REFORME DE LA FILIERE COTONNIERE BURKINABE

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1 REFORME DE LA FILIERE COTONNIERE BURKINABE Analyse des impacts économiques et sociaux sur les producteurs et implications des organisations agricoles. Synthèse du rapport Jonathan Kaminski Mars 2007 ARQADE Université Toulouse 1

2 ABREVIATIONS ET ACRONYMES AFD AFDI AICB APROCOB ATC BACB CAPES CFDT CIRAD CC CZ DAGRIS DGPSA EPA ICAC INSD FASO COTON FENOP GPC GV IFDC INERA MAE MAG OMC PAP OPC PASA PNGT PMA ROPPA SOCOMA SOFITEX STABEX UDPC UPPC UNPCB Agence française de développement Agriculteurs français et développement international Association interprofessionnelle du coton burkinabé Association professionnelle des sociétés cotonnières du Burkina Agent technique Coton Banque agricole et commerciale du Burkina Centre d analyses des politiques économiques et sociales Compagnie française pour le développement des fibres textiles (aujourd hui DAGRIS) Centre international de recherche agronomique pour le développement Correspondant coton (encadre les agents techniques) Chef de zone (encadre les correspondants coton) Développement des Agro-Industries du Sud Direction générale des prévisions et des statistiques agricoles Enquête permanente agricole International cotton advisory commitee Institut national de la statistique et de la démographie Société cotonnière du Faso Fédération nationale des organisations paysannes Groupement de producteurs de coton Groupement villageois International Center for Soil Fertility and Agricultural Development Institut de l Environnement et de Recherches Agricoles Ministère des Affaires Etrangères Français Marchés autogérés de coton (ancêtres des GPC) Organisation mondiale du commerce Plan d appui professionnel aux organisations paysannes cotonnières Programme d ajustement sectoriel agricole Programme national de gestion des terroirs Pays les moins avancés Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l Afrique de l Ouest Société cotonnière du Gourma Société Burkinabé des fibres textiles Fonds de stabilisation des recettes d exportation (Union européenne) Union départementale de producteurs de coton Union provinciale de producteurs de coton Union nationale des producteurs de coton du Burkina 2

3 Au cours de ces deux dernières décennies, le secteur agricole en Afrique sub-saharienne a fait l objet de réformes visant à accroître considérablement l importance du marché et l ouverture à la concurrence, transformant ou remplaçant, selon les cas, les anciennes structures centralisées, que celles-ci fussent monopoles officiels, sociétés parapubliques, administrations publiques de mises sur le marché. Le but était de créer des entreprises plus performantes sous tous les points de vue, d attirer de nouveaux investisseurs et de transférer des responsabilités aux producteurs, le tout accompagné du désengagement de l Etat. L économie du Burkina Faso dépend étroitement de sa filière de production de coton. Celle-ci apporte jusqu à 60 % de l afflux annuel de devises et une part importante des revenus fiscaux du pays. Toute transformation la touchant ne peut donc qu avoir des effets considérables sur la dynamique économique nationale et sur la pauvreté, notamment rurale, dans un des pays qui se situe au plus bas selon les indices de développement. Cette synthèse met en relief les principaux enseignements de la réforme de la filière cotonnière burkinabé. Celle-ci consiste en un ensemble d évolutions et de transformations institutionnelles et organisationnelles internes au cours des dix dernières années. Cette synthèse présente les principaux résultats et raisonnements exposés dans le rapport «Réforme de la filière cotonnière burkinabé» 1. Les objectifs de cette étude sont doubles. Dans un premier temps, estimer dans quelle mesure la réforme de la filière a permis au coton du Burkina Faso de regagner de la compétitivité sur le marché international et à ce pays de devenir le premier producteur et exportateur du continent africain. Dans un second temps, évaluer l impact de ces réformes sur la pauvreté et les conditions de vie des producteurs de coton. La réforme burkinabé se caractérise par son originalité : transformation radicale des organisations locales de producteurs, privatisation de la société cotonnière parapublique avec la participation des producteurs à son capital, mise en place d un partenariat interprofessionnel performant dans la gestion interne de la filière permis par la coordination efficace entre les acteurs. Ces changements ont conduit à de meilleures incitations à la production, ainsi qu à de meilleurs résultats financiers, mais avec des effets plus mesurés sur la pauvreté. La culture cotonnière a été développée pendant la colonisation pour les besoins des métropoles. Ces dernières ont mis en place des structures de production, d égrenage et d exportation. Grâce aux compétences et au savoir-faire acquis, nombre de pays africains ont continué d exporter sur le marché mondial. La réussite de la filière cotonnière en Afrique est liée à l évolution des mentalités paysannes 2 et s est appuyée sur des organisations commerciales efficaces, sur des changements graduels des techniques agricoles et sur des organisations sociales (du local au national) en constante mutation. Depuis plus de deux décennies, les réformes des économies subsahariennes engagées dans le cadre du consensus de Washington 3 ont entraîné le bouleversement radical de l environnement des producteurs agricoles : libéralisation des prix, démantèlement des caisses de stabilisation et privatisation des monopoles publics ou parapubliques de développement... Ces anciennes structures, qui ont conduit avec succès le développement de la production cotonnière en Afrique, apparaissent aujourd hui à certains inefficaces et obscures dans leur gestion, leurs coûts de production et de fonctionnement. Ce jugement s appuie sur les déficits financiers constatés depuis les années 1980 par ces sociétés parapubliques. Ces déficits sont la conséquence de la chute des cours et dans certains cas, de la mauvaise gestion interne des sociétés, des mauvaises performances des programmes de crédits d intrants (faibles taux de remboursements), et de fonds de stabilisation 4 peu adaptés. De plus, en Afrique subsaharienne, le coton a subi une perte de compétitivité due à l augmentation de la productivité mondiale 5 (intensification agricole, OGM, meilleures semences ) et aux politiques de subventions à l exportation ou à la production aux Etats-Unis, en Europe et récemment en Chine. Les 1 Etude conduite par l auteur pour FARM 2 Décrite par une enquête historique dans l ouvrage de T. Basset. 3 Le triptyque : libéralisation, stabilisation et privatisation. 4 Appelés encore fonds de lissage. 5 Dans le même temps, les rendements cotonniers en Afrique Subsaharienne ont stagné. 3

4 problèmes de ces filières en perte de compétitivité ont donc été aggravés par la chute des cours mondiaux cette dernière décennie. Dans le cadre de Programmes d ajustement structurel agricole (PASA) et pour rétablir l équilibre financier des filières agricoles d exportation, la Banque mondiale a consenti à accorder des prêts conditionnés à la mise en œuvre de privatisations et de libéralisation de l économie. Les impacts des réformes sur ces filières sont hétérogènes et très différents selon les pays concernés et le type de réorganisation adoptée. Le cas du Burkina Faso est un exemple de réussite dans la réorganisation d une filière déficitaire et peu incitative pour les producteurs, en témoignent la croissance record de la production durant ces 5 dernières campagnes 6 et l assainissement financier important de la filière (réduction des déficits des sociétés cotonnières avec augmentation du prix relatif payé au producteur 7 ). Ces sociétés parapubliques ont néanmoins été efficaces dans la coordination de la production basée sur des partenariats avec des organisations locales de producteurs, des banques nationales et l Etat. Elles ont assuré la distribution et les crédits des intrants, le conseil agricole, l évacuation du coton graine, la recherche, le transport, l égrenage du coton graine et l exportation de la fibre. En outre, elles ont mis en œuvre des projets de développement intégrés avec une incidence en terme de coûts. Le risque potentiel que la privatisation et la libéralisation fait peser sur une filière comme le coton est celui de la cassure de la coordination des fonctions entre les différents acteurs. Cela a été largement vérifié dans les pays d Afrique anglophone. Le reste de ce document est organisé en trois parties. Tout d abord, les principales étapes de la réforme cotonnière burkinabé seront présentées, ainsi que ses conséquences en termes de production nationale. Dans les deux autres parties seront développés les principaux résultats des enquêtes de producteurs et de groupements cotonniers conduites en zone cotonnière en mars 2006 : impacts de la réforme sur la production et sur les conditions de vie et le bien-être des ménages producteurs. Le plan de relance du coton : une réorganisation de fond et des résultats convaincants A l indépendance de la Haute-Volta, aujourd hui le Burkina Faso, la filière cotonnière était organisée autour du monopole de la SOFITEX. Ses capitaux étaient détenus aux 2/3 par l Etat et pour 1/3 par DAGRIS 8. La SOFITEX était le seul importateur des intrants agricoles et le seul acheteur du coton graine. Les intrants étaient avancés à crédit en début de campagne agricole. Le remboursement du crédit intervenait au moment du paiement du coton. Les groupements villageois (GV) étaient les intermédiaires entre les producteurs et la SOFITEX. Ceux-ci réunissant tous les agriculteurs d un même village désireux d obtenir un crédit d intrants pour le coton ou les céréales avec un système de responsabilité conjointe 9. Enfin, les fonctions dites «critiques» de recherche et d assistance technique (structures de vulgarisation agricole) étaient financées et organisées par l Etat. A la fin des années 1980, la filière rencontrait ses premières difficultés, notamment dues à de mauvais taux de remboursement des crédits, conduisant à un certain rationnement du crédit restreignant la production. De plus, les fonctionnements du système d attribution des crédits et du fonds de stabilisation étaient peu transparents, autorisant les comportements opportunistes (détournements de fonds, corruptions, accumulation d impayés ). En même temps, la production de coton était garante du remboursement de l ensemble des crédits des groupements villageois (non cotonniers inclus). Trop souvent les bons producteurs devaient rembourser les impayés des autres membres. Au final, les incitations privées à la production cotonnière étaient faibles, avec beaucoup de distractions d intrants de coton sur les céréales et de forts taux d impayés des crédits de campagne. Les perversions du système ont eu pour effet de décourager substantiellement les producteurs de coton. 6 La production a quintuplé de à C est le rapport prix payé au producteur (prix de base + ristourne) sur le prix moyen mondial. 8 C est l ancienne compagnie française des fibres textiles (CFDT) qui était à l époque coloniale le principal actionnaire des filières cotonnières en Afrique francophone. L organisation industrielle de la filière cotonnière était donc centralisée autour d une entreprise publique nationale avec la participation d une entreprise française. 9 Appelée encore «caution solidaire» 4

5 De nouvelles structures locales d organisation plus incitatives et performantes La relance cotonnière a débuté en ,mais sa conception remontait à Des organisations de producteurs conjointement aux cadres de la SOFITEX ont formulé au gouvernement plusieurs propositions pour sauver la filière. En 1996, furent créés les premiers groupements de producteurs de coton (GPC), de nouvelles structures locales d organisation de producteurs et de gestion du crédit de groupe. Leur principe de fonctionnement se différenciait nettement de celui de leurs prédécesseurs, les groupements villageois. En effet, les GPC sont (jusqu à aujourd hui) formés librement entre producteurs de coton selon des affinités ethniques, familiales ou géographiques... L entrée et la sortie du groupement devenaient libres et choisies par les membres. La création de ces nouveaux groupements, plus professionnels et autonomes financièrement, a été appuyée par des programmes de formation souvent dispensés par les sociétés cotonnières sur financement extérieur, notamment de l AFD et du MAE 12. Une partie de la valeur ajoutée de la filière leur est distribuée chaque année par la SOFITEX sous forme de ristourne (prix d achat complémentaire du coton graine) pour financer le fonctionnement interne de ces organisations. Ces nouveaux groupements ont incité les «cotonculteurs» à s engager plus fortement dans la production cotonnière car désormais, d une part, ils n étaient plus garants des défaillances des autres agriculteurs et, d autre part, des menaces crédibles d exclusion pesaient sur les fraudeurs. Ce processus de cooptation une fois mis en place, a été complété par des mécanismes de surveillance mutuelle (contrôle des pairs) et de planification du crédit par des structures interprofessionnelles 13. Les comportements opportunistes ont largement décrû. La création de l Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB), partenaire indispensable d une interprofession naissante L émergence de ces nouvelles organisations de base a largement participé à la structuration du monde agricole en permettant la création des unions départementales, provinciales et de la «faîtière» qui est l Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB). L ensemble est financé par les cotisations des membres adhérents aux GPC, par les prélèvements et par les ristournes sur le prix du coton graine ( 14 ). La stabilité et l émergence du syndicat cotonnier a incité l Etat dans le cadre du Programme d ajustement sectoriel agricole (PASA) à céder la moitié de ses parts du capital de la SOFITEX à l UNPCB. Dès lors, le syndicat s est transformé en «faîtière» (combinaison de fonctions économiques et syndicales au niveau national). L UNPCB a reçu la gestion des crédits d intrants pour les céréales (listes séparées des commandes en intrants du coton et des céréales par les GPC) et, également, le choix de ses conseillers et des fournisseurs d intrants (présidence à la commission d appel d offres). A la fin des années 1990, les impayés des GPC ont baissé ; les taux de remboursement sont remontés pour atteindre plus de 95 % aujourd hui. La privatisation partielle de la SOFITEX s est accompagnée d une gestion plus transparente et contrôlée au sein d une interprofession naissante qui en 2006 est devenu l Association interprofessionnelle du coton burkinabé (AICB). Dès lors, un véritable partenariat a émergé au sein de la filière entre l Etat 15, l UNPCB, la SOFITEX et la Banque agricole et commerciale du Burkina Faso (BACB), ainsi que l Institut de l environnement et de recherches agricoles (INERA). Il s agit de faire participer tous les acteurs aux décisions de la filière : Adoption par l Etat d une stratégie de développement agricole et industrielle par filière. Celle du coton est placée au coeur de la stratégie. 11 Signature du contrat plan Etat/SOFITEX en février 1993 qui accordait l autonomie de gestion à la société, fixait des objectifs de performance et annonçait l entrée des producteurs dans le capital. 12 Ces programmes visaient à rendre financièrement autonomes les groupements de producteurs, et à former des cadres administratifs, afin d établir une comptabilité et un registre pour chaque GPC. 13 Comités paritaires : société cotonnière/producteurs. 14 cf encadré n dans le cadre du Secrétariat permanent de suivi de la filière coton libéralisé, l Etat assure un rôle de surveillance et veille au respect du cahier des charges des différents opérateurs. 5

6 organisation du crédit d intrants, mécanismes et décisions sur le prix payé aux producteurs, organisation des fonctions dites «critiques», prévisions financières, évaluations communes Encadré 1 Organisation et fonctionnement de l Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) L organisation institutionnelle de la filière repose sur une interprofession du coton dénommée «Association Interprofessionnelle du Coton du Burkina (AICB). Cette association interprofessionnelle, créée le 26 Février 2006, regroupe les familles professionnelles suivantes : L association professionnelle des sociétés cotonnières du Burkina (APROCOB) a été créée le 25 janvier Elle est constituée par la SOFITEX, la SOCOMA, FASO COTON et l Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina (UNPCB), qui existe depuis le 15 avril l association professionnelle des sociétés cotonnières du Burkina AICB s articulent autour des trois organes suivants : Une assemblée générale composée de seize représentants des familles professionnelles membres, à raison de huit représentants pour l APROCOB et de huit représentants pour l UNPCB. Un conseil d administration de seize administrateurs, dont huit représentants de l APROCOB et huit représentants de l UNPCB. Un bureau de huit membres, composé de quatre représentants de l UNPCB et de quatre représentants de l APROCOB et dont la présidence est assurée par François Traoré (actuel président de l UNPCB), élu pour un mandat de trois ans. La mise en place de cette «faîtière», en s appuyant sur les groupements de producteurs, a permis à ceux-ci de participer aux décisions et à la gestion de la filière, et ainsi de s ériger en partenaires économiques et sociaux incontournables. L UNPCB s est vue confier de nouvelles tâches et activités, permettant à la SOFITEX de se recentrer sur ses activités principales. Cette «faîtière» a donc appuyé la SOFITEX à mieux maîtriser les programmes de crédits d intrants et le contrôle des remboursements. Ceci explique une meilleure gestion de la SOFITEX et l obtention de résultats nets positifs au début de la campagne 2000 (sans aides publiques ou internationales). 6

7 Encadré 2 Organisation et fonctionnement de l Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) UNPCB Négociation des prix, représentation à l AICB et à la SOFITEX. Approvisionnement en intrants pour céréales, conseil de gestion. 36 UPPC Inspecteurs coordonnent action des conseillers. Planification provinciale du crédit intrants. 280 UDPC Conseillers de gestion appuient les GPC dans la formation et l administration. Planification départementale du crédit intrants GPC Pesée, stockage, distribution d intrants, conseil technique (SOFITEX), activités sociales producteurs ORGANISATION 17 membres au conseil de gestion, 6 membres au bureau exécutif, un communicateur, un agronome, un gestionnaire. Minimum de 3 UDPC par UPPC. Bureau de 18 membres répartis en comités : crédit, commerce et pont bascule, alphabétisation formation, contrôle. Minimum de 5 GPC par UDPC (GPC isolés pris en charge par l UNPCB). Bureau mis en place par tous les présidents des GPC. Bureau : président, trésorier, secrétaire élus pour 2 à 5 ans Demande d agrément auprès du ministère faite par l UDPC. Ouverture d un compte avec 5000 FCFA/ producteur min. FINANCEMENTS FCFA min. apportés par chaque UPPC, et 250 FCFA/t sur la production nationale FCFA min. apportés par chaque UDPC, et 250 FCFA/t sur la production nationale répartis entre toutes les UPPC FCFA min. apportés par chaque GPC, et 250 FCFA/t sur la production nationale répartis entre toutes les UDPC. Ristournes (prix d achat complémentaire du coton) et cotisations des membres, autres possibilités (champs collectifs par ex.). A la suite de la privatisation de la SOFITEX, l Etat s est largement désengagé de la filière. Il ne finance plus les fonctions «critiques», ni le fonds de stabilisation. La SOFITEX a repris la fonction d assistance technique, encadrement des producteurs par les agents techniques du coton (ATC), les correspondants de coton (CC) et les chefs de zone (CZ), agents plus spécialisés sur la culture cotonnière. L interprofession qui regroupe les trois sociétés cotonnières et l UNPCB, finance la recherche. Une partie des bénéfices des sociétés cotonnières est reversé dans un fonds de lissage des prix, beaucoup plus transparent que l ancien fonds de stabilisation. En outre, le mécanisme de fixation du prix a changé. Les prix d achat du coton graine et de vente des intrants sont fixés pour la campagne en cours (stabilisation intra annuelle) et annoncés en début de campagne agricole. L entrée de deux nouvelles sociétés cotonnières et leur intégration au sein de l interprofession : Faso coton et SOCOMA En 2003 dans le cadre du partenariat interprofessionnel (SOFITEX UNPCB BACB Etat), sur appel d offre conjoint, deux nouvelles sociétés cotonnières ont vu le jour : la Société cotonnière du Faso (FASO COTON) et la Société cotonnière du Gourma (SOCOMA). Elles se sont vues attribuer respectivement l exclusivité d achat du coton graine (monopsone local) sur les régions du Centre et de l Est du pays. Jusqu à aujourd hui, la SOFITEX a conservé la gestion des crédits d intrants et leur 7

8 distribution 16 sur l ensemble du pays. Le devenir de l organisation de ces fonctions, le niveau futur des prix garantis ont été discuté et décidé au sein de l interprofession. Le budget accordé aux fonctions critiques est, également, discuté et annoncé au début de chaque campagne. L aspect partenarial de l interprofession est nécessaire pour limiter le développement des comportements opportunistes, et notamment la défaillance stratégique. En effet, la possibilité d obtenir à crédit les intrants auprès d un opérateur et de vendre sa production à un autre conduirait certains agriculteurs à ne pas rembourser leur crédit, les distances à l usine d égrenage limitant le phénomène. Ceci s est notamment vérifié au Bénin et a conduit à la chute brutale de la production ; alors qu au début de la libéralisation, la croissance de la production de ce pays était la plus forte de la sous-région. L entrée des investisseurs au Burkina n a pas ressemblé à la libéralisation à la béninoise ; mais a représenté un apport de nouveaux capitaux investissant dans la filière pour soutenir la croissance de la production (construction de nouvelles usines d égrenage dans les nouvelles zones). La production prévue pour la campagne en cours, est de plus de tonnes de coton graine, faisant du Burkina Faso, le premier producteur africain. L évolution de la production nationale de coton graine : une dynamique récente liée en partie aux effets de la réforme En dix ans, la production de coton graine au Burkina Faso a triplé, contrairement aux autres pays voisins producteurs : stagnation au Mali et en Côte d Ivoire, effondrement au Bénin, au Togo, et production marginale au Sénégal. Il faut constater que le Burkina Faso n avait jamais connu une telle croissance cotonnière. Jusqu aux années 1980, la culture cotonnière est restée circonscrite à quelques zones appartenant au bassin traditionnel de production au sud ouest du pays : Boucle du Mouhoun et Cascades. Jusqu alors la croissance de la production, assez faible, était due aux effets conjoints de l extension des surfaces cotonnières et de l amélioration des rendements. Dans le milieu des années 1990, l amorce d une croissance plus forte est liée à l extension plus importante des surfaces cotonnières, motivée par l augmentation considérable du prix d achat du coton graine à la suite à la dévaluation du franc CFA en On peut d ailleurs observer qu à la fin des années 1990, la production a rechuté malgré le début du plan de relance cotonnière. Après l amélioration des performances de remboursement au sein des GPC et la prise de participation des producteurs dans le capital de la SOFITEX, la croissance a pris son rythme actuel depuis la campagne Les contraintes pesant sur le potentiel productif burkinabé émanant de la mauvaise gestion de la filière et, notamment, de la mauvaise maîtrise des programmes de crédits d intrants ont été levées. Cela rendait impossible l élargissement et la diffusion de ces programmes à d autres zones de production, sans aggravation des déficits de la filière. Les données des enquêtes permanentes recueillies auprès des exploitations agricoles ont clairement montré que l augmentation de la production était uniquement liée à la croissance des surfaces cultivées en coton ; les rendements sont restés stationnaires au niveau national depuis dix ans. Outre l effet de la réforme en elle-même, on peut citer l effet des politiques agricoles, l intervention d institutions extérieurs (AFD, Banque mondiale), le comportement des autres marchés intérieurs et la crise ivoirienne de Les résultats de l enquête de producteurs et de GPC mettent en avant de manière prépondérante les effets de la réforme sur la hausse de la production. Dans les entretiens réalisés par les auteurs de cette étude, tous les acteurs de la filière insistent sur l effet déterminant de la réforme dans l augmentation de la production, et ce à la suite de la mise en place d une partenariat de cogestion, de l assainissement financier interne et de meilleures incitations microéconomiques à la production. Ces différents éléments reflètent une plus grande responsabilisation des producteurs de coton et de leurs organisations. Les revenus ruraux ont dans leur globalité augmenté grâce à cette dynamique (uniquement en zone cotonnière), mais dans une moindre mesure pour les ménages (stagnation du prix au producteur, hausse du prix des intrants malgré une subvention publique). Cependant, la croissance des revenus ruraux en zone cotonnière ne s est pas accompagnée d une hausse aussi rapide de la qualité de vie : quelques améliorations dans 16 Ce, malgré les revendications récentes des nouvelles sociétés qui affirment pouvoir disposer d intrants moins chers et pouvoir servir à des prix plus intéressants. 17 En 1994, la valeur du franc CFA a été divisée par deux par rapport au franc français. En monnaie nationale, on a donc pu vendre deux fois plus cher les fibres de coton sur le marché mondial, ce qui a autorisé une meilleure rémunération des producteurs. 8

9 l habitat, l alphabétisation et la santé. On peut, néanmoins, s attendre à des effets plus importants sur la pauvreté et le bien-être à plus long terme. Encadré 3 Zones de monopsone des trois sociétés cotonnières SOFITEX (capital : 4,44 milliards FCFA) détenu par l Etat à hauteur de 35 % ; 34 % par DAGRIS, 30 % par UNPCB et 1 % par les banques. Elle couvre 87 % de la production nationale FASO COTON (capital : 3, 3 milliards FCFA) détenu par le complexe REINHARDT représentant 8 % de la production nationale SOCOMA (capital : 6 milliards FCFA) détenu par le complexe DAGRIS représentant 5 % de la production nationale En dépit des apports positifs de la réforme sur la filière cotonnière burkinabé, de nombreux défis restent à relever pour améliorer la compétitivité de la filière sur le long terme et renforcer le pouvoir de l interprofession. Le rôle prépondérant joué par les organisations de producteurs et leur implication croissante au sein de la filière doivent être considérés comme un exemple de réussite de mise en place d institutions agraires en Afrique sub-saharienne. Les analyses des effets de la réforme s appuient sur l enquête de ménages-producteurs et de groupements de producteurs cotonniers conduite en mars ménages ont été interrogés dans 20 villages situés dans différentes zones cotonnières à dynamiques de production hétérogènes, mais dont la dynamique cumulée était représentative de la dynamique nationale. Le questionnaire comportait une partie sur les conditions de vie (habitat, éducation, santé), une sur les activités et comportements économiques du ménages, une sur la consommation et une dernière sur les 9

10 perceptions des effets de la réforme et du bien-être. Pour chaque partie, il était demandé de faire référence à la situation d il y a 10 ans (au début de la réforme), ce qui a permis de dégager les déterminants majeurs des évolutions constatées durant la réforme. L échantillonnage des ménages interrogés a été réalisé en deux étapes, avec un choix raisonné des 20 villages à visiter et un tirage au sort des ménages dans chaque village (tirage par strates de surfaces cultivées en coton). 15 groupements de producteurs ont, également, été interrogés sur leurs performances, leur mode de fonctionnement, la qualité des relations internes et externes, la perception des effets de la réforme et leur participation aux économies villageoises. La méthode employée pour analyser les effets de la réforme sur la production de coton graine a consisté en une série de modèles statistiques estimant les déterminants de la croissance des surfaces cultivées en coton avec une identification des déterminants spécifiques à la réforme. Concernant les effets sur le bien-être, la méthode s est concentrée sur l analyse de variables descriptives (subjectives et objectives) de la consommation, des conditions de vie et des perceptions de la richesse au cours des dix dernières années. Les effets de la réforme cotonnière sur la production nationale Les effets de la réforme cotonnière sur la production nationale sont analysés en trois étapes, s appuyant sur l enquête conduite auprès des groupements de producteurs de coton (GPC) et des ménages cotonniers. Une première étape permet de comprendre comment ces nouveaux groupements ont attiré de nouveaux producteurs et quelles sont les raisons qui ont poussé de nouveaux producteurs vers ces coopératives nouvellement conçues. Les deux étapes ultérieures mettent en relief les déterminants de la croissance des surfaces cultivées totales et des parts du coton dans les assolements des producteurs. Cela permet de comprendre comment les surfaces cotonnières ont évolué pour chaque ménage interrogé. On s est donc concentré sur l analyse de la croissance des surfaces cotonnières, en supposant que les rendements 18 étaient stationnaires. Les données nationales de l INSD (institut national statistique) montrent que la production nationale et les superficies cotonnières sont étroitement corrélées depuis dix ans ; on a donc estimé la dynamique de production nationale a partir de celle des surfaces cotonnières (voir encadré 4). La croissance extensive cotonnière provient de l augmentation du nombre de ménages-producteurs et/ou de la force de travail allouée au coton par ménage, de l augmentation de la surface totale agricole cultivée par ménage et de celle des parts de coton dans les assolements des ménages. Ces phénomènes s expliquent par des éléments démographiques (croissance et migrations), mais également par des arbitrages familiaux sur les allocations de facteurs de production (capital, travail, terre) en faveur du coton et en fonction de certaines contraintes et conditions initiales (liquidités, terre, force de travail, accès au crédit intrants, cheptel, ethnie d origine, ancienneté de résidence dans le village ). Les résultats principaux des modèles économétriques qui permettent d estimer les déterminants de ces arbitrages sont résumés dans les paragraphes suivants. L enquête de GPC a montré que les groupements étaient beaucoup mieux conçus et plus attractifs pour les producteurs que leurs prédécesseurs, les GV. Les compétences techniques et de gestion étant bien meilleures avec des agents techniques plus spécialisés 19 et mieux formés et un meilleur contrôle des pairs, les producteurs se sentent rassurés et mieux récompensés de leurs performances agricoles. La gouvernance a, également, été améliorée et les relations internes et externes des groupements semblent très satisfaisantes. Les estimations font état d une moyenne de trois producteurs supplémentaires par GPC chaque année, pendant les cinq dernières campagnes pour la zone d échantillonnage (correspondant à une dynamique de nouveaux producteurs par an au niveau national). Ces nouveaux producteurs viennent des villages (anciens céréaliculteurs), des villes ou même de Côte d Ivoire 20. Certains GPC sont composés intégralement de migrants. Les membres des GPC sont conscients de l intérêt de disposer de conseillers. Des ressources des GPC sont utilisés dans certains cas pour des investissements collectifs et des biens publics locaux : aide 18 Ces données ne nous permettent pas de tester la stationnarité des rendements cotonniers par ménage sur la période de la réforme. En revanche, les données de la Direction générale des prévisions et des statistiques agricoles (DGPSA) montrent une stationnarité de la productivité moyenne nationale, mais une croissance significative des rendements pour les producteurs les plus expérimentés. 19 L assistance technique est aujourd hui prise en charge par la SOFITEX qui a formé de véritables techniciens du coton. Les techniciens agricoles publics qui encadraient les producteurs avant la réforme n étaient pas spécialisés sur la culture cotonnière. A la suite de la crise Ivoirienne en 2002, entre et Burkinabés sont revenus vivre dans leur pays. 10

11 à la construction d écoles, de dispensaires et de forages, achats de médicaments, investissements en attelage ou bascules Encadré 4 Progression des surfaces de la production cotonnières entre 1996 et 2005 Evolution de Evolution la production et surfaces des surfaces cotonnières cotonnières entre 1996 et 2005 entre 1996 et milliers tonnes ou Ha Production Superficies campagne agricole Déterminants de la croissance des surfaces cultivées : mécanisation et afflux de main-d œuvre agricole Dans un second temps, l étude appréhende les déterminants microéconomiques et sociaux de la croissance des surfaces cultivées par ménage. En effet, la surface totale cultivée (par ménage) a augmenté pour la plupart des ménages interrogés. Quatre principaux facteurs sont à l origine de cette évolution : le processus de mécanisation agricole, la maîtrise de la culture attelée, l amélioration des compétences techniques (capitalisation matérielle et humaine) et l augmentation de la force de travail agricole du ménage. Cette dernière est la conséquence de la croissance démographique, des migrations et de l allocation plus importante de la force de travail du ménage pour l agriculture (arbitrage entre agriculture / élevage et autres activités). Il y a un effet dynamique de la filière du coton sur la croissance des surfaces cultivées. Les producteurs les plus expérimentés cultivent en moyenne des surfaces plus grandes par ménage. Il peut donc y avoir des effets de mécanisation et de capitalisation produits par les revenus cotonniers, permettant aux ménages d accroître leurs surfaces cultivables. Cependant, on peut aussi interpréter ce lien d une manière inverse ; les producteurs de coton sont les plus grands propriétaires fonciers ou ceux qui avaient l accès à la terre le plus facilement. Les estimations statistiques montrent que l appartenance ethnique n empêche pas l augmentation des surfaces cultivées ; mais elle peut restreindre l étendue de cette croissance. La croissance des surfaces mises en culture est donc plus importante parmi les groupes ethniques résidents (Senoufos, Lobis, Bobos) que parmi les groupes ethniques migrants (Gourounsis, Mossis et Peuls). Certains facteurs d ajustement jouent également sur cette croissance, mais à plus court terme : 11

12 importance relative des revenus dérivés des autres activités économiques et des transferts sociaux par rapport aux revenus agricoles, niveau d assistance technique, main-d œuvre totale actuelle, taux de scolarisation Mis à part ces facteurs, le niveau de mécanisation et la quantité de main-d œuvre familiale restent les éléments majeurs de la croissance des surfaces cultivées. Il est à noter que la réforme ayant renforcé les incitations à la production cotonnière, elle a permis à la culture cotonnière de capter majoritairement l afflux de main-d œuvre et de capitaux agricoles. Il y a donc eu un effet net - mais différencié selon les ménages et leurs caractéristiques intrinsèques - de la réforme sur la croissance extensive agricole en zone cotonnière. La réforme a aussi déplacé les arbitrages de choix de cultures et de choix techniques, que nous allons voir dans la suite.. Déterminants de l arbitrage coton / autres cultures. L importance cruciale des effets de confiance et de l accès au crédit permis par la réforme L analyse statistique des déterminants de l arbitrage coton/ autres cultures au sein des assolements des ménages apporte les derniers éléments nécessaires pour comprendre les effets de la réforme sur la croissance de la production de coton graine. Il s avère que la sole de coton a nettement augmenté pour atteindre une moyenne de 50 % (au lieu de 30 %, il y a quinze ans) des assolements aujourd hui pour les ménages producteurs. Ceci est dû à un déplacement de l arbitrage des choix de culture en partie conséquence de la réforme cotonnière. On remarque que l évolution de la part du coton dans les assolements est motivée par des effets de confiance et de garanties assurés par la filière, plus que par le niveau des prix : stabilité et garantie des prix, garantie d écoulement du coton graine, date de paiements et par l accès aux intrants (qui a été amélioré grâce à la réforme). D ailleurs, on observe que les parts de coton qui ont le plus augmenté correspondent aux plus fortes augmentations de demandes en intrants. D autre part, il est important de constater que les qualités de relations au sein des GPC et de leur gestion n ont pas d influences, à long terme, sur les arbitrages culturaux. On peut raisonnablement penser que la possibilité - introduite par la réforme - de changer ou de créer son propre GPC a permis aux producteurs d être moins dépendants de leurs organisations respectives. Enfin, on remarque que les parts de coton sont restreintes par la surface totale cultivée et les besoins alimentaires. En outre, les parts de coton sont limitées par les stratégies de diversification des risques agricoles mis en place parmi les grands producteurs (effet d ajustement sur le court terme). Mais elles peuvent être également ajustées en fonction des anticipations, des contraintes de liquidités, de l utilisation de la ristourne pour le coton, des besoins de la période de soudure et des taux de scolarisation. L effet de la réforme est donc prépondérant sur le déplacement des arbitrages culturaux sur le long terme pour les ménages des zones cotonnières, grâce à un accès plus sécurisé et plus répandu des crédits d intrants et aux garanties apportées par la filière aux producteurs (seuls facteurs externes significatifs de l arbitrage coton/autres cultures sur le long terme). Au final, la réforme est apparue comme une étape nécessaire à la croissance de la production, mettant en place les incitations suffisantes pour attirer de plus nombreux producteurs. L explosion de la production est spécifique du Burkina. Elle tient aussi au manque d alternatives concernant les cultures de rente en zone sahélienne et à l évolution de la société rurale, plus monétarisée. La réforme a donc agi en relâchant certaines contraintes sur la production. Il est probable que les phénomènes de migration aient été captés par l effet de la réforme, les ressortissants burkinabés revenant de Côte d Ivoire s investissant dans le coton au lieu de retourner en ville, par exemple. De plus, il existe une complémentarité entre cette réforme et les politiques agricoles au niveau national (exemple du PNGT pour les programmes de conservation des sols et de leur fertilité). Les effets de la réforme cotonnière sur les conditions de vie des producteurs et la pauvreté L enquête de producteurs a, également, collecté des données de bien-être, de consommation, de niveaux d éducation et sanitaire des ménages. Elle a cherché à comprendre l impact des nouveaux revenus ruraux dégagés grâce à la réforme cotonnière sur les conditions de vie des ménages et la pauvreté. Pour cela, on a procédé en trois étapes : l analyse de l évolution de la richesse subjective et 12

13 ses déterminants, l évolution des consommations et celle d un ensemble de conditions de vie : habitat, communication, locomotion, énergie, éducation et santé 21. Des indicateurs subjectifs : perceptions de la pauvreté et des effets de la réforme L analyse de la richesse subjective permet de comprendre comment les ménages perçoivent l évolution de leur bien-être. Cette analyse montre une évolution très positive au cours des dix dernières années. Elle permet d identifier les motifs pour lesquels les producteurs de coton se sentent plus riches aujourd hui que dans le passé. Cette perception est liée à divers effets (non robustes 22 pour certains), notamment à de moindres contraintes pour le financement des dépenses pour les évènements sociaux, et à de plus grandes dépenses pour la santé et la plus faible demande d irrigation 23. La perception de la richesse et son évolution ne représente donc pas en soi un véritable changement des conditions de vie, mais une certaine valorisation sociale par le biais de quelques dépenses. Parmi les réponses citées directement par les ménages sur leur richesse subjective et les raisons de leur évolution, trois effets positifs se dégagent : l effet direct de la réforme au niveau local, le comportement des sociétés cotonnières (effet de la réforme au niveau national) et les meilleures aptitudes et efforts du ménage en gestion et travail. L analyse statistique montre donc que les ménages se sentent globalement plus riches parce qu ils peuvent se permettre de couvrir convenablement les dépenses pour les évènements sociaux et qu ils disposent de plus fortes capacités de paiement pour les consultations et les soins médicaux. L importance des comportements et des compétences du ménage (robuste) est supérieure aux effets de la réforme (non robuste), qui apparaissent cependant comme les seules causes externes de l amélioration de la richesse perçue. Cette analyse a été complétée par celle des effets perçus de la réforme. L efficacité subjective est la plus forte pour l effet sur les revenus et sur l accès aux intrants ainsi que sur le bien-être perçu. L effet est significativement moins bien perçu sur la réduction de la pauvreté ou les connaissances agricoles (mais toujours positif). Une table de corrélations montre les liens entre ces différents effets perçus et permet de comprendre l évolution des perceptions. Les augmentations de la richesse et du bien-être perçu sont non seulement liées aux augmentations de revenus (effet externe de la réforme et effet interne comportement/ compétences), mais aussi à l évolution des systèmes et des savoir-faire agraires ainsi qu à un certain niveau de réduction de la pauvreté. Aucun effet de la réforme n est perçu sur l évolution ou la stabilisation des prix internes du coton graine payés au producteur. Le paragraphe précédent, permet de comprendre de quelle manière la richesse subjective a évolué et comment une partie des revenus a été affectée à certaines dépenses pour améliorer ces perceptions. On a voulu analyser l évolution générale des consommations et celles de plusieurs indicateurs de conditions de vie pour obtenir des informations plus objectives sur la pauvreté des ménages. Evolution des consommations : persistance des habitudes alimentaires et sociales et hausses des investissements et des épargnes Tout d abord, l enquête fait apparaître une évolution des consommations conséquence des effets revenus qui poussent à l augmentation générale de la consommation des «biens normaux». Des effets de substitution s y ajoutent pour la majorité des ménages. L augmentation des revenus due notamment au coton et à la réforme cotonnière a changé certaines préférences des ménages : forte augmentation de la consommation des céréales, des vêtements, de l énergie, des évènements sociaux et de santé. En revanche, on note une faible augmentation de la consommation des produits laitiers, des tubercules, des fruits et d éducation. La diversification du régime alimentaire et l éducation n ont pas été favorisées dans les choix des ménages. Les plus riches préfèrent consommer plus pour leur santé et leur statut social, ou encore, pour se déplacer. Cela n est pas étranger avec la malnutrition chronique 21 La pauvreté ici n est pas analysée par des indicateurs de revenus (type «seuil de pauvreté») ou de consommations mais par un ensemble d indicateurs subjectifs et objectifs détaillés. 22 Les effets non robustes sont des paramètres instables en fonction des modèles statistiques utilisés. Leur pouvoir significatif n est pas indépendant du modèle utilisé (faible pouvoir prédictif). 23 Les ménages dont la perception de la richesse est la plus forte sont satisfaits de leur système de production et expriment une faible demande pour les systèmes irrigués 13

14 dans la région ; aucune amélioration notable des caractéristiques morphologiques des populations 24 depuis des années n est constatée, montrant une persistance des habitudes alimentaires. La hausse de l investissement et de l épargne des ménages est relativement importante. Elle se traduit par l acquisition de biens durables chez les ménages (à usage agricole ou domestique) et par l amélioration de la qualité des habitats. On remarque néanmoins que ces investissements ont augmenté moins fortement que l épargne, reflétant une certaine stratégie de diversification des risques de revenus futurs et de lissage de la consommation dans le temps. L analyse complémentaire des corrélations entre consommation et revenus cotonniers montre que l effet le plus important provient de l accumulation des revenus cotonniers (via l expérience cotonnière 25 ) plutôt que celui lié à la part du coton dans les assolements (ajustable à court terme). L accumulation de revenus dans le temps a permis des investissements en capitaux humains, matériels et sociaux et un degré faible, mais significatif, de diversification alimentaire. Cette dernière est cependant plus dépendante de l évolution des assolements (hausses ponctuelles de revenus) que de l accumulation des revenus dans le temps. Au final, il y a donc des effets positifs, mais contrastés, de l amélioration des revenus ruraux grâce à la réforme cotonnière sur les consommations. Indicateurs de base des conditions de vie : des améliorations légères partiellement liées aux effets de la réforme L évolution des indicateurs (non agrégés) relatifs aux conditions de vie des ménages, indique une hausse, assez faible mais significative, de la plupart d entre eux. Une légère amélioration de la qualité des matériaux et de la taille des habitats est à noter. L accès à l eau a été facilité pour les populations grâce au remplacement progressif des anciens puits par des forages. Les sources d énergie domestique et d éclairage restent le bois et les lampes à pétrole ou les bougies pour la presque totalité des ménages. Les distances moyennes aux routes ou aux marchés n ont pas changé, ni l utilisation du téléphone ; en revanche, les distances au télécentre le plus proche ont diminué significativement. Les motocyclettes et mobylettes remplacent partiellement les bicyclettes. Quant aux différents indicateurs sur l éducation et la santé, ils sont en hausse assez significative. L accès à la scolarisation et aux soins n a pas évolué et reste difficile : coût de la scolarisation, distance à l école et aux centres de soins, besoins de maind œuvre infantile, prix des médicaments et des consultations. On observe la baisse du taux de mortalité infantile de 13 à 9 %. Les effets de la réforme cotonnière se traduisent par l augmentation des consommations privées pour l éducation, l habitat, les transports et la santé, ainsi que dans les investissements des GPC pour les biens publics locaux (construction d écoles, de forages ou des dispensaires dans une moindre mesure). Il faut, néanmoins, considérer aussi l effet d autres politiques publiques et celle d intervenants extérieurs. Par exemple, il existe beaucoup d ONG au Burkina Faso, ce qui peut expliquer l augmentation des taux de vaccination (fièvre jaune, hépatites, méningites, rage, DT polio et BCG). Ces analyses permettent d identifier les consommations privilégiées, à la suite de la hausse des revenus ruraux permis par la réforme cotonnière. On a assisté à une hausse importante de la richesse subjective, mais à une réduction de la pauvreté limitée tout comme l amélioration des conditions de vie. On peut s attendre, sur le long terme, à des améliorations du bien-être plus conséquentes dans les zones cotonnières. L accroissement du bien-être pourrait être accéléré par la meilleure assistance en conseil de gestion, en particulier, pour les revenus familiaux et les dépenses. 24 Voir les données anthropométriques de la Banque mondiale qui fournissent des indicateurs de mesures de la morphologie des individus d une population par classes d âge (ex : tours de cou, de taille, de bras, ) 25 L expérience cotonnière (nombre d années de culture du coton) est liée à la répétition de revenus liquides et à leur vraisemblance d être accumulés. 14

15 Une réforme originale et efficace : meilleure conception des groupements de producteurs et du cadre interprofessionnel de la filière avec professionnalisation de l agriculture L étude montre clairement que la réorganisation du secteur cotonnier au Burkina Faso a amélioré les incitations à la production cotonnière, grâce à l accès plus large et sécurisé au crédit d intrants mais, aussi, grâce à la meilleure gouvernance des organisations locales de producteurs (fonctionnement plus efficace et transparent). Les effets de confiance créés par une filière mieux gérée et plus transparente ont déplacé les arbitrages entre cultures au sein des exploitations. La mise en place d organisations de producteurs plus performantes s est accompagnée de la structuration intégrée des organisations de cotonniers, en une faîtière puissante et influente qui est devenue un partenaire économique incontournable, intégré dans une interprofession naissante. Le succès lié à la privatisation de la SOFITEX et à l ouverture du marché à de nouvelles sociétés, s est aussi bâti autour d une interprofession influente et bien organisée. En effet, cette dernière a institutionnalisé le partenariat entre tous les acteurs de la filière. Elle a imposé des règles communes de fonctionnement obligeant, par exemple, les sociétés cotonnières à des comportements identiques envers leurs producteurs : alignement des politiques de prix, de crédit et d assistance technique. Avec l aide des programmes d appui institutionnel, notamment de l AFD et du MAE, et la création d une «faîtière», l UNPCB, les organisations paysannes ont gagné en responsabilité et en autonomie financière. A l avenir, l efficacité de ces groupements dépendra de leur capacité à disposer de conseil au niveau de leur gestion interne et à améliorer les formations techniques pour leurs membres (en partenariat avec les agents techniques des sociétés cotonnières). Les mécanismes de la croissance cotonnière sont ceux de l accroissement du nombre de producteurs, de la croissance des surfaces emblavées par exploitation et de la croissance des parts de coton dans les assolements agricoles (déplacement de l arbitrage coton / autres cultures). Ces trois mécanismes ont été identifiés et confirmés par l enquête. Enfin, les impacts sur la pauvreté semblent pour le moment plus mesurés ; mais on doit s attendre à des effets plus importants sur le long terme. Ces conclusions s appuient sur les données collectées ponctuellement dans le temps (données croisées) lors de l enquête et les modèles statistiques utilisés, elles ont donc une portée limitée, ce qui fait de ce document un rapport d étape. En effet, certains effets de la réforme jouant à plus long terme n ont pas pu être captés par cette étude. Cependant, les enseignements tirés des enquêtes mettent en relief de manière significative les mécanismes de la réforme en termes d incitation à la production et d augmentation des revenus agricoles dans les zones cotonnières. Cette analyse pourra être complétée par une autre enquête dans quelques années. Les défis pour la filière burkinabé demeurent nombreux, bien que sa réorganisation ait été bien conduite. Face à l effondrement des cours mondiaux du coton fibre et à l augmentation des prix des intrants, la filière cotonnière doit reconquérir des marges de compétitivité. A cet effet, les acteurs de la filière doivent rendre opérationnel le fonds d atténuation du risque prix pour amortir les chocs exogènes, mais aussi conquérir un meilleur pouvoir de négociation et mieux valoriser la fibre sur les marchés extérieurs et réduire le coût des intrants. La croissance actuelle de la production cotonnière sans gains de productivité n est pas soutenable à long terme. La filière doit s engager dans une dynamique d augmentation de la productivité. Celle-ci ne pourra se faire sans fourniture de biens publics, comme la recherche et la diffusion des innovations. Le réengagement de l Etat dans le financement des «fonctions dites critiques» est à l ordre du jour et semble nécessaire pour sécuriser la dynamique de la filière. Enfin, la filière cotonnière burkinabé ne peut faire l impasse d autres enjeux : transformation locale de la matière première et production textile, gestion durable des sols et lutte contre la désertification, formations conseil de gestion à l exploitation, nouvelles variétés culturales, meilleurs intrants (et/ou production locale), négociations groupées avec les pays voisins (approche sous-régionale), valorisation des sous-produits. 15

16 Synthèse des actions conduites durant la réforme cotonnière et des propositions d actions à conduire ACTIONS REALISEES ACTIONS IMPACTS Priorité : mise en place d organisations de producteurs performantes pour le crédit d intrants, autonomes et responsables plan de relance cotonnier burkinabé Limitation des comportements opportunistes des producteurs de coton au sein des groupements par la mise en place de structures de consensus et de contrôle du crédit filière Unification des OPC dans une faîtière (UNPCB) puissante et multifonctionnelle, partenaire économique et syndical incontournable Formation d une interprofession partenariale (AICB) Entrée des producteurs dans le capital des sociétés cotonnières Prise en charge des fonctions critiques par le secteur privé (sociétés cotonnières) Redéfinition du rôle de l Etat Mécanisme de prix : mise en place d un fonds de lissage autogéré par l interprofession Négociations à la vente du coton fibre et à l achat des intrants, meilleure gestion des stocks, améliorer la valorisation de la qualité Développement de l artisanat et de l industrie textile locale Améliorations des rendements par les effets de la recherche, de l appui technique, de la formation agricole à la gestion des sols et des intrants professionnalisation agricole ACTIONS A CONDUIRE Les GPC ont été au centre d une réforme institutionnelle exemplaire à la base du succès du Ces mécanismes ont permis une remontée des taux de remboursement, sécurisant le crédit en zones rurales et assainissant financièrement la Gain des pouvoirs de négociation et d information pour les producteurs. La puissance actuelle de l UNPCB s observe à travers son importance dans l initiative pour le coton à l OMC Alignement des prix et des comportements au sein de la filière avec peu de possibilités de défaillances stratégiques tout en permettant l entrée de nouveaux investisseurs Droit de regard et de contrôle sur la distribution des bénéfices et la gestion des sociétés cotonnières Peu de moyens même avec les nouveaux investisseurs. L Etat est appelé à se réengager pour le financement de ces fonctions, indispensables à la dynamique de la filière Politiques agricoles globales (ex. du PNGT), conservation de capitaux et d un pouvoir exécutif au sein de l interprofession, surveillance de la filière, fonctions «critiques», soutien de la recherche Création d un système plus transparent et efficace que les anciens systèmes de stabilisation pour la garantie de prix seuils sur le long terme Améliorer les marges de la filière pour éviter les déficits des sociétés et améliorer les prix au producteur Etre moins dépendant des cours mondiaux, industrialisation et artisanat nationaux, création de nouveaux débouchés Intensification agricole, amélioration des marges au producteur et des revenus cotonniers, amélioration de la balance commerciale et stratégie de croissance durable du secteur 16

17 Développement des sous-produits du coton : valorisation des tiges (compost et chaufferie), huile de graine, tourteaux Conseil à la gestion de l exploitation et des groupements, formation des cadres de la faîtière Revenus complémentaires, industrialisation, autonomisation énergétique et conservation des sols Améliorer les compétences de l UNPCB, les capacités de gestion des exploitations familiales agricoles, la gouvernance et l efficacité des GPC. 17

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