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1 1 LA QUESTION PALESTINIENNE. LE PAYS. La Palestine tire son nom du pays des Philistins, peuple qui, dans l Antiquité, occupait l actuelle Bande de Gaza. Elle subira de nombreuses dominations étrangères : perse (VIe-IVe s.), hellénistique ( acn), romaine (64 acn-330 pcn), byzantine ( , sauf courte occupation perse, ), arabe ( ), turque ( ). Dans le cadre de l Empire ottoman, la Palestine comme telle n existe pas, car son territoire est réparti entre plusieurs circonscriptions : au nord, le vilayet (province) d Alep ; sur le littoral (de Lattaquieh jusqu au nord de Jaffa), le villayet de Beyrouth, traversé en son milieu par le sandjak (district) du Liban ; en bordure du désert (de Hama jusqu à Aqaba), le vilayet de Syrie ; au sud-ouest de la Syrie, un triangle qui s avance jusqu à Aqaba forme le sandjak de Jérusalem. Juifs, chrétiens et musulmans vivent sur un pied d égalité et se côtoient en général pacifiquement, même si l on enregistre sporadiquement des heurts violents entre Juifs et Arabes DANS L EMPIRE OTTOMAN. CHRONOLOGIE Création de l Alliance israélite universelle. ± 1880 Début de l immigration juive La population juive de Palestine compte habitants ; en 1895, ; en 1910, (24-6) Télégramme des notables de Jérusalem au gouvernement turc, pour réclamer l interdiction aux Juifs d immigrer en Palestine et d y acheter des terres. Un firman (décret) fait droit à leur requête, mais une intervention britannique le rendra sans effet Publication de L Etat juif, ouvrage de Théodore Herzl* ( ), écrivain juif de Hongrie, qui expose la doctrine sioniste (programme politique) Création de l Organisation sioniste mondiale au 1er congrès du mouvement sioniste, tenu à Bâle sous la présidence de Théodore Herzl. Des congrès suivront annuellement Création d un Fonds national juif destiné à l achat de terres en Palestine (8-4) Entente cordiale : accord franco-britannique réglant le contentieux colonial - notamment à propos du Maroc, dont le protectorat est laissé à la France moyennant renonciation de celle-ci à l Egypte Le 7e Congrès sioniste rejette tout projet de colonisation juive ailleurs qu en Palestine et dans les pays voisins, suite à la proposition faite en 1903 par le gouvernement britannique d offrir à l organisation sioniste un territoire autonome dans les hautes terres inhabitées de l Ouganda (cette proposition avait été favorablement accueillie par une minorité de sionistes) (31-8) Convention de Saint-Petersbourg, réglant le contentieux entre la Grande-Bretagne et la Russie en Asie : la Perse est partagée en deux zones d influence, tandis que l Afghanistan et le Tibet sont reconnus par la Russie comme zone d influence britannique (13-9) Confirmation de la Convention de Saint-Petersbourg. - N.B. L expression de Triple Entente (ou, plus simplement, l Entente) désigne non pas un traité d alliance en particulier, mais bien l entente réalisée entre France, Grande-Bretagne et Russie de 1907 à Elle ne sera consacrée par un acte officiel que le 3 septembre 1914, lorsque les trois puissances s engageront à ne pas conclure de paix séparée (engagement violé par les Bolcheviks en mars 1918) Création à Haïfa du journal El Karmel, appartenant à des Grecs orthodoxes et qui ambitionne de dévoiler les visées sionistes et les menaces que font peser sur la Palestine l immigration juive et l achat de terres par les colons (11-6) Rencontre entre le roi de Grande-Bretagne Edouard VII et le tsar Nicolas II à Reval (actuellement Tallin, Estonie). L opinion publique turque est convaincue que les deux monarques se sont entendus sur un partage de l Empire ottoman.

2 La population juive de Palestine s élève à habitants Fondation de la colonie de Tel-Aviv, au nord de Jaffa. Les députés arabes au nouveau parlement turc soulèvent le problème de l immigration juive Création des premières organisations politiques de lutte contre le sionisme (Haïfa, Jaffa). Fondation à Jaffa du journal Falastine (Palestine), également anti-sioniste et propriété de Grecs orthodoxes ; plus modéré qu El Karmel, il soutient l unité de l Empire (2-11) Entrée en guerre de l Empire turc. La Palestine compte alors habitants, dont Juifs (mai) Conférence secrète tenue à Damas par les comités des mouvements nationalistes arabes el Fatat (ou Jeunes Arabes, créé en 1911) et el Ahd (créé en 1914), en présence de l émir Fayçal ibn Hussein. Le père de celui-ci, le chérif Hussein de La Mecque, est reconnu comme le porteparole de la Nation arabe tout entière. Il est décidé (protocole de Damas) de déclencher la révolte des Arabes contre la Turquie pour appuyer la Grande-Bretagne, à la condition que celleci garantisse l indépendance arabe de la Méditerranée au golfe Persique et de la frontière nord de la Syrie jusqu au sud de la péninsule arabique. Dans le cadre de cette confédération sera constituée une Grande Syrie formée de la Syrie actuelle, du Liban, de la Palestine et de la Jordanie. Sur les promesses faites par Londres (24 octobre 1915), les Arabes engageront le combat en juin (24-10) Lettre adressée par sir Henry Mac Mahon, haut-commissaire britannique au Caire, au chérif Hussein de La Mecque, dans laquelle l indépendance est promise aux Arabes dans une zone très vaste incluant implicitement la Palestine. C est sur base de cette promesse que le chérif Hussein déclenchera la révolte des Arabes contre les Turcs le 5 juin (mai) Accord Sykes-Picot. Accord secret négocié ( ) entre deux diplomates, le Britannique Mark Sykes ( ) et le Français Georges Picot, sur un partage entre leurs pays des territoires à arracher à l Empire turc après la guerre : Grande-Bretagne et France se déclarent disposées à reconnaître un Etat arabe (ou une confédération d Etats) sous leur influence ; la Grande-Bretagne se verra confier les intérêts de la Basse-Mésopotamie et des territoires à l est du Jourdain, tandis que la France assumera le protectorat du Liban, de la Syrie et de la Haute- Mésopotamie. La Palestine serait soumise à une administration internationale. L accord sera ensuite avalisé par la Russie et signé par les trois puissances en mai 1916 ; mais, dénoncé par le gouvernement bolchevique en 1917 et ensuite condamné par les Arabes, il n entrera jamais en vigueur. Cependant, il était totalement contraire aux promesses faites aux Arabes, ceci étant dû notamment à la ferme volonté de la France de préserver ses intérêts au Proche-Orient (5-6) Entrée en guerre des forces arabes contre la Turquie (2-11) Déclaration Balfour * : lettre adressée par Lord Arthur Balfour, ministre des Affaires étrangères britanniques, au Baron Lionel Walter de Rotschild ( ), qui soutenait le mouvement sioniste. Le Royaume-Uni est favorable à la création d un foyer national juif en Palestine, étant entendu que rien ne sera fait qui pourrait porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non-juives en Palestine, ainsi qu'aux droits et au statut politique dont les Juifs pourraient jouir dans tout autre pays. En dépit de cette réserve, la déclaration contredit ouvertement les promesses faites aux Arabes en 1915, mais elle sera bientôt reconnue par les gouvernements français, italien et américain. C est une victoire pour le mouvement sioniste, et en particulier pour son chef en Grande-Bretagne, Chaïm Weizmann, tandis que les Arabes n ont aucunement été consultés sur la question (10-12) Prise de Jérusalem aux Turcs par les Britanniques (Général Allenby) (4-1) Le commandant Hogarth (Bureau arabe de la Grande-Bretagne au Caire) assure au chérif Hussein de La Mecque (devenu roi du Hedjaz) que le gouvernement britannique ne s opposera pas à l immigration juive en Palestine pour autant qu elle est compatible avec la liberté économique et politique de la population existante (juin) Les promesses antérieures concernant l indépendance et la consultation des populations sont confirmées par les autorités britanniques au Caire à sept notables arabes (7-11) Déclaration franco-britannique largement diffusée dans toutes les zones occupées par les Alliés, selon laquelle l objectif des deux Etats en Orient est l affranchissement des populations du joug turc ; elle promet l établissement d Etats nationaux et l autodétermination des populations (6-2) A la conférence de la paix à Paris, le prince Fayçal du Hedjaz (fils du roi Hussein), accompagné

3 3 du colonel Lawrence, vient plaider la cause arabe, mais n obtient pas l indépendance promise (février) Premier congrès palestinien, à Jérusalem. Regroupant des associations palestiniennes chrétiennes et musulmanes qui se sont formées à Jaffa et à Jérusalem à la fin de l année Foyers de la lutte palestinienne contre le mandat britannique et l immigration juive, sept congrès de ce type se tiendront entre 1919 et La charte publiée à l issue de ce premier congrès souligne que la Palestine (appelée Syrie du Sud par les Arabes) fait partie de la Syrie, dont l indépendance et l intégrité doivent être assurées, et à laquelle elle est attachée par des liens nationaux, religieux, linguistiques et économiques. Il envoie à la conférence de la paix à Paris un télégramme contenant le refus des délégués d accepter l établissement en Palestine d un foyer national juif et demandant qu aucune décision concernant leur pays ne soit prise sans que les habitants aient été consultés (19-4) Charte de la Société des Nations, qui sera placée en tête des différents traités de paix, à commencer par celui de Versailles (28 juin 1919). Dans son article 22 instaurant le système des mandats à conférer par la S.D.N. à un Etat pour l administration d un territoire donné, le texte prévoit que " certaines communautés qui appartenaient autrefois à l Empire ottoman ont atteint un degré de développement tel que leur existence en tant que nations indépendantes peut être provisoirement reconnue à la condition qu un mandataire apporte ses conseils et son assistance à leur administration jusqu au moment où elles seront capables de se diriger seules. Les voeux de ces communautés doivent d abord être pris en considération pour le choix du mandataire. " 1919 (2-7) Congrès général syrien à Damas, avec la participation de délégués palestiniens. Il réclame l indépendance politique totale pour la Syrie, qui ne doit pas être séparée de la région méridionale connue sous le nom de Palestine, ni de la région côtière occidentale, qui comprend le Liban. Il dénie à la France tout droit sur une partie quelconque de la Syrie et rejette la Déclaration Balfour. Amir Fayçal, fils du roi du Hedjaz Hussein ibn Ali, doit devenir roi constitutionnel de la Syrie unie (incluant la Palestine). Dès juillet 1920 cependant, le nouveau roi est déposé par les Français. Les dix résolutions prises par le congrès sont envoyées à une commission d enquête américaine envoyée en Syrie pendant l été 1919 par le président Wilson (août) Deux membres de la commission d enquête américaine en Syrie (Henry King et Charles Crane), rentrés à Paris, préconisent une profonde modification du programme sioniste en Palestine. Se référant à la Déclaration Balfour, ils indiquent qu établir un foyer national juif n équivaut pas à faire de la Palestine un Etat juif. La création d un Etat juif ne pourrait se faire sans porter les plus graves atteintes aux droits civils et religieux des communautés non-juives en Palestine. Ils ajoutent : " Le fait est constamment apparu que les sionistes envisagent une complète dépossession des habitants non-juifs actuels de la Palestine, par diverses formes d achat de terres. " 1920 (27-2) Proclamation officielle du général Louis Bols, chef de l administration militaire britannique, selon laquelle son gouvernement a l intention d appliquer la Déclaration Balfour. ; il en résulte des manifestations de protestation (Jérusalem, Haïfa), des pétitions aux autorités britanniques, des grèves. La réunion du deuxième congrès palestinien, prévue pour février à Jaffa, a été interdite (8-3) Le second congrès pansyrien proclame le prince Fayçal roi de la Syrie indépendante et souveraine (18 au 26-4). Conférence de San Remo (Ligurie) entre les chefs de gouvernement français (Millerand), britannique (lloyd George) et italien (Nitti), sur l exécution du traité de Versailles et la préparation du traité de Sèvres avec la Turquie. La Syrie est officiellement partagée entre la France (Syrie) et la Grande-Bretagne (Transjordanie et Palestine), contre le voeu des populations. Le mandat britannique sur la Palestine fait obligation à la Grande-Bretagne d appliquer la Déclaration Balfour Fondation en Palestine de la Haganah * (mot hébreu = défense), milice juive d autodéfense. Son objectif était d assurer l implantation et la défense des colonies juives de Palestine contre la population arabe. Tolérée, mais non officiellement reconnue par le gouvernement britannique, la Haganah condamnera l action des groupes terroristes extrémistes juifs (Irgoun, Stern) jusqu en A cette date, forte de volontaires environ, elle se lancera à son tour dans ce type d actions, prenant part à la lutte contre la puissance mandataire. Son action contribua à l exode massif des populations arabes en

4 (1-7) L administration militaire britannique (général Louis Bols) fait place à une administration civile dirigée par un haut-commissaire ; le premier sera sir Herbert Samuel (un Juif qui saura garder ses distances à l égard du sionisme) (24-7) Syrie : entrée des troupes françaises (général Gouraud) à Damas (28-7) Syrie : départ pour l exil du roi Fayçal, chassé de Syrie par les Français ; il sera ensuite roi d Irak ( ) (13-12) Ouverture à Haïfa du 3ème congrès palestinien. Il réclame la constitution d un gouvernement palestinien indépendant et élit un Comité exécutif arabe (24 membres), présidé par Moussa Kazem al-husseini, ancien maire de Jérusalem et parent du grand mufti. Ce Comité a pour mission d appliquer le programme défini par le congrès : dénonciation de la politique britannique visant à appliquer la Déclaration Balfour ; refus de l immigration juive ; formation d un gouvernement palestinien représentatif et indépendant (mars) Visite de Winston Churchill, secrétaire d Etat aux colonies, au Caire et en Palestine. Désignation d Amin al-husseini ( ) comme mufti de Jérusalem (le mufti est un docteur en droit religieux musulman qui remplit des fonctions religieuses, judiciaires et civiles). Etant donné l importance de Jérusalem, il fait figure de chef de la communauté musulmane palestinienne, d autant plus qu à partir de janvier 1922 il présidera le Conseil suprême musulman nouvellement créé. Ce conseil, important sur le plan politique, nomme en outre les juges musulmans et surtout gère les immenses revenus des biens appartenant aux institutions religieuses (mosquées, hôpitaux, écoles, etc.) (1-4) Entrée en fonction de la première administration autonome de Transjordanie. Cette région, promise aux Arabes (correspondance Mac Mahon - Hussein en 1915) et revendiquée par les sionistes (bien qu il ne s y trouve aucune colonie juive), a été remise par les Britanniques à l émir Abdullah ibn Hussein ( ), fils du chérif Hussein (dynastie hachémite toujours en place actuellement) ; il sera émir de Transjordanie ( ), puis roi de Transjordanie ( ), et enfin de Jordanie (suite à l annexion à son royaume de la Cisjordanie) (mai) Violentes luttes armées entre Arabes et Juifs (fin mai) 4ème congrès palestinien. Décision d envoyer une délégation à Londres (plutôt qu auprès du haut-commissaire, au Caire) pour défendre le programme du Comité exécutif arabe auprès du gouvernement britannique Le rapport de la commission d enquête britannique Haycraft souligne que le mécontentement et l hostilité de la population arabe à l égard des Juifs est dû à des causes économiques autant que politiques (juill.) La délégation palestinienne constituée au 4ème congrès part pour Londres (3-2) Accord franco-britannique de Beyrouth sur la limite des zones d influence respectives de ces deux puissances. Le découpage territorial déçoit les sionistes, privé de régions qu il revendiquait pour la Palestine (Liban sud, rive orientale du Jourdain et autorité sur le golfe d Aqaba) MANDAT BRITANNIQUE* Mandat britannique * [A 128]. Le texte du mandat a été approuvé par le Conseil de la S.D.N. le 24 juillet (juin) Livre blanc (white paper) du gouvernement britannique (rédigé par Winston Churchill) donnant son interprétation du foyer national juif. Celui-ci est à établir en Palestine, mais il n est pas question qu il recouvre l ensemble du pays, ni qu il entraîne la subordination ou la disparition de la population, de la langue et de la culture arabes en Palestine ; l immigration ne doit pas dépasser les capacité d absorption du pays sur le plan économique ; on mettra progressivement en place un Conseil législatif. D autre part cependant, la communauté juive est en Palestine de droit et non pas par tolérance. Ces propositions sont rejetées par les Arabes, à la fois par principe et parce que l immigration juive, qui poursuit un but politique, va être régulée par des critères économiques (24-7) Le Conseil de la Société des Nations approuve définitivement le texte du mandat britannique sur la Palestine, y compris son préambule imposant à la puissance mandataire de mettre à

5 5 exécution la Déclaration Balfour ; il n y a pas un mot sur une future indépendance palestinienne (22-8) 5ème congrès palestinien, à Naplouse (foyer du nationalisme arabe le plus radical). La délégation envoyée à Londres (juillet 1921) fait rapport sur son échec ; décision de boycotter les élections pour le Conseil législatif. En effet, Londres a décidé d instituer en Palestine un Conseil législatif (22 membres, dont 10 Britanniques nommés par le haut-commissaire, celui-ci disposant d un droit de veto). L abstention des électeurs arabes fera échouer le projet britannique, et on en reviendra à l ancien Conseil consultatif (sept.) La Transjordanie, bien que comprise dans le mandat britannique sur la Palestine, est exclue du champ de la Déclaration Balfour, au grand dépit des sionistes (15-5) Herbert Samuel, haut commissaire britannique, annonce officiellement, à Amman, que le gouvernement britannique reconnaît l indépendance de l émir Abdallah de Transjordanie (29-9) Entrée en vigueur officielle du mandat britannique sur la Palestine (6-2) La S.D.N. approuve l accord franco-britannique du 3 février Arrivée de immigrants juifs ; en 1925, il y en aura , et en (mars) Création en Egypte de la confrérie des Frères musulmans par l instituteur Hasan al-banna ; c est l avènement du mouvement intégriste musulman, qui restera longtemps marginal, pour prendre un formidable essor suite à la défaite des pays arabes face à Israël en (juin) 7e congrès palestinien, tenu à Jérusalem, à propos de la création par la puissance mandataire d un Conseil représentatif (refusé par la jeune génération, plus radicale, qui milite pour une Palestine indépendante, mais néanmoins décidé) ; toutes les résolutions des congrès précédents restent en vigueur (août-sept.) Violents accrochages entre Arabes et Juifs. Très grave tension entre les deux communautés à Jérusalem, sur les conditions d accès au Mur des Lamentations. Par la suite, une commission d enquête dirigée par sir Walter Shaw, dont le rapport demandera une clarification de la politique britannique en Palestine, stigmatisant une immigration juive excessive et l éviction des paysans comme facteurs principaux de la contestation arabe (mai) Commission d enquête britannique (Colonial Office) en Palestine, dirigée par sir John Hope Simpson. Elle confirme les conclusions de la commission Shaw : les paysans arabes sont dépossédés de leurs terres et privés de moyens de subsistance ; la superficie totale des terres à cultiver par les colonies juives est à revoir à la baisse (oct.) Déclaration de lord Passfield, secrétaire aux Colonies, sur la politique du gouvernement britannique en Palestine (Livre blanc Passfield ). Elle appuie les conclusions de la commission Simpson, déclarant qu il n y a plus de terres libres pour la création de nouvelles colonies agricoles juives. La tempête provoquée en Grande-Bretagne (presse, Parlement) par ces déclarations va amener le gouvernement travailliste, qui ne disposait que d une étroite majorité, à faire marche arrière (voir 13-2) (13-2) Lettre de James Ramsay MacDonald, chef du gouvernement travailliste britannique, au Dr Weizmann, réaffirmant que la Grande-Bretagne est toujours engagée dans les termes du mandat. Le document est appelé lettre noire par les Arabes, qui y voient la soumission britannique aux visées sionistes, alors que, quelques mois auparavant, une délégation arabe s était rendue à Londres pour réclamer la fin de l immigration juive et des transferts de terres, ainsi que l établissement d un gouvernement démocratique en Palestine, avec représentation proportionnelle de tous les habitants du pays (déc.) Congrès islamique mondial à Jérusalem, réunissant les délégations de 22 Etats musulmans pour discuter de la menace que représente le mouvement sioniste L accession au pouvoir d Hitler en Allemagne renforce le mouvement d immigration juive en Palestine : en 1933, en 1934, en bien que la majorité de ces immigrants venait d autres pays que l Allemagne (automne) Emeutes arabes contre les autorités britanniques Fondation de l Irgoun (Irgoun Z vai Leumi, càd. Organisation militaire nationale), organisation de combat sioniste. Groupe d extrême droite dissidentde la Haganah, l Irgoun avait pour objectif de répondre par des actions terroristes aux raids effectués par les Arabes contre les colonies juives (kibboutzim) de Palestine (ces actes terroristes commenceront dès les premières semaines de 1939); elle organisait aussi l immigration juive clandestine. S attaquant même aux

6 6 Britanniques, l Irgoun sera particulièrement active entre 1944 et (nov.) Les partis politiques arabes réclament la cessation de l immigration juive, l interdiction d aliéner des terres et l établissement d institutions démocratiques. En décembre, l administration britannique propose l établissement d un Conseil législatif de 28 membres, au sein duquel il y aurait 14 sièges pour les Arabes (chrétiens et musulmans) et 8 pour les Juifs. Bien que la communauté arabe ne s y trouvait pas représentée en proportion de son importance numérique, certains de ses membres souhaitaient prendre la proposition en considération, mais la farouche opposition des sionistes, relayée à la Chambre des Communes à Londres, va faire échouer le projet et déclencher une rébellion arabe Rébellion arabe en Palestine (avril) Les six partis politiques arabes forment un Haut Comité arabe présidé par le mufti de Jérusalem, Haj Amin al-husseini, qui prend en main le mouvement palestinien et appelle à la grève générale ; celle-ci durera six mois. Simultanément, des rebelles arabes, rejoints par des volontaires des pays arabes voisins, s installent dans les collines ; à la fin de l année, le mouvement a pris les dimensions d une révolte nationale. La grève a pris fin (octobre) à la demande des chefs d Etats arabes voisins, mais la lutte armée s est poursuivie Fondation du groupe Stern*, organisation nationaliste juive extrémiste, par Abraham Stern. Dissidence de l Irgoun, le groupe Stern se signala par des actions terroristes anti-arabes et antibritanniques (7-7) Publication du rapport de la Commission d enquête sur la situation en Palestine, présidée par Lord Peel (plan de partage ). Considérant que le mandat britannique est impossible à exercer et que les revendications des deux camps sont absolument inconciliables, le rapport recommande la partition du pays, prévoyant trois Etats en Palestine : l un arabe, l autre juif, et le troisième (les lieux saints) sous statut international. La réaction des sionistes est ambivalente : d une part, ils ont la satisfaction que le gouvernement britannique fasse explicitement mention d un Etat juif, que la superficie allouée à cet Etat soit immensément plus vaste que les colonies juives existantes, et qu on recommande même le transfert forcé des populations arabes du territoire alloué aux Juifs ; d autre part cependant, les sionistes ont encore besoin de la puissance mandataire pour soutenir et protéger l extension de la colonisation, ce qui les fait pencher en faveur du maintien d une Palestine unitaire. Quant aux Arabes, ils sont horrifiés à l idée d un démembrement de leur pays, et en particulier à celle de transferts forcés de populations. Le rapport Peel entraînera une aggravation du soulèvement arabe, qui atteint son paroxysme en 1937 et (21-7) Le grand mufti de Jérusalem rencontre le consul allemand Döhle en Palestine (août) 20e congrès sioniste, à Bâle (sept.) Le Conseil de la Société des Nations autorise la Grande-Bretagne à préparer un plan détaillé de partition de la Palestine (avril-août) Commission technique britannique en Palestine, dirigée par sir John Woodhead, chargée de proposer des plans concrets de partage du pays (févr.-mars) Table ronde sur la Palestine à Londres ; elle n aboutit à aucun résultat. La population juive de Palestine, passée de personnes en 1930 à , représente alors 30 % des habitants (17-5) Livre blanc (white paper) du gouvernement britannique sur la Palestine. Dans les cinq ans, le nombre de Juifs autorisés à immigrer se monte à après quoi l immigration juive sera soumise à l approbation des Arabes ; les transferts de terres ne seront plus autorisés que dans certaines zones du pays ; la création d un Etat palestinien indépendant est à envisager dans les dix ans. - Les Arabes, bien que favorables à cette nouvelle orientation politique, ne pouvaient accepter, et cela à la fois par méfiance vis-à-vis de la Grande-Bretagne et dans la perspective d une prolongation du mandat britannique au-delà des dix ans. Quant aux sionistes, choqués par le projet, ils considèrent qu il enterre leur programme et s oppose à la Déclaration Balfour. Le Livre blanc de 1939 a sonné la fin de l entente entre le mouvement sioniste et la Grande- Bretagne - ce qui n empêchera pas nombre de ses membres de combattre aux côtés de celle-ci contre les puissances de l Axe pendant la guerre. Le déclenchement des hostilités, d ailleurs, empêchera le Conseil de la S.D.N. d entamer les discussions sur le livre blanc

7 (20-11) Le grand mufti de Jérusalem Amin al-husseini, oncle de Yasser Arafat, est reçu à Berlin par Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du III e Reich (28-11) Rencontre, à Jérusalem, d Hitler et du grand mufti de Jérusalem. Les relations établies par le mufti avec les autorités allemandes ont fait l objet de vives controverses Indépendance du Liban (novembre). Assassinat, au Caire, de lord Moyne, ministre britannique en Egypte, par des terroristes sionistes Les persécutions systématiques du régime nazi à l encontre des Juifs allemands, puis sa politique d extermination de l ensemble des Juifs d Europe ont profondément ému l opinion mondiale sur le sort de ce peuple martyr. Dès lors, le projet sioniste de rétablir un Etat juif en Palestine rallie davantage de suffrages (22-3) Création, au Caire, de la Ligue arabe, en vue de promouvoir la solidarité entre Etats arabes (notamment face aux puissances occidentales, la Grande-Bretagne en particulier) et de défendre les droits des Arabes en Palestine Evacuation du Liban par les troupes françaises (mars) Le mandat britannique sur la Transjordanie s achève, suite aux services rendus contre les forces de l Axe, au profit d Abdullah ibn Hussein, qui prend le titre de roi de Transjordanie (on parlera de Jordanie après l annexion de la Cisjordanie en janvier 1949) (juillet) Dans le cadre de la conférence anglo-américaine (juin-juillet 1946) préparatoire à la conférence de Londres qui doit réunir le gouvernement britannique avec les représentants arabes et sionistes sur la Palestine, les Britanniques proposent le plan Morrison (du nom du ministre britannique Herbert Stanley Morrison) : partage provisoire de la Palestine en trois zones, une juive, une arabe et la troisième, incluant Jérusalem, sous administration directe de la Grande-Bretagne. Ce plan est repoussé autant par l Agence juive (5 août) que par les Arabes. Pour ces derniers, toute partition du pays est exclue par principe, et a fortiori contre la volonté de la majorité de ses habitants ; en outre, la zone allouée aux sionistes comporterait presque autant d Arabes que de Juifs. En 1946, la population de Palestine compte Arabes et Juifs ; en 1949, les Arabes seront encore dans le nouvel Etat d Israël (22-7) Les terroristes sionistes font sauter toute une aile de l hôtel Roi David, siège du quartier général britannique à Jérusalem (91 tués) (11-8) Le Gouvernement britannique annonce qu il continuera à s opposer à l immigration juive clandestine (31-1) La Grande-Bretagne décide l évacuation de Palestine d une partie de ses ressortissants (femmes et enfants) face au terrorisme sioniste (4-2) Echec et ajournement de la conférence de Londres, qui avait proposé le plan Bevin (du nom d Ernest Bevin, secrétaire d Etat britannique aux Affaires étrangères). Ce plan prévoyait de maintenir la tutelle britannique sur la Palestine pendant cinq ans, au cours desquels les zones arabe et juive jouiraient d une large autonomie ; au terme de quatre ans, une assemblée constituante serait élue pour organiser un Etat indépendant. Si Juifs et Arabes ne parviennent pas à s entendre, le problème palestinien sera déféré à l O.N.U (14-2) La Grande-Bretagne défère le problème palestinien à l O.N.U. ; le 28 avril s y ouvre l assemblée générale extraordinaire consacrée au problème palestinien (été) Affaire de l Exodus : les réfugiés juifs doivent y ré-embarquer pour l Allemagne (31-8) La Commission d enquête de l O.N.U. conclut à un partage de la Palestine. Ce plan de partage, repoussé par les Arabes dès le lendemain, sera accepté (11 et 13 octobre) tant par l U.R.S.S. que par les Etats-Unis (29-11)* Résolution 181 de l O.N.U. approuvant le plan de partage de la Palestine en deux Etats, l un arabe, l autre juif, la ville de Jérusalem étant sous administration internationale [A 129]. Cette partition reprend le plan Morrison (1946). La résolution est adoptée par 33 voix (dont les Etats- Unis, l U.R.S.S. et la France) contre 13 (11 pays musulmans, plus Cuba et la Grèce) et 10 abstentions (dont la Grande-Bretagne). La résolution 181 ne sera jamais appliquée! 1947 (fin) Début de la guerre entre Juifs et Arabes (4-5) Message à l O.N.U. du roi Abdullah de Transjordanie, qui définit la position arabe sur la Palestine : elle doit constituer un Etat arabe unitaire ; les Juifs pourront y jouir d un statut complet de citoyens et, dans certaines régions, posséder une administration autonome.

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