DEFINITION / EPIDEMIOLOGIE



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Pneumologie 2014 Dr Gilles DARNEAU ASTHME 1. GENERALITES: L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires. Il se manifeste par des crises de dyspnée sifflante, souvent nocturnes et réversibles, spontanément ou sous l'effet du traitement. C'est un syndrome multifactoriel, dont l'expression est fonction de facteurs innés et acquis souvent liés à l'environnement. L asthme se manifeste par de multiples formes cliniques : bronchite sifflante, crises de dyspnée, dyspnée continue, on parle de phénotypes c es à dire d expressions cliniques différentes. Des facteurs spécifiques (tels que l'allergie) s'associent à d'autres non spécifiques (comme la pollution ou le tabac), et modulent l'hyperréactivité bronchique. Pathologie fréquente, 8 % des adultes, 10% des enfants. L'asthme touche tous les groupes d'âges mais se déclare souvent pendant l'enfance. C'est plus un état qu'une maladie : le patient vit avec son asthme et s'adapte à cet état. Souvent "bénigne", rarement grave (1000 décès par an en France) L'asthme est souvent allergique, mais tout asthmatique n'est pas allergique. Allergie fréquente chez l'enfant asthmatique ( 3 sur 4 sont allergiques ). Atopie : prédisposition héréditaire à développer des manifestations d'hypersensibilité immédiate telles que l'asthme, le rhume des foins, l'urticaire, l'eczéma dit atopique, la pollinose (sensibilité aux grains de pollen), certaines rhinites et conjonctivites ainsi que diverses manifestations allergiques digestives. 2. DEFINITION / EPIDEMIOLOGIE : 2.1. Définition clinique : Dyspnée sibilante, expiratoire, paroxystique, évoluant par crises souvent nocturnes. 2.2. Facteurs prédisposants ou favorisants : 2.2.1. Facteur héréditaire: 2 parents asthmatiques = risque de 50% pour l'enfant. 1 parent asthmatique = risque de 25%. 2.2.2. Notion de terrain "particulier" : Il s'exprime par l'eczéma, ou par l'asthme. On retrouve parfois une continuité entre ces 2 manifestations : l'enfant débute par un eczéma puis fait secondairement un asthme. 2.2.3. Facteurs d'environnement: climatiques : froid, humidité ; pollution urbaine (particules diesel), agricole, professionnelle,. tabagisme passif plus qu actif. 2.2.4. Les infections virales : Elles sont fréquentes dans la petite enfance : VRS par exemple. Enfants siffleurs...pas forcémment asthmatiques : 40% des enfants avant 3 ans ont eu une bronchite sifflante. 2.2.5. La forte concentration du milieu de vie en pneumallergènes : Les pneumallergènes comme les acariens sont un facteur favorisant ( l'acarien est un parasite, hôte habituel de tout milieu domestique, en plus grande concentration dans des milieux humides, peu ventilés ). L introduction d'animaux domestiques dans l'entourage comme le chat est également un facteur favorisant sur un terrain allergique. 3. PHYSIOPATHOLOGIE : 3.1. Asthme = Hyperréactivité bronchique + inflammation bronchique + remodelage bronchique Un stimulus ou un allergène provoque au niveau de la muqueuse bronchique un afflux de cellules de l'inflammation comme le mastocyte ou le polynucléaire éosinophile qui vont libérer de multiples médiateurs chimiques et induirent les réactions suivantes : réaction immédiate de bronchoconstriction des muscles lisses, déclenchant une crise réaction inflammatoire prolongée (oedème et inflammation de muqueuse, hypersécrétion bronchique) expliquant la pérennisation des crises remodelage bronchique définitif secondaire à l inflammation chronique (épaissisement des muscles, modication des structures cartlagineuses ) expliquant un trouble ventilatoire fixé.

3.2. Cellules et médiateurs impliqués dans l'inflammation bronchique. Mastocyte : cellule starter de la réaction allergique il possède à leur surface des récepteurs pour IgE. Après activation par l'allergène le mastocyte libère un large éventail de médiateurs préformés comme l'histamine. En phase aiguë la libération d'histamine de PDG2, de LTC4 entraînent une bronchoconstriction, un oedème des voies aériennes et une hypersécrétion du mucus. Tous ces phénomènes participent pleinement à l'obstruction bronchique. Lymphocyte B. : participent à la synthèse des IgE spécifiques d'allergènes. Lymphocyte T : rôle dans la réaction inflammatoire au cours de la maladie asthmatique. Certaines sousclasses (Th2) libère des lymphokines qui vont activer d'autres cellules comme les éosinophiles. Polynucléaire éosinophile dans l'asthme la réaction locale est caractérisée par l'afflux d'éosinophile. Ces éosinophiles sont activés par d'autres médiateurs et vont eux-mêmes libérés de multiples médiateurs participants à l'hyperréactivité bronchique et à l'inflammation (apparition d'altération épithéliale). 3.2. Régulation neurologique du tonus bronchique : Au niveau des bronches il existe 2 types de récepteurs régulant le tonus nerveux bronchique : récepteur α, responsable d'une bronchoconstriction, médiateur : acétylcholine (test de provocation) récepteur β responsable d'une bronchodilatation médiateur : adrénaline (test de brochodilatation) Ces récepteurs sont sous l'influence du système nerveux sympathique et parasympathique, régulés par des médiateurs chimiques. 3.4. Allergie : Les réactions allergiques sont de 2 types : immédiat, la plus fréquente, ( IgE ) : le contact avec un allergène comme les pollens, ou un animal domestique peut provoquer une crise d'asthme, de façon immédiate lors d'un contact.

retard, rare, ( précipitines ) : apparaissant plusieurs heures après le contact avec l'allergène avec formation de précipitines ( complexe Ag - Ac ). Ce type de réaction ne sera pas étudié. Exemple: poumon de fermier. Les phénomènes allergiques respiratoires peuvent se produire au niveau de la muqueuse nasale ( rhume des foins ) ou des bronches ( asthme ). Les Immunoglobulines de type E ( IgE ) constituent le médiateur immunologique classique de l'allergie : les allergènes ( acariens, poils d'animaux... ) déclenchent chez le sujet allergique une hyperproduction d'ige spécifiques pour ces allergènes. Ces IgE se fixent au niveau des cellules ( éosinophiles, mastocytes et basophiles ). Lors d'un contact répété avec le même allergène, celui-ci va se fixer entre 2 IgE à la surface de ces cellules. Ces fixations allergéniques fragilisent et rendent perméable la membrane cellulaire, libérant les médiateurs chimiques de l'allergie contenus dans le cytoplasme de la cellule ( Histamine, Sérotonine, facteur d'activation des plaquettes...). L'étude des médiateurs cellulaires est en constante évolution. M.C IgE allergène Muqueuse bronchique Lumière bronchique 4. CLINIQUE : 4.1. description d'un asthme "classique" : La crise d asthme : Il s'agit souvent d'un enfant ou adulte jeune, qui dans la nuit a une crise dyspnéique sifflante, avec polypnée, imposant la position assise. Une toux sèche démarre la crise puis devient grasse au bout de 15 à 3O mn. La crise peut être spontanément résolutive en 2O à 30 mm, mais une dyspnée avec sifflements peut persister plusieurs heures. Evolution de la crise en 3 phases: phase sèche toux sèche irritative, phase humide toux grasse, phase résolutive sédation progressive de la toux. L'évolution de l'asthme est très variable d'un sujet à l'autre : crises rares, peu sévères. attaque d'asthme. état de mal asthmatique. 1 crise attaque état de mal 4 classes d' asthme sont individualisées selon leur gravité : asthme intermittent <10 crises/an, durée maximale de 7 jours,

pas de symptômes entre les crises, fonction respiratoire normale entre les crises. asthme persistant léger >10 crises/an, pas de symptômes entre les crises, VEMS ou DEP > 80 % de la norme entre les crises. asthme persistant modéré obstruction bronchique persistante entre les crises, VEMS ou DEP entre 60 et 80% de la norme entre les crises. Asthme persistant sévère obstruction bronchique permanente invalidante et gênant les activités du patient, crises sévères, VEMS ou DEP <60% de la norme. 4.2. Formes cliniques : Phénotypes Selon l âge L'asthme est plus fréquent à certaines périodes de la vie : apparition à 5 ans, disparition possible à 13 ans. apparition à 5O ans, chez la femme ménopausée. asthme tardif à 7O ans, souvent ignoré. Selon la gravité Fréquence des crises Intervention des services d urgence Importance des ttt asthme grave : Certaines crises d'asthme peuvent être soudaines et graves, conduisant alors à l'hospitalisation rapide pour une surveillance et un traitement adapté imposant parfois une ventilation assistée. Il est difficile pour un patient d'apprécier le degré d'obstruction bronchique à son état de base. Pour surveiller ces asthmes graves, on peut s'aider par la mesure du DEP ( débit expiratoire de pointe ) ou peak-flow qui permet une surveillance journalière par le patient. En cas de baisse de ce débit supérieure à 50 % le risque de crise grave augmente et le patient adapte son traitement en fonction de consignes médicales. Selon l étiologie : asthme intinsèque et extrinsèque asthme extrinsèque : lié à des facteurs externes Asthme allergique : Pneumallergènes domestiques et polliniques Asthme médicamenteux : Asthme à l'aspirine, aux anti-inflammatoires non stéroïdiens, la noramidopyrine, souvent grave. Asthme intriqué à une BPCO : Dans l'évolution d'une bronchite chronique, un asthme peut venir compliquer la bronchite chronique et est alors responsable de crises dyspnéïques paroxystiques. Asthme professionnel : De nombreux agents professionnels peuvent être responsables d'allergies et de crises d'asthme. Il est très souvent difficile d'affirmer le caractère uniquement professionnel d'un asthme et d'en faire la preuve. On peut s'aider pour cela d'une étude de l'environnement professionnel par le médecin du travail, de la mesure du peak-flow du patient à son poste de travail, de tests réalistes en milieu hospitalier. Exemples: milieu agricole, matières plastiques, coiffure... infirmière: latex, formaldéhyde... Asthme induit par l effort : très fréquent

hyperréactivité bronchique : réaction exagérée de fermeture des bronches à des stimuli (froid, humidité, irritants, pollens) et majorée par l effort respiratoire brutal comme la course crise d asthme ou toux cédant à l arrêt de l effort. asthme intinsèque : sans facteurs externes souvent tardif et plus sévère lié à une maladie auto immune Evolue sous forme d asthme inflammatoire permanent sans crise infection ORL ou bronchique fréquente 5. BILAN D'UN ASTHME : 4 buts 1.Diagnostic positif 2 Déterminer le phénotype 3.Evaluer la gravité de l'asthme 4.Recherche des facteurs étiologiques 5.1. Interrogatoire : Gravité et phénotype : notion d'asthme familial grave. antécédents et mode de début. mode d expression de l asthme gravité des crises : antécédents d'hospitalisation. importance des TTT de crise. importance du TTT de fond. Etiologie : unité de lieu et de temps, caractère professionnel. facteurs climatiques. effort? facteurs psychologiques. facteurs infectieux notamment sinusiens. 5.2. Examen clinique : normal souvent en dehors des crises. En crise: thorax distendu, murmure vésiculaire faible, sibilants. Retentissement sur l'état général : poids, asthénie, notamment chez l'enfant ( le mauvais état respiratoire permanent nécessite une dépense énergétique importante pour maintenir une ventilation correcte ). Aspect morphologique du thorax,notamment chez l'enfant : la constatation d'un thorax en entonnoir ou distendu traduit un mauvais état respiratoire permanent. 5.3. Radiographie thoracique : habituellement normale, elle peut cependant montrer des complications comme l'emphysème ou un foyer infectieux ou un pneumothorax. 5.4. Epreuves Fonctionnelles Respiratoires : 5.4.1 Recherche d'un syndrome obstructif en dehors de toute crise soit par une spirométrie soit par une boucle débit-volume. 5.4.2 Tests pharmacodynamiques : 3 sont possibles: - soit provoquer une crise d'asthme en utilisant la Métacholine ( dérivé de l'acétylcholine ) qui permet d'apprécier le seuil de réactivité bronchique d'un patient, - soit lever un bronchospasme chez un patient obstructif par la prise de B2 mimmétiques. - soit un test de provocation par des allergènes mis en présence du patient ( acariens, allergène professionnel... ) en étudiant la chute des débits bronchiques. 5.5. Biologie : Numération formule : la présence d'une hyperéosinophilie sanguine témoigne de l inflammation. Dosage des Ig E totales : élevé chez un patient à potentiel allergique. Phadiatop : mesure qualitative de ce taux d'ig E totales spécifiques pour les pneumallergènes : réponse positive ou négative. Dosage des Ig E sériques spécifiques ( RAST ) : il mesure dans le sérum du patient, le potentiel allergique pour un allergène spécifique par exemple les acariens.

DHS CLA : batterie de test pour les pneumallergènes et trophallergènes. 5.6. Etiologies : 5.6.1. Allergie respiratoire : De nombreux allergènes peuvent être mis en cause : Acariens : parasite, hôte habituel des habitations. Ces acariens sont en nombre plus important à l'automne et en période hivernale. Blattes : plus fréquentes, souvent liée aux conditions de logement. Pollens : l'allergie la plus connue est l'allergie aux graminées et se manifeste en juin. D'autres allergènes polliniques comme les arbres ou herbacées se rencontrent à certaines périodes de l'année. Animaux domestiques: chat, chien, lapin... Moisissures : les spores de moisissures peuvent être responsables d'allergies. Ces allergies sont essentiellement hivernales. Latex (gants ) Professionnels: agriculteur, boulanger... Notion d allergies croisées : latex / banane ; bouleau / avocat / kiwi 5.6.2. Facteurs alimentaires allergiques : L'asthme apparaît dans un tableau d'allergie générale ( urticaire ), plus fréquemment chez l'enfant. 3 allergènes principaux : lait, oeuf, arachide. 5.6.3. Asthme induit par l effort : Il s'agit de crises d'asthme déclenchées par l'effort, plus volontiers par temps froid, notamment à la course, apparaissant à l'arrêt de l'effort. 5.6.4. Reflux gastro-oesophagien : Pathologie à rechercher chez l'enfant. L'agression de l'arbre bronchique par un liquide acide peut déclencher une crise d'asthme. 5.6.5. Facteurs de pollution : domestique, industrielle, météorologiques 5.6.6. Facteurs psychologiques : Facteurs importants. Ils ne peuvent à eux seuls expliquer un asthme mais peuvent être un facteur favorisant pour le déclenchement des crises ou la pérennisation de ces crises. 5.6.7. Facteurs hormonaux : Asthme apparaissant au décoursou après la ménopause : coïncidence? 6. THERAPEUTIQUE : Les différents médicaments : 6.1. β 2 mimétiques : Action: bronchodilatation pure par action β 2 sympathomimétique. β 2 CDA : action immédiate mais courte durée VENTOLINE, BRICANYL β 2 LDA : action retardée mais longue durée SEREVENT, FORADIL Formes: spray : ( Ventoline, Bricanyl, Bérotec, Eolène, Maxair, Spréor...). Efficacité très rapide ( 1 à 5 mn ) avec un effet prolongé sur 4 à 6 heures. Il faut inhaler correctement le produit ( plus efficace en double bouffée). Intérêt des chambres d'inhalation. poudre micronisée: ( Ventodisk, Bricanyl turbuhaler ). Utilisation simple. aérosol: en milieu hospitalier ou ambulatoire. injectable: action rapide en urgence. Effets secondaires : tremblements, tachycardie. On choisit : 1. le bon système pour un patient donné 2. la bonne posologie 6.2 Corticoïdes :

Action : lutte contre l inflammation (mais aussi l allergie) Formes : injectable : IM ou IV agit en 3O mn. cps ou sirop: traitement de longue durée. inhalés : ( Bécotide 5O/25O, Flixotide spray ou diskus, Pulmicort spray ou turbuhaler ), action locale et effets secondaires limités. Effets secondaires nombreux pour les traitements oraux au long cours: diabète, HTA ulcère, ostéoporose... 6.4. Associations : utilisation de + en + fréquente β 2 LDA + CSI : SYMBICORT / SERETIDE / INNOVAIR 6.5. Atropine : Action : Inhibe l'activité du système parasympathique, augmente l effet des β 2 Formes : aérosol uniquement pour potentialiser l effet des β 2 mimétiques en traitement d attaque : Atrovent, jamais en TTT de fond. 6.6. Antihistaminiques : Action : empêchent la rupture de la membrane et la libération des médiateurs. Formes : injectables pour l'urgence, cps ou sirop en TTT de fond. 6.7. Anti leucotriènes Anti inflammatoires non stéroïdiens : SINGULAIR 6.8. Désensibilisation spécifique : Principe: le contact "progressif" de l'allergène et du sérum du patient allergique entraîne la production d'igg qui se fixent sur la membrane des cellules contenant les médiateurs de l'allergie, empêchant ainsi la fixation des IgE lors d'un contact massif avec l'allergène. Elle stabilise la membrane. Elle est efficace pour les acariens et les pollens, plus discutable pour les animaux domestiques. Elle se fait selon un schéma de traitement qui est progressif, sur une durée de 3 à 5 ans par voie injectable ou sub linguale Acte médical qui peut impliquer un acte d'urgence en cas de réaction syndromique. Elle se fait pour des patients de 5 à 40 ans. Elle est contraignante. On tente une phase d'essai de 6 mois avec arrêt à ce terme en cas d'échec. 6.9 Anticorps monoclonaux anti IgE XOLAIR est un anticorps monoclonal humanisé recombinant de classe IgG1 dirigé de manière sélective vers les immunoglobulines E (IgE) humaines. Son action permet de réduire la quantité de ces IgE dans le sang, diminuant ainsi la réaction allergique correspondante. Injection hebdomadaire, coût > 1000Eu/inj., réservé aux formes graves. 6.9. Cures climatiques et thermales : Education du patient asthmatique notamment l'enfant. Thermes: renforce les défenses immunitaires ORL (infections sinusiennes). 6.10. Kinésithérapie respiratoire : Buts: mieux contrôler les crises chez l'enfant, assurer un drainage bronchique lors d'encombrement, coordonner la prise des spray. 7. ATTITUDE PRATIQUE : 1. Crise : 2 questions 1. quel était le traitement antérieur? 2. quelle est la gravité de la crise? 1 réponse donner un traitement adapté d'efficacité rapide : - β 2 en spray, sirop, aérosol, injectable, - Corticoïdes injectables, - oxygénothérapie - hospitalisation. 2. Fond : 3 questions 1. quelle est la gravité de l'asthme? 2. quelles sont les étiologies de l'asthme? 3. quels sont les effets secondaires du TTT?

1 réponse donner un traitement adapté d'efficacité prolongée avec le minimum d'effets secondaires. - Corticoïdes : inhalés plus souvent qu oraux, Antileucotriénes - β 2 LDA - Antihistaminiques - désensibilisation spécifique, - Kinésithérapie respiratoire, - Cures thermales ou climatiques. Qualité de vie? Contrôle de l asthme? réduction du traitement Consensus Pneumologique International asthme intermittent TTT fond = 0 β2 mimétique en spray à la demande. asthme persistant léger TTT fond = Corticoïdes inhalés +/- β 2 LDA β2 mimétique en spray à la demande. asthme persistant modéré TTT fond = Corticoïdes inhalés + β 2 LDA +/- Antileucotriènes β2 mimétique en spray à la demande. asthme persistant sévère : TTT fond = TTT stade III + Corticoïdes oraux à la plus faible posologie possible. 8. CONCLUSION : L'asthme est une maladie fréquente, en pleine expansion. La prise en charge d'un sujet asthmatique suppose : une connaissance de son asthme en termes de phénotype, de gravité et de ses facteurs étiologiques un traitement adapté aussi bien en fond qu en crise une bonne éducation pour qu il puisse gérer son traitement et notamment la crise une réponse rapide à l'urgence (protocole d urgence et protcole d accueil individualisé :PAI) Ce cours est forcémment incomplet car il ne peut aborder tous les aspects physiopathologiques, cliniques et thérapeutiques de l'asthme. Chaque sujet asthmatique a un profil particulier et le vécu d'un asthme est différent d'un patient à l'autre.