en assurance Travaux académiques Sommaire 1 Motivation Normes de valorisation en assurance Travaux académiques 2 3 4

Normes de valorisation en assurance Travaux académiques 1.1. Normes de valorisation en assurance Les récentes normes de valorisation en assurance font toutes recours à la notion de Market Consistence : Embedded Value Normes IFRS (Shadow accounting, Fair Value, Current Fulfilment Value) Solvabilité 2

Normes de valorisation en assurance Travaux académiques 1.1. Normes de valorisation en assurance Morceaux choisis : Market Consistent Embedded Value : MCEV represents the present value of shareholders interests in the earnings distributable from assets allocated to the covered business after sufficient allowance for the aggregate risks in the covered business. The allowance for risk should be calibrated to match the market price for risk where reliably observable. Solvabilité 2 : (cf. Article 76 de la Directive) Le calcul des provisions techniques utilise, en étant cohérent avec elles, les informations fournies par les marchés financiers et les données généralement disponibles sur les risques de souscription (cohérence avec le marché).

Normes de valorisation en assurance Travaux académiques 1.2. Travaux académiques Depuis le milieu des années 90, les travaux académiques ont été nombreux pour chercher de déterminer la juste valeur d un contrat d assurance vie (avec clauses de PB) : Brennan and Schwartz (1976) Briys and de Varenne (1997b), Briys and de Varenne (1997a) Grosen and Jorgensen (2000), Grosen and Jorgensen (2002) Bacinello (2001) Ballotta (2005) Ces travaux reposent sur le paradigme de la finance de marché (induit par la notion d arbitrage) et cherchent à reproduire les raisonnements de pricing d options (type Black and Scholes (1973)) sur des contrats d assurance.

Normes de valorisation en assurance Travaux académiques 1.2. Travaux académiques Pour devenir opérationnelles, les recherches sur ce sujet se heurtent à plusieurs écueils, notamment : les risques des contrats d assurance (même d épargne) ne sont pas que financiers : hypothèse souvent faite d indépendance des risques financiers avec les autres risques ; le comportement des assurés (contrats rachetables) ; actions de gestion : la participation aux bénéfices est discrétionnaire, de même que la gestion de l assureur (allocation d actifs, attribution/incorporation, gestion de la PPE, des plus/moins-values latentes, etc.) Ceci crée une situation où les flux de trésorerie engendrés par les contrats d assurance ne sont pas réellement réplicables.

Normes de valorisation en assurance Travaux académiques 1.2. Travaux académiques Au-delà de ces aspects, la question de la pertinence (pré-supposée absolue!) de ces méthodes se pose eu égard au rôle qu on veut leur donner. Ceci est d autant plus pregnant qu un courant de pensée (cf. Orléan (2011), Walter and Brian (2008), Walter (2010), etc.) pose des questions d ordre similaire sur le rôle joué par les prix de marché dans l économie (normes comptables, prudentielles, gestion des risques, etc.) Aussi nous proposons de revenir sur les hypothèses des modèles qui sous-tendent la finance de marché moderne et d apprécier leurs limites, en particulier en ce qui concerne l assurance.

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction Sommaire 1 Motivation 2 Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 3 4

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.1. Spéculation et finance de marché Les méthodes de finance de marché moderne reposent sur (notamment!) : les travaux de Bachelier (1900) qui observe que les rendements sont gaussiens et proposent des évaluations d actifs contingents le développement des approches stochastiques en temps continu permis par le Lemme d Itô Les travaux de Black and Scholes (1973)

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.1. Spéculation et finance de marché Ces méthodes reposent sur les hypothèses classiques : Hypothèse de rationnalité des investisseurs ; de complétude du marché ; d un marché de concurrence pure et parfaite ; de la capacité d emprunter et de prêter au sans risque. De plus, l économie est représentée par des dynamiques browniennes qui permettent l utilisation du Lemme d Itô.

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.1. Spéculation et finance de marché Parmi les critiques adressées, la caractère non gaussien des rendements observés est un écueil important (cf. infra).

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.2. Théorie de l équilibre L équilibre général de Walras (1900) est un des résultats fondamentaux de la théorie néo-classique. Hypothèse (Equilibre général de Walras) marché de concurrence pure et parfaite préférences objectives convexité des préférences la monnaie sert de référence et ne joue pas de rôle actif les prix sont fixés par le secrétaire de marché qui centralise toute l information et la diffuse

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.2. Théorie de l équilibre Les principaux résultats de l équilibre walrassien peuvent être résumés comme suit Proposition (Equilibre général de Walras) Les principaux résultats sont : l existence d un équilibre général la convergence des prix (par oscillations) vers les prix de l équilibre général

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.2. Théorie de l équilibre Cette théorie est complétée par les travaux d Arrow et de Debreu qui lui fournissent un cadre mathématique rigoureux en introduisant des fonctions d utilité. Sur ces bases, on peut définir les optima de Pareto comme les allocations qui maximisent l utilité qu elles procurent. On a alors les deux propriétés suivantes. Proposition (Théorèmes de l économie du bien-être) Toute allocation d équilibre concurrentiel est un optimum de Pareto. Pour tout optimum de Pareto, il existe une contrainte de budget tel que l optimum considéré est une allocation d équilibre possible.

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.3. Finance d entreprise et gestion de portefeuille Les travaux fondamentaux en la matière remontent à Markowitz (1952) et portent initialement sur la gestion optimale de portefeuille. Ses résultats consistent à construire un portefeuille optimal au sens espérance-variance. Les rendements sous-jacents des titres considérés sont supposés gaussiens. Leur agrégation optimale se situe sur la frontière efficiente. Toute autre allocation conduit : soit à un portefeuille plus risqué pour une espérance de gain identique ; soit à un portefeuille de rendement espéré plus faible pour un niveau de risque identique.

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.3. Finance d entreprise et gestion de portefeuille Le développement de cette théorie (cf. Sharpe (1964)) a conduit au MEDAF (CAPM) qui peut se résumer par les équations suivantes : Proposition (Capital Asset Pricing Model) E[R i ] = R f + β i (E(R m ) R f ), β i = σ i σ m σ m σi. Cette théorie, malgré les vives critiques qui lui sont adressées, constitue un outil de base en analyse financière notamment.

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.3. Finance d entreprise et gestion de portefeuille Le CAPM repose sur les hypothèses suivantes : Hypothèse (CAPM) marché de concurrence pure et parfaite les investisseurs mesurent le risque par la variance du rendement uniquement achats et ventes à découvert sont possibles et sans conséquence sur le cours du titre emprunt au taux sans risque possible sans limite unicité de l horizon de placement des investisseurs Des développements qui allègent les hypothèses, souvent jugées trop contraignantes, ont été effectués. Des tests empiriques montrent l incapacité de cette approche (et de ses extensions) pour expliquer certains effets de marché.

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.3. Finance d entreprise et gestion de portefeuille La notion d efficience du marché est introduite par Fama (cf. Fama (1965b), Fama (1965a) et Fama (1970)) conduit à distinguer trois types d efficience (informationnelle) : efficience faible, efficience semi-forte, et efficience forte. En cas d efficience du marché, il n existe pas de stratégie (fondée sur l analyse technique) qui permette de battre le marché. Ces résultats ont permis le développement des théories fondées sur l absence d opportunité d arbitrage.

Spéculation et finance de marché Théorie de l équilibre Finance d entreprise et gestion de portefeuille La jonction 2.4. La jonction La jonction entre ces différentes approches est relativement récente (cf.harrison and Kreps (1979) et Harrison and Pliska (1981)) et conduit à généraliser le recours à l absence d opportunité d arbitrage qui conduit à l obtention d une (au moins) mesure de probabilité martingale. Ces approches sont généralisées et des résultats importants (cf. Geman et al. (1995)) leur donne un champ d application très important pour pricer des actifs financiers les plus complexes. Cela participe en grande partie aux développement (à complexité exponentielle) des produits structurés.

Les hypothèses Quel usage? Sommaire 1 Motivation 2 3 Les hypothèses Quel usage? 4

Les hypothèses Quel usage? 3.1. Les hypothèses La transposition pour l évaluation de portefeuille d assurance se heurte à plusieurs écueils : Les comportements des assurés (rachats, versements) ne correspondent pas à celui d agents économiques rationnels (cf. Séjourné (2006)) L intégration de management actions pose également la question de la rationalité de la gestion de l assureur : quelle est la justification de prendre des dispositions qui ne sont pas celles qui optimisent la valeur? Est-ce que le marché est complet eu égard à la multiplicité des risques financiers auxquels est soumis l assureur?

Les hypothèses Quel usage? 3.1. Les hypothèses Cas de différentes stratégies de hedging de GMDB (cf. Nteukam T. et al. (2011)).

Les hypothèses Quel usage? 3.1. Les hypothèses Cas de différentes stratégies de hedging de GMDB (cf. Nteukam T. et al. (2011)).

Les hypothèses Quel usage? 3.1. Les hypothèses Cas des marchés incomplets : quelle mesure martingale retenir? L unicité de la mesure de probabilité martingale est assurée par l hypothèse de complétude des marchés. Dans le cas de marchés incomplets, une infinité de mesure de probabilité sont martingales, la valorisation obtenue in fine dépendra nécessairement des choix opérés en la matière. (cf. Ballotta (2005)).

Les hypothèses Quel usage? 3.2. Quel usage? L approche market consistent fournit un cadre de valorisation. Elle n induit pas automatiquement (par son optimisation par exemple) les mesures qui participent à une bonne gestion des risques.

Les hypothèses Quel usage? 3.2. Quel usage? Couverture (ou pas!) de garanties plancher en cas de décès sur un contrat UC (cf. Chenut et al. (2003)).

Les hypothèses Quel usage? 3.2. Quel usage? Cas de différentes stratégies de hedging de GMDB (cf. Nteukam T. et al. (2011)).

Sommaire 1 Motivation 2 3 4

Une convention? Compte tenu de la fragilité des hypothèses sur lesquelles elle repose, l approche market consistent pour évaluer des portefeuilles d assurance semble relever davantage de la convention, au sens kéneysien du terme, comme le souligne Walter (2010) (dans un contexte un peu différent) avec les intérêts et les limites clairement décrits par Keynes (1936) : La méthode conventionnelle de calcul (...) est compatible avec un haut degré de continuité et de stabilité dans les affaires, tant que l on peut compter sur le maintien de la convention.

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