Conjoncture de la consommation alimentaire Intervention de Pascale Hébel Directrice du département Consommation Crédoc



Documents pareils
Les attentes des consommateurs, changements de comportement et révolution digitale

L'ELASTICITE-PRIX I- QUAND LES PRIX VARIENT...

Chapitre 3. La répartition

Le secteur de la restauration commerciale : données économiques, évolution des prix et du nombre de plaintes du secteur

Les seniors, une cible délaissée

Présentation des animations Aux Goûts du Jour

Ligne directrice sur les simulations de crise à l intention des régimes de retraite assortis de dispositions à prestations déterminées

La cuisine "fait maison" et sa relation avec le PEM

Le profil des acheteurs à distance et en ligne

PROGRAMME DE LOGEMENTS AVEC SERVICES DE SOUTIEN LIGNES DIRECTRICES OPÉRATIONNELLES

Les paradoxes des marchés de bureaux et du logement Les prévisions IEIF : l année dangereuse Entre rechute et guérison?

CHAPITRE 1 : DE LA FONCTION DE DEMANDE DU CONSOMMATEUR À LA DEMANDE DE MARCHÉ

Conseil Spécialisé fruits et légumes

Dans le prolongement de l observatoire Finances, l APVF et LOCALNOVA ont actualisé l étude

B Comment se déterminent la consommation et l épargne?

RAPPELS DU COURS PRÉCÉDENT

Règlement de Fonctionnement

Eco-Fiche BILAN DE L ANNEE 2012 QUELLES PERSPECTIVES POUR 2013? 1

LIVRET D ACCUEIL POUR NOUS JOINDRE LOGEMENT-FOYER «RESIDENCE LES JONCHERES» Adresse :

ANNEXE VII EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME PIECE JOINTE N 2 SIMULATIONS REALISEES A PARTIR DU MODELE MACROECONOMETRIQUE MESANGE

Satisfaction des stagiaires de BRUXELLES FORMATION Résultats 2013

Les nouvelles tendances commerciales

La nouvelle sensibilité des consommateurs aux prix

Compte rendu de la réunion du 13 novembre 2014 Restauration scolaire et hygiène buccodentaire.

Panorama de la grande distribution alimentaire en France

Qu est-ce que la croissance économique? Quels sont ses moteurs?

DOSSIER INSCRIPTION SENIOR NOM : PRENOM : Page 1 sur 7

Le présent chapitre porte sur l endettement des

LES POPULATIONS MODESTES ONT-ELLES UNE ALIMENTATION DESEQUILIBREE?

SITUATION FINANCIÈRE DE L ASSURANCE CHÔMAGE

LES SIIC. Pierre Schoeffler Président S&Partners Senior Advisor IEIF. Étude réalisée par. Les SIIC et la retraite 1

Baromètre de conjoncture de la Banque Nationale de Belgique

MAISONS DE RETRAITE ET SERVICES DE PORTAGE DE REPAS : PERCEPTIONS ET ATTENTES DES PERSONNES ÂGEES SUR LA QUALITE DE L ALIMENTATION

L arbitrage entre consommation et épargne Activités pour l élève

Rapport Enquête de Conjoncture 1 er et 2 ème trimestres 2013

Chapitre 1 : La consommation et l épargne

Les jeunes et l'argent Vague 2

Poste N o 4: calculons avec l eau Information aux enseignants

Bibliothèque de questions Questions spécifiques aux organismes

BAROMÈTRE DE L ÉCONOMIE NUMERIQUE

D O S S I E R D E P R E S S E 1 2 J U I N

Simulation d application des règles CNAV AGIRC ARRCO sur des carrières type de fonctionnaires d Etat

[ les éco_fiches ] Situation en France :

75 ANS D HISTOIRE EN CHIFFRES :

LE BAROMÈTRE DE L ÉCONOMIE RÉGIONALE PAR L ORDRE DES EXPERTS-COMPTABLES, RÉGION MONTPELLIER SEPTEMBRE 2012 N 4.

LE CONSOMMATEUR VA-T-IL CHANGER DURABLEMENT DE COMPORTEMENT AVEC LA CRISE?

Système de gestion informatique

Marché de l épargne-retraite en France : état des lieux, perspectives et enjeux

Enquête sur les investissements dans l industrie

COMMUNE DE CANNES-ECLUSE REGLEMENT DU RESTAURANT SCOLAIRE

L OBSERVATOIRE LCL EN VILLE - RÉALISÉ PAR BVA L ÉCONOMIE DU PARTAGE, ZOOM SUR LES JEUNES URBAINS. Juin 2014

Les Français et le pouvoir d achat

Grande distribution et croissance économique en France

Le baromètre BforBank - Vague 5 - Présentation globale des résultats Thème abordé : L automobile

Baromètre de conjoncture de la Banque Nationale de Belgique

«Cette action contribue au PNNS». À CHÂTEAU THIERRY

Epreuve de Sciences économiques et sociales

DES ÉLÉMENTS DE CONTEXTE : UN HÉRITAGE DIFFICILE

LE MARCHÉ FRANÇAIS DE L ELECTROMÉNAGER

Point d actualité. Conseil Economique, Social & Environnemental Régional. Séance plénière 2 février 2015

La Banque Postale / CNP Assurances

Plan marketing

10 ENGAGEMENTS, 30 PROPOSITIONS DE LA MAJORITÉ DÉPARTEMENTALE «Avec vous, une Saône et Loire innovante et attractive»

Conférence technique internationale de la FAO

Inégalités de salaires et de revenus, la stabilité dans l hétérogénéité

LES FRANÇAIS ET LA COMPLEMENTAIRE SANTE

présente Métro, boulot, dodo enquête sur la vie de bureau

Le restaurant scolaire est ouvert le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 12H05 à 13 H30 : Article 2 : ACCES AU RESTAURANT

Baromètre BVA Santé. Vieillissement & Silver économie - Vague 1 - pour Orange Healthcare et MNH

REGLEMENT INTERIEUR PREAMBULE GENERALITES. Article 1 : Objet. Article 2 : Responsabilité. Article 3 : Organisation. Article 4 : Taux d'encadrement

METTRE LE NUMÉRIQUE AU SERVICE D UN NOUVEAU MODÈLE DE BIBLIOTHÈQUE

QUELLE DOIT ÊTRE L AMPLEUR DE LA CONSOLIDATION BUDGÉTAIRE POUR RAMENER LA DETTE À UN NIVEAU PRUDENT?

ÉDUCATION Côtes d Armor. Collèges publics. Charte de la restauration collective DIRECTION JEUNESSE PATRIMOINE IMMOBILIER

Situation et enjeux du marché de l Assurance Auto. Conférence Argus de l'assurance 24 juin 2010

Le développement de la franchise dans le Groupe Casino

Restauration collective

ÉNERGISER L AVENIR Étude d information sur le marché du travail 2008

Info-commerce : Incertitude économique mondiale

Synthèse du rapport d activité 2007 du CCAS

Brûlures d estomac. Mieux les comprendre pour mieux les soulager

Le groupe Crédit Mutuel en 2010 Un réseau proche de ses sociétaires-clients, au service des entreprises créatrices d emplois dans les régions (1)

Évolution du budget automobile des ménages français depuis

CONJONCT URE. +1 point. Intentions de recrutements de cadres : entre prudence et reprise de confiance

Le Québec en meilleure situation économique et financière pour faire la souveraineté

Accès au crédit des PME : quelles leçons tirer du rapprochement des données d enquête et des données de bilan?

72% des Français prêts à payer plus cher un produit fabriqué en France. Mais pas à n importe quel prix!

Auriol : le service public de la Restauration scolaire

SEVERIN, le spécialiste de l'électroménager, s'invite chez vous. Dossier de presse. Depuis 1892

Le déroulement de l animation

1. Les comptes de dépôt et d épargne

POLITIQUE FAMILIALE DU CANTON DE WESTBURY

[EN FINIR AVEC LE REFLUX GASTRIQUE]

«seul le prononcé fait foi»

Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech

Compte rendu de l examen par le BSIF des coefficients du risque d assurance

Détention des crédits : que nous enseignent les évolutions récentes?

Mission de l information géographique (MIG)

RÈGLEMENT DU RESTAURANT SCOLAIRE

Transcription:

Conjoncture de la consommation alimentaire Intervention de Pascale Hébel Directrice du département Consommation Crédoc 12 décembre 2012

Conjoncture de la consommation alimentaire Evolutions économiques Changements des critères d achat 2

Conjoncture France : la confiance des ménages est au plus bas, du coup, ils consomment moins

Très fort ralentissement du pouvoir d achat depuis 2008 Évolution annuelle du pouvoir d'achat par ménage Source : INSEE

Des dépenses alimentaires par habitant (hors inflation) en baisse en 2012 Évolution annuelle des dépenses en alimentation à domicile par habitant en euros constants

Baisse très élevée du coefficient budgétaire de la restauration hors foyer atténuée par la baisse de la TVA Coefficients budgétaires de la RHF et de la consommation à domicile Effet RTT et hausse des prix au moment du passage à l euro Restaurant à domicile (échelle de droite) Alimentation à domicile (échelle de gauche) 6 Source : Comptabilité nationale, INSEE 6

Un effet générationnel défavorable aux dépenses en alimentation (8% contre 20% dans la génération Pénurie) 30% Effets d âge et de génération sur le coefficient budgétaire des dépenses en alimentation et boissons non alcoolisées 25% 20% 15% 10% 5% Génération Services (1957-1966) Génération Plateaux Repas (1977-1986) Génération Hypermarché (1947-1956) 1979 1984 Génération Low Cost (1967-1971) Génération Pénurie (1907-1916) Génération Réfrigérateur (1927-1936) 2000 1989 1995 2006 Génération Rationnement (1917-1926) Génération Robot Electrique (1937-1946) 0% 13-22 18-27 23-32 28-37 33-42 38-47 43-52 48-57 53-62 58-67 63-72 68-77 73-82 78-87 83-92 Source : Enquêtes Budget des Familles 1979, 1984, 1989, 1995, 2000, 200 7

Les jeunes générations prennent souvent des plateaux repas Effets d âge et de génération sur le pourcentage d individus déclarant «prendre au moins rarement» à la question "Vous arrive-t-il de faire des plateaux repas, c est-à-dire sur un ou sur des plateaux, et ailleurs qu à table?" % d individus 70 60 50 Génération Low Cost (née entre 1967 et 1976) 1995 1997 2000 2003 Génération aliment-service (née entre 1957 et 1966) 2003 2003 Génération robots électriques (née entre 1937 et 1946) 40 30 20 10 1995 1997 2000 1995 1997 2000 Génération hypermarché (née entre 1947 et 1956 ) 1995 1997 2000 2003 Génération réfrigérateurs (née entre 1927 et 1936) Génération rationnement (née entre 1917 et 1926 ) Age 8 0 23 26 29 33 36 39 43 46 49 53 56 59 63 66 69 73 76 79 83 Source : CREDOC, enquêtes CCAF 1995 à 2004

Vers un nouveau style alimentaire à la française? Stabilités et améliorations Ce qui change peu Evolutions fortes Les horaires des repas (plus de synchronisation) La convivialité et le partage : 4 déjeuners sur 10 sont pris seuls - proportion stable depuis 10 ans ; 1 dîner sur 10 est pris seul En Famille, 80% des individus mangent la même chose Les prises hors repas diminuent entre 2007 et 2010 Retour de la cuisine et du fait maison La durée des repas diminue Les trois repas dans la journée (de plus en plus de repas sautés) Le contenu des repas se simplifie (on passe de trois composantes à 2) On mange moins de produits bruts, plus de produits nomades (le sandwich) Baisse de la diversité alimentaire chez les enfants On mange plus souvent ailleurs qu à table Source : CRÉDOC, Enquêtes CAF 1995, 1997, 2000, CCAF 2004, 2007 et 2010 9

Conjoncture de la consommation alimentaire Evolutions économiques Changements des critères d achat 10

72% des consommateurs ont mis en place des stratégies d économies multiples «Face à la hausse des prix des produits alimentaires, que faites-vous?» 72,4% modifient leur comportement Trading down Vous achetez toujours les mêmes types de produits mais en prenant des gammes moins chères Jeunes 28,0% 26,9% Vous dépensez autant pour votre alimentation, mais vous faites des économies sur d'autres postes de dépenses 18,0% 5,3% 4,6% Aucune de ces réponses Moins de superflu Vous achetez moins souvent des produits alimentaires peu nécessaires 45-54 ans 17,1% Vous diminuez les quantités de certains produits consommés 55-74 ans Frugalité Vous achetez des produits de substitution 65 ans et plus Substitution 11 Source : Marché de Rungis - CRÉDOC, enquête consommation juin 2008

La consommation nécessité rebondit en 2012 Pour vous, la consommation, c est avant tout : Source : Crédoc, Enquêtes Consommation

2012 : Remontée à un niveau record de la sensibilité aux prix mais de la confiance dans la marque aussi «Voici plusieurs raisons d acheter des produits de consommation. Pour chacune 95% d entre elles, dites-moi si elle vous incite personnellement (beaucoup, assez, un peu, pas du tout) à acheter un produit.» (Réponses «beaucoup» + «assez») 85% 75% 65% 61% 68% 73% 70% 75% 69% 67% 78% 67% 65% 78% 68% 65% 79% 84% 76% 81% 77% 75% 72% 74% 70% 70% 66% 64% Le prix est compétitif Le produit porte un label de qualité La marque vous inspire confiance 55% 58% 57% 45% 35% 51% 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 53% 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Source : CRÉDOC, enquêtes Consommation 2012 13

Les représentations de la marque évoluent fortement en 16 ans Pour vous, qu est-ce qu une bonne marque? Analyse lexicale 1994 2010 Les satisfaits 16% Qualité/prix 25% Symbolique Marque sociétale 8% Marque d'identification 6% Fonctionnel Les bonnes vieilles marques de chez nous 27% La beauté de la marque 23% Technologue s 6% Sérieux de la marque 3% Marque plaisir 15% Sérieux et fiabilité 12% Technologues 13% Qualité/prix 46% Source : Enquêtes Consommation, 1994 et 2010. CREDOC

La garantie écologique se stabilise, le volet social du développement durable progresse «Voici plusieurs raisons d acheter des produits de consommation. Pour chacune d entre elles, dites-moi si elle vous incite personnellement (beaucoup, assez, un peu, pas du tout) à acheter un produit.» (Réponses «beaucoup» + «assez») Source : Crédoc, Enquêtes Consommation

Le critère fabrication en France continue de progresser «Voici plusieurs raisons d acheter des produits de consommation. Pour chacune d entre elles, dites-moi si elle vous incite personnellement (beaucoup, assez, un peu, pas du tout) à acheter un produit.» (Réponses «beaucoup» + «assez») Source : Crédoc, Enquêtes Consommation

L alimentation santé tend à diminuer «De laquelle des trois affirmations suivantes vous sentez-vous le plus proche? En premier?» (%) Base : N=994 en 2007, N=1009 en 2008, N=998 en 2009, N=963 en 2010, N=958 en 2011 41% L'alimentation doit avant tout être un plaisir 36% 36% 38% 41% L'alimentation est avant tout une nécessité 41% 41% 42% 44% 44% L'alimentation doit avant tout être un moyen de prévenir les problèmes de santé 15% 18% 21% 19% 2011 2010 2009 2008 2007 22% Baromètre alimentation 2007-08-09-10-11, Ministère de l'alimentation, de l Agriculture et de la Pêche, CRÉDOC 17

Après la baisse de la santé, transfert sur naturalité La naturalité progresse fortement entre 2007 et 2010 Attention portée à la naturalité, aux conservateurs et à la composition en hausse Transfert du santé au produit naturel Puis incident Eschérichia Coli en 2011 et dépassement des DLUO, changent les inquiétudes Attention portée sur les bactéries et les DLUO 18

Conclusions Après une période du tout santé, en période de crise économique, la convivialité et le goût sont de nouveau au cœur des critères de choix du consommateurs les aliments santé diminuent (conséquence de l image prix) les choix environnementaux (coût carbone) prennent de l ampleur Les risques perçus sont très influencés par les évènements médiatiques, d offre Important d aller vers une amélioration de la confiance consommateur acteurs de l alimentation (les dépenses par habitant diminuent)