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UNE POLITIQUE FINANCIÈRE CONCILIANT PRUDENCE ET PERFORMANCE Predica a poursuivi en 2004 une politique d investissement conjuguant prudence et recherche de rentabilité afin d'assurer la protection à long terme des engagements pris envers ses clients. Son action s est caractérisée par une forte diversification des placements et un maintien à un niveau élevé des fonds propres et des réserves. Après la fusion avec l UAF intervenue en 2004, le montant des placements en euros et en unités de compte s'élève à 136,7 milliards d'euros à fin 2004. UNE CROISSANCE ÉCONOMIQUE MONDIALE CONTRASTÉE En 2004, le rythme de la croissance économique mondiale a fortement progressé au-delà de 4 %, soit un des niveaux les plus élevés atteints depuis de nombreuses années. Mais ce bilan flatteur masque en réalité de profondes divergences selon les zones économiques. Ainsi, les pays émergents producteurs de nombreuses matières premières ont pleinement bénéficié de la très forte progression de l activité industrielle en Chine (+ 9,5 %). Les États-Unis, avec un niveau élevé de la consommation des ménages et une reprise des exportations tirées par la forte baisse du dollar intervenue depuis 2003, ont enregistré une croissance annuelle de 4,4 % contre 3,1 % en 2003. Le Japon a connu une croissance proche de 4 %, du fait d une forte hausse des exportations vers les États- Unis et la Chine et d une reprise de la consommation domestique. À l inverse, la zone euro affiche une croissance limitée à 1,8 %, pénalisée par la faiblesse de la consommation domestique et par une diminution du niveau des exportations, impactées par la forte hausse de l euro en 2003. Cette situation économique a eu pour effet, d une part, de déclencher un cycle mondial de hausse des taux directeurs, et d'autre part, de générer, une forte hausse des prix des matières premières, dont le pétrole, compte tenu de la forte demande en provenance de la Chine. 38
Plus de 4% de croissance économique mondiale en 2004 Volatilité des rendements obligataires longs Sur les marchés de taux, alors que les taux européens à court terme demeurent stables à 2 % (malgré le déclenchement d un cycle mondial de resserrement monétaire), les taux longs ont été volatiles. Après s être détendus jusqu à fin mars, ils ont fortement rebondi au 2 e trimestre jusqu à 4,50 %, avant de se détendre à nouveau en raison des craintes suscitées par l impact de la hausse du pétrole sur les perspectives de croissance économique. Ce mouvement s est accentué en fin d année, avec des taux longs revenus à environ 3,60 %, proches du point bas historique de 2003 (3,50 %). Enfin, les marges des titres de crédit ont poursuivi en 2004 le mouvement de resserrement amorcé en 2003. Elles s établissent en fin d année à des niveaux proches de leurs plus bas historiques. En dépit de ces évolutions erratiques, le taux de rendement des OAT à 10 ans (TEC 10) s est établi en moyenne à 4,11 % en 2004, soit un niveau très proche de la moyenne constatée en 2003 (4,14 %). Progression modérée des indices boursiers En 2004, les marchés boursiers ont évolué de manière contrastée et dans un canal relativement étroit, en fonction des nouvelles plus ou moins positives quant au niveau de la croissance économique mondiale, des résultats des entreprises, de l évolution des prix des matières premières (en particulier le pétrole), et enfin de l évolution du dollar. Ainsi, au cours du 1 er trimestre, la confirmation de la reprise économique aux États-Unis, en Asie et dans une moindre mesure en Europe, et la qualité des résultats publiés par les entreprises ont permis aux indices boursiers de progresser jusqu à un point haut de 3 850 points de CAC (soit une hausse de 8,2 %). Cette tendance s est inversée en avril et s est accentuée au cours de l été, dans le sillage, d une part des premiers relèvements des taux directeurs opérés par la FED, et d autre part de la très forte progression des cours du pétrole, susceptible de remettre en cause l intensité de la reprise économique. Enfin, au cours du 4 e trimestre, les indices boursiers ont repris un mouvement haussier, en dépit du fort renchérissement de l euro vis-à-vis du dollar au cours de cette période. In fine, à fin décembre, les marchés boursiers mondiaux affichent des progressions de 7 à 9 %, en ligne avec leur potentiel de croissance à long terme. Évolution de l'indice CAC 40 en 2004 3 900 Moyenne mensuelle des TEC 10 et EURIBOR 3 mois en 2004 5 3 800 3 700 3 600 3 500 4 3 2 3 400 D J F M A M J J A S O N D 1 D J F M A M J J A S O N D CAC 40 TEC 10 EURIBOR 3 mois L indice CAC a progressé en 2004 jusqu à un point haut de 3 850 points. Le taux de rendement des OAT à 10 ans s est établi à 4,11 % taux moyen 2004. 39
UNE DIVERSIFICATION DES PLACEMENTS Articulée autour de l objectif d améliorer le rendement du portefeuille de placements, tout en assurant une forte maîtrise des risques financiers, la politique de placements 2004 s est caractérisée par une accentuation de la diversification des investissements sur des classes d actifs présentant des perspectives d évolution en 2004 plus favorables que celles anticipées sur le marché obligataire des emprunts d État. Portefeuille obligataire : optimisation du rendement Au cours du 1 er semestre 2004, la politique d investissements en obligations détenues en direct menée par Predica a consisté principalement à optimiser le rendement des obligations acquises en privilégiant, d une part, les obligations à taux fixe de crédit investment grade (notation A ou BBB) de maturité 7-10 ans et, d autre part, les obligations souveraines de maturité 12-15 ans. En revanche, les investissements en obligations indexées sur l inflation ont été réduits, eu égard à leur cherté relative. Puis, avec le fort mouvement de détente des taux observé au cours du second semestre, Predica a mis en place une politique de réduction de la duration de ses investissements, en poursuivant l acquisition d obligations de crédit de maturité moyenne 7-10 ans et en revenant sur les obligations indexées sur l inflation, plus attractives, au détriment des obligations souveraines à taux fixe de maturité 12-15 ans. Au total, 8,74 milliards d euros ont été investis en produits de taux détenus en direct en 2004, dont 29,4 % en titres cotés AAA ou AA, 51,8 % en titres cotés A ou BBB, 18,5 % en titres indexés sur l'inflation et 0,3 % en titres structurés. À fin 2004, le rating moyen du portefeuille obligataire de Predica ressort à AA. Portefeuille actions : diversification et nouvelle structure cible Afin de profiter de la valorisation jugée attractive des marchés boursiers dans une optique de valorisation à moyen terme, Predica a poursuivi en 2004 ses investissements sur l ensemble des places boursières internationales. Les investissements actions se sont élevés à 1,83 milliard d euros, contre 968 millions d euros en 2003. Structure des placements 65,0 % Taux fixes 61,5 % 4,5 % Taux indexés 5,7 % 2,4 % Taux variables 2,6 % 10,6 % Unités de compte 10,8 % 5,4 % Trésorerie 4,8 % 0,6 % Gestion alternative 0,8 % 8,3 % Actions + obligations convertibles 10,6 % 3,2 % Immobilier 3,2 % 2003 2004 Fin 2004, le total des placements s élève à 136,7 milliards d euros contre 125,8 milliards d euros en 2003. 40
Dans le cadre de la fusion entre Predica et UAF, la politique d'investissement en actions a été redéfinie afin d'assurer une diversification géographique et une diversification sur des styles de gestion différents (indicielle, quantitative, GARP). À fin 2004, la structure géographique du portefeuille actions est déjà proche de l allocation cible 2006, définie dans un but d optimisation du couple rendement-risque de cette classe d actifs. Les investissements du second semestre ont quant à eux contribué à se rapprocher de la structure cible en matière de styles de gestion. Par ailleurs, Predica a maintenu en 2004 sa politique de couverture intégrale du risque de change engendrée par la détention, via des OPCVM dédiés, d actions libellées en dollars, yens et livres sterling. Cette politique s est avérée judicieuse, puisqu elle a permis d immuniser la valorisation de ces fonds de l impact négatif résultant de la progression en 2004 de l euro vis-à-vis de ces trois devises. L'année 2004 a également été marquée par un redémarrage progressif des investissements en participations et fonds communs de placements à risques (FCPR), dans lesquels Predica dispose d'un encours proche de 300 millions d euros. Ce redémarrage correspond d'ailleurs au souhait des pouvoirs publics de voir la profession porter progressivement le montant de ce type d'investissements à 2 % de l'ensemble de ses investissements d'ici 2007. Patrimoine immobilier : renforcement et diversification du portefeuille Predica a poursuivi la politique de renforcement de son portefeuille immobilier. Le développement en 2004 de la politique d'arbitrage mise en œuvre Investissement en actions : diversification géographique et diversification des styles de gestion en 2003 a dynamisé le portefeuille et ses performances. Les investissements se sont répartis, dans le cadre de la stratégie de diversification des classes d'actifs, entre l'immobilier de bureau, les résidences médicalisées et les foncières cotées. Profitant du nouveau statut fiscal des foncières cotées à même de générer des perspectives d'évolution favorables de leur cours boursier, Predica a pris une participation de 9,63 % du capital de la Société Foncière Lyonnaise, soit un investissement de 157 millions d euros. Par ailleurs, le portefeuille continue de disposer d'un socle habitation important, gage de sécurité à moyen et long terme. Gestion alternative, obligations convertibles et private equity : progression des investissements Dans le contexte actuel de bas niveau des taux d'intérêts, la politique de diversification menée en 2003 en direction de la gestion alternative et des obligations convertibles a été renforcée en 2004 avec : près de 800 millions d euros investis dans un fonds dédié à la gestion alternative et générant un rendement de 8,12 % ; près de 600 millions d euros investis dans un fonds composé d'obligations convertibles. Un portefeuille obligataire sécurisé et de qualité BBB A AA hors souverains AAA+ souverains 7,1 % 10,9 % 77,8 % 4,2 % À fin 2004, le rating moyen du portefeuille obligataire s établit à AA. 41
360 millions d euros d'opérations nouvelles ont été engagés en 2004, dont 203 millions d euros en immobilier physique et 157 millions d euros en pierre-papier cotée, portant ainsi l encours du patrimoine à 4,35 milliards d'euros. Cantons PERP : sécurité et performance La commercialisation du contrat PERP en 2004 et les obligations réglementaires en découlant ont conduit Predica à définir pour ces cantons spécifiques une allocation d'actifs composée de 80 % de produits de taux (dont au moins 50 % d'obligations indexées sur l inflation) et de 20 % d'actifs risqués (actions et immobilier). Au total, 184 millions d euros ont été investis dans les cantons PERP en 2004. Structure du patrimoine immobilier (hors pierre-papier) 47,1 % 14,7 % 38,2 % Contrats en unités de compte : nette progression des encours La collecte sur les contrats UC s est quasi exclusivement concentrée sur les fonds garantis (Fonds Opportunité pour le réseau Crédit Agricole avec Quartz, Pulpavie 1&2 et Magnésium et Lionvie Rouge Corinthe pour le réseau Crédit Lyonnais). Dans le réseau Crédit Agricole, le contrat Plan Vert Vitalité lancé mi 2004 - contrat PERP UC basé sur des versements programmés - a collecté 7 millions d euros d unités de compte. L encours total des placements en OPCVM en représentation des contrats en unités de compte s élève à 14,8 milliards d'euros à fin 2004 contre 13,4 milliards d'euros à fin 2003 ; le total des placements affectés à l adossement des contrats en unités de compte représente 11,2 % de l ensemble des encours des provisions mathématiques épargne à fin 2004. Bureaux (1,6 milliard d'euros) Habitation (1,3 milliard d'euros) Commerces et plates-formes (0,5 milliard d'euros) Fin 2004, l encours des investissements hors pierre-papier s élève à 3,4 milliards d euros Gestion actif-passif : maîtrise des risques Depuis de nombreuses années, Predica veille à orienter sa politique financière et à maîtriser les risques grâce à une analyse actif-passif approfondie. Celle-ci fait notamment ressortir : une absence de risque de liquidité au cours des prochaines années, compte tenu de l arrivée massive à échéance de titres obligataires, alors que parallèlement les contrats arrivant au terme sont généralement prorogés, retardant ainsi les flux de sortie du passif ; une capacité à gérer le risque à la hausse des taux, qui repose essentiellement sur les réserves, sur la part du portefeuille de placements réactifs à la hausse des taux (obligations à taux variables, obligations indexées sur l inflation et placements monétaires) et sur le portefeuille de caps. Ainsi, la politique de renforcement sensible de l encours du portefeuille de caps mise en œuvre en 2004 s inscrit dans le cadre de cette volonté de forte maîtrise du risque à la hausse des taux ; une maîtrise des risques liés à la baisse des taux. Predica a poursuivi une politique visant, tout à la fois à placer une part importante en taux fixes et à optimiser le rendement de son portefeuille, à travers la diversification des investissements sur de nouvelles classes d actifs offrant un supplément de rendement attractif. Par ailleurs, l'application des TMG 0 % sur les nouveaux contrats et les nouveaux versements afférents aux anciens contrats contribue également à la maîtrise du risque à la baisse des taux. 42
UN RENFORCEMENT DE LA STRUCTURE FINANCIÈRE Forte progression des plus-values latentes Au 31 décembre 2004, le montant des plus-values latentes obligataires a fortement progressé à 7,40 milliards d'euros (plus-values R 332-19) contre 5,43 milliards d'euros à fin 2003, alors que celui des plus-values latentes sur actions, actifs immobiliers, fonds de capitalisation monétaire et autres OPCVM a également progressé à 2,55 milliards d'euros contre 1,42 milliard d'euros à fin 2003 (plus-values R 332-20). Il en résulte que la totalité des plusvalues latentes du portefeuille de placements atteint 9,95 milliards d'euros à fin 2004 contre 6,85 milliards d'euros à fin 2003. Plus-values latentes et réserves (en millions d'euros) 9 952 6 853 Plus-values latentes R332-19 et R332-20 1 226 1 745 Réserve de capitalisation Au sein du compartiment des actifs R332-20, les placements immobiliers font eux aussi apparaître en 2004 une forte augmentation de l encours des plus-values latentes à 1,07 milliard d euros à fin 2004, en cohérence avec la progression du marché de l'immobilier physique et du cours des sociétés foncières. Cette amélioration s explique par la revalorisation du patrimoine, engendrée par la hausse des prix et des loyers. Consolidation des réserves et des fonds propres Le regroupement des sociétés Predica et UAF ne s'est pas fait par apport mais par rachat des titres UAF. En conséquence, Predica n'a pas bénéficié de l'apport des fonds propres d'uaf et a donc dû renforcer ses 1 244 2 023 2003 2004 1 000 4 500 8 000 11 500 15 000 Provisions pour participations aux excédents 9,95 milliards d euros de plus-values latentes à fin 2004 5,69 milliards d euros de fonds propres sociaux fonds propres afin de satisfaire aux nouvelles exigences de couverture de la marge de solvabilité, au-delà des besoins nés de l'accroissement naturel de l'activité sur 2004. Dans ce cadre, Predica a consolidé ses fonds propres sociaux à hauteur de 2,07 milliards d euros en 2004 par le fait d'une augmentation de capital de 500 millions d euros et d'émissions de dette subordonnée à hauteur de 1,6 milliard d euros. Avec des fonds propres sociaux de 5,69 milliards d'euros après déduction des actifs incorporels pour 398 millions d euros et avant affectation du résultat de l exercice 2004, Predica bénéficie d une avance de marge de solvabilité en social de 745 millions d euros, soit un ratio de couverture de 115,1 %. Parallèlement, Predica a conforté le niveau de ses réserves, la provision pour participation aux bénéfices augmentant de 278 millions d euros à 2,02 milliards d euros, et la réserve de capitalisation s'accroissant de 18 millions d euros à 1,24 milliard d euros. Cette politique prudentielle, conduite par Predica depuis de nombreuses années, lui permet de se prémunir des chocs économiques et financiers et d'avoir la capacité de garantir à long terme les engagements pris envers la clientèle. Cette stratégie constitue un atout pour les clients comme pour le Groupe. Fin 2004, les réserves et les plus-values latentes, s élèvent à 132,2 milliards d euros 43