Le sujet polyhandicapé. Spécificités de prise en charge.

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Transcription:

Le sujet polyhandicapé. Spécificités de prise en charge. 1

Définition du polyhandicap «Handicap grave à expressions multiples associant une déficience motrice et une déficience mentale sévère ou profonde, entraînant une restriction extrême de l autonomie et des possibilités de perception, d expression et de relation.» retenu à partir de 4 ans secondaire à des lésions cérébrales diffuses et sévères situations cliniques très variées : IMC psychose déficitaire Absence de communication verbale ou codée approche relationnelle complexe, spécifique Vulnérabilité +++ 2

Les causes de polyhandicap Congénitales : Fixées : malformations cérébrales anomalies chromosomiques lésions cérébrales anté ou péri-natales Évolutives : maladies métaboliques maladies de surcharges : Hurler, Niemann Pick encéphalite post rougeoleuse Acquises : traumatisme crânien sévère anoxie cérébrale tumeur cérébrale 3

Recherche étiologique Dans 20 à 30% d origine congénitale on ne retrouve pas de cause Menée par le neuro-pédiatre, longue, N est pas guidée par l espoir d un traitement Intéressante pour : * connaître l évolution, les risques * connaître le risque de récurrence, la possibilité de diagnostic anténatal Réitérée : évolution des connaissances médicales, demande des parents, de la fratrie en âge de procréer 4

Un peu d histoire 1964 : prise en charge des soins des polyhandicapés par la sécurité sociale, création des premiers établissements spécialisés 1975 : loi d orientation : droit de toute personne handicapée aux soins et à l éducation, devoir des professionnels de faire de la recherche sur les pratiques 1975-1980 : premières études épidémiologiques sur le handicap grave : mise en lumière des carences de soins 1989 : Annexes 24 ter, reconnaissance des conditions particulières d accueil, d éducation et de soins restructuration et création d institutions adaptées. 5

Epidémiologie Incidence stable Prévalence augmente 2,14 /1000 personnes de moins de 20 ans Espérance de vie Augmente globalement très variable selon la gravité des troubles associés, respiratoires en particulier 6

Projets thérapeutique et éducatif Connaître les compétences de l enfant par des évaluations répétées compenser les incapacités qui se révèlent progressivement : aide à la station assise, aide à la station debout, à la déambulation favoriser la vie de relation prévenir et traiter les situations douloureuses ou d inconfort, les déformations orthopédiques Rôle des soins palliatifs = soins raisonnables meilleure qualité de vie possible 7

En respectant le rôle des familles, leur cheminement dans la prise de conscience du handicap le rôle spécifique de chacun des intervenants, très nombreux concertation = prise en charge adaptée et cohérente 8

Psychiatre Equipe pluridisciplinaire Pédiatre Médecin rééducateur kinésithérapeute psychomotricien Patient Chirurgiens appareilleur ergothérapeute Généraliste équipe éducative Stomatologue psychologue orthophoniste famille IDE diététicienne assistant social Généticien 9

Nombreux troubles Respiratoires Alimentation et nutrition Digestifs Stomatologiques Moteurs et orthopédiques Autres : comitialité, troubles cutanés Intrication de ces troubles 10

Troubles respiratoires Lésions cérébrales Conséquences ostéomusculaires thoraciques Obstructions des voies aériennes Atteinte parenchyme pulmonaire Syndrôme obstructif et restrictif 11

Troubles respiratoires ventilation de repos satisfaisante, mais déficit de l adaptation face à une agression encombrement trachéo-bronchique : fausses routes salivaires et alimentaires, reflux gastrooesophagien pneumopathies de déglutition rôle clef de la kinésithérapie respiratoire et des techniques de désencombrement 12

Troubles de l alimentation Troubles nutritionnels Perturbations motrices des différentes phases de la déglutition Inefficacité de la mastication, réflexe nauséeux exacerbé, fausses routes en particulier aux liquides Aggravés par les troubles de la vigilance, un mauvaise état buccal et dentaire Répercussions variables Limitation des apports sur le plan quantitatif et qualitatif = déshydratation + dénutrition chroniques. Prises médicamenteuses incomplètes 13

Guidance / conseils précoces parents : installations adaptées pour les repas stimulations bucco-linguales adaptation des textures, eau gélifiée suppléments calorique et vitaminique IDE, orthophoniste, dietéticienne Si mesures insuffisantes : discussion gastrostomie 14

Troubles stomatologiques Caries de découverte souvent tardive : inhibition du balayage de la plaque dentaire absence ou insuffisance de brossage Gingivite Sources fréquentes de douleurs 15

Troubles digestifs Reflux gastro-oesophagien (60%) oesophagite régurgitations, vomissements manifestations douloureuses post prandiales ou nocturnes résidus alimentaires intra buccaux Constipation : favorisée par le manque de mobilité, la déshydratation, le manque d aliment de lest sources fréquentes de douleur 16

Troubles moteurs et orthopédiques Paralysie + hypertonie / hypotonie apprentissages moteurs très perturbés déformations orthopédiques inexorables Prévention +++ Ensemble de mesures complémentaires à visée préventives et curatives kinésithérapie / ergothérapie appareillage traitements antispastiques lourds et contraignants 17

luxation de hanche / scoliose 18

Appareillage Nécessité des changements de position temps fort de la prise de conscience du handicap = préparation, participation des parents compromis orthopédique / fonctionnel / social 19

Autres troubles la comitialité (60%) les escarres favorisées par : dénutrition / déshydratation déformations orthopédiques sévères Soins préventifs d escarre +++ lors de toute hospitalisation 20

De multiples causes de douleurs oesophagite lésions dentaires et intra buccales constipation troubles orthopédiques (luxation de hanche) fractures (ostéoporose) escarres dl induites par les soins etc 21

Déficiences multiples = exposition ++ + à la douleur 22

Difficultés d évaluation de la dl expression très limitée manifestations univoques, peu spécifiques, confondues avec les tr. du comportement nombreux intervenants méconnaissance des chargés de soins, dénie retard de diagnostic chronicisation de la douleur Difficultés à traiter ces douleurs 23

Le cercle vicieux de la douleur douleur modification du tonus musculaire perte fonctionnelle altération de l état général régression psychique puis dépression dénutrition, perte de poids escarres, complications de décubitus douleurs Vulnérabilité du sujet polyhandicapé Intrication complexe des douleurs 24

Echelle de San Salvadour Combes et Collignon (1997) inspirée de la grille d observation comportementale de la douleur du nourrisson hétéro-évaluation = observation du comportement par un tiers, parents, chargés de soins validée pour l enfant et l adulte 2 parties: les informations de base / échelle Score : somme des items / 40 0< S < 2 pas de douleur 3< S < 5 doute S > 6.. douleur certaine 25

Apports de l échelle objectivité consensus entre chargés de soins /parents reconnaissance plus précoce de la dl repère pour juger de l efficacité d un ttt diagnostic différentiel : angoisse, dépression isolée, troubles du comportement 26

NCCPC : non communicating children s pain cheklist, Breau et al, 2002 Echelle canadienne dvlp en langue anglaise Traduite en francais, validée Pas de description de l état basal 30 items comportementaux Développé pour le post-op. Seuil douleur 11/90 27

Traitement de la spasticité Intrications des phénomènes douloureux et spastiques = RECHERCHE SYSTEMATIQUE, appareil par appareil d un STIMULUS NOCICEPTIF Ttt complexe : ttt pharmaco per os = effets secondaires +++ plce de choix de la TBA ds des obj de confort pompe à baclofène, lourd 28

Modalités d accompagnement Domicile : choix de certains parents, rare pour les plus grands accompagnement SESSAD puis SAMSAH à l âge adulte Socialisation : encore modeste en crèche en France Socialisation, lutte contre l isolement des familles Scolarisation rare en France = Socialisation, lutte contre l isolement des familles Accueil en centres IME MAS à l age adulte Limiter les hospitalisations car H trop hostile pour des patients aussi vulnérables Dossier médical ENORME, illisible iatrogeniecompilio 29