Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII

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1 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII La couche VIII Stratigraphie (géologique et culturelle) La couche VIII est formée d'un sédiment carbonaté blanc alterné de lentilles argileuses brun foncé, riches en matière organique (fig. 72). Elle peut atteindre localement une épaisseur de 10 cm, imbriquant plusieurs lentilles. La couche est décapée par micro-niveau stratigraphique ; elle a fourni en abondance des vestiges archéologiques, principalement lithiques mais aussi des structures de foyer anthropiques. D après Ribeiro et al. [1996], les assemblages de combustion présents dans les niveaux inférieurs de la couche (carrés J/K 11-12), étaient entourés de cercles de plaques de calcaire ou bien réalisés dans des fosses circulaires peu profondes, à l intérieur desquelles ont été retrouvés des instruments osseux et lithiques retouchés, brûlés, ainsi qu un instrument passif, en calcaire, du type casse-noix (quebra-côco), probablement pour les noix de palmier. Des ossements d animaux (cervidé, tatou et poisson), ainsi que des restes de végétaux sauvages font partie de l ensemble carbonisé. L étude fine de ces structures a pu mettre en évidence trois foyers proches les uns des autres. De plus, l étude des pièces retrouvées dans les fouilles et aux alentours immédiats a permis de vérifier la cohérence diachronique de l ensemble : les raccords des pièces présentes, dans le foyer même et à proximité, permettent d affirmer qu il s agit d'un matériel peu perturbé après abandon. Un seul raccord entre pièces de niveaux différents (inférieur et moyen) a été réalisé ; mais ceci résulte probablement d une légère déclivité du terrain. Le matériel, en général, ne présente pas d'inclinaison verticale ou oblique, ni même une perturbation naturelle montrant les pièces lourdes en dessous des plus légères. Figure 72 - stratigraphie de la Lapa do Boquete : paroi nord du Sondage 1 [dessin MHN-UFMG]. Pour résumer, d après Prous [1991a], la base de la couche VIII contient une industrie bien 163

2 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII soignée, de nombreux vestiges alimentaires ainsi que des grandes structures de combustion. Elle est datée de à BP. Enfin, la couche IX, la plus profonde fouillée à Boquete, est formée d'argiles rouges, d âge pléistocène, dans lesquelles on retrouve une grande quantité de petits blocs calcaires aux bords légèrement arrondis. Vers le fond de la grotte, ce sédiment est souvent repris en brèche au milieu des coulées de calcite. Vers l entrée de l abri, ce matériel contient quelques silex taillés et des restes de faune. La fouille de cette couche s'est révélée stérile en occupation humaine pléistocène [Prous 1991a] Datations Les dates de à BP, peuvent être considérées cohérentes pour le niveau (tabl. 12). Les dates de ±80 et 9710 ±80 apparaîssent comme trop jeunes, ce qui peut être expliqué par un égouttement de calcite [Fogaça 2001 : 96]. Ainsi, l intervalle BP paraît acceptable pour le niveau moyen. Les dates , pour la base de la couche, paraissent en accord avec l ensemble. 14 Strate Datation C Laboratoire Datations calibrées VIII moyen ±232 CDTN 1003 VIII moyen c ±80 BETA VIII moyen 9710 ±80 BETA à 8610 av. J.-C. VIII moyen ±140 CDTN 3114 VIII base ±300 CDTN 1084 VIII base ±170 CDTN 2403 Tableau 12 - Les datations de la couche VIII : ont été réalisées par le Laboratoire de Minas Gerais et par le Beta, USA Industrie lithique : Présentation quantitative et qualitative du matériel Comme nous l avons annoncé plus haut, notre intérêt initial était d'appréhender les occupations les plus récentes du bassin du Peruaçu, celles du passage aux horticulteurs/céramistes. Cependant, notre champ d intérêt s est élargi, car l avancement de l étude démontre que pour mieux saisir ces dernières populations, il fallait comprendre l'ensemble des occupations. Boquete est le site-référence de notre étude car il est bien daté (38 échantillons examinés par deux laboratoires) et bien étudié sous plusieurs de ses aspects : qu il s agisse de sa géomorphologie [Piló 1989 ; Moura 1997 ; J. Rodet et M. J. Rodet 2001 ; J. Rodet et al. 2003a, 2004a, 2004b, 2004c, 2005], de sa sédimentologie [Moura 1997], de sa botanique [Resende 1994 ; Resende et Cardoso 1996, 1997 ; Freitas 2002a, 2002b, 2002c], de ses peintures rupestres [Baeta 1994], de ses sépultures [Prous et Schlobach 1997]. C est pourquoi il se devait d'être examiné pour l'ensemble de ses niveaux. Cette démarche permettra plus tard de rapprocher d'autres séries moins bien datées, et pour lesquelles il y a moins de données. Cette "étude-test" s'appuie sur une tranchée (carrés JK 11-12), très riche en vestiges lithiques. Ce choix est justifié par l analyse fine des structures de combustion [Ribeiro et al. 1996], qui confirme, entre autres, qu il s agit d une couche en place. Soulignons cependant l existence, pour la couche VIII, d'études technologiques de l industrie lithique [Fogaça et Lima 1991 ; Prous et al ; Fogaça 2001]. En conséquence, mais aussi pour une question de temps, nous en avons utilisé les résultats pour l étude des restes bruts de débitage, n'analysant que les outils. Il aurait été pertinent d'analyser les nucléus, mais lors de notre séjour au Brésil pour étudier les collections, ces pièces étaient absentes des séries accessibles. Pour cette raison, nous avons dû nous contenter des observations et dessins de nucléus des auteurs cités ; notre apport a consisté en la mesure et la description morphologique plus précises des derniers négatifs présents sur ces nucléus, en précisant une limite induite par la source des données : les dessins et/ou les schémas diacritiques. 164

3 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Ainsi, ce chapitre comprend la présentation et la synthèse des données déjà produites, complétées de nos propres études et analyses. D après Fogaça et Lima [1991], une partie importante du matériel fouillé dans ces niveaux a subi l action du feu (30% environ, mais pas de quantification précise). Probablement d origine anthropique, ces actions se manifestent par la formation de cupules thermiques ou par la fragmentation de la pièce. Ces phénomènes, à plusieurs reprises, ont rendu illisibles les pièces trop fragmentées, notamment les petits éclats de retouche (inférieurs ou égaux à 2 cm, selon leur axe de débitage). Ces éclats trop fragmentés sont écartés de l étude. On remarque une certaine constance dans les proportions relatives des produits de débitage (les auteurs ne fournissent pas de précision quant au nombre) : les nucleus totalisent 1 % des pièces comptées, les éclats corticaux et semi-corticaux représentent 0,9%, les éclats de plein débitage représentent 12,6 % et les petits éclats non corticaux, inférieurs ou égaux à 2 cm, totalisent 54 % (éclats écartés de l étude non inclus). Les fragments qui ne fournissent pas d information technologique sont exclus de l étude (30,1 % des pièces) Etude morpho-technologique Présentation de l outillage Vingt-sept outils ont été retrouvés dans les niveaux de la couche VIII (tabl. 13) : 25 outils retouchés (unifacial, bifacial, outil simple), 2 outils sur bruts de débitage. Niveau Quantité Type d outil S upérieur 2 retouche unifaciale et bifaciale Moyen 2 retouche unifaciale Inférieur/base 9 retouche unifaciale VIII général 14 outil simple/brut de débitage Total 27 Tableau 13 - effectif de l'outillage de la couche VIII Les outils retouchés 26 outils retouchés correspondent globalement à 5 grandes catégories : - 6 éclats plats et peu épais, moyens à grands, support d outil unifacial (près de 10 cm) ; - 2 éclats moyens à grands, épais, support d outil unifacial (près de 10 cm) - 3 éclats petits à moyens, peu épais, support d outil unifacial (près de 4 cm) ; - 14 éclats petits à moyens (et fragments d éclat) retouchés marginalement, support d outil simple (retouché unifacialement et bifacialement) ; - 1 outil bifacial, réalisé à la pression. 1 - éclat moyen à grand, allongé, plat et/ou peu épais, support d outil unifacial (Planche 1) : dans cette catégorie, sont réunis les outils de taille moyenne à grande (près de 10 cm), peu épais (environ 2 cm), à tranchants complètement travaillés par une série d enlèvements directs : 5 outils. La description des pièces se justifie pour souligner les points communs ainsi que leur assemblage. Les analyses technologiques réalisées sur chacune, sont basées sur nos observations complétées par celles de Fogaça [2001]. - Pièce (M8) : éclat allongé (8,2 x 3,8 x 1,3), de plein débitage (absence de cortex), 165

4 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII profil légèrement convexe, talon éliminé par des enlèvements (point de contact visible sur la face inférieure), probablement débité à la percussion directe dure. La pièce a été retrouvée complètement fragmentée par le feu (plusieurs fragments ont été raccordés). La surface supérieure est façonnée par une série d enlèvements directs, rasants, envahissants, couvrants, rarement réfléchis. Les retouches directes viennent ensuite, renforçant la forme plan-convexe peu épaisse, déjà installée depuis le début de la chaîne opératoire. Le bord droit, de 7,7 cm d extension : semi-abrupt (proche de 70 ), rectiligne, aménagé par une série d enlèvements peu profonds, quelques fois rasants, envahissants, pouvant atteindre jusqu à 1,8 cm (faisant penser à la percussion directe tendre). Ces négatifs sont recoupés dans leurs parties proximales par un deuxième rang, cette fois-ci plus court, rectiligne, scalariforme ou sub-parallèle, légèrement plus profond, avec des rides parfois bien marquées. Ce dernier rang de retouche détermine l angle du tranchant (70 ) ainsi que son aspect rectiligne. Cette retouche occupe le bord sur une grande longueur (7,5 cm). Enfin, une série d égratignures occupe toute la longueur du tranchant. Le bord gauche, 8,0 cm : plus abrupt ( proche de 85 ). L aménagement consiste en une série de négatifs longs, plus rarement envahissants (entre 1,1 et 1,7 cm), larges, plus discrètement réfléchis. Un second rang est installé, plus petit, large. Parfois, ces deux rangs de négatifs se superposent : les négatifs plus petits sont sur les plus grands, d autres fois les plus grands recoupent les plus petits (par exemple, dans la partie proximale du tranchant). Tout au long du bord, les égratignures sont liées très probablement à l utilisation. Le bord distal, en forme d ogive, est réalisé en deux temps : enlèvements allongés, envahissants, en partie étroits ("lamellaires"), rasants suivis d une série des égratignures déjà observées. Ces enlèvements peuvent être réalisés par percussion directe tendre (63 ). La face inférieure montre que l éclat était un peu plus large, mais légèrement : dans la partie distale, on observe encore les lancettes. Notons l'absence des parties légèrement convexes qui devaient exister près des bords. L'intérieur de la pièce possède cet aspect huileux du contact avec le feu, renforcé par les craquelures et les cupules thermiques. Sur la partie proximale, les négatifs situés à la place du talon ainsi que ceux localisés sur les côtés droit et gauche de ce secteur, ont un autre aspect, plus proche du mât. - Pièce 4356 (M20) : l'outil de silexite fine, est réalisé sur éclat allongé, peu épais de plein débitage, détaché à la percussion directe dure (8,0 x 4,0 x 1,8 cm). Le talon a été éliminé. La pièce montre des stigmates de contact thermique (rubéfaction). Toute la partie supérieure est rubéfiée et brillante sauf quelques négatifs envahissants, larges, situés dans la portion mésiale et distale du bord droit, et d'autres à l extrémité distale du bord gauche. Ces derniers sont longs, parallèles et "lamellaires". La surface inférieure est aussi brillante, sauf là où on peut noter des négatifs inverses. Ces observations permettent d affirmer que la pièce a été retravaillée après l exposition à la chaleur. La morphologie de la pièce est plan-convexe, peu épaisse. Il est possible d observer encore les vestiges de quelques enlèvements réalisés avant le débitage du support. Le volume de l outil est mis en place à partir d une série d enlèvements de façonnage et de retouche, réalisés après le détachement de l éclat. Le bord droit porte une première série de négatifs, directs, longs, plus rarement envahissants (1,0 à 1,6 cm), larges, peu profonds, parfois réfléchis. On note que cette phase a été réalisée en deux fois, car certains négatifs se superposent entre eux. La face inférieure est incomplète car rétrécie par ces enlèvements. Ensuite, un rang de négatifs de retouche, très marginaux, scalariformes, peut être observé principalement sur la partie méso-proximale du bord. Ceux-ci ne régularisent pas les légers denticulés laissés par le contre-bulbe de façonnage ; au contraire, ils renforcent ces denticulés (utilisation?). 166

5 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Le bord gauche : plus abrupt en général (proche de 80 ), présente une retouche (plus au moins courte, envahissante, large, parfois rebroussée) ; suivie par une série de petites retouches, courtes, scalariformes ou semi-parallèles, continues. Sur la surface inférieure du support, on note quatre négatifs courts et profonds. Enfin, le support a dû avoir une dimension plus grande (plus large, plus allongée) : il a été rétréci principalement par les aménagements réalisés sur son tranchant droit. - Pièce (VIII supérieur), il s agit d un éclat moyen en silexite, allongé, fracturé par l action thermique dans les parties supérieure et inférieure. Le volume du support, au moment de l abandon, est 7,0 x 2,9 x 1,7 cm, mesuré dans l axe du débitage. Les opérations techniques réalisées sur ce support se distinguent légèrement des deux autres. D après Fogaça [2001 : 202], le support est un éclat long, au profil arqué à extrémité distale abrupte suggérant un outrepassage (l éclat a traversé toute la longueur de la surface de débitage et a retiré une portion importante de l extrémité opposée du plan de percussion). Le talon est lisse, partiellement éliminé par la dégradation thermique, détaché à la percussion directe dure. La face supérieure est en grande partie détruite par l action du feu. Néanmoins il est possible d observer dans la partie méso-proximale deux séries d enlèvements : les plus longs ne dépassent jamais la moitié de la pièce, suivis des enlèvements marginaux, courts. Sur les tranchants méso-distaux, il est encore possible d observer quelques enlèvements de façonnage plus larges, interrompus par les fractures thermiques. Il semble que le bord gauche est plus abrupt que le droit. - Pièce (VIII inférieur) : l'outil est réalisé en silexite. Il s agit d un éclat moyen, allongé, plat/aplati, légèrement arqué, fracturé par l action thermique (volume proche de 7,8 x 3,6 x 1,1 cm, dans l axe de débitage). La face inférieure indique que l éclat est incomplet. Autour d un négatif diagonal à l axe du débitage de l éclat, détaché avant l enlèvement du support, s installe une série de retouches, directes, courtes, parallèles et sub-parallèles. Pour le tranchant droit : la partie méso-distale du tranchant est atteinte par le feu, principalement dans la face inférieure, mais aussi dans la face supérieure, partie proximale (raccord avec un fragment). Les négatifs dessinent un tranchant proche de 67 ; ils sont plutôt larges et courts. Pour la partie proximale du bord, ils envahissent légèrement (1,9 cm pour le plus grand d entre eux), plus ou moins rasants, très légèrement réfléchis. Cette partie mésoproximale a une coloration différente du reste de la pièce (plus sombre). Pour la partie distale du tranchant gauche, les retouches rasantes, semi-parallèles, courtes et larges (par exemple, 0,5 x 0,6 cm), sont de la même couleur rougeâtre et dessinent un bord proche de 62. Le tranchant gauche : une série de retouches courtes, larges (0,9 x 1,2 cm pour la plus grande), semi- parallèles, délinéant un tranchant semi-abrupt (proche de 75 ), plutôt rectilignes sur toute la longueur du bord (proche de 7 cm). Dans la partie distale, le tranchant est arrondi à partir d une série d enlèvements parallèles, rasants, longs et étroits - "laminaires" (1,2 cm). Une série d égratignures s'observe tout au long des bords. L analyse tracéologique démontre une utilisation ; cependant il a été impossible de définir le type de mouvement ou la nature de l utilisation. - Pièce ( VIII/IX) : éclat allongé en grès silicifié (rosé, très caractéristique de la couverture crétacée du bassin du Peruaçu), légèrement déjeté de l axe de débitage. Son volume est mesuré à partir de sa longueur morphologique : volume proche de 9.1 x 5.9 x 1.4 cm. Le support est un éclat de plein débitage, allongé, peu épais, avec talon lisse (2,1 x 1 cm), légèrement fracturé, point d impact visible (percussion directe dure). 167

6 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Autour d un grand négatif détaché avant l enlèvement de l éclat support, s organise une série 168

7 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII de retouches, qui transforme et délinée le tranchant de l éclat. Les retouches sont directes, courtes, plus ou moins larges, peu envahissantes. Dans le secteur méso-distal, les enlèvements sont plus longs (1,2 à 1,4 cm), formant un angle rasant proche de 50. Le tranchant droit se situe dans le secteur plus épais de la pièce. Sur la portion méso-proximale, les retouches sont directes, courtes, larges, parfois réfléchies (1,0 à 1,2 cm), parallèles, dessinant un bord légèrement arrondi proche de 50. Sur la partie mésiale de ce même tranchant, les enlèvements sont plus longs (1,2 à 1,4 cm) et moins rasants (60 ). Le tranchant gauche porte une séquence de négatifs directs, courts (0,5 cm), parallèles, qui confèrent un bord rectiligne à la pièce d'angle proche de 50 [Fogaça 2001 : 189]. La tracéologie a indiqué une utilisation sur bois. - Pièce : éclat allongé, peu épais, en grès rosé, fragmentée (6.5 x 3.6 x 2.1 cm). Le talon témoigne d'un support détaché à la percussion dure. Quelques négatifs ont été réalisés avant le détachement de la pièce. Autour de ces négatifs, deux séries de négatifs se succèdent : une première d'enlèvements plutôt larges, suivie d'une deuxième plutôt courts. Ces derniers sont présents sur les tranchants en général. Une cassure en languette supérieure est observée dans la partie distale de l'objet. 2 - éclat moyen à grand, épais, support d outil unifacial (fig. 74) : 2 outils font partie de cette catégorie. Ce sont des éclats aux dimensions proches de 10 cm, robustes ( entre 3,0 et 4,0 cm d épaisseur), de morphologie trièdre. - Pièce (J9, position stratigraphique exacte indéfinie) : éclat moyen, épais (7,7 x 6,4 x 3,1 cm dans l axe de débitage), réalisé sur support en silexite à grains moyens à grossiers avec des incrustations de matière siliceuse de qualité différente. Une "pellicule brillante" couvre toute la pièce, donnant à la matière un aspect lustré. L outil est confectionné sur éclat robuste, détaché à la percussion directe dure, comme le montre le talon large, lisse, à bulbe bien formé avec quelques petites rides au sommet du bulbe. Les transformations de l éclat en outil, sont réalisées après le détachement du support. Le travail de façonnage et de retouche a dégagé un tranchant utilisable assez important, qui occupe toute la longueur droite, distale et une petite portion du bord gauche. Le reste du bord gauche a été utilisé brut de débitage. Sur le côté gauche de la pièce, un grand négatif est détaché avant l enlèvement du support, parallèle à l axe du débitage de l éclat. Il forme avec la face inférieure un angle de 67, dont on observe des égratignures tout au long de son développement (5,1 cm, assez rectiligne). Dans la partie distale de ce côté, quelques négatifs de retouche délignent un bord plus abrupt (80 ). Le tranchant droit est façonné principalement en deux rangs d enlèvements. Quelques négatifs, longs, larges (2,7 x 2,5 cm) globalement peu profonds, rarement réfléchis, sont recoupés dans leur partie proximale par une série d enlèvements de retouche, écailleux, réfléchis, abrupts (85 ), délinéant un tranchant convexe. Enfin, la portion distale est bien arrondie à partir d une série de retouches directes et inverses (angle proche de 86 ). Les transformations de la face inférieure se réduisent à cet endroit précis : un grand négatif inverse, large, rebroussé, recoupé par une série de petits négatifs courts, écailleux, réfléchis, a été réalisé probablement pour renforcer le tranchant. Selon l examen tracéologique, la pièce a été utilisée pour travailler le bois. - Pièce 1414 (VIII inférieur/base, L10). Il s'agit d'un éclat complètement altéré par le contact thermique, deux grands fragments sont raccordés. Le feu atteint au moins la moitié de la face supérieure, la déstructuration de la matière est signalée par la présence des innombrables 169

8 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII négatifs de cupules thermiques. 170

9 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII L outil est confectionné sur un gros éclat en silexite foncée, de granulométrie moyenne, détaché à la percussion directe dure. La première tentative de détachement de l éclat a échoué : il est possible d observer, à droite du talon, un bulbe bien formé. La deuxième tentative est parvenue à son but ; l éclat, dans l axe morphologique, mesure 10 x 6,7 x 3,6 cm. L aménagement de la pièce consiste en la mise en place de deux séries de négatifs : façonnage et retouches. On note deux bords parallèles, plus ou moins convexes, façonnés et retouchés, reliés entre eux par la partie distale, qui forme un troisième tranchant retouché (90 ). La partie proximale a préservé le talon (2,3 x 0,6 cm), lisse, avec abrasion de la corniche, ainsi qu une partie d une ancienne surface débitée. Le tranchant gauche (10,7 cm) est formé de deux rangs d enlèvements (proche de 70 ) : les plus anciens sont plus ou moins longs (3,1 X 4,0 cm et 1,8 x 1,2 cm), deux d entre eux sont larges et profonds, rebroussés. Des petits enlèvements, ressemblant aux égratignures d utilisation, sont observés sur la partie méso-distale de ce bord (78 ). Le tranchant droit (8,9 cm d extension), d'angle proche de 80, plus abrupt que le premier, est également égratigné. Un grand négatif de façonnage, large et profond, rebroussé, sculpte le tranchant (2,0 x 5,0 cm de largeur). Puis une série de retouches directes, courtes, écailleuses, assez souvent réfléchies, occupe la majorité du tranchant et contribue à son aspect convexe. De même, sur la face inférieure, est installée une série de grignotages. Enfin, sur le bord distal, les retouches scalariformes, réfléchies, ont crée un bord rectiligne abrupt (3,4 cm d extension). Soulignons que la pièce a été retravaillée après son contact au feu, dans les côtés gauche et droit, et aussi dans la partie distale. Ceci peut être vérifié car les gros enlèvements de façonnage viennent recouper la surface thermique. On observe l'inverse, c'est-à-dire l intrusion de cupules dans le grand négatif qui part du talon, et sur quelques négatifs du tranchant gauche distal, ce qu'indiquent des enlèvements avant la brûlure. La tracéologie montre une utilisation masquée, pas de données sur le mouvement ou le matériel travaillé [Alonso 1997]. 3 - éclat petit à moyen (peu épais), support d outil unifacial (fig. 74) : 3 outils forment cette catégorie. Ils appartiennent aux niveaux inférieur et moyen. Les éclats, au moment de leur abandon, ont une longueur proche de 4 cm. Les supports sont bien transformés après détachement. - Pièce (VIII inférieur K9) : l outil est réalisé sur un support qui, au moment de l abandon, présentait un volume moyen, proche de 4,1 x 3,7 x 2,2 cm (axe morphologique). Il est débité en silexite de granulométrie fine, de couleur brunâtre modifiée par l action thermique : 50 % de la face inférieure est détruite par le feu. D après Fogaça [2001 : 201], le support est la portion mésiale d un éclat qui était beaucoup plus grand au départ. La face supérieure présente une surface lisse au centre, parallèle à la face inférieure (mais pas dans le sens de l axe de débitage du support) probablement antérieure au débitage de l éclat. Cette surface est partiellement réduite à partir de deux séries d enlèvements centripètes, qui ne suivent pas une organisation selon un sens horaire ou anti-horaire. Les négatifs de la portion proximale ont une coloration différente du reste de la pièce. Deux séquences clairement observées, délinéent un tranchant sub-circulaire : la première occupe tout le périmètre de la pièce, les angles sont proches de 60. Ces négatifs ont leur portion proximale recoupée par un deuxième rang d enlèvements (retouche) qui occupent, eux aussi, toute la longueur du tranchant. La tracéologie n a pas identifié d utilisation. - Pièce 2444 (VIII moyen K10) : le support est un éclat de taille moyenne, peu épais, 171

10 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII mesurant au moment de l abandon, 4,2 x 3,9 x 1,8 cm (axe morphologique). La face supérieure présente une surface centrale autour de laquelle se structurent deux rangs d enlèvements. Le premier, effectué dans le sens horaire (dimension proche de 1,3 à 1,6 cm), a laissé des contre-bulbes bien marqués. Ils forment avec la face inférieure, un angle proche de 70. Une deuxième séquence, dans le même sens que la première, plus courte, est visible sur quelques secteurs des tranchants. Enfin, une série d égratignures est observée dans la partie distale du bord droit. L examen tracéologique n a pas pu retrouver de microtraces d utilisation. - Pièce (L10) : éclat peu épais (4,7 x 3,1 x 1,7 cm), réalisé sur la silexite très fine (noir brillant) homogène. L outil est confectionné dans la partie méso-distale d un éclat qui a dû être plus grand au départ. La face supérieure est formée par une série d enlèvements plus ou moins centripètes, envahissants, dont quelques-uns peuvent être antérieurs au débitage du support. Ces enlèvements ont façonné le volume en délinéant des tranchants plutôt convexes pour les bords gauche et droit (angles variant de 75 à 70 ). Les retouches sont principalement observées dans la partie distale : directe, courte, continue, écailleux ; quelques-unes atteignent aussi la face inférieure [Fogaça 2001 : 207]. On note deux enlèvements en coche clactonienne. 4 - éclat moyen (et fragment d éclats) faiblement transformé (unifacialement et bifacialement), support d outil simple (fig. 75) : 14 outils composent cette catégorie. Il s agit d éclats et fragments, de taille petite à moyenne, de morphologie très variée. Sept exemplaires sont réalisés sur éclat entier, d'environ 2 à 7 cm de longueur dans l'axe technologique. La largeur est de 1,5 à 5 cm environ pour une épaisseur moyenne de 2 cm. Les six autres outils ont comme support les parties proximales, mésiales ou distales d éclat. Les supports peuvent être de plein débitage, dont on n observe aucun vestige cortical ou de début, de débitage, dont on note des zones corticales plus ou moins importantes sur la face supérieure. Quelques enlèvements vont transformer des secteurs spécifiques des pièces. En général, un premier rang va façonner le volume de la zone choisie (envahissant ou long). Ensuite, une série d enlèvements directs, courts, parallèles ou sub-parallèles (qui peuvent aussi résulter d une utilisation) plutôt marginaux, vont dégager des tranchants rectilignes, concaves ou convexes. Une variante de cette catégorie sont les pièces retouchées sur les deux surfaces (4 éclats) : trois sont entières, la quatrième est sur fragment d éclat. Pour les éclats entiers, la longueur dans l axe du débitage est située, entre 4,2 et 6 cm ; la largeur entre 2,9 et 5,9. Les transformations de la face supérieure peuvent être très localisées ou au contraire, peuvent atteindre toute la portion d un des tranchants (comme c'est le cas pour l outil sur fragment d éclat B fig ). Une première série d enlèvements façonne le secteur choisi avec des enlèvements longs, parfois larges, et qui peuvent occuper une bonne partie de cette surface supérieure. Ensuite, un rang de retouches directes, courtes, parallèles ou scalariformes va délinéer des tranchants arrondis, plus ou moins convexes. Pour la face inférieure, les enlèvements peuvent être plus ou moins courts, suivis d une série d égratignures. Globalement, ils occupent une zone spécifique de l éclat, plus rarement, ils sont observés en deux secteurs. 5 - outil bifacial façonné/retouché à la pression (fig. 74): une seule pièce remplit cette catégorie. Il s agit d un fragment de pointe de jet. La pièce se situe dans la partie supérieure de la stratigraphie, mais le niveaux n'a pas de date directe. Il se situe entre le VIII moyen (10120 BP) et VII base (9520 BP). 172

11 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII - Pièce (VIII Supérieur K11) : l objet est réalisé dans une silexite grisâtre de granulométrie fine, très homogène. Malgré les cassures qui ont emporté les parties proximales 173

12 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII et la toute dernière partie distale de la pièce, il est possible encore de classer l objet dans une forme triangulaire, bifaciale, légèrement dissymétrique (0,6 cm d épaisseur pour la partie distale). Le type de support ainsi que son mode de percussion n'ont pas pu être déterminés. La forme du support est réalisée à partir de retouches par pression, directes alternées entre les surfaces supérieure et inférieure. L aménagement des surfaces est constitué principalement de deux rangs d enlèvements : un premier qui façonne l objet en cherchent le volume désiré. Pour cela, il est possible d observer un ou deux négatifs incomplets, envahissants, rasants et larges. Ces enlèvements sont suivis d une série de détachements parallèles, assez réguliers, moins larges, à la fois envahissants et couvrants. Les bords sont bien marqués par la régularité déterminée par ce type de technique de détachement. L outil est brûlé et fragmenté, cependant la cause de son abandon a été vraisemblablement l enlèvement raté qui occupe une bonne partie d une des surfaces : d'après Pelegrin (comm. pers.), l onde de choc est allé très loin et très profondément, emportant beaucoup trop de matière Les outils bruts de débitage Deux pièces sont comptées dans cette catégorie d objets (pas de dessin) ; leurs bords ont été utilisés (confirmation par l examen tracéologique). 1) Pour l outil le plus grand (près de 8,5 x 6,2 cm, dans l axe morphologique), sans cortex, on note un tranchant assez développé (proche de 6 cm) utilisé brut, pour couper du bois. 2) La deuxième pièce, plus petite (3,4 x 3, 2 x 1,1 cm), et un éclat de plein débitage, détaché à la percussion directe dure. Une partie de la face supérieure, présente des cupules thermiques. Le tranchant utilisé présente un émoussé. La tracéologie a démontré une utilisation de grattage d os L analyse technologique Les matières premières utilisées Les deux roches utilisées sont la silexite (grains fin et moyen) et le grès, avec un usage largement dominant de la silexite. Ces matières sont présentes aux alentours du site, sous forme de blocs ou de galets de rivière (rayon de 5 km). On note l'absence de blocs non débités dans l abri, ce qui peut indiquer qu il n y a pas d'intention systématique de disponibilité d'une réserve de matières premières. Seule, la présence de nucléus peut indiquer (peut-être) un stockage [Fogaça 2001]; cependant, ces nucléus ne correspondent pas à toutes les catégories d outils observées dans les niveaux. Par ailleurs, le cortex observé sur les vestiges indique un approvisionnement par des nodules roulés en surface, plus rarement provenant de la rivière. Enfin, une variété très fine de silexite, rare dans l ensemble des industries du Boquete, est particulièrement présente dans le niveau VIII [Fogaça 2001]. Cette matière a été utilisée pour fabriquer une partie importante des outils retouchés, lesquels présentent en général des stigmates de contact avec le feu (30% de la collection est atteinte par le feu : principalement les éclats de façonnage et de retouche ), parfois même des enlèvements post-contact. La question posée est de savoir si cette matière très fine correspond à un faciès naturel de la roche ou, au contraire, à un traitement thermique intentionnel. D autre part, cette matière, très homogène et fine, a pu être disponible à un moment spécifique (lors des premières occupations) et donc les premiers groupes ont pu disposer d'un 174

13 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII choix immédiat et abondant, ce que les groupes qui leur ont succédé n'ont peut-être pas eu ; et ceci, même si les premiers groupes avaient une connaissance limitée du secteur, car la matière première a pu être facilement repérée. C'est ainsi que dans les vieux remplissages lithifiés des parois d'abris (anciens méga-conduits de grottes recoupés par l'érosion), on observe des amalgames sédimentaires incluant des blocs de silexite de qualité très variable (Abri do Pimpo, Abri do Malhador,...). Enfin, du fait que les blocs initiaux sont absents du site, il est difficile de connaître précisément les critères morphologiques et volumétriques choisis au début de la chaîne opératoire Les nucléus Quatorze pièces font partie de cet ensemble. Comme déjà souligné, lors de notre mission d'étude de cette collection au Brésil, les nucléus étaient absents de l ensemble analysé. De ce fait, nous empruntons à Fogaça et Lima [1991], Prous et al. [1992] et Fogaça [2001], l'analyse des nucléus. Les auteurs utilisent une classification basée sur la forme des supports dans leur états d'abandon (conique, globulaire, pyramidal, etc.) au lieu d'une classification en rapport avec la méthode de taille ; et comme mesure, le poids et le volume au lieu d'une mensuration en centimètres. Dans un premier temps, les nucléus seront décrits à partir de l'analyse des auteurs (on conserve leur typologie), en les classant par niveau, avant que, dans un deuxième temps soient exposés les principaux résultats de leur étude. Enfin, nous présenterons les mensurations, établies à partir des dessins et donc restent approximatives, et des derniers enlèvements, puis la description des schémas diacritiques, pour finalement, rapprocher les outils des nucléus du niveau Les descriptions Niveau inférieur (fig. 76 et 77) Nucléus "type conique" : - Pièce (L10) : le nucléus est réalisé probablement en silexite ; le volume est proche de 3 x 3 cm. Les effets de l action thermique sont observables sur le plan de percussion lisse, marque d'une grande cupule thermique. Le nucléus conserve une petite zone corticale sur l extrémité inférieure, opposée au plan de frappe. Les négatifs d'enlèvement correspondent aux séquences de renfort et/ou nettoyage de bord [Fogaça 2001 : 311]. Notre lecture : il s'agit d'un nucléus à séquence unipolaire, à partir d'un seul plan de frappe. Les enlèvements utilisent la plus grande hauteur de la surface de débitage (dimension d'environ 3 x 2 cm). Le cortex dans le secteur opposé au plan de frappe montre la dimension du support. - Pièce (J9) : pas d illustration. La pièce est probablement réalisée en silexite. La matière première présente des impuretés (nodules). L action thermique a fragmenté la pièce en deux morceaux. A partir d un seul plan de percussion, une série d enlèvements courts et larges, assez souvent réfléchis, a été réalisée. Le poids de la pièce est de 42 g. La pièce est une "variation" de type conique, elle est semi-conique [Fogaça 2001]. Notre lecture : nucléus à séquence unipolaire à partir d'un plan de frappe. - Pièce (J9) : probablement réalisée en silexite. Volume proche de 3,9 x 4,9 cm. L action thermique a produit de petites cupules sur la surface de percussion. Après une série d enlèvements qui occupent toute la longueur du nucléus, une deuxième séquence de négatifs 175

14 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII réfléchis, mal contrôlée, a pratiquement détruit la surface de débitage en éliminant l angle formé avec le plan de percussion [Fogaça 2001 : 314]. 176

15 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Notre lecture : nucléus à deux séquences unipolaires à partir d'un plan de frappe ; puis une séquence d'enlèvements ratés a détruit la surface de débitage. Les négatifs mesurent environ 3 cm de longueur et ne présentent pas d accident. - Pièce (M 8/9) : probablement en silexite. Volume proche de 6,9 x 8,5 cm. La roche présente des impuretés sur le plan de frappe et sur la surface de percussion. Une partie de la surface de l objet conserve des zones corticales, surtout sur le flanc opposé à la surface de détachement d éclat [Fogaça 2001 : 315]. Figure 77 - nucléus : il s'agit d'un nucléus cortical de dimension moyenne [d'après Fogaça 2001]. Notre lecture : il s'agit d'un nucléus à deux ou trois séquences unipolaires organisés à partir d'un unique plan de frappe. Une partie des négatifs offre une longueur proche de 6 cm. La présence de cortex dans la surface de débitage et dans la surface opposée au plan de frappe, démontre que le bloc n'a pas été beaucoup plus grand au départ. Nucléus "type globulaire": - Pièce (K9) : réalisée probablement en silexite. Le volume est proche de 4,2 x 3,6 cm. Les trois plans de percussion correspondent à un négatif d enlèvement de débitage (il est possible que la pièce était beaucoup plus grande). Les plans de percussion ont été exploités diachroniquement, en profitant des négatifs de chacune des séquences de débitage. Les négatifs sont longs, larges ou étroits [Fogaça 2001 : 311]. Notre lecture : il s agit du nucléus le plus organisé de la collection. On note de séquences unipolaires et bipolaires réalisées à partir de deux plans de frappe opposés, avec quelques enlèvements séquentiels. Les négatifs sont longs et étroits (longueur proche de 2,2, 2,5 et 3, cm ). En conséquence, pour une partie, des éclats détachés de ce nucléus présentent sur leur face supérieure des négatifs d enlèvement de sens opposés entre eux. Nucléus "type pyramidal": - Pièce 3133 (J9) : réalisée probablement en silexite. De dimension très réduite, le nucléus, lors de l abandon, mesure environ 1,1 x 1,3 cm. Pièce confectionnée sur petit éclat épais. Le plan de percussion exploité est installé sur le talon de l éclat. La morphologie pyramidale est le résultat de la méthode de débitage et ne correspond pas à la forme originale du support [Fogaça 2001 : 313]. Notre lecture : nucléus sur éclat exploité à partir des séquences unipolaires à partir d'au moins trois plans de frappe. Les surfaces de débitage semblent dissymétriques. Les derniers éclats provenant de ce nucléus sont très réduits, mesurant environ 0,7 x 0,6 cm. Niveau moyen (fig. 78) Nucléus "type conique": - Pièce (J9) : réalisée probablement en silexite. Nucléus de dimension moyenne 177

16 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII (proche de 6,3 x 9,2 cm). L action thermique a beaucoup altéré une des surfaces de débitage. La roche présente des nodules [Fogaça 2001 : 311]. Notre lecture : nucléus à séquences unipolaires organisées à partir d'un large plan de frappe. 178

17 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Les derniers éclats ont une dimension proche de 5,3 x 4,2 cm et 2,4 x 2,3 cm, probablement détachés après abrasion du front du plan de frappe, car, d'après le dessin, sur les bords du nucléus, on note une abrasion constante. Nucléus "type cylindrique" : - Pièce (M-20?) : produit de dimension proche de 5,0 x 4,2 ou 3,6 x 5 cm. La pièce préserve une zone corticale à l'opposé des plans de percussion et sur les flancs. Il existe deux plans de percussion adjacents, lisses. Les surfaces de frappe ont été partiellement utilisées. On note l action thermique [Fogaça 2001 : 316]. Notre lecture : nucléus à séquence unipolaire organisé à partir d'un plan de frappe. Les zones corticales indiquent que le bloc n'a pas été beaucoup plus grands. Un des négatifs mesure environ 4,7 x 2,7 cm (longueur, largeur). Les négatifs ne sont pas réfléchis. Nucléus "type parallélépipède" : - Pièce : de dimension réduite, proche de 4,5 x 1,5 cm. La pièce conserve une importante zone corticale sur un des flancs, non débités. L action thermique a fracturé la moitié d'un des trois plans de percussion principal. Les négatifs sont courts et larges, assez souvent réfléchis [Fogaça 2001 : 311]. Notre lecture : nucléus à séquences d'enlèvements unipolaires (peut-être bipolaire aussi) réalisés à partir d'un plan de frappe. Au moins un des derniers négatifs mesure environ 4 cm. - Pièce : nucléus de petite dimension, proche de 2,3 x 3,3 cm. L action thermique a détruit en grande partie les surfaces de percussion et un des plans de frappe. La matière présente des impuretés (nodules). Le nucléus a été peu exploité par rapport au volume de matière disponible. Les négatifs sont longs et larges [Fogaça 2001 : 315]. Notre lecture : nucléus peu organisé, exploité à partir de plusieurs plans de frappe. Nucléus "type pyramidal" : - Pièce (K9) : nucléus de dimension proche de 7,3 x 7,8 cm. Un des plans de frappe correspond à un négatif d éclat. A partir de deux plans de percussion, les enlèvements tendent à converger assymétriquement (plus courts sur une des surfaces). Les négatifs sont réfléchis [Fogaça 2001 : 312]. Notre lecture : nucléus à séquences unipolaires et bipolaires (courtes et longues), organisés autour de deux plans de frappes principaux (peut-être trois). Les surfaces de débitages sont dissymétriques, ce qui correspond à des produits non stéréotypés. Les derniers négatifs mesurent environ 3,7 x 2,9 et 5,2 x 4,0 cm. Niveau Supérieur Nucléus "type conique" : - Pièce (M8) pas d illustration : volume très réduit (poids = 13 g) sur lequel on observe un seul plan de percussion d'où sont partis plusieurs enlèvements qui englobent toutes les surfaces de percussion. Les négatifs sont longs et étroits, ou courts et larges. Les éclats sont en partie réfléchis. Les effets de l action thermique sont observés sur le plan de percussion [Fogaça 2001]. Il s'agit probablement du même type de nucléus précédent : à partir d'un plan de frappe sont détachées une ou deux séquences unipolaires. - Pièce (N20) : dans un volume d'environ 4,8 x 4,1 cm (hauteur, largeur), légèrement cortical, a été installé un plan de frappe à partir duquel toute la surface du bloc a été exploitée (fig. 79). 179

18 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Les enlèvements sont courts et larges, très rarement réfléchis. Le cortex résiduel est préservé dans l extrémité opposée au plan de percussion [Fogaça 2001 :316]. Il s'agit probablement de la silexite. Notre lecture : le nucléus présente une méthode de taille à 2 séquences unipolaires (courtes et longues) organisés autour d'un plan de frappe lisse. Nucléus "type parallélépipède" : - Pièce (J11) pas d illustration : petit nucléus (proche de 1,9 x 2,1 cm). La pièce présente 4 plans de percussion, lisses, qui englobent le support. Nucléus très exploité à partir de deux plans principaux et opposés. Deux autres plans ont été créés à partir d'enlèvements provenant des plans principaux. Présence d accidents réfléchis, ainsi que de cupules de contact thermique [Fogaça 2001 : 317]. Il s'agit d'un nucléus à séquences unipolaires et bipolaires. Puis, nous pouvons résumer les principales conclusions : D après Fogaça [2001 : 328], "les morphologies des nucleus résultent de méthodes de débitage et de stratégie d exploitation des pièces". De ce fait, il a classé les nucléus en : conique, parallélépipédique, pyramidal, globulaire, cylindrique et discoïdal : Les nucléus coniques peuvent posséder un ou deux plans de percussion, mais ceux à un seul plan dominent. Ceux à double plan ont toujours le deuxième adjacent au premier, formant ainsi une surface unique de laquelle partent les enlèvements. Les négatifs tendent à converger vers la surface opposée (exemple : , , ). Il y a une exploitation totale des surfaces de débitage des pièces [Fogaça 2001 : 328]. Les nucléus cylindriques : un ou deux plans de percussion, parfois ce sont les caractéristiques de départ du support qui donnent la morphologie cylindrique (éclat cortical robuste, peu exploité). D autres pièces, plus caractéristiques du groupe, présentent un plan de percussion principal duquel diverge la majorité des enlèvements ; néanmoins ces enlèvements ne convergent pas vers le pôle opposé. Ces nucléus possèdent des zones corticales planes, préservées des enlèvements axiaux, et un plan de percussion lisse [Fogaça 2001 : 330]. 180

19 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Nucléus discoïdal : possède le plus grand nombre de plans de percussion (minimum 3), obliques ou orthogonaux entre eux. La principale caractéristique de ce groupe est l exploitation intense d'un des plans de débitage. Enfin, les surfaces de percussion sont lisses ou corticales. Les nucléus globulaires : possèdent un, deux ou trois plans de frappe, sans aucune hiérarchisation entre eux. Les surfaces sont totalement exploitées. Les nucléus de forme parallélépipédique : présentent deux à quatre plans de percussion (prédominance de deux plans). Il y a toujours un plan principal, plus exploité, au détriment des autres. De cette exploitation résulte une forme allongée avec faces abruptes. Quelquefois, la forme en parallélépipède, résulte de la morphologie originale du support. Les plans de frappe sont majoritairement lisses. Les surfaces de débitage sont partiellement ou totalement exploitées ; celles partiellement exploitées conservent toujours une zone corticale ou une surface naturelle de plaquette ? Les nucléus pyramidaux : présentent un ou deux plans de frappe (une seule pièce avec 3 plans, ). Il y a une exploitation d un plan préférentiel, mais les plans de frappe orthogonaux, même moins systématiques, confèrent aux pièces leur morphologie polyédrique irrégulière. Sans exception, les plans de frappe sont lisses. Les surfaces de débitage sont partiellement exploitées (présence de cortex pièces , , ) [Fogaça 2001 :329]. Ensuite on conclut que, les observations effectuées sur les informations produites par Fogaça [2001] ainsi que les observations sur les dessins, permettent, dans un premier temps, de mettre en évidence les tendances générales des méthodes de taille. Ensuite, il est possible de tenter un rapprochement entre les schémas diacritiques des nucléus et les supports de l outillage du niveau En synthèse, 1) La méthode : l'ensemble des informations montre que la méthode de taille est peu élaborée, mais assez souvent avec une hiérarchisation de plan de frappe. Le nucléus non pas de préparation spéciale. L'unique technique est la percussion directe dure. Il s'agit d'une dominance de la méthode à séquence unipolaire, plus rarement bipolaire, courte et longue, organisée autour d'un plan de frappe lisse (voir plus). En général, les produits ne sont pas stéréotypés. Cependant on note une recherche de produits de longueur d'environ 5 à 2 cm (dans l'état d'abandon du nucléus). Nous ne connaissons pas les dimensions des blocs au départ et la bibliographie consultée ne parle pas de la présence d'éclats d'entame ou sousentame, pour qu'on puisse s'en faire une idée. Toutefois, quelques nucléus présentent de cortex dans le secteur opposé au plan de frappe, parfois dans la surface de débitage, ce qu'indique qu'ils n'ont pas été beaucoup plus grands. 2) Il y a un contraste entre les supports d'outils retouchés (unifaciaux) et les dimensions des négatifs sur les nucléus. Le peu d outils retouchés qui ont des dimensions proches des négatifs de nucléus (catégorie des unifaciaux réalisés sur éclats, petit ou moyen, peu épais), sont des supports intensivement transformés, donc plus grands au départ. Enfin, les outils les plus grands de la collection sont ceux qui ont des retouches marginales avec peu ou aucun façonnage. Leurs dimensions sont bien supérieures à celles enregistrées sur les nucléus. Ces données indiquent donc qu il n y a pas de rapport entre les instruments les plus grands et les plus complexes de la série (grattoirs, unifaciaux, ) et les nucléus de la couche VIII, au moins dans l'état d'abandon retrouvés. Cela dit, nous ne croyons pas que ces nucléus étaient beaucoup plus grands, d'autant plus que ceux qui présentent du cortex montrent qu'il s'agit de 181

20 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII petits blocs recherchés pour l'enlèvements d'éclats moyens à petits, qui, comme nous le verrons, ont servi comme de support aux outils simples et bruts de débitage. 3) Il faut maintenant faire le rapprochement entre les nucléus, les outils simples, et les outils sur brut de débitage. En effet, ces deux catégories d outils peuvent être mises en rapport avec les nucléus : on note pour les supports d'outils simples une longueur entre 2 et 6 cm et une largeur qui varie de 1,5 à 5,0 cm. Les faces supérieures présentent parfois du cortex ; les négatifs sont dans le même sens, plus fréquemment en diagonale ou sub-parallèles au débitage du support. Les talons sont lisses, parfois avec abrasion de la corniche. Pour les restes bruts de débitage, la pièce la plus petite est comprise entre 3,4 et 3,2 cm. La face supérieure ne présente pas de cortex ; un seul négatif, dans le sens du débitage du support, est observé. Le rapprochement entre ces deux types d'outils et les schémas inscrits sur les surfaces de nucléus correspondent. Enfin, concernant la classification des nucléus établie par Fogaça [2001], conique, discoïdal, etc., on note que quand il manque d'élaboration dans la méthode de taille ou encore de l'absence de plan de frappe préférentiel les nucléus tendent à une forme globuleuse, si le débitage est assez avancé [Inizan et al 1995]. Cela indique que la forme du nucléus est plutôt le résultat de la méthode utilisée. Il est donc préférable de les classer par rapport aux séquences des enlèvements que par rapport à la forme qu'ils ont au moment de l'abandon, car, en réalité, tous ces "types" de nucléus sont en fait des variantes d'une ou deux méthodes : séquences unipolaires à partir d'un plan de frappe préférentiel voir deux (nucléus bipolaires), ou encore méthode sans aucune organisation dont c'est la morphologie du bloc que guide les détachements. En résumé, nous rejoignons Fogaça [2001 : 335] pour dire que ces nucléus ne dévoilent aucune complexité technique spéciale. Ils résultent de solutions simples pour l'obtention de supports similaires (exploration périphérique résultant en nucléus coniques ou cylindriques, par exemple). Cette recherche de nucléus peu sophistiqués peut être justifiée par la nécessité constante de production d outils simples, peu systématisés ou les restes bruts de débitage, immédiatement utilisables, sans adéquation du support à des concepts prédéterminants. Néanmoins, on note une recherche d'un certain type de tranchant, parfois abrupt, d'autre fois fin et très coupant. Précisons que la majorité des nucléus présente les critères d un débitage peu organisé [Inizan et al. 1995]. Il s agit de blocs avec deux surfaces de débitage qui s opposent, complétées parfois d une troisième, perpendiculaire, et d'enlèvements débités sur l épaisseur du volume. Les accidents du type rebroussé sont assez fréquents. Cependant, pour une autre partie de nucléus, quelques critères laissent penser à une conception de débitage plus organisée : hiérarchisation des surfaces de débitage, entourées de négatifs d enlèvement centripète, négatifs sans ou avec peu d accident. Enfin, un des nucléus laisse supposer son utilisation comme outil. Deux méthodes, peu élaborées, peuvent être proposées pour ces pièces : 1) pas de morphologie spécifique ou de préparation spéciale, ou encore de hiérarchisation de surface. Le choix de plan de frappe est fait à partir de la morphologie du support et de l angle approprié. Ces pièces tendent à une forme globuleuse, conique ou discoïdale. La méthode de taille est peu élaborée, sans enlèvement prédéterminé ou prédéterminant. Différentes séquences unipolaires sont observées sur les surfaces : unipolaire courte ou longue, centripète. 182

21 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII 2) d'autres les nucléus témoignent d'une hiérarchisation de surface de débitage ainsi que d une organisation des enlèvements qui n existe pas sur les premiers. Les éclats peuvent être plus normalisés (la majorité ne le sont pas), sans accident, ce qui peut être traduit comme une recherche spécifique et non d' un débitage aléatoire Les techniques de taille La technique de détachement d éclats la plus fréquente est la percussion directe dure (bulbe bien marqué, point d'impact concentré, talon large). Cependant, l utilisation de la percussion directe tendre pour des phases de façonnage, est très probable. Nous n'avons pas examiné les restes bruts de taille ; toutefois, les négatifs visibles sur la surface de certains objets (ex. outil 2796) présentent des caractéristiques qui font penser à cette technique (très rasants, ondes très légères dans la toute dernière partie de l enlèvement). Nous avons différencié au minimum 4 variantes techniques quant au détachement et à la transformation de supports au sein de la collection : 1) détachement d éclat moyen à grand, allongé (tendance à plat) à la pierre dure (proche de 10 cm), à partir de nucléus qui sont probablement absents du site. Ces éclats sont ensuite transformés (percussion dure et/ou tendre) marginalement tout au long de leurs tranchants (outil unifacial plat), ou complètement, vers une forme plan-convexe, peu épaisse, à partir des enlèvements rasants envahissants, probablement produits à la percussion tendre. Une autre possibilité est que ces éclats viennent de nucléus qui sont dans le site, mais avant qu'ils soient très réduits. Cependant, cela nous paraît peu probable car tous les exemplaires de nucléus qui portent du cortex témoignent de blocs petits à moyens. Ce sont les éclats d'entame ou de sous-entame qui pourraient confirmer cette hypothèse, mais ils sont absents du site. 2) production d éclat moyen à grand (proche de 10 cm), allongé, épais (proche de 4 cm), à la percussion directe dure, ensuite retouché par percussion directe dure (nucléus absent du site). Une variation de cette exploitation est un éclat plutôt moyen (5 ou 7 cm) et moins épais. 3) production de support peu standardisé petit à moyen (3 à 6 cm), détaché à la percussion directe dure, puis légèrement transformé en outil par des enlèvements de retouches réalisés à la percussion dure. Une variation de ce type de production est observée sur un groupe d éclats de même taille (proche de 4 cm) retouchés sur les deux surfaces, au percuteur dur. Les nucléus de la couche peuvent être rapprochés de ces objets. 4) un dernier schéma d exploitation est le façonnage de pièces bifaciales achevées par la pression. Un fragment de point de jet est le seul objet qui prouve l utilisation de cette technique dans la vallée du Peruaçu Les produits de taille : les éclats Reprenant la classification de Fogaça et Alonso [1991] et Fogaça 2001], nous l adaptons à l approche de notre analyse, pour la rendre, dans la mesure du possible, comparable à l étude des autres niveaux. Quelques limites sont à souligner : i) la limite la plus importante à cette démarche vient du fait que l'étude réalisée par Fogaça [2001], Prous et al. [1992] et Fogaça et Alonso [1991], concerne le regroupement des pièces provenant des niveaux VIII et VII, et l'absence d'une d'étude de chacun des niveaux pris séparément. Comme notre approche est réalisée pour chaque couche (et chaque niveau) isolément, il est très difficile de comparer les résultats de cette étude aux autres couches. ii) nous ne connaissons pas les chiffres spécifiques de chaque groupe classé (groupe 1 : éclats semi-corticaux, groupe 2 : éclats sans cortex ); 183

22 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII les auteurs ne précisant que les chiffres de l'ensemble VIII-VII. Faute d'avoir pu analyser les restes bruts de débitage de la couche VIII, il paraît important de présenter l'analyse réalisée par les auteurs cités. Après la présentation synthétique de leur classification, nous tenterons un rapprochement avec notre approche, en présentant une synthèse commentée de cette étude Les analyses réalisées Fogaça [2001 : ] a crée 12 groupes et sous-groupes pour l'ensemble d'éclats étudié (2.084 pièces). Nous le présentons de manière synthétique en 5 catégories, en suivant l'ordre établi par l'auteur (fig. 80 à 84) : - Groupe 1 - les éclats semi-corticaux (fig. 80) : les pièces recensées confirment la nature de la matière première recherchée : la matière provient de rognons roulés en surface. Seules quelques rares pièces démontrent une utilisation de galet de rivière. Le cortex est situé sur la partie distale. Les pièces ont une longueur qui varie de 2 à 4 cm; largeur entre 2,4 et 5 cm; épaisseur entre 0,5 et 2 cm. Les talons sont lisses, épais de 0,1 à 1,6 cm. La morphologie générale des éclats est trapézoïdale, le profil est principalement rectiligne. L'angle entre la face inférieure et le talon est abrupt ou semi-abrupt. Les négatifs sur la surface supérieure sont en deux rangs : le premier, long, large, suivi d'une série d'enlèvements plus courts, réalisés pour renforcer les bords [Fogaça 2001]. Figure 80 - Bruts de débitage, couche VIII : groupe 1 selon E. Fogaça [dessin E. Fogaça 2001]. - Groupe 2 - éclats sans cortex, normalisés (fig. 81) : les produits peuvent avoir une morphologie plutôt allongée avec profil principalement rectiligne. Longueur comprise entre 4,5 et 2,6 cm, largeur de 2,3 à 1,2 cm ; épaisseur comprise entre 1et 0,3 cm; talon lisse, épais de 0,2 à 0,5 cm. Ou alors, forme plus carrée, profil rectiligne ou arqué. Longueur entre 1,5 et 3,5; largeur de 2,2 et 3,6 cm ; épaisseur proche de 0,5 et 1 cm ; talon lisse, épais de 0,1 et 0,5 cm. Une variante regroupe les éclats avec négatif orthogonal distal. Ceux-ci ont une tendance à une forme trapézoïdale, ou triangulaire déviée (axe morphologique en discordance avec l'axe de débitage), ou encore quadrangulaire. Les faces supérieures de cette catégorie présentent des négatifs longs ou larges suivis d'autres plus courts. De notre point de vue, les pièces dessinées semblent présenter une abrasion de la corniche. Les négatifs installés sur les faces supérieures, sont dans l'axe du débitage du support ou légèrement en diagonal, ce qu'indique les séquences unipolaires; ou alors, dans le cas de certains exemplaires, avec un négatif orthogonal. Les dessins ne montrent pas beaucoup de négatifs rebroussés. 184

23 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Figure 81 - Bruts de débitage, couche VIII : groupe 2 selon E. Fogaça [dessin E. Fogaça 2001]. - Groupe 3 - les éclats sans cortex, de dimension plus importante (fig. 82) : épais, plus large dans les portions méso-distales. La longueur varie de 3,1 et 4 cm ; la largeur de 2,7 et 4,5 cm ; l'épaisseur de 0,7 et 1,8 cm. Les talons sont lisses, épais de 0,5 à 1 cm. Le profil est rectiligne ou arqué. Les angles des talons avec les faces inférieures sont abrupts ou semi-abrupts. Les produits sont déviés vers la droite ou la gauche, guidés par combinaisons de nervures des négatifs de renfort de bord. Les surfaces supérieures présentent des négatifs longs et larges [Fogaça 2001]. Figure 82 - Bruts de débitage, couche VIII : groupe 3 selon E. Fogaça [dessin E. Fogaça 2001]. - Groupe 4 - les éclats de petites dimensions (fig. 83) : en général les éclats de cette catégorie sont plus longs que larges. Leur morphologie est trapézoïdale, carrée ou sub-circulaire. Les profils sont rectilignes ou arqués. Les dimensions varient entre < 1cm et 1,5 de longueur. 185

24 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII L'épaisseur est comprise entre 0,1 et 0,2 cm. Les talons sont lisses, épais de 0,1 à 0,3 cm, plus rarement linéaires ou ponctiformes, assez souvent avec abrasion du plan de frappe. Cette catégorie correspond à des négatifs d éclat de retouche de type sub-parallèle ou écailleux ; dans ce cas ils seront larges et courts. Ces pièces correspondent aux retouches inscrites sur les surfaces des outils unifaciaux. Une variation sont les éclats type "lamellaire", plus longs, étroits, toujours minces, légèrement arqués ; les talons avec abrasion de la corniche sont ponctiformes ou lisses [Fogaça et Alonso 1991]. Figure 83 - Bruts de débitage, couche VIII : groupe 4 selon E. Fogaça [dessin E. Fogaça 2001]. - Groupe 5 éclat de façonnage des pointes bifaciales (fig. 84) : il s agit, selon Fogaça et Alonso [1991], Prous et al. [1992], et Fogaça [2001], d une série d éclats de façonnage de pièces bifaciales minces, arquées, talon principalement punctiforme. Figure 84 - Bruts de débitage, couche VIII : groupe 5 selon E. Fogaça [dessin E. Fogaça 2001]. 186

25 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Cette classification technologique permet d abord une compréhension (bien que partielle) des intentions des tailleurs et aussi, dans la mesure du possible, de l articulation du travail qui se trouve en aval et en amont des outils. Nous verrons qu'une partie des produits a pu être mise en parallèle avec l outillage et les nucléus Les conclusions Nous pouvons en conclure que, - les nucléus retrouvés dans la couche VIII (tous niveaux confondus) ne correspondent pas, dans le stade d exploitation retrouvé, aux modules des supports des outils unifaciaux retouchés (plat ou épais). Ils ont pu, comme nous l'avons déjà signalé, être plus grands et à ce moment-là correspondre au supports d'outils plus élaborés. Cependant, les éclats d'entame sont absents et ceux qui présentent le plus de cortex (groupe 1 de Fogaça) mesurent maximum 4 cm, présentent de séquences des négatifs unipolaires ce qui correspond bien aux petits nucléus présent dans la couche. Par ailleurs, quelques nucléus correspondent à une partie des supports d outil simple et d'outil brut de débitage ( , , , , ). Ces nucléus présentent des négatifs dans le sens du débitage du support et/ou perpendiculaire; quelques-uns présentent du cortex. Ces éléments sont en accord avec le schéma diacritique retrouvé sur des éclats supports d outil simple et d outil brut de débitage, plus particulièrement sur ceux qui mesurent entre 3 et 5 cm de longueur avec une largeur moyenne de 3 cm, pour lesquels on observe des négatifs dans le sens du débitage de l éclat, parfois perpendiculairement à l axe, quelquesfois avec présence de cortex vestigial. En dehors de ces éclats supports, il est possible de rapprocher les petits éclats (1 à 2 cm) des petits nucléus ( , 3133). En revanche, l ensemble d éclats classés, par les auteurs cités, dans les groupes 2, 3, et quelques-uns dans le groupe 5, peuvent être, dans notre approche, rapportés à des phases de façonnage et de retouche des outils unifaciaux : les éclats plutôt larges, à tendance au rebroussé avec ondes profondes et bien marquées, avec ou sans cortex, de longueur proche de 4 cm, peuvent correspondre à la phase de mise en volume des outils unifaciaux robustes (ex. les outils de la deuxième catégorie - fig. 81). Les éclats larges ou plus minces, de longueur proche de 2 cm, avec ou sans rebroussé marqué, de tendance plutôt arquée, parfois avec négatif orthogonal dans la portion distale, peuvent être mis en rapport avec les unifaciaux plus ou moins épais (ex. les outils de la première catégorie, (fig. 80). Les petits éclats du groupe 4 de Fogaça, peuvent s inscrire dans le schéma observé sur les surfaces des outils plats ou peu épais (phases de retouche). Il s'agit d'éclats peu réfléchis, rectilignes ou courbes, larges, avec abrasion de la corniche, talons lisses ou linéaires. Les produits lamellaires (groupe 5, fig. 84), peuvent correspondent partiellement au façonnage de secteurs spécifiques de certaines des pièces unifaciales : partie distale, arrondie, parfois rasant, parfois semi-abrupt (2796, 4356, , , première catégorie d'outil - fig. 73). Concernant les produits classés par les auteurs cités, comme résultant des phases de façonnage de pointe de jet (groupe 5), il paraît difficile d'accepter que l'ensemble de ces pièces provienne de la chaîne opératoire de la pointe de jet (ou même d'une chaîne opératoire de pièce bifaciale commune), et ceci même si "les éclats ont été retrouvés aux alentours immédiats de la pointe". Il semble que, pour autoriser un rapprochement entre les éclats bruts de débitage (groupe 5) et la pointe, quelques critères technologiques doivent être observés : i) le profil des éclats doit avoir une tendance arquée. La présence de quelques talons dièdres pourrait aussi conforter ce rapprochement ; ii) la présence, sur les portions distales des surfaces supérieures, de négatifs opposés au sens du débitage. Ces éclats correspondraient au façonnage du volume de la pièce 187

26 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII bifaciale : négatifs envahissants, peu épais, portant sur leur surface supérieure la partie distale d'un négatif du tranchant opposé. Ces caractères peuvent être observés sur quelques éclats du groupe 5 (fig. 84, ligne D), mais pas sur l'ensemble du groupe. Bien que les auteurs parlent essentiellement d'un débitage à la percussion directe dure (l'éventuelle utilisation de la percussion tendre est évoquée dans le texte de 1991: "les talons punctiformes, qui peuvent attester d'un soin particulier ou d'une technique de taille au percuteur tendre, concernent majoritairement les petits éclats de façonnage de pièces bifaciales"), nous croyons qu'une partie importante de ces produits a été détachée à la percussion directe tendre. Notre hypothèse repose sur des observations qui méritent d'être reprises succinctement : a) la matière utilisée est décrite comme très fine, homogène, très bonne pour la taille ; b) les dessins montrent une abrasion insistée et systématique sur les pièces ; c) quelques dessins suggèrent des talons d'enlèvement à la percussion directe tendre (fin, sans point d'impact précis, lèvre bien marquée en arrière plan, sans bulbe marqué, ). Ces trois remarques sont en accord avec les industries étudiées dans le site de Bichos, pour la même période : pièces réalisées dans une matière très fine, présence constante de l'abrasion insistée sur le plan de frappe, utilisation fréquente de la percussion tendre. L'étude des industries de ce dernier site, permet un rapprochement entre une partie des restes bruts de débitage de Bichos et certains outils de Boquete. Même si les études publiées n'ont jamais affirmé l'utilisation de la percussion tendre dans les restes bruts du niveau VIII et VII ou, plus spécifiquement, l'utilisation de la pression pour la production de la pointe, il est important de noter que Prous et al. [1992] suggèrent que "certains de ces éclats auraient pu être détachés par pression". Si cette hypothèse est confirmée, elle permet de suggérer un changement de technique dans la production de l outil : 1- une première phase : dégrossissage d'un éclat ; 2- façonne la pièce : amincissement et rétrécissement par percussion directe organique tendre (très probable) 3- finition par pression. D'après Pelegrin (comm. pers.), à la pression, les éclats de retouche ont une largeur maximale de 8-10 mm, et sont très souvent fragmentés. Figure 85 - Point de jet et éclat : l'éclat est peu épais, très arqué, il est possible qu'il fasse partie de la chaîne opératoire de la pointe. Cliché H. David Cette hypothèse demeure car nous n avons pas pu analyser l ensemble des restes bruts, et nous ne connaissons ni le type de support utilisé pour la réalisation de la pointe (si éclat : dimensions et type de débitage, ), ni le volume initial de l'objet. Dans le matériel que nous avons étudié, le plus proche de cette couche (contact VIII/VII), aucune trace d éclat réalisé par la technique de pression n'a été identifiée, exception faite d'un petit éclat réalisé sur une matière de même qualité de la pointe (claire, très fine), de morphologie très arquée, très différent des autres produits. Cette pièce provient du contact entre les deux niveaux, tandis que la pointe vient du VIII supérieur (fig. 188

27 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII 85). Malheureusement, la partie proximale de l'éclat, qui pourrait confirmer ou infirmer la technique de détachement, est détruite. En résumé : une partie des produits a pu être associée aux nucléus de la couche. Il s agit des supports d outil simple et d outil brut de débitage, plus spécifiquement des nucléus de dimension proche de 3 à 5 cm de hauteur pour 3 cm de largeur. Les caractéristiques technologiques et morphométriques de certains éclats bruts de débitage ont permis de les associer aux phases de façonnage et retouche des outils unifaciaux (plat, peu épais). Ces éclats sont réalisés à la percussion directe à la pierre dure (peut-être aussi à la percussion tendre, bois végétal). Par ailleurs, quelques-uns des éclats mis en rapport avec des catégories de façonnage et retouche peuvent venir de certains nucléus, ceux aux volumes les plus petits, ou ceux qui présentent de négatifs proches de 3 ou 4 cm, en séquences unipolaires. Les dimensions et les schémas diacritiques inscrits sur les surfaces des éclats coïncident avec ces nucléus. Concernant la pointe de jet, l examen des surfaces démontre un façonnage à la pression. Nous n avons pas retrouvé de vrais indices de sa chaîne opératoire sur le site. Cependant, une partie du matériel classé, par les auteurs, comme provenant du façonnage bifacial de cette pointe (éclats réalisés à la percussion directe dure) peut en effet provenir d une phase de la chaîne de l objet, mais antérieurement à l utilisation de la pression. Probablement il y eut un changement de technique au sein de la production de la pièce : d abord un dégrossissage (percussion dure?), puis le façonnage (très probablement à la percussion tendre ) puis une finalisation à la pression Synthèse de l étude technologique Certains de ces résultats soulignent une série cohérente, les éclats de façonnage et de retouche pouvant être rapprochés des objets retrouvés dans les niveaux. D'autres peuvent être rapprochés de nucléus. Au moins 5 chaînes opératoires ont pu être mis en évidence : 1) Production d éclats de dimension moyenne à grande (proche de 10 cm), allongés, de section aplatie ou plan-convexe peu épais, détachés à la percussion directe dure, assez normalisés (fig. 86). Ces produits sont ensuite transformés par percussion directe (dure ou tendre?) marginalement ou complètement sur une des surfaces (retouche directe, plus ou moins longue, envahissante pour l objet à morphologie plan-convexe peu épais, large ou étroit, parfois rasant, peu réfléchi, avec abrasion de la corniche). 2) Production d éclats de dimension moyenne à grande (proche de 10 cm), corticaux ou non, épais, détachés à la percussion directe dure ; ensuite, transformés en outils unifaciaux robustes, de morphologie triédrique, par des enlèvements directs de façonnage et retouche (percussion dure). Le façonnage peut atteindre toute la hauteur du bord. Les enlèvements peuvent être larges, plus ou moins longs, profonds, rebroussés ou fracturés en Siret ; les talons sont lisses, avec abrasion de la corniche ou non. Les retouches sont petites, larges, assez souvent rebroussées ; les talons sont lisses, linéaires, fréquemment avec abrasion de la corniche (fig. 86). Certains des éclats, les restes bruts de débitage (façonnage et retouche) de la couche VIII, peuvent être mis en parallèle avec la confection d'outils de morphologie plate ou planconvexe peu épais. Les éclats classés "de retouche" peuvent être mis en parallèle avec la phase de retouche d'outils plus robustes. 189

28 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Figure 86 - Les chaînes opératoires de production des unifaciaux plats et peu épais. 3) Une série d enlèvements directs, plus ou moins envahissants, détachés à la percussion directe dure (contre-bulbe bien marqué, parfois réfléchi bien marqué), vont délinéer un volume peu épais d'éclats de taille moyenne (ou de fragment d éclat) détachés à la percussion directe dure (3,7 à 4, 3 cm). Ces pièces, peu normalisées, ont pu être beaucoup plus grandes au départ. Au moment de leur abandon, leur dimension était moyenne, mais ces outils ne sont pas entiers (fig. 87). 4) Production des éclats de dimension petite à moyenne (2,2 à 6,4 cm), avec ou sans cortex, détachés à la percussion directe dure, puis transformés marginalement sur une ou deux surfaces (outil simple), par des enlèvements directs ou inverses, courts, plus ou moins larges. Ces éclats ont pu être utilisés brut de débitage (3,4 et 8,5 cm). Une partie de ces supports (ceux de dimension proche de 3 à 5 cm, à enlèvements directs) a pu être articulée avec certains nucléus. Les nucléus responsables des supports les plus grands sont absents du site, ou bien, ils ont été obtenus à partir de ces mêmes nucléus, mais lors de phases antérieures. Dans ce cas, ces nucléus, initialement, étaient nettement plus grands. Il est impossible de prouver cette hypothèse, dans l'état de la recherche actuelle car i) nous n'avons pas d'éclats d'entame 190

29 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII parmi la série analysée ou bibliographie consultée qui pourrait indiquer les volumes de blocs ou départ ; ii) les dimensions d'éclats qui présentent du cortex dans la série coïncident bien avec les dimensions de nucléus de la couche ; iii) nous ne connaissons pas la qualité de la matière première des nucléus, car cet élément n'est pas décrit dans la bibliographie consultée. Figure 87 - Chaînes opératoires de l outillage de la couche VIII : concernant la chaîne opératoire des outils simples à retouche biface, notons qu'aucune référence à des talons dièdres n'a été constatée dans la littérature consultée. 5) une cinquième chaîne opératoire est la production de pièces bifaciales. Ceci est attesté par une pièce unique (fragment distal de point de jet) achevée par pression. La chaîne opératoire de l outil est en grande partie inconnue. Comme hypothèse, on peut envisager : détachement du support de taille moyenne à grande à la percussion directe dure ; premières transformations à la percussion directe tendre et la finalisation à la pression. Mais cette déduction reste à être confirmée (fig. 88). Figure 88 : chaîne opératoire de la pointe de jet. 191

30 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII Discussion A l'état d'abandon, les nucléus présents dans la couche VIII témoignent d'une méthode de taille simple (plus au moins organisée), fréquemment avec plan de frappe préférentiel : dominance de séquences d'enlèvements unipolaires (plus rarement bipolaires) organisées à partir d'un plan de frappe préférentiel. Parfois un deuxième plan de frappe adjacent est ouvert. Ce schéma diacritique peut être rapproché de certains éclats du niveau : ceux qui servent de support aux outils simples ou bruts de débitage. Par ailleurs, certains éclats rapprochés de phases de façonnage d'outil uni facial correspondent eux-aussi à ces nucléus. Les grands éclats supports d'outils plus élaborés ont probablement été ramenés dans l'abri déjà débités. Pour l'instant nous n'avons aucun indice qui nous permet d'affirmer que ces éclats proviennent de nucléus présents dans l'abri, même si on envisage qu'ils ont pu être détachés aux moments que les nucléus on pu être plus grands. D'abord parce que nous n'avons pas d'éclats d'entame qui pourraient donner la dimension de départ des blocs. Puis, parce que dans la bibliographie consultée ou dans la série examinée, aucun éclat ne dépasse les 5 cm, ce qui correspond bien aux nucléus petits et moyens du niveau. De plus, les nucléus avec cortex qui permettent une mensuration sont toujours de petite ou moyenne dimension. En fait, aucune information ne nous permet d'envisager avec assurance que ces différents éclats viendraient des mêmes nucléus, progressivement réduits. Aussi, pour l'instant on garde le principe que ces supports plus grands sont produits à partir d'une autre méthode de débitage réalisée hors site. En fait, il nous paraît qu il y a 4 grandes composantes de production dans la couche VIII : une recherche de produits robustes, une recherche de produits plus délicats, une recherche de produits plus simples ne nécessitant pas d'une adéquation du support à des concepts prédéterminants et enfin, la recherche de produits plus spécialisés comme la pointe de jet. Quelques points méritent d être soulevés : Il est certain que les nucléus retrouvés dans les niveaux, n'appartiennent pas à la majorité des chaînes opératoires de la couche VIII. Les produits recherchés dans ces nucléus, ont été utilisés principalement pour réaliser l outillage qui a servi aux nécessités quotidiennes ou diligentes, des outils simples immédiatement utilisables. Néanmoins, il ne faut pas oublier que ces nucléus ont pu être plus grands et donc responsables de produits de dimension plus importante, mais ceci reste à confirmer, car, dans le cadre de Peruaçu, nous n avons pas encore retrouvé (ou très rarement) de grands nucléus. Par ailleurs, la présence d une "économie du débitage" pour l outillage des niveaux VIII, est évidente. D une part (pour les produits les plus élaborés), il y a la recherche (ou la sélection) de produits plats ou peu épais, allongés, qui sont ensuite travaillés plus ou moins, mais toujours en gardant la morphologie installée depuis le début (ceux-ci proviennent probablement de nucléus beaucoup plus organisés, non visibles dans le site). Par la suite, ces produits sont très probablement emmanchés. D ailleurs tous les outils de cette catégorie présentent en commun un léger "palier" dans la partie proximale de l objet, qui a pu servir à cette fin. O. Santos (comm. pers.) a vérifié ce même phénomène sur un outil en grès, dans une série du Piauí. L emmanchement de ce type d'outil a été bien mis en évidence dans l'état de Goiás, dans les niveaux anciens des sites de Serranópolis [Schmitz in Schmitz et al. 2004] : des usures latérales et des restes de résine ont été constatés sur la partie méso-proximale des objets (fig. 89). D autre part, un deuxième produit est distinctement recherché qui concerne les éclats épais, allongés, qui sont ensuite transformés par enlèvements directs à la percussion directe dure, en outils robustes (trièdre). Ces deux produits sont presque opposés, puisque pour les premiers il y a l intention de 192

31 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII réaliser des pièces plutôt délicates, fines, soigneusement transformées, plutôt fragiles, alors que le deuxième est un produit épais, solide, presque rude. Notons cependant, que dans les deux cas, les tranchants disponibles sont complètement transformés par la retouche. Figure 89 - usures et restes de résine sur des pièces de Serranópolis [d'après Schmitz et al. 2004] : on note de l'usure sur la partie mésio-proximale des pièces et de la résine dans la partie distale. A la fin de cette période (VIII supérieur) la panoplie de cette industrie est complétée par la production de pointe de jet façonnée à la pression. Cet objet, unique dans la préhistoire du Peruaçu, démontre un haut niveau de savoir-faire. Les pointes façonnées à la pression, retrouvées en stratigraphie, sont observées au Mato Grosso (abri de sol), aux alentours de 7000 BP [Roosevelt 1995]. Aussi au Piauí, dans les niveaux les plus profonds du site Pedra Furada, un fragment de pointe a été exhumé. Dans le sud du Brésil, dans les industries de la Tradition Umbú, datées de BP, dont le fossile-guide est la pointe foliacée à retouche biface, Ribeiro [1999] et Schmitz [1984] signalent la présence d'un retouchoir en bois de cerf. Les outils unifaciaux, plus ou moins standardisés, démontrent eux-aussi un propos spécifique de recherche de supports, au moins pour les pièces les plus normalisées. Il est bien possible que ces 3 composantes de productions plus élaborées (pointe de jet, unifacial plat et/ou peu épais) aient guidé la vie de ces populations : la recherche de matière première de bonne qualité, les niveaux de savoir-faire,. Néanmoins, les produits les plus fréquents dans la collection sont de loin les moins normalisés, ceux que nous avons nommés "outil simple". Ceux-ci, contrairement aux premiers, correspondent en réalité aux nécessités immédiates, quotidiennes et les plus fréquentes et sont donc des produits qui n'ont pas besoin d une spécialisation ; en fait n importe qui a la capacité de les réaliser. Pour ces produits, nous avons les nucléus, qui comme eux, ont des morphologies très variées et ne montrent pas de prédétermination ou sophistication au stade de leur abandon. Aussi, la quantité plus importante de ce type d'outil coïncide avec la présence non négligeable de nucléus qui correspondent aux supports de ces produits. Enfin, un dernier point doit être soulevé. Il s agit des outils les plus sophistiqués de la collection qui ont eu un rapport avec le feu : ou bien ils ont été retrouvés complètement fragmentés par la chaleur ou bien, ils présentent une rubéfaction liée à ce type de contact. De plus, quelques uns ont été aménagés après contact thermique. La question posée est de savoir si ces contacts dissimulent une vraie intention technique ou, si au contraire, il ne s agit que d'accidents. Quoiqu il en soit il faut garder dans l'esprit la possibilité d un travail de chauffe réfléchi. Par ailleurs, la chauffé avant débitage et/ou façonnage a été remarqué par Schmitz et al. [

32 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VIII : 105] sur le matériel provenant d'un site tupiguarani de l'état de Bahia. Pour résumer les points principaux : - la percussion directe au percuteur dur, apparaît, d'après la bibliographie consultée, comme la principale technique de détachement d éclats et peut-être, aussi pour le façonnage et la retouche de ces supports. Cependant, il est bien possible qu une partie de l outillage ait été façonnée ou retouchée à la percussion tendre (quelques négatifs sont très rasants). De plus, l'utilisation d'une troisième technique a été mise à jour, concernant une pièce travaillée à la pression. - la présence d au moins cinq types de composantes opératoires distincts : 1) production d éclats moyens à grands, allongés, assez normalisés, transformés marginalement ou complètement, unifacialement (outil plat et peu épais) ; 2) éclats moyens à grands, allongés, épais, transformés en outils unifaciaux robustes ; 3) production d éclats moyens, peu épais, transformés en outils unifaciaux peu épais, peu normalisés ; 4) production d outils petits à moyens, peu systématisés ou utilisés bruts de débitage, à partir d éclats enlevés des nucléus de taille petite à moyenne, retrouvés dans les niveaux. Pour les pièces les plus grandes, nous n avons pas retrouvé les nucléus sur place ; 5) enfin, une pièce démontre l utilisation de la technique de pression pour façonnage de pointe de jet bifaciale. - La catégorie la plus présente est celle de la retouche : il y une fréquence très élevée de ce type de produit, en opposition aux produits de début de débitage. - La matière première la plus utilisée est la silexite (de grain fin ou moyen), suivie de loin par le grès silicifié. Quelques rares pièces dénotent l utilisation de galets de rivière. Les autres matières premières sont absentes. Soulignons la présence d une silexite très fine, pour laquelle nous ignorons si, en réalité, il s agit d un faciès ou du résultat d un traitement thermique. - la bibliographie consultée ne fait pas référence aux taux d accidents ; cependant si l'on observe l outillage, il est possible de noter que l accident rebroussé est bien présent, assez souvent de façon légère, avec des ondes peu marquées, sur les catégories d outils unifaciaux plats et peu épais et d'une façon plus marquée pour les autres catégories. Sur la pointe bifaciale, cet accident est presque imperceptible. - les céramiques, les pièces polies ainsi que les plantes domestiquées sont absentes des niveaux de cette couche. Les plantes sauvages retrouvées dans les foyers sont très bien conservées. 194

33 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII La couche VII Stratigraphie (géologique et culturelle) D'après Moura [1991] deux volumes sédimentaires sont observés pour la couche VII. Le premier constitue la partie supérieure de la couche correspondant à un sédiment rougeâtre clair (5 YR-6/4), de structure très compactée : silto-argilo-sableuse, et absence de végétaux. Les blocs argileux sont de format sub-angulaire, grands à petits ; de porosité très faible à inexistante, doux, fermes, très cimentés, peu collants. Le carbonate de calcium prédomine sur la matière organique et les textures sableuses comme les silts et les argiles. Les sables sont sub-angulaires et arrondis, principalement mats. Le deuxième volume correspond à la partie inférieure de la couche (74 à 88 cm), de couleur brune rougeâtre (10YR 7/1), volume structuré très compact (silto-argilo-sableux), sans fibres végétales. Les blocs sont sub-angulaires, grands à petits, de porosité faible, doux, friables, fortement cimentés, peu collants. Cet ensemble contient des minéraux, des blocs (silex et calcaire) et des nodules argileux. La transition est abrupte et plane. Des analyses chimiques montrent la prédominance du carbonate de calcium sur la matière organique. Les sables sont plus importants que les argiles et les silts. Ils sont faiblement émoussés, et l émoussé mat prédomine. En général ils sont constitués de nodules non ferrugineux [Moura 1991]. La couche VII est caractérisée aussi par l alternance de lentilles carbonatées blanches et d argile de décalcification de couleur blanche et rouge, dans laquelle de grandes parcelles de sols d occupation ont été identifiées. Une grande surface de la fouille 1 (ouest) est occupée par une concrétion qui forme des paquets au-dessus du niveau VIII. Un fragment de céramique a été retrouvé dans cette couche, à proximité d une grande concrétion effondrée, dans une zone clairement perturbée [Fogaça 2001 : 92]. D après Resende [1994], les vestiges végétaux sont assez abondants dans cette couche VII, conservés grâce à l action du feu. Ils sont surtout représentés par de petites noix de palmiers (Syagrus oleracea M.). Les structures les plus communes sont celles de combustion. D après Ribeiro et. al. [1996] et Fogaça [2001], il s agit du secteur où ont été retrouvés les foyers du niveau VIII Datations Les dates de la couche VII sont plutôt équilibrées (tabl. 14). La date de 9520 ±70 BP est légèrement plus récente, ce qui peut résulter d une contamination due à la présence de racines proches du foyer (carré H10). Strate Datation C 14 BP Laboratoire Datations calibrées VII ±260 CDTN VII moyen ±345 CDTN VII base (foyer) ±70 BETA à 8410 av. J.-C. Tableau 14 - Les datations de la couche VII : deux sigmas pour les dates calibrées Industrie lithique : Présentation quantitative du matériel Comme déjà souligné, pour compléter notre "étude-test" des niveaux inférieurs, nous avons choisi d analyser les restes bruts de débitage du carré J-12, très riche en vestiges lithiques, ainsi que l ensemble des outils (retouchés et bruts de débitage) et des nucléus de la couche VII. L ensemble fouillé de la couche a fourni 24 outils et 549 éclats, soit 573 objets. 195

34 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII Etude morpho-technologique La représentation de l outillage La couche VII (tous niveaux confondus) a révélé une variété d instruments (tabl. 15) : Strate Outil unifacial Outil simple Outil brut de débitage TOTAL VII supérieur VII inférieur sans localisation dans la stratigraphie TOTAL Tableau 15 - Les outils de la couche VII Les outils retouchés Au nombre de 18, ils correspondent à des outils unifaciaux (plan convexe et autres) et à des outils simples. Les premiers sont réalisés sur des éclats-supports de taille moyenne à grande, les longueurs variant entre 6,5 et 11 cm. Pour les seconds, les supports sont des éclats ou fragments d éclats de taille petite à moyenne (2,5 à 5,8 cm) dont les tranchants ont été plus ou moins aménagés. Dans un premier temps nous présentons les catégories et les descriptions détaillées de leurs attributs technologiques : - 1 grand éclat, support d outil unifacial (proche de 12 cm) - 6 éclats moyens (et fragments d éclat) supports d outil unifacial (entre 6,5 et 9 cm) ; - 11 éclats petits à moyens (et fragments d éclat) retouchés marginalement (unifacialement et bifacialement), supports d outil simple. 1- grand éclat support d outil unifacial (fig. 90) : il s agit d un grand éclat 11 x 7,5 x 3,7 cm (100-1), débité à la percussion dure (bulbe proéminent), dans la silexite de grain fin à moyen. La surface supérieure porte trois négatifs d enlèvements antérieurs au débitage du support. Les directions sont : parallèle à l'enlèvement du support, sub-parallèle et opposée. L aménagement consiste dans le façonnage et la retouche des parties distale et proximale de l objet, renforçant les bords arrondis installés dès le début du débitage (environ 70, partie distale) : la première série est directe, écailleuse, longue, large, peu profonde ; suivie par des enlèvements directs, plus courts, plutôt scalariformes, larges, plus au moins profonds. Sur la face inférieure (tranchant droit), quelques enlèvements courts et rasants sont installés. Figure 90 - Grand éclat support d'outil unifacial : retouché sur le front distal et sur la partie proximale (dessin M.J. Rodet). 196

35 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII 2- éclat moyen (et fragment d éclat) support d outil unifacial (fig. 91) : 6 outils sont réunis dans cette catégorie. Les supports sont des éclats de taille moyenne (entre 6,5 et 9,3 cm), moyennement épais, à talon lisse non abrasé, à bulbe assez souvent proéminent, détaché à la percussion dure. Parfois l éclat support est incomplet, en raison du façonnage de la pièce. Les volumes sont mis en place à partir des séries d enlèvements de façonnage. Au sein de cette catégorie unifaciale, il a été nécessaire de faire une sous-division, car nous avons deux types d objets différents : Figure 91 - Deuxième catégorie de la couche VII : deux groupes ont été isolés. A - les outils ont une section plan-convexe, B - les outils sont de morphologie plus hétérogène, moins volumineux, avec des bords qui peuvent être inscrits dans des formes carrées, arrondies ou concaves. ( , , 3281 d'après E. Fogaça M.J. Rodet). A Le premier type fait référence aux outils dont le volume final tend vers une forme planconvexe. Ceux-ci sont réalisés sur des éclats plus ou moins épais dont la morphologie ne change pas beaucoup du support initial. Ces deux pièces, d épaisseur moyenne (2,5 et 3,6 cm), sont des outils réalisés sur des éclats transformés par des enlèvements directs (façonnage) et longs, suivis par une série de retouches courtes, écailleuses ou scalariformes qui vont délinéer des tranchants convexes (parfois concaves) et rectilignes. B - Le deuxième type d outils est plus hétérogène. Nous pouvons le classer sous l appellation générale de "racloir" ou "grattoir" en attendant une classification plus fine de ces objets. Au nombre de 4, ils sont représentés par des volumes moyens (entre 2 et 3,7 cm d épaisseur), installés à partir d enlèvements directs, plus ou moins continus, écailleux ou scalariformes, délinéant des bords (proximal, latéral ou distal), tranchants, avec des morphologies qui peuvent varier entre rectiligne, arrondie ou concave. 197

36 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII Le premier groupe : (A) - Pièce (VII supérieur carré H8/9) : au moment de l abandon l outil a un volume proche de 6,6 x 4,1 x 2,5 cm, la morphologie de la pièce a pu demeurer plus élancée et pouvait s inscrire dans une forme plus allongée. La matière première est la calcédoine rosâtre. Les transformations sont réalisées après détachement de l éclat le long de l'axe d'allongement du support : une première série d enlèvements de façonnage, directs, plus ou moins profonds, longs, larges et parallèles, donne un volume abrupt aux bords (85 et distal 90 ). Une deuxième série (retouche) directe, courte, scalariforme, va délinéer un contour plutôt rectiligne pour le tranchant gauche et plus convexe pour le droit. La partie distale, légèrement déjetée de l'axe d'allongement, est réalisée selon les mêmes normes. Enfin, les vestiges d un cortex roulé en surface peuvent être identifiés sur la partie sommitale de l objet. La face inférieure est incomplète, car partiellement enlevée par le façonnage, la retouche et l utilisation de l objet. Trois enlèvements inverses, rasants, marginaux, peuvent être observés sur la partie distale/gauche de cette surface. De plus, il faut souligner le raccord d un éclat thermique réalisé dans le secteur proximal de la face inférieure. Le talon a été partiellement éliminé, probablement par la même fracture thermique. L utilisation de la pièce peut être constatée à l œil nu. L examen tracéologique confirment cette utilisation, pour gratter du bois. - Pièce (VII inférieure carré K-10) : le support est un éclat moyennement épais très transformé après détachement qui mesure au moment de l abandon 7,8 x 4,4 x 3,6 cm. Il est réalisé en silexite grossière. Le long de l'axe d'allongement, une série d enlèvements a dessiné deux tranchants plus ou moins abrupts. Le côté droit porte une première séquence d enlèvements abrupts (90 ), directs, longs, larges et profonds, réfléchis, puis une deuxième série formée d enlèvements de retouche, directs, réfléchis, plus ou moins courts, installés dans la partie distale du tranchant. Le côté gauche présente des enlèvements abrupts (toujours réfléchis) qui partent du bord vers la face supérieure (90 ), et aussi du haut de face inférieure vers le bord gauche. Ceux-ci définissent un bord irrégulier, convexe et concave. Le deuxième groupe : (B) - Pièce 3281 (VII supérieure carré I10) : le support est un éclat de taille moyenne (6,7 x 5,1 x 2,2 cm), peu épais, détaché à la percussion directe dure (talon lisse partiellement fragmenté). La matière première est une silexite de granulométrie moyenne. La surface supérieure garde au moins un grand négatif d enlèvement antérieur au débitage de l éclat, qui occupe toute la partie centrale de l objet. Une série d enlèvements recoupe ce négatif central. Une deuxième série d'enlèvements renforce la forme plus ou moins convexe des tranchants. Une série d'égratignures peut être observée dans la portion distale de l'outil. La partie proximale de l outil porte des négatifs directs réalisés en deux séries. La première, plus longue, large, est suivie d enlèvements courts (abrasion de la corniche?), larges et peu profonds, dessinant un tranchant arrondi. L intention peut être d amincir le secteur. Le tranchant gauche est semi-abrupt (proche de 77 ), les premiers enlèvements sont larges, longs, parfois réfléchis (partie proximale). Les retouches sont courtes, sub-parallèles, continues, dessinant un tranchant légèrement arrondi. Dans l extrémité distale de la pièce, les enlèvements de retouche vont aménager une forme assez ogivale. Sur la face inférieure, on note quelques enlèvements (courts, rasants, très marginaux) qui peuvent résulter de l utilisation au niveau des tranchants droit et distal. L examen tracéologique montre sur le tranchant gauche une utilisation pour gratter du bois. 198

37 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII - Pièce (VII supérieure carré J10) : l éclat est de taille moyenne (6,5 x 4,8 x 3,4 cm), moyennement épais, détaché à la percussion directe dure (bulbe proéminent, talon large). La rubéfaction sur la face inférieure, souligne un contact avec le feu. La matière première est la silexite de granulation grossière. La face supérieure préserve 4 négatifs, larges et réfléchis, réalisés avant le débitage du support. L aménagement a crée un tranchant droit semi-abrupt (70 ) légèrement convexe à partir d enlèvements directs, courts, écailleux, formant une denticulation très discrète. Le tranchant distal est arrondi avec des retouches un peu plus longues, écailleuses, rebroussées. L examen tracéologique n a pas pu identifier l utilisation de la pièce. - Pièce (VII supérieure carré K9) : de granulométrie grossière, la pièce (9,3 x 5,4 x 2, 7 cm) a été détachée à la percussion directe dure (bulbe proéminent, sillon latéral). Sur la surface supérieure est préservée une grande partie de trois négatifs d enlèvements antérieurs au débitage du support, formant une arête parallèle à l axe du débitage. Les retouches ont créé, à la place du talon, un bord assez rectiligne, abrupt (proche de 90 ), semi-parallèle à un bord du même type sur la partie distale de la pièce (proche de 90 ), avec des négatifs très courts (< 1 cm), larges, parallèles. Tout au long du tranchant gauche, une série de négatifs courts, réfléchis, continus, larges (parfois étroits) a délinéé un bord légèrement concave (proche de 90 ). Le bord droit est transformé principalement dans sa partie méso-distale par quelques enlèvements abrupts, longs et larges, suivi de micro-négatifs en forme de grignotage (proche de 2 mm) installés tout au long de cette partie, formant un angle abrupt (90 ). Quelques rares négatifs sont observés sur la surface inférieure ; ils peuvent résulter de l utilisation de l objet. L examen tracéologique démontre que la pièce a été utilisée pour gratter le bois. - Pièce (VII général) pas de dessin : l outil (7,2 x 5,5 x 2, 7 cm) en silexite de granulométrie moyenne, est confectionné sur éclat cortical de début de débitage, détaché à la percussion directe dure (sillon latéral). Tout le travail de transformation est fait après l enlèvement du support par deux rangs d enlèvements directs: les premiers sont longs, larges, partiellement réfléchis. Ceux du second sont courts et larges, très rarement réfléchis. Il est possible qu il s agisse initialement d un éclat complètement cortical, dont le façonnage et la retouche donnent sa morphologie à l objet. Le reste du cortex est encore visible au centre de la surface supérieure. Le côté gauche porte ainsi un tranchant utilisable qui occupe toute la longueur du bord (proche de 7 cm). L aménagement du tranchant dégage, dans sa partie mésiale, un front assez abrupt (proche de 85 ), en forme de "museau". Cette forme est renforcée par des petits enlèvements directs, observés de chaque côté de l épaulement. Le tranchant droit porte dans sa partie distale un premier enlèvement qui donne une inclinaison assez abrupte au secteur (proche de 80 ), suivi de quelques enlèvements de retouche courts, larges et parallèles. L examen tracéologique n a pas été réalisé. 3 - éclat petit à moyen (et fragment d éclat) faiblement transformé (unifacialement et bifacialement), support d outil simple (fig. 92) : 11 outils font partie de cette catégorie. Les pièces présentent des retouches marginales installées le long des tranchants sur une ou deux faces du support. Les enlèvements sont généralement écailleux et renforcent les bords plus ou moins convexes ou rectilignes. Les supports sont des éclats ou fragments de début ou de plein débitage, de dimensions variées, petits à moyens. L'analyse tracéologique montre que la pièce 199

38 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII 4 a été utilisée (utilisation masquée). Les autres pièces n'ont pas été examinées Les outils bruts de débitage 6 pièces ressortent de cette catégorie. Elles présentent des bords dentelés, égratignés, parfois lustrés. Ces objets sont réalisés sur des éclats ou fragments d éclats de taille plutôt petite. La tracéologie a pu confirmer l utilisation certaine de deux pièces (perçoir). Une troisième présente une utilisation masquée (fig. 92, B). Il s'agit des éclats ou fragments de début ou de plein débitage. Trois pièces portent des traces 200

39 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII d'usure : B3 est un perçoir, B1 et B4 portent des micro-enlèvements écailleux sur une des surfaces, laissant soupçonner leur utilisation comme grattoir (utilisation masquée) L analyse technologique Les matières premières utilisées L outillage ainsi que les produits bruts de débitage sont réalisés principalement à partir de la silexite, plus particulièrement de granulométrie moyenne. Le calcaire n est présent que dans les restes bruts de taille, et nous n avons pas d outils en calcaire. Néanmoins, l unique nucléus du site dans cette matière est retrouvé dans le contact des niveaux VI et VII. Le grès est discret, mais présent dans chacun des niveaux fouillés. La calcédoine est présente parmi les outils et les restes de taille. En fait, cette "préférence" pour une matière première de granulométrie moyenne correspond bien à la réalité actuelle du secteur karstique du bassin, où les matières de grain moyen sont les plus courantes, qu il s agisse de roches roulées en surface, ou retrouvées sous forme de galets dans la rivière. En général, il y a, dans le bassin du Peruaçu, une matière de qualité moyenne à médiocre pour la taille, et les gîtes de très bonne qualité sont rares. De plus, là où l on peut observer un grès quartzifié de très bonne qualité (dans la zone de transition, par exemple), il n y a pas toujours d exploitation préhistorique. Enfin, il faut souligner la présence rare de quelques éclats (4) provenant de galets de rivière, ainsi que l absence du quartz dans l échantillon examiné Les nucléus L étude des nucléus est basée principalement sur les analyses réalisées par Fogaça (2001) pendant sa thèse et complétées par nos observations des dessins et des schémas diacritiques produits par cet auteur. Trois pièces sont dénombrées dans cette catégorie, que nous présenterons par niveau et par type de support (fig. 93). Niveau supérieur Nucléus à séquence unipolaire : - pièce 3096 (K9) : volume proche de 3,5 x 4,4 cm (hauteur x longueur). Il n'y a pas de dessin. D après Fogaça [2001 : 318] "le plan de percussion correspond à la face inférieure de l éclat. Il est possible qu il s agisse d un éclat beaucoup plus volumineux au départ, cortical ou semi-cortical. Il y a encore une zone corticale importante qui se développe depuis la base opposée au plan de percussion jusqu à l un des flancs. La pièce a été abandonnée sans être épuisée. Cependant, il est possible d observer une séquence de plusieurs négatifs d enlèvements réfléchis, qui occupe toute la zone d un des flancs de la surface de taille, ce qui suggère des tentatives répétées (et vaines) de débiter ce secteur". Les négatifs peuvent occuper toute la hauteur de la surface. Dans ce cas, leur longueur approche les 3 cm. Ils sont en général longs et larges. Enfin, il est possible d observer une abrasion tout au long des bords du plan de frappe. Niveau moyen Nucléus à séquence bipolaire : - Pièce (N7/8) : nucléus de taille moyenne (5 x 7 x 7, 5 cm), d après Fogaça [2001 : 318] "le nucléus a été exploité intensivement, presque à la limite des angles défavorables. L action thermique a déstructuré une grande surface de la pièce. Une autre partie est occupée par un gros nodule". Les produits détachés sont plutôt longs (par rapport au support ; ils occupent toute la hauteur du bloc), avec une tendance à être larges (par exemple, 2,2 x 2,2 cm), il n y a pas d accident 201

40 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII de taille. Quelquefois, les négatifs les plus longs sont recoupés par des enlèvements plus petits (et aussi larges). Il s'agit d'une méthode de taille à séquence uni et bipolaire, longue et courte. La préparation du plan de frappe n est pas toujours visible sur les bords. Figure 93 - Nucléus de la couche VII : les derniers négatifs sont plus ou moins longs, toujours larges. (dessin E. Fogaça 2001) Nucléus à séquence bipolaire : - Pièce (J11) : le volume proche de 1,9 x 2,1 cm, correspond à un support très petit et très exploité à partir de deux plans de frappe préférentiels et opposés. Un troisième plan perpendiculaire aux premiers vient compléter l exploitation du bloc. Les enlèvements sont longs et/ou courts, toujours larges, quelques-uns réfléchis. Les produits obtenus sont très petits, en tout cas pour ces derniers négatifs. Ce sont dans leur grande majorité des éclats larges d'une longueur inférieure à 2 cm. Il n y a pas de trace d action thermique. Il s'agit d'une méthode d'exploitation à partir de séquences d'enlèvements bipolaires complétées par une séquence unipolaire longue et courte. Figure 94 - Nucléus de la couche VII : il illustre une recherche de produits de petite dimension, plus ou moins longs, toujours larges. (dessin E. Fogaça 2001) Les trois pièces illustrent une recherche de produits de taille petite, plutôt larges, détachés à la percussion directe dure, selon une méthode simple mais assez systématisée. L ensemble des nucléus est très réduit, mais on note pour l'un d'entre eux qu'il a été réalisé à partir d'un éclat qui semble avoir été initialement beaucoup plus grand. Nous constatons que malgré les formes différentes au moment de l'abandon (globuleuse, cuboïde ) les produits 202

41 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII qui en résultent, les éclats, ne diffèrent pas beaucoup entre eux. L analyse des nucléus a permis de constater l absence ou la discrétion des accidents de taille, ce qui coïncide avec les produits du niveau en général. Malheureusement, la majorité des nucléus est plutôt en fin d exploitation, ce qui ne permet pas de préciser l origine des supports des outils retouchés. Par ailleurs, ils ne sont probablement pas la source des supports des outils plus élaborés La méthode de taille La méthode de taille illustrée par les nucléus témoigne d'une exploitation par des séries d'enlèvements unipolaires ou bipolaires (plan de frappe opposé) organisées autour de plans de frappe larges et lisses, complétés parfois par l'ouverture d'un troisième plan de frappe adjacent. Les enlèvements sont larges, longs ou courts. Des petits négatifs sur certains bords évoquent une préparation du plan de frappe. Il s'agit d'une méthode assez élaborée. Malgré la hiérarchisation des plans de frappe qu'on observe sur ces nucléus, leurs produits ne sont pas standardisés (plus au moins larges, plus au moins longs, présence ou non d'abrasion de la corniche). Les éclats détachés ont sur leur face supérieure des négatifs dans le même sens, dans le sens opposé et moins fréquemment avec négatif orthogonal. Au moment de l'abandon du nucléus, les négatifs des surfaces de débitage témoignent d'un détachement de produits d'environ 2 cm, mais il est possible que les éclats détachés au départ de l'exploitation soient un peu plus grands Les techniques de taille La principale technique de détachement d éclats est la percussion directe dure. Néanmoins, dans les phases de retouche, on note un changement technique, à savoir l utilisation du percuteur en bois végétal (lèvre bien marquée, bulbe diffus, etc.) : une série de 62 éclats illustre ce mode de percussion dans le niveau (tabl. 16). Type de Supérieur Supérieur B Contact TOTAL percussion VII/VIII Directe tendre Directe tendre probable Directe dure TOTAL Tableau 16 - Effectif des produits et types de percussion. Quatre variantes techniques ont été mises en évidence : Production de grands éclats (proches de 12 cm) à la pierre dure (percussion directe), à partir de grands nucléus que nous ne connaissons pas, car ils sont absents du site. Ces éclats sont ensuite transformés en outils (unifaciaux) par percussion directe dure (et peut-être par percussion tendre). Soulignons qu une seule pièce présente ce profil. Production d éclats de longueur moyenne (entre 6 à 9 cm), par percussion directe dure (nucléus absents du site), puis transformés en outil unifacial par percussion dure et bien probablement aussi par percussion tendre, car nous retrouvons sur le site, tous niveaux compris, une quantité non négligeable de petits éclats détachés à la percussion directe tendre. Ces produits peuvent être facilement rapprochés des outils de la couche. Production d éclats de longueur moyenne (proche de 5 cm), par percussion dure, puis transformés marginalement par percussion dure (ou tendre?) en outil simple. Production d éclats de petite dimension, larges (2 x 2 cm ou 2 x 3 cm), à partir de nucléus qui 203

42 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII ont été très exploités, partiellement dans le site (nous les avons retrouvés en fin d exploitation). Il n'apparaît pas de gestion différenciée des matières premières, car toutes les roches présentes dans les environs du site ont été utilisées de la même manière. Enfin, soulignons que la majorité des pièces ne présentent pas d accidents de taille Les produits de taille : les éclats L échantillon se compose de 549 éclats bruts de débitage : 25 produits de début de débitage, 27 de plein débitage, 91 de façonnage et 406 de retouche et/ou entretien (tabl. 17). Début de débitage (catégories 3, 4, 5) VII Sup. % VII Sup. B % Contacte VII/VIII % TOTAL % 8 3% 6 6% 11 9% 25 5% Plein débitage 17 5% 6 6% 4 3% 27 5% (catégories 6, 7) Façonnage 48 15% 16 15% 27 21% 91 17% (catégorie 8) Retouche/entretien de % 78 73% 87 67% % plan de frappe (catégorie 10) TOTAL % Tableau 17 - Effectif d éclats de la couche VII. Les éclats de début de débitage - catégories 3,4,5 (tabl. 18) : avec > 50 % de cortex, sans exception débités au percuteur dur. Dimension Dimension Largeur Epaisseur minimum (cm) maximum (cm) moyenne (cm) moyenne (cm) VII supérieur 2, ,6 VII supérieur B 3 4,1 2 0,6 Contact VII/VIII 2,4 3,5 2 1 Tableau 18 - Les dimensions des éclats de début de débitage, couche VII. Ces pièces, plus généralement rectilignes, présentent des cassures et craquelures dues à l action thermique. Les faces supérieures présentent des négatifs dans le sens du débitage de l éclat. Seuls quelques enlèvements en diagonale opposée, offrent une différence. L accident est presque absent de l ensemble de début de débitage ; on note quelques fractures en Siret et en languette supérieure. Les talons sont dans leur majorité lisses. L abrasion est absente en général, sauf pour les produits de la catégorie 5 avec cortex résiduel. Ces derniers peuvent éventuellement être attribués au façonnage ou à la finition de plans-convexes sur gros éclat cortical. Il s'agit alors du façonnage et non du début de débitage. Les éclats de plein débitage - catégorie 6 et 7 (tabl. 19) : Principalement rectilignes, les faces supérieures portent surtout des négatifs dans le sens de l éclat ; quelques rares enlèvements ont été réalisés en diagonale opposée au débitage du support et un seul négatif est perpendiculaire à cet axe. La majorité des pièces ne portent pas d accident de taille. Trois rebroussés et quelques cassures remplissent la liste des accidents. Les talons sont lisses, assez souvent abrasés. Deux éclats de taille moyenne (dans l ensemble) 204

43 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII portent des talons dièdres (niveau supérieur et contact), abrasés, face supérieure avec des enlèvements dans le sens du débitage de l éclat (4,2 x 4 x 0,9 cm et 3,4 x 2,7 x 1,2 cm). Dimension minimum (cm) VII supérieur 2,8 Dimension maximum (cm) Largeur moyenne (cm) Epaisseur moyenne (cm) 4,6 (une pièce atteint 8 cm) 1,2-4 0,2-0,9 VII supérieur B 3,2 4 1,7-3,2 0,4-0,9 Contact VII/VIII 3,2 7,6 2,3 5,8 0,7 Tableau 19 - Les dimensions des éclats de plein débitage : soulignons qu'un éclat du niveau VII supérieur atteint une dimension plus importante (8 x 5,2 x 7 cm). Les éclats de fin de chaîne opératoire catégorie 8 et 10 (fig. 95). Pour le façonnage, catégorie 8 (tabl. 20) : Dimension Dimension Largeur Epaisseur minimum (cm) maximum (cm) (cm) (cm) VII supérieur 1,8 3,5 1,2 3,5 0,1-0,9 Contact VII/VIII 1,8 3,5 1,2 3,5 0,1-0,9 Tableau 20 - Les dimensions des éclats de façonnage Les produits de façonnage présentent des talons majoritairement lisses (fig. 95), assez souvent avec corniche abrasée (38 %, 29 pièces), mais pas toujours de manière insistée (fig. 96) On note la présence de talons linéaires et dièdres. Pour ces derniers (6 pièces, une seule abrasée), les surfaces supérieures tendent à avoir des négatifs dans le sens ou légèrement en diagonal du débitage de l éclat. L'un de ces éclats enlève une portion de la face d'éclatement (positif) d'un éclat support, ce qui indique probablement un façonnage bifacial sur éclat. Des talons indiquant une percussion tendre sont observés (fig. 96). Les produits ne sont pas accidentés, en général ; cependant quelques cassures sont observées. Talons catégorie 8 (tous niveaux confondus) punctiforme 2% aile 2% cortical 5% dièdre/faceté 11% écrasé 5% lisse 49% linéaire 26% Figure 95 - Les types de talons des éclats de façonnage. Les éclats de retouche (catégorie 10) sont regroupés en un seul ensemble (406 pièces tous niveaux confondus) : la longueur moyenne générale est de 1,3 cm, la largeur de 0,9 cm, et l épaisseur est de 0,2 cm. Les talons sont principalement lisses (126 pièces, 39 %) ou linéaires (123 pièces, 38 %) avec un taux d abrasion (légère) qui arrive à 46 % (163 éclats). Les talons 205

44 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII en "cortex de rivière" (4 exemplaires, 1 %) sont les uniques preuves que les matières provenant de la rivière ont été parfois utilisées dans le site. 206

45 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII Les pièces accidentées sont rares, la plupart ne porte pas d accident (306 éclats). L accident le plus commun est le rebroussé (72 pièces). La fracture proximale en languette supérieure est observée sur 3 pièces, la fracture en Siret sur une seule pièce et 24 éclats présentent des cassures simples. Soulignons que la tendance à l abrasion est importante dans la couche VII en général, et plus particulièrement dans le contact VII/VIII (fig. 97). Si on observe chaque catégorie présente dans la couche (tous niveaux confondus), on note que dans la catégorie 10, la fréquence des pièces abrasées est très importante. Ce procédé se répète dans les niveaux supérieurs, où se réalise un équilibre entre les pièces abrasées et les non abrasées (54 % abrasés 170 pièces 46 % pièces). Cependant dans le supérieur B, on observe une inversion car la majorité des pièces n offrent pas d abrasion (53 % - 62 pièces). Abrasion couche VII (tous niveaux confondus) abrasion s/ abrasion VII Sup VII Sup B VII/VIII Figure 97 - L abrasion : deux niveaux (VII supérieur et VII/VIII) présentent une tendance plus importante à l abrasion. Les éclats de retouche sont les plus abrasés. Le taux d accident de taille accompagne cette abrasion, il est ici très discret. La majorité des éclats ne portent pas d accident de percussion : 85 % (262 pièces, supérieur), 82 % (87 pièces, supérieur B), 76 % (98 pièces, contact VII/VIII). Les cassures sont parfois dues à la fragilité des pièces, qui, trop petites et fines, tendent à casser facilement. Les accidents (fracture en Siret et fracture proximale en languette) sont presque absents et même le rebroussé est très discret (il sera légèrement plus important dans le contact VII/VIII, 12 %, 16 pièces). La série d éclats de la couche VII a un aspect général très semblable : les produits de début de débitage, de plein débitage et même ceux de façonnage, gardent une dimension générale proche, les même types de talons, les mêmes techniques de détachement, des taux d accidents très proches, les négatifs sur la face supérieure, presque toujours dans le sens du débitage, ou légèrement en diagonale. La différence la plus accentuée est due à l abrasion, plus forte en fin de chaîne opératoire. Cette classification technologique permet un rapprochement avec les nucléus et les outils de la couche : Pour le niveau supérieur : une partie des éclats de début de débitage, ceux de taille plus petite entre 2 à 3 cm (talon lisse, rarement abrasé, négatif de la face supérieure dans le même sens, peu d accidents, cortex, ), peuvent être rapprochés du nucléus retrouvé dans le niveau supérieur (tel que le ), dont les négatifs d éclats de taille, proches de 3 cm, ont dû être partiellement corticaux, abrasés, sans beaucoup d accidents. De plus, on note que, parmi les 207

46 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII produits abrasés de début de débitage du niveau supérieur, quelques uns présentent des restes de cortex, ce qui concorde avec le nucléus. Pour l ensemble de plein débitage et aussi pour une partie des éclats classés comme de façonnage, il est possible de réaliser un rapprochement avec ce même type de nucléus : les dimensions des éclats, le type de matière première, le type de talon, l'organisation des négatifs sur la face supérieure sont en accord avec les schémas diacritiques inscrits sur le nucléus. Concernant l ensemble des produits bruts de débitage identifiés dans la couche (tous niveaux confondus), il est clair que les éclats de fin de chaîne opératoire (catégorie 8 et 10) peuvent être mis en parallèle avec le façonnage et la retouche des outils (unifaciaux et outils simples) présents dans chacun des niveaux. Les volumes des outils retouchés sont mis en place de manière simple, à partir des séries des enlèvements de "façonnage" (taille moyenne de 2 cm, abrasés, parfois réfléchis) suivies des négatifs de retouche, petits, larges, parfois réfléchis Par ailleurs, si nous ne pouvons pas rapprocher les nucléus et les éclats supports des outils retouchés, il est possible de faire ce parallèle entre les nucléus et les outils bruts de débitage, dont les dimensions (du moins pour la majorité) restent proches de 2 x 2 cm (longueur, largeur), talons lisses, parfois abrasés, présence/absence de cortex. Enfin, l'unique éclat de dimension plus grande (8 x 5,2 x 7 cm) retrouvé dans la couche a dû être introduit dans le site déjà débité. En effet, les éclats de début de débitage présents dans l'abri ne témoignent pas de grands nucléus. Cet éclat correspond bien aux dimensions de support d'outil unifacial moyen ; ou alors il a pu être mis de côté comme futur nucléus. En résumé, l étude technologique permet d associer une partie des produits bruts de débitage aux nucléus retrouvés sur les niveaux. Les caractères technologiques et morphométriques de certains éclats permettent de faire un parallèle avec le schéma diacritique visible sur ces nucléus. De plus, les produits classés comme étant de façonnage et de retouche, peuvent être rapprochés des phases de confection d outils unifaciaux et d outils simples. Cependant, on a vérifié que ces même éclats ont pu aussi provenir des phases de débitage de nucléus de taille moyenne à petite, retrouvés dans les niveaux supérieur et moyen. Dans ce cas, ces éclats ne sont pas seulement des restes bruts de débitage, mais ils sont aussi les produits recherchés comme support d'outils "utilisés bruts de débitage". Enfin, il est important de souligner que les éclats de taille moyenne à grande, qui ont servi de support aux outils unifaciaux et simples, ne sont pas retrouvés dans les vestiges étudiés (sauf l'éclat de 8 cm) et ne proviennent pas de nucléus retrouvés, en tous les cas, pas dans l'état d'abandon où on les a retrouvés. Par ailleurs, nous verrons que, à ce moment de la chronologie (couche VII), les premières phases des chaînes opératoires sont à l'extérieur de l'abri (cf. Boquete externe) Synthèse de l étude technologique Trois points méritent d'être repris : les composantes de production, la méthode de taille, les aspects économiques. L étude technologique de l ensemble de la couche VII et VII/VIII a pu mettre en évidence au moins 4 composantes de production (fig. 98). 1) Production de grands éclats allongés (environ 12 cm), détachés à la percussion directe dure, puis transformés par des enlèvements de façonnage et de retouche (directs, longs/courts, larges), par percussion directe dure (et peut-être aussi directe tendre). Une première prolongation de cette production est le détachement d'éclats moyens (6-9 cm) plus ou moins corticaux, plus ou moins épais, de profil plan-convexe, détachés à 208

47 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII la percussion directe dure, transformés (façonnage et retouche), par percussion dure (et peut-être aussi tendre) en outil unifacial. Une deuxième prolongation(probable) de cette production est le détachement d'éclats moyens, plus longs que larges (une fois et demi plus longs que larges), moyennement épais, détachés à la percussion directe dure. Ces supports sont postérieurement transformés par des enlèvements de façonnage et de retouche (directs, plus ou moins longs, larges) sur des secteurs spécifiques en dégageant des tranchants à la fois rectilignes et convexes (unifaciaux de morphologie carrée, arrondie ou concave). Soulignons la fréquence d une série d enlèvements très marginaux sur la face inférieure. Ceux-ci sont dus (probablement) parfois à l utilisation de l objet, et d autres fois à un renforcement du bord. Figure 98 - Composantes de production de la couche VII : 5 schémas sont dégagés à partir de l examen des surfaces des nucléus, de l outillage et des produits bruts de débitage. Un sixième peut être proposé : l outil bifacial. Cependant il reste à confirmer. 209

48 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII 2) Production d'éclats de dimension petite à moyenne, peu normalisés, supports d outils faiblement transformés sur une ou sur deux surfaces (outil simple). Ce type d'outil est présent dans plusieurs sites (plusieurs niveaux) de la vallée du Peruaçu. Les nucléus sont probablement ceux qui sont présents dans le site, dans une phase dont ils avaient un volume un peu plus important. 3) Production (percussion directe dure) d éclats de petite dimension et de morphologie variée, avec ou sans cortex, qui peuvent ensuite être utilisés bruts de débitage. Les talons sont lisses, avec ou sans abrasion, les surfaces supérieures présentent des négatifs principalement dans le sens du débitage. Ce schéma diacritique est retrouvé sur les nucléus du niveau. Enfin, il faut soulever qu une quatrième production peut être envisagée : il s agit d une petite série d éclats à talon dièdre porteurs d'un positif d'éclatement. Ceux-ci peuvent provenir du façonnage d'un éclat bifacial. Néanmoins, les pièces des types "grattoir/racloir" et outil simple ont des secteurs (marginaux) exploités sur les deux surfaces. Ainsi, ces éclats peuvent correspondre à ces outils. Cependant, il est bien possible que les outils à retouche biface fassent partie de l industrie, d abord parce que le concept existe (on l observe sur les grattoirs/racloirs), ensuite, par la présence très proche (niveau VIII supérieur) de la pointe bifaciale. De toute manière, la présence des outils à retouche biface parmi l ensemble lithique du niveau VII reste à confirmer. Concernant les méthodes de taille, l'observation rapprochée des nucléus disponibles, des éclats bruts de débitage et des supports de l'outillage montre une production d'éclats à partir d'une méthode à séquence unipolaire organisée autour d'un plan de frappe lisse (parfois un deuxième plan adjacent) et aussi à séquence bipolaire. Les nucléus sont probablement de dimension petite à moyenne. Dans l'abri, il n'y a pas de grands éclats d'entame ou sousentame, ce qui laisse à penser que les nucléus apportés dans Boquete n'aient pas été de dimension très importante. Par ailleurs, un éclat plus grand (8 cm), épais (7 cm), de plein débitage, a pu servir de nucléus ou de support pour l'outillage retouché. éclats x catégories cat. 3 cat. 4 cat. 5 cat. 6 cat. 7 Cat. 8 cat. 10 Figure 99 Catégories d'éclats : on note une représentation importante d'éclats de fin de chaîne opératoire (catégories 10 et 8) en opposition à ceux de début (catégories 3-5) et plein débitage (6 et 7). Les supports plus grands arrivaient dans l'abri déjà débités. Ce sont les phases de façonnage et principalement celle de retouche qui ont eu lieu dans le secteur abrité (fig. 99). 210

49 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII En réalité, les premières phases de débitage de nucléus et la production de grands éclats supports d'outils plus élaborés, sont hors abri. Nous verrons qu'ils sont présents dans la partie externe de l'abri, le Boquete externe. Tableau récapitulatif des principaux indices de la série (tabl. 21) : Niveau VI Ouest (J-12) VII Sup VII Sup B Contact VII/VIII Nombre de pièces Matière Première Catégorie + présentes Percussion Directe silexite fine : 7 % silexite moyen. : 49% silexite gross. : 2 % grès : 8% calcaire : 9 % calcédoine : 1 % galet de rivière : 1% Cat. 10 : 77% Cat. 8 : 15% Cat. 6 : 5 % Cat. 5 : 2% dure tendre silexite fine : 20% silexite moyen. : 47 % silexite gross.: 22% grès : 2% calcaire : 8 % calcédoine : 1 % Cat. 10 : 73% Cat. 8 : 15% Cat. 7 : 3 % Cat. 6 : 3% Cat. 5 : 6 % dure tendre silexite fine : 19 % silexite moyen. : 46% silexite gross. : 17% grès : 3% calcaire : 14 % calcédoine : 1 % Cat. 10 : 65% Cat. 8 : 21% Cat. 7 : 2 % Cat. 6 : 3 % Cat. 4 : 5% Cat. 3 : 4 % dure tendre Abrasion sans abrasion: 54 % abrasion: 46 % sans abrasion.: 59% abrasion: 41% sans abrasion: 46% abrasion: 54% Accidents sans accident : 85 % rebroussé : 5 % languette : 1 % cassure : 8 % sans accident.: 82% rebroussé : 8 % Siret : 2 % languette : 1 % cassure : 7 % Tableau 21 - Récapitulatif des principaux indices de la série. sans accident.: 76 % rebroussé : 12 % languette : 1 % cassure : 11 % Discussion Rappelons les tendances techniques de l industrie de cette couche : grande majorité de produits sans accident, talons essentiellement lisses, corniches abrasées (mais pas de manière insistée) dans les phases de fin de chaîne opératoire, une certaine unité morphométrique pour les produits, même pour ceux de début de plein débitage. Cette étude a révélé, entre autres, une présence importante d'éclats de retouche, à plusieurs reprises détachés à la percussion tendre. Notons aussi la quasi-absence, dans le secteur analysé, des éclats de début de débitage. Il est possible qu ils soient dans d autres zones fouillées mais non analysées, mais cette tendance (absence de premières phases) est commune à tous les niveaux étudiés. Ici, elle est particulièrement forte. Pour bien saisir les différences technologiques entre les couches VII et VIII, il est important de reprendre quelques observations faites sur ces deux ensembles. Si on compare les éclats de fin de chaîne opératoire (façonnage et retouche) aux mêmes éclats des niveaux VIII, on note une similitude sur le plan techno-morphologique : abrasion, dimension, épaisseur, degré et type d accident, Retenons que l étude technologique de cette couche (VIII) a été empruntée à d autres auteurs, ce qui limite sa valeur comparative, car les paramètres utilisés ne sont pas toujours ceux que nous avons pris en compte dans notre étude. Quoiqu il en soit, quelques points méritent d être soulignés, par exemple : dans les niveaux VIII, il y a présence importante d éclats arqués, lesquels n existent pas dans la série analysée du VII. Les pièces avec enlèvement orthogonal, sont rares dans couche VII, contrairement à la couche VIII. De 211

50 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VII plus, l outillage issu de ces deux couches montre de grandes différences : les outils plats, les outils plan-convexe peu épais "délicats", ainsi que la pièce bifaciale, ne sont pas retrouvés dans la couche VII. L utilisation soutenue d une matière première très fine, homogène, est aussi une caractéristique de cette couche VIII, en opposition à l utilisation plus fréquente d une roche à grains moyens pour la couche VII. Si on compare Boquete au site de Bichos, à 4 km à vol d oiseau en aval de la rivière, auquel nous avons appliqué les mêmes paramètres d analyse, nous notons que : 1. tant à Bichos qu à Boquete, il y a une différence techno-morphologique entre les couches plus anciennes (VIII et VII) : malgré une abrasion fréquente et l absence d accident, les restes bruts de débitage ne présentent pas dans la couche VII la même qualité de finition, la même insistance d abrasion, le même "savoir-faire" que dans la couche VIII ; 2. tant à Bichos qu à Boquete, le choix de la matière première dans la couche VII (faciès à grains moyens dominant) est moins homogène que dans la couche VIII (faciès fin et homogène). Cependant, il faut garder à l esprit que la vision que donnent les fouilles des abris est très partielle. Il se peut que la fréquentation principale soit tournée vers ailleurs, dans d autres abris non fouillés, ou encore vers les sites de plein air. Pour résumer les points principaux : - La percussion directe au percuteur dur est la principale technique de détachement d éclats. Cependant, un grand nombre des pièces, principalement de fin de chaîne opératoire, ont été détachées à la percussion directe tendre. - Présence de 3 voir 4 composantes de production distinctes : 1) production d éclats moyens à grands, allongés transformés unifacialement ; une première variante, production d éclats moyens de morphologie plan-convexe, transformés à partir d enlèvements directs ; 2) production d éclats moyens transformés marginalement, unifacialement ou bifacialement (outils simples) ; 3) production de petits éclats utilisés bruts de débitage. - Les catégories les plus présentes sont celles de façonnage et de retouche (8 et 10). Celles-ci peuvent être replacées dans les phases finales de la production des outils retouchés de la couche. Certains éclats de petite dimension, environ 2-3 cm (catégories 3, 4, 5 et 6) peuvent être rapprochés des nucléus de la couche. En partie, les éclats classés en façonnage peuvent en réalité correspondre au débitage de nucléus du niveau, principalement ceux à séquences unipolaires. - La matière première la plus utilisée est la silexite, particulièrement à grains moyens. Le grès et le calcaire sont présents très discrètement. Seuls quelques éclats (4 pièces) prouvent l utilisation de galets de la rivière proche. Le quartz est absent. - La grande majorité des sous-produits de façonnage sont de profil rectiligne, ce qui concorde avec des outils unifaciaux à volumes abrupts. - La tendance à l abrasion est très importante dans la couche, et associée à un faible taux de pièces accidentées, ce qui indique un bon contrôle du débitage. - La céramique, les pièces polies et les plantes domestiquées sont absentes de ces niveaux. 212

51 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI La couche VI Stratigraphie (géologique et culturelle) De couleur brun rougeâtre (5YR-4/3 sec), le dépôt est silteux avec présence importante de racines (plus de 50%), de granules (plus de 80 %) et de charbon (plus de 5 %). Le sédiment est pulvérulent, ponctué de silex. Les analyses chimiques montrent : 37,92 % de carbonate de calcium et 16,26 % de matière organique. L analyse granulométrique donne une composition texturale de sable (82,88 %, quartz non ferrugineux), de silt (12,56 %) et d'argile (3,60 %). Le degré d émoussé est principalement subarrondi (41 %), mat (70 %) ce qui démontre un transport éolien [Moura 1991]. La couche se caractérise par l alternance de lentilles carbonatées blanches et d argiles de décalcification de couleur marron clair. Par endroit, on observe des débuts de sédimentation et des érosions par des filets d eau qui déposèrent ensuite un paquet sablo-argileux rouge. A la base de la couche, des traces de racines renforcent l idée que le sol de la grotte a dû être humide [Prous 1992 : 3]. Concernant les restes végétaux, la couche est, en général, pauvre en vestiges végétaux, et ceux-ci sont mal conservés car non carbonisés. On notera l importante fréquence du fruit péqui (Caryocar brasilienses camb.), du cansanção (Cnidoscolus sp.) et du jatobá (Hymenaea sp.), tout comme la présence considérable du fruit du palmier guariroba (Syagrus olaracoa M.) [Cardoso et Resende 1997, Resende 1994]. La céramique est absente des niveaux ainsi que les pièces polies et les plantes domestiques Datations Si on suit la tendance des niveaux immédiatement inférieurs, la valeur 9350 ± 80 paraît acceptable pour la couche VI (tabl. 22). Strate Datation 14C BP Laboratoire Datation calibrée VI-B 9350 ±80 BETA à 8265 av. J.-C. VI supérieur ±70 BETA à 6480 av. J.-C. Tableau 22 - Les datations de la couche VI : ont été réalisées au laboratoire Beta Analytics Inc. University Branch Court, Miami, Flórida, EUA, ainsi qu au CDTN, Centro de Desenvolvimento da Tecnologia Nuclear/ Setor de Radioquímica, BH, MG, Brésil Industrie lithique : Présentation quantitative et qualitative du matériel La couche VI fait partie de notre étude-test pour connaître l'ensemble des occupations de la Lapa do Boquete. Comme nous l'avons déjà expliqué dans le premier chapitre, 2m² ont été choisis pour être analysés (JK-10). Pour compléter notre étude et à titre comparatif, nous prenons en compte les analyses réalisées par Isnardis [1993] : carrés K9 et J11, 281 pièces. De plus, on utilise l étude réalisée par Fogaça [2001] et nous examinons les 10 nucléus et les 14 outils retouchés et bruts de débitage, étudiés par ce dernier. En résumé, l ensemble étudié se compose de : 11 outils retouchés et 3 outils bruts de débitage, 10 nucléus (carrés J-K 8, 9 et 10, niveaux supérieur et inférieur), 126 éclats bruts de débitage (carrés J-K 10), et à titre comparatif 281 éclats bruts de débitage (carrés K9 et J11). Un seul raccord a été réalisé [Isnardis 1993] ; il réunit deux éclats corticaux de début de débitage appartenant aux niveaux supérieur et inférieur. D après Prous (comm. pers.), le carré J11, comme tous les carrés du secteur, a de petites zones remaniées principalement par des trous de Strophocheilidae, ce qui pourrait expliquer cette liaison verticale. En dehors de cela, 213

52 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI l ensemble était bien stratifié. Cependant, il y avait une certaine pente du terrain qui a pu momentanément être difficile à suivre à la fouille Étude morpho-technologique du niveau La présentation de l outillage Nous reprenons ici les analyses de Fogaça [2001] pour les replacer dans notre étude. Comme nous le verrons, elles rentrent bien dans nos classifications. Fogaça [2001] a classés certains outils moins investis comme "outil d occasion", appellation que nous ne reprenons pas car, à notre avis, ces outils plutôt simples, illustrant un des principaux aspects de la conception de l industrie lithique du Peruaçu en général, et de Boquete en particulier. Bien qu il y ait des produits plus élaborés, tels que le "plan-convexe", les "bifaciaux" ou encore des pointes de flèche, il ne faut pas oublier que la grande majorité des vestiges retrouvés appartient à une industrie beaucoup moins sophistiquée, peu transformée, faite sur n importe quel support de la chaîne opératoire (éclat de début de débitage, plein débitage, cassons, ). De ce fait, il ne nous paraît pas opportun de nommer cette catégorie "d occasion", ce terme pouvant générer un préconcept "occasionnel" alors qu au contraire il s agit d une démarche pour ainsi dire systématique (> 50 % de l'outillage). Nous préférons donc une appellation plus neutre, comme "outil simple " ou "objet retouché" Les outils retouchés Au nombre de 11, les outils correspondent globalement à 2 grandes catégories : - 2 éclats minces, supports d'outil unifacial (fragment) - 9 éclats moyens (et fragments) retouchés marginalement (unifacialement et bifacialement), supports d outil simple ; - éclat mince, support d outil unifacial - fragment (fig. 100) : deux exemplaires, fragmentés. Le premier, est un fragment thermique d'outil d'environ 6 cm. L outil est réalisé sur un éclat mince, légèrement arqué. La face supérieure présente des négatifs longs, rasants, probablement antérieurs au détachement du support. Une série de retouches, interrompue par les cassures, courtes, parallèles (bord droit et distal) et scalariformes (bord gauche), couvre les tranchants disponibles. Il s'agit d'un fragment d'unifacial mince, probablement peu épais dans son ensemble. Malheureusement, l'état de fragmentation de la pièce ne permet pas davantage de précision. Figure Outils unifaciaux fragmentés : les supports sont des éclats peu épais et allongés. (dessin E. Fogaça 2001). Le deuxième contact VI/VII est le fragment mésial (cassure en flexion), d'un support peu épais, de début de débitage (vestiges de cortex), détaché à la percussion directe dure 214

53 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI (bulbe bien marqué, sillon latéral). Au moins trois négatifs de la face supérieure sont antérieurs au détachement du support. Ils sont larges, rasants. Les transformations après détachement sont réalisés en deux rangs : d'abord deux séries d'enlèvements plus longs, larges, légèrement rebroussés; suivies d'une série d'égratignures sur certaines parties du bord (utilisation?). - éclat moyen (et fragment de) support d outil simple, faiblement transformé (fig. 101) : 6 outils font partie de cette catégorie. Il s agit d éclats et fragments d éclats, de taille moyenne, de morphologie et d épaisseur variées. Malgré les transformations rapides, il est possible de distinguer des denticulés et/ou des bords retouchés plus réguliers. Figure Outils simples : le groupe A est transformé sur une seule surface. Le groupe B est transformé sur des petits secteurs des deux surfaces. Les outils retouchés unifacialement (groupe A) : Un seul exemplaire est sur éclat entier (8,4 x 3,2 x 2 cm) dans la plus grande longueur. Le support a été détaché à la percussion directe dure; la face supérieure montre des négatifs d enlèvements détachés avant le support. Les retouches réalisées principalement dans la partie distale dégagent un bord assez régulier : abrupt (environ 90 ), avec une première série de 4 enlèvements, semi-parallèles, larges, de longueur proche de 1 cm, plus ou moins rebroussés, suivie de quelques égratignures très marginales le long du tranchant. Sur le flanc latéral gauche (environ 90 ), on note quelques enlèvements inverses, parfois longs et larges (1,2 x 2 cm), rebroussés, suivis d'une série de micro-enlèvements concentrés 215

54 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI sur deux secteurs du tranchant (utilisation?). Les 5 fragments d'outils, de morphologie variée, présentent des séries de négatifs très courts (< 1 cm, pour la majorité), parfois larges (1 cm), parfois parallèles, d'autres fois scalariformes, qui occupent des parties importantes des tranchants et délinéent des bords rectilignes, convexes ou denticulés, formés alors de négatifs larges et profonds (1,4 cm de largeur). Quelques coches bien marquées sont observables sur une pièce. Les outils retouchés bifacialement (groupe B) : Les objets sont fragmentés ou réalisés sur les fragment d'éclats sans cortex. Les transformations sont réalisées, pour la majorité, sur des petits secteurs (2 à 3 cm) : quelques enlèvements courts (< 1 cm), plus ou moins larges (environ 1 cm ou < 1 cm), scalariformes (une pièce présente des négatifs parallèles, très courts, le long du bord gauche sur 4,2 cm), fréquemment rebroussés, renforçant des bords principalement abrupts (environ 90 ) ou semi abrupts (environ 75 ) plus réguliers ou plutôt denticulés Les outils bruts de débitage Une partie de l outillage est constituée d objets dont les bords ont été utilisés bruts. Ces objets sont réalisés sur des éclats (ou fragments d éclats) de taille moyenne. L un d entre eux porte des micro-traces d utilisation. De dimension plutôt moyenne (environ 4 cm de longueur), les 3 pièces de cette catégorie sont de plein débitage et de morphologie variée mais de dimension assez proche (fig. 102) : Figure Outils bruts de débitage de la couche VI : sur la pièce 3, l'examen tracéologique révèle un travail de grattage sur bois vert. (dessin E. Fogaça 2001). - La première pièce (1), éclat de plein débitage, porte des micro-enlèvements directs sur la 216

55 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI portion mésio-distale du tranchant gauche. - La deuxième (2), fragment d éclat, est légèrement atteinte par le feu sur sa face inférieure. La surface supérieure, bord droit, présente de petits enlèvements écailleux sur la portion proximale, directs et inverses. Dans le bord distal, une série d égratignures fait penser à de l utilisation. - La troisième (3) est un fragment distal d éclat, sans cortex. Le bord distal est retouché en déterminant un front légèrement arrondi : une première série de négatifs, suivie d une ligne continue d égratignures d utilisation. L examen tracéologique indique un usage de grattage du bois vert L analyse technologique Les matières premières utilisées Les produits sont réalisés principalement à partir de la silexite locale, de grain fin, moyen et grossier ; on note une fréquence plus importante de la silexite à gros grains dans les niveaux VI moyen et inférieur. Elle est absente du niveau VI supérieur. Parmi les pièces examinées, le grès est plus présent qu il ne l était jusqu alors. Concernant le calcaire, il est absent de nos échantillons, mais présent dans ceux de Isnardis [1993] : 17 pièces ont été inventoriées. Cependant, l unique nucléus en calcaire du site (étudié par Fogaça) provient du contact VI/VII. Le cortex roulé de rivière et le quartz sont absents de ces ensembles Les nucléus En premier lieu, il faut préciser que l étude des nucléus est basée principalement sur les analyses réalisées par Fogaça [2001] et complétées par nos observations sur les dessins et sur les schémas diacritiques produits par cet auteur. Ce complément d étude est nécessaire car, même si les premières analyses sont pertinentes, il manque certaines précisions très importantes d'ordre technologique : aspects des derniers enlèvements, quantification des accidents présents sur les négatifs, type de bulbe - plus ou moins marqué, spécification de certains des supports et principalement les mesures des nucléus. Cependant, pour certaines de ces données il était impossible de trancher à partir de la documentation disponible, limitant ainsi la portée de notre analyse. Nous présentons les nucléus par niveau (supérieur, moyen, inférieur), puis, par rapport à la méthode de taille. Dans un second temps, nous décrirons plus précisément les exemplaires composant les types, pour essayer de les rapprocher des produits du niveau. 10 pièces sont inventoriées dans cette catégorie, une seule provenant du matériel que nous avons étudié pendant notre séjour au Brésil. Niveau inférieur (figures 103 à 105) : Nucléus à séquences unipolaires: - Pièce (K10) : à partir de la face inférieure d un grand éclat, épais (proche de 5,0 x 10 cm, au moment de l abandon) est réalisée une série d enlèvements unidirectionnels, qui d après Fogaça [2001 :321] peuvent être longs, larges et étroits (fig. 103). On note une séquence plus longue (proche de 4,2 x 2,6 cm) recoupée par des négatifs plus courts, en tournant autour du plan de frappe (10 cm x 8,8 cm). L action thermique a détruit une partie du plan de frappe, la surface à l opposé de ce plan, ainsi que l un des flancs. Le nucléus n était pas épuisé. Il s'agit d'une méthode de taille à séquence unipolaire tournante, organisée autour d'un large plan de frappe. Il ressort qu il s'agit d'un objet qui a pu être plus grand au départ et en conséquence 217

56 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI responsable de produits un peu plus longs. Figure Nucléus : à séquence unipolaire tournante. (dessin E. Fogaça 2001). - Pièce (J-K 8), d environ 6,2 cm (plus grande hauteur) x 6,3 cm (plus grande largeur). Le support est un éclat épais, probablement grand au départ, dont la face inférieure constitue le plan de frappe. La deuxième surface de frappe est adjacente à la première et installée à partir de l enlèvement de la partie distale de l éclat [Fogaça 2001 : 321]. Un troisième plan de frappe, moins utilisé, est installé en opposition au premier. Les enlèvements sont principalement unipolaires. On note des négatifs courts et longs, plutôt larges (1,2 x 2,3 cm et 3,4 x 3,9 cm). La préparation des plans de frappe est encore visible sur les surfaces. Il s'agit d'une méthode de taille à séquences unipolaires organisée à partir de trois plans de frappe (un préférentiel) ravivés. Figure Nucléus : nucléus à deux plans de frappe opposés, complétés par une troisième surface adjacente. (dessin E. Fogaça 2001). - Pièce (J10) : d après Fogaça [2001 :319], les négatifs sont longs, larges et étroits (fig. 105). Le rebroussement peut être observé sur les négatifs les plus courts, qui ne dépassent pas la moitié de l extension de la surface de détachement. D après nos observations, ce nucléus en silexite correspond à un objet compris entre 5 cm (surface la plus longue) x 5,4 cm (surface la plus large). La méthode d exploitation nous semble peu organisée, sans hiérarchisation des plans de frappe et avec des négatifs très variables, de 4,1 cm x 2,4 cm pour les plus longs et 2,7 cm x 1,3 cm pour les plus courts, et 218

57 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI 1,1 cm x 2, 7 cm pour les plus larges que longs. Les derniers enlèvements rebroussés, les plus courts, sur un nucléus déjà réduit, ont pu conduire le(s) tailleur(s) à abandonner l exploitation. Figure Nucléus : à méthode d'exploitation peu organisée, sans hiérarchisation des plans de frappe. (dessin E. Fogaça 2001). - Pièce 2399 (K10), sans illustration. La pièce est très fragmentée par le feu. Nous nous limitons aux descriptions de Fogaça [2001] : de petite taille (41g), elle est réalisée en silex et présente un seul plan de percussion. Les négatifs préservés sont courts et larges, quelques uns rebroussés. La majorité de la pièce est détruite par le feu, seul le plan de percussion est mieux préservé. Les flancs et la surface opposée au plan de frappe sont corticaux (ce qui démontre que le nucléus n'a pas été beaucoup plus long). Niveau Supérieur Nucléus à séquences unipolaires et/ou bipolaires (fig. 106 à 108) : - Pièce (J9) objet proche de 5,0 x 5,0 cm (fig. 106). Selon Fogaça [2001] : le support est un éclat en silexite, petit (24 g). Les surfaces sont exploitées à partir d un plan de frappe principal. Les négatifs sont longs et larges, parfois réfléchis. La forme pyramidale est due à la morphologie originale de l éclat. Le plan de percussion correspond au talon du support, grand et lisse [Fogaça 2001 : 32?]. La méthode de taille correspond à l'ouverture d un ou de deux plans de frappe pour détacher des séries unipolaires. Figure Nucléus : exploitée à partir d'un plan de frappe préférentiel qui correspond au talon du support. (dessin E. Fogaça 2001). - Pièce (K9) en silexite (fig. 107) : l action thermique a détruit une partie considérable du plan de frappe principal. Le deuxième plan correspond au talon de l éclat original. Les séquences courtes et réfléchies correspondent au nettoyage et au renfort des bords de plan de frappe [Fogaça 2001 :322]. D après nos observations complémentaires, il s agit d un nucléus proche de 3,9 cm (longueur) x 6,0 (largeur), réalisé sur éclat épais, sur lequel on observe principalement un débitage unipolaire, long et court (proche de 3,5 et 2,4 cm), dans l épaisseur du support. Des préparations de plan de frappe sont encore visibles sur les surfaces. Il s'agit d'une méthode simple à séquence unipolaire organisée autour de deux plans de frappe. 219

58 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI - Pièce (J9) est un nucléus petit sur rognon de silexite, qui oppose deux surfaces corticales (l une plane, l autre convexe), ce qui démontre qu'il n'a pas été plus long (fig. 107). Une série d enlèvements unipolaires entoure la surface plane corticale. Ces enlèvements larges (proches de 2,4 cm x 4,6 cm) occupent la plus grande épaisseur entre les deux surfaces corticales. Quelquefois les négatifs sont recoupés par de petits enlèvements de quelques centimètres. Une deuxième surface de percussion, adjacente à la première, présente les mêmes phénomènes. Il s'agit de séquences unipolaires centripètes longues et larges réalisées à partir d'un plan de frappe cortical. D après Fogaça [2001 : 323], il n y a pas d accident sur les négatifs. "L action thermique a produit de grandes cupules sur les flancs, depuis la surface d enlèvement jusqu à la base de la pièce. La zone corticale commence à la base et s étale sur les flancs". Figure Nucléus du niveau VI supérieur : objets à séquences unipolaire et bipolaire. (dessin E. Fogaça 2001). - Pièce : le support est une plaquette de volume proche de 7,0 x 7,0 x 4,0 cm (fig. 107). Plusieurs séquences unipolaires longues et courtes, larges, sont effectuées à partir de deux plans de frappe adjacents lisses. Les négatifs profitent au maximum de la morphologie du support : les plus longs occupent une grande partie de la surface de détachement (proche de 5,5 cm), recoupés par d autres plus courts (proches de 2,5 cm) et plus larges (2,5 x 4,8 cm). D après Fogaça [2001 :320] "le plus grand plan de frappe peut correspondre à une surface plane de formation de la plaquette. Presque tous les négatifs de débitage, de renfort et de nettoyage des bords, correspondent à des éclats rebroussés". - Pièce (K9) est un petit nucléus (3,7 x 4,0 cm) réalisé en silexite, en fin d exploitation, qui présente une surface de débitage opposée à une surface corticale (fig. 107). Des séquences de négatifs principalement unipolaires, qui atteignent une dimension proche de 3,6 cm, quelquefois larges de 2,9 cm, sont parfois recoupées par une seconde séquence de négatifs d enlèvements plus courts (proche de 2,0 cm). Une deuxième surface adjacente à la première a servi de plan de frappe pour l enlèvement d éclats de petite taille. Il s'agit donc de 220

59 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI séquences unipolaires longues et courtes à partir et autour d un plan de frappe (voire deux) ravivé. Une série d enlèvements pratiqués sur l un des bords montre une préparation du plan de frappe. D après Fogaça [2001], il y a des négatifs réfléchis. - Pièce (N7-8) : ce nucléus, proche de 10,2 x 12,5 cm, présente trois plans de frappe (fig. 108). Les deux premiers sont opposés, ils présentent au moins une séquence d enlèvements unipolaires (grands, étroits et larges). Ces surfaces sont recoupées perpendiculairement par une troisième qui présente, elle aussi, une série de négatifs unipolaires. Une zone corticale résiduelle existe sur un des flancs. De plus, le nucléus présente des nodules. Il y a aussi des accidents du type réfléchi [Fogaça 2001]. D après le dessin, ces négatifs semblent atteindre une dimension proche de 8 cm. Figure Nucléus : à plans de frappe opposés. (dessin E. Fogaça 2001). L ensemble des nucléus pris en compte relève d une conception de détachement d éclats de dimension moyenne, avec un débitage à la pierre dure plus ou moins organisé. Les analyses nous ont conduite à isoler un groupe réalisé sur des grands éclats-supports, avec un détachement préférentiel unipolaire. De plus, l étude nous a permis d établir des corrélations entre certains produits bruts de débitage et ces nucléus. Si jusqu ici ces grands éclats sont exclusivement notés comme supports d outil unifacial ou bifacial, certains exemplaires de nucléus de cette couche nous permettent d observer une utilisation autre pour ces grands produits : nucléus pour enlèvement d éclats de dimension moyenne à petite. Par ailleurs, ces nucléus sont très probablement la source des supports des outils simples La méthode de taille Il s'agit principalement d'une méthode de taille simple, à séquence unipolaire tournante à partir d'un plan de frappe voire deux (ou trois), lisses ou ravivés. Les épisodes de séquences 221

60 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI successives (longues et courtes) rendent compte d'éclats dont la face supérieure porte des négatifs de direction unipolaire ou unipolaire/orthogonal ou encore centripète. Dans l'état d'abandon, les nucléus correspondent à des produits de petites dimensions, voir moyenne (environ 2 à 5 cm de longueur), plus au moins abrasés, peu accidentés (en tous les cas, pour les éclats plus longs). Il est possible qu'un des nucléus (2836-6), réalisé sur éclat épais, ait pu être bien plus grand au départ, comme les éclats qu il a pu donner Les techniques de taille Deux techniques différentes sont mises en évidence (tabl. 23) : détachement d éclats à la pierre dure (peut-être aussi à la percussion tendre, bois) de dimension petite à moyenne, à partir de nucléus de dimension petite à moyenne. Ces éclats sont ensuite transformés (percussion dure/ou tendre?) ou utilisés bruts de débitage ; une troisième technique, celle du façonnage de pièce bifaciale, constatée par la présence d éclats à talon large, dièdre ou facetté, détachés à la percussion directe dure (et tendre?). Type de percussion Supérieur Moyen Inférieur TOTAL Percussion directe tendre Percussion directe tendre (probable) Percussion directe dure TOTAL Tableau 23 - Effectif des produits et type de percussion : le petit échantillon ayant permis l identification des techniques de percussion est certes réduit, mais les stigmates observés sont nets. Un petit groupe d éclats (5 pièces) porte des traces de percussion directe tendre (bois végétal). Contrairement aux niveaux supérieurs, pour lesquels cette technique est reconnue systématiquement dans les phases de façonnage et de retouche, dans le niveau VI, ces produits sont présents dans les catégories de fin de chaîne opératoire (catégorie 8), mais aussi dans celles de début du débitage (catégories 4, 5 et 6). Ce petit groupe porte une lèvre bien marquée, avec talon abrasé et bulbe diffus. Il s'agit d'éclats de dimension moyenne entre 5,5 et 6,4 cm. Il nous paraît difficile d'affirmer l'utilisation de la percussion tendre dans les phases de débitage. Il est plus prudent de reclasser ces éclats dans une phase de façonnage de grands outils épais et donc envisager la production d'unifaciaux de gros volume Les produits de taille : les éclats Catégories VI Sup. % VI moyen % VI inf. % Total % Début de débitage -3, Plein débitage -6, Façonnage Retouche/entretien de plan de frappe - 10 TOTAL Tableau 24 - Effectif des éclats de la couche VI. L échantillon se compose de 126 éclats bruts de débitage : 32 produits de début de débitage, 31 de plein débitage, 28 de façonnage et 35 de retouche et/ou d entretien (tabl. 24). Il est clair qu'il y a ici un équilibre entre les catégories qui diffère des niveaux antérieurs. Cependant la 222

61 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI petite taille de l'échantillon pourrait biaiser les résultats. Figure Les catégories 3 et 4 : les pièces de début de débitage présentent un profil plutôt rectiligne. Cliché M.J. Rodet Les éclats de début de débitage (catégories 3, 4 et 5): les morphologies et les techniques de débitage sont les mêmes pour les différentes matières premières (tabl. 25) : dimension minimum (cm) dimension maximum (cm) largeur moyenne (cm) épaisseur moyenne (cm) VI supérieur 3,2 7,4 3 1 VI moyen 3 6,4 3 1,5 VI inférieur 4 7,4 1,5 6,2 0,6 2,2 Tableau 25 : les dimensions des éclats de début de débitage, couche VII. Ces pièces, plus généralement de profil rectiligne, peuvent présenter du cortex, ainsi que des cupules et des cassures dues à l action thermique (fig. 109). Les négatifs de la face supérieure sont dans le sens du débitage de l éclat, ou dans plusieurs sens. On note dans la catégorie 5 (pièces avec cortex résiduel), une fréquence des enlèvements dans le sens du débitage de l éclat (fig. 110). L accident le plus commun (tous niveaux confondus) est la fracture en languette supérieure ; le rebroussé est très discret. En réalité, la majorité des pièces ne porte pas d accident. Les talons sont principalement lisses, assez souvent abrasés, cependant quelques talons dièdres, larges, abrasés, signalent une taille bifaciale. 223

62 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI Figure Catégorie 5 : le cortex est résiduel, plutôt dans la partie distale de la pièce. Les éclats de plein débitage (catégories 6 et 7) : Principalement rectilignes les éclats portent sur leurs faces supérieures des négatifs parallèles ou obliques à l axe du débitage de l éclat, et plus rarement dans plusieurs sens (tabl. 26). Pour la catégorie 7, les enlèvements sont dans le sens du débitage. Les accidents sont assez rares : quelques fractures en Siret, fractures en languette proximale supérieure et cassures. Cette dernière est due principalement au feu. Un seul rebroussé est observé. dimension minimum (cm) Dimension maximum (cm) Largeur (cm) Epaisseur (cm) (moyenne) 1,9 3,4 0,5 1,2 VI supérieur 3,6 5,3 (une pièce atteint 7,8 ) VI moyen 3,5 6,2 2 3,6 0,5-1,5 VI inférieur 3,1 3,8 2,2 3,8 0,7 Tableau 26 - Les dimensions des éclats de plein débitage. Les talons sont principalement lisses, quelques-uns sont abrasés. Néanmoins, trois talons dièdres sont à remarquer dans le niveau moyen : pour le premier, il s agit d un éclat de taille moyen par rapport à l ensemble de la série (3,5 x 3,1 x 0,8 cm), large avec talon abrasé d une largeur de 1,2 cm. La face supérieure offre un seul négatif, dans le sens du débitage de l éclat. Le deuxième, aussi de taille moyenne (4,0 x 3,0 x 0,6 cm), exhibe un talon assez large : 2,4 cm, non abrasé. Cet éclat porte cinq négatifs unidirectionnels parallèles à son axe de détachement. Le troisième éclat porte un positif d'éclatement, et peut provenir d un façonnage bifacial. Les éclats de fin de chaîne opératoire (fig. 111). Pour le façonnage (catégorie 8) les dimensions sont (tabl. 27) : dimension minimum (cm) dimension maximum (cm) Largeur (cm) Epaisseur (cm) (moyenne) VI supérieur 2,9 3,6 1,5 3 0,3 0,8 VI moyen 2,6 3,4 1,6 3 0,4 0,8 VI inférieur 2,2 3,6 1,2 3,2 0,3 1 Tableau 27 - Les dimensions des éclats de façonnage de la couche VI. Pour la retouche (catégorie 10), tous niveaux confondus, les éclats sont plutôt homogènes. Les longueurs varient de 1,6 à 2,0 cm, la largeur s approche de 1,0 cm et l épaisseur est en général 224

63 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI entre 0,1 et 0,6 cm. Figure Les catégories 8 et 10 : les éclats sont Les produits de fin de chaîne opératoire (catégories 8 et 10) ont des talons lisses, fréquemment abrasés, quelquefois facettés ou dièdres (5 éclats). Pour ces derniers, trois exemplaires ont des négatifs dans le sens du débitage de l éclat ; les deux autres ont la face supérieure complètement atteinte par l action du feu. Pour les autres éclats de la catégorie, la majorité des négatifs est aussi dans le sens du débitage de l éclat, mais aussi en oblique et plus rarement en oblique opposé. Enfin, les accidents sont rares, avec quelques pièces cassées par la fracture en Siret, d autres présentant une cassure mésiale, parfois due au feu. Dans les observations générales, on note que l'abrasion de la corniche est, dans le VI moyen et supérieur, très important.. Dans le VI inférieur, le taux des pièces abrasées diminue (fig. 112). 30 Abrasion couche VI supérieur moyen inférieur abrasion sans abrasion Figure 112 : L'abrasion dans la couche VI. Les talons de pièces sont susceptibles d être abrasés dans n importe quelle catégorie (fig. 113), ce qui dénote une certaine importance au contrôle du détachement d éclats depuis le début de la chaîne opératoire jusqu à la retouche. Rappelons que, dans plusieurs couches, ce procédé n'est utilisé que dans les dernières phases de la chaîne opératoire. Soulignons encore que, à propos des pièces accidentées, il est clair que la grande majorité des produits de la couche (tous niveaux confondus) n'a pas d accident ; mais l'originalité réside surtout dans la presque absence du rebroussé, accident le plus fréquent dans le site (plus particulièrement dans les couches supérieures). Cet accident est faiblement présent dans le niveau VI supérieur et très discret dans le VI moyen et inférieur. La fracture en Siret et la 225

64 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI fracture en languette supérieure proximale sont les plus fréquentes (tous niveaux confondus). Les cassures sont parfois dues au feu, qui a atteint un grand nombre de pièces. Ces tendances sont confirmées par l analyse de Isnardis [1993], tous niveaux confondus : 281 éclats, dont 228 pièces ne portent pas d accident. La fracture en Siret est présente sur 12 éclats, l'accident rebroussé sur 26, l'accident en languette sur 10 et les fractures simples sur 5. L abrasion démontre une recherche de la précision depuis le début de la chaîne opératoire. Le faible nombre de pièces réfléchies indique un contrôle plus fin du détachement des produits, donc des tailleurs plus expérimentés ou plus soucieux du résultat Abrasion x catégorie (tous niveaux confondus) abrasion s/ abrasion cat 3 cat 4 cat 5 cat 6 cat 7 cat 8 cat 10 Figure L'abrasion dans les catégories : on note que toutes les catégories sont touchées par les procédés d'abrasion de la corniche. A partir de cette analyse technologique/morphométrique, notre intention est de parvenir à différencier des groupes pertinents, correspondants aux types de nucléus. Comme nous le verrons, il est possible d établir un parallèle entre les nucléus et une partie des produits bruts de débitage. Dans un premier temps, nous avons défini trois grands ensembles : 1) les produits de début de débitage, de dimension petite à moyenne (3,2 à 7,4 cm), talons principalement lisses, parfois abrasés, face supérieure à négatifs dans le sens du débitage ou en plusieurs sens, présence de cortex, peu d accidents ; 2) les produits de plein débitage, de dimension petite à moyenne (proche de 3,6 à 5,3 cm), talons principalement lisses, assez souvent abrasés, négatifs sur la face supérieure principalement dans le sens du débitage, plus rarement en oblique, absence de cortex, peu d accidents (accident en Siret et en languette supérieure) ; 3) les produits de fin de chaîne opératoire (façonnage et retouche), dimension qui varie de 1 à 3,6 cm (les plus grands correspondent aux éclats de façonnage). Notons que dans cette couche, cette catégorie est de dimension un peu plus grande que dans les autres couches en général Principalement si on reclasse ici les éclats détachés à la percussion tendre, classé en début de débitage (dimensions 5,5-6,4 cm). Les talons sont lisses, parfois abrasés. La face supérieure porte des négatifs parallèles au support, parfois obliques, plus rarement opposés. Quelques cassures et fractures en Siret sont les accidents les plus fréquents. Le rebroussé est presque absent. Dans un deuxième temps, nous essayons de les raccorder aux nucléus. Une partie des éclats de début de débitage du niveau supérieur, détachés à la pierre dure, sont en accord avec les dimensions et les schémas diacritiques retrouvés sur certains nucleus 226

65 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI ( , et ) (longueur de 3,0 à 7,0 cm et largeur de 3 cm, talons lisses, faces supérieures pouvant présenter des négatifs dans le même sens, en sens opposé ou en oblique, quelques uns présentant du cortex). De plus, quelques produits de (début de) plein débitage (catégorie 6) peuvent eux-aussi être mis en relation avec ces mêmes nucléus (talons lisses, longueur proche de 5,0 cm, face supérieure dans le sens du débitage de l éclat, plus rarement en oblique ), ainsi que sur le nucléus Quelques éléments, plus courts, de début de débitage et (début de) de plein débitage, longueurs proches de 3,4, 3,6 et 3,7 cm, largeur entre 2,8 et 3,0 cm, avec ou sans cortex dans les parties distales, abrasion de talons, concordent avec le nucléus , unipolaire, cortex résiduel, préparation de plan de frappe Le nucléus sur éclat montre des négatifs proches de 2,4 et 3,5 cm avec plusieurs sens, correspondants à quelques éclats du début de débitage (catégorie 4) : de longueur proche de 3,0 cm et largeur d environ 2 cm, abrasés, avec face supérieure à négatifs dans le même sens ou multidirectionnels. De plus, il paraît possible de mettre en rapport au moins une partie des produits classés comme éclats de façonnage (longueur entre 2 et 3 cm, négatifs sur face supérieure principalement dans le même sens, abrasés) avec les nucléus , , (négatifs unipolaires, longueur générale entre 3,5 et 2 cm, abrasion, ). Dans le niveau inférieur, les éclats de plein débitage détachés à la pierre dure peuvent être mis en parallèle avec l aspect des surfaces débitées de quelques nucléus : les nucléus sur éclat et (enlèvements unidirectionnels à partir de la face inférieure de grand éclat support, des dimensions entre 4,2 et 2,6 cm, recoupées par d autres plus courts, parfois larges de 3,9 cm, talons lisses, ) sont rapprochés des produits de plein débitage, de taille moyenne (3,1 à 3, 8 cm et larges de 2,2 à 3,8 cm,), talons lisses, face supérieure à négatifs unidirectionnels, Un troisième nucléus ( , type conique) présente des caractéristiques qui permettent, au moins pour une partie, un rapprochement avec certains produits du niveau. Même si l exploitation semble peu organisée, il est probable qu une partie des éclats du niveau inférieur rattaché aux phases de façonnage (dimension proche de 3,0 cm, plus ou moins larges, talon lisse, parfois abrasé, négatifs de la face supérieure dans le sens du débitage ou en diagonal ou encore perpendiculaire à l axe du débitage, ), peut être mise en relation avec les négatifs les plus grands de ce nucléus (4,1 x 2,4 ou 2,7 x 1,3 cm, négatifs unipolaires, dans le même sens, parfois perpendiculaires, ). Les négatifs les plus courts présents sur la surface de débitage du nucléus, sont ceux qui portent l accident rebroussé. Ceux-ci ne trouvent pas de correspondant dans les éclats petite taille (proche de 1,0 cm) retrouvés dans le secteur étudié du niveau. En résumé, il a été possible d'associer certains produits de début et de plein débitage, ainsi que des éclats associés au façonnage d outils, à quelques uns des nucléus retrouvés dans les niveaux VI supérieur et inférieur. Des attributs techniques et morphométriques assurent une corrélation entre les critères techniques reconnus sur certains de ces nucléus et les éclats d une certaine morphologie, détachés à la pierre dure. L un des intérêts de ce rapprochement est de pouvoir replacer une partie du matériel, débité dans le site, à une production d éclats de petite dimension (entre 2 et 5 cm) qui ont pu ensuite être transformés ou utilisés bruts de débitage. D autre part, cette constatation met en évidence la possibilité qu une partie des éclats que nous rattachons à une phase de façonnage d outil unifacial, provienne en fait du débitage de ces nucléus de dimension petite à moyenne et sont en réalité les produits recherchés pour euxmêmes. 227

66 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI Synthèse de l étude technologique Trois points principaux seront repris dans cette synthèse : les composantes de production, la méthode de taille, les aspects économiques. L analyse technologique de l ensemble étudié permet de mettre en évidence les tendances générales de l industrie de la couche VI. Au moins deux composantes de production (peutêtre trois) sont distingués (fig. 114) : Figure Composante de production de la couche VI : trois, voire quatre méthodes de débitage sont dégagées à partir de l examen des surfaces de nucléus, de l outillage et des produits bruts de débitage. 1) La première débute par la production d éclats allongés, peu épais, détachés probablement à la percussion directe dure, ensuite transformés en outil unifacial par des enlèvements directs de façonnage et retouche (à la percussion dure et/ou tendre?), plus ou moins courts, installés sur les bords de l éclat-support. Les nucléus originels de ces éclats-supports allongés sont absents de la zone fouillée, mais certains des éclats de retouche observés peuvent être rapportés à la finition de tels outils unifaciaux. 228

67 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI 2) La deuxième débute par la production d éclats de taille petite à moyenne, détachés à la percussion directe dure à partir de nucléus installés sur de grands éclats-supports (ou encore sur des nucléus en plaquette ou bloc), exploités principalement à partir d un plan de frappe, voire de deux (les enlèvements tendants à être unipolalires). Les produits résultants peuvent être transformés marginalement sur l une ou les deux surfaces. Une troisième composante peut être envisagée ; celle de la production de pièces à retouche biface, soupçonnée au vu d éclats moyens et petits, à talon dièdre ou facetté d angle de bord proche de 45, larges, assez souvent abrasés, enlevés à la percussion dure. Cependant, ce groupe d'éclat est très discret et ils peuvent, en réalité, faire partie de la retouche de certains outils simples à retouche inverse et non d'une classe à part. De plus, cette étude a permis d observer une utilisation autre pour les grands éclats, qui jusqu ici, ont été observés exclusivement comme support d outil unifacial ou bifacial. Dans le niveau VI, ils sont utilisés comme support de nucléus (fig ). Enfin, il faut soulever un dernier point, celui de la fréquence d éclats de début de débitage dans la couche VI (normalement des catégories plus discrètes), en opposition à des éclats de fin de chaîne opératoire. Rappelons que ces ensembles (début et fin de chaîne opératoire), peuvent faire partie de deux chaînes opératoires dissemblables. Cette augmentation de produits de début de débitage dans les niveaux VI est sûrement explicable par la présence importante des nucléus moyens à grands qui sont mis en parallèle avec ces éclats. Concernant les méthodes de taille, l'observation de l'ensemble du matériel permet d'affirmer une production d'éclats à partir d'une méthode simple assez organisée : - nucléus avec une hiérarchisation de surface de débitage. Séries de séquences unipolaires longues et courtes organisées autour d'un plan de frappe ravivé (parfois un deuxième plan adjacent). Les produits sont de dimensions variées avec peu d'accidents de taille. Quelques nucléus témoignent d'un volume plus important, ce qui est corroboré par les restes bruts de débitage. Les catégories cat 3 cat 4 cat 5 cat 6 cat 7 cat 8 cat 10 Figure 115 -Les catégories : on note un équilibre entre le début de débitage (catégories 3-5), le plein débitage (5 et 7) et les éclats de fin de chaîne opératoire (catégories 10 et 8). 229

68 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI Comme toujours la grande majorité des pièces laissées dans l'abri correspondent aux phases de fin de chaîne opératoire (principalement la retouche - fig. 115) très probablement de production d'outil unifacial et outil simple. Cependant, dans la couche VI il y a une présence plus importante de phases de début de chaîne et de plein débitage. Ces produits correspondent bien aux nucléus retrouvés dans les niveaux. En réalité, les nucléus sont arrivés dans l'abri partiellement décortiqués (les éclats de sous-entame les plus longs mesurent environ 5 cm ; les éclats d'entame sont petits). Ils avaient un volume moyen (environ 8/10 cm?) et ont été débités sur place. Les produits ont été transformés en outils simples et probablement utilisés bruts de débitage. Concernant la production des supports des unifaciaux plus élaborés (2 pièces fragmentées) ils nous est difficile d'avoir un avis sûr car les pièces sont assez fragmentées. Par ailleurs, s'il y a eu un façonnage (ou ravivage) d'outils unifacial à volume abrupt comme semble l indiquer la présence d'éclats de façonnage, ces outils ont été importés. Tableau récapitulatif des principales indices de la série (tabl. 28) : Nombre de pièces Matière Première Catégorie + présentes Abrasion Accidents Percussion Couche VI Sondage Ouest (J-K 10) VI Sup. VI Moyen VI Inf silexite fin : 33 % silexite moyen : 41% Grès : 19% catégorie 10 : 28% catégorie 8 : 24% catégorie 6 : 16% catégories 4 et 3 : 13% sans abrasion : 49% Abrasion : 51% sans accident : 64% rebroussé : 9 % Siret/languette/cassure : 9% directe dure directe tendre silexite fin : 34% silexite moyen : 33% silexite gros : 22% catégorie 10 : 43% catégorie 8 : 19% catégorie 6 : 14 % catégorie 7 : 8% sans abrasion : 44% Abrasion : 56% sans accident : 87% rebroussé.: 2 % Siret : 11 % directe dure directe tendre Tableau 28 : Les indices de la couche VI silexte fin : 17 % silexite moyen : 38% silexite gros. : 24% Grès : 21% catégorie 10 : 23% catégorie 8 : 28% catégorie 4 : 24 % catégorie 6 : 14% sans abrasion : 67% Abrasion : 33% sans accident : 79 % rebroussé : 3 % Siret et languette : 5 % directe dure directe tendre(?) Discussion La couche VI paraît bien différente des autres niveaux plus profonds. Même devant un petit échantillon de 2m², il est possible d observer d importants changements du comportement technique. Dans notre esprit, la couche VI témoigne d une transition entre des groupes qui savaient encore tailler la pierre (couches les plus anciennes) et des gens pour lesquels l'intérêt de la taille est moindre, du moins au regard de ce que montrent les restes retrouvés dans l'abri de Boquete. A titre de comparaison, rappelons quelques points entre les tendances des industries des couches inférieures et supérieures en général et celles observées dans le niveau VI : comparant avec les industries des couches inférieures, on note que, même si dans le VI, les industries gardent certains traits d'un savoir-faire (abrasion, contrôle du débitage, faible taux d'accidents), elles sont aussi de plus en plus éloignées des plus élaborées (couches VIII et VII), plus soigneuses, avec abrasion insistée, utilisation importante de la percussion tendre végétale, et surtout le groupe d'outillage de la couche VI représenté dans l'abri est très simple. Si on recoupe maintenant les industries de la couche VI avec celles des niveaux supérieurs, on note, pour ces dernières, une fréquence élevée d accidents rebroussés (la fracture en Siret ou en languette sont plus rares); une grande majorité de produits sans abrasion, principalement ceux de début de débitage et de (début de) de plein débitage, 230

69 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche VI produits de morphométrie très variable (sauf pour les catégories de façonnage et de retouche), entre autres. Maintenant, si on revient sur les comportements techniques spécifiques de la couche VI, on note que l abrasion est beaucoup plus systématisée, accompagnée d une variété plus grande de types de talons, les éclats sont plus normalisés et beaucoup moins accidentés. Comme nous le verrons dans les prochains chapitres, l accident rebroussé est une marque très importante des industrie analysées dans les niveaux plus récents. Cela dit, il est important de garder à l'esprit que les abris permettent une vision très partielle de la réalité ; et durant certaines périodes encore plus que dans d'autres. Quoiqu il en soit, la couche VI fait penser à un moment important de la transition des industries lithiques, que nous voyons évoluer plus ou moins lentement dans les niveaux présentés jusqu'ici. On aura encore le "parfum" d'une industrie plus sophistiquée dans le niveau V, puis, ensuite, les choses changent complètement. Pour résumer les points principaux : -La percussion directe au percuteur dur est la principale technique de détachement d éclats. Cependant, quelques pièces font soupçonner la percussion tendre végétale ; ces produits corticaux, de dimensions moyennes, classés en début de débitage, doivent en réalité faire partie du façonnage d'unifaciaux à gros volume. - On note la présence d au moins deux méthodes distinctes : - la production d éclats moyens (à grands?), transformés unifacialement ou bifacialement (outil simple), ou utilisés bruts de débitage. Les fragments d'éclats sont aussi utilisés pour produire ces outils ; - la production d'éclats allongés, peu épais, transformés en outil unifacial. La production de pièces bifaciales reste à vérifier. - La méthode de taille est simple, organisée à partir d'un plan de frappe préférentiel (un deuxième adjacent), avec séries de séquences unipolaires (longues et courtes). L'examen de nucléus et de restes bruts de débitage permet de dire qu'une partie importante de la production a été réalisée dans les abris. - Les catégories les plus présentes sont celles de façonnage et retouche (8 et 10). Cependant, les catégories de début de débitage prennent ici une place bien importante. Les aspects morphométriques et techniques de ces produits peuvent être corrélés aux négatifs de certains nucléus du niveau. - La grande majorité des éclats de façonnage a un profil rectiligne, ce qui concorde avec un outillage à volume abrupt. Cependant, ces outils ne sont pas laissés dans l'abri. - La matière première la plus utilisée est la silexite (de grain fin, moyen et gros), suivie du grès. La présence du calcaire est discrète et le quartz est absent. - L abrasion est très importante : dans les niveaux supérieur et moyen, il y a davantage de pièces abrasées que non abrasées. - les céramiques, les pièces polies et les plantes domestiquées sont absentes de ces niveaux. 231

70 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V La couche V Stratigraphie (géologique et culturelle) D'après Moura [1991] le volume correspond à un sédiment grisâtre clair (10 YR 7/1 sec), de structure très compactée : silto-argilo-sableuse, à rare présence de fibres végétales. Les blocs sont de format sub-angulaire, grands à très petits ; de porosité faible, doux, friables, très cimentés, peu collants. Le volume contient des minéraux et des roches (silex et calcaire) ainsi que des nodules argileux. La transition est abrupte et plane. D après Prous [1991], les couches IV et V sont formées par un épais paquet de sédiments blancs, riches en carbonates mais assez pauvres en vestiges archéologiques. Un mince niveau de sédiment marron sépare la partie supérieure de la partie inférieure, baptisée couche V. Une fine couche marron très sombre s étend à la base de la couche V. Dans le sondage 4, la couche est perturbée par l intrusion de cendres remaniées autour d un grand bloc tombé qui présente des incisions gravées. Un fragment de céramique a été récupéré dans ce contexte [Fogaça 2001 : 91]. Les restes végétaux étudiés par Resende et Cardoso [1997] et Resende [1994], sont plus rares dans la couche V, et correspondent en général aux parties les plus dures des plantes, celles qui sont les plus résistantes. Les vestiges très fragilisés ont une apparence vieille et se désintègrent facilement. Les éléments les plus communs sont le cansanção (Cnidoscolus sp.), le jatoba (Hymenaea sp.), et le péqui (Caryocar brasiliense camb.), fruit naturel du Cerrado (savane), absent localement et présent en grande quantité dans le compartiment de la haute vallée, mais aussi sur les plateaux qui s étendent sur le compartiment karstifié. Le péqui est utilisé autant pour son amande et son mésocarpe (utilisé en décoction) comestibles et riches en vitamines, que pour son huile (qui entre probablement dans l élaboration de teintures de plusieurs groupes indigènes actuels). Malgré la mauvaise conservation des vestiges végétaux (ce qui pourrait donner une fausse image de la réalité) et la présence (isolée) d un tesson de céramique, il est possible de penser que nous sommes dans une période occupée par des populations des chasseurs-cueilleurs et non pas par des horticulteurs-céramistes. L absence de silos et de plantes domestiquées, alliée aux analyses sédimentologiques (rares fibres végétales), renforce notre diagnostic. De plus, l unique fragment de céramique a pu s infiltrer depuis les niveaux supérieurs dans les zones remaniées (anthropiquement ou par des animaux) Datations Strate Datation C14 BP Laboratoire Datation Calibrée V moyen ± 70 CDTN à 8404 av. J.-C. V (près sep. 2) ± 150 BETA V (près L/M 8) ± 240 CDTN Tableau 29 - Les datations du niveau V : réalisées au laboratoire Beta Analytics Inc.University Branch Court, Miami, Flórida, EUA ; ainsi qu au CDTN, Centro de Desenvolvimento da Tecnologia Nuclear/ Setor de Radioquímica, Belo Horizonte, MG, Brésil Deux dates doivent être rejetées car très nettement trop vieilles (tabl. 29) : ±150 (sondage 1) et ±240 (sondage 1). Ces dates, trop anciennes pour le niveau, résultent probablement de perturbations provoquées, pour la première, par la fosse funéraire (Sep. 2), creusée depuis le III/IV jusqu à la couche V ; pour la seconde, l échantillon provient d un secteur (carré L/M 8) qui présente des discordances stratigraphiques par rapport à la zone fouillée. Ces carrés, situés dans une pente du terrain, correspondent probablement à la couche 232

71 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V VIII (Prous, comm. pers.). La troisième semble aussi très vieille quand on la remet dans l'ensemble des dates obtenues dans le bassin. Nous pouvons penser que la couche V doit s'inscrire dans l'intervale BP Industrie lithique : Présentation quantitative et qualitative du matériel La série de la couche V se compose de 17 outils, 3 nucléus, 693 éclats (sondage 1). De plus, 148 pièces sont fragmentées par le feu et 28 pièces classées comme non identifiées, ces dernières non analysées. Il faut préciser que quelques raccords ont été réalisés parmi les pièces du niveau V inférieur : deux pièces éclatées par le feu ont été raccordées, puis un éclat fragmenté en deux, et enfin deux autres éclats Étude morpho-technologique du niveau La présentation de l outillage 17 outils représentent la couche V : 11 retouchés et 6 sur bruts de débitage. Ils sont tous confectionnés dans la silexite (grains fin et moyen). Les outils sont en général de dimension petite à moyenne (environ 5 cm) ; un seul est plus long (environ 7 cm). Leurs supports proviennent du début ou du plein débitage. Soulignons la présence de 2 quebra-côcos en calcaire (blocs bruts ou légèrement transformés utilisés comme bigorne pour concasser les petites noix de palmiers). Ces objets ne seront pas étudiés dans le cadre de cette thèse Les outils retouchés Au nombre de 11, les outils correspondent globalement à 3 grandes catégories : - 5 éclats moyens, allongés, supports d'outil unifacial (environ 5 cm); - 6 éclats petits (et fragments) retouchés marginalement (unifacialement et bifacialement), supports d outil simple. Trois des outils retouchés ont été étudiés par Fogaça [2001]. Comme nous n avons pas pu les examiner, notre étude est basée sur les travaux de cet auteur. Ils correspondent à des outils unifaciaux (plan-convexe et grattoir) réalisés sur des éclats de taille moyenne : les trois supports offrent chacun une longueur proche de 5 cm, retouchés tout au long de leurs bords. En dehors de ces caractéristiques, les pièces ne présentent pas d attribut morphologique particulier. Nous nous attacherons, dans un premier temps, à reprendre les analyses de Fogaça [2001], puis à décrire le plus précisément possible les attributs technologiques de ces outils afin de les rapprocher des nucléus et des produits bruts de débitage présents dans la couche : - Première catégorie, éclats moyens, peu épais, support d'outil unifacial (fig.116) : - L outil (V moyen carré M8 ; éventuellement intrusif depuis la couche VIII), réalisé sur un support de volume moyen (5,6 x 3,6 cm), a des contours relativement arrondis. L éclat-support montre un négatif central parallèle. Un aménagement a été fait au long de l axe longitudinal à partir d un façonnage systématique des bords. On distingue un agencement assez complet des bords par des enlèvements directs, fréquemment envahissants, mais pas couvrants. La délinéation du contour est achevée par une série de retouches directes, courtes, écailleuses, irrégulières. Le contact thermique est noté sur la partie proximale de l'objet. 233

72 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V - L outil (V moyen carré M8 ; éventuellement intrusif depuis la couche VIII), est un éclat fragmenté (5,0 x 2,0 cm), bien transformé après le détachement, qui présente des bords latéraux abrupts et concaves en opposition à un front arrondi. La face inférieure confirme que l éclat était au départ plus long et plus large : les bords sont rétrécis par l'aménagement et peut-être par plusieurs phases de retouche et/ou de ravivage. D après les analyses de Fogaça [2001], tous les négatifs présents sur la face supérieure sont postérieurs 234

73 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V au détachement du support. Les tranchants droit et gauche sont rétrécis par des négatifs directs, profonds et parallèles qui délinéent un bord denticulé. La rencontre des négatifs a créé une arête dans le sens longitudinal de la pièce. Des microenlèvements sont visibles sur la crête vers les flancs de l objet. L aménagement est achevé par une série de retouches courtes, principalement sur le tranchant droit. Quelques égratignures sont aussi observées sur ce même tranchant. - L outil 2872 (V moyen/inférieur M8 ; éventuellement intrusif depuis la couche VIII) est un éclat peu épais (5,6 x 6,1 cm), de début de débitage (présence de cortex sur le bord gauche et au centre), débité probablement à la percussion dure. Il présente au moins trois tranchants utilisables plus ou moins concaves résultant principalement de transformations postérieures au détachement. D après Fogaça [2001], une série de négatifs est antérieure au détachement du support. On distingue deux moment d aménagement : une première phase de façonnage à partir des bords par des enlèvements directs, larges et assez envahissants, suivie d une série de négatifs courts, qui parfois ne dépassent pas le grignotage d utilisation. Ces négatifs vont délinéer des fronts plus arrondis ou plus concaves. Quelques cupules thermiques sont observées sur la face inférieure. - Les outils et (V- M8 ; éventuellement intrusif depuis la couche VIII) sont tous deux très fragmentés par le feu (faces inférieure et supérieure). Ce qui reste des tranchants témoigne d'une ou deux séries d'enlèvements de retouche, directs, marginaux, plus ou moins parallèles, plus ou moins rebroussés qui dégagent des fronts arrondis. Rappelons que ces cinq pièces viennent du secteur en discordance stratigraphique (L/M-8) et sont peut-être originaires de la couche VIII. - Deuxième catégorie, petits éclats (et fragments), supports d'outils simples (fig. 117) : Figure Outils simples de la couche V : réalisés sur éclats ou fragments, ils sont de morphologie et épaisseur variées. (dessin M.J. Rodet). 235

74 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V Ces éclats et fragments (6 pièces) sont de petite dimension, de forme irrégulière, de début ou de plein débitage, parfois brûlés, détachés probablement à la percussion dure. Les supports sont transformés marginalement à partir de la face inférieure, plus rarement par des retouches inverses. Les angles des tranchants retouchés sont abrupts, proches de 90. Quelques enlèvements courts, abrupts, plus ou moins profonds, produisent des bords irréguliers Les outils sur bruts de débitage Six pièces composent cette catégorie. C est la présence de macro-traces qui permet de constater l utilisation de ces objets à l état brut de débitage (5 pièces). Comme dans d autres sites du bassin du Peruaçu, il est aisé de détecter l utilisation de ce type d éclat au vu de leur(s) tranchant(s) abrupts ou coupants, fins, alliés à des supports réalisés sur une matière première de bonne qualité, en général très homogène. De plus, on remarque sur une même pièce des bords utilisés de façons différentes : mâchurés ou émoussés, opposés à d autres vifs, sans utilisation ni altération. Pour renforcer notre hypothèse, l examen tracéologique sur quelques uns de ces bords montre une utilisation pour couper ou gratter du bois. Description des pièces (fig. 118) : Figure Outils bruts de débitage de la couche V : réalisés sur éclats, les outils présentent des micro et des macro-traces d'utilisation sur les bords (les flèches indiquent les secteurs). (Cliché et dessin M.J. Rodet). 1) éclat (2979-8) de plein débitage, de taille 4,4 x 3,7 x 0,7 cm, à bords plus ou moins abrupts (71 et 56 ), détaché à la percussion dure, à talon lisse. L éclat présente sur la face supérieure une série d enlèvements unidirectionnels peu profonds, avec un enlèvement distal orthogonal plus abrupt. Tout au long du bord distal, on note une série d égratignures directes. Sur le bord gauche, on note des mâchures sur toute l extension du tranchant. L examen tracéologique a démontré l'utilisation du bord distal pour gratter du bois. Cette pièce évoque un éclat de façonnage d'outil unifacial épais, ou de débitage de nucléus à séquences unipolaires, avec plan de frappe préférentiel et d'un autre adjacent. 2) éclat 2326 de petite dimension, cortical, à tranchant coupant, semi-abrupt (proche de 50 ), avec mâchures le long du tranchant latéro-distal. 236

75 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V 3) éclat de petite dimension, de plein débitage, qui présente une série d'enlèvements inverses qui ont enlevé le talon. Le bord méso-distal porte une série d'égratignures d'utilisation. 4) éclat (V moyen), allongé, très fin, de plein débitage (7,5 x 3,4 x 0,5 cm), enlevé à la percussion directe dure. Le talon est petit (0,4 x 0,2 cm), lisse, bien abrasé. La face supérieure présente 4 enlèvements dans le sens du débitage; un cinquième est en sens opposé. La face inférieure est pratiquement plate. Le bulbe est diffus. Un amorçage de rebroussé est observé dans la portion extrême de l'éclat. Des cupules thermiques et une pellicule de concrétion sont visibles sur cette face. Autour du talon, des enlèvements réalisés après le détachement de l'éclat sont observés : petits, délicats et discrets. Les macro-traces (égratignures, micro-enlèvements, émoussé) sont disposées tout au long du bord gauche (6,3 cm), sur le tranchant, et marginalement sur la face supérieure. Les cupules de feu sont postérieures, car quand elles atteignent le bord et recoupent les macro-traces. Sur le bord droit, les macro-traces sont moins visibles. Elles occupent particulièrement la partie méso-proximale (environ 4 cm). L'éclat a été retrouvé fragmenté : les deux morceaux sont raccordés. L'examen tracéologique n'a pas pu mettre en évidence une utilisation. Cette pièce est très particulière : en contraste avec la série de la couche V en général, elle résulte d un débitage soigné et très finement ajusté au vu de sa minceur et de la régularité des négatifs antérieurs, témoignant de la recherche de produits à tranchant aigu. Il y a bien dans la couche V un petit groupe d'éclats plus soignés très homogène (provenant de plusieurs carrés), rapportés à du façonnage, mais aucun autre produit n'est comparable à cet éclat. La question posée est de savoir s'il ne s'agit pas d'une pièce intrusive qui a remontée d'un niveau plus profond tel que le VIII. L examen tracéologique a été réalisé sur l'ensemble des outils simples et bruts de débitage. Une seule pièce a donné un résultat positif (2979-8, outil simple) : utilisation pour gratter du bois sec (stries de grattage) L analyse technologique Les matières premières utilisées L outillage, comme l ensemble de la production est réalisé principalement à partir de la silexite locale de grain fin et moyen, parfois homogène, d autres fois hétérogène. Le calcaire et le grès sont aussi représentés parmi les vestiges, au moins dans les niveaux supérieur et inférieur. Cette dernière matière est retrouvée dans un rayon de 5 km du site. Enfin, la présence du calcaire est assurée par la roche encaissante de l abri. Malgré la proximité de la rivière Peruaçu, les galets roulés de rivière sont absents des vestiges. Le quartz hyalin est lui aussi absent. Pour une partie des objets exhumés du niveau V, il est possible de penser que les volumes sélectionnés au départ sont proches de 7 cm, car il y a des éclats de début de débitage (éclats d'entame et sous-entame) qui mesurent jusqu'à 6,3 cm de longueur Les nucléus Les descriptions sont empruntées de Fogaça [2001] et complétées d'après ses dessins. Niveau Moyen Nucléus à séquences unipolaires et/ou bipolaires (fig. 119 et 120) : 237

76 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V - Le nucléus , V moyen (carré N8), semble être en fin d exploitation : 3, 8 x 5, 1 cm (les plus larges surfaces exploitées). Il présente les critère d un débitage peu organisé [Inizan et al., 1995] : sans préparation spéciale, sans choix de plan de frappe, simplement en tenant compte de la morphologie du bloc. Six surfaces de débitage se sont opposées : des séquences de négatifs unipolaires longs et courts réalisés à partir des plans de frappe adjacents, lisses (fig. 119). Les derniers négatifs montrent des produits non standardisés. L unique technique de débitage est la percussion directe à la pierre dure. Selon Fogaça [2001 : 325], il n y a pas d accident visible sur les négatifs. D après le dessin, deux négatifs ont pu être mesurés : le plus grand atteint 3,6 cm de longueur x 3,5 cm de largeur ; le plus petit, 1,8 cm x 2,2 cm. Les autres négatifs sont incomplets. Figure Nucléus de la couche V : les deux nucléus proviennent de la couche moyenne. Le premier en fin d'exploitation (4525-5) est peu organisé et révèle une conception peu élaborée. Le second (2863-4) est plus organisé avec un plan préférentiel donnant des produits plus ou moins standardisés. (dessin E. Fogaça 2001). - Le nucléus , V moyen (?), carré M8 : d après les dessins de Fogaça [2001], il s agit d un volume de 3,6 x 3,2 x 4,2 cm, sur lequel on observe presque exclusivement un débitage unipolaire (long et/ou court), dans l épaisseur du bloc (fig. 119). Une série d éclats atteint 3,3 et 3,5 cm, parfois recoupée par une séquence de négatifs plus courts (1,8 cm, 1,3 cm, ). Le nucléus paraît en fin d exploitation. Les négatifs lisibles font soupçonner une conception plus organisée du débitage, avec un plan de frappe préférentiel et une recherche de produits plus ou moins normalisés. 238

77 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V Le troisième nucléus (2873-2, V moyen, M8), en grès, présente un volume de 3,8 cm dans l épaisseur et 6,7 cm dans la plus grande largeur (fig. 120). Il présente une surface plane, ravivée, servant de plan de frappe, opposée à une surface diaclasique patinée. Deux séquences unipolaires couvrent la surface de débitage : la première atteint la plus grande épaisseur du bloc, suivie d une série plus courte qui peut attendre la moitié du volume ou s installer juste comme une préparation de plan de frappe. La question est de savoir s il s agit d un nucléus aménagé en outil, cas fréquent dans les industries du Peruaçu, toutes périodes confondues.. Les produits sont plus ou moins standardisés : longueur aux alentours de 3,8 cm pour les produits les plus longs et une largeur qui peut atteindre 1,4 cm ( au vu des dessins). Cependant, d'après Prous (comm. pers.), ce nucléus appartient très probablement au niveau VIII. Il vient du carré M-8, affecté par une discordance stratigraphique et qui a donné deux mesures 14 C qui sont cohérentes avec la couche VIII. Figure Nucléus : certains secteurs sont recouverts d'une patine d'altération indiquée sur le dessin comme du cortex. (dessin M.J. Rodet). Les nucléus pris en compte témoignent d une méthode de taille simple, avec un débitage à la pierre qui peut être plus ou moins organisé, préférentiellement unipolaire à séquences longues et courtes à partir d'un ou plusieurs plans de frappe. Nous verrons que certains produits bruts de débitage ainsi que certains supports d'outils simples et bruts de débitage ont pu être rapprochés de ces nucléus La méthode de débitage Comme pour la couche antérieure, les nucléus retrouvés dans l'abri correspond à une méthode de débitage simple, organisée autour d'un plan de frappe préférentiel, à séquence unipolaire tournante. D'autres fois, il n'y a pas de plan préférentiel : c'est la morphologie du bloc qui guide les détachements et aucune organisation ne peut être observée. Le nucléus tend vers une forme globulaire en fin d'exploitation. Une troisième variante est l'ouverture d'un plan de frappe, suivi d'un deuxième adjacent puis d'un troisième. Ces nucléus rendent compte des produits avec négatifs parallèles et perpendiculaires au débitage. 239

78 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V Dans l'ensemble et au moment de l'abandon, ces nucléus ont produit des éclats de petite dimension (environ 4 cm) plus ou moins corticaux, plus ou moins abrasés, plus ou moins accidentés. Nous verrons qu'ils ne correspondent pas à toutes les classes d'outils retrouvées dans la couche Les techniques de taille Deux versions techniques différentes ont été détectées dans la série des produits de la couche V, toutes phases des chaînes opératoires confondues : une production de supports moyens (à grands) réalisés à la pierre dure, transformés en outil plan-convexe ou grattoir par façonnage et retouche à la pierre dure ; une percussion à la pierre dure pour le détachement d éclats moyens transformés marginalement en outils simple. Enfin, l'utilisation de la percussion directe tendre est observée sur un petit groupe d'éclats (8 éclats). Il est important de préciser que l ensemble évocateur de la percussion tendre est très réduit, mais les talons sont très convaincants, ce qui nous oblige à les prendre en compte (tabl. 30). A de rares exceptions près, l utilisation de la percussion tendre organique n intervient que lors de phases de façonnage et de retouche. L utilisation du percuteur tendre dans le plein débitage est observée une seule fois pour la catégorie 7, dans le niveau supérieur. V supérieur V moyen V inférieur TOTAL Percussion directe tendre Percussion directe tendre (probable) Percussion directe dure TOTAL Tableau 30 décompte de types de percussion : effectif des pièces ayant permis l identification des techniques de percussion Les produits de taille : les éclats Les 693 éclats sont classés selon leur place au sein des chaînes opératoires : 151 produits de début de débitage, 96 produits de plein débitage, 136 éclats de façonnage et 310 de retouche et/ou entretien (tabl. 31). V supérieur V moyen V inférieur TOTAL Début de débitage (catégories 3,4 et 5) Plein débitage (catégories 6 et 7) Façonnage (catégorie 8) Retouche/entretien de frappe (catégorie 10) TOTAL Tableau 31 Effectif d éclats de la couche V : on note que les produits de plein débitage sont les moins nombreux dans chacun des niveaux. L organisation du tableau 31 (début de débitage, plein débitage, ), ne correspond pas forcément à une unique et seule chaîne opératoire. En réalité, certains produits classés en début de chaîne (catégories 3, 4 et 5) peuvent découler d une même opération (production de supports peu standardisés transformés marginalement, ou utilisés bruts). De plus, une partie des produits de plein débitage (catégorie 7) et de fin de débitage, de façonnage et de retouche (catégories 8 et 10) ne font probablement pas partie du même schéma de production des premiers produits. Les phases de façonnage et de retouche peuvent sûrement faire partie 240

79 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V d une même chaîne opératoire, celles des objets unifaciaux. Ceci découle de nos observations sur certains éléments de cet ensemble. Les éclats de début de débitage (catégorie 3, 4 et 5) : dimension minimum (cm) dimension maximum (cm) largeur (cm) V supérieur 1, ,5 V moyen 1,8 6,3 1 3,3 V inférieur 1,9 6,2 1 4 Tableau 32 - Les éclats de début de débitage. épaisseur (cm) Les produits réalisés sur la silexite (tous niveaux confondus) varient de 1,5 cm pour les plus petits jusqu à 6,3 cm pour les plus grands (tabl. 32). La dimension moyenne est située aux alentours de 3 cm, avec une largeur de 2 à 3 cm. Ces pièces, plus généralement rectilignes, présentent parfois des bosses ou du cortex sur les faces supérieures. Les négatifs sont dans plusieurs sens et/ou dans le sens du débitage du support (principalement pour celles de la catégorie 5, dont on observe fréquemment des restes corticaux sur les parties distales et latérales des éclats). L'accident le plus courant est le rebroussé. Les pièces abrasées sont rares, sauf pour le niveau V inférieur (fig. 123). Pour les produits réalisés en grès silicifié (niveaux supérieur et inférieur) : les produits varient entre 3,4 cm et 6,2 cm de longueur, et de 1 cm à 2 cm de largeur. Ces éclats peu épais (environ 1 cm) présentent sur la face supérieure des négatifs, principalement parallèles à l axe de débitage du support et/ou légèrement en diagonale. Ces éclats sont représentatifs des plus grandes pièces du niveau. Dans le V moyen il n y a pas de restes bruts en grès. Le calcaire, aussi absent du niveau moyen, présente dans les autres niveaux des pièces longues de 2,2 cm à 5,5 cm, pour 1,5 cm à 2,5 cm de large. En résumé : les longueurs des catégories d éclats de début de débitage, tous niveaux confondus, varient entre 1,5 et 6,3 cm et la largeur de 1cm à 4 cm. Les surfaces supérieures présentent des négatifs dans le même sens, légèrement en diagonale ou encore dans plusieurs sens. Ceci correspond à des nucléus retrouvés dans les niveaux, avec négatifs d'environ 4 cm de longueur, à séquences unipolaires à partir d'un plan de frappe préférentiel ou à plusieurs plans de frappe adjacents, voire plan de frappe périphérique. Les éclats sont principalement rectilignes. L'accident le plus remarqué est le rebroussé. L'abrasion est rare, sauf pour le V inférieur. Les éclats de plein débitage (catégories 6 et 7) : dimension (cm) largeur (cm) épaisseur (cm) V supérieur catégories 6 et 7 Environ 4 Environ 2,5 cm 0,3 0,6 V moyen catégories 6 2,9 5,6 3,5 4,9 0,8 0,9 V inférieur catégories 6 et 7 3 6,2 2 5,1 0,3 1,9 Tableau 33 - Les dimensions des éclats (catégories 6 et 7). - Les éclats ont une longueur entre 2,9 et 6,2 cm (tabl. 33). Les plus larges et les plus épais sont ceux de la catégorie 6 (début de plein débitage). Les plus longs et les plus minces sont ceux de la catégorie 7 (fig. 121). Les talons sont toujours abrasés. Les surfaces supérieures des deux catégories présentent des négatifs principalement dans deux sens : parallèles à l'axe de débitage et perpendiculaires à l'axe. Le rebroussé est ici très discret, installé sur la partie distale de la face inférieure. 241

80 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V Les talons ne sont pas couramment abrasés pour la catégorie 6, sauf pour le niveau V inférieur où on observe un taux important d'abrasion. Figure Eclats des catégories 6 et 7 (dessin M. Brito). Les éclats de fin de chaîne opératoire : - Les produits de façonnage (catégorie 8), peuvent dans l'ensemble être rapprochés des phases de façonnage d'outil unifacial. dimension (cm) largeur (cm) épaisseur (cm) V tout niveau confondu 1,5 3,5 1,3 3,2 0,5 et < Tableau 34 - Les dimensions des éclats de façonnage. Ils forment un groupe assez homogène de morphologie plus ou moins carrée (fig. 122). Les talons sont lisses, moins fréquemment abrasés que dans les autres couches, à l'exception du V inférieur, où le nombre de pièces abrasées dépasse celui des non abrasées (fig. 123). L accident le plus commun est le rebroussé. La face supérieure présente 2, 3 ou 4 négatifs, 242

81 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V dans le sens ou légèrement en diagonale, plus rarement perpendiculaire à l axe du débitage de l éclat. - Les éclats de retouche et/ou d entretien de plan de frappe (catégorie 10), peuvent atteindre la taille de 2 cm et une largeur qui varie de < 1 à 3 cm. Leurs talons sont lisses, parfois abrasés, l accident le plus remarqué est le rebroussé. Leur face supérieure montre des négatifs principalement dans le sens de leur détachement. Contrairement à d'autres couches, dans l'ensemble, les éclats de retouche sont moins abrasés. 243

82 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V En résumé, les produits de début de débitage de la couche V étaient globalement longs de 3 à 5 cm (plus rarement proche de 6 cm) et larges de 1 à 4 cm. Les éclats de plein débitage sont longs au maximum de 6,2 cm et d une largeur moyenne de 2,5 cm (4 cm pour de rares pièces). Elles sont plus épaisses pour la catégorie 6 de début de plein débitage et peu épaisses pour la catégorie 7, de plein débitage. Les pièces de fin de chaîne opératoire ont une longueur variant de 1 à 3,5 cm et sont globalement larges de 1,5 cm. Ce sont donc, en général, des produits de dimension assez réduite (au moins pour la plupart) qui caractérisent ces restes bruts de débitage. Il est possible de soupçonner que les produits les plus longs (entre 5 à 6,2 cm) font partie des premières phases de débitage des nucléus. Cela implique des nucléus avec une longueur minimale de 8 ou 10 cm. Leur profil est principalement rectiligne, ce qui correspond à des volumes abrupts. Les talons sont dans leur plus grand nombre lisses, généralement sans abrasion. Les faces supérieures présentent, pour les pièces de début de débitage, des négatifs dans le sens du débitage, semiparallèles et plus rarement en plusieurs directions. Cette organisation perdure aussi pour les pièces de plein débitage (et continue pendant la phase de façonnage) dont on note des négatifs orthogonaux, plus rarement opposés, qui témoignent de la mise en jeu d un second plan de frappe. Les catégories d éclats les plus représentées (tous niveaux confondus) sont celles de fin de chaîne opératoire (retouche d objet unifacial et peu systématisé), suivies par la catégorie 8, probablement de façonnage de ces mêmes types d outils. Cependant, on note une légère hausse par rapport aux niveaux précédents de la catégorie 4, donc des éclats de début de débitage. Dans chacun des niveaux de la couche V, les pièces de profil rectiligne sont beaucoup plus représentées que les pièces arquées : 272 éclats rectilignes (88 %) contre 37 arqués (12 %), pour le niveau supérieur ; 123 éclats rectilignes (79 %) contre 32 arqués (21 %), pour le niveau moyen, et 172 rectilignes (82 %) contre 37 éclats arqués (18 %) pour le niveau inférieur. Ces produits arqués peuvent être observés principalement dans les deux catégories les plus élaborées, catégories 8 et 10. Cependant, de temps en temps, il est possible de les observer aussi en début de débitage (catégorie 4 et 5 ) et (début de) de plein débitage (catégorie 6). 50 Abrasion - V Inférieur Ouest Figure L'abrasion dans le niveau V inférieur. 40 abrasion s/ abrasion Le niveau inférieur présente une 30 fréquence plus importante de pièces 20 abrasées : 129 pièces (40 %). Les 10 niveaux moyen et supérieur montrent 0 un taux d abrasion très bas : 47 cat 3 cat 4 cat 5 cat 6 cat 7 cat 8 cat 10 pièces (30 %) et seulement 80 pièces (25 %), sont abrasées. Une nette majorité des produits ne présente pas d abrasion (75 % produits et 70 % produits). Enfin, si on s intéresse à la place de ces pièces abrasées au sein de la chaîne opératoire, on note que, pour le niveau V inférieur l abrasion est présente dans presque toutes les catégories de façon remarquable (fig. 123). On note que les produits de façonnage sont les plus soignés (fig. 122). Pour le niveau moyen, l abrasion est réalisée sur les éclats de retouche (catégorie 10) et plus rarement sur ceux de façonnage (catégorie 8), tandis que pour le V supérieur (fig. 124), les pièces abrasées sont principalement celles des phases de façonnage et de retouche, 244

83 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V sans oublier le plein débitage, catégorie 7, toujours abrasé. Enfin, soulignons qu'il n'a pas de rapport entre abrasion et accident. Figure 124 L'abrasion dans le niveau V supérieur : la majorité des pièces ne présente pas d'abrasion. Les talons sont majoritairement lisses : 310 pièces sur un total de 215 pour le niveau supérieur, 157 pièces sur un total de 158 pour le niveau moyen, et 199 pièces sur un total de 215 dans l inférieur. La petite exception à cette homogénéité est observée dans le niveau V inférieur où on observe 10 pièces à talon cortical et dans le V supérieur où et 126). Type de talon - V supérieur Ouest lineaire 2% talon lisse 97% tl cortical 1% Abrasion x catégories - V supérieur Ouest abrasion s/ abrasion cat 3 cat 4 cat 5 cat 6 cat 7 cat 8 cat 10 éclats présentent un talon linéaire ou cortical (fig. Figure Types de talons dans la couche V supérieur : à quelques exceptions près, la majorité des pièces est à talon lisse. Concernant la présence d accident sur les pièces : la majorité des éclats ne porte pas d accident. Dans les niveaux inférieur et supérieur, l absence d accident atteint des fréquences entre 71 % (267 produits non accidentés) et 83 % (151), un taux très fort. Dans le niveau moyen, ce pourcentage diminue : 64 % (101) des pièces n ont pas d accident. L accident le plus commun est le rebroussé. Il est très discret pour les pièces des niveaux supérieur et inférieur, en général, et un peu plus marqué dans le niveau moyen. Quelques pièces portent des fractures en Siret : 8 éclats (inférieur), 3 éclats (moyen) et 5 éclats (supérieur). Figure Types de talons de la couche V inférieur : les talons sont principalement lisses. Types de talon - V inférieur Ouest Les caractéristiques techno-morphologiques des éclats permettent de tenter un rapprochement avec les nucléus et les outils du niveau. lineaire 1% aile 1% tl cortical 5% Pour les nucléus, talon lisse 93% - Les négatifs observés sur les nucléus indiquent des produits qui correspondent en dimension et en technologie aux éclats de la couche. Il est clair que les éclats de début de débitage, ainsi que ceux de (début de) de plein débitage (tous niveaux confondus) correspondent bien aux produits détachés de nucléus du type (fig. 119) : les 245

84 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V proportions correspondent tout à fait à celles inscrites sur les nucléus (au moins pour les petits et moyens), les talons sont lisses, les faces supérieures présentent parfois du cortex, les négatifs sont organisés principalement dans plusieurs sens, l accident rebroussé est présent mais discrètement. - Quelques-uns des éclats classés en phase de façonnage (catégorie 8) correspondent bien au nucléus du type : longueur de 1,5 à 3 cm, avec des talons lisses (parfois abrasés), sans cortex, détachés principalement à la percussion dure, la face supérieure avec 1 ou 2 négatifs qui peuvent être dans le sens du débitage, légèrement en diagonale ou encore perpendiculaire. Occasionnellement, quelques produits de la catégorie 6 peuvent eux-aussi provenir de ce type de nucléus. - Le nucléus provenant du V moyen mais peut-être intrusif (Prous comm. pers.) depuis les niveaux sous-jacents, est réalisé en grès. Les éclats en grès du niveau V supérieur, concordent avec ce nucléus. Cependant, dans la couche VIII, ce rapprochement est aussi possible. Pour les outils, - Nous suggérons qu une partie des éclats de la catégorie 8 (les plus larges, talon lisse, profil rectiligne parfois arqué, face supérieure avec négatifs dans le sens du débitage ) et de la catégorie 10 (de petite taille, talon lisse parfois abrasé, profil rectiligne, ) font partie des phases de façonnage et de retouche d outils comme les 2872, et le (fig. 116). Pour les négatifs les plus larges qui ont dessiné l encoche latérale de la pièce, il est possible de retrouver dans la catégorie 6, certains éclats qui présentent des attributs correspondant à cette morphologie : large, bulbe proéminent, talon lisse, - parmi les outils simples, on remarque que certains éclats de début de débitage (catégorie 3 et 4) ainsi que ceux de (début de) de plein débitage (catégorie 6) peuvent être définis comme de support de ce type d outil. Nous pouvons associer les outils utilisés bruts de débitage, en général, aux pièces de début de débitage (petite dimension, cortical, ), ainsi qu'à la catégorie 6 de plein débitage, à l exemple de l outil (fig. 118). Pour la pièce plate, peu épaisse, allongée et à bulbe diffus (fig. 118, ) il n y a pas de correspondant parmi les nucléus. Enfin, pour les supports des outils retouchés, il n y a pas d équivalent dans les vestiges. Ces pièces ont du être apportées déjà détachées de leurs nucléus. En résumé, les caractères techno-morphologiques observés sur une majorité d éclats bruts de débitage permettent de les rapprocher de nucléus et d'outils retouchés du niveau V moyen ainsi que d'outils simples de tous les niveaux. En effet, même si les nucléus et les outils retouchés proviennent tous du niveau moyen, les éclats qui peuvent être rattachés à ces objets sont observés dans l'ensemble de la stratigraphie de la couche V, ce qui peut indiquer une production de ces types d objet lors de chacune de ces périodes (supérieur, moyen, inférieur). Les éclats confirment une méthode peu élaborée à la dominance unipolaire organisée autour d'un plan de frappe préférentiel. D'autres fois, on note des plans de frappe adjacents, qui rendent compte des éclats avec négatifs orthogonaux et/ou semi-parallèles entre-eux. Concernant les outils du type simple, leurs supports sont des éclats de taille petite à moyenne provenant de début ou de plein débitage des nucléus abandonnés dans la couche. 246

85 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V Synthèse de l étude technologique Il est clair qu'une partie des composantes de la couche V est en désaccord avec la technologie observée sur les pièces du niveau en général, c'est-à-dire que certains pièces, les plus élaborées, proviennent du carré M-8, en désaccord stratigraphique avec le V. Ce carré présente une date cohérente avec la couche VIII. Les outils unifaciaux tels que le et le , ou l'outil brut de débitage sont des pièces qui peuvent être rapprochées de la couche VIII. Le nucléus en grès peut éventuellement être mis en parallèle avec le niveau inférieur de Boquete externe. En conséquence, si on enlève ses composantes plus élaborée, l'industrie de la couche V reste très simple, ce qui rend l'ensemble beaucoup plus homogène. Ceci dit, il est tout aussi possible que les vestiges de cette couche correspondent à une industrie plus élaborée. Il ne faut pas oublier le petit groupe d'éclats de façonnage et de retouche plus soignés, qui se raccordent à une production plus élaborée d'unifaciaux. Il est important d'étudier les vestiges de cette époque dans d'autres sites : Boquete externe, Bichos et Malhador, afin de confirmer cette hypothèse. A Malhador, malheureusement, cette période est aussi mal datée, et les zones fouillées présentent des secteurs remaniés où, d'ailleurs, un outil très élaboré provient de cette période. Ainsi, la majorité des composantes de production de la couche V sont plutôt simples ; cette étude techno-morphologique révèle deux composantes de production distinctes : 1) La première procure des produits de taille moyenne à grande, détachés à la percussion directe dure, utilisés comme support d outil unifacial. Ces supports sont apportés dans l abri déjà débités. Leurs transformations sont réalisées principalement à la percussion directe dure ; néanmoins quelques éclats de façonnage de la couche font soupçonner l utilisation de la percussion directe tendre (bois végétal). 2) La deuxième offre des supports de taille moyenne plus ou moins normalisés, de profil plutôt rectiligne, débités à la percussion directe dure, qui seront transformés marginalement en outil simple ou utilisés bruts de débitage. Ces produits proviennent d une méthode de production observée sur certains nucléus présents dans le niveau moyen : exploitation de la morphologie du bloc sans contrôle de la géométrie du nucléus. La percussion est directe dure, les talons sont lisses, parfois dièdres, en général sans abrasion. Rappelons qu'il s'agit d'une caractéristique des industries du Peruaçu. Enfin, il est possible qu une partie des produits classés comme de façonnage soient en réalité des produits recherchés. C'est ce que font soupçonner les nucléus qui présentent une conception plus organisée, avec plan de frappe préférentiel. Ceux-ci vont produire des éclats d'environ 3 cm, plus ou moins stéréotypés. Il est possible que ces pièces soient recherchées pour couper les fibres ou gratter le bois, par exemple. Concernant les méthodes de taille, l'observation de l'ensemble du matériel permet d'affirmer une production d'éclats à partir d'une méthode simple peu élaborée (ou non élaborée) : - nucléus avec une hiérarchisation d'un plan de frappe : enlèvements des séries de séquences unipolaire longues et courtes organisées autour d'un ou deux (parfois 3) plans de frappe, plutôt lisses. Un des nucléus ne présente aucune organisation ; il correspond à une méthode pour laquelle la morphologie du bloc guide les enlèvements. Ces pièces sont de petite dimension, ce qui correspond en partie au matériel brut de débitage retrouvé dans la couche V. 247

86 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V les catégories (tous niveaux confondus) Figure 127 Les catégories : la majorité des bruts de débitage correspond à la retouche et/ou à l'entretien des plans de frappe (catégorie 10). Néanmoins, la catégorie 4, de début de débitage, est bien représentée dans les niveaux. Contrairement à la couche 150 antérieure où il y avait un 100 équilibre entre les produits laissés 50 dans l'abri (début de débitage, 0 cat 3 cat 4 cat 5 cat 6 cat 7 cat 8 cat 10 plein débitage, fin de débitage), dans la couche V, la grande majorité des produits correspond aux phases de fin de chaîne opératoire (principalement la retouche - fig. 127). Les outils, les nucléus et les restes bruts de débitage présents dans l'abri laissent penser que les nucléus ont été plus ou moins entamés dans l'abri (dimensions d'environ 8 cm, comme le démontrent certains éclats d'entame et de sous entame). Puis ils étaient débités dans l'abri jusqu'à exhaustion, pour extraire des éclats de dimension globale entre 6 et 3 cm, qui ont été utilisés bruts de débitage ou marginalement transformés en outils simple. Les outils unifaciaux ont été importés dans l'abri, déjà débités ; ils sont plutôt en fin d'utilisation. Tableau récapitulatif des principaux indices de la série : Nombre de pièces Matière Première Catégories + présentes Profil Abrasion Accidents Percussion Couche V V Supérieur V Moyen V Inférieur Silexite fin : 45% Silexite moyen : 31% Calcaire : 10% Grès : 13% Cat. 10: 46% Cat 8: 18% Cat 4: 14 % Silexite fin: 59% Silexite moyen: 41% Cat. 10: 63% Cat. 8 : 18% Cat. 4 : 9 % Cat. 6: 5 % rectiligne: 79 % arqué: 21 % Sans abrasion : 70% Abrasion : 30% Rectiligne: 88% arqué.: 12% Sans abrasion : 75% Abrasion : 25% Sans accident : 83% Sans accident : 64 % Rebroussé : 14% Rebroussé: 32 % Siret: 2 % directe dure directe dure directe tendre directe tendre Tableau 35 - Récapitulatif des principaux indices de la série. Silexite fin: 45% Silexite moyen: 41% Calcaire: 8 % Grès : 6 % Cat. 10: 31% Cat. 8 : 23% Cat. 4 : 14% Cat. 6: 14% rectiligne: 82 % arqué: 18 % Sans abrasion : 60% Abrasion : 40% Sans accident: 71 % Rebroussé.: 24 % Siret : 4 % directe dure directe tendre (?) 248

87 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche V Pour résumé les points principaux : - La matière première la plus utilisée est la silexite, suivie du calcaire et plus discrètement du grès. Le quartz est absent. - La grande majorité des produits a un profil rectiligne, ce qui concorde avec des volumes abrupts. - La percussion directe au percuteur dur est la principale technique observée dans le niveau. Cependant quelques pièces font soupçonner la percussion tendre organique au bois végétal. - Deux composantes de production lithique paraissent présentes : production d'éclats moyens transformés en outil unifacial ; production d'outils simples à partir d'éclats petits à moyens, de début ou de plein débitage. Enfin, il est possible d envisager la production d éclat plus normalisés de petite dimension (aux alentours de 3 cm) à talon lisse rarement abrasé, à partir de petit nucléus unipolaires. - Une partie des éclats bruts de débitage, de longueur d'environ 3 ou 4 cm, a pu être rapprochée des nucléus au moment de leurs abandon. D'autres éclats de début de débitage, plus longs, environ 6 cm, témoignent que ces nucléus étaient probablement un peu plus grands. - L abrasion est très réduite sur les produits, en général. 249

88 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV La couche IV Stratigraphie (géologique et culturelle) La couche IV du site de Boquete nous est apparue comme une des plus pauvres en information, à tout point de vue : géologique, biologique, archéologique, etc. Ce manque de données est probablement lié au fait que les couches supérieures sont très remaniées par des perturbations plus récentes, les silos : en conséquence, les secteurs en place sont rares. De plus, ce niveau présente peu de matériel par rapport aux autres. De ce fait, les archéologues s y sont moins intéressés. Néanmoins, la bibliographie apporte quelques informations intéressantes. Les auteurs [Prous 1991a ; Moura 1997] ne distinguent pas géologiquement les couches IV et V, qui forment un paquet de sédiments blancs, riche en carbonates, épais d environ 25 cm. La transition entre ces deux couches est établie par une fine pellicule marron. Les sous-divisions du niveau IV ont été faites, parfois, de manière arbitraire, à cause de l absence d indicateur objectif. Sur le plan archéologique, les auteurs cités sont d accord pour affirmer que ces niveaux sont très pauvres en vestiges. Le matériel botanique, très abondant dans les couches supérieures, diminue en quantité à partir de la strate IV. Toutefois, il est toujours caractérisé par plusieurs taxons comme les espèces Annona crassifolia, Cocos oleracea, Eugenia dysenterica DC, Hymenaea sp., Sterculia sp., Struthanthus sp., Syagrus coronata M. On note la présence des plantes cultivées (calebasse et mais), mais dans des aires remaniées [Resende 1994]. Les végétaux se présentent éparpillés ; fréquents dans les niveaux supérieurs (supérieur et moyen), ils disparaissent dans la fouille 1, mais ils persistent dans la fouille 2 et au nord de la fouille 4. Les vestiges les plus communs sont les petites noix de palmiers (Syagrus oleracea M.) Nom Nom commun NMI Agouti paca rongeur 1 Cavia aperea cobaye 10 Chelonia chelidae tortue 1 Dasyprocta sp agouti 1 Dasypus novemcinctus 1 Euphractus sexcinctus tatou 1 Grenouille 2 Hydrochaeris hydrochaeri capivard 0 Kerodon rupestris mocó rongeur 7 Mazama sp cervidé 2 Marmosa sp rongeur 1 Oiseaux 4 Poisson 1 Polychrus acutirostris iguane 1 Primate 1 Rongeurs micro-faune 3 Serpent 1 Sylvilagus brasiliensis 0 Tamandua tetradactyla 1 Tayassu tajacu pécari 1 Tupinambis teguixin lézard 2 TOTAL 41 Tableau 36 - Les espèces du niveau IV : nombre minimum d individus (NMI), d'après Kipnis 2000, modifié. 250

89 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV Les restes animaux, analysés par Kipnis [2002], sont présentés sous forme de tableau (tabl. 36). En somme, il y a une occurrence relativement forte d os calcinés, une des premières indications d une origine culturelle pour les vestiges. 41 individus représentent le spectre de Boquete pour la couche IV. Les espèces présentes ne diffèrent pas de celles d aujourd hui. Notons que les rongeurs, le serpent, le lézard sont des habitants communs des abris de la région Datations Les datations obtenues pour la couche IV (du III/IV jusqu au contact IV/V) semblent globalement cohérentes dans une bande étroite entre 7900 BP et 7350 BP (tabl. 37). Strate Datation C14 Laboratoire Datation Calibrées III/IV 7350 ±70 CDTN IV 7540 ±80 BETA à 6185 av. J.-C IV Supérieur 7900 ±180 CDTN-2741 IV Moyen 7810 ±80 BETA à 6920 av. J.-C 6890 à 6845 av. J.-C 6780 à 6445 av. J.-C IV/V 7600 ±1000 CDTN-2350 Tableau 37 - Les datations du niveau IV : ont été réalisées au laboratoire Beta Analytics Inc. University Branch Court, Miami, Flórida, EUA; ainsi qu'au CDTN, Centro de Desenvolvimento da Tecnologia Nuclear/ Setor de Radioquímica, BH, MG, Brésil Industrie lithique : Présentation quantitative du matériel L échantillon lithique analysé dans le niveau IV est composé de 11 outils bruts de débitage et 536 éclats, soit 547 objets, provenant des sondages ouest (30 m 2 ) et central (10 m 2 ). Le nombre total d'éclats exhumés de ces sondages est de 551. Cependant nous n'en avons étudié que 536, les 15 autres ayant les parties proximales abîmées. Les autres points de sondage n ont pas fourni de vestiges en place suffisamment représentatifs pour être pris en compte. Les outils retouchés sont absents. L analyse est donc faite principalement à partir de l observation des objets dont les bords présentent des macro-traces et des éclats bruts de taille. Ces derniers forment l ensemble de vestiges lithiques le plus important de la série. Une grande partie de la collection a été comptabilisée, mais pas étudiée. Il s'agit des pièces fragmentés par le feu, ou encore de cassons : 1811 pièces ; toutes les matières premières lithiques sont représentées. D après Fogaça [2001 : 326], un seul nucléus est exhumé de la couche IV (N IVq) : un nucléus pyramidal pesant 9 g, en quartz hyalin. Les surfaces d enlèvement sont partiellement exploitées, les négatifs longs et larges ne présentent pas d accident. Cependant cette pièce n est pas prise en compte dans notre analyse, car elle ne se trouve pas parmi les vestiges examinés, déposés au Musée d Histoire Naturelle de l Université Fédérale de Minas Gerais (MHN-UFMG), et nous n'en avons pas de dessin. Un raccord thermique est réalisé entre deux pièces du même carré. Du fait que les zones fouillées aient été très perturbées par des enterrements et des dépôts de silos, n ont été analysés que les échantillons exhumés des secteurs en place. Les vestiges provenant des aires "perturbées" "foyer" "trou" etc., n'ont pas été étudiés Etude morpho-technologique Présentation de l'outillage La couche IV n'a pas révélé d'outil retouché. Les seuls outils de ces niveaux sont ceux réalisés 251

90 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV sur des éclats bruts de débitage, soit 10 pièces les outils bruts de débitage Dix pièces (provenant du niveau supérieur, inférieur et "abcde"), de morphologie variée, forment cet ensemble (fig. 128). Leur dimension varie de 4,8 à 2,2 cm dans l axe le plus long. Les supports, fins ou épais, sont des éclats de plein débitage débités à la percussion dure, à l exception d une pièce ( ) probablement détachée à la percussion directe tendre. Les macro et micro-traces d utilisation sont observées sur les faces supérieure et inférieure des outils. La délinéation des contours est rectiligne ou arrondie, les angles des tranchants varient entre 50 et 80. Figure Outils bruts de débitage de la couche IV : les supports sont des pièces de plein débitage. Ils soulignent une recherche de tranchants plutôt aigus. Cliché M.J. Rodet Les résultats des examens tracéologiques détectent des pièces utilisées pour gratter et couper le bois vert (tab. 36). Outils Percussion Module Utilisation 2971 Dure 3,0 x 2,0 x 0,8 Couper 4157 Dure 3,2 x 1,9 x 0,7 Couper Tendre? 4,8 x 1,2 x 0,6 Gratter/couper 4190 Dure 4,1 x 3,5 x 0,7 Gratter Dure 3,4 x 3,4 x 1,5 Résultat négatif 30 Dure 3,3 x 3,3 x 1,1 Résultat négatif? Dure 3,4 x 1,5 x 1,0 Résultat négatif? Dure 3,5 x 2,8 x 1,4 Résultat négatif Dure 2,3 x 1,9 x 0,6 Résultat négatif 1381a Dure 2,7 x 0,8 x 0,3 Utilisé/? Tableau 38 - Outils bruts de débitage de la couche IV : les pièces sont de plein débitage. 252

91 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV Les outils présentent d'importantes altérations post-dépositionnelles (lustré de sol). Des 10 outils bruts de débitage, 5 présentent des résultats sûrs d utilisation ; pour 4 d entre eux, il a été possible de déterminer la matière travaillée. Il s agit du bois : couper (mouvement longitudinal), sur trois tranchants ; gratter (mouvement transversal) sur un tranchant. Une pièce ( ) a des tranchants utilisés de manière différenciée (gratter, angle de 65 et couper, angle de 50 ). Enfin, la pièce 1381a présente une évidence d utilisation sans possibilité de déterminer le sens du mouvement. Les résultats suggèrent que les pièces ont servi essentiellement à travailler le bois. Cependant la présence dans le site d'os découpés [Kipnis 2000] laisse penser qu'en partie ces éclats ont pu être utilisés aussi pour ce type de travail L analyse technologique Les matières premières utilisées Les vestiges sont réalisés principalement à partir de silexite locale à granulométrie fine ou moyenne. Les autres matières premières représentées dans le niveau sont : le calcaire, deuxième matière la plus présente qui constitue l abri lui-même, et le grès et le quartz hyalin qui sont apparus discrètement. Il est possible de retrouver le grès dans un rayon de 5 km autour, et aussi dans la toute proche rivière. Quant au quartz, d après nos prospections, le gîte exploitable le plus proche se trouve à environ 20 km de marche vers le nord-ouest Les techniques de taille Deux techniques différentes ont été identifiées parmi les vestiges du IV, pour le détachement d éclat (tous niveaux confondus): une percussion à la pierre dure du début à la fin de la chaîne opératoire, une percussion à la pierre dure au début avec un changement pour la percussion organique pour les phases de fin de chaîne opératoire (tab. 39). À une seule exception, l utilisation du percuteur tendre intervient lors de la phase de début de plein débitage (catégorie 6) : il s'agit d'un éclat de dimension comprise entre 5,2 x 1,5 x 0,7 cm. Cependant, il faut envisager qu'il s'agisse en réalité d'un éclat de façonnage de gros unifacial. IV supérieur IV moyen/abcde IV inférieur Percussion directe tendre Percussion directe tendre (probable) Percussion directe dure TOTAL Tableau 39 Décompte du type de percussion de la couche IV : nombre de pièces ayant permis l identification des techniques de percussion. Le changement de techniques au sein des phases démontre un certain degré de complexité et de savoir-faire de ces groupes. L échantillon de produits permettant la reconnaissance d une technique au percuteur tendre est certes réduit mais, associé à notre expérimentation avec les matières premières provenant du secteur (bois et silexite) et à l observation constante de ces mêmes caractéristiques dans les autres niveaux et d autres sites voisins, il nous est permis d assurer notre diagnostic Les produits de taille : les éclats Les éclats bruts (536 pièces) sont quantitativement les principaux produits identifiés dans le niveau. Ils sont subdivisés selon leur place au sein de(s) chaîne(s) opératoire(s) : début de débitage (entame, sous-entame, entretien), plein débitage, façonnage, retouche et/ou entretien 253

92 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV de bord de plan de frappe (tab. 40). Début de débitage (catégories 3, 4 et 5) Plein débitage (catégories 6 et 7) Façonnage (catégorie 8) Retouche/entretien de frappe (catégorie 10) IV supérieur IV moyen/abcde IV inférieur TOTAL TOTAL Tableau 40 - Le classement des éclats bruts de la couche IV. Les éclats de début de débitage (tab. 41) : Les éclats sont principalement des produits à caractéristiques morphométriques et techniques asses variées, présentant du cortex résiduel, des géodes, des bosses. Les éclats d entame et sous-entame sont assez rares dans le niveau et quand ils sont présents, cela se traduit par des éléments de taille réduite, parfois cassés. Le calcaire est le plus représenté dans cette classe. Toutefois, ceci peut parfois résulter de la régularisation de bords de quebra-côco (outil enclume). Ces éclats d entame correspondent parfois à leur hauteur et au format de leur coin. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que dans plusieurs niveaux du Peruaçu, les outils unifaciaux sont réalisés à partir d'éclats de début de débitage, ce qui se traduit par des éclats de façonnage et de retouche corticaux. De ce fait, il est possible qu'en partie (pour les éléments les plus petits) il ne s'agisse pas d'éclats de début de débitage mais d'éclats de façonnage et retouche d'outil à support cortical. Les négatifs visibles sur les faces supérieures des éclats de débitage sont fréquemment organisés dans plusieurs directions, ce qui indique des nucléus avec plans de frappe divers (deux ou trois plans de frappe en périphérie de la surface de débitage). Sur les faces inférieures, on constate des bulbes proéminents et des accidents du type réfléchi. dimension minimum (cm) dimension maximum (cm) largeur (cm) épaisseur (cm) IV supérieur 1,8 5,5 1,6 4,6 0,4 2,6 IV moyen 2,4 3 1,6-3,3 0,4 1,1 IV inférieur 0,9 4,7 2 4,7 0,3 1,8 un éclat atteint 7cm Tableau 41 - Les dimensions des éclats de début de débitage : un seul éclat atteint une dimension de 7 cm. Les éclats de plein débitage (tab. 42) : dimension dimension largeur épaisseur minimum (cm) maximum (cm) (cm) (cm) IV supérieur 3,7 5,2 1,5 4,8 0,5 1 IV moyen Environ 4 cm Environ 4 cm Environ 1,5 cm IV inférieur 3,7 7 1,4 4 (un éclat atteint 5,6 ) 0,6 1 (un éclat atteint 2,1 cm ) Tableau 42 - Les dimensions des éclats de plein débitage : en général il s'agit d'éclats proches de 4 ou 5 cm pour la catégorie 6. La catégorie 7 présente des éclats plus longs, jusqu'à 7 cm, et moins épais. Parmi les produits de plein débitage, ceux de la catégories 6 ont une longueur proche de 4 ou 5 cm et sont les plus épais. Cependant, les produits de la classe 7, plus allongés, atteignent 7 cm : ces éclats se distinguent assez souvent des autres classes du fait qu ils sont plus soignés et offrent des pièces plus minces, avec abrasion insistée, face inférieure fréquemment plate, face supérieure avec plusieurs enlèvements dans le sens du débitage du support, ou 254

93 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV légèrement tangentiels (fig. 129). En général, ils soulignent un savoir-faire plus "élégant" que pour l ensemble des vestiges. Figure Bruts de débitage de la couche IV, 1 : le traitement technique donné aux pièces en calcaire ne diffère pas de celui donné à la silexite. dessin M. Brito Il faut préciser que quelques éclats classés dans cette catégorie peuvent bien faire partie d une phase de façonnage d unifaciaux. Parfois, c est le critère dimension qui attribue un éclat à la catégorie 7 et non pas à la 8 : certains éclats sont trop grands pour la catégorie 8 qui, par observation (outillage, raccord, expérimentation), ne dépasse jamais 3,5 cm. Les éclats de fin de chaîne opératoire : 255

94 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV Pour le façonnage (tab. 43), dimension minimum (cm) dimension maximum (cm) largeur (cm) épaisseur (cm) IV supérieur 2 3,4 1,2 3,2 0,2 0,8 IV moyen 2 3,5 1,2-3,5 0,1 0,9 IV inférieur 2 3,2 0,6 3 0,3 0,8 Tableau 43 - Les dimensions des éclats de façonnage de la couche IV. On note, parmi les produits de cette catégorie, un groupe d'éclats bien stéréotypés, à caractéristiques technologiques spécifiques : pièces avec un traitement de corniche accentué, éclats plus minces, plus soignés et parfois réalisés à la percussion tendre. Dans ce lot, quelques éclats se distinguent des autres et suggèrent un débitage plus organisé et une recherche géométrique plus systématisée (fig. 130 et 131). Figure Bruts de débitage de la couche IV, 2 : les surfaces supérieures présentent des négatifs dans le sens du débitage, légèrement en diagonale, et plus rarement en sens contraire. dessin M. Brito 256

95 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV Pour la retouche, Les produits de retouche peuvent être regroupés en un seul ensemble (tous niveaux confondus), car ils sont très homogènes : la longueur est comprise entre 0,8 et 2 cm ; la largeur de 0,5 à 2,6 et l épaisseur est de 0,1 à 0,5 cm. Présence de la percussion directe tendre. Les talons identifiés sur les éclats de façonnage et de retouche, sont presque toujours lisses (environ 90 % de la collection). L abrasion n est pas un caractère très présent, même pour les éclats détachés par percussion directe tendre. Figure Bruts de débitage de la couche IV, 3 : la catégorie 8 constitue un ensemble homogène. Les pièces de la ligne du bas sont de catégorie 10. dessin M. Brito En synthèse pour les trois niveaux, on note que dans le niveau IV inférieur, les catégories les plus présentes sont les éclats de façonnage et de retouche (catégories 8 et 10). Le profil des éclats est majoritairement rectiligne. Néanmoins, on note fréquemment des éclats à profil courbe (tabl. 44). L'accident plus commun est le rebroussé, les fractures en Siret et en languette proximale sont en nombre 257

96 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV très modéré. La percussion est en général faite au percuteur dur, tandis que l utilisation du percuteur tendre a été observée sur quelques éclats des catégories 8 et 7. De plus, un éclat de la catégorie 6 est réalisé au percuteur tendre. Précisons que les talons sont lisses (90 pièces sur 93 à l ouest et 73 pièces au centre). De plus, il faut ajouter qu un raccord (thermique) est fait entre deux pièces du même carré. Malgré le nombre réduit de vestiges dans le niveau moyen, ce qui pourrait fausser les conclusions, on note que les éclats de fin de chaîne opératoire (catégorie 10, retouche), sont majoritaires dans les deux fouilles. Le profil rectiligne des éclats en général est plus important du côté ouest (26 pièces, 91 %) qu au centre (10 pièces, 37 %). Ce dernier secteur offre 63 % des éclats avec un profil courbe (17 pièces), quand la grande majorité des vestiges de la couche a un profil plutôt rectiligne. Les pièces abrasées sont plus représentées au centre (56 %, 15 pièces) qu à l ouest (27 %), où les éclats, dans leur majorité (73 %), n ont pas de traitement de corniche (tab. 44). Pour mieux saisir le niveau IV moyen, il est important d ajouter un complément à ces observations : il s agit de comparer, dans le sondage central, le niveau moyen et le niveau "abcde". Ces lettres correspondent à de très fines couches sédimentaires de couleurs différentes, bien individualisées. Le matériel de ces fines couches a été analysé à part. Ceci peut correspondre à des moments d occupation rapide du site, suivis d une sédimentation aussi rapide. Quoi qu il en soit, une partie des résultats du niveau change de physionomie si l on prend en compte ou non, ces informations. Tout d abord, le nombre de pièces est beaucoup plus important dans les couches "abcde" (130 éclats). Ensuite, la majorité des pièces est taillée dans de la matière première de grain moyen, ce qui correspond en partie, à la représentativité de la silexite de grain moyen de ce niveau. Seulement 18 pièces (17 %) sont en silexite fine. 15 éclats sont en calcaire (14 %). Ces résultats sont en désaccord avec le IV moyen central. Cependant, ils s alignent sur les tendances du secteur ouest. Enfin, pour clore ces observations, il faut apporter quelques précisions : dans l ensemble du niveau moyen, les talons sont majoritairement lisses (environ 95 % des pièces). Quelques uns sont en aile d'oiseau [Inizan et al. 1995] ou linéaires. Les pièces sont enlevées principalement à la percussion directe dure ; cependant, à plusieurs reprises, dans le secteur ouest et dans le "abcde" on note des petits éclats détachés à la percussion tendre : lèvre prononcée, bien régulière, face inférieure plate, parfois traitement de corniche. Ce type de percussion est toujours observé dans les catégories de fin de chaîne opératoire (catégories 8 et 10, éclats de façonnage et de retouche). Pour le niveau IV supérieur, les catégories d éclats les plus présentes dans les deux fouilles sont toujours celles de fin de chaîne opératoire (catégories 8 et 10), comme d ailleurs partout dans les secteurs abrités. Les profils des éclats sont aussi comparables. Dans les deux fouilles, même si les profils suivent les mêmes tendances, plutôt rectilignes (68 % et 60 %), on note un nombre important d éclats courbes (32 % et 40 %). Pour l abrasion du plan de frappe, les tendances sont les mêmes, c est-à-dire que la grande majorité des pièces n a pas de traitement de corniche : à l ouest, 58 pièces (60 %), pour le centre, 41 pièces (85 %). La majorité des pièces exhumées du secteur ouest ne porte pas d accident (91 pièces, 65 %). Seulement 33 éclats (24 %) sont réfléchis. Ceci souligne un problème : plus l abrasion est présente, plus il y a de pièces réfléchies. Or, le traitement de la corniche permet théoriquement une plus grande précision à la frappe et en conséquence, la réalisation d éclats plutôt sans accident. Dans la fouille centrale, les pièces non accidentées sont légèrement minoritaires : 21 pièces, (43 % ) par opposition aux 23 éclats réfléchis (47 %). Les autres accidents sont très discrets : 258

97 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV quelques fractures en Siret (3 pièces), une fracture proximale en languette supérieure (1 pièce) et une cassure distale. Dans la fouille ouest, on note la cassure en Siret sur 6 éclats (4 %), ainsi que 7 éclats cassés (5 %) et 2 pièces cassées en languette supérieure (2 %). Enfin, un raccord a été réalisé entre deux pièces en calcaire de ce niveau ( et ) Synthèse de l étude technologique Quelques points méritent d'être repris : Les éclats et la méthode de taille : l'ensemble des éclats de début et de plein débitage de la couche V présente une dimension qui atteint 7 cm ce qui indique des nucléus de volume moyen (proche de 8/10 cm). Pour ceux de début de débitage, les faces supérieures avec négatifs dans plusieurs sens indiquent des nucléus à plusieurs plans de frappe. Pour ceux de plein débitage la tendances est des négatifs plutôt dans le sens du débitage, ce qui témoigne de nucléus unipolaires, sauf si ces éclats correspondent, au moins pour ceux de la catégorie 7, au façonnage de plan convexe volumineux. En conséquence, il est possible d'observer la méthode de taille (au moins partiellement) à travers les éclats laissés dans l'abri. Il s'agit, une fois de plus, d'une méthode peu élaborée ou non élaborée : - les nucléus présentent un plan de frappe large et ravivé ; les enlèvements sont organisés à partir de ce plan de frappe préférentiel et, de temps en temps, il y a l'ouverture d'un deuxième plan opposé (nucléus bipolaire) ou adjacent. Les produits correspondants présentent des négatifs dans le même sens, en sens opposé et plus rarement perpendiculaires (centripètes). Les enlèvements sont plus ou moins rebroussés ; la morphologie des éclats est plus ou moins stéréotypée, la percussion est directe dur. Ces éléments peuvent traduire une volonté de produire des éclats avec une certaine prédétermination. - les nucléus n'ont pas de morphologie spécifique ou de préparation, ni de hiérarchisation de plan de frappe (c'est la morphologie les catégories - IV central du bloc qui guide le choix du plan de frappe). On ne distingue pas 70 d'enlèvement prédéterminant ou prédéterminé. Les produits ne sont 40 pas stéréotypés. L'unique technique 30 impliquée est la percussion directe 20 dure cat 3 cat 4 cat 5 cat 6 cat 7 cat8 cat 10 Figure Les catégories présentes dans la fouille centrale. Les aspect économiques : les graphiques (fig. 132 et 133) montrent que les opérations réalisées dans l'abri concernent principalement le façonnage et la retouche des pièces du type unifacial ou des outils simples (catégories 8 et 10). Cependant, on note une production les catégories - IV ouest d'éclats de dimension moyenne, qui fournit les supports utilisés comme instruments 100 bruts de débitage (catégorie 6). Les éclats 80 classés de façonnage peuvent, au moins en 60 partie, résulter d'un débitage et non d'une 40 phase de façonnage. Figure Les catégories présentes dans la fouille ouest cat. 3 cat.5 cat.7 cat

98 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV A ce moment, ils sont le produit recherché, ce qui est confirmé par la présence d'une série d'éclats avec ces caractéristiques, qui ont été utilisés bruts de débitage. Par ailleurs, le taux d'éclats de façonnage et de retouche est faible dans cette couche, ce qui est cohérent avec l'absence d'outil unifacial et d'outil simple, ce qui renforce l'idée que ces produits peuvent en réalité être l'outil en soit. Il est possible que l'industrie comporte un outillage plus élaboré avec des pièces retouchées (d'ailleurs la présence d'éclats de retouche l'indique), mais cet outillage est absent de l'abri. Tableau récapitulatif des principaux indices de la série : Sondage Ouest 3 Sondage central 4 Nombre de pièces MP silexite calcaire IV sup IV moyen IV inf IV sup IV moyen IV abcde IV inf fin : 42% moyen : 40% calcaire : 14 % fin : 60% moyen : 26% calcaire : 14 % fin : 49 % moyen : 43% calcaire : 8% fin : 78% moyen : 18% calcaire : 4% fin : 48% moyen : 48% calcaire : 0 % fin : 17% moyen : 69% calcaire : 14% fin : 53% moyen : 30% calcaire : 13% Catégories + présentes cat. 10 : 46% cat 8 : 23% cat. 6 : 15% cat. 10 : 45% cat. 6 : 26% cat. 3 : 12% cat. 10 : 34% cat. 8 : 36% cat. 10 : 40% cat 8 : 22% cat. 6 : 18% cat 10 : 60% cat 8 : 0% cat. 6 : 10 % cat 10 : % cat 8 : % cat. 6 : % cat10 : 56% cat 8 : 13 % cat. 6 : 15% Profil Abrasion rectiligne : 68% arqué : 32% sans abrasion: 60% abrasion : 40% rectiligne : 91% arqué : 9% sans abrasion : 73% abrasion.: 27% rectiligne : 64% arqué : 36% sans abrasion : 60% abrasion.: 40% rectiligne : 0% arqué : 40% sans abrasion : 85% abrasion : 15% rectiligne : 37% arqué : 6 3% sans abrasion : 44% abrasion : 56% rectiligne : 74% arqué : 26% sans abrasion : 72% abrasion : 28% rectiligne : 86% arqué : 14% sans abrasion : 65% abrasion : 35% Accidents Percussion (directe) sans accident : 65% rebroussé : 24% Siret : 4% dure tendre sans accident : 57% rebroussé : 31% dure tendre sans accident : 46% rebroussé : 42% dure tendre sans accident : 43% rebroussé : 47% Siret : 6 % sans accident : 33% rebroussé : 56% Siret : 1% sans accident : 57% rebroussé : 56% Siret : % dure dure dure tendre Tableau 44 - Récapitulatif des principaux indices de la série de la couche IV. sans accident : 48 % rebroussé : 43% Siret : 4% dure tendre Discussion N ayant pas trouvé d outil retouché dans ce niveau, A. Prous (comm. pers.) suggère que les éclats les plus systématisés, géométriques (catégorie 8) sont les objets recherchés et qu ils sont utilisés bruts de débitage comme couteaux. La question posée est de savoir si ces éclats sont le résultat d un façonnage d objets plans-convexes, ou les produits recherchés. Pour essayer de répondre à cette question, rappelons quelques réflexions induites par l étude de ces objets: - il ne faut pas oublier la présence en grand nombre de petits éclats de retouche, ce qui démontre qu il y a eu du travail de retouche fait sur place : donc les outils retouchés ont existé même s ils ne sont pas restés dans l abri. Cela n invalide pas la possibilité de l utilisation de ces éclats bruts de débitage car, dans les industries du Peruaçu, ces deux éléments sont retrouvés ensemble : outil retouché et outil brut de débitage. - Par ailleurs, la réalisation d'outils plans-convexes à partir de l expérimentation faite avec de la silexite provenant du Peruaçu, a donné plusieurs éclats avec les caractéristiques morphométriques de ceux retrouvés dans la fouille. Ceci démontre que ces éclats peuvent bien correspondre aux restes de façonnage d'outils unifaciaux. 260

99 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche IV Cela n'empêche pas que la grande majorité des éclats ait pu être utilisée comme ustensile. À l exception des éclats d entame ou de sous-entame, les catégories de plein débitage et de fin de chaîne sont présentes comme support d outil brut de débitage dans cette couche. En résumé, les principaux résultats de l analyse techno-morphologique du niveau IV (supérieur, moyen et inférieur) montrent : - des pièces principalement débitées à la percussion directe dure. Cependant l utilisation de la percussion directe tendre a été démontrée sur quelques pièces de la série, dans des moments spécifiques de la chaîne opératoire. - la matière première préférée pour la réalisation des éclats, est la silexite ou silex. Le calcaire est bien représenté, le grès est plus discret. Le quartz fait son apparition. Notons cependant, qu à plusieurs reprises, les produits réalisés sur le grès sont bien soignés avec corniche abrasée, négatifs rasants et dans le sens du débitage du support. Les produits en calcaire sont présents dans toutes les catégories, ce qui démontre une utilisation semblable à celle de la silexite. - le profil des éclats est majoritairement rectiligne, mais les éclats légèrement arqués sont néanmoins très présents. Les éclats de façonnage à profil rectiligne peuvent correspondre au façonnage d'outils plans-convexes d'une hauteur proche de 4 cm. Les éclats de retouche arqués s associent plutôt à des objets moins épais, d'un maximum de 2 cm. - l'absence de pièce polie et de la céramique. Les plantes domestiquées sont présentes dans les zones remaniées. 261

100 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche III La couche III La couche III souligne une rupture d'avec les niveaux antérieurs tant sur le plan lithotechnologique que sur celui de la domestication des plantes. Comme dans la couche IV, l'horticulture apparaît discrètement dans des zones remaniées de la couche III. Dans cette dernière, la grande quantité de foyers a produit des cendres qui ont peut-être favorisé l'intrusion des végétaux domestiqués provenant des couches supérieures. Globalement, il n'est pas certain que la domestication des plantes, visible dans la couche III, se soit vraiment réalisée à ce moment de la stratigraphie. En conséquence, les résultats botaniques ne sont que partiellement présentés dans ce chapitre et ce n'est que dans le chapitre II qu'ils seront présentés intégralement Stratigraphie (géologique et culturelle) D'après Moura [1991], le sédiment est de couleur gris-rosâtre, d aspect silto-sablo-argileux avec présence de fragments de noix de palmier, brûlés. Les minéraux et les roches présents sont le silex et le calcaire, complétés par des nodules argileux. La transition est abrupte et ondulée. Pour les sédiments chimiques, le carbonate de calcium prédomine, devant la matière organique. Pour les sédiments physiques, prime la classe texturale des sables sur les siltites et les argiles (sablo-silto-argileux). La constitution de l ensemble est de grains de quartz non ferrugineux, avec arêtes arrondies à sub-angulaires et prédominance de l aspect mat. Sur le plan archéologique, il n y a pas de transition claire entre les couches III et II. La dernière est individualisée surtout par la présence importante des structures de silos. Les vestiges végétaux, assez abondants, sont les mêmes que ceux retrouvés dans la couche supérieure ; ils sont présents éparpillés dans les niveaux. Parmi les plantes cultivées, on note le maïs, (Zea mays L.) la calebasse (Lagenaria vulgaris Ser.), et le coton (Gossypium sp.) [Resende et Cardoso 1996, 1997]. Un enterrement est observé dans le niveau III inférieur. Il s agit d'un enfant âgé de 1 à 2 ans (carré LM- 21 sondage central), en très bon état de conservation : fragments de tissus mous le long de la colonne vertébrale et des coprolithes (enterrement 6). Trente grammes de pigment jaune ont été collectés sur les parois latérales de la fosse ; 130 g ont été retirés d une couche épaisse de 3 cm (pour 5 cm de largeur et 15 cm de longueur) située sur la partie supérieure du squelette (tête, thorax, bras). Des charbons associés aux pigments de la couche III inférieur ont donné une date de 4480 ±70 BP (BETA 98574). Dans le sondage 1 (ouest), presque rien ne reste de la couche originelle, en grande partie perturbée par le creusement des structures. Les archéologues ont distingué les sédiments de remplissage des anciens silos (démontés à l époque préhistorique), dits "III remanié", et les résidus in situ de la couche III. La base de la couche, en place, est datée de 5960 ±100 BP [Prous 1991a, Fogaça 2001]. Néanmoins, chaque secteur fouillé a fourni des parcelles de la couche originale, et c'est sur le matériel lithique de ces parcelles que nous avons fait l étude technologique. Les restes faunistiques sont plus rares. On remarque la présence des espèces de la couche précédente, mais en nombre plus réduit. Notons la présence des poissons, des cervidés et du tatou. Les lézards, les petits rongeurs et le mocó (kerodon rupestris) sont endémiques (tabl. 45). 262

101 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche III Nom NMI Cavia aperea (rongeur) 4 Chelonia chelidae (tortue) 1 Dasyprocta sp. (agouti) 1 Dasypus novemcinctus (putois) 1 Euphractus sexcinctus ( tatou) 1 Kerodon rupestris (mocó,rongeur) 11 Mazama sp. (cervidé) 1 Oiseaux 1 Poisson 1 Tupinambis teguixin (lézard) 1 Tayassu tajacu (pécari) 1 Rongeurs (micro-faune) 1 Serpent 1 TOTAL 26 Tableau 45 - Les espèces de la couche III : nombre minimum d individus (NMI), d'après Kipnis 2000, modifié Datations Les datations obtenues pour la couche III supérieur (tabl. 46) posent problème : elles paraissent ou trop anciennes pour le niveau, car certaines offrent un âge comparable à celui des couches anciennes (7260 à 8970 BP), ou trop jeunes (4480 BP). Cette dernière est issue des charbons associés aux pigments déposés sur l enterrement du III inférieur (enterrement 6). Le contexte très perturbé engage à considérer comme plus représentatives les datations de 5960 ± 100 BP (base d'une zone non perturbée au contact III/IV). Cette datation est issue d un échantillon de structure de combustion localisé en-dessus de l enterrement 2. Strate Datation C14 Laboratoire Datation Calibrées III ±210 CDTN III Supérieur ±300 CDTN III Inférieur ±70 (charbon ds enter.) BETA à 2951 av. J.-C. III Inférieur/base 5960 ±100 (struct. combust.) CDTN III base ±70 BETA à 7930 av. J.-C. Tableau 46 - Les datations de la couche III : ont été réalisées au laboratoire Beta Analytics Inc. University Branch Court, Miami, Flórida, EUA; ainsi qu'au CDTN, Centro de Desenvolvimento da Tecnologia Nuclear/ Setor de Radioquímica, BH, MG, Brésil Industrie lithique : présentation quantitative du matériel La série se compose de 9 outils simples et de 293 éclats, soit 302 objets (201 éclats du sondage 1 - niveaux supérieur, moyen et inférieur/base, 85 éclats du sondage 4 - niveau supérieur, 7 éclats du sondage 5 -niveau supérieur). L échantillon est peut-être réduit, mais provient assurément des secteurs non remaniés, et il est représentatif de plusieurs secteurs du site. L ensemble le plus important est présenté sous forme de tableau ci-dessous (tabl. 47), les autres échantillons étant pris en considération et présentés pendant les analyses : Niveau III Ouest S1 III Sup III Moyen III Inf Nombre de pièces Tableau 47 - Ensemble des pièces du sondage 1 : 201 pièces. Les nucléus et les outils les plus élaborés sont absents de l'ensemble fouillé. 263

102 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche III Enfin, deux raccords de fracturation thermique sont réalisés entre des pièces disposées dans le même carré, à la même hauteur (2347, carré K19). De plus, trois éclats de façonnage du III supérieur (sondage 1) se remontent sur l outil en grès exhumé du II/III (sondage 1) Étude morpho-technologique du niveau La présentation de l outillage Neuf produits représentent les outils du niveau : 4 outils simples, 5 outils bruts de débitage, pour la majorité réalisés sur la silexite à grain fin et moyen. Un seul exemplaire est fait en calcaire. Les outils sont de petite dimension, ne dépassant jamais 6,1 cm de longueur. Les supports sont des éclats de début et de fin de débitage, ainsi que des blocs les outils retouchés (simples) Figure Outillage et restes bruts de débitage de la couche III : A- restes bruts de débitage. Les pièces de catégories 7-8 sont très semblables et peuvent, en réalité, faire partie d'un seul et unique moment de la chaîne opératoire. Leurs différences sont sur les dimensions (catégorie 7 un peu plus longue) et dans la finesse du soin. La 7 sera toujours abrasée de manière insistée. B- outillage. Représentés par deux catégories, les outils réalisés sur bruts de débitage (égratignures sur le bord) et les outils simples. dessins M. Brito (A) et A. Carvalho (B), Cliché G. Neves 264

103 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche III Les 4 objets retouchés sont présents principalement dans le niveau supérieur et au contact : - il s'agit d'éclats (et fragments) de début de débitage (présence de cortex) ou de plein débitage (catégorie 6), dont on observe sur les surfaces supérieures des enlèvements dans deux ou trois directions. Un outil (fig. 134) est réalisé sur un fragment de bloc travaillé (nucléus?). Les aménagements sont, en général, dans de petits secteurs (environ 2-3 cm), abrupts (près de 80 ) dont on observe les négatifs courts (environ 1 cm), profonds (coche), parfois rebroussés, sur une ou deux surfaces. La longueur des supports varie entre 4,6 et 6,1 cm ; la largeur entre 3 et 4, 7 cm et l'épaisseur entre 1,8 et 3,5 cm Les outils bruts de débitage Au nombre de 5 (fig. 133), les outils bruts de débitage sont réalisés sur de petits éclats de début de débitage, à présence importante de cortex (catégorie 3 et 4), ainsi que sur des éclats de (début) de plein débitage (catégorie 6). Il s'agit d'éclats de longueur variant entre 2,6 et 3,4 cm, de largeur proche de 2,5 cm et d'épaisseur d'environ 1 cm. Les tranchants aigus présentent des égratignures dues probablement à l'utilisation. Pour une question de temps, les examens tracéologiques n'ont pas été réalisés L analyse technologique Les matières premières utilisées Les vestiges montrent une utilisation préférentielle de la silexite de granulométrie fine et moyenne. Cette matière, comme déjà signalé, est omniprésente localement sous forme de blocs, de galets de rivière, de plaquettes issues d'une couche silicifiée épaisse de quelques millimètres (parfois plus épaisse) incrustée stratigraphiquement dans les formations calcaires, ou encore sous forme de petits nodules siliceux diagénétiques ("faux galets", "poupée de silex", d après Chiavegatto, comm. pers., cf. chapitre II, livret A). Les autres matières premières sont, en général, peu représentées dans les niveaux (tabl. 48). Le calcaire n'est observé que dans le niveau supérieur : 12 pièces dans le sondage d'ouest, 13 pièces exhumées des autres sondages. Notons que les pièces en calcaire de la catégorie 8 (sondage 4) ont une abrasion accentuée de la corniche. Le grès et le quartz hyalin (ce dernier sûrement accessible à une vingtaine de kilomètres au nord), figurent modestement parmi les vestiges du niveau supérieur des sondages 4 et 5 (4 et 3 pièces respectivement). Niveau III Ouest S1 III supérieur III moyen III inférieur Nombre de pièces Matière Première silexite fin : 46% silexite moyen : 44% silexite fin : 100% calcaire : 8% grès et quartz hyalin : 2 % Tableau 48 - Les roches présentes dans le sondage ouest. silexite fin : 50 % silexite moyen : 50 % Les techniques de débitage L étude de la série de la couche III permet de mettre en évidence une seule variante technique pour l enlèvement d éclats, tous niveaux confondus : la percussion directe à la pierre dure. 265

104 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche III Nous avons identifié des produits bruts de débitage qui correspondent, probablement, à deux voire trois productions, celles des outils unifaciaux (phase de façonnage et de retouche, catégorie 8 et 10) et celle des outils simples (catégories 4 et 6 pour les supports et catégorie 10 pour la retouche ) et celles des outils utilisés bruts de débitage (catégorie 6). Les talons sont majoritai-rement lisses (77 %, 154 dans le sondage ouest). Néanmoins, nous n avons pas pu établir de rapport entre le type de talon et l abrasion, par exemple. La majorité des pièces n'est pas abrasée (fig. 135). Figure Les types de talons dans la couche II, sondage ouest : les talons sont principalement lisses. linéaire 13% les types de talon (tous niveaux confondus) aile 4% tl cortical 6% talon lisse 77% Les produits de taille : les éclats Les éclats bruts (293 pièces) sont classés selon leur place au sein de(s) chaînes(s) opératoire(s) (tabl. 49) : II/III III supérieur III moyen III inf/base TOTAL Début de débitage (catégorie 3, 4 et 5) Plein débitage (catégories 6 et 7 ) Façonnage (catégorie 8) Retouche/entretien de plan de frappe (catég. 10) TOTAL Tableau 49 - Effectif d éclats de la couche III : les produits sont en général équilibrés par rapport à leur représentativité dans les phases de la chaîne opératoire. En l absence totale de nucléus, le problème est d identifier des groupes d éclats qui puissent être rapprochés d outils retrouvés dans le niveau. Comme nous le verrons, il a été possible d établir, pour un petit groupe de produits, un diagnostic les rattachant à certains outils. Les éclats de début de débitage (catégories 3,4 et 5) : Ils ont une longueur qui varie de 2 à 7,5 cm (niveaux supérieur et moyen), mais la grande majorité des éclats mesure de 3 à 4 cm. Néanmoins, il y des éclats d'entame de dimension comprise entre 5,6 x 7,7 x 1,8 cm et de sous-entame de 5,9 x 5,7 x 1,7 cm, ce qui implique des blocs de dimensions d'au moins 7-8 cm d'épaisseur et 8 cm de largeur. Les négatifs sur les faces supérieures sont parallèles et semi-parallèles à l'axe du débitage, sauf pour la catégorie 5 dont la majorité de négatifs est dans le sens du débitage, plus rarement subparallèle. Les cortex vestigiaux de cette dernière catégorie sont retrouvés dans la partie distale ou latérale, et très rarement sur le talon. Les talons en général sont lisses (parfois abrasés) ou corticaux. Les éclats de plein débitage (catégorie 6 et 7) : Les produits de plein débitage, représentés par la catégorie 6, sont de longueur variant de 4 à 5 cm, de profil assez souvent rectiligne. Un seul éclat a une longueur très petite (2,5 cm), 266

105 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche III mais avec 5 cm de largeur. Les talons sont principalement lisses, parfois abrasés. Les faces supérieures sont parallèles à l'axe du débitage, parfois diagonales et plus rarement bidirectionnelles avec un enlèvement opposé. Ceci sous-tend des nucléus avec un plan de frappe, voire un deuxième adjacent, ou des nucléus bipolaires. Les rares éclats de la catégorie 7 (fig. 134), sont traités avec un soin remarquable : pièce peu épaisse, abrasion insistée de la corniche, formant, depuis la surface de débitage vers le plan de frappe, un arrondi, talon fin, négatifs de la face supérieure dans le même sens, ou légèrement perpendiculaires, sur une matière première toujours de granulométrie homogène. Les éclats de fin de chaîne, Le façonnage (catégorie 8) : Les éclats de fin de chaîne opératoire, principalement ceux de la classe 8 (fig. 134), de profil assez souvent rectiligne, ont en général un talon lisse, alliant une abrasion non systématique. Les dimensions globales sont comprises entre 2 et 3 cm, l'épaisseur entre 0,2 et 0,5, plus rarement 0,7. Les faces supérieures présentent des négatifs dans le sens du débitage du support, perpendiculaires, en diagonale, tangentiels et très rarement en sens opposé. Les éclats, rapprochés du façonnage d outil plan-convexe, ont des morphologies variables : ils peuvent être plus larges que longs (carrés) ou plus allongés que larges. C est dans ces produits que nous avons réalisé un raccord entre trois éclats de grès (III supérieur) et un outil unifacial (3303) du contact II/III. Ce remontage permet de confirmer le rattachement de ce type d éclats à une phase finale de production d outil unifacial. La retouche (catégorie 10) : Enfin, les éclats de retouche de dimension comprise entre <1 et 1,9 cm, peu épais, à talon principalement lisse, parfois linéaire et plus rarement en aile, pas toujours abrasé, peuvent être rapprochés des outils du type unifacial ainsi que des outils simples, mais aussi de l'entretien de plan de frappe. Quelques observations peuvent être faites à partir de l'ensemble du sondage ouest (S1) : Les catégories d éclats les plus présentes sont toujours celles de fin de chaîne opératoire, catégories 8 et 10 (probablement façonnage et retouche d outil plan-convexe). Néanmoins, les catégories de début d opération de débitage sont ici assez visibles (catégories 3, 4 et 5). Dans le sondage 1, le profil est, dans la grande majorité des cas, rectiligne. Les données des autres sondages viennent renforcer ces résultats ; seuls quelques éclats de la catégorie 8, en quartz hyalin et grès (sondage 4), sont arqués, la majorité des pièces suivant la tendance rectiligne. En ce que concerne l abrasion (fig. 136), il faut en premier lieu préciser que les 3 échantillons (supérieur, moyen, inférieur/base), sont de quantité très différente, ce qui peut fausser les analyses comparatives. Cette objection faite, nous pouvons dire que, pour les niveaux supérieur et moyen, l abrasion est observée, comme toujours jusqu ici, principalement dans les deux catégories de fin de chaîne opératoire (8 et 10) ; ce qui s avère normal car ces phases nécessitent une plus haute précision au détachement. En même temps, on voit une légère augmentation du nombre de pièces de début de chaîne (catégories 3, 4, 5 et 6) qui présentent elles-aussi un traitement de la corniche. Dans le niveau III inférieur, cette dernière tendance continue, car il y a de l abrasion sur la catégorie 3, donc de début de débitage. La catégorie 8, très mal représentée 267

106 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche III dans le niveau, est aussi abrasée. La nouveauté vient des éclats de retouche, dont la majorité n'a pas de talon abrasé. Enfin, si l'on additionne les données des trois niveaux dans un seul graphique, ces tendances sont confirmées : la majorité des pièces est sans abrasion. L abrasion est présente dans une partie représentative des catégories de fin de chaîne et aussi dans les catégories de début de débitage (facteur très rare dans ces industries en général). Les talons sont principalement lisses, mais les talons linéaires sont aussi très nombreux. Dans tous les niveaux, les pièces sont généralement sans accident. Le rebroussé est l accident le plus important, mais il faut préciser qu ici il est très léger. Ainsi, on observe cet accident sur les négatifs présents sur les faces supérieures des éclats. Pour achever cette analyse, précisons qu'au vu des parties proximales des éclats, la percussion directe au percuteur dur est la seule technique présente dans le niveau. Une seule pièce montre un talon évocateur de la percussion tendre : cependant cet éclat peut résulter d un accident, ou d'un geste plus tangent, durant le débitage. Abrasion - III inférieur Ouest Abrasion - III moyen Ouest abrasion s/ abrasion 5 4 abrasion s/ abrasion cat 3 cat 4 cat 8 cat 10 0 cat4 cat 5 cat 6 cat 8 cat Abrasion - III supérieur Ouest abrasion s/ abrasion cat 3 cat 4 cat 5 cat 6 cat 8 cat Abrasions - couche III Ouest (tous niveaux confondus) abrasion s/abrasion cat 3 cat 4 cat 5 cat 6 cat 8 cat 10 Figure Abrasion dans le sondage ouest. En résumé, les caractères techno-morphologiques observés sur les éclats bruts de débitage permettent de les rapprocher d'une méthode de débitage peu élaborée de nucléus de dimension moyenne à petite (quelques éclats d'entame et de sous-entame ont des dimensions proches de 7 cm), pour réaliser une production d'éclats d'environ 4 ou 5 cm qui servent de support à des outils simples ou utilisés bruts de débitage. Néanmoins, les nucléus sont absents la couche III. Par ailleurs, un groupe d'éclats (catégorie 8) peut faire partie du façonnage d'outil unifacial à volume plus ou moins épais. Certains de ces éclats (III supérieur) ont été raccordés à un outil du contact II/III. Mais il peuvent aussi venir du débitage de nucléus, car le schéma diacritique inscrit sur leurs faces supérieures les rapproche de la méthode de taille du niveau. A ce 268

107 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche III moment, ils ne correspondent pas seulement à une phase dans le débitage, mais ils sont aussi les produits recherchés. Enfin, les éclats confirment une méthode de taille simple, peu élaborée, à la dominance unipolaire organisée autour d'un plan de frappe voire de deux (nucléus bipolaire). D'autres fois, on note des plans de frappe adjacents, qui rendent compte des éclats avec négatifs orthogonaux et/ou semi-parallèles entre eux, ou encore centripètes Synthèse de l étude technologique Quelques points méritent d'être soulignés : L étude technologique de la série du niveau III a permis de mettre en évidence deux composantes de productions distinctes. La première fournit des produits de dimension moyenne, peu normalisés, qui sont transformés en outil à partir de quelques enlèvements marginaux. Cette production s appuie sur une méthode de débitage "classique", retrouvée dans les niveaux archéologiques du Peruaçu, avec une exploitation du volume des nucléus par séries d'enlèvements unipolaires longs et courts. Ces nucléus sont à la fin sub-discoïdaux ou globulaires. Ces détachements se font à partir de la morphologie de la surface et il n y a pas de pré-détermination dans l exploitation. Les talons sont lisses (ils peuvent aussi être parfois dièdres), en général sans abrasion. Les surfaces supérieures, corticales ou non, présentent des négatifs dans plusieurs directions. Une exploitation plus organisée correspond à des nucléus avec un plan de frappe préférentiel (parfois deux, nucléus bipolaire), ravivé, à partir duquel sont organisées des séries d'enlèvements unipolaires courts et longs. Parfois, un plan de frappe adjacent est observé. Il y a une certaine recherche d'un type de produit. Les produits détachés présentent des négatifs parallèles au sens du débitage, perpendiculaires et opposés. Cependant, dans cette couche, les nucléus sont absents de l abri ou des secteurs fouillés. Pour la seconde composante, il s'agit de la présence d'éclats de façonnage d'outil à morphologie unifaciale, épais et à volume principalement abrupt. Un petit groupe d'éclats classés dans les catégories 7 et 8, doit en faire partie : longueur d'environ 2 à 4 cm, talon lisse, abrasé (parfois avec insistance), face supérieure à plusieurs négatifs dans le sens du débitage ou légèrement en diagonale. Selon ces critères, la catégorie 7, classée comme de plein débitage, est en réalité un produit de façonnage. Par ailleurs, les éclats de façonnage de la catégorie 8 correspondent bien aux schéma diacritique inscrit sur le nucléus. Une fois de plus, nous avons des pièces qui peuvent être classées tant comme produit recherché que comme produit du façonnage d'unifaciaux. Les éclats sont toujours détachés à la percussion directe dure. Ainsi, même si les outils de la couche III sont des outils simples et des outils bruts de débitage, quelques éclats de fin de chaîne opératoire sont très soignés (en silexite, en quartz hyalin, en calcaire, en grès), ce qui dénote une recherche autre que des outils simples, sans adéquation à des concepts prédéterminants. Soulignons la présence de plantes domestiquées dans un très bon état de conservation. Néanmoins, il est pas démontré s'il s'agit de vestiges in situ ou intrusifs. 269

108 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche III Tableau récapitulatif des principales indices de la série (tabl. 50) : Niveau III Ouest S1 III supérieur III moyen III inférieur Nombre de pièces Matière Première Catégories + présentes silexite fin : 46% silexite moyen : 44% calcaire : 8% grès et quartz : 2 % cat. 10 : 44% cat 8 : 23% cat 6 et 5 : 8 % cat 3 : 9 % silexite fin : 100% cat. 10 : 45% cat. 8 : 20 cat. 6 : 15% cat. 5 : 10 % cat. 4 :10 % silexite fin : 50 % silexite moyen : 50 % cat. 10 : 62% cat. 8 : 16 % cat. 4 : 13 % Percussion directe dure directe dure directe dure Abrasion sans abrasion : 62% abrasion : 38% sans abrasion : % abrasion : % sans abrasion : 67% abrasion : 33% Profil rectiligne : 79% arqué : 21% rectiligne : 85% arqué : 15% rectiligne : 87 % arqué : 13 % Accidents sans accident : 63% rebroussé : 30% cassure : 4 % Siret : 3 % sans accident : 52% rebroussé : 32% cassure : 16 % Tableau 50 - Récapitulatif des principaux indices de la couche III. sans accident : 66 % rebroussé : 28 % languette et Siret : 3% Pour résumer les points principaux : - L unique percussion observée pour le niveau est la percussion directe à la pierre dure. - La présence d au moins deux types de schéma opératoire : production d éclats peu normalisés, transformés marginalement ; présence d'éclats de façonnage provenant probablement de la réalisation d'objet unifacial de volume abrupt. - Les catégories les plus présentes sont celles de façonnage et de retouche (8 et 10). Néanmoins, on note une présence plus importante des pièces de début de débitage, pour des produits de dimension petite à moyenne. Les produits corticaux de début de chaîne opératoire de grands supports d outil sont absents de l abri ou des zones fouillées. - La matière première la plus utilisée est la silexite. La présence du quartz, du grès ou du calcaire, est très discrète. Il existe cependant quelques éclats de calcaire très soignés. - La grande majorité des produits a un profil rectiligne, ce qui concorde avec des outils à volume abrupt. - L abrasion d éclats de début de débitage est ici un peu plus importante, mais les produits en général ne sont pas abrasés, sauf pour la catégorie 7 (plein débitage), dont on peut noter un procédé "presque spécifique" : renforcement de l abrasion jusqu à arrondir le front du talon. - Présence de plantes domestiques dans des zones remaniées. 270

109 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II La couche II Stratigraphie (géologique et culturelle) D après les analyses sédimentologiques [Moura 1991], la couche II est composée d un sédiment de couleur gris-rougeâtre avec un volume anthropique important, friable, siltoarénito-argileux, parsemé de fibres végétales (plus de 10 %), de grains végétaux (plus de 10 %) et de charbon (plus de 30 %). La composition minérale est principalement le silex, la calcédoine et le calcaire, ainsi que les nodules argileux. Les sables sont de texture arénoargileuse. Dans le domaine chimique, le carbonate de calcium prédomine sur la matière organique. D après Prous [1991a], la couche est très perturbée par le creusement de fosses de silos, de profondeur variant de 20 à 40 cm. Celles-ci caractérisent le niveau d'occupation. A l ouest (sondage 1), il n y a presque rien des couches originelles ; le secteur est bouleversé par les silos creusés et comblés successivement. De ce fait, les archéologues distinguent les lambeaux encore en place, et le sédiment de remplissage des fosses (pulvérulent homogénéisé de couleur grise à rosâtre). A l est (sondage 4), les silos sont restés en place, ce qui aide à comprendre les perturbations de l ouest. Enfin, dans la partie nord de l abri, il est possible d apercevoir une petite parcelle horizontale d un niveau archéologique in situ [Fogaça 2001 : 88]. Les vestiges récupérés concordent avec une occupation céramiste-horticultrice : 240 fragments céramiques (Tradition Una). Selon les auteurs [Resende et Cardoso 1996, 1997], les concentrations de vestiges végétaux sont directement liées à la localisation de silos. Dans ces structures, ainsi qu aux alentours, il y a un volume conséquent de plantes qui, dans leur aspect général, sont très bien conservées : toujours sèches, avec une excellente conservation des parties les plus délicates : feuille, tige, fleur. En tout, pièces (approximativement 40 kg) ont été analysées. Les espèces les plus fréquentes sont : noix de guariroba (Syagrus oleracea M.), noix de licuri (Syagrus coronata M.), jatobá (Hymenaea sp.), umbu (Spondias tuberosa), cagaita (Eugenia dysenterica DC.), araticum (Annona sp.), cansanção (Cnidoscolus sp.), maïs (Zea mays L.), calebasse (Lagenaria vulgaris Ser.), coton (Gossypium sp.), haricot (Phaseolus sp.), urucum (Bixa orellana L.) (tabl. 51). Le fruit du péqui (Caryocar brasiliense camb.), riche en vitamines, en huile et en saveur, est présent dans cette couche. Ce fruit, caractéristique du cerrado, est mûr aux mois de décembre et janvier, pendant la saison chaude et très pluvieuse. Les structures dénommées "silo" ne sont présentes que dans la période comprise entre la couche II et le contact I-0. Il s'agit de dépôts végétaux enterrés, structurés sous des formes variées (cylindrique, conique, allongée) servant d entrepôt pour des plantes cultivées ou sauvages, des plumes, des cordes, des dents d animaux, des perles lithiques et quelques objets plus récents. A titre d exemple, citons un clou en fer (site Lapa da Hora, compartiment du canyon), preuve probable du contact avec les néo-brésiliens. Les structures les mieux arrangées présentaient une organisation par étage, dont le dernier élément est une couche de cendres ou de charbon, mise probablement pour les protéger des attaques de rongeurs et d insectes. Les silos les plus récents datent de 570 ± 60 BP, 860 ± 60 BP, 960 ± 60 BP [Resende et Cardoso 1996, 1997 ; Prous in relatório Fapemig/Fundep 1994 ; Prous et al. 1994a]. Au départ, ces structures ont été comprises comme des dépôts d'aliments, mais aujourd'hui, d'après Cardoso et Resende [sous presse], il est peu probable qu'il s'agisse de dépôts 271

110 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II alimentaires car ces structures sont très petites (globalement de 18 à 40 cm; sauf le silo de la Lapa da Hora d'environ 1 x 1 m). A partir d'une étude comparative des données bibliographiques de plusieurs silos de l'amérique du Sud, des techniques traditionnelles de stockage d'aliments et des structures archéologiques du Peruaçu, les auteurs cités penchent pour une interprétation en tant que dépôt de graines pour la plantation. Végétaux Sauvages Nom commun Nom scientifique Famille Partie végétale Angico Piptadenia sp. Leguminosae écorce Araticum Annona sp. Ananoceae graine Cagaita Eugenia dysenterica DC. Myrtaceae graine Cajá Spondias lutea L. Anacardiaceae endocarpe Cansanção Cnidoscolus sp Euphorbiaceae endocarpe ou tégument Chichá Sterculia sp. Sterculiceae graine Erva de pássaro Struthanthus sp. Loranthaceae fruit Fava Santo Inácio Fevillea trilobata L. Cucurbitaceae graine Guariroba Syagrus oleracea M. Palmae noix, pétiole ou feuille Jatobá Hymenaea sp. Leguminosae graine ou légume Jurubeba Solanum sp. Solanaceae fruit Licuri Syagrus coronata M. Palmae noix Maracujá Passiflora sp. Passifloraceae graine Murici Byrsonima sp. Malpighiaceae endocarpe Mutamba Guazuma ulmifolia Lam. Sterculiceae fruit Pente de macaco Scleria sp. Bignoneacae graine, fruit Pequi Caryocar brasiliense Camb. Caryocaraceae fruit Pitomba Talisia esculenta Radlk Sterculiaceae graine Tamboril Enterolobium sp. Leguminosae graine, fruit Umbu Spondias tuberosa Anacardiacae endocarpe Végétaux Domestiques Coton Gossypium sp. Malvaceae graine, fruit Calebasse Lagenaria vulgaris Ser. Cucurbitaceae graine, fruit Haricot Phaseolus sp. Papilionaceae graine Maïs Zea mays L. Gramineae épis, graine, paille, Manioc Manihot sp. Euphorbiaceae racine, fruit Urucum Bixa orellana L. Bixineae capsule, graine Tableau 51 - Liste des végétaux identifiés dans la Lapa do Boquete : la majorité des éléments est en très bon état de conservation. Les végétaux domestiqués confirment la présence des groupes horticulteurs [d après Resende et Cardoso 1997, modifié]. Certains aspects du matériel indiquent que celui-ci a été déshydraté avant d'être enterré. La faible quantité de graines retrouvées (la majorité du maïs, par exemple, est sous forme d'épi, sans les grains) est expliquée par l'utilisation (fig. 137a) : les silos seraient ouverts (et renfermés) de temps à autre pour utiliser leur réserve de graines, ce qui pourrait expliquer le fait que certains silos sont organisé en étage, pour protéger le changement d'humidité à chaque fois que la structure est ouverte. Ceci expliquerait aussi le fait que dans chaque secteur fouillé (dans les différents sites) les silos offrent plus ou moins de produits, parfois certains produits sont absents d'une structure et présents dans d'autres. Les groupes prendraient donc dans les différentes réserves les produits qui les intéressent, sans qu'on puisse noter une organisation par type de plantes, ce qui expliquerait les variations de quantités et la présence/absence de certains produits. Cette notion de réserve de graines pour 272

111 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II la plantation est aussi renforcée par la présence de cendres, de sédiments (désoxygénation) et de certaines plantes insecticides (Annona et Styrax) [Cardoso et Resende sous presse]. Figure 137a - Zea mays L. : épi de maïs attaché en nœud, retiré d'un silo de Boquete. Cliché P. Jobim A notre avis, cette interprétation n'explique pas la présence de certains éléments non comestibles, retrouvés dans les silos, tels que les plumes, les pièces lithiques, les perles de collier, de même que la faible quantité de plantes domestiquées en rapport à l'abondance de petites noix de cocos (Syagrus). Plus encore, certains "silos" se présentent comme un panier raz (abri de Malhador). Il nous semble possible, vu le contexte d'enterrement, de peintures, de pigments, d'envisager la possibilité d'offrandes. D'ailleurs, les auteurs cités n'écartent pas l'hypothèse de dépôts rituels. D après P. Jobim [1997], la céramique retrouvée en stratigraphie dans les abris du Peruaçu peut être rattachée à la culture dénommée "Una". Il s agit d une céramique réalisée au colombin, sans décoration, à paroi fine (entre 0,4 et 0,8 cm), à pâte peu oxydée. Le traitement de surface est le polissage (observé sur une grande partie des vestiges), grossièrement lissé et noirci à la fumée. Parfois ce traitement est étendu à la partie interne. Notons l absence de bain et de décoration peinte. Sur la surface externe domine la couleur brunâtre. De plus, l auteur note une variation du dégraissant : plus les niveaux sont anciens, plus le sable est utilisé, aux dépens du charbon. D après Prous [1994b], les formes sont très souvent fermées et globulaires (5 à 13 cm d ouverture), très rarement ouvertes (13 à 30 cm d ouverture) sur un fond courbe (fig. 46, in Livret A). Les lèvres sont arrondies, plus rarement pointues. Exceptionnellement, le bord peut être ondulé ou incisé, mais jamais décoré. Ce type de céramique est le seul retrouvé à Boquete, en stratigraphie ou en surface. Pour résumer, la couche est, en grande partie, perturbée par des collecteurs-horticulteurscéramistes, qui creusent plusieurs fosses de "silo". Cependant, quelques secteurs très réduits in situ correspondraient au sol d occupation des groupes qui ont construit ces structures Datations Une seule datation a été effectuée pour le niveau II : ±250 BP. Trop ancienne, elle a peut-être porté sur un échantillon intrusif depuis les niveaux sous-jacents. Les datations les plus acceptables pour ce niveau, proviennent des silos : 1500 ±70, 570 ± Industrie lithique : présentation quantitative du matériel L analyse repose sur les vestiges exhumés de quatre sondages : ouest - 30 m 2 (sondage 1), central - 11 m 2 (sondage 4), est - 6 m 2 (sondage 6) et nord-est - 6 m 2 (sondage 2). Les échantillons examinés proviennent des secteurs en place dans chacune de ces fouilles. De ce fait, nous pensons disposer d une collection quantitativement et qualitativement représentative des occupations de cette période. Les exemplaires provenant des zones 273

112 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II "bouleversées" ne sont pas étudiés. Les pièces fragmentées par le feu et les cassons ont été recensés par type de matière première, mais pas étudiés : 2143 pièces, pour lesquelles toutes les roches sont représentées. L ensemble lithique se compose de 14 outils (12 outils dont 10 simples, 2 outils sur brut de débitage), 485 éclats (sondages 1 et 4), 33 éclats (sondage 4), 16 éclats (sondage 2), soit 548 objets. La majorité de la série est concentrée dans les sondages 1 et 4. Les éclats exhumés d'autres sondages sont utilisés à titre comparatif. Enfin, deux raccords de fracturation thermique sont réalisés sur des pièces disposées dans le même carré (2347, carré K19). De plus, trois éclats provenant du III supérieur (catégorie 8, façonnage) sont raccordés avec l'outil unifacial 3303, exhumé du contact II/III. L intérêt ici est de disposer d un ensemble numériquement assez important et qualitativement représentatif des divers secteurs de l abri Étude morpho-technologique de la couche La présentation de l outillage La couche II (tous niveaux confondus) n'a pas révélé une grande variété d instruments : 1 outils à retouche unifaciale, 1 outil à retouche bifaciale, 10 outils simples, 2 outils utilisés bruts de débitage (tabl. 52). Le tableau ci- dessous montre la place de l'outillage dans la stratigraphie. Niveau Quantité Type d outil II Supérieur 6 outil simple II Moyen 2 outil simple Contact II/III 6 unifacial/bifacial/outil simple/outil brut de débitage Tableau 52 - Ensemble de l'outillage de la couche II Les outils retouchés Au nombre de 12, ils correspondent principalement à des outils simples retouchés unifacialement ou bifacialement. Les catégories outil unifacial et outil à retouche biface sont représentés pour 1 exemplaire chacun. Pour les premiers, ils sont réalisés sur des éclatssupports de taille moyenne à grande. L'unifacial est réalisé sur un grand éclat de grès, allongé, façonné et retouché sur la face supérieure. L'outil à retouche bifaciale est réalisé sur éclat (ou bloc?), retouché sur les deux faces. Dans un premier temps, nous présentons les catégories en décrivant leurs attributs technologiques. Ensuite nous essayons de rapprocher les restes bruts de débitage de ces outils : - 1 grand éclat, allongé, support d'outil unifacial (environ 15 cm) ; - 1 support moyen (éclat ou bloc), transformé en outil à retouche biface (proche de 8 cm) ; - 12 fragments d'éclat (et débris de débitage) petits, moyens et grands, retouchés marginalement (unifacialement et bifacialement), support d outil simple ; - Première catégorie, grand éclat, allongé, peu épais, support d outil unifacial (fig. 137b) : l'outil (3303) provient du contact II/III. Il est réalisé sur un éclat allongé (15,4 x 7,3 x 2,5 cm), incomplet (cassure distale), sur grès silicifié rosâtre. Le support a été débité par percussion directe dure ; le talon est large (2,7 x 2 cm), abrasé, la face inférieure est plate, incomplète latéralement, principalement dans la partie proximale. Le bulbe est diffus et présente une esquille bulbaire. L'éclat est assez étroit et épais dans sa partie proximale, puis 274

113 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II s'élargit et s'amincit vers sa partie distale. Le volume de la pièce, inscrit depuis le débitage du support, n a pas beaucoup changé ; il présente une tendance à une forme triangulaire allongée, avec une arête centrale créée à la rencontre de trois négatifs réalisés avant le détachement du support, coïncidant avec l axe du débitage. La pièce est cassée dans sa partie distale cm Figure 137b - Pièce 3303 : deux éclats de façonnage provenant du niveau III supérieur se raccordent à cette pièce. Cliché M.J. Rodet L'aménagement est réalisé le long des bords : Sur le bord gauche (90 ), quelques enlèvements rasants, courts (0,5 et 0,7 cm) ou plus allongés (1,2 cm), écailleux, plus ou moins larges, rebroussés, occupent une portion du tranchant proximal (environ 6 cm dans l'extension). Le premier négatif (le plus proche du talon) est incomplet, ce qui indique qu'il a été réalisé avant le détachement de l'éclat. Ces négatifs en recoupent partiellement d'autres plus anciens, qui partent du talon. Ces derniers, réalisés probablement avant le détachement du support, ont pu être installés dans cette zone, dans le but de calibrer la portion proximale de l'éclat. Sur le bord droit (85 partie proximale) : une série d'enlèvements délinée un bord rectiligne, plus ou moins abrupt dans une grande extension (14,4 cm). Les enlèvements se suivent et peuvent être plus longs et larges et alors arqués et profonds ( 2 x 3,4 cm; 2,2 x 2,2 cm), ou courts, plus abrupts, rasants, rarement rebroussés (1,2 x 0, 9 cm; < 1 cm). Nous avons raccordé deux éclats (catégorie 8) provenant du III supérieur, à ce bord. L'outil n'a pas fait l objet d'un examen tracéologique ; on note cependant que les parties mésio-proximales des bords présentent des émoussés très prononcés. La partie distale présente deux cassures ; la première a fait objet d'un raccord pendant la fouille ; la deuxième (cassure sub-récente) laisse voir une patine bien plus claire que celle observée sur l'ensemble de l'objet. Il nous paraît, pour la cassure exposée, qu elle résulte d'une force exercée de la face inférieure de l'objet vers la face supérieure. Une languette supérieure, très discrète, peut être observée dans la portion supérieure-droite de la fracture. Malgré les négatifs qui peuvent être rattachés aux éclats des phases de façonnage et de débitage, il nous paraît difficile de distinguer ces deux phases dans l'aménagement de l outil. Ce qu'on observe est le détachement d'éclats plus grands ou plus petits, dans le but de transformer les bords, sans qu'on puisse vraiment individualiser deux moments différents. Trois éclats classés dans la catégorie du façonnage et exhumés du III supérieur, ont pu être raccordés à cet objet. - Deuxième catégorie, support moyen transformé en outil à retouche biface (fig. 138) : il s'agit d'une seule pièce , réalisée en silexite. L'outil est épais, les dimensions sont 7,3 x 5,5 x 3,6 cm. Le support est probablement un éclat de début de débitage (présence de cortex). La face supérieure est bien transformée : un grand négatif central, dont il n'a pas été 275

114 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II possible de préciser la direction, est recoupé par d'autres enlèvements, longs, larges, envahissants. L'un d'eux mesure 4,2 cm de longueur. Suivent deux séries de petits enlèvements. La première concerne quelques enlèvements plus larges et un peu plus longs (entre 1 et 0,6 cm de longueur et largeur entre 1,5 et 2 cm). Ils sont recouverts, dans leur partie proximale, par les derniers enlèvements de retouche de la pièce. La deuxième, des petits négatifs de retouche, écailleux, larges ou plus allongés (< 1 cm), fréquemment rebroussés, occupe pratiquement toute la longueur offerte des tranchants en délinéant une forme allongée/ovoïde. Figure Outillage de la couche II : la majorité de l'outillage de cette couche est classée en outils simples, transformés unifacialement ou bifacialement sur des secteurs spécifiques. Des petits éclats représentent les outils bruts de débitage. Un exemplaire unique est classé en outil à retouche biface. dessin M. Brito La face inférieure a été complètement transformée, à partir d'une série d'enlèvements longs, envahissants, larges, ce qui ne permet pas d'affirmer avec certitude le type de support (éclat 276

115 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II ou bloc). Ces grands négatifs sont suivis de deux rangs de petits enlèvements : le premier, plus long, large, moins accidenté, toujours incomplet., le deuxième, petit (environ 1 ou <), écailleux, rebroussé, installé dans la portion mésio-distale du tranchant gauche, l'axe morphologique. Il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'un nucléus repris en outil. - Troisième catégorie, fragments d'éclats (et débris de débitage) petits, moyens et grands, transformés unifacialement et bifacialement, support d outils simples (fig. 139) : 10 outils font partie de cette catégorie. Il s agit principalement de fragments d éclats, de dimension de 2,7 à 10,6 cm dans l'axe morphologique. Ces objets n ont pas de forme récurrente. Ils présentent principalement des tranchants abrupts, proches de 80. Le cortex est présent sur quatre pièces, les autres sont probablement de plein débitage. Figure Outils simples de la couche II : les pièces sont réalisées sur des fragments d'éclats, transformés plus ou moins marginalement sur une ou deux surfaces. La pièce est aménagée en poinçon. dessin M. Brito Les pièces sont réalisées dans la silexite de grain fin et moyen et sur le calcaire. Les tranchants sont transformés par des enlèvements souvent écailleux, plus rarement semiparallèles. 277

116 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II Une pièce attire notre attention : l'outil , probablement un perçoir, est réalisé sur un fragment d'éclat qui a dû être bien plus grand au départ (fig. 139). Des séries d'enlèvements plutôt courts, rarement plus longs, ont aménagé le bord gauche des faces supérieure et inférieure (abrupt). Le bord droit est déjà abrupt. La partie distale gauche de l'éclat est réduite par un enlèvement plus profond que les autres, du type encoche, formant ainsi une pointe. Sur la face inférieure de cette même portion, on observe une série de micro-enlèvements probablement dus à l'utilisation. Cependant, pour une question de temps, la pièce n'a pas pu être examinée en tracéologie. Les pièces sont mesurées selon leur axe morphologique (tabl. 53) : Niveau Pièce Mesure (cm) Supérieur ,6 x 2,1 x 1,3 Supérieur 4292-a 4 x 2,2 x 2 Supérieur ,9 x 3,2 x 1,8 Supérieur x 2,6 x 1,4 Moyen ,8 x 2,2 x 0,9 Moyen 4560-b 2,7 x 1,2 x 0,8 Contact II/III ,5 x 3,4 x 2 Contact II/II x 6,6 x 3,1? 4298-a 10,6 x 5,7 x 3,2? 4560-a 5,3 x 6 x 1,7 Tableau 53 - Effectif de l'outillage simple : les mesures sont prises dans l'axe morphologique Les outils brut de débitage 2 pièces présentent des bords dentelés, égratignés. Ces objets sont réalisés sur des éclats petit à moyen (tabl. 54). Nos observations ont été faites à la loupe binoculaire (augmentation de 10 fois) : Niveau Utilisation Module (cm) Contact II/III ,7 x 1,9 x 0,5 Contact II/III 4040-a 3,3 x 2,2 x 0,5 Tableau 54 - Outils bruts de débitage de la couche II L analyse technologique Les matières premières utilisées Le tableau ci-dessous montre clairement une utilisation préférentielle de la silexite de grain fin, suivie par la silexite de grain moyen (tabl. 55). Nombre de pièces Matière Première II supérieur - Ouest II Central II supérieur II moyen II inf et contact II supérieur silexite fin : 47% silexite moyen : 33% calcaire : 19% quartz : 1 % silexite fin : 60% silexite moyen : 25% calcaire : 14 % grès : 1 % silexite fin : 49 % silexite moyen : 26 % calcaire : 22 % grès : 1% galet : 2 % quartz : Tableau 55 - Les différentes roches présentes dans les niveaux. silexite fin : 54% silexite moyen : 34% calcaire : 8 % grès : 4 % 278

117 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II La différence, par rapport aux niveaux précédents, est l utilisation du calcaire, discrète dans les autres couches, qui devient beaucoup plus fréquente, et plus particulièrement dans la partie ouest : 22 % des produits (22 pièces) du niveau inférieur, 14 % (12 pièces) du niveau moyen et 19% (38 pièces) du niveau supérieur. Le calcaire est observé ici dans toutes les catégories, sauf la catégorie 7. Le grès et le quartz sont présents, mais de façon anecdotique. Ils apparaissent en général seulement dans les dernières catégories de fin de chaîne opératoire, mais à plusieurs reprises, ces matières offrent des pièces bien soignées avec des corniches abrasées, des faces supérieures où on observe des enlèvements rasants et dans le sens du débitage du support. La présence des galets de rivière est symbolique. Notons cependant la présence de deux galets de rivière, cassés en split (= fendus sur enclume), dans le niveau inférieur, mais rappelons que la grande majorité des pièces ne portant pas de cortex, il est difficile de déterminer leur origine. En fait, presque toutes les matières présentes autour du site sont représentées dans les vestiges ; l unique exception est peut-être l hématite Les techniques de débitage Les éclats sont détachés à la percussion directe dure, principalement sur une matière abondante tout autour du site, la silexite de grain fin et moyen. Seuls quelques éclats de retouche (3 pièces), présentent une lèvre bien marquée, un point de contact diffus évoquant la percussion tendre, mais leur rareté dans la collection peut indiquer une forme accidentelle de la percussion dure. Ainsi, l existence de la percussion tendre dans cette couche reste à démontrer Les produits de taille : les éclats L échantillon se compose de 485 éclats bruts de débitage, provenant principalement des phases de retouche et/ou entretien : 90 éclats de début de débitage, 61 de plein débitage, 83 de façonnage et 251 de retouche et/ou d entretien (tab. 56). II II II inférieur TOTAL supérieur moyen et contact Début de débitage (catégories 3, 4 et 5) Plein débitage (catégories 6 et 7) Façonnage (catégorie 8) Retouche/entretien de plan de frappe (catégorie 10) TOTAL Tableau 56 - Effectifs d'éclats de la couche II. Soulignons que seuls 14 éclats font partie du contact II/III. Les éclats de début de débitage (catégorie 3, 4 et 5) : la technique utilisée pour la confection des objets et le détachement des éclats, est la même pour chacune des matières premières, la percussion directe dure. dimension minimum (cm) dimension maximum (cm) largeur (cm) épaisseur moyenne (cm) II supérieur 1,9 5,7 1,2-4 (un éclat atteint 7,6 0,4 1,4 cm) II moyen 2,2 5,2 0,2-4 0,6-1,5 II inférieur 2,2 4 0,9-4 0,6 0,9 Tableau 57 Eclats de début de débitage. Les éclats les plus longs sont ceux de la classe 4, ce qui indique des nucléus de dimension moyenne. Les plus petits, environ 2 cm, sont de la classe 5 (tab. 57). Ils présentent du cortex 279

118 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II dans leur partie distale ou latérale. Ces produits de profil plus rectiligne en général, peu abrasés, sont peu accidentés (fig. 141). Même l'accident rebroussé est ici très léger et se localise plutôt dans l extrémité distale de la face inférieure. Les talons sont en général lisses, fréquemment épais (entre 0,8 et 3,9 cm). On note des éclats plus épais dans la partie proximale, en opposition à une partie distale peu épaisse. Les éclats de plein débitage (catégoires 6 et 7 - tab. 58) : Les talons sont principalement lisses, la majorité ne porte pas d'abrasion. La tendance, importante, est un profil rectiligne. Les faces supérieures portent des négatifs dans le sens de l éclat, ou en diagonale ou encore dans plusieurs sens, dénotant des nucléus à plusieurs plans de frappe (fig. 141). La majorité des pièces ne porte pas d accident de taille : l'accident le plus commun est le rebroussé. Les matières premières sont la silexite (grain fin et moyen), le calcaire, le grès et le quartz. dimension minimum (cm) dimension maximum (cm) largeur (cm) épaisseur moyenne (cm) II supérieur 3,7 5,2 1,3 4,2 0,7 1,8 II moyen 4 4,2 1,9-4 0,7-1,2 II inférieur environ 4 cm environ 2 cm < 1 Tableau 58 - Les éclats de plein débitage. Les éclats de fin de chaîne opératoire (tab. 59) : Pour le façonnage (catégorie 8), dimension minimum (cm) dimension maximum (cm) largeur (cm) épaisseur moyenne (cm) II supérieur 2,2 3,2 1 3,2 0,3 0,8 II moyen environ 2,0 environ 2,5 environ 0,4 II inférieur et II/III 2,2 2,9 0,9-2,5 0,2 0,9 Tableau 59 - Les éclats de façonnage. La catégorie 8, plus discrète dans ce niveau, présente des éclats assez souvent rectilignes, à talon lisse rarement abrasé. Malgré une majorité sans accident de taille, une fréquence importante de rebroussé peut être observée. Cependant, un petit groupe de cette catégorie appelle l'attention : il s'agit d éclats réalisés sur une matière première de grain très homogène, les éclats sont peu épais, les talons sont lisses avec une abrasion insistée de la corniche (fig. 141). Sur les faces supérieures, les négatifs sont rasants, dans le sens de l axe du support ou légèrement diagonal. Les matières représentées sont la silexite ou silex (grain fin et moyen), le grès, le quartz et le calcaire. Figure Localisation des produits dans la chaîne opératoire (sondages ouest et central) : la majorité des éclats est représentative des phases finales de(s) chaîne(s) opératoire(s). Pour la retouche et/ou l entretien (catégorie 10), Cette catégorie peut être regroupée en un seul ensemble, car elle représente un groupe très homogène : la longueur varie de 0,6 à 1,9 cm (un éclat atteint 2,1 cm) ; la largeur de 0,8 à Inférieur Moyen Supérieur Cat. 3 Cat. 4 Cat.5 Cat.6 Cat.7 Cat.8 Cat

119 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II 2,9 cm et l épaisseur ne dépasse jamais 0,5 cm. Quelques observations plus générales peuvent être soulignées. En prenant les sondages ouest et central, on observe que la catégorie 10 est composée aussi d'éclats de profil très rectiligne, talon lisse et peu abrasé, sauf pour quelques éclats tels que ceux en quartz hyalin du II moyen. Dans ces derniers, on note des éclats qui peuvent être arqués avec une préparation soignée de la corniche (fig. 141). Les pièces sans accident sont plus nombreuses, mais le rebroussé est fréquemment présent. Dans le niveau II inférieur, le taux de pièces accidentées est plus important que celui des pièces non accidentées. Les matières premières présentes sont la silexite (grain fin et moyen), le calcaire, le quartz. Si en général jusqu ici, nous avons observé les catégories 8 et 10 comme étant les plus présentes, dans ce niveau il y a un petit changement. La catégorie 10 est toujours la plus représentée, mais la catégorie 8 est beaucoup plus discrète dans le niveau inférieur (17 pièces), et sous représentée dans le moyen (fig. 140). Figure Bruts de débitage de la couche II : les catégories 8 et 10 ne portent pas systématiquement d'abrasion. Cependant, pour un petit groupe, les pièces sont bien soignées, principalement dans les matières de bonne qualité pour la taille, tels que le quartz et la silexite à grains fins. dessin M. Brito. 281

120 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II Par ailleurs, on note une croissance, modérée, des produits de début de débitage, dans chaque ensemble (fig. 140). Les éclats de ces niveaux sont majoritairement rectilignes, seuls quelques produits sont arqués. L exception est pour le sondage central, où les pièces arquées sont un peu plus nombreuses : 26 pièces. L abrasion est aussi très discrète sur les talons. Nous n avons pas réussi à établir une relation entre l abrasion et d autres caractéristiques des éclats, telles que le type de talon ou l épaisseur. Concernant la percussion utilisée, il apparaît que la grande majorité des éclats est enlevée à la percussion dure ; seuls 3 éclats portent des stigmates qui font 300 Supérieur Moyen Inférieur soupçonner la percussion tendre. 250 Mais du fait que l échantillon est 200 très réduit, nous le mentionnons sans pouvoir le prendre en compte. 150 Figure 142 Types de talons (sondages ouest et central) : les talons lisses sont majoritaires dans tous les niveaux. Les autres types sont très discrets lisse linéaire aile cortical dièdre Pour compléter la présentation des caractéristiques technologiques de la série, il est important de montrer que la grande majorité des talons est lisse, quelque soit le niveau (fig. 142). Les autres types sont presque absents. Les talons en aile d'oiseau et linéaires apparaissent constamment dans la couche, mais toujours discrètement (7 pièces dans le niveau supérieur, 1 dans le moyen et 2 dans l inférieur). Même si ces éclats, probablement de fin de chaîne opératoire, sont les plus abondants, seule une petite partie peut être rapprochée de certains outils de la couche, comme par exemple l'outil simple (4560-a) et les outils bruts de débitage. Ceux-ci présentent des négatifs assez profonds, correspondant à des petits éclats épais avec des talons larges à bulbe proéminent, ce qui est plutôt rare dans la couche. Cependant, certains éclats peuvent être rapprochés de la phase de façonnage et de retouche des outils du type unifacial de volume moyen : petits éclats abrupts d'environ 3 cm (pour le façonnage), plus ou moins rebroussés, peu épais. La majorité des éclats est représentative des phases finales de(s) chaîne(s) opératoire(s). Les phases de début et de plein débitage sont plus discrètes, mais bien représentées. Concernant l'abrasion, les produits en général en sont dépourvus. Même les éclats de fin de chaîne, normalement les produits les plus soignés, n offrent ici que très peu d'abrasion, exception faite pour le quartz, le grès et le calcaire. Le taux d'accident est important, mais la majorité des pièces ne sont pas accidentés Synthèse de l étude technologique Nous n avons pas de marqueur chronologique lithique pour les niveaux II. Cette couche n a jamais été étudiée auparavant. De plus, il n y a pas beaucoup d outils exhumés. L'ensemble de l'outillage est du type outil simple ou brut de débitage. Un seul outil (probable) est bifacial (3303-8), mais très simple. Les nucléus sont absents du niveau, ce qui limite en conséquence nos conclusions. Rappelons les points principaux de cette étude : - Les tendances techniques de la couche : malgré une grande majorité de produits sans abrasion, les pièces sont principalement non accidentées. Cependant, le nombre de rebroussés 282

121 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II (parfois léger) et d'autres accidents est dans certaines catégories, très important. Les talons sont essentiellement lisses, sans abrasion, même dans les phases de fin de chaîne opératoire. Les produits ne démontrent pas une unité morphologique, ou un soin particulier, sauf pour un petit groupe d'éclats (catégorie 8) associé au façonnage d'objet unifacial principalement avec un volume abrupt. Un exemplaire unifacial représente cette catégorie, il s'agit d'un grand éclat transformé en outil par des enlèvements. L'objet final n'est guère différent du support initial. Un seul exemplaire d outil bifacial est présent, mais il s'agit probablement d'un nucléus repris en outil pour ses bords. Le manque de nucléus et la rareté d'objets plus sophistiqués empêchent de bien comprendre ces occupations. S il y a une vraie production d'outils plus élaborés tels les unifaciaux ou les bifaciaux, elle est inconnue dans l'ensemble : types de support recherché, dimensions initiales, formes, transformation? Le faible taux d'éclats de la catégorie façonnage est cohérent avec la rareté de l outil unifacial et en conséquence, il peut être interprété comme une production peu importante ou très rare de ce type d'outillage, en tout cas dans l'abri. Cependant, la présence importante d'éclats de toute petite dimension démontre une production d'artefacts retouchés. En partie, ces éclats peuvent être rapprochés des outils simples de la couche. Tableau récapitulatif des principaux tendances de la série : Nombre de pièces Matière Première Catégories + présentes Ouest Central II sup II moyen II inf. et contact II sup silexite fin : 47% silexite moyen : 33% calcaire : 19% quartz : 1 % cat. 10 : 54% cat. 8 : 17% cat. 6 : 11 % cat. 4 : 8 % silexite fin : 60% silexite moyen : 25% calcaire : 14 % grès : 1 % cat. 10 : 45% cat. 6 : 26% cat. 3 : 12% silexite fin : 49 % silexite moyen : 26 % calcaire: 22 % grès : 1% galet : 2 % quartz : cat. 10 : 61% cat. 8 : 18 % cat. 5 : 9 % silexite fin : 54% silexite moyen : 34% calcaire : 8 % grès : 4 % cat. 10 : 45% cat. 8 : 23% cat. 6 : 12% Percussion directe dure directe dure directe dure directe dure Abrasion sans abrasion : 81% abrasion : 19% sans abrasion :73% abrasion : 27% sans abrasion : 70% abrasion : 30% sans abrasion : 76% abrasion : 24% Profil rectiligne: 93% arqué : 7% rectiligne : 91% arqué: 9% rectiligne : 94 % arqué : 6 % rectiligne : 74% arqué : 26% Accidents sans accident : 59% rebroussé : 36% sans accident : 57% rebroussé: 31% sans/ accident : 50 % rebroussé: 36 % cassure : 10 % Siret : 5 % sans accident : 55% rebroussé: 36% cassure : 3% Tableau 60 - Récapitulatif des principales tendances des deux points de sondage de la couche II : les sondages ouest et central sont les plus représentatifs de la série Discussion Ces collecteurs-horticulteurs-céramistes modifient l usage de l'abri : on retrouve de moins en moins de restes lithiques et de plus en plus de structures (trous, "silos", enterrements, ). A partir de cette couche et jusqu'à la couche I, ces groupes creusent le sol de l abri pour y installer des paniers remplis de végétaux : 30 structures de ce type et les négatifs de plusieurs autres ont été identifiées à Boquete. Le silo le plus ancien est daté de 1500 BP, le plus récent 283

122 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche II de 570 BP. Ceci indique une utilisation pendant environ 1000 ans pour ce type de structure. Néanmoins, si on divise simplement les 30 silos par 1000 ans, on obtient 0,03 silo par an, ce qui est dérisoire. Même si l'on double la quantité en pensant que les négatifs peuvent se référer à 30 autres, le chiffre reste négligeable, sauf, si l'important n'était pas la structure en soit mais l'usage qui en était fait, c'est-à-dire qu'une structure en réalité pouvait durer des années, sans avoir à la défaire et à la refaire. La domestication des plantes, apparue de manière incertaine dans la couche précédente, s'affirme ici et est accompagnée de l'apparition de la céramique. A ces modifications, s ajoutent des changements dans l'industrie lithique tels que l'absence d'outils plus complexes, la présence plus importante d'éclats réalisés en calcaire, bien soignés. Ces modifications ont commencé dans la couche III et perdurent jusqu'à la couche I, formant un ensemble technologiquement proche. Cette logique disparaît dans la couche superficielle (Ø et Ø/I), moment du contact entre les groupes préhistoriques et les néo-brésiliens. Pour résumer les points principaux : - La principale et peut-être l unique technique utilisée dans la couche II est la percussion directe dure. La percussion tendre, soupçonnée sur quelques éclats, reste à confirmer. - La catégorie 10, la plus représentée, est celle de fin de chaîne opératoire, de retouche et/ou d entretien. La catégorie 8, de façonnage, jusqu'ici très présente dans les couches, est bien discrète. - La matière première la plus utilisée est la silexite ou silex (grains fin et moyen), cependant notons la présence remarquable des pièces en calcaire. De plus, ces pièces, représentées dans presque toutes les catégories (exceptée la catégorie 7), reçoivent les mêmes soins que les autres matières premières. Cela peut indiquer, comme nous l avons déjà signalé, une utilisation du calcaire assez proche des autres matières premières. Le quartz hyalin et le grès sont aussi présents sous forme d'éclats de façonnage et de retouche (abrasés, peu épais, la face supérieure avec des négatifs dans le sens de l axe du débitage). - L'absence ou quasi absence de nucléus est regrettable : cependant la face supérieure de certains produits suggère une méthode simple à partir de séquences unipolaires, menée principalement à partir de plusieurs plans de frappe. - La grande majorité des profils correspond à des profils et des volumes abrupts : rares sont les pièces arquées dans la série. - La majorité de pièces est non abrasée et les accidents sont de l'ordre de 30 à 40 %. Le rebroussé est assez souvent léger et installé dans l extrémité de la face inférieure, ce qui peut indiquer un débitage assez habile. Enfin, soulignons la présence de plantes domestiques bien conservées dans les "silos" et de céramique du type Una (sans décoration), celle-ci de manière abondante (240 tessons). 284

123 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche I La couche I Stratigraphie (géologique et culturelle) Cette couche est composée d un ensemble sédimentaire pulvérulent, globalement rosacé et blanchâtre à la base. Les analyses sédimentologiques [Moura 1991 : 137] montrent une granulométrie homogène (sableuse) avec prédominance du carbonate de calcium, très riche en matière organique. La prédominance des grains mats, sub-angulaires, suggère un faible transport. Ces grains sont composés de quartz non ferrugineux provenant de la couverture crétacée (Formation Urucuia), déposée en milieu éolien (faciès mat), ainsi que de quartz provenant des phyllithes (toit des calcaires). Les vestiges archéologiques correspondent à une occupation des horticulteurs/céramistes (115 tessons céramiques ont été collectés). La céramique retrouvée est rattachée, comme souligné dans le chapitre précédant, à la culture dénommée Una, la seule présente dans le site de Boquete : elle est réalisée au colombin, sans décoration peinte, à paroi fine et pâte peu oxydée, avec un traitement de surface par polissage. Variation du dégraissant : plus les niveaux sont anciens, plus il y a utilisation du sable, et moins du charbon [Jobim 1997]. Les restes végétaux, très abondants, se présentent par zones de concentration. Parmi les plantes cultivées, les plus courantes sont le maïs (Zea mays L.) et la calebasse (Lagenaria vulgaris Ser.) [Resende et Cardoso 1997]. Les restes faunistiques sont plus discrets ; notons cependant la présence de poissons, cervidés et tatous. Selon Prous [1991a : 81], la couche correspond à un sol d occupation peu épais et discontinu, riche en structures de combustion et en matériel lithique. Un des foyers est daté de 1600 ±300 BP (sondage 1), et un autre de 1100 ±80 BP (sondage 2) ; de nombreux trous de poteau sont creusés à partir de cette couche Datations Il est possible d accepter comme valables les datations de la période BP. Les autres dates s avèrent trop anciennes pour la couche (tabl. 61). Strate Datation 14 C Laboratoire Datation calibrée I moyen 600 ±50 (foyer) BETA à 1290 av. J.-C. I moyen 1310 ±150 CDTN I moyen inférieur 7080 ±80 CDTN I inf. Base 1600 ±300 CDTN I inf. Base 7520 ±140 CDTN I inf. base (foyer) 1100 ±80 CDTN-? - Tableau 61 - Ensemble des datations de la couche I : BETA et CDTN Industrie lithique : présentation quantitative du matériel L échantillon étudié provient du sondage 1 (fouille ouest), et du sondage 4 (fouille centrale). Il se compose de 14 outils (outils simples et outils bruts de débitage) et de 298 éclats provenant des phases de débitage, façonnage et retouche, soit 312 objets. Les nucléus sont absents du matériel examiné. Les pièces récupérées dans les secteurs remaniés ne sont pas analysées. Les débris thermiques méconnaissables ainsi que les cassons ont été comptés, mais pas analysés : 1186 pièces en silexite, calcaire et grès. Quelques raccords entre des pièces fragmentées par le feu ont pu être effectués, dans le même niveau et dans le même carré : dans le niveau supérieur, un raccord entre deux parties d un galet (2409 et 2296), et un raccord entre deux parties d'un même éclat ; dans le niveau inférieur, carré K-19, deux éclats sont raccordés (2347a et 2347b). 285

124 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche I Malgré le nombre réduit et peu varié de vestiges, l étude paraît intéressante car elle permet d aborder ces niveaux les plus récents, très remaniés, et de ce fait jamais étudiés auparavant. Ces résultats, alliés à ceux d'autres abris et d'autres sites de plein-air, contribuent à une meilleure connaissance de ces moments tardifs de l'occupation humaine préhistorique dans le bassin du Peruaçu Étude morpho-technologique de la couche Présentation de l outillage L'outillage de cette couche se résume à 14 objets, classés en outils simples, retouchés sur une ou deux faces, et en outils bruts de débitage. Néanmoins, 2 lames de hache polie sont observées dans l'enterrement du contact Ø/I (elles seront analysées dans le prochain chapitre). D après Fogaça [2001 : 79], certains restes bruts de débitage indiquent la préparation de supports de hache polie. De plus, l auteur annonce la présence de quelques éclats réalisés sur des roches tenaces vertes (amphibolites). Cependant, des vestiges que nous avons examinés, aucun n offre d indice suggérant la préparation de ce type d objet. Néanmoins, les haches polies sont présentes dans le contact Ø/I, avec le matériel d une inhumation. Elles sont décrites dans le prochain chapitre Les outils retouchés Ils sont réalisés sur des plaquettes et sur des éclats-supports (et fragments) de début de chaîne opératoire (une pièce avec du cortex) ou de plein débitage, de longueur petite à moyenne (entre 3,9 et 8,5 cm). On note, sur les 4 outils, une recherche de bords abrupts (proche de 90 ). L'aménagement est réalisé sur une ou deux faces, par retouches directes et/ou inverses, en délinéant des contours arrondis. Les bords aménagés sont opposés à un bord abrupt (proche de 90 ) ou à un bord aigu, coupant (proche de 45 ). Les enlèvements sont en général courts, assez souvent profonds, fréquemment rebroussés. Les retouches sont principalement écailleuses. Soulignons que trois pièces sont réalisées en calcaire (fig. 143). Les examens tracéologiques n ont pas été réalisés. Les pièces sont mesurées d'après leur axe morphologique (tabl. 62) : Niveau Pièce Mesure (cm) contact I/II 3911a 7,4 x 7,2 x 2 contact I/II sans n 8,5 x 5,4 x 3,4 contact I/II 3929a 5,4 x 2,1 x 1,2 supérieur ,9 x 2.2 x 0.9 Tableau 62 : les mensurations des outils retouchés de la couche I Les outils bruts de débitage 10 pièces illustrent cette catégorie (tabl. 63). Les éclats, détachés à la percussion dure, sont de début ou de plein débitage, mais quelques-uns peuvent venir des phases de façonnage d'outil unifacial. Les faces supérieures présentent des négatifs principalement dans plusieurs directions (nucléus avec plusieurs plans de débitage) et plus rarement dans le sens du débitage du support. Les bords sont égratignés et présentent des micro-enlèvements sur une ou deux faces. Les dimensions varient entre 2,7 et 4 cm. Ces objets représentent une recherche de bord aigu, tranchant (proche de 45 ). La majorité des pièces utilisées a été réalisée dans la silexite de grain fin. Pour une question de temps, ces pièces n'ont pas été examinées au microscope électronique. Les observations sont faites à la loupe binoculaire (grossissement de 10 fois). 286

125 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche I Niveau Utilisation Module (cm) contact II/III ,3 x 2,2 x 0,5 contact II/III 4040a 2,7 x 1,9 x 0,5 inférieur ,7 x 2,6 x 0,5 inférieur x 2,8 x 0,7 inférieur 2409a 3,8 x 3,7 x 0,7 moyen x 3,8 x 0,8 moyen ,4 x 1,8 x 0,6 I supérieur ,3 x 2,4 x 1,1 I supérieur ,8 x 2,9 x 0,6 supérieur 3904a 3 x 2,8 x 0,6 Tableau 63 - Ensemble d'outils bruts de débitage de la couche I : une seule pièce a été dessinée. Figure L'outillage de la couche I : les outils sont très simples retouchés sur de secteurs plus ou moins réduits, ou utilisés bruts de débitage. dessin M. Brito L analyse technologique Les matières premières utilisées Après la silexite, le calcaire est la matière la plus présente dans les niveaux (tabl. 64) En général, cette matière figure dans presque toutes les catégories. Dans la couche I, le calcaire est absent des catégories 6 et 7. Il est présent dans les autres catégories, de manière plus ou 287

126 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche I moins visible. Ceci peut souligner une utilisation du calcaire assez proche de celle des autres matières. Le grès, le quartz et les galets sont aussi présents, mais de manière plus discrète. Il ne faut pas oublier, cependant, qu une grande partie des objets ait pu être réalisée sur des galets, mais le fait que la majorité des pièces soit de fin de chaîne opératoire, donc sans cortex, ne permet pas d identifier leur origine. Néanmoins on pourrait espérer retrouver plus fréquemment des éclats avec néo-cortex. Enfin, soulignons la présence de quelques pièces bien soignées, réalisées sur une matière première jaspoïde. Nombre de Pièces Matière Première % Couche I Sondage 1 (Ouest) Sondage 4 (Centre) I supérieur I moyen I inférieur I supérieur I moyen I inférieur fin : 53 moyen : 31 calcaire : 12 grès : 1 galet : 1 quartz : 2 fin : 58 moyen : 42 fin : 57 moyen : 35 grès : 1 quartz : 4 fin : 40 moyen : 41 calcaire : 14 grès : 5 Tableau 64 : les roches présentes dans la couche I. fin : 83 moyen : 0 calcaire : 11 grès : 6 fin: 0 moyen : 60 calcaire : 11 grès : 20 galet: Les techniques de taille La grande majorité des éclats retrouvés sur le site confirme que la principale technique de débitage utilisée est la percussion directe au percuteur dur : talon épais (rarement abrasé), point de contact bien marqué, assez souvent avec fissuration, sillons latéraux, parfois double point de contact (dû à un percuteur irrégulier), bulbe proéminent, Les percuteurs sont absents des secteurs fouillés. La présence de quelques pièces particulières permet d évoquer la possibilité de l utilisation du percuteur tendre (tabl. 65) pour une opération spécifique. Ces éclats se distinguent de l ensemble par une ligne arrière du talon avec lèvre bien marquée, un talon parfois abrasé, un bulbe diffus, leur profil mince, Les stigmates font soupçonner l emploi du bois végétal. Il y a un grand choix de cette matière autour du site : il s agit de bois de grande densité et dureté et ainsi aptes à la taille, comme nous avons pu le constater lors d une expérimentation réalisée durant notre séjour au Brésil. Toutefois, il peut aussi s agir de bois de cervidé, car des restes osseux de cervidés sont présents dans les niveaux de Boquete. La petitesse de l échantillon doit cependant nous conduire à la prudence avant d affirmer avec certitude l utilisation d une percussion tendre. Malgré cela, on note que les éclats qui portent les stigmates de cette percussion sont toujours ceux de fin de chaîne opératoire. Ceci coïncide avec la tendance générale de l industrie de ce bassin, qui montre que la percussion tendre, lorsqu elle existe, n est réalisée que dans les dernières phases de la chaîne. Ouest I supérieur I moyen I inférieur Plein débitage (catégorie 7) 2 éclats - - Façonnage 1 éclat - - Retouche 1 éclat 2 éclats 1 éclat Tableau 65 - Les pièces réalisées à la percussion tendre : la présence de la percussion tendre est attestée sur 7 pièces. Enfin, il faut noter que malgré le fort taux de pièces non accidentées, l accident le plus courant est le rebroussé, présent sur un nombre important de pièces dans chacun des niveaux (tabl. 66) : 288

127 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche I Nombre de Pièces Accident % Ouest Centre I supérieur I moyen I inférieur I supérieur I moyen I inférieur sans accid. 44 rebroussé 37 cassure 11 sans accid. 48 rebroussé 42 cassure 6 sans accid. 42 rebroussé 45 cassure 2 Siret 9 sans accid. 63 rebroussé 23 cassure 14 Tableau 66 - Les types d'accidents par niveau. sans accid. 50 rebroussé 50 sans accid. 70 rebroussé 30 Certains auteurs [Prous et al ; Fogaça 2001] affirment que la présence importante d accidents rebroussés est liée au fait que, dans le secteur d étude, il n y a pas de roche qui puisse servir de "bon percuteur". Or, aux alentours du site, ainsi que sur les plateaux, il y a une grande variété de roches qui auraient pu servir de percuteur : calcaire, grès, silexite (avec plus ou moins de cortex), quartz hyalin, quartz translucide, hématite, granite, De même, dans la rivière Peruaçu, peu profonde, située à quelques dizaines de mètres des sites, la majorité de ces matières est présente sous forme de galet, de taille variée. D'après J. Pelegrin (comm. pers.) les "bons" percuteurs durs sont ceux pas trop durs et assez homogènes : grès de différentes finesse de grain et cohésion, calcaire assez durs mais qui s abîment assez vite. Ceux-ci sont omniprésents dans le compartiment du canyon. Sans oublier les bois. L ensemble de ces éléments permet donc de suggérer que la présence exacerbée d accidents du type "rebroussé" soit liée à d autres paramètres. D après J. Tixier [1980?], ce type d accidents résulte d un mauvais contrôle de la taille, et peut être attribué à des tailleurs débutants ou peut pratiquants. Cependant, il est difficile d attribuer la production lithique de plus de 50 % de l industrie du Peruaçu aux mains de débutants. Il faut peut-être rechercher une réponse possible dans la place que tenait cette industrie au sein de la communauté Les produits de taille : les éclats La série analysée se compose de 298 éclats qui représentent 94 % de la collection, si l on ne compte pas les pièces brûlées (1186 pièces, 79%). Les caractéristiques métriques de ces éclats sont variées sans toutefois dépasser 7 cm. Les pièces sont en majorité des produits de fin de chaîne opératoire (tabl. 67). I supérieur I moyen I inférieur TOTAL Début de débitage (catégories 3, 4 et 5) Plein débitage (catégories 6 et 7) Façonnage (catégorie 8) Retouche/entretien de plan de frappe (catégorie 10) TOTAL Tableau 67 - Effectif des produits de taille : les éclats sont plus abondants en fin de chaîne opératoire. Ils sont comptés en fonction de leur place dans les chaînes opératoires. Les éclats de début de débitage (catégories 3, 4, 5) : L'analyse du groupe de début de débitage révèle des produits de caractéristiques techniques très variées, sans aucun produit stéréotypé, suggérant un débitage peu organisé : face supérieure avec des négatifs dans plusieurs sens, indiquant une utilisation de plusieurs plans 289

128 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche I de frappe, ou d un plan de frappe plus ou moins périphérique. Néanmoins, il en résulte globalement des éclats de 3 à 4 cm (tabl. 68). Les éclats les plus petits appartiennent à la catégorie 5, avec cortex principalement latéral, plus rarement distal. Il ne faut pas écarter la possibilité que ces éclats soient en réalité (ou en partie) liés au façonnage d'outils unifaciaux à support cortical. dimension minimum (cm) Dimension maximum (cm) Largeur (cm) Epaisseur (cm) (moyenne) Couche I 2,2 6,8 1,2 3,8 0,4 2,1 Tableau 68 - Eclats de début de débitage Les talons sont lisses, peu abrasés, le profil est principalement rectiligne. Les éclats de plein débitage (catégories 6 et 7) : dimension minimum (cm) Dimension maximum (cm) Largeur (cm) Epaisseur (cm) (moyenne) Couche I 3,7 4,7 1,5 3 0,5 1,8 Tableau 69 - Effectif des éclats de plein débitage Le deuxième groupe (tabl. 69) présente deux ensembles bien différents. Les pièces ne présentent pas de cortex, ce qui indique une place déjà plus avancée dans la (ou les) chaîne opératoire. Dans la catégorie 6, les pièces ont des caractéristiques morphologiques et techniques encore très proches de celles de début de débitage (pas de produit stéréotypé, globalement de 4 cm). Les négatifs sur la face supérieure indiquent des nucléus à un ou deux plans de frappe (unipolaire à plan de frappe adjacent). La catégorie 7 présente des produits beaucoup plus soignés : profil mince (en général 0,5 cm), plutôt rectiligne, plus rarement arqué, talon peu épais toujours abrasé. L accident de taille observé dans cette catégorie est le rebroussé, très léger, principalement à l extrémité de la portion distale de la face inférieure. La face supérieure présente des négatifs peu profonds, organisés dans le sens du débitage, parfois légèrement perpendiculaires à l'axe du débitage, plus rarement opposés. Les stigmates de la percussion tendre ont été observés sur deux pièces. Les éclats de fin de chaîne opératoire : Pour le façonnage (catégorie 8), - longueur comprise entre 2 et 3 cm, largeur entre 0,9 et 3,2 cm, épaisseur entre 0,2 et 0,8 cm. Pour la retouche et/ou l'entretien (catégorie 10), - longueur comprise entre 0,7 et 1,5 cm, largeur entre 0,8 et 1,3 et épaisseur moyenne de 0,5 cm pour la majorité des pièces. Une séquence de façonnage a pour but de sculpter une masse initiale, à partir d une succession de gestes techniques organisés selon un modèle déjà établi [Pelegrin 1991, Inizan et al. 1995]. Le résultat de cette phase correspond à un certain type de sous-produit spécifique : des éclats relativement standardisés. Dans notre série, les produits de la catégorie 8 peuvent bien correspondre à cette phase : éclats de morphométrie spécifique (ne dépassant jamais 3,2 cm de longueur), de profil plutôt mince, en général rectiligne (plus rarement arqué), ce qui indique un volume façonné plutôt abrupt (unifacial à flanc abrupt). Les talons sont majoritairement lisses, pas toujours abrasés. Les faces supérieures présentent plusieurs enlèvements, dans le sens du support ou convergents, plus rarement avec un enlèvement orthogonal. Ces caractéristiques sont bien spécifiques de ce groupe. 290

129 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche I Le deuxième ensemble (catégorie 10) se rapproche d une phase de retouche d objets : éclats de petite dimension, talon peu épais, lisse, parfois linéaire ou en Abrasion couche I aile et plus rarement dièdre, pour la majorité non abrasés, sauf pour 60 le I inférieur dans lequel les s/ abrasion abrasé 50 pièces abrasées sont plus 40 nombreuses (fig. 144). Le profil 30 est rectiligne, rarement arqué cat 3 cat 4 cat 5 cat 6 cat 7 cat 8 cat 10 Figure 144 L'abrasion dans chaque catégorie : dans l'ensemble, la série est très peu abrasée. Enfin, il faut compléter cette analyse en précisant que la grande majorité des pièces (tous niveaux confondus) présente un talon lisse (plus de 90%, 272 éclats), plus rarement linéaire (3 %, 8 ), en aile (1 % - niveaux supérieur et inférieur, 3 % - moyen = 3 éclats) et dièdre (4 % - niveau supérieur, 6 éclats). Un seul talon cortical a été observé ; il s agit d un éclat tiré d un galet exhumé du I inférieur. Dans l'ensemble les pièces sont peu abrasées. L examen des gestes techniques impliqués dans la transformation des unifaciaux (présents dans d autres niveaux du site), permet de différencier deux moments distincts et successifs dans la chaîne opératoire : le façonnage et la retouche. Ainsi, en gardant la référence de ces objets, ces deux phases (catégories 8 et 10) semblent résulter d un séquençage plus organisé. La première (catégorie 8) participe au façonnage d objets unifaciaux de volume abrupt. La deuxième se rapproche de la phase de retouche. Même si en partie, ces éclats des catégories 8 et 10 peuvent être mis en rapport avec deux phases successives d'aménagement d'outil unifacial abrupt, il est clair qu'ils peuvent aussi être rapprochés de l'outillage le moins élaboré du niveau, les outils simples. L'intention a été d'aménager des éclats-supports en outil et, pour cela, une série d'enlèvements a été réalisée. Ceux-ci sont plus ou moins longs, plus ou moins larges. D'ailleurs, ces outils présentent des retouches bifaces et quelques éclats des catégories 8 et 10 ont des talons dièdres, ce qui permet un rapprochement entre ces éclats et l'outillage. La catégorie 7, de plein débitage, plus soignée, peu épaisse, est plus délicate à situer. Elle peut être soit attribuée à une troisième chaîne opératoire, soit intégrée à la phase de façonnage d outils unifaciaux. Enfin, les premières catégories (3,4,5) et celle de (début de) plein débitage (6) peuvent ellesaussi faire partie d un même schéma opératoire, probablement indépendant du deuxième schéma dont font partie les deux dernières catégories (8 et 10). Il s'agit de nucléus probablement de petite dimension voire moyenne (environ 8 cm), dont la méthode d'exploitation est peu élaborée : à partir d un large plan de frappe, on enchaîne des enlèvements adjacents, parallèles ou convergents, dans le but de retirer des éclats de dimension entre 3 et 6 cm pour être transformés en outil simple ou éventuellement utilisés bruts de débitage. Malgré l'absence de nucléus, les schémas diacritiques observés sur les faces supérieures des éclats indiquent cette méthode. 291

130 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche I Synthèse de l étude technologique Quelques points méritent d'être repris ici. Les observations faites pour les niveaux suggèrent une hypothèse sur le statut des produits au sein des chaînes opératoires. Le raisonnement peut être appliqué à chacun des niveaux séparément : - le faible taux d'éclats de façonnage correspond bien à l'absence d'outil unifacial. Par ailleurs, la présence d'éclats de retouche démontre la production d'outils retouchés, ce qui peut être rattaché aux outils simples de la couche. Malgré une grande majorité de produits sans abrasion, les pièces sont principalement non accidentées. L'accident rebroussé est le plus observé sur les pièces. Les talons sont essentiellement lisses, sans abrasion, même dans les phases de fin de chaîne opératoire. Les éclats de début de débitage (catégories 3, 4 et 5) et de début de plein débitage (catégorie 6) forment un groupe assez uniforme techniquement (l unique technique impliquée est la percussion directe dure, les talons lisses, en général sans abrasion, avec face supérieure à négatifs dans plusieurs sens, accident rebroussé, ), et morphologiquement (épaisseur et dimension). Il est possible d envisager que ces catégories représentent une continuité entre elles, donc qu elles puissent faire partie d une même chaîne opératoire, celle d une méthode de débitage peu élaborée : production d éclats à partir de nucléus de dimension petite à moyenne, en profitant de la morphologie du bloc, un ou plusieurs plans de frappe lisses sont ouverts, dont on détache des séquences unipolaires plus ou moins courtes, tendance à être large. Ces éclats sont ensuite transformés marginalement en outils simples, ou utilisés bruts de débitage. L'absence de nucléus et d'outil élaborés limitent la caractérisation de la couche. S il y a une production d'outils plus élaborés tels les unifaciaux ou les bifaciaux, elle est réalisé hors abri. Enfin, globalement les groupes ont dû importer dans l'abri quelques nucléus de dimension moyenne pour retirer des éclats qui ont servi de support à quelques outils simples. En réalité, depuis la couche III, l'utilisation de l'abri change de plus en plus. Il est possible que l'abri soit visité dans d'autres buts et que la production lithique soit réalisée principalement hors abri. La présence importante de silos peut être une indication de ce changement. Il est donc envisageable de regarder dans Boquete externe pour voir s'il y avait une production lithique à ce moment là. Tableau récapitulatif des principaux indices de la série (tabl. 70) : Ouest Centre Nombre I supérieur I moyen I inférieur I supérieur I moyen I inférieur de Pièces Matière Première % fin : 58 moyen : 42 Cat. + présentes % Percussion Abrasion % Profil % Accidents % fin : 53 moyen : 31 calcaire : 12 grès : 1 galet : 1 quartz : 2 cat. 10 : 45 cat. 8 : 22 directe dure directe tendre sans abr. : 70 abrasion : 30 rectil. : 81 arqué : 19 sans accid. : 44 rebroussé : 37 cassure : 11 cat. 10 : 48 cat. 8 : 26 directe dure directe tendre sans abr. : 77 abrasion : 23 rectil. : 81 arqué : 19 sans accid. : 48 rebroussé : 42 cassure : 6 fin : 57 moyen : 35 grès : 1 quartz : 4 cat. 10 : 37 cat. 8 : 17 directe dure directe tendre sans abr. : 82 abrasion : 18 rectil. : 92 arqué : 8 sans accid. :42 rebroussé: 45 cassure: 2 Siret: 9 fin : 40 moyen : 41 calcaire : 14 grès : 5 cat. 10 : 27 cat. 8 : 46 fin : 83 moyen : 0 calcaire: 11 grès : 6 cat. 10 :78 cat. 8 : 11 fin : 0 moyen : 59 calcaire : 11 grès : 20 galet : 10 cat. 10 : 30 cat. 8 : 60 directe dure directe dure directe dure sans abr. : 73 abrasion : 27 rectil. : 64 arqué : 36 sans accid. : 63 rebroussé. : 23 cassure : 14 sans abr. : 78 abrasion : 22 rectil. : 83 arqué : 17 sans accid. : 50 rebroussé: 50 Tableau 70 - Récapitulatif des principaux indices de la couche I. sans abr. : 70 abrasion : 30 rectil. : 90 arqué : 10 sans accid.: 70 rebroussé.:

131 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : la couche I Discussion Evoquons quelques éléments comparatifs entre les trois couches supérieures (III-I). Tout d abord, soulignons la continuité de la céramique "Una", sans oublier cependant [Jobim 1997] que la pâte est légèrement différente (plus on descend dans la stratigraphie, plus il y a présence de sable, à l inverse du charbon). D autre part, dans l industrie lithique, on constate, dans ces niveaux, une homogénéité de l'ensemble lithique (rares outils très élaborés tels que les plan-convexes ou les bifaciaux). La grande majorité de l'outillage concerne les outils simples. Les restes bruts de débitage sont dans l'ensemble peu soignés, avec peu d'abrasion. Le profil des pièces est principalement rectiligne, De plus, on note la présence beaucoup plus marquante du calcaire ainsi que la persistance du quartz hyalin (dans la couche III, ces deux roches sont plus discrètes), mais aussi la quasi-absence de la percussion tendre : jusqu'à la couche IV elle présente une diminution importante, mais, à partir de la III, elle est absente ou douteuse. Outre cette observation, il faut garder à l esprit deux éléments importants. D abord, le nombre réduit de l outillage et des bruts de débitage du niveau I est une limite à une réelle caractérisation de la production. Ensuite, on peut envisager que le changement observé résulte non pas d une transformation de la technologie, mais de la modification de l utilisation de l abri. Pour résumé les points principaux, L étude technologique de la série lithique du niveau I permet de mettre en évidence quelques points d ensemble : - la matière première la plus utilisée est la silexite à granulométrie fine et moyenne, omniprésente dans le bassin. Le calcaire, roche qui constitue l abri, est la deuxième matière la plus utilisée. Il paraît avoir la même utilisation que les autres matières, car sa présence est observée dans presque toutes les catégories (sauf pour la 6 et 7, dans cette couche). Le grès et le quartz, accessibles à proximité mais absents sur place, sont présents dans la collection de manière très discrète. Précisons que le grès est présent sous forme de galet dans la rivière. - la méthode de débitage est peu élaborée : à partir d'un bloc de dimension petite à moyenne, ouverture de plusieurs plans de frappe selon la morphologie du bloc, pour le détachement de séries unipolaires d'éclats. - la technique la plus liée au détachement d éclats est la percussion directe dure. Cependant, quelques éléments suggèrent l utilisation de la percussion tendre (bois végétal), dans un moment spécifique de la chaîne opératoire : les phases de façonnage et de retouche. - les pièces les plus présentes sont celles de fin de chaîne opératoire, principalement celle de retouche (catégorie 10). - les éclats ont un profil rectiligne : plus de 80 % de la collection. - la majorité des éléments ne porte pas d accident, néanmoins le rebroussé, l accident le plus répandu, est assez fréquent. - la présence de la céramique du type Una et des plantes domestiquées. 293

132 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø Présentation de la couche Ø et contact Ø/ Stratigraphie (géologique et culturelle) D après Isnardis [1997], la couche dénommée Ø (sub-superficielle) correspond aux strates archéologiques superficielles et sub-superficielles, liées aux dernières occupations préhistoriques de l abri, et aussi aux occupations dites "de contact", entre les colonisateurs et les populations indigènes. De ce fait, nous appellerons "Ø" les vestiges provenant de ces niveaux. Ils concernent des populations horticultrices et céramistes. Les sédiments qui composent ces niveaux sont de couleur marron verdâtre, principalement composés de strume du bétail qui a fréquenté le secteur depuis le XVIIIème siècle jusqu'à il y a quelques années, quand le secteur a été transformé en Parc National. Ces animaux ont participé aux perturbations et au piétinement du matériel archéologique proche de la surface. Il est possible que les pièces archéologiques qui se trouvaient dans le même niveau se soient divisées en deux ensembles : les grandes pièces seraient restées en surface et les petites pièces auraient été enfoncées dans le sédiment. Les sous-divisions de la couche en niveaux ont été définies sur le terrain, à partir de la caractérisation des sédiments : plus compact (Ø inférieur), moins compact (Ø moyen), non compact (Ø supérieur). D après les analyses en laboratoire (sédimentologiques et lithiques), la couche Ø peut être considérée comme un mélange de l ancienne partie supérieure de I avec du matériel plus récent (très enrichi en matière organique). La partie inférieure, de couleur blanchâtre, à texture fine, n a apparemment pas souffert de la perturbation mécanique due aux animaux. Les pièces lithiques collectées en surface ont été dénommées dans un premier temps "matériel de surface" et séparées des pièces sub-enterrées. Cependant, l étude technologique fine menée pendant les années 1996 et 1997 [par Isnardis 1997], a permis d avancer qu il s agit d un même ensemble archéologique. Le matériel botanique est très abondant dans la couche Ø, comme il l était déjà dans les couches I, II et III [Resende et Cardoso 1997]. Ces vestiges, qu ils soient retrouvés éparpillés dans le niveau, carbonisés dans des foyers, ou concentrés dans les structures de silo, sont toujours caractérisés par les mêmes taxons. Enfin, il est important de signaler la présence de la céramique du type "Una". Cette céramique a été retrouvée en rapport avec les lames polies dans les enterrements du contact Ø/I, ainsi qu'en surface. Comme nous l'avons déjà souligné, cette céramique est la seule retrouvée dans l'abri de Boquete. Celle retrouvée en surface contient plus de sable et moins de charbon que celle retrouvée en stratigraphie. Dans les autres abris des alentours, une nouvelle céramique, dénommé "Tupiguarani", apparaît à ce moment : les objets offrent une décoration très fine et une pâte différente de la première. Trois structures d enterrement ont été mises en évidence. La première (carrés L 20 et 21) est une fosse circulaire (60 cm de diamètre x 30 cm de profondeur) dans laquelle a été déposé un squelette d enfant de quelques mois en position fléchie à l intérieur d une urne céramique, refermée par une deuxième urne. L état de conservation des os est très bon ; il est possible d observer des cheveux collés au crâne. L urne est entourée de "fils" végétaux qui ont dû servir pour stabiliser le pot ou comme poignée. Une structure de combustion est observée juste au-dessus de la fosse ; on note une plaquette de calcaire au centre et un nodule de pigment foncé au bord du foyer. Il est possible que la structure soit liée à l enterrement. Les 294

133 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø objets qui accompagnent cet enterrement se composent de minuscules perles de collier et quelques plumes qui étaient sûrement sur la tête de l enfant, d un objet en fibre (mal préservé), d une calebasse déposée à l ouest de l urne, de quelques graines de cansanção (Cridoscolus sp.) et des pétioles floraux retrouvés au nord-ouest [Prous et Schlobach 1997]. Dans la seconde structure d inhumation (S-3, carré M-19/20), formée d une fosse circulaire de 0,45 m de diamètre pour quelques dizaines de centimètres de profondeur, légèrement parsemée de pigment rouge, est retrouvé le squelette fléchi d un enfant âgé de 10 à 14 ans, de sexe indéterminé (fig. 52, Livret A). Les os étaient préservés en connexion, en bon état de conservation (présence de cheveux sur le crâne). Le mort était enveloppé dans une cape de feuille de palmier, retenue par un cordon qui traversait chaque pétiole et était attaché à son cou. Les parties hautes des bras étaient entourées par de larges fibres végétales. Un petit pot noir de céramique et une calebasse étaient déposés dans la fosse. La structure était protégée par un toit en écorce d angico (Piptadenia sp.), couverte d une couche de charbon. Le toit d écorce s est effondré et, probablement dès ce moment-là, la fosse s est totalement comblée d un sédiment gris foncé, contenant des charbons et de nombreux fruits de palmier et des fragments de cansanção (Cridoscolus sp.), matériel typique des silos du contact Ø/I. Enfin, les charbons de la couverture ont glissé vers l ouest en suivant la pente du toit [Prous et Schlobach 1997 : 11]. La troisième structure d inhumation (S-4, LM-19/20) est constituée d une grande niche ovale à parois verticales (0,8 x 0,65 m de diamètre et 0,5 m de profondeur), creusée dans une fosse contenant une série de silos (fouille centrale) ; à sa base, des granules de pigments rouges ont été éparpillés et les parois sont fourrées de pétioles de palmiers qui ont pu former un lit ou une cape comme dans l enterrement précédant. Cependant les rares vestiges de cordon retrouvés ne sont pas associés à de la paille, ce qui limite l interprétation. Cette fosse sépulcrale est, grosso modo, contemporaine, ou légèrement plus récente, de la précédente. Très profonde, la fosse a traversé la stratigraphie jusqu à la couche IV. Le corps entier, bien préservé, est celui d un adulte masculin de grande stature (fig. 52, Livret A). La tête est enveloppée d une structure tressée en paille de palmiers ; les autres parties sont naturellement momifiées par les conditions très sèches de l abri : peau et tendons peuvent être observés à la hauteur des bras et dans la partie inférieure (pieds inclus). Le mort a été déposé assis, jambes fléchies ouvertes, pieds derrière le bassin, mains sur le pubis, l une tenant un anneau de fibres végétales fermé par un nœud. Des lambeaux d écorce étaient enroulés autour des bras et de la poitrine. Plusieurs objets ont été déposés dans la fosse : un pot de céramique (grand pour les critères Una), quatre calebasses (1 grande et 3 moyennes) et un panier. Dans le panier, il y avait deux lames de hache polies ceinturées par des fibres végétales, une boule de cire avec du propolis, un instrument en coquillage, un éclat en jaspe très fin, utilisé brut de débitage et une petite calebasse. Derrière le mort se trouvait une hampe cassée en deux avec une pointe en bois massif encastrée à une extrémité. Entre les jambes, deux fragments en bois (un avec l extrémité arrondie)sont probablement les restes d un arc. Le tout était recouvert par une grande feuille de palmier. Il est possible que la structure ait été fermée par un couvercle ressemblant à celui de l enterrement précédent, car il n a pas eu de remplissage immédiat ; ce que soulignent la chute de la mandibule en bas du panier et la déformation du panier épousant la forme des jambes (Prous comm. pers.) Datations Les datations obtenues pour la couche Ø (et I) ont été réalisées par un laboratoire américain (Beta Analytics Inc.) et par le Centre de Recherche d énergie nucléaire (CDTN) à Belo 295

134 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø Horizonte, Brésil (tabl. 71). Certaines mesures obtenues pour les périodes Ø/I et I inférieur/base suggèrent des problèmes de remaniements stratigraphiques et/ou de contamination des échantillons. Si l on considère le contexte archéologique (horticulteurs, céramistes, contact avec les colonisateurs), ainsi que les autres dates obtenues pour le niveau, les valeurs 7520 BP et 7080 BP délimitent des âges beaucoup trop anciens pour la couche. D après Prous (comm. pers.), ces datations "anciennes" concernent le contenu de gours qui sont restés visibles depuis le début de l occupation horticultrice jusqu à récemment. Ils contenaient donc du matériel mélangé. De ce fait, ces datations ne doivent pas être retenues. D autre part, il est possible d accepter comme plus réalistes les datations qui sont dans le laps de temps 600 BP BP. Il ne faut, cependant, pas perdre de vue la possibilité que cellesci soient contaminées par des sédiments superficiels, ou encore par les excréments du bétail. Strate Datation 14 C Laboratoire Datation calibrée Ø-I 660 ±70 BETA à 1250 av. J.-C. I moyen 600 ±50 (foyer) BETA à 1290 av. J.-C. I moyen 1310 ±150 CDTN I moyen inférieur 7080 ±80 CDTN I inférieur base 1600 ±300 CDTN I inférieur base 7520 ±140 CDTN Tableau 71 - les datations du niveau : ont été réalisées au laboratoire Beta Analytics Inc. University Branch Court, Miami, Flórida, EUA ; ainsi qu'au CDTN, Centro de Desenvolvimento da Tecnologia Nuclear/ Setor de Radioquímica, BH, MG, Brésil Industrie lithique : présentation quantitative du matériel Les données et les analyses du matériel lithique du niveau Ø et contact sont empruntées aux études déjà réalisées. Les principales données viennent des analyses techno-morphologiques de A. Isnardis [1997]. D autres informations sont recueillies dans les articles et rapports écrits par Prous [1991b, 1994c], Prous et al. [1984, 1994b, 1995]. La méthodologie utilisée par le premier auteur n est guère différente de celle que nous utilisons pour étudier les autres niveaux : une description systématique des caractéristiques qualitatives et quantitatives pour apprécier les tendances générales de l industrie. Carré aile Dièdre facetté linéaire lisse punctiforme écrasé illisible Total H H H H J J J J L L L L Total Tableau 72 - Caractéristiques des talons de la couche Ø : dans un premier temps l analyse a été réalisée par secteur fouillé. Une comparaison a été tentée ensuite [d après les données de Isnardis 1997, modifié]. L échantillon analysé par Isnardis [1997] est composé de 282 éclats, plus 11 outils retouchés, soit 293 objets : pièces exhumées du Sondage 1, ouest (excepté les carrés de la ligne M), six carrés du Sondage 5, nord de l abri et toutes celles du Sondage 4, situé au centre du site (tabl. 296

135 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø 72). Pour le deuxième ensemble de données, dont les analyses ont été effectuées par Prous et al. [1994b], nous n avons pas d indication sur le nombre des vestiges analysés. Cependant, l objectif était de comparer les grands outils retrouvés à la surface de différents sites. De ce fait, l échantillonnage a dû prendre en compte tous les vestiges collectés pendant les travaux de terrain. Enfin, il faut préciser que les auteurs sont d accord pour dire que le matériel se présente divisé en deux strates : en surface, présence de grandes pièces à retouche unifaciale et bifaciale ainsi que des pièces peu standardisées réalisées sur des éclats de taille moyenne ; en sub-surface, présence de nucléus et d éclats de dimension petite à moyenne Étude morpho-technologique du niveau La présentation de l outillage Les objets sont présents principalement en surface ; ils correspondent globalement à quatre, voir cinq classes d outils : - 3 grands éclats et blocs corticaux (environ 10 cm), supports d outil bifacial ; - 4 grands éclats (environ 8-10 cm) et fragments, supports d outil unifacial ; - 11 éclats moyens (entre 5 et 8 cm), retouchés marginalement en outil simple ; - 1 éclat moyen, support d'outil utilisé brut de débitage ; - outils polis, environ cm Les outils retouchés D après les auteurs [Prous et al. 1994b ; Isnardis 1997], le premier ensemble a pour support, les grands éclats partiellement corticaux, épais, à talon lisse ou cortical, à bulbe proéminent parfois réduit par des retouches inverses. Ces supports, souvent réfléchis, ont la partie distale large en opposition à une partie proximale étranglée et plus abrupte. Les retouches sont directes ou inverses, peu profondes, écailleuses ou sub-parallèles. Sur une partie des objets, il est difficile d individualiser une phase de façonnage spécifique, suivie d une phase de retouche. Sur d autres, ces deux moments sont bien discernables. D après nos observations, ces pièces à retouche biface (fig. 145) : ont pour support des galets ou des éclats normalisés selon un rapport entre longueur x largeur x épaisseur assez stable. Leur volume est mis en place à partir d une série d enlèvements alternés de façonnage ; la délinéation des contours est achevée par des retouches directes sur les faces inférieure et supérieure. La lecture technologique (identification des négatifs préliminaires au détachement du support et des enlèvements d aménagement postérieurs à ce détachement) montre que les objets sont façonnés par un aménagement relativement limité des bords de gros éclats, de blocs ou fragments corticaux ou encore de galets, qui n ont pas dû être initialement beaucoup plus grands. Concernant les pièces en général, il apparaît que : - pour l aménagement de la face inférieure ; les enlèvements sont envahissants, parfois couvrants. Les premiers négatifs sont larges, plutôt rasants. Les retouches sont courtes, fréquemment parallèles, parfois écailleuses, moins larges, d inclinaison plus abrupte. - pour la face supérieure ; présence fréquente de cortex. Surface aménagée par une série d enlèvements rasants, relativement longs, éventuellement couvrants, parfois suivis d un rang de retouches plus abruptes, parfois plus profondes. - Quand il s'agit des blocs ou des galets, le cortex est présent sur les deux faces (dans les 297

136 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø portions centrales). Figure Outils à retouche biface : les pièces sont réalisées sur des blocs, des galets ou des éclats. Le façonnage est réalisé sur les deux faces, en général à partir du bord, éventuellement à partir d'une crête centrale. Clichés et dessins M.J. Rodet Nos observations permettent de confirmer l utilisation d une percussion directe dure. Cependant, nous n écartons pas la possibilité d un façonnage à la percussion tendre. Mais ceci reste une hypothèse qu il faudra vérifier car nous n avons pas vu l ensemble du matériel. Les pièces unifaciales (deuxième ensemble, fig. 146) ont pour support les mêmes grands éclats corticaux. Le volume final peut être légèrement plus épais que pour le premier ensemble. Soulignons que dans cette catégorie sont réunis principalement deux types d objets : - 1 er type : les plans-convexes en général. A. Laming-Emperaire [1967] a rassemblé sous ce terme des outils de morphologies différentes, mais toujours réalisés sur des éclats épais qui, depuis le début de la chaîne opératoire, sont de section plan-convexe. Ainsi, dans la catégorie plan-convexe, il y a ce que cet auteur a nommé plaina (rabot) et lesma (limace). Soulignons que le matériel de référence de son travail provient de Lagoa Santa, environ 700 km au sud du Peruaçu. 298

137 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø - 2 ème type : les raspadeiras, un type de racloir sur éclat aménagé par retouche latérale. D après les auteurs [Prous et al ; 1994b : 52], les détachements sont réalisés vers la face supérieure par des retouches marginales écailleuses, sur les bords droit et gauche de l éclat, plus rarement en régularisant l extrémité distale. La morphologie générale du supports n est guère modifiée. Figure Outils unifaciaux: réalisées sur des éclats de début de débitage, les pièces sont en silexite de granulométrie fine à moyenne. Les retouches aménagent des secteurs en créant un front plus ou moins arrondi ou en renforçant les bords ou les tranchants rectilignes. dessin MHN-UFMG ; cliché M.J. Rodet Dans le cadre de cette étude, nous n'utilisons pas les termes raspadeiras, plaina ou limace car cette différenciation n'est pas très claire dans l'archéologie brésilienne. Ces termes sont utilisés dans plusieurs sens ou dans un sens général sans qu'on puisse savoir vraiment de quel objet on parle, mais aussi parce qu il n existe pas de consensus entre les archéologues sur cette nomenclature et qu'aucune publication ne définit les caractères morpho-technologiques qui pourraient nous aider à classer les objets dans ces catégories. Même si ce travail a été bien débuté par A. Laming-Emperaire, il reste actuellement incomplet car il s'appuie essentiellement sur les industries de Lagoa Santa. De plus, nous n avons pas participé aux analyses technologiques de ces pièces de Boquete, et, d après les dessins, quelques-unes semblent assez complexes, ce qui rend encore plus difficile la tâche. Pour différencier des catégories au sein des plans-convexes, il faut une connaissance empirique plus vaste de ces outils. C est un point que nous envisageons d étudier plus tard, lorsque nous disposerons d une plus large connaissance de la variété des industries lithiques 299

138 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø brésiliennes. Il sera alors peut-être possible de proposer une nomenclature affinée de ces objets, sur les bases du travail initié par A. Laming-Emperaire. Nous avons constaté que les outils, en général, sont réalisés sur des éclats assez épais (dépassant fréquemment 3 cm), débités à la percussion directe dure. Les faces supérieures montrent quelques enlèvements primaires faits avant le débitage de l éclat-support. Parfois, un rang d enlèvements directs, envahissants, réalisé à la percussion directe dure (peut-être aussi à la percussion tendre), a façonné l objet, en donnant le volume désiré. Ce dernier est complété par le travail de retouche (parallèle, écailleux ou scalariforme), qui finalise la formation du tranchant. Enfin, il est important de décrire le fragment d'outil retrouvé en surface. Très différent des autres il montre la recherche d une pièce moins épaisse : - 3 ème type : il s'agit d'un fragment, unique (fig. 146), qui correspond très probablement à la portion active de l'outil et en même temps à la partie distale d'un éclat de début de débitage (vestiges de cortex sur le tranchant gauche). Une série de retouches directes, de dimension comprise entre 1 et 2 cm de longueur et d'une largeur entre 0,6 et 1,5 cm, de morphologie plus ou moins parallèle, rasante, peu rebroussée ; suivie par une série "d'égratignures" très marginale, installée tout au long des bords (le bord droit, cortical, est moins travaillé) ont dégagé un tranchant semi-abrupt (65 ), légèrement arrondi sur les côtés et ogival dans l'axe d'allongement. On note des bords assez réguliers [Binder 1987] dus probablement à une abrasion soutenue avant les enlèvements. Les négatifs rasants sont bien étendus dans la hauteur de l'outil, plus ou moins larges, peu accidentés, laissant penser à une percussion tendre. Au centre de la face supérieure, on note la partie distale d'un grand négatif d'enlèvement, fortement rebroussé, semi-parallèle à l'axe de débitage de l'éclat. La pièce est fracturée en languette supérieure. Plusieurs pièces retrouvées en surface dans le bassin du Peruaçu présentent ce même stigmate : une des faces est comprimée, tandis que l autre est étirée. La fracture transversale commence de façon franche (sans languette) depuis la face étirée, traverse la section puis forme une languette positive ou négative en sortant vers la face comprimée. Les circonstance mécaniques qui président à ce genre de fracture sont celles de pièces emmanchées en bout et percutées plus ou moins axialement = tête d'herminette [Pelegrin 2005a]. Concernant les pièces du Peruaçu, il est possible que l'accident résulte de la pression exercée pendant le grattage. Des traces d utilisation ont été identifiées sur une pièce unifaciale provenant de la couche Ø. Cette pièce a été employée pour travailler le bois [Isnardis 1997]. Le troisième ensemble concerne les outils simples (fig. 147 et 149), réalisés sur éclat de taille moyenne. Selon les auteurs [Prous et al. 1994b] : "ces éclats principalement corticaux, de formes variées, présentent un talon lisse épais. Ils sont détachés d un nucléus peu organisé. Dans leur grande majorité, ils sont retouchés à partir de la face inférieure. Les tranchants sont généralement abrupts ou semi-abrupts, éventuellement concaves". Les auteurs notent une petite série d objets qui suggèrent une évolution des tranchants : convexes et rectilignes, évolués jusqu à concaves. Les retouches varient en fonction de ces délinéations : les concaves présentent des séquences répétées de retouches abruptes, écailleuses, abrasées, indiquant une utilisation intense, suivie d un rafraîchissement du bord. Les tranchants convexes et rectilignes présentent des retouches sub-parallèles, indiquant des parties actives encore peu utilisées. Enfin, Isnardis [1997] définit quelques caractéristiques communes, observées sur des petits groupes d objets : 300

139 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø Figure Outils simples et bruts de débitage : pour les outils simples, il s'agit de pièces de morphologie et de dimension variées, à tranchants plutôt abrupts. Pour les outils bruts de débitage, les tranchants sont plutôt aigüs, utilisés pour gratter le bois. dessin : outils simples MHN-UFMG, outil brut de débitage M.J. Rodet 1) - quelques retouches abruptes, directes, courtes, profondes, produisent des instruments denticulés en coche, parfois très irréguliers. Parmi les éclats de retouche exhumés de subsurface, il est possible d observer fréquemment des éclats qui peuvent correspondre à ces négatifs : talon en aile d oiseau avec bulbe très marqué. 2) - sur des supports épais à tranchant semi-abrupt, est réalisée une série d enlèvements très marginaux, irréguliers. Pour ce groupe, l important n est pas le type de support, mais le type de tranchant (fig. 147) L outil brut de débitage L'éclat utilisé brut de débitage (fig. 147) : un seul exemplaire constitue ce groupe, il s'agit d'un éclat qui faisait partie de l'accompagnement de la fosse sépulcrale (S 4). Il est débité dans une silexite jaspoïde homogène de très bonne qualité pour la taille, à la percussion directe dure (talon large, bulbe bien marqué, point d'impact concentré). Légèrement rebroussé dans sa partie distale, l'éclat de dimension moyenne (4,5 x 6,7 x 1,2 cm), est épais dans sa partie proximale et tranchant dans la partie distale (42 ). Le bord gauche est abrupt (90 ), probablement vestige d'un ancien plan de frappe. Sur la face supérieure, il y a 3 négatifs 301

140 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø (partiels), rasants, pratiquement sans accident, provenant de plans de frappe adjacents (droit). Les égratignures d'utilisation et les micro-enlèvements sont notables le long des bords abrupts et tranchants. L'examen tracéologique confirme une utilisation sur le bois Les outils polis Deux exemplaires de lame de hache polie ont été retrouvés en surface, un entier et un fragment - ce dernier cité par Prous et al. [1982]. A ceux-ci, on peut ajouter deux autres retrouvés dans l enterrement IV, dont la fosse est percée à partir du contact Ø/I, atteint par les perturbations consécutives à l introduction du bétail dans la région. Un cinquième objet a été retrouvé fragmenté dans un dépotoir du sondage ouest (carré H11). Figure Les lames de hache polie : 1 et 2- pièces retrouvées dans l'enterrement 4. 3 et 4- pièces retrouvées en surface. dessin M. Brito Pour le premier, il s agit d une hache réalisée dans un bloc de quartzite (A. Pouclet, comm. pers.) et non en calcaire comme l avaient identifié Prous et al. [1994a]. La pièce (12 x 4,7 x 3 cm) offre une base étroite opposée à une partie distale (partie active) plus large et moins épaisse. Il est possible d observer sur cette dernière des macro-traces parallèles au tranchant, probablement liées au polissage du secteur. D autres, perpendiculaires au tranchant, peuvent être interprétées comme provenant d une utilisation (?). Toutes les deux présentent la même patine (fig. 148). Sur la partie basale/latérale de l outil, il y a les restes d une croûte de couleur foncée (colle pour l emmanchement?). De plus, des pigments très discrets, de couleur rouge, sont observés sur la pièce en général. Pour finir cette description, signalons, au milieu de la pièce, un étranglement (pas visible dans le dessin) dû probablement au frottement, qui la divise (amarrage ou emmanchement?) : côté distal partie active, côté proximal très probablement emmanché. Malgré le fait qu elle soit réalisée sur un support de quartzite, alors qu en général les haches polies du Peruaçu ont pour support les roches granitiques, les gneiss ou les amphibolites, cette 302

141 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø pièce entre dans le cadre conceptuel régional de ce type d outil : forme ovoïde allongée, partie proximale plus étroite en opposition à une partie distale plus ouverte, avec tranchant poli. Les deux lames polies retrouvées dans l enterrement 4 (adulte, sexe masculin), d après Prous [1994c : 57], sont de forme plutôt rectangulaire (l une présente un léger étranglement dans la partie mésiale), réalisées en roche tenace (diorite, amphibolite, ). Ces pièces sont particulièrement courtes et relativement plus larges et épaisses que les autres : 11 x 8 x 3,9 cm, 653 g, et 10 x 7 x 4 cm, 590 g. (fig. 148). On note une fibre végétale enroulée transversalement autour de la partie centrale de chaque lame, suivie de l application d une couche de cire ou de résine. Cette résine est étalée sur une large surface des lames. La pièce fragmentée montre, après raccord, une forme trapézoïdale allongée et une dimension proche de 15,5 x 7,2 x 4,5 cm. D après Prous [1994c], les cassures seraient volontaires car on note des coups répétés aux mêmes endroits, sur les deux faces. Nous n avons pas plus de détail sur l'objet. Enfin, aucune information n'a été trouvée dans la bibliographie concernant le fragment retrouvé en surface, que cite rapidement Prous et al. [1982]. Pour mieux saisir ces instruments, il est important de résumer les étapes techniques de leur fabrication, observées sur leurs surfaces : les pièces sont faites à partir de gros éclat corticaux, larges et parfois rebroussés. Les restes corticaux peuvent être facilement observés sur une partie des faces et/ou sur les flancs. Pour les haches en général, les zones bulbaires plus épaisses sont rétrécies probablement à partir d une série d enlèvements. Le secteur actif, le tranchant, est mis en place par une série d enlèvements bifaciaux, suivie de retouches destinées à régulariser et à ouvrir l angle du tranchant. La partie mésio-proximale de la pièce est piquetée pour augmenter l adhérence du manche. Le polissage intervient après et est appliqué principalement sur la partie distale (tranchant). Cette technique peut varier d un polissage grossier et superficiel (réalisé avec du sable grossier) qui laisse subsister des traces d opérations antérieures (détachement), jusqu à un polissage fin produisant une surface bien lisse et brillante. On note des stries dues à des mouvements longitudinaux (distaux et/ou généralisés), transversaux (mésio-distaux) ou diagonaux (distaux) [Prous 1994c : 57]. L auteur décrit deux types d emmanchement en fonction des formes de lames : 1- la forme trapézoïdale, sans rétrécissement périphérique : type embouti [B. Ribeiro 1988 : 266] : dans un bois massif est percé un trou où est incrustée une lame de taille et poids variable. Selon Prous [1994c], pour renforcer l adhérence des haches de Boquete, de la résine ou de la cire d abeille est introduite dans la cavité du bois. Des vestiges de ce type d emmanchement sont retrouvés en surface de la Lapa do Boquete (fig. 148). Ce type peut être mis en parallèle avec les lames polies grandes et moyennes (peut-être même pour celles façonnées bifacialement sur lesquelles on distingue, à la partie proximale, des zones de piquetage (ex. pièce du site Antônio Cardoso). 2- l emmanchement dobrado (plié) [Ribeiro 1988 : 265] est associé à une lame de dimension et de poids variables, avec ou sans entaille sur la partie proximale. Un manche en forme de tige de bois est passé autour de la lame, puis plié et fortement attaché. L amarrage est renforcé par de la cire. Prous [1994c] attribue les deux lames polies de l enterrement 4 à ce type d emmanchement. Par ailleurs, nous sommes tentée d attribuer la lame de quartzite à ce type d emmanchement car son étranglement central résulte peut-être de ce type de procédé. 303

142 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø Figure Outils simples et nucléus : les outils sont réalisés sur éclat ou fragment. Le nucléus est non élaboré, les enlèvements étant détachés en profitant de la morphologie du bloc. dessin d'après A. Isnardis L analyse technologique Les matières premières utilisées Il y a une bonne diversité de matières premières utilisées pour la confection des objets: silexite, calcédoine, grès, calcaire, galet, plus rarement quartz hyalin. Une variété de silexite jaunâtre et rougeâtre, pointillée de noir, à granulométrie moyenne, bien utilisée pendant la période Ø, peut être retrouvée dans la rivière Peruaçu, ainsi que dans les affluents saisonniers. De fait, toutes ces matières sont présentes dans un rayon de 5 km aux alentours du site, ou dans le site lui-même. Néanmoins, la matière utilisée pour la confection des pièces polies (gneiss, granites, amphibolites), est exogène (hors compartiment karstifié). Dans le bassin du Peruaçu, cette matière peut être trouvée dans la "zone de transition" (à environ 15 km vers le nord-ouest), là où nous avons identifié une fenêtre géologique ; ou encore tout en amont de la vallée, au bord 304

143 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø de la rivière appelée "Córrego dos Borrachudos", en dehors du bassin. Prous et al. [1994a] font référence à la présence de granodiorite près de la rivière "Riacho da Cruz", distante de 40 km (sud) du canyon du Peruaçu (hors bassin). Une économie différenciée de la matière première n a pas pu être identifiée pour les outils taillés. Même les pièces bifaciales, élément peut-être le plus complexe de l ensemble, ont été réalisées sur des supports de qualité, de couleur et de granulométrie variées. Les grattoirs et racloirs ont été fabriqués dans au moins 7 variétés différentes de silexite. Enfin, les éclats couvrent l ensemble des matières du secteur. Par ailleurs, on peut envisager une économie pour les outils polis, mais celle-ci n est pas encore mise en évidence par manque d étude approfondie à ce sujet. Un travail sur une typologie des lames polies a été réalisée, dans le cadre d'un mémoire de fin de cours [G. Neves 2003] Les nucléus Les nucléus entiers sont absents de la surface de l abri ; seuls quelques fragments peu lisibles sont présents dans les secteurs ouest et nord. Néanmoins, le matériel de sub-surface présente quelques exemplaires décrits par Prous et al. [1994b] comme des pièces discoïdales, de dimension petite à moyenne (3,5 à 8 cm), présentant des parties corticales (fig. 149). Ainsi, il est suggéré l utilisation de ces nucléus, avec un ou plusieurs plans de percussion, pour l obtention d éclats de taille moyenne, aux alentours de 5 cm [Isnardis 2001] La méthode de débitage D'après les descriptions résumées des rares nucléus et/ou fragments, il est possible de penser que, une fois de plus, la méthode de taille illustrée correspond à une exploitation réalisée à partir de séries d'enlèvements unipolaires organisés autour de quelques plans de frappe larges et lisses. La morphologie des blocs aurait guidé les enlèvements qui sont plus ou moins larges d'après le volume des nucléus. Il s'agit d'une méthode très simple et peu/non élaborée. Enfin, les blocs sont de dimension moyenne, ce qui permet le détachement d'éclats petits à moyens (face supérieure des négatifs dans plusieurs sens) qui servent comme support des outils utilisés bruts de débitage et éventuellement pour les outils simples. Concernant les unifaciaux et les bifaciaux, la méthode de débitage est sans doute différente. Les blocs, les galets et le nucléus de départ sont hors abris. Les pièces à retouche biface utilisent comme support, des éclats de début de débitage, moyens à grands, des galets ou des blocs. Les transformations sont en général sommaire et se restreignent à un aménagement limité des bords. Il est possible que ces nucléus aient été plus grands à l'origine, et dans ce cas, ils seraient responsables de produits plus grands et découleraient alors d'une méthode plus élaborée Les techniques de taille L unique technique de débitage d éclats, identifiée par les auteurs dans ces niveaux, est la percussion directe au percuteur dur. L examen habituel des parties proximales des éclats vient confirmer le diagnostic : talon fin ou épais, sans traitement de corniche, point de contact bien marqué avec fissuration (provoquée par la dureté de la matière première du percuteur), sillons latéraux, Un percuteur de silexite a été retrouvé dans les vestiges ; il s agit d un percuteur "de aresta" (coin) : bloc taillé dont un ou plusieurs angles sont utilisés pour percuter. 305

144 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø Néanmoins, comme nous l avons déjà souligné, nous n éliminons pas la possibilité que les enlèvements rasants effectués pendant les phases de façonnage de certains outils, aient été fait au percuteur tendre (bois). Sur le plan technique, il faut signaler qu au moment de la réalisation des études (1991, 1994, 1997), la percussion tendre n avait pas encore été mise en évidence au Peruaçu. Ceci ne sera réalisé que quelques années plus tard, avec l aide de J. Pelegrin et P. Bodu, dans le cadre de notre maîtrise [M.J. Rodet 1999]. De ce fait, il est bien possible que certains stigmates significatifs, de l utilisation d un percuteur tendre soient passés auparavant inaperçus : lèvre bien régulière, absence de point de contact, Néanmoins, nous soulignons que le manque d abrasion sur les pièces semble s opposer à l identification d une percussion directe tendre. Cependant, durant la réalisation d expérimentations, au Museu de História Natural de l'ufmg, j ai noté qu'une grande partie des enlèvements détachés par M. Alonso à la percussion tendre végétale, étaient sans abrasion de la corniche, même si en conséquence les pièces étaient fréquemment accidentés. Enfin, il faut noter que l accident le plus remarqué est le rebroussé, présent sur un nombre important de pièces. Prous et al. [1994b] mentionnent le fort taux de ce type d accident présent dans les dernières industries du Peruaçu : à titre d exemple, "25 % des éclats et 50 % des négatifs de nucléus observés dans le site de Bichos" Les produits de taille : les éclats Pour cette analyse, nous n avons pris que les données de A. Isnardis, spécifiquement celles de A partir d une méthodologie de croisement des caractéristiques des pièces (type de talon x profil de l éclat, type de talon x dimension d éclat ), l auteur distingue des groupes d éclats : - les éclats de façonnage d objet unifacial sont caractérisés par la combinaison d un talon fin, lisse, linéaire, punctiforme ou en aile, et d un profil arqué, parfois avec négatif opposé (tabl. 73). Nous croyons que ces mêmes caractéristiques de talons, mais cette fois-ci liées à des pièces de profil rectiligne et de certaines dimensions, pourraient bien illustrer une partie de la même chaîne opératoire (façonnage d outil unifacial). Il faut se rappeler que certains objets de ce type, retrouvés au Peruaçu, offrent un côté très abrupt, avec une hauteur qui peut attendre 5 cm. Ces éclats peuvent correspondre à ce type d objets. talon/profil rectiligne arqué autres Total aile dièdre-facetté écrasé illisible linéaire lisse punctiforme Total Figure 73 - talon x profil d éclat : la grande majorité des pièces rectilignes, alliées aux talons fins linéaires, punctiformes, etc., suggère le façonnage (et retouche) d outil unifacial (d après Isnardis 1997, modifié). - Un deuxième groupe de 12 éclats, de 3 à 5 cm de long, avec négatifs sur la face supérieure parallèles ou orthogonaux, peut être impliqué dans la fabrication de pièces bifaciales [Isnardis 1997 : 9]. Si on ajoute les pièces à talon facetté et celles d autres dimensions (entre 2 et 7 cm) qui peuvent elles-aussi découler du façonnage et de la retouche d outil bifacial, on obtient un 306

145 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø groupe encore plus important : 26 pièces, soit 9 %du total des éclats (tabl. 74). talon/ dim. < 2 cm Total % aile % dièdre-facetté % écrasé % illisible % linéaire % lisse % punctiforme % Total % Tableau 74 - Talon x dimension des éclats : "60% des éclats de talon dièdre mesurent 3 à 5 cm. Parmi ceux-ci 75% ont des négatifs parallèles ou orthogonaux" [Isnardis 1997 : 9]. Les éclats de moins de 2 cm sont caractérisés comme provenant de la phase de retouche. - Les éclats de petite taille (inférieur à 2 cm), profil courbe, talon fin, lisse ou en aile, ont été identifiés comme provenant d une phase de retouche (tabl. 74). Ces éclats peuvent être rapprochés des outils retouchés du niveau. Cependant, l auteur souligne la limite de son analyse, car il n a pas pu mettre en évidence, dans cette classe, des éclats de même taille et de profil rectiligne. Ceux-ci n ont pas pu être distingués des éclats de préparation ou des petits éclats de débitage. - Enfin, l abrasion des talons n est pas une pratique commune à cette industrie. Que ce soit pour les éclats plus grands aux talons épais, ou pour les petits éclats de retouche, rarement il y a eu un traitement de la corniche (tabl. 75). talon/abrasion Abrasé non abrasé Total aile 4 17 % % 24 diède/facetté 3 10 % % 26 écrasé 1 20 % 4 80 % 5 illisible 0 0 % % 1 linéaire 6 20 % % 30 lisse % % 181 punctiforme 5 33 % % 15 Total Tableau 75 - abrasion de talons : il n y a pas de rapport entre le type de talon et l abrasion. L industrie en général n a pas de traitement de corniche (d après Isnardis 1997, modifié). Enfin, la grande diversité observée parmi les éclats de retouche (talon en virgule, talon linéaire, talon en aile d'oiseau, profil arqué ou rectiligne), peut correspondre aux différents types d outil du niveau : - les éclats avec talon en aile d oiseau, à bulbe bien marqué, peuvent être rapprochés des coches visibles sur les outils denticulés ; - les petits éclats de profil arqué, à talon mince et parfois abrasés, peuvent être liés à la fabrication d objet unifacial. Ces outils sont présents en surface. Pour finir cet exposé, précisons que quelques micro-éclats de quartz, ainsi que des éclats de "roches tenaces" dont la face extérieure est polie, sont présents dans le niveau [Prous 1991b, 1994c]. Pour ce dernier, il est possible qu ils proviennent de la fabrication ou du ravivage de lames de haches polies Synthèse de l étude technologique Les vestiges archéologiques, retrouvés en surface et sub-surface, ont révélé l existence d un ensemble cohérent. Les éclats de façonnage et de retouche peuvent être rapprochés d objets 307

146 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø retouchés, retrouvés en surface. Figure les composantes de la couche Ø : 2 chaînes opératoires sont envisagées pour les industries taillées du niveau Ø. La première, plus complexe, faite à partir de grands éclats semi-corticaux. La deuxième sur des éclats de taille moyenne qui sont peu transformés. Un troisième système d exploitation peut être envisagé pour les outils polis. L étude technologique de la série lithique du niveau Ø a permis de mettre en évidence au moins 5 composantes de production distinctes : - La première aboutit à la réalisation des outils à retouche biface par percussion directe dure (ou tendre, à vérifier). Elle s appuie sur une méthode de débitage qui exploite le volume d un grand éclat de début de débitage avec des enlèvements directs et inverses de façonnage et de retouche. - La seconde conduit à la confection des outils unifaciaux (plus ou moins épais) sur de grands éclats détachés à la percussion directe à la pierre dure. Cette fois-ci, le volume serait façonné par des enlèvements directs effectués à la pierre dure (et peut-être à la percussion tendre, à vérifier) vers la face supérieure du support. - Pour la troisième, il s agit d outils simples, réalisés sur des éclats de dimension moyenne, avec des retouches marginales et discontinues des bords. - La quatrième fait référence aux éclat utilisés bruts de débitage, détachés à la pierre dure à partir de nucléus de dimension moyenne. 308

147 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø - La cinquième fait référence aux pièces travaillées par polissage. Cependant nous n avons pas examiné cette chaîne opératoire. Il semble évident que les nucléus retrouvés sur le niveau ne participent pas aux deux premières chaînes opératoires : ils ne correspondent pas aux grands éclats supports d outil bifacial ou unifacial. Ces données permettent quelques hypothèses sur les chaînes opératoires correspondantes. Pour les grands éclats, il s agit d une seule méthode de production dont résultent des éclats de grandes dimensions, qui sont ensuite transformés en (fig.150) : Une deuxième chaîne opératoire, indépendante de la première, réalise des éclats moyens, qui sont légèrement transformés par retouche marginale sur la face supérieure, plus rarement sur la face inférieure. Les outils simples et bruts de débitage peuvent être rapprochés des nucléus du niveau. Ceux-ci correspondent, au moment de leur abandon, à des enlèvements de dimension petite à moyenne (3 à 5 cm de longueur). De plus, si on confronte les nucléus aux supports des outils plus simples de la série, certaines caractéristiques, du type "organisation et taille des négatifs", sont tout à fait en accord avec les éclats-supports de ces outils. Il faut souligner que l absence totale, dans l abri, des premières phases de la chaîne opératoire, démontre que les grands éclats-supports d outil sont détachés de leur nucléus ailleurs, puis apportés dans l abri où ils sont transformés. Pour les éclats de taille moyenne, il est probable que les nucléus soient des rognons, des galets ou même des éclats, qui au départ pouvaient être des éclats issus des nucléus à supports d outils unifacial ou bifacial (auquel cas, ces deux chaînes opératoires seraient liées par une ramification, toutefois encore séparées dans la dimension spatiale). Cependant, comme nous ne retrouvons ces nucléus qu en fin d exploitation, il est impossible de savoir leur volume initial et leur origine. Concernant les blocs travaillés directement en pièce bifaciale, il est possible aussi qu'ils soient choisis et initialisés hors abri (manque d'éclats d'entame qui pourraient correspondre au début du façonnage/retouche sur ces pièces), puis transportés et finis dans l'abri (la présence d'éclats de façonnage à talon dièdre va dans le sens de cette hypothèse) Discussion Pour conclure, soulignons la ressemblance entre les morphologies finales de certaines des haches polies et les outils à retouche biface : tous les éclats-supports d outil bifacial et une partie des haches polies réalisées en amphibolite (et autres) présentent une forme trapézoïdale, avec une partie proximale plus étroite, opposée à une partie plus ouverte où est installé le tranchant. Sur certaines pièces façonnées bifacialement, il est possible d apercevoir un piquetage sur toute la partie proximale (faces et flancs). Ceci peut être interprété comme une technique pour améliorer l adhérence d emmanchement, comme pour les haches polies. La petite différence concerne la dimension, car les pièces polies sont plus importantes en dimension : près de 12 cm pour les lames polies et de 9 cm pour les produits bifaciaux. Ces mêmes observations ont été faites par Prous [1994c : 57], qui, dans l étude de l'ensemble des haches (polies ou taillées) des niveaux supérieurs du Peruaçu, a noté une ressemblance morphologique entre ces deux produits. Néanmoins, rappelons que ces objets proviennent de deux méthodes de fabrication différentes. De plus, les toutes premières étapes de la chaîne des outils polis sont totalement inconnues, car la majorité des objets retrouvés sont achevés. 309

148 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø D'après Prous et al. [1994a], les grandes pièces taillées apparaissent pour "remplacer" les pièces polies, car le mouvement des néo-brésiliens, vers l'intérieur des terres, poussait irrémédiablement les Indiens vers des régions de plus en plus éloignées, ce qui aurait pu, à un moment donné, les priver de leurs gîtes traditionnels et donc les empêcher de produire des hache polies avec ces matières. En conséquence, ils pourraient avoir remplacé les pièces polies (en matière exogène) par des produits plus sommaires, les pièces bifaciales, réalisées dans une roche beaucoup plus commune et abondante, comme la silexite, mais en gardant les formes traditionnelles. Nous sommes d'accord avec l'auteur pour penser qu au moment du contact entre les Indiens du nord de Minas Gerais et les colonisateurs, les groupes indigènes aient pu perdre partiellement l'accès à certains gîtes. Malgré cette possible limitation d'accès à la matière première, les analyses réalisées montrent que les pièces polies et/ou les éclats en roches tenaces, présents depuis la couche I et le Ø/I, perdurent en surface (période du "contact"). La nouveauté des dernières occupations (niveau Ø et contact) vient de la production de pièces à retouche biface sur des supports moyens à grands. Ces deux opérations, polissage de roches tenaces et façonnage bifacial, sont présentes au même moment en surface (soit dans les sites d'abri tel que la Lapa do Boquete ou Abrigo do Malhador, soit dans les sites de plein air comme Antônio Cardoso ou Terra Brava) : il n'y a donc pas substitution de l'une par l'autre, mais coexistence à un moment donné, c'est-à-dire pendant les dernières occupations. De plus, un deuxième élément vient s'ajouter aux innovations du moment : la céramique Tupiguarani. Nous pouvons appliquer le même raisonnement sur l'industrie lithique à la céramique : d'abord il existe un type, Una, puis dans un second moment, en surface, un deuxième type apparaît et se mélange au premier. Enfin, si on veut aller plus loin dans la réflexion, on peut ajouter un troisième élément nouveau dans le compartiment karstique : les pointes bifaciales, réalisées en silexite ou silex et en quartzite. Il s'agit de pièces à pédoncule (pièce du site de Porteira, A. Prous comm. pers.), ou encore de grandes pièces dont on ne connaît qu'un fragment mésial peu épais et allongé, réalisé en grès silicifié (H. David, comm. pers.). A ce jour, le seul exemplaire de pointe (fragmentée) en stratigraphie, dans l ensemble du bassin du Peruaçu, a été exhumé d un niveau ancien, daté d'environ BP. Par ailleurs, en dehors de l'amazonie et du sud du Brésil où on observe des industries dont les pointes foliacées sont de vraies marqueurs culturels (par exemple la "Tradition Umbú" dans le sud, ou les niveaux anciens du site Pedra Pintada au Matro Grosso), les régions avec une végétation à tendance sèche tel que la caatinga et le cerrado, laissent rarement entrevoir des pointes (cas de Serranópolis). En somme, il est possible de mettre en rapport, pour le bassin du Peruaçu, l'apparition de trois éléments en même temps : les supports moyen à grand, travaillés bifacialement, la céramique peinte Tupiguarani et les pointes bifaciales. Ceci peut indiquer l'arrivée d'une nouvelle population dans le secteur. Par ailleurs, nous avons observés qu'une association de ce même genre a été mise à jour dans quelques sites (BA-RC-44, BA-RC-31-A, entre autres) dans l'état de Bahia par Schmitz et al. [1996] : il s'agit de la présence de la céramique Tupiguarani (fragments peints en rouge, noir et blanc, ) mélangée à des pièces à retouches bifaciales, qui d'après les dessins et les descriptions, ressemblent beaucoup à celles du Peruaçu (fig. 151). Les pièces sont réalisées dans trois roches : le quartzite, la calcédoine et le calcaire. Des éclats corticaux de dimension importante sont transformés plus ou moins marginalement sur les deux faces. D'autres fois, les blocs sont directement transformés par façonnage et retouche directe et inverse. D'après les auteurs [Schmitz et al : 107] : "les lames de hache présentent des formes grossières dont on observe un talon étroit (partie passive), produit en général par taille et par piquetage 310

149 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø pour permettre l'emmanchement. La partie active, opposée à ce talon, est produite par taille ; en général elle est plus large. Cependant, il y a des pièces pour lesquelles on observe une préparation importante des parties passives (talon) pour faciliter l'emmanchement Les pièces sont produites sur de gros éclats corticaux, transformés bifacialement par des enlèvements directs et inverses généralement abrupts. Plusieurs fois ils sont surmontés par un piquetage La partie destinée à l'emmanchement est toujours la plus élaborée. Il s'agit d'un secteur qui en général est bien épais et bien abrupt Les longueurs sont comprises entre 5 et 13,30 cm, l'épaisseur entre 2,4 et 3,7 cm". De plus, soulignons que le cadre biovégétal est très semblable à celui du nord de Minas Gerais (savane). D'ailleurs le Peruaçu est situé à une centaine de kilomètres de l'état de Bahia. Figure Les outils à retouche biface - Bahia : ces pièces, comme au Peruaçu, sont mélangées à des céramiques, principalment de type Tupiguarani. dessin d'après Schmitz et al

150 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø Enfin, il est bien possible que ce qu'on observe en surface, dans le bassin du Peruaçu, ne soit pas un phénomène local, mais un phénomène plutôt régional. La question est de savoir si ces industries ne correspondraient pas à une arrivée de populations. En effet, le maïs daté de 570 ±60 BP et présent dans les silos récents appartient [Freitas 2002a, 2002b, 2002c] à un type différent (complexe microsatellite GA 1 AA 1 GA n ) de celui retrouvé dans les silos plus anciens. Il s'agit d'un allèle restreint à la partie est du Brésil et sud des EUA, dont les échantillons les plus anciens ont été reconnus à Boquete. En réalité au Peruaçu, il y a deux complexes pour le maïs [Freitas 2002c] : un premier daté d'environ 1000 BP avec des caractéristiques spécifiques retrouvés dans trois abris (Hora, Cabaclo, Boquete) et un second pour l instant daté de 570 BP, reconnu seulement dans l'abri de Boquete. Deux possibilités peuvent être envisagées pour expliquer ce dernier : - il s'agit d'un allèle plus rare et donc plus difficile à être détecté ou, - il s'agit d'un allèle nouveau et pour ce la distribution géographique est limitée à l'est du Brésil. Toujours d'après l'auteur cité, cette apparition coïnciderait avec l'expansion supposée des indiens Tupi dans la région centrale du Brésil, en direction du littoral atlantique. Si ce type de maïs fait partie du "bagage" apporté par ces indiens, ceci expliquerait son apparition seulement dans les registres les plus récents et dans un secteur limité. Au Peruaçu cette apparition pourrait correspondre donc à l arrivée d une une nouvelle population, qui coïnciderait avec les changements observés dans l'industrie lithique et dans l'utilisation de l'abri pour les couches les plus récentes (III-0). Pour résumer, les principales observations faites sur la couche Ø sont : - continuité entre le matériel sub-enterré (principalement éclats de façonnage et de retouche) et les vestiges de surface (principalement outil bifacial et unifacial, outil simple). - présence d outil bifacial réalisé sur de grands éclats (environ 12 cm). - présence d outil unifacial réalisé sur de grands éclats épais (environ 12 cm) et des éclats peu épais. - présence d une série d outils simples, réalisés sur des éclats de taille moyenne (environ 5 cm), transformés par des retouches marginales. - présence d outil utilisé brut de débitage, utilisé pour couper et gratter le bois végétal. - présence de haches polies confectionnées en amphibolite et quartzite (dimension d'environ 12 cm). - la méthode observée sur le nucléus est peu organisée pour détacher des éclats petit à moyen, utilisés bruts de débitage ou transformés en outil simple. Les autres méthode de débitage sont plus ou moins complexes ; d'abord production d'éclats pour être transformés en outil unifacial ou bifacial, à partir de nucléus qui sont hors abri (leurs formes et volumes de départ nous sont inconnus). Production de pièces bifaciale à partir de l'exploitation de galets ou de blocs de dimension moyenne (à grande) à partir d'enlèvements directs et inverses. La forme de l'outil est déjà installée sur la morphologie de départ du bloc. 312

151 Chapitre VIII - Lapa do Boquete, site-référence : les couches Ø/I et Ø - occurrence systématique d éclats larges, à talons dièdres, révélant la production de pièces bifaciales. - variabilité des types de talon parmi les éclats de retouche, liée à la diversité des outils de la couche. - en général, on note l absence d abrasion dans toutes les catégories d éclats, ce qui pose problème pour la présence du débitage à la percussion tendre (à vérifier). - cohabitation des lames de hache polie en même temps qu'apparaissent les grands supports façonnés bifacialement. - enfin, si l'on élargit le cadre de nos réflexions aux sites proches, on note la présence en même temps de trois éléments nouveaux : les grandes pièces à retouche biface, la céramique tupiguarani, les pointes bifaciales. - présence des plantes domestiquées et des deux types de céramique (Una et Tupiguarani) et les lames de haches polis. 313

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