Comparaison européenne des niveaux et des choix d'épargne des ménages



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Transcription:

Comparaison européenne des niveaux et des choix d'épargne des ménages Mai 2005 Rapport de OEE-Etudes pour la F.F.S.A.

TABLE DES MATIÈRES I. COMPORTEMENTS D'EPARGNE ET D'INVESTISSEMENT DES MENAGES EUROPÉENS 1.1. Le taux d'épargne... 3 1.2. Le taux d'épargne financière... 5 1.3. Le taux de recours au crédit... 6 1.4. Les placements financiers des ménages... 7 II. LES CHOIX DE PLACEMENT DES MENAGES 2.1. Composition des flux de placements financiers... 8 2.2. Niveau du patrimoine financier... 21 2.3. Composition du patrimoine financier... 22 2.4. Le patrimoine non financier... 28 Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 2

I. COMPORTEMENTS D'ÉPARGNE ET D'INVESTISSEMENT DES MÉNAGES EUROPÉENS 1.1 Le taux d'épargne Graphique 1 - Evolution du taux d'épargne brut (en pourcentage du Revenu Disponible Brut) 18% 16% 14% 12% 10% 8% 6% 4% France 15.9% 14.8% 16.0% 15.5% 15.2% 15.6% 16.0% 16.6% 15.7% Zone euro* 17.5% 17.1% 16.5% 15.6% 14.7% 14.4% 15.0% 15.4% 15.3% Royaume-Uni 10.2% 9.6% 9.8% 6.6% 5.4% 5.6% 7.0% 5.9% 6.1% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg Le taux d épargne rapporte l épargne des ménages à leur Revenu Disponible Brut annuel. Cette épargne est constituée des placements financiers et non financiers (logement et investissements professionnels des entrepreneurs individuels) diminués du recours au crédit. Le taux d épargne des ménages dans la zone euro s est maintenu depuis 1995 à un niveau élevé, compris entre 15% et 17,5%. A l exception de l Espagne, aucun des grands pays de la zone euro ne s est éloigné de cette moyenne. L importance exceptionnelle du recours au crédit par les Espagnols explique que leur taux d épargne soit plus bas que la moyenne de la zone euro : entre 10% et 11% depuis 2000. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 3

La France ne se distingue pas des autres grands pays de la zone euro. Le taux d épargne des ménages français, qui a baissé de près d un point en 2003, est très proche de la moyenne de la zone. Les comportements d épargne au Royaume-Uni ont été très différents : partie d un niveau déjà plus bas que la zone euro en 1995, l épargne des ménages britanniques rapportée à leur revenu disponible a été divisée par deux à la fin des années 90 pour remonter très légèrement au début du siècle. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 4

1.2 Le taux d'épargne financière Graphique 2 - Evolution du taux d'épargne financière (en pourcentage du Revenu Disponible Brut) 11% 9% 7% 5% 3% 1% -1% -3% France 10.0% 9.6% 10.5% 8.4% 9.0% 5.8% 6.3% 9.9% 7.4% Zone euro* 8.7% 7.7% 7.5% 6.3% 6.7% 5.7% 6.9% 7.6% 6.8% Royaume-Uni 6.3% 5.5% 5.0% -0.3% -0.2% -1.5% -0.5% -2.2% -2.2% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg Le taux d'épargne financière rapporte le solde net des acquisitions d'actifs financiers et de la variation de l'endettement, au Revenu Disponible Brut. Le taux d épargne financière des ménages de la zone euro oscille autours de 7% depuis la fin des années 90. Le taux français est en général légèrement supérieur, mais il a baissé de 2,5 points en 2003. Au Royaume-Uni, depuis 1998 les acquisitions nettes d'actifs financiers par les ménages sont inférieures à la hausse de leur endettement : leur épargne financière est négative. Ce phénomène est très rarement observé dans la zone euro: il ne l a été qu aux Pays-Bas en 2000 et en Finlande depuis 2001. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 5

1.3 Le taux de recours au crédit Graphique 3 - Evolution du taux de recours au crédit (en pourcentage du Revenu Disponible Brut) 18% 16% 14% 12% 10% 8% 6% 4% 2% 0% France 1.1% 1.9% 2.3% 2.3% 3.5% 3.4% 3.3% 3.2% 4.0% Zone Euro* 3.9% 4.4% 4.5% 5.3% 6.3% 5.1% 3.7% 4.2% 4.9% Royaume-Uni 4.8% 5.6% 6.9% 7.5% 10.5% 10.4% 10.9% 15.1% 16.8% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg Le taux de recours au crédit rapporte le flux net de crédits (nouveaux crédits diminués des remboursements de crédits anciens) des ménages à leur Revenu Disponible Brut. Il est moins important en France que dans le reste de la Zone euro, mais il a augmenté de manière significative à la fin des années 90, et à nouveau depuis 2003 comme dans une majorité de pays européens. Parti d un niveau équivalent à celui de la zone euro, le taux de recours au crédit des ménages britanniques a connu une véritable envolée au cours des dernières années : il a été 3,5 fois plus important en 2003 qu en 1995. Cette envolée est principalement imputable au crédit hypothécaire, qui au Royaume-Uni sert non seulement à financer le logement, mais aussi des dépenses de consommation sans rapport avec le bien hypothéqué (ce mécanisme est appelé «extraction hypothécaire»). Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 6

1.4 Les placements financiers des ménages Graphique 4 - Evolution du taux de placement financier (en pourcentage du Revenu Disponible Brut) 18% 16% 14% 12% 10% 8% 6% 4% 2% 0% France 12.3% 11.4% 12.9% 11.5% 14.2% 8.6% 14.8% 9.5% 11.6% Zone Euro* 13.2% 12.4% 12.4% 12.2% 13.8% 11.1% 12.1% 11.2% 12.0% Royaume-Uni 12.1% 11.7% 12.4% 7.7% 10.5% 8.7% 11.5% 14.4% 15.6% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg La part du revenu des ménages investie en produits financiers est restée stable dans la zone euro depuis 1995. Le taux français est comparable à la moyenne de la zone euro. Il est nettement supérieur dans les pays ayant développé un système de fonds de pension qui pré-financent la retraite : 21,6% au Pays-Bas en 2003 par exemple. Le Royaume-Uni a aussi développé des fonds de pension, mais l excédent des cotisations et des revenus des fonds de pension sur les prestations y est beaucoup plus faible qu aux Pays-Bas. Le taux de placements financiers des ménages britanniques, après avoir été inférieur à celui observé dans la zone euro, est remonté depuis 2000 pour atteindre en 2003 un niveau supérieur à celui de la zone euro. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 7

II. LES CHOIX DE PLACEMENT DES MENAGES 2.1 Composition du flux de placements financiers Graphique 5 Part du Revenu Disponible Brut placée en monnaie et dépôts (en pourcentage du Revenu Disponible Brut) 10% 9% 8% 7% 6% 5% 4% 3% 2% 1% 0% France 7.8% 3.8% 5.3% 3.6% 3.6% 0.4% 2.4% 2.9% 4.3% Zone Euro* 5.3% 4.0% 1.8% 2.3% 3.0% 1.5% 3.6% 4.8% 4.7% Royaume-Uni 6.3% 6.1% 6.8% 5.6% 5.3% 5.5% 6.8% 7.1% 8.4% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg La faible aversion aux risques des ménages européens dans la deuxième partie des années 90 les a incités à diminuer la part de leur revenu consacrée aux placements en liquidités, comptes de dépôt à terme et comptes d épargne. En 2000, les flux nets de placements des ménages français sur ces produits rapportés à leur revenu ont même été presque nuls. L éclatement de la bulle spéculative a entraîné dans tous les pays un mouvement inverse à partir de 2001. Au Royaume-Uni, les placements en monnaie et dépôts sont relativement plus importants. Ils ont également été plus stables sur la période. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 8

Graphique 6 Part du Revenu Disponible Brut placée en obligations (en pourcentage du Revenu Disponible Brut) 3% 2% 1% 0% -1% -2% -3% -4% France 0.7% -0.4% -2.3% -0.4% -0.2% -0.5% 0.5% 0.0% -0.6% Zone Euro* 2.4% 0.6% -0.6% -3.1% -0.8% 0.9% 1.9% 1.7% 0.4% Royaume-Uni 0.7% -0.5% -0.1% -0.9% 0.5% -0.4% 0.3% 0.0% 1.1% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg Les investissements directs des ménages européens en obligations et autres produits de taux sont très faibles dans la plupart des pays. Traditionnellement, les Portugais, les Italiens et les Belges sont les seuls à consacrer une part significative de leur épargne à ces produits. Ces derniers ont cependant allégé leur portefeuille presque tous les ans depuis 1997. La volatilité de ce flux dans l'ensemble de la Zone euro est principalement déterminée par l'importance des investissements obligataires des ménages italiens. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 9

Graphique 7 Part du Revenu Disponible Brut placée en actions (en pourcentage du Revenu Disponible Brut) 2% 1% 0% -1% -2% -3% -4% -5% -6% France 1.2% 1.6% 1.7% 0.9% 0.1% -0.5% 0.5% 1.3% 1.1% Zone Euro* 0.5% 0.5% 1.1% 0.8% 0.9% 0.7% -0.5% -0.9% 0.1% Royaume-Uni -2.3% -2.3% -1.5% -5.7% -4.0% -3.3% -1.6% 0.5% 1.0% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg Les investissements directs des ménages européens en actions cotées et non cotées ne représentent qu une part marginale de leur revenu. Il est intéressant de noter que les Britanniques ont été vendeurs nets pendant la bulle spéculative. Pour la première fois depuis 1995, les nouveaux placements en actions dépassent les retraits au Royaume-Uni en 2002 et 2003. En 2003, seuls les Allemands, et dans une moindre mesure les Finlandais et les Italiens ont été vendeurs nets d actions. Les ménages de tous les autres pays européens ont été soit neutres, soit acheteurs nets. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 10

Graphique 8 Part du Revenu Disponible Brut placée en fonds d investissement (en pourcentage du Revenu Disponible Brut) 7% 5% 3% 1% -1% -3% -5% France -4.4% -1.8% -1.6% 0.5% 1.8% 1.6% 1.6% 0.6% 0.3% Zone Euro* -0.6% 2.0% 4.0% 6.8% 4.1% 2.2% 1.8% 0.9% 1.7% Royaume-Uni 0.2% 0.9% 0.9% 1.5% 1.5% 1.0% 1.1% 0.4% 1.0% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg Globalement, les ménages européens ont en général été acheteurs nets de parts d OPCVM tous les ans, toutefois les Français étaient vendeurs nets avant 1998. Mais ces flux de placement ont surtout représenté une part importante du revenu des ménages de 1997 à 1999, au plus fort de la bulle spéculative. Le niveau exceptionnel de ces placements en 1999 est imputable en très grande partie aux Italiens, qui ont consacré cette année là près de 23% de leur revenu à acheter des parts d OPCVM. Les trois-quarts des ventes nettes d OPCVM par les ménages français de 1995 à 1997 portent sur des OPCVM monétaires, et ces ventes nettes ont à nouveau été importantes en 1998, 2000 et 2003. A l inverse, les Français achètent des parts d OPCVM «généraux» investis majoritairement en actions ou en obligations tous les ans depuis 1998. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 11

Graphique 9 Part du Revenu Disponible Brut placée auprès des sociétés d'assurance vie et des fonds de pension (en pourcentage du Revenu Disponible Brut) 10% 9% 8% 7% 6% 5% 4% 3% France 7.3% 8.0% 9.3% 6.7% 7.6% 7.3% 6.5% 5.7% 6.0% Zone Euro* 5.2% 5.2% 5.8% 5.4% 6.1% 5.8% 5.2% 4.7% 4.9% Royaume-Uni 6.6% 7.4% 5.5% 6.8% 5.9% 4.7% 4.2% 5.6% 3.6% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg Dans la zone euro, les ménages européens consacrent une part importante et assez stable de leur revenu à épargner en produits d assurance-vie et en fonds de pension. Grâce aux produits d assurance-vie, les Français ont plus investi sur ces produits que les autres Européens en moyenne, surtout jusqu en 1997. Les Hollandais sont nettement au dessus de la moyenne grâce à leurs fonds de pension. Les Britanniques, dont les retraites reposent pourtant pour une grande part sur les fonds de pension, ont eu tendance à faire baisser leurs investissements nets sur ces produits d épargne longue. Mais, comme cela a été mentionné précédemment, l excédent de leurs cotisations et des revenus des fonds sur les prestations versées aux retraités tend à diminuer. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 12

Graphique 10 Composition du flux de placements financiers en 1995 (en pourcentage du flux annuel) 100% 80% Autres 60% 40% Assurance vie et fonds de pension OPCVM 20% 0% -20% France Zone Euro* Royaume-Uni Actions Obligations Monnaie et dépôts -40% Monnaie & dépôts Obligations Actions OPCVM Assurance vie & fonds de pension Autres Total France 63.4% 5.4% 9.6% -35.7% 59.0% -1.8% 100.0% Zone Euro* 40.2% 18.0% 3.8% -4.3% 39.4% 3.0% 100.0% Royaume-Uni 52.0% 5.5% -19.2% 1.8% 54.9% 5.0% 100.0% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg Ce graphique, montre la répartition des flux d investissement des ménages en 1995. Comme les trois suivants, il permet d analyser le comportement d épargne des ménages, indépendamment des effets de valorisation ou de dépréciation des actifs. En 1995, la composition du flux net de placements financiers des ménages français se différencie par la part importante des ventes d OPCVM et, corrélativement, par l augmentation des dépôts en banque. Cette particularité s explique en partie par les ventes d OPCVM monétaires (qui ont représenté cette année-là 57% des ventes d OPCVM par les Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 13

ménages français), que les particuliers ont transformés en dépôts à terme ou comptes sur livret. Dans la zone euro, les obligations représentent une part assez importante des placements, sous l influence des achats importants réalisés cette année-là en Allemagne et en Italie. En France, plus encore que dans le reste de la zone euro et au Royaume-Uni, les investissements nets en produits d assurance-vie et en droits sur les fonds de pension, rapportés à l'épargne financière nette, sont au plus haut. Enfin, les Britanniques se singularisent par l importance des ventes d actions dans leurs opérations financières de l année. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 14

Graphique 11 Composition du flux de placements financiers en 1999 (en pourcentage du flux annuel) 100% 80% Autres 60% 40% Assurance vie et fonds de pension OPCVM 20% 0% -20% France Zone Euro* Royaume-Uni Actions Obligations Monnaie et dépôts -40% Monnaie & dépôts Obligations Actions OPCVM Assurance vie & fonds de pension Autres Total France 25.6% -1.4% 0.5% 13.0% 53.3% 9.1% 100.0% Zone Euro* 21.6% -5.5% 6.6% 29.5% 44.6% 3.2% 100.0% Royaume-Uni 49.9% 4.3% -37.5% 14.1% 55.8% 13.3% 100.0% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg En 1999, nous sommes au sommet de la bulle spéculative. Les Britanniques, apparemment peu influencés par le climat de l époque, vendent massivement leur portefeuille d actions, au plus haut ou presque, et ils placent le produits de ces ventes sur des comptes de dépôt en banque. A l inverse, la part de la monnaie et des dépôts est à son plus bas dans la zone euro, et en particulier en France. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 15

Les achats d OPCVM sont aussi une composante très importante des placements dans la zone euro, surtout en Italie. La France suit le mouvement, mais de façon plus modérée. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 16

Graphique 12 Compostion du flux de placements financiers en 2003 (en pourcentage du flux annuel) 100% 80% Autres 60% 40% Assurance vie et fonds de pension OPCVM Actions 20% Obligations Monnaie et dépôts 0% France Zone Euro* Royaume-Uni -20% Monnaie & dépôts Obligations Actions OPCVM Assurance vie & fonds de pension Autres Total France 37.3% -5.3% 9.8% 2.4% 52.1% 3.7% 100.0% Zone Euro* 39.5% 3.0% 1.1% 14.2% 41.0% 1.1% 100.0% Royaume-Uni 53.8% 7.1% 6.2% 6.2% 23.1% 3.7% 100.0% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg En 2003, le marché boursier est reparti à la hausse. Les ménages achètent des actions. Néanmoins, au Royaume-Uni, la monnaie et les dépôts en banque restent la composante la plus importante des placements financiers. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 17

Les placements en OPCVM sont à nouveau repartis à la hausse dans une majorité de pays de la zone euro, mais de manière plus modérée au Royaume-Uni et surtout en France. Les Français continuent d acheter des OPCVM par l intermédiaire de contrats en assurancevie. Les investissements nets en produits d assurance-vie et en droits sur les fonds de pension sont au plus bas au Royaume-Uni et dans une moindre mesure dans la zone euro. En France, ils restent la composante majoritaire des flux de placement. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 18

Graphique 13 Composition du flux cumulé de placements financiers de 1995 à 2003 (en pourcentage du flux cumulé de placements entre 1995 et 2003) 100% 80% Autres 60% 40% Assurance vie et fonds de pension OPCVM Actions 20% Obligations Monnaie et dépôts 0% France Zone Euro* Royaume-Uni -20% Monnaie & dépôts Obligations Actions OPCVM Assurance vie & fonds de pension Autres Total France 31.2% -3.0% 7.2% -0.4% 59.8% 5.1% 100.0% Zone Euro* 28.3% 3.3% 2.6% 20.7% 43.9% 1.2% 100.0% Royaume-Uni 55.4% 0.8% -16.8% 8.0% 46.5% 6.1% 100.0% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg Le graphique ci-dessus représente la répartition entre les grandes catégories de produits, du flux cumulé d investissement des ménages pendant les années 1995 à 2003. En raison de l attrait qu exerce sur eux l assurance-vie, les Français, plus encore que les ménages des autres pays de la zone euro et que les ménages britanniques, ont affecté une part prépondérante de leurs placements financiers aux produits d épargne longue. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 19

Les Français ont été, au total sur la période, légèrement vendeurs nets d OPCVM, alors que les Britanniques, et surtout les ménages de la zone euro, ont été acheteurs nets. En réalité, beaucoup de ménages français ont acheté des OPCVM à travers des contrats d assurance-vie, en raison de l attrait fiscal de ces produits et du dynamisme de l offre. L addition de la part relative des produits d assurance-vie, des fonds de pension et des OPCVM rapproche la France de la moyenne de la zone euro et du Royaume-Uni (respectivement : 59,4%, 64,6% et 54,5%) Il semble que les Français aient été acheteurs nets d actions sur la période, que les Britanniques aient été vendeurs nets et que les ménages de la zone euro aient été en moyenne presque neutres. Cependant, cette statistique doit être interprétée prudemment car des incertitudes pèsent sur les estimations d achats d actions non cotées. Les Français ont été vendeurs nets d obligations en directs, alors que les ménages de la zone euro ont été en moyenne acheteurs nets, mais pour 3,3% de leurs placements seulement. Enfin, il est remarquable que plus de la moitié des placements financiers des Britanniques aient été des dépôts en banque, alors que ce type d épargne financière n a représenté, en France comme en moyenne dans la zone euro, qu un peu moins du tiers des placements. Au total, les Britanniques se différencient surtout par leurs ventes d actions remplacée, au sein de leur patrimoine, par des dépôts en banque. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 20

2.2 Le niveau du patrimoine financier Graphique 14 Patrimoine financier des ménages (en milliers d'euro par habitant) 200 150 100 50 0 France 33.8 37.0 40.6 45.7 53.9 52.4 51.3 47.8 51.3 Zone Euro* 30.6 33.1 35.9 40.0 44.9 45.6 45.6 44.3 47.0 Royaume-Uni 149.9 162.4 176.2 195.8 219.8 223.2 223.3 217.0 230.4 * hors Grèce, Irlande et Luxembourg A fin 2003, les Britanniques étaient, par leur seul patrimoine financier, 4,5 fois plus riches que les Français et près de cinq fois plus que les habitants de la zone euro. Cette différence s explique par l importance des droits acquis sur les fonds de pension. Même si les flux nets d investissement sur les fonds de pension se sont ralentis au cours des années récentes, l actif accumulé reste important, et il a été revalorisé jusqu en 2000 par la hausse du prix des actions. Au sein de la zone euro, d importantes différences subsistent entre les pays : les Portugais sont les moins riches (26.000 euros par habitant) et les Hollandais, grâce à leurs fonds de pension sont les plus riches (72.000 euros) Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 21

2.3 Composition du patrimoine financier 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% Graphique 16 Zone euro* Composition du patrimoine financier (en % du patrimoine financier total) 0% Monnaie et dépôts 39% 38% 35% 32% 30% 30% 31% 33% 32% Obligations 13% 13% 12% 10% 9% 9% 10% 11% 10% Actions 16% 17% 19% 22% 25% 24% 20% 17% 18% OPCVM 8% 8% 9% 11% 12% 12% 11% 11% 11% Ass. vie et F. de P. 22% 22% 22% 22% 22% 24% 25% 27% 27% Autres 3% 3% 3% 2% 3% 2% 3% 2% 2% Total 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% * hors Grèce, Irlande et Luxembourg La part de la monnaie et des dépôts dans le patrimoine financiers des ménages de la zone euro a régulièrement diminué jusqu en 1999. Après l éclatement de la bulle spéculative en 2000, elle a à nouveau augmenté modérément, sans toutefois atteindre les niveaux de 1995. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 22

Les obligations détenues en direct ont connu la même évolution, mais leur part dans le patrimoine des ménages est trois fois plus faible que celle de la monnaie et des dépôts. Les actions et les fonds d investissement ont connu une évolution symétrique, qui reflète à la fois l augmentation de l aversion aux risques après l éclatement de la bulle boursière et l évolution de la valeur des actions. La reprise du marché en 2003 s est traduite par une légère augmentation de la part des actions en 2003. La part de l assurance-vie et des fonds de pension est restée stable, à 22%, de 1995 à 1999, puis elle a augmenté pour se stabiliser à 27% en 2002 et 2003. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 23

Graphique 17 France Composition du patrimoine financier hors actions non cotées (en % du patrimoine financier total) 100% 80% 60% 40% 20% 0% Monnaie et dépôts 44% 43% 43% 41% 40% 39% 39% 40% 39% Obligations 6% 6% 4% 4% 3% 3% 3% 3% 2% Actions cotées 5% 6% 6% 6% 6% 5% 4% 3% 3% OPCVM 14% 13% 12% 13% 13% 13% 13% 12% 12% Ass. vie et F. de P. 26% 28% 30% 32% 33% 35% 36% 37% 39% Autres 5% 5% 5% 5% 5% 4% 5% 5% 5% Total* 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% * Hors actions non cotées et autres participations Le graphique ci-dessus n est pas directement comparable au précédent, relatif à la zone euro, car nous avons analysé la composition du patrimoine financier des ménages français hors actions non cotées et autres participations, pour ne retenir que les actions cotées. En effet l estimation des avoirs des ménages en titres non cotés nous paraît trop incertaine. Les actions cotées détenues en direct, quant à elles, représentent une part relativement faible du patrimoine financier des Français. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 24

La part de la monnaie et des dépôts en banque a connu en France la même évolution que la moyenne de la zone euro. période. La part des obligations détenues en direct est restée faible et déclinante sur la Enfin, comme dans le reste de la zone euro, la part de l assurance-vie est restée constante jusqu en 1999 et a augmenté sensiblement depuis cette date. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 25

100% Graphique 18 Royaume-Uni Composition du patrimoine financier (en % du patrimoine financier total) 80% 60% 40% 20% 0% Monnaie et dépôts 24% 24% 22% 21% 19% 20% 23% 27% 27% Obligations 2% 2% 2% 2% 1% 1% 1% 1% 1% Actions 16% 15% 17% 16% 18% 18% 13% 11% 11% OPCVM 4% 4% 4% 4% 5% 5% 5% 4% 4% Ass. vie et F. de P. 51% 52% 53% 54% 54% 53% 54% 53% 53% Autres 4% 3% 3% 3% 3% 3% 3% 3% 3% Total 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% A la différence de la zone euro, la part de la monnaie et des dépôts en banque des ménages britanniques dans leur patrimoine financier est en 2003 à niveau plus élevé que celui de 1995. Mais ce niveau reste plus faible que celui observé dans la zone euro. En revanche, la part des actions a nettement diminué, et celle des OPCVM est restée à un niveau stable, mais relativement faible. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 26

La part de l assurance-vie et des fonds de pension a augmenté modérément, grâce à l augmentation des cours boursiers jusqu en 1999, et celà malgré un flux net d investissement sur ces supports qui est allé en diminuant sur la période. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 27

2.4 Le patrimoine non financier Graphique 19 Patrimoine non financier des ménages français (en milliers d'euros par habitant) 70 60 50 40 30 20 10 0 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 Logements 24.0 24.9 25.6 26.2 26.7 28.4 29.3 30.3 Terrains bâtis 7.6 7.6 8.1 8.7 11.5 13.6 16.7 20.4 Autres 7.8 7.7 7.8 7.9 8.4 8.7 8.9 9.3 Total 39.5 40.2 41.6 42.9 46.6 50.7 54.9 60.0 Source : INSEE Comptes de patrimoine La principale composante du patrimoine non financier des ménages est le patrimoine résidentiel dont ils sont propriétaires. Celui-ci est composé d'une part des logements et autres bâtiments proprement dits (actifs fixes corporels "produits") et des terrains sur lesquels sont construits ces actifs «produits» (actifs fixes corporels "non produits"). L augmentation de la valeur du patrimoine non financier des ménages s accélère depuis 1999. Depuis 2001, le patrimoine non financier des ménages français est plus important, en moyenne que leur patrimoine financier. L immobilier repréente à fin 2002 près de 85% de ce patrimoine non financier, le reste étant pour l essentiel constitué d actifs professionnels appartenant aux entrepreneurs individuels. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 28

Graphique 20 Patrimoine non financier des ménages allemands (en milliers d'euros par habitant) 70 60 50 40 30 20 10 0 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 Logements & terrains 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 42.1 43.5 44.2 45.4 46.4 47.0 47.2 47.4 Autres 8.3 8.4 8.4 8.5 8.6 8.8 8.9 8.9 Total 50.5 51.8 52.6 53.9 55.0 55.8 56.1 56.3 Source : Deutsche Bundesbank Les prix de l immobilier n ont pas connu en Allemagne l accélération observée dans beaucoup d autres pays européens. En effet, l effort de construction consenti dans l ouest du pays, et l abandon de nombreux logements à l est ont conduit à une offre excédentaire. La valeur moyenne du patrimoine non financier des Français est passée devant celle du patrimoine des Allemands en 2002. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 29

Graphique 21 Patrimoine résidentiel des ménages espagnols (en milliers d'euros par habitant) 70 60 50 40 30 20 10 0 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 Logements 28.3 30.9 35.5 41.7 49.3 58.5 68.0 Source : "La vivienda en el patrimonio de los hogares" - José Manuel Naredo, Carmen Marcos y Óscar Carpintero, dans le Les prix de l immobilier se sont envolés en Espagne depuis 1998 et de plus en plus d Espagnols se sont endettés pour devenir propriétaires de leur logement. Le montant total du patrimoine immobilier rapporté au nombre d habitants est cependant poussé à la hausse par l importante détention de résidences secondaires en Espagne par des non résidents. Rapport de OEE-Etudes pour le F.F.S.A. Mai 2005 30