Les différentes positions dans la relation



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Transcription:

1 Les différentes positions dans la relation 1. L interaction humaine dans la vision de la communication du groupe Palo Alto Dans la vision de l interaction humaine, la première propriété de la communication est que «nous ne pouvons pas ne pas communiquer». Lorsque nous ne voulons pas communiquer avec quelqu un, c est ce message même que nous lui donnons. Exemple : si quelqu un détourne la tête pour ne pas saluer son voisin ou regarde ailleurs, que fait-il d autre qu envoyer un message concernant son refus d entrer en relation, ce qui est un contenu de communication. Il est intéressant de noter que la communication humaine se déroule le plus souvent simultanément sur les trois niveaux suivants, selon plusieurs canaux en rapport avec nos sens : l ouïe, la vue, le toucher, l odorat : Une partie de l information est en rapport avec le contexte : la maison, le lieu de travail, la rue, une situation d évaluation, d embauche, de licenciement, de rencontre, d entretien professionnel. Les éléments de la situation ont une influence sur l état d esprit, la manière de se situer dans la relation. Une seconde partie est l élément verbal et paraverbal, c est-à-dire ce qui est dit, le ton, l accent, la qualité de la voix, la diction, mais aussi le choix des mots, le niveau de langue, la conformité aux codes de langues. Une troisième catégorie est le non-verbal, c est-à-dire l attitude en termes de postures, la taille, les mimiques, la manière de s habiller qui offrent autant de signes décodés et interprétés par l entourage. Lors d une communication téléphonique, ce niveau est absent. Nous décodons ces messages de deux manières. Nous pouvons faire un tri qui ne parvient pas à la conscience, mais qui est pris en compte par notre cerveau. C est le cas dans le danger mais aussi dans les situations quotidiennes. C est à l origine de ce que nous appelons l intuition : le traitement d informations qui ne sont pas parvenues à notre conscience mais qui ont été intégrées, qui sont utilisées par nous et qui interviennent dans nos choix. Nous pouvons aussi accorder de l attention à des indices que nous percevons consciemment dans l instant, quitte à les oublier ensuite. 2. Les deux niveaux d un message Dans un message, il y a deux éléments : Le contenu La définition de la relation

2 Exemple : Je suis chez mon fils. Je lui dis : «Thomas, je suis gênée par le courant d air. Veux-tu aller fermer la fenêtre?» Le contenu concerne la fenêtre ouverte, le fait que je préfère qu elle soit fermée et la demande que je fais à mon fils d aller la fermer. La définition de la relation concerne la manière dont je me situe par rapport à mon fils. 3. Les positions dans la relation (les différentes manières d être en relation) Dans une relation interpersonnelle, chacun se situe par rapport à l autre, sans que rien ne soit dit sur ce sujet. Chacun des deux partenaires perçoit l autre comme supérieur, égal ou inférieur. Quelles sont les indications sur lesquelles je me base pour me situer dans la relation à l autre? Les éléments peuvent être d ordre physique. Ce sont la taille, la corpulence relative. Ils peuvent aussi être d ordre symbolique : statut, beauté, indicateurs de richesse, comme la montre, la voiture, les vêtements à la mode, indicateurs d aisance sociale, comme la maîtrise de l espace, la maîtrise de la langue. Ils peuvent parfois être liés au contexte : position de demande ou de donateur, situation sur son territoire ou sur le territoire de l autre. La relation inégale : position haute ou position basse Position haute Position basse Dans la relation inégale, chacun se situe de manière complémentaire par rapport à l autre. Les relations sociales sont faites, d une part, de positions d autorité et de responsabilité, et d autre part, de subordination ou de dépendance de l autre. Cependant, dans nos sociétés complexes, nous passons tour à tour d une position à l autre en fonction de notre âge, de nos statuts, de nos tâches et de nos cadres de vie : tantôt parents, tantôt clients ou patients, ou élèves, tantôt fournisseurs ou utilisateurs de services, tantôt inscrits dans une chaîne hiérarchique où nous sommes les supérieurs des uns et les subordonnés des autres. Le contexte social codifie généralement les relations de manière complémentaire.

3 La relation égale La relation d égalité est une autre possibilité. Elle est fondée sur la ressemblance. C est le cas d un dialogue entre deux mères, deux enseignants, deux soignants, deux élèves, deux malades. Quand des personnes travaillent dans une équipe, elles peuvent coopérer dans une relation d égalité. Le fonctionnement démocratique suppose la relation d égalité. La discussion, la négociation et la recherche du meilleur consensus en sont les caractéristiques. Comment la définition de la relation peut-elle s intérioriser? La manière dont nous avons été élevés a eu une influence sur la manière dont nous nous percevons par rapport aux autres. Les enfants jeunes ont l expérience du rapport inégal avec leur parent : la taille, le poids, la force, la dépendance en termes de survie et d amour, tout y contribue. Certains parents valorisent à l extrême leurs enfants et leur famille, si bien qu ils se considèrent comme supérieurs aux autres personnes. La manifestation peut en être une certaine arrogance, une morgue ou ce qui est perçu comme tel. On parle là des personnes qui se comportent comme en terrain conquis, comme si tout leur était dû. Ce comportement a des effets, en particulier celui d inviter les autres à s incliner et à prendre la position basse, ce qu ils font ou non. L inverse est vrai également. Le sentiment d infériorité peut être intégré, d où une faible estime de soi. Les parents y jouent un rôle, mais pas seulement eux : le reste de l entourage et le contexte économique ou historique comptent aussi. Les difficultés relationnelles commencent quand la position haute ou basse n est pas acceptée par un partenaire ou les deux. Exemples : certains médecins acceptent mal d être soignés, certains gradés d être commandés, mais c est aussi le cas des ouvriers qui ne veulent pas passer contremaître, des directeurs d école qui refusent d avoir un rôle hiérarchique etc. Cette notion est donc utile pour la compréhension des relations sociales et professionnelles. Quand il y a décalage entre la position dans la relation à l autre que la personne a intériorisée, et celle qui est d usage dans la relation sociale, si par exemple elle se perçoit comme «supérieure» alors qu elle en position de subordination, la discordance entre les messages émis inconsciemment par la personne et le contexte sera flagrante. La personne trop sûre d elle pour la situation sera mal perçue. L inverse se vérifie également. En revanche, la capacité à adopter une position égale dans la relation est une construction. Elle se développe chez ceux qui ont une bonne estime d eux-mêmes et font la différence entre leur personne et leur rôle. Pour eux, la relation ne se définit donc pas en termes de «gagner» et «perdre». Ils collaborent plus facilement avec leurs pairs et adoptent plus facilement un fonctionnement démocratique dans les groupes.

4 La compétition pour la position haute : l escalade Dans ce cas, chacun des deux peut penser en savoir plus que l autre ou avoir la bonne réponse à un problème ou mériter plus de considération. Dans la vie de tous les jours les situations de compétition pour la position haute sont extrêmement fréquentes, avec le risque que chacun mette son énergie à l emporter sur l autre dans un «bras de fer» qui met au second plan le contenu de l échange, par exemple la recherche de solutions à un problème. La relation compétitive pour la position basse Les partenaires sont parfois en compétition pour être ou paraître au service de l autre : assauts de politesse avec autodévalorisation verbale ou déclaration d impuissance. La compétition pour la position basse fait parfois partie des règles de politesse qui sont destinées à faciliter la vie sociale. Elle peut être poussée très loin. Le choix de la position dans la relation Quel que soit son rôle, chacun a le choix de communiquer depuis une position ou l autre, à partir du moment où il a pris conscience de celles qu il adopte spontanément selon les circonstances. C est à lui de choisir celle qui est la plus adéquate en fonction de ses objectifs. Le pouvoir de communiquer, c est d abord celui de choisir sa position. Souvent la position basse est plus efficace et plus confortable. Elle évite un grand nombre de conflits et elle est codifiée socialement dans les règles de politesse. C est par exemple, celle que prend le coach quand il n intervient pas sur le contenu, mais qu il intervient comme facilitateur du processus. En revanche, quand il fait une interprétation, il se met en position haute. Attention à ne pas assimiler position haute et basse aux positions de dominant et de dominé. Ces derniers sont fortement marqués par l idée du pouvoir que l on exerce sur l autre ; il faut les réserver aux rapports de force, alors que les termes de position haute et basse dans la relation sont neutres et compatibles avec l idée de souplesse et de choix.

5 Les cinq conditions à la coopération selon Claude Steiner (tiré du livre «Des scénarios et des hommes Analyse Transactionnelle des scénarios de vie») Selon Claude Steiner, la coopération est un mode de relations interpersonnelles qui, en faisant l hypothèse qu il n y a pas de manque en ce qui concerne les besoins de base (alimentation, couvert, espace), fournit à chacun la possibilité d avoir tout ce dont il a besoin. Selon lui, le couple est un très bon contexte dans lequel on peut apprendre à lutter contre l individualisme et la compétitivité et favoriser une coopération qui aboutisse. C est donc, en se basant sur l analyse de la coopération entre deux personnes, que Claude Steiner a défini cinq points sur lesquels les personnes doivent absolument être d accord. 1. Pas de pénurie Pas de pénurie de ce dont chacun peut avoir besoin venant de l autre, (venant des autres). Il peut s agir par exemple de liberté de sécurité de volonté de partager de soutien de savoir. Cet accord n est pas toujours possible dans la mesure où, dans certains cas, les gens ne disposent pas de ce dont l autre a besoin. Néanmoins, dans la plupart des situations, un compromis de coopération peut être trouvé. 2. Des droits égaux Une fois qu il y a suffisamment de ce dont les personnes ont besoin pour s en sortir, l accord suivant porte sur le fait que chacune des personnes a des droits égaux quant à sa satisfaction, et, une égale responsabilité du processus de coopération. 3. Pas de jeux de pouvoir La mise en place efficace d une relation de coopération est aussi fondée sur l acceptation que les jeux de pouvoir ne sont jamais une option, qu elles que soient les circonstances. Les jeux de pouvoir sont basés sur l hypothèse de la pénurie et de la compétitivité et sont l antithèse de comportements coopératifs. Ils doivent donc être abandonnés en tant que méthode pour obtenir ce que l on veut dans une relation de coopération. A noter que ce point semble simple à première vue, mais il apparaît par la suite être l un des accords de coopération les plus difficiles à honorer. Nous sommes profondément immergés dans des peurs de pénurie et très entraînés à utiliser le pouvoir d une manière ou d une autre pour obtenir ce que nous voulons.

Les menaces, les bouderies, les hurlements, les portes qui claquent, les dévalorisations et ainsi de suite, sont des approches plus accessibles pour nous que la discussion et la négociation. 4. Pas de secrets sur ce que l on désire Si la coopération est en voie de se réaliser, il ne doit pas y avoir de secrets qui soient gardés, en particulier sur ce que chacun veut. Ainsi, dans la situation, chacun doit demander tout ce qu il veut et cela 100 % du temps. La tendance à utiliser les jeux de pouvoir pour obtenir ce que chacun désire va avec l incapacité à reconnaître ou à demander clairement et de manière ouverte ce que l on veut. La raison à cela est que révéler quels sont ses besoins dans une situation compétitive revient à prévenir son compétiteur de ce qu on demande si bien que la peur du manque va ainsi se trouver accrue. En conséquence, dans une situation de compétition individualiste, les gens sont tout à fait entraînés et endoctrinés à ne pas révéler leurs désirs, et cela pour une bonne raison : exprimer ses besoins va avoir pour effet immédiat de faire diminuer l approvisionnement de ce dont on a besoin et créer un peu plus de pénurie. Pourtant, dans une situation de coopération, demander ce dont on a besoin est un des requis de base pour obtenir satisfaction. Dans un contexte de volonté de lutte contre la compétitivité, annoncer ce qu on désire est le premier pas pour l obtenir. Cela va immédiatement mobiliser l intérêt et l énergie des autres afin de procurer la satisfaction de ces désirs. Dans ce travail pour accéder à la coopération, un des principaux obstacles est que, ou bien les gens ne veulent pas dire ce qu ils désirent ou bien ne sont pas en contact avec leurs désirs et, par la suite, deviennent rancuniers car ils n obtiennent pas satisfaction. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, demander tout ce qu on veut, tout le temps, semble une démarche individualiste et compétitive, alors que c est un aspect essentiel de la lutte contre la compétitivité et l individualisme. Chacun doit seulement comprendre que demander ce qu on désire, et cela tout le temps, n est pas la même chose que d obtenir ce qu on veut par appropriation, par ruse ou en flattant les gens ; il s agit simplement de faire état de sa situation, dans laquelle celui qui a fait état de la sienne peut coopérer et négocier. 5. Pas de Sauvetage Une cinquième exigence pour qu une situation de coopération soit efficace est qu il n y ait pas de Sauvetage. Les gens sont supposés demander tout ce dont ils ont besoin. Il est important que, s ils ne demandent pas aux autres de subvenir à leurs besoins, ceux-ci, à cause de la honte, de la culpabilité ou d instincts nourriciers mal orientés, n agissent pas sans une indication claire que le besoin existe. Dans ce cas précis, un Sauvetage consisterait à faire des choses ou à se trouver dans des situations qu on n a pas souhaitées, parce qu on a imaginé que l autre personne les voulait, celle-ci étant perçue comme une Victime, incapable de se débrouiller par ses propres moyens. 6

7 Cela constitue un Sauvetage en violation du contrat, qui est de demander ce que l on veut, et cela s applique aussi bien au Sauveteur qu à la Victime. Cela recrée aussi la situation dans laquelle les jeux de pouvoir, qui éveillent la culpabilité et la honte, peuvent être utilisés pour obtenir ce qu on veut au lieu de le demander. D autre part, dans une situation de coopération, il est aussi important que les gens ne se persécutent pas mutuellement par de l anti-sauvetage, attitude d indifférence envers ce qu on devine que l autre personne veut. L anti-sauvetage, forme de durcissement de sa propre perception des besoins des autres dans le but de ne pas faire du Sauvetage, devient alors de la Persécution. En conclusion, peu importe qu un combat coopératif ait des hauts et des bas, il arrive souvent qu une personne soit réticente ou ne veuille pas coopérer à un moment ou à un autre. La réponse adéquate à cette non-coopération temporaire consiste à être très explicite quant à son propre sentiment de déception. Se retirer du partage, en tant que réponse à un coup de non-coopération de quelqu un, est une manœuvre légitime dans un combat coopératif. Selon Clauder Steiner, il est même légitime d agir d une manière qui diminue sa propre volonté de coopérer et de partager. Ce n est pas un jeu de pouvoir car c est une manœuvre honnête, franche, loyale et ouverte, fondée sur ses propres sentiments. On perd son intérêt pour la coopération en présence de gens non coopératifs. C est donc une approche légitime quand elle est basée sur la règle que l on devrait toujours dire ce que l on veut.