Europe. La crise économique et les. Le règne du chacun pour soi

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1 Union européenne p. 46 ; L autre Europe p. 60 ; CEI (Communauté des Etats indépendants) p. 66 Face à lacrise économique comme face àla stratégie gazière de la Russie, les Etats européens, petits ou grands, ont préféré réagir sans réelle concertation Le règne du chacun pour soi Europe La crise économique et les relations avec la Russie ont mis àrude épreuve la cohésion de l Europe, au moment où l entrée en fonction du président Barack Obama et sa volonté de relancer les relations russo-américaines confrontent le Vieux Continent àune nouvelle donne. Amesure que la crise économique s est approfondie, le choix de la stratégie du chacun pour soi s est imposée. La volonté commune qu est censée favoriser la construction européenne abrillé par son absence. Tandis que la Commission enjoignait les Etats membres de ne pas s affranchir de leurs engagements au regard des critères de convergence, les gouvernements annonçaient, chacun de son côté et à son rythme, des mesures de soutien adaptées au profil de son économie. Baisses d impôts, primes àlacas- se, soutiens divers àl activité ont fini par les réunir sur un point:la profondeur de leurs déficits publics, l ampleur de leur endettement et la montée du chômage. Au sein de l Union européenne (UE), la crise n a pas atteint toutes les économies de la même façon. Les plus touchées ont été celles où s épanouissaient les bulles immobilières les plus volumineuses, comme l Espagne ou l Irlande. Al exception notable de la Pologne, qui n a pas connu de décroissance, les Etats d Europe centrale se sont vite enfoncés dans une récession parfois dramatique. Le retrait des capitaux de l Ouest, l endettement en euros et la chute des exportations ont eu des conséquences désastreuses dans la plupart de ces économies. Les pays baltes, en particulier la Lettonie, se sont vus obligés de tailler très significativement dans les dépenses publiques. La Hongrie, la Roumanie ainsi que la Les Etats d Europe centrale se sont vite enfoncés dans une récession parfois dramatique Lettonie ont dû appeler le FMI à l aide, tout comme, hors UE, l Islande, en faillite, et l Ukraine. Sur le plan monétaire, la cohésion de l euro a, elle aussi, été mise à rude épreuve, d abord en Grèce, avant et après les élections législatives qui ont vu le Parti socialiste (Pasok) revenir aux affaires avec une majorité absolue. Dans plusieurs pays en Suisse, avec le référendum contre la construction des minarets, en Grande-Bretagne, avec quelques grèves contre le recours à des travailleurs étrangers dans des installations pétrolières,on a noté une tentation de repli identitaire. Le nouveau cours de la politique américaine à l égard de la Russie a très vite inquiété les pays de l exbloc soviétique qui, comme la Pologne et la République tchèque, voient dans les Etats-Unis le premier garant de leur sécurité face à Moscou, ou comme l Ukraine et la Géorgie, qui cherchent à s émanciper de l emprise russe. Les gouvernements polonais et tchèque n ont donc guère été surpris lorsqu en septembre, la nouvelle administration américaineaannoncé qu elle renonçait au déploiement sur leur sol du pilier européen du bouclier antimissile tel qu il avait été dessiné par l équipe de George Bush. Face àlarussie, la question de l approvisionnement énergétique a, elle aussi, fait l objet d une intense compétition. L année s est conclue par de substantiels gains pour Moscou, avec qui les grands pays de l ouest du continent et leurs multinationales de l énergie ont choisi de traiter individuellement, au détriment de l UE, qui tentait, en vain, de présenter un front uni pour accroître son indépendance énergétique (les pays membres importent de Russie un quart du gaz qu ils consomment). Quatre mois après la guerre en Géorgie, une autre crise a convaincu les Européens d accélérer le mouvement pour assurer leurs approvisionnements: enjanvier2009, le conflit gazier entre Gazprom et l Ukraine s est en effet traduit par l interruption des livraisons de gaz vers l Europe, menaçant d asphyxie plusieurs économies d Europe centrale et orientale, privées de cette ressource énergétique en plein hiver. Pour se mettre àl abri de ce type de menace, l Union européenne a tenté de faire avancer le projet Nabucco, un gazoduc qui reliera les pays producteurs de la Caspienne (Azerbaïdjan, Turkménistan, etc.) à 42

2 l Autriche, via la Turquie. En juillet, un accord préliminaire sur les tarifs de transit aété signé àankara entre les cinq pays situés sur le parcours de Nabucco (Turquie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie et Autriche) et les fournisseurs potentiels. Moscou, qui détient 25% des réserves mondiales degaz, acontre- attaqué pour prendre Nabucco de vitesse grâce àses deux projetsde gazoducs destinés àalimenter l Europe en contournant l Ukraine, la Biélorussie, la Pologne et les pays baltes. D abord, les autorités russes ont signé de nouveaux accords avec l Italie, la Grèce, la Bulgarie et la Serbie pour accélérer South Stream, qui transportera du gaz sous la mer Noire vers la Bulgarie, l Italie (qui en est partie prenante) et l Autriche. Puis, en août, elles ont obtenu l aval de la Turquie, soucieuse de sécuriser ses propres approvisionnements, àsouth Stream. L autre projet russe, soutenu par l Allemagne, aégalement avancé. En octobre et novembre, le Danemark, puis la Suède (qui assurait alors la présidence du Conseil européen) et la Finlande, riverains du futur gazoduc, ont donné leur accord au projet Nord Stream, qui reliera la Russie àl Allemagne en RIA NOVOSTI /REUTERS Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, lors de l inauguration d un pipeline à Khabarovsk, en Sibérie, le 31juillet passant sous la Baltique. Du côté français, GDFa négocié son entrée dans Nord Stream, tandis qu EDF a signé avec Gazprom son entrée dans South Stream (où figure déjà l italien ENI) à hauteur de 10% à l occasion de la visite àparis du premier ministre russe, Vladimir Poutine, en novembre. Paris, Berlin et Rome ont ainsi directement courtcircuité les efforts de Bruxelles Un autre projet de l UE a irrité Moscou, celui du «partenariat oriental». Lancé le 7mai àl initiative de la Suède et de la Pologne en direction de six républiques ex-soviétiques (l Arménie, l Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l Ukraine), il a pour objectif d aider à la stabilisation de ces pays et àleur rapprochement avec l ouest du continent. L idée est de leur proposer de libéraliser le commerce et, à terme, d assouplir l octroi de visas à leurs ressortissants, en échange de réformes politiques et économiques. La crise géorgienne d août2008, la crise gazière de janvier 2009 entre la Russie et l Ukraine, les émeutes qui, en avril, ont suivi les élections législatives en Moldavie, ont poussé l UE àenaccélérer la mise en route. Face au mécontentement de Moscou, les Européens affirment que cette initiative n a pas pour objectif la constitution d une sphère d influence hostile aux portes de la Russie. A la frontière balkanique de l UE, enfin, la situation s est débloquée: après des mois de négociations, la Slovénie et la Croatie sont parvenues à régler le différend frontalier qui entravait tout élargissement dans la région. La Serbie, elle aussi, afranchi une étape. En récompense des efforts accomplis par Belgrade dans la traque des criminels de guerre, les Vingt-Sept ont accepté d appliquer un accord de libre-échange, bloqué auparavant par les Pays-Bas. La Serbie pourra donc rapidement déposer sa candidature en vue d une adhésion à l UE. p Cécile Chambraud PAYS Albanie Allemagne Arménie Autriche Azerbaïdjan Belgique Biélorussie Bosnie-Herzégovine Bulgarie Chypre Croatie Danemark Espagne Estonie Finlande France Géorgie Grèce Hongrie Irlande Islande Italie Kazakhstan Kirghizstan Lettonie PIB2009 TAUX ESPÉR. ÉVOLUTION PAYS PIB2009 TAUX D INFLATION DE VIE CHÔMAGE D INFLATION réel réel par hab. depuis 2006 réel réel par hab. 11,7 3235,5 8,7 374,4 42,5 461, ,8 23,2 61,7 308,3 1438, ,3 2634, ,3 124,2 226,8 11,8 2089, , ,8 0 4,5 1,2 4, ,8 1,5 0, ,3 1,5 1 0,3 3 1,3 6,1 1,3 7 0,5 7,1 4, n.c. 2,3 (1) n.c. 0,1 (1) 0,7(2) 0,2 (1) n.c. 7,7(2) 3,3(2) 0,9(2) 2,7(2) 3 (1) 10,8 (1) 7,4 (1) 1 (1) 0,8 (1) 13,3 * 0,3 (1) 2,5 (1) 8,3 (1) 4,2 (1) 1,2 (1) n.c. 8,3 * Lituanie Luxembourg Macédoine 24, ,6 71 0,6(2) Etats-Unis , ,5 77 5,6 Malte Moldavie Monténégro Norvège Ouzbékistan Pays-Bas Pologne Portugal Roumanie Royaume-Uni Russie Serbie Slovaquie Slovénie Suède Suisse Tadjikistan Rép. tchèque Turkménistan Turquie Ukraine 36 46,5 8,8 7,7 5,3 4, ,3 789, ,8 160,7 2198,2 1254,7 42,4 88,3 49,6 397,7 484,1 4,6 189,7 NC 593,5 115, NC , , ,9 10,2 0,9 3 0,5 4,3 1, ,5 3,1 0,4 11,8 0,6 4 5,8 14 ESPÉR. DE VIE ÉVOLUTION CHÔMAGE depuis ,2 (2) 2 (1) 2,3 (2) 0,8 (2) 3,4 (2) n.c. 0,3 (1) n.c. 0,2 (1) 5,4 (1) 2,4 (1) 1,4 (2) 2,3 (1) 0,8 (2) 7,2 (2) 1,2 (1) 0,1 (1) 1,8 (1) 0,6 (1) n.c. 0 (1) n.c. 4,8 (1) 0,4 (2) PIBréel :enmilliardsdedollars PIB/hab.:endollars tauxd inflation :en% espérance devie :enannées évolutionduchômage :enpoints (1) données OCDEde2006 à2009 ;(2) données BIT de 2006 à2008 *dernier tauxconnuen% (2006) 43

3 Union européenne Le traité de Lisbonne entre enfin en vigueur Herman Van Rompuy et Catherine Ashton, deux inconnus àla tête de l exécutif européen Après huit ans de palabres et de rebondissements, l entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le 1 er décembre 2009, permet àun improbable tandem de monter sur scène:lebelge Herman VanRompuy, 62ans, est désigné àlaprésiden- ce stable du Conseil européen, tandis que la Britannique Catherine Ashton, 53 ans, devient haute représentante de l Union pour les affaires étrangères. Le premier, désigné pour deux ans et demi par les chefs d Etat et de gouvernement, aété premier ministre conservateur de son pays pendant àpeine onze mois. Novice en matière diplomatique, la seconde est commissaire européenne au commerce depuis dixhuit mois. Mais elle aété soutenue à la dernière minute par le gouvernement travailliste britannique et par la gauche européenne. Jusqu au bout, les promoteurs du traité, héritier de la défunte Constitution, ont tremblé. Le texte n a été approuvé que le 2octobre par les électeurs irlandais, un an et demi après une première consultation négative. Pour convaincre les Irlandais, les Vingt-Sept ont renoncé à réduire la taille de la Commission et ont garanti que le nouveau traité ne remettrait pas en cause la spécificité fiscale de leur pays, sa neutralité diplomatique ou la législation contre l avortement. Frappés de plein fouet par la crise, les Irlandais ont surtout eu le temps de redécouvrir les avantages de leur ancrage européen et de leur appartenance à la zone euro. Un mois plus tard, le 3novembre, le traité est par ailleurs signé par Vaclav Klaus, le très eurosceptique président tchèque. Celui-ci lève son opposition à un texte qu il qualifie d «antidémocratique», en échange d une dérogation accordée àson pays au sujet de la charte des droits fondamentaux (afin d empêcher les Allemands des Le président du Conseil européen prendra le pas sur les présidences tournantes, qui ne disparaissent pas Sudètes, expulsés en 1945 de Tchécoslovaquie, d obtenir réparation devant la justice européenne). A peine nommé, le couple Van Rompuy-Ashton suscite la controverse, mais n en marque pas moins le début d une nouvelle ère pour l Union européenne. Le traité de Lisbonne est censé, sur le papier, améliorer le fonctionnement de l Europe élargie. Le président stable du conseil aura pour mission de coordonner les travauxdes chefs d Etat et de gouvernement, en prenant le pas sur les présidences tournantes, qui ne disparaissent pas pour autant. Soucieux d éviter toute cacophonie, les Vingt-Sept ont privilégié un profil discret, susceptible de forger des consensus, au détriment de personnalités plus en vue, mais plus controversées, comme Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois, ou Tony Blair, l ancien premier ministre britannique d abord soutenu par Nicolas Sarkozy avant que celui-ci ne jette, avec la chancelière allemande Angela kel, son dévolu sur M.Van Rompuy. Apeine entré en fonction, le 1 er janvier, celui-ci a pris ses marques face au président de la Commission, José Manuel Barroso, en convoquant pour février2010 un sommet informel sur l économie. Il affirme aussi vouloir assister aux réunions internationales, comme celles du G20. Le traité conforte le rôle d impulsion des Etats membres dans une Europe plus intergouvernementale que jamais. Il étend les décisions àla majorité qualifiée pour réduire l usage du veto dans des domaines comme la coopération judiciaire et policière. Il généralise aussi la codécision entre le Conseil et le Parlement, qui conforte sa montée en puissance. Les eurodéputés sont désormais placés à égalité du Conseil en matière agricole,énergétique ou budgétaire.et il leur tarde d exercer leurs nouveaux pouvoirs.p Philippe Ricard La régulation financière, une pomme de discorde pour les Vingt-Sept Soucieux de jouer un rôle moteur au G20, les Vingt-Sept ont tenté de pousser les feux de la régulation financière en Europe. Le chantier est loin d être consensuel. Il donne lieu à de vives empoignades entre les capitales, Londres cherchant en particulier à défendre les intérêts de la City face aux velléités régulatrices de Paris. La tension culmine début décembre2009, lors de la nomination du Français Michel Barnier au poste très sensible de commissaire au marché intérieur, en charge des services financiers. Nicolas Sarkozy présente le choix du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, comme le «triomphe des idées françaises»,ce qui contribue à braquer les autorités britanniques. Parmi les priorités identifiées au plus fort de la crise, les Vingt-Sept décident d unifier davantage un dispositif de supervision des activités financières jusqu ici très fragmenté. Au cœur de la tourmente, les différentes autorités nationales ont eu le plus grand mal à se concerter pour sauver les établissements en difficulté. La création d un Comité européen du risque systémique, adossé à la Banque centrale européenne, est actée début décembre. Dès 2010, cet organe sera chargé de la surveillance macroéconomique, afin de prévenir, par exemple, la création de bulles immobilières. Il est par ailleurs décidé de créer trois agences européennes dont la mission sera de superviser les marchés bancaires, boursiers et de l assurance, en lien étroit avec les autorités nationales. Les prérogatives et les règles de fonctionnement de ces différentes entités ont fait l objet d un laborieux compromis entre les capitales. Mais elles sont jugées insuffisantes par les principales forces du Parlement européen, qui entendent muscler le paquet d ici son adoption définitive début Au printemps, les Vingt-Sept ont par ailleurs encadré plus strictement l activité des agences de notation:elles doivent désormais s enregistrer avant d exercer sur le continent. Les Européens examinent aussi la façon de renforcer les fonds propres des banques, en liant leurs exigences aux politiques de rémunération, afin d éviter les dérapages excessifs. Au grand dam de la City, les Vingt-sept ont, enfin, mis en chantier une législation destinée à réguler les fonds alternatifs. L idée est de leur accorder un «passeport européen»quand ils acceptent de s implanter sur le territoire de l Union, plutôt que dans des paradis fiscaux offshore. p Ph. Ri. 44

4 Les subtils arbitrages de José Manuel Barroso AFP /BEN STANSALL Quinze mois après avoir rejeté le traité de Lisbonne, les Irlandais l adoptent à 67,13 %lors d un second référendum, le 2 octobre Al âge de 53ans, José Manuel Barroso a été reconduit, non sans difficulté, à la tête de la Commission européenne. A peine confirmé par les eurodéputés, mi-septembre, le conservateur portugais place son second mandat de cinqans sous le double signe d une «reprise durable» et d une «économie plus verte». José Manuel Barroso cherche ainsi à répondre aux critiques qui ont accompagné sa reconduction:à droite comme à gauche, nombreuses sont les voix qui ont mis en cause l inertie de la Commission sortante face à la crise financière. Pour sa défense, M. Barroso fait valoir que le rapport dirigé par Jacques de Larosière sur la supervision des marchés financiers, présenté en février2009 à sa demande, sert de cadre de référence aux travaux législatifs engagés en Europe dans le domaine de la régulation. Mais, de l avis général, l exécutif européen n a pas su anticiper la crise économique. Le commissaire sortant au marché intérieur, l Irlandais Charlie McCreevy, a même longtemps refusé de réguler davantage les services financiers. Au plus fort de la récession, la Commission européenne a par ailleurs eu le plus grand mal àfaire respecter les règles européennes en matière de concurrence et de libre circulation face aux initiatives prises, souvent sans concertation, par les gouvernements pour soutenir leurs économies ou leurs entreprises nationales. En attribuant les portefeuilles au sein de sa nouvelle équipe, José ManuelBarroso a voulu donner des gages aux différentes familles politiques qui constituent la Commission européenne, et aux principaux Etats. Sur 27membres un par pays,l exécutif compte treize conservateurs, huit libéraux et six socialistes. Action climatique Le Français Michel Barnier (parti de l UMP) est nommé au poste de commissaire au marché intérieur et aux services financiers. Le socialiste espagnol Joaquin Almunia hérite, lui, du portefeuille de la concurrence. Il cède sa place aux affaires économiques et monétaires au Finlandais Olli Rehn, un libéral jusqu ici chargé de l élargissement. L Allemand Günther Œttinger reçoit l énergie, tandis que l Italien Antonio Tajani est nommé àl industrie. Le portefeuille de l agriculture est confié au Roumain Dacian Ciolos. Enfin, le portefeuille inédit de l action climatique est confié àla ministre danoise Connie Hedegaard. L entrée en fonctions du nouvel exécutif européen est prévue pour le 1 er février 2010.p Ph. Ri. Janvier 1 er Euro La Slovaquie devient le 16 e pays àadopter l euro. 1 er Présidence La République tchèque prend la présidence tournante du Conseil de l Union européenne. Février 18 Déficit La Commission européenne propose d ouvrir des procédures pour déficit excessif à l encontre des pays où celui-ci risque de dépasser les 3%du PIB en2008 et Sont visés: France, Espagne, Irlande, Grèce et Lettonie. Le 7octobre, cette liste est complétée par neuf Etats: Allemagne, Italie, Pays-Bas, Belgique, Portugal, Autriche, République tchèque, Slovénie et Slovaquie. Mars 1 er Crise Les dirigeants des 27 pays membres refusent l idée d un vaste plan d aide pour les ex-pays de l Est, particulièrement touchés par la crise. 24 Présidence En pleine présidence tchèque de l Union européenne, chute du cabinet de centre droit du premier ministre de la République tchèque Mirek Topolanek, remplacé par Jan Fischer. Mai 6 Banques Les députés européens votent une révision de la directive sur les fonds propres des banques: ils valident l interdiction pour un établissement de s exposer pour plus de 25%deses fonds propres à un même client afin de réduire les risques de faillite en chaîne. Juin 7 Elections Le nouveau Parlement de Strasbourg (736 sièges hors Ecosse et Irlande du Nord) compte une majorité relative de députés conservateurs (265 élus). 30 Présidence Début de la présidence suédoise du Conseil européen. Juillet 14 Parlement Le Polonais Jerzy Buzek est élu àlatête du Parlement. 16 Elargissement Effet de la crise financière, le Parlement islandais approuve l ouverture de négociations concernant l adhésion à l Union européenne. Août 3 Démographie L Union européenne comptait 499,8millions d habitants au 1 er janvier (Eurostat). 3 Aides Les producteurs de fruits et légumes devront rembourser à l Etat français 500millions d euros versés entre1992 et L Union estime que ces fraudes ont faussé la concurrence au sein du marché unique. Septembre 8 Jeux La Cour de justice européenne juge légitime la volonté des Etats d interdire les jeux en ligne. 16 Commission M. Barroso, le président sortant de la Commission européenne, obtient le soutien d une majorité d eurodéputés en vue d un second mandat de cinq ans (382 voix pour, 219 contre et 117 abstentions). 23 Traité L Allemagne ratifie le traité de Lisbonne. Octobre 3 Traité L Irlande adopte le traité de Lisbonne lors d un second référendum. La Pologne le ratifie le Elargissement Bruxelles réclame àlaturquie des progrès sur la liberté d expression, la liberté de religion, les droits syndicaux, le droit des femmes et la justice. Novembre 3 Traité La République tchèque est le dernier Etat membre à ratifier le traité de Lisbonne. 19 Exécutif Les 27 chefs d Etat et de gouvernement choisissent le premier ministre belge chrétien-démocrate Herman Van Rompuy au poste de président du Conseil européen et la commissaire britannique Catherine Ashton à celui de haut représentant pour les affaires étrangères. 30 Schengen Les ressortissants de Serbie, Macédoine, Monténégro sont dispensésde visa pour circuler dans l espace de Schengen. Ceux de Bosnie et d Albanie devront attendre. Décembre 1 er Traité Entrée en vigueur du traité de Lisbonne. 7 Elargissement La Serbie et l Union européenne relancent leur processus de rapprochement. 45

5 Union européenne DANEMARK du Nord Baltique Hambourg Brême Hanovre PAYSBAS Essen Dortmund Duisbourg Düsseldorf BELG. LUX. Berlin Leipzig Cologne Francfort Stuttgart FRANCE POLOGNE Europe Allemagne Dresde RÉP. TCHÉQUE Munich AUTRICHE SUISSE Chancelière 500 km Horst Köhler Angela kel km2 82 millions 5,3 % 7,5 % euro D ébut novembre2009, lors de son premier discours de politique générale après sa réélection, Angela kel a déclaré que la crise mettait l Allemagne face «à un défi comme elle n en avait pas connu depuis la réunification». Pour son second mandat, la chancelière chrétienne-démocrate (CDU) a placé le soutien à la croissance au centre de son action, quitte à laisser filer les déficits. Qu il semble lointain, le temps où elle espérait à mi-voix que le pays sortirait indemne de la déflagration économique mondiale! La première économie européenne aura encaissé en 2009 une récession historique, avec un recul prévu de plus de 5 % de son produit intérieur brut (PIB). Plus que ses voisins, l Allemagne a subi de plein fouet l effondrement des marchés mondiaux. Elle a chèrement payé la spécialisation de son économie avec des exportations qui comptent pour près de 50 % dans son PIB. Machinesoutils, automobile, sidérurgie, chimie Dans tous ces secteurs, d ordinaire moteurs de la croissance, les commandes ont dégringolé. Après quatre trimestres consécutifs de baisse, la machine semble s être remise en marche au printemps. Un rebond qui résulte avant tout du redémarrage du commerce mondial. Les experts des principaux instituts de conjoncture s autorisent un peu d optimisme et prédisent une croissance de 1,2 % en L économie allemande reste pourtant convalescente. La relance de la conjoncture internationale concerne avant tout les pays en voie de développement, des marchés peu stratégiques pour l industrie outrerhin comparés à la zone euro et aux Etats-Unis. Même si elles sont reparties à la hausse, les exportations restent encore bien en dessous du Allemagne Autriche Belgique Bulgarie Chypre Danemark Espagne Estonie Finlande France Grèce Hongrie Irlande Italie Lettonie Lituanie Luxembourg Malte Pays-Bas Pologne Portugal Roumanie Royaume-Uni Slovaquie Slovénie Suède Tchèque (Rép.) P. 46 P. 47 P. 48 P. 48 P. 49 P. 49 P. 49 P. 50 P. 51 P. 51 P. 51 P. 52 P. 53 P. 53 P. 54 P. 54 P. 55 P. 55 P. 55 P. 56 P. 56 P. 57 P. 57 P. 58 P. 59 P. 59 P niveau d avant la crise. Autre menace : la pénurie de crédit. Les banques régionales allemandes, spécialisées dans le financement des PME, ont été très affaiblies par la crise financière et ne prêtent qu au comptegouttes. Le pire est-il encore à venir? Le marché du travail semble avoir jusqu ici bien encaissé les turbulences de l économie mondiale. A l automne, contredisant tous les scénarios qui prédisaient une explosion du chômage, la tendance a même été à la baisse des inscriptions. Fin octobre, l Allemagne comptait 3,23millions de chômeurs, soit 7,7% de la population active. L Agence pour l emploi souligne le rôle joué par l incitation au chômage partiel (Kurzarbeit), subventionné par l Etat. Plus de 1million d Allemands sont concernés par ce dispositif. Le précédent gouvernement a fait de la sauvegarde de l emploi sa priorité, craignant les répercussions de grandes vagues de licenciements à l approche des élections législatives de fin septembre. Il a monté de 18 à 24 mois la durée d indemnisation du Kurzarbeit. Plus symbolique, Berlin a décidé de prolonger jusqu à mai2011 les restrictions de l ouverture de son marché du travail aux ressortissants d Europe de l Est. Selon les experts, le pire sur le front de l emploi a sans doute été évité. Mais les prévisions pour les mois à venir ne sont guère encouragean- [PAGE: BILAN_DU_MONDE - BILAN_DU_MONDE /01/10] [IMPRIMEE LE: 04/01/10 16:48 PAR: ZAMBUTO] [COULEUR: Composite]

6 tes. Le nombre de chômeurs devrait dépasser les 4millions en Une dégradation du marché du travail devrait avoir un effet négatif sur la consommation. Eternel talon d Achille de la croissance outre- Rhin, celle-ci s est pourtant montrée très stable ces derniers mois. Les statistiques ont même montré une légère progression des dépenses des foyers aux premier et deuxième trimestres 2009 (+0,6% et +0,7%). Certaines mesures de relance ont eu un effet ponctuel, comme la prime à la casse qui a littéralement dopé les ventes de véhicules. Mais cette tendance est surtout àmettre sur le compte d une inflation quasi nulle, alors que la hausse des prix était devenue un sujet de préoccupation majeur des Allemands avant le déclenchement de la crise. D ailleurs, les manifestations pour le pouvoir d achat, nombreuses en 2008, se sont arrêtées en Malgré l explosion du chômage technique et les concessions faites par les salariés sur leur fiche de paie, la crise n a pas gagné la rue. Mais le moral des ménages est en baisse. Pour les salariés au chômage partiel, les conditions de travail se sont précarisées. Et le climat d incertitude semble inciter de nouveau les Allemands à la prudence. Depuis le mois d août, les ventes de détail sont en recul. La première économie européenne abeau être sortie du rouge, la prudence reste donc de mise. Avant que la situation ne s améliore pour de bon, «les problèmes vont d abord empirer», ajugé M me kel en novembre. Pour répondre à ces défis, le nouveau gouvernement de droite, formé des chrétiens-démocrates et des libéraux (FDP), a choisi de donner la priorité à la croissance plutôt qu à l équilibre du budget. Berlin a adopté des mesures d allégement fiscal qui entreront en vigueur à partir de janvier2010. Au menu: rabais d impôts pour les familles, baisse de la TVA dans l hôtellerie ou encore réforme du système de taxation des entreprises. En 2011, la coalition veut aller plus loin en réformant le système fiscal de manière à ce que les revenus des classes moyennes soient moins ponctionnés. Cesbaisses d impôts chiffrées par la nouvelle coalition à quelque 20milliards d euros par an à partir de 2011 sont très critiquées par la plupart des économistes qui appellent à ne pas trop s affranchir de l orthodoxie budgétaire. Selon les principaux instituts de conjoncture, le déficit public après avoir été quasiment ramené à l équilibre devrait atteindre 3,2% du PIB en 2009, puis 5,2%en2010. Berlin affirme ne pas perdre de vue l objectif de consolidation budgétaire:il a d ailleurs inscrit dans la Constitution, en mai, un mécanisme de «frein àladette» au terme duquel l Etat fédéral ne pourra plus dépasser 0,35%du PIB d endettement chaque année, à partir de Après quelques mois d hésitation, l Allemagne a finalement, décidé début 2009, de consacrer 50milliards d euros au soutien de son économie. Le paquet se déclinait en deux axes:un grand pacte pour l investissement et un deuxième volet dédié à des baisses d impôts et de cotisations. Berlin a aussi adopté un fonds de sauvetage des entreprises doté de 115milliards d euros, comprenant garanties et crédit. Cet interventionnisme économique a suscité un vaste débat outre- Rhin. Le gouvernement n était-il pas en train de mettre en péril le modèle d économie sociale de marché, si cher aux Allemands?Avait-il la légitimité de choisir de venir en aide à certaines entreprises plutôt qu à d autres?le dossier Opel a contribué à attiser la polémique. Le sauvetage du constructeur, mis en vente par sa maison mère, l américain General Motor (GM), a été orchestré à grands renforts de fonds publics. Pourtant GM a infligé un camouflet à Berlin en décidant finalement, en novembre, de garder Opel dans son giron. Dans le secteur financier également, le gouvernement s est attaqué à quelques tabous. La banque Hypo Real Estate, principale victime de la crise financière, a ainsi été nationalisée au cours de l année. L Etat a aussi pris des participations dans Commerzbank, la deuxième banque allemande. Dans le même temps, Berlin a milité pour une moralisation des pratiques salariales dans le monde de la finance. Tout au long de la campagne pour les législatives, la chancelière kel et son adversaire socialdémocrate Frank-Walter Steinmeier, ont dénoncé sans relâche l avidité des banquiers. Sous la pression politique, la Bafin, le gendarme allemand des marchés financiers, a publié mi-août un corpus de règles pour mieux encadrer les rémunérations variables. A partir de janvier2010, les banquiers seront associés aussi bien aux profits qu aux pertes:ils seront tenus de rembourser tout ou partie de leur bonus s il s avère qu ils ont pris des risques injustifiés. p Marie de Vergès PorscheetSchaefflerprisaupiègedeleursambitions L image du capitalisme familial à l allemande a été écornée ces derniers mois avec les «sagas» Porsche et Schaeffler:deux groupes prestigieux pris au piège de leurs opérations financières risquées. Pendant deux ans, Porsche est monté au capital de son compatriote Volkswagen via un subtil mécanisme d options sur actions. Le fabricant de voitures de sport rachetait une entreprise dont les effectifs étaient trente fois supérieurs grâce à des contrats de dérivés signés avec des banques. Une prise de contrôle hostile sans prime sur le cours de Bourse, l astuce lui permettant de contourner la législation allemande qui exige une déclaration en cas d acquisition massive. Le procédé a inspiré l industriel familial bavarois Schaeffler:durant l été 2008, le fabricant de roulements à billes s est approprié discrètement 36%du capital de Continental, cinquième équipementier mondial, avant d en prendre le contrôle. A l époque, les milieux économiques saluaient l audace de la propriétaire du groupe, Maria-Elisabeth Schaeffler. Mais certains observateurs tiraient le signal d alarme contre l inertie du dispositif de régulation boursière, incapable de lutter contre les prises de contrôle rampantes. L effondrement des marchés d actions et la crise du secteur automobile ont jeté àterre les deux acrobates de la finance, surendettés. Pour Porsche, l histoire s est très mal terminée. En juillet, la fusion s est inversée:volkswagen a annoncé qu il allait prendre le contrôle du fabricant de la 911. Porsche adûcéder une grande partie de ses options à l émirat du Qatar, lequel devrait posséder 17 % du nouvel ensemble. Une cession qui a entraîné de fortes dépréciations dans ses comptes. Mi-novembre, le constructeur a annoncé une perte imposable de 4,4milliards d euros sur l exercice Ces déboires ont poussé vers la sortie le patron de Porsche, Wendelin Wiedeking. Quant à la famille Schaeffler, elle aété contrainte, à l été 2009, d apporter ses actions en garantie pour boucler un refinancement. Au moins, le dépôt de bilan est évité. Il s en est fallu de peu. Début 2009, acculée àla faillite, la société s était résolue à demander l aide de l Etat, sans succès. L accord trouvé avec ses créanciers donne à Schaeffler une marge de manœuvre pour mener à terme sa fusion. Reste que les relations avec Continental sont tendues: l équipementier n a cessé d accuser son indésirable maison mère d avoir pris des risques inconsidérés. p M. d. V. Autriche ALLEMAGNE LIECH. SUI. Innsbruck ITALIE Chancelier SLOVÉNIE CROA. 100 km Heinz Fischer Werner Faymann km 2 8,4 millions 3,8 % 4,7% euro RÉPUBLIQUE TCHÈQUE Linz Salzbourg Klagenfurt Vienne Graz SLOV. HONGRIE Grâce àune réaction précoce, appuyée par une coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs, l Autriche aplutôt bien résisté àlatempête financière. La Banque centrale autrichienne (ÖNB) arévisé favorablement en fin d année ses prévisions, tablant sur un recul de 3,5%duproduit intérieur brut (PIB) en 2009 (contre 4,2% annoncés en juin) et une croissance de 1,2%en2010, au lieu d un timide 0,4%. Les prévisions des plus pessimistes, qui redoutaient un effondrement des banques autrichiennes, très exposées en Europe de l Est, ne se sont pas vérifiées. Pour éviter une faillite catastrophique, le gouvernement adûcependant nationaliser à100%lesixième établissement du pays, le Hypo Group Alpe Adria (HGAA), qui détient entre 10%et35%du marché dans les Balkans et avait accumulé 1,7 milliard d euros de pertes. HGAA along- temps financé les projets tapageurs du défunt gouverneur de Carinthie et chef de l extrême droite autrichienne Jörg Haider. Le bien-être de l Autriche, a rappelé le vice-chancelier, repose avant tout sur le dynamisme de son industrie En rehaussant les tranches d imposition, une réforme fiscale aper- mis de redonner du pouvoir d achat aux ménages et de maintenir le niveau de consommation. Une prime àlacasse modérée, maintenue jusqu en juillet2009, asoutenu le marché automobile, même si ce secteur d activité, traditionnellement important en Autriche, asouffert à l exportation. Le bien-être de l Autriche, arap- pelé le vice-chancelier conservateur Josef Pröll, repose avant tout sur le dynamisme de son industrie aaa 47

7 Union européenne Europe aaa et ses 40000entreprises exportatrices. L impact de la crise sur l emploi aété amorti par la création d un régime de chômage partiel (Kurzarbeit), inconnu jusqu alors dans le pays, qui apermis d éviter nombre de licenciements secs, le chiffre Euro-stat du chômage s établissant à4,4%, soit un point de plus en un an. L Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) l estime à4,8 % etprévoit que la situation sur ce front va continuer àsedégrader. Le déficit budgétaire reste contenu à3,4%dupib. Le plus grand défi, selon l Institut autrichien de recherche économique (WIFO), est l explosion des dépenses de l Etat et de la dette publique, qui atteindra 70% du PIB en Fruit des promesses de la campagne électorale de 2008, l extension des prestations sociales grève le budget fédéral:41,7%dutotal en 2010 (contre 35,6% en2000), dont 22,8% pour les seules retraites, les Autrichiens quittant la vie active à58ans en moyenne. p Joëlle Stolz Belgique du Nord Bruges Gand FRANCE Albert II Yves Leterme (25/11/09) Anvers Bruxelles Charleroi km 2 10,8 millions 3,2 % 8,1 % euro PAYS-BAS Namur Liège LUX. 50 km ALLEMAGNE Pour labelgique, la crise aura eu un effet bénéfique :elle a temporairement relégué au second plan le conflit institutionnel, toujours pas résolu, entre Flamands et Wallons. Plongé par hasard au cœur de la tourmente àla fin de 2008, le chrétien-démocrate Herman Van Rompuy aprofité des circonstances et de l image de pacificateur qu il s est forgée:moins d un an après avoir été nommé premier ministre de son pays, il est devenu le premier président «permanent»duconseil européen. Le départ de M.Van Rompuy signifie le retour d Yves Leterme, son collègue de parti. L homme, qui se promettait de réaliser une nouvelle grande réforme des institutions au profit de la Flandre, a-t-il changé, un an après avoir trébuché sur divers obstacles, dont le dossier du rachat de la banque Fortis par Paradoxalement, le revenu disponible a augmenté de 2,1%en2009 BNPParibas?C était l espoir de ses partenaires. Encadré par l un de ses prédécesseurs, Jean-Luc Dehaene, promu commissaire royal chargé des questions institutionnelles, M. Leterme pourra se concentrer sur les dossiers socio-économiques. Et il aura du travail. La crise très profonde du secteur bancaire a fortement affecté l économie, petite et très ouverte. La situation du marché de l emploi surtout, déjà marquée par la persistance d un chômage structurel important, s est encore dégradée. Après avoir eu massivement recours au chômage temporaire ou partiel, les entreprises annoncent des licenciements qui devraient faire passer le taux de demandeurs d emploi à 10%de la population active en 2010 et davantage en 2011, selon la Commission européenne. Des problèmes structurels affectent des secteurs importants comme la construction, le montage automobile et la finance. Autrepoint noir:ladégradation des finances publiques. Si le déficit de l Etat belge s élève à 6,1%en 2009 un peu moins que la moyenne européenne,la dette publique est repartie à la hausse. Après être tombée à 84%du produit intérieur brut en 2007, elle devrait repasser la barre des 100% dès 2010, suscitant l inquiétude des autorités européennes qui pressent le gouvernement d accélérer la réduction de ses déficits. Ce dernierestime toutefois que les moments les plus difficiles sont derrière lui. Il relève même quelques bonnes nouvelles dans le dernier état des lieux dressé par la Banque nationale. Parmi celles-ci, un retour à la croissance à la fin de 2009 (ce qui limite à 3,2%le recul sur l ensemble de l année) et la promesse d une augmentation de 1% du produit intérieur brut (PIB) en 2010 (la Commission européenne n annonce que 0,6%). L inflation, nulle en 2009, restera modérée, ce qui limitera l augmentation du coût de la main-d œuvre. Les salaires belges sont, en effet, indexés automatiquement dès que l inflation dépasse un certain palier. Ce mécanisme a fait que, paradoxalement, le revenu disponible a augmenté de 2,1%en 2009:l inflation, qui atteignait 6% en juillet2008, a entraîné deux hausses salariales consécutives. Si cette évolution est restée sans effet sur la consommation privée, qui areculé de 3%en 2009, elle a, en revanche, entraîné l augmentation du taux d épargne des ménages:il dépasse désormais le niveau record de 19%. L Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pointe d autres urgences pour les dirigeants, comme la relance de l emploi, l assouplissement des réglementations et l amélioration du système fiscal, très pénalisant pour les travailleurs.p Jean-Pierre Stroobants Bulgarie SERBIE MAC. GRÈCE ROUMANIE Pleven Sofia Plovdiv Égée Gueorgui Parvanov BoïkoBorissov (27/07/09) km 2 7,6millions 6,5 % 5,6 % euro Ruse Sumen Sliven Stara Zagora Dobrich TURQUIE Varna Noire Burgas 100 km Ancien garde du corps, puis maire de Sofia, le nouveau premier ministre de centre droit, Boïko Borissov, arrivé au pouvoir à l issue des législatives de juillet2009, a une tâche redoutable: rétablir la confiance de l Union européenne (UE) à l égard de la Bulgarie. Le gouvernement espère que les programmes de construction d infrastructures, financés par les fonds européens de pré-adhésion, vont redémarrer. En 2008, inquiète du niveau de la corruption et des retards pris par la Bulgarie dans les réformes structurelles, la Commission avait suspendu cinq programmes de coopération sur sept. Elle avait gelé 825millions d euros d aides, dont 200millions ont été annulés. Après une hausse de 6%du PIB en 2008, la Bulgarie a enregistré une chute de 4,9%ausecond trimestre Sur l ensemble de l année, le gouvernement envisageait une baisse de 6,3%. Dans son projet de budget, il prévoyait une baisse de 2%en 2010 avec une inflation de 2,2%. Ce budget est aussi basé sur un déficit de seulement 0,7%, une approche 48

8 L Espagne aconnu une année noire, sans même apercevoir, à l horizon de 2010, les timides lueurs de reprise que connaissent les autres pays européens. Elle est le pays qui aleplus dépensé en plans de relance 2,3%duproduit intérieur brut (PIB) en 2009,mais elle reste àlatraîne de l ensemble de la zone euro en raison des handicaps structurels de son économie. Le recul du PIB afrôlé les 3,7%. Si la récession s est ralentie au cours du dernier trimestre, c est surtout grâce aux effets de la relance dans les pays voisins. Peu d experts se risquent à dater la sortie de crise espagnole. «Lepire de la crise est passé, mais nous avons encore devant nous des trimestres difficiles, particulièrement dans le domaine du chômage»,a reconnu la ministre de l économie, Elena Salgado. L hémorragie des emplois s est poursuivie en 2009, à peine ralentie pendant l été par les contrats saisonniers de l indusaustère s inscrivant dans la volonté du pays de rejoindre la zone euro. Ainsi, les salaires du secteur public et les retraites seront gelés. De 5,7% en juin2008, le chômage est passé à 6,4%un an plus tard (5,6% selon les prévisions du BIT). Le secteur du bâtiment et des travaux publics, en plein essor les années précédentes, tablait sur une baisse de 22%deson chiffre d affaires. Il a perdu 35000emplois en Confrontée à des difficultés financières, la Bulgarie envisage de demander un prêt de 1milliard d euros à la Banque mondiale. Elle tente aussi de trouver des investisseurs pour la construction d une seconde centrale nucléaire à Béléné (nord), après le retrait de l allemand RWE. Ce projet était estimé à 4milliards d euros, la compagnie nationale d électricité bulgare (NEC) devait en détenir 51%etRWE 49%. Mais le gouvernement bulgare cherche à réduire la part du pays. Selon le ministre de l économie, Traïtcho Traïkov, le projet devrait coûter finalement «plus de 10milliards d euros». p Piotr Smolar Chypre Paphos TURQUIE (2008) Zone occupée parl'armée turque depuis 1974,autoproclamée «République turque de Chypre du Nord» Lefkosie Larnaka Limassol Demetris Christofias 9000 km 2 1,1 million 0,5 % 3,6 % euro Famagouste Méditerranée 40 km Chypre aété frappée par la crise en 2009, avec la chute de 15 % des revenus de l immobilier et du tourisme. Ces deux secteurs assurent le tiers du produit national de la partie sud de l île reconnue par la communauté internationale la zone nord étant sous occupation turque depuis Pour la première fois en trenteans, l économie s est contractée, d environ 0,5%, sans reprise notable attendue en 2010, après une croissance de 3,8% en2008. Le chômage, qui s élève à5,5%, contre 3,6% en 2008, et le déficit public ont augmenté. Quatorzième pays de l Union européenne (UE) àadopter l euro en 2008, avec un déficit de 0,9% du PIB, Chypre doit frôler en 2009 les limites du pacte de stabilité, avec un déficit de près de 3,5%deson PIB, qui devrait se creuser franchement en 2010 ( 4,5%). L inflation, elle, a reculé, à 1% contre 4,4% en Le gouvernement de gauche a durci la lutte contre la fraude fiscale pour compenser son soutien aux bas revenus et à l investissement public. Il alancé un programme de 3milliards d euros d émission de bons spéciaux du Trésor. Par ailleurs, l année 2009 n a pas marqué de progrès vers la réunification de l île, ce qui continue d hypothéquer la candidature de la Turquie àl UE. p Catherine Georgoutsos Danemark du Nord NORVÈGE Esbjerg S k a g e r Arhus r a k Alborg Odense ALLEMAGNE Copenhague Fyn Lolland Kattegat Sjaelland Mon Falster Margrethe II km 2 5,5 millions SUÈDE Bornholm Baltique 100 km Lars Lokke Rasmussen (05/04/09) 2,4 % 6,9 % couronne danoise (0, ) La nomination, le 4avril 2009, du premier ministre libéral Anders Fogh Rasmussen au poste de secrétaire général de l OTAN adonné lieu àunremanie- ment ministériel. Le nouveau chef de gouvernement est, depuis le 5avril 2009, l ancien ministre libéral des finances, Lars Lokke Rasmussen. Al automne, il afait passer son premier budget 2010 avec le soutien de l extrême droite comme c est le cas au Danemark depuis 2001 sous la marque du déficit budgétaire, rompant avec une série de budgets excédentaires depuis Même si l excellente situation de son économie et son niveau de plein-emploi jusqu en 2008 lui permettent de mieux affronter les défis de la crise, le Danemark doit faire face àlarécession. Les investissements dans le secteur public ont augmenté d environ 15%en2009 et devraient faire de même en C est la première fois depuis les années 1960 qu une croissance à deux chiffres des investissements publics est enregistrée deux années de suite. Bien que gouverné à droite, le Danemark recourt largement au service public, notamment pour réguler le marché du travail. Depuis la mi-2008, le taux de chômage est passé de 1,7%à 4,1%à l automne 2009 (6,4 % selon l OCDE). Cela reste bas comparé au reste de l Europe. Le chômage a progressé surtout dans le secteur privé tandis que dans le service public, il se maintient àun niveau très faible grâce aux nombreux départs en retraite remplacés. Le modèle de «flexicurité»(flexibilité du marché du travail et protection des chômeurs) du marché du travail, qui a fait la notoriété du Danemark depuis une décennie, est pour la première fois exposé àune crise. Il n arrive pas àgérer le chômage des jeunes. Début septembre, l Etat a débloqué 134millions d euros pour créer 5000nouvelles places de stages afin d occuper ces jeunes sans emploi. Du 7au18décembre s est tenu à Copenhague le sommet de l ONU sur le changement climatique, l événement majeur de l année. Les espoirs qui accompagnaient cette conférence ont été déçus. Présentée comme un fiasco, son organisation chaotique a été critiquée, et il est reproché aux responsables politiques danois d avoir été dépassés. L année a également été marquée par un scandale politique, survenu durant l automne. Tim Sloth Jorgensen, le chef d état-major, a dû démissionner à la suite d une controverse née d un livre écrit par un ancien membre des forces spéciales en Afghanistan et en Irak. La défense danoise a tenté en vain de faire interdire le livre, arguant du danger que représentait la description des opérations pour les soldats danois engagés sur le terrain, et avait, pour y parvenir, mené une campagne de désinformation. p Olivier Truc Après s être enorgueillie de la solidité de ses banques, l Espagne a découvert de sérieuses fissures dans son système de crédit. Dans son rapport de stabilité financière de novembre2009, la Banque d Espagne estimait les crédits douteux de l ensemble du secteur à plus de 90milliards d euros. Selon l estimation de certains analystes, le taux d impayés approcherait ainsi les 9%,consumant la totalité des provisions «anticycliques» accumulées pendant les années de croissance. Pour Tony Angel, le directeur de Standard &Poor s Europe, «cefort taux d impayés fragilisera le système bancaire espagnol pendant les trois prochaines années». Espagne La Corogne Vigo PORTUGAL Gijon Valladolid Madrid Cordoue Murcie Séville Grenade Océan Malaga Atlantique MAROC Bilbao Valence Juan Carlos I er de Bourbon José Luis Rodriguez Zapatero km 2 46,9 millions 3,7% 19,3 % euro FRANCE Saragosse Barcelone Palma Iles Baléares Alicante Méditerranée 200 km La crise favorise la réforme du secteur bancaire espagnol aaa Les banques détenaient en septembre pour 12milliards d euros d immeubles. Si tous les établissements financiers ont entrepris des plans de suppressions d agences et d emplois, les 45 caisses d épargne du pays, représentant environ la moitié du secteur du crédit, sont les plus menacées. Leur vulnérabilité à l activité immobilière a contraint la plupart de ces établissements à se lancer dans des processus de fusions. La Banque d Espagne insiste auprès du gouvernement pour un changement rapide de leur statut, afin qu elles aient «aussi facilement que les banques» accès au marché financier pour augmenter leurs fonds propres. 49

9 Union européenne Europe aaa trie touristique et par les plans gouvernementaux de soutien au secteur des travaux publics. Si le plan local d investissement de 8milliards d euros alloué aux collectivités locales apermis, selon le gouvernement, de préserver quelque emplois, plus de 1million de postes de travail ont été détruits en douze mois. L Espagne adépassé le cap des 4millions de chômeurs, soit un taux record de 17,9%dela population active (19,3 %selon l OCDE). Le gouvernement aprévu 18,9% en2010, alors qu Eurostat table sur plus de 20%dedeman- deurs d emploi. L indemnisationdecechômage massif afortement contribué au creusement spectaculaire du déficit public. Encore excédentaires début 2008, les comptes publics espagnols ont terminé l année 2009 à 10 % du PIB. Pour revenir dans les clous du pacte de stabilité en , comme convenu avec Bruxelles, le gouvernement de José-Luis Rodriguez Zapatero doit trouver au minimum 65milliards d euros en C est l une des raisons pour lesquelles l exécutif socialiste adûrevenir sur son dogme budgétaire selon lequel «les baisses d impôts sont de gauche».laloi de finances 2010 prévoit une forte hausse des taxes directes et indirectes, censées rapporter 11milliards d euros. La mesure aété mal accueillie par les experts, selon lesquels elle frappera essentiellement les classes moyennes. Soucieux de maintenir lapaix sociale avec les syndicats, M. Zapatero atenté de garder tout au long de l année le cap de sa politique sociale, notamment en créant un revenu minimum d insertion de 420euros pour les chômeurs en fin de droits et en promettant l augmentation des salaires et des retraites les plus bas. Mais il adûcéder, en fin d année, devant l insistance du patronat et de la banque centrale espagnole àréclamer une rénovation du marché du travail. Le chef du gouvernement aannoncé, début décembre, une réforme s inspirant de la flexibilité du modèle allemand. Alors que le patronat et les syndicats ont rompu le dialogue avant l été, le gouvernement devra les convaincre de s asseoir ànouveau à la même table pour discuter du recours au chômage partiel «comme instrument d ajustement temporaire» et surtout d une modification du régime des contrats àdurée indéterminée. La rigidité de celui-ci (et le coût des licenciements) serait l un des handicaps majeurs àlacompéti- tivité de l économie, selon l organisation patronale. Actuellement, 25% des salariés espagnols sont pourtant en CDD, contre 14% enmoyenne dans les 27Etats membres de l Union européenne. En novembre, plus de 90%des emplois créés étaient temporaires. Les organisations syndicales redoutent «une détérioration des droits des travailleurs». La fin du miracle espagnol, fondé sur le BTP et les services, déjà pressentie en 2008, s est confirmée en «L Espagne ne retrouvera jamais les 6%de PIB et les 8%d emplois perdus dans la construction avec l éclatement de la bulle»,estime l économiste Fernando Fernandez, de l IE Business School de Madrid. L autre pilier de l industrie, l automobile, qui participe pour environ 10%au PIB, dépend des décisions des constructeurs étrangers installés en Espagne. Après avoir redouté le pire dans les premiers mois de 2009, les régions abritant des usines menacées ont respiré en fin d année:renault s est engagé à moyen terme sur le site de Valladolid et Volkswagen a rassuré les Catalans sur l avenir de l usine Seat. Quant au tourisme (10 %du PIB), il a perdu plus de 12%de visiteurs étrangers en 2009 et devra faire évoluer son offre face à la concurrence d autres destinations bon marché. «Lacrise espagnole est du type de celle qui a frappé l Argentine, résume Fernando Fernandez. L économie a perdu sa compétitivité sans que les changements structurels aient accompagné l entrée dans l euro.» José-Luis Rodriguez Zapatero a annoncé fin novembre2009 un projet de loi sur l économie durable:un catalogue de réformes destiné à changer le modèle de croissance de l Espagne à l horizon 2020.p Jean-Jacques Bozonnet Estonie Baltique Hiiumaa Saaremaa FINLANDE Tallinn Pärnu Golfe de Finlande LETTONIE Kohtla- Jarve Tartu Toomas Hendrik Ilves Andrus Ansip km 2 1,3 million Narva 60 km 14 % 13,3 % couronne estonienne (0,6911 ) Le PIB estonien a baissé d environ 15%en2009, selon la banque centrale d Estonie (Eesti Pank) et les exportations ont reculé de 15%:après des années d embellie, la crise est brutale et très sévère. A l instar des autres pays baltes, elle y est antérieure à la crise financière internationale, qui a cependant amplifié son effet. Si la situation économique semble s être stabilisée durant l été, elle devrait rester médiocre jusqu en 2010 et pourrait s améliorer ensuite, comme l indique l espoir de l Estonie d adhérer à la zone euro en Le pays s en tire sans doute moins mal que ses voisins baltes car il a pu malgré tout amortir le choc grâce aux réserves financières constituées pendant les bonnes années. Le chômage a atteint son plus haut niveau depuis neuf ans avec un taux de près de 15 %àl automne 2009 (contre 4%àlami-2008). Il pourrait rester à ce niveau plusieurs années, selon la Commission européenne. Dans ce pays où l accès à la main-d œuvre est limité, de nombreux employeurs ont tenté de conserver leurs employés au Le pays s en tire sans doute moins mal que ses voisins baltes car il a pu amortir le choc grâce aux réserves financières constituées pendant les bonnes années moins à temps partiel. Les salaires ont chuté globalement de 4,5 %. Le secteur le plus touché est celui de l immobilier, où les prix ont reculé de 50%depuis leur pic de Les salaires dans le bâtiment ont officiellement baissé de 15%. Les autorités estoniennes ont dû dépenser beaucoup d énergie à démentir les rumeurs de dévaluation qui ont circulé durant toute l année. Au mois de mai 2009, le premier ministre de centre droit, Andrus Ansip, adécidé de se séparer des trois ministres sociaux-démocrates de sa coalition. Ceux-ci étaient partisans d une hausse des allocations chômage et des impôts sur le revenu, contre l avis du premier ministre, qui estimait, lui, que le pays ne pouvait pas se le permettre. Son gouvernement, devenu minoritaire au Parlement, s est depuis trouvé un nouvel allié, un parti de droite agrarien. p O. T 50

10 de Barents NORVÈGE Oulu de G o l fe SUÈDE Bo tn i e Tampere Turku Espoo Aland Vantaa Helsinki 200 km Tarja Halonen Matti Vanhanen km2 5,3 millions 6,3 % 8,7 % euro T rès dépendante de ses exportations, la Finlande a été le pays de la zone euro le plus durement frappé par la crise. Après un premier semestre 2009 difficile, l économie finlandaise a retrouvé Grèce ALBANIE Finlande En début d année, le gouvernement de centre droit a lancé une aide destinée à soutenir le secteur du bâtiment, par la possibilité d emprunts pour des rénovations. A l automne, il a également annoncé l augmentation de la TVA qui globalement est passée de 22 % à 23 %, la construction de logements sociaux, des travaux d infrastructures routières et ferroviaires, la baisse des cotisations sociales et BULGARIE MACÉDOINE Thessalonique Larissa Lesbos Corfou Egée Eubée Khios Athènes Patras Le gouvernement a péché par optimisme les années passées, refusant d imaginer que la croissance pourrait baisser, d où une politique salariale expansive TURQUIE TURQUIE une tendance plus positive en fin d année. Son produit intérieur brut (PIB) a régressé de 9,4 % au deuxième trimestre 2009, comparé à la même période en Pour 2009, la récession, moins violente sur le restant de l année, devait dépasser les 5 %. Pour les analystes, le gouvernement a péché par optimisme les années passées, refusant d imaginer que la croissance pourrait baisser un jour, d où une politique salariale expansive qui a fini par freiner la compétitivité. Les salaires devaient augmenter de 4,5 % en 2009 alors que le chômage atteint son plus haut niveau depuis dix ans à près de 9 %. Entre janvier et mai 2009, les exportations finlandaises ont connu une diminution de 37 % par rapport à l année précédente, la plus forte de l ensemble de l Union européenne. Sur un an, la baisse atteint 30 %. En Finlande, une vingtaine d entreprises représentent 80 % des exportations du pays, dans les secteurs de l électronique, des industries forestière, papetière et métallurgique. Quand elles souffrent, l impact est donc énorme sur l économie finlandaise. Le bâtiment est en recul de 20 % sur un an, les investissements de 13 %. Le Pirée Ionienne Santorin Rhodes Héraklion Méditerranée Crète 150 km Karolos Papoulias Georges Papandréou (06/10/09) l assouplissement des pénalités de paiements pour les entreprises en difficulté. Sur le plan politique, l année a été marquée par la nouvelle percée (9,8 %) du parti populiste et antiimmigrés des «Vrais Finlandais» aux élections européennes. Le 1er octobre 2009, le premier ministre centriste Matti Vanhanen a résisté à un vote de défiance au parlement sur la question du financement occulte des partis impliquant des responsables de sa propre formation politique. p O. T km2 11,3 millions 0,7 % 9,2 % euro D eux ans après son retour affiché à l orthodoxie budgétaire, la Grèce a conclu 2009 soupçonnée d être à deux doigts de faire défaut sur une dette de près de 300 milliards d euros, à 113,4 % du produit intérieur brut (PIB). aaa IT La France, ses départements d Outre-mer et la Nouvelle-Calédonie Toulouse Montpellier Nice Marseille ESPAGNE Corse Méditerranée 200 km Martinique Chef-lieu Montagne Pelée m Fort-de-France Population (BIT 2007) 0,4 million hab. (Lire le chapitre «France» de la page 144 à la page 160). namary Camopi k oc SURINAM ap (lire le chapitre «France» de la page 144 à la page 160) Saül Maripasoula Oy * en % de la population active Population (BIT 2006) S in Ma ro n i Kourou St-LaurentCayenne du-maroni BRÉSIL 100 km Cayenne 0,2 million hab. OCÉAN INDIEN Saint-Denis 29,1 % km2 Chef-lieu Saint-Denis Population 0,8 million hab. (BIT 2007) 24,2 % 2,5 km2 Piton des Neiges SaintPaul m Canala Nouméa SaintBenoît Piton de la Fournaise m Saint-Pierre Wé Ile Maé Mamié Tadine Ile des Pins Vao 500 km 20 km La Réunion Ile Lifou TÉ OCÉAN ATLANTIQUE Chef-lieu Îles des Saintes MarieGalante Fayaoué AU OY SL Guyane française 1,7 km2 BasseTerre Ile Ouvéa ÎLE euro 10 km La Soufrière m E 10,1 % Population 0,4 million hab. (BIT 2007) 22,7 % Le Marin 2,3 % Basse-Terre Îles de la Petite-Terre Pointe-à-Pitre Koné RR des Caraïbes m Poindimié TE Population 62,2 (France métropolitaine) millions Poum Mont Panié DE 1,2 km Chef-lieu Fort-de-France Le Moule 2 F. Fillon km2 La Désirade AN OCÉAN ATLANTIQUE des Caraïbes 21,2 % Iles Belep GR La Trinité N. Sarkozy Guadeloupe Capitale Nouméa Haut-commissaire de la République Y. Dassonville Population (2007) km2 0,24 million 4,6 % n. c. Franc CFP 0,00838 (Communauté française du Pacifique) 10 km 51 [PAGE: BILAN_DU_MONDE - BILAN_DU_MONDE /01/10] [IMPRIMEE LE: 05/01/10 10:25 PAR: ZAMBUTO] [COULEUR: Composite]

11 Union européenne Europe 52 aaa Pour l avoir laissée exploser, tandis que le déficit filait à12,7%du PIB, le pays aperdu tout crédit. Sa note souveraine aété dégradée par plusieurs agences, au risque d une hausse du coût de ses emprunts. Athènes adûdémentir la rumeur selon laquelle elle envisageait un recours au Fonds monétaire international ou la sortie de la zone euro. La Commission européenne et les partenairesont conditionné un tiède soutien àl adoption d un plan de redressement, dont l application est soumise àlasurveillance de Bruxelles. Arrivé au pouvoir en octobre2009 sur des promesses de relance et de bonne gouvernance, le gouvernement socialiste apour priorité de réduire de 4%le déficit en 2010 en vue d un retour dans les clous du pacte de stabilité en 2013 (déficit public sous les 3%du PIB). Il s est engagé àimposer l austérité dans la fonction publique, àrelancer les privatisations et àlancer une offensive contre la fraude fiscale généralisée. Le ralentissement mondial apar ailleurs mis fin àcinq ans de robuste croissance, avec une contraction attendue de 1,2% del économie. Les revenus des deux secteurs clés, tourisme et marine marchande, ont chuté d environ 15%. Le chômage, qui frappe un quart des jeunes actifs, est reparti àlahausse, àplus de 9%. Accusé par le premier ministre Georges Papandréou de cinq ans de gestion «criminelle», l ex-gouvernement conservateur avait tenté de redresser la barre au printemps, en gelant salaires et retraites du secteur public et en accentuant la pression fiscale. Il aréussi en mars2009 àvendre pour 177,2millions d euros le surendetté transporteur Olympic Airlines au groupe d investissement gréco-émirati MIG. Mais, affaibli par une série de scandales et par une grogne sociale récurrente depuis les troubles urbains de décembre2008, l ancien premier ministre, Costas Caramanlis, afinalement jeté l éponge, précipitant àmi-mandat les législatives et, du même coup, sa défaite annoncée.p C.Ge. Les statistiques, une arme politique à Athènes La Grèce aété sommée en novembre2009 par ses partenaires européens de garantir la fiabilité de ses chiffres, après avoir révisé son déficit public à 12,7 % du PIB, chiffré deux mois plus tôt à6%. Athènes s est engagé à réformer l Office national de statistique, pour en assurer l indépendance. La Grèce avait déjà mis àrude épreuve la confiance européenne en 2004, lors de la précédente alternance. La droite avait alors révisé à la hausse le déficit. L opération faisait apparaître que le pays avait Hongrie AUTRICHE Györ CROATIE SLOVAQUIE Szekesfehervar Pecs Laszlo Solyom Gordon Bajnai (14/04/09) km 2 Miskolc Budapest Szeged SERBIE- MONT. 10 millions 6,7% 9,9 % UKR. Nyiregyhaza Debrecen ROUMANIE 100 km forint (0, ) Après avoir vécu une crise de liquidités et un effondrement boursier en octobre2008, la Hongrie reste un pays en convalescence. Le FMI avait alors accordé un prêt d environ 20milliards d euros, assuré pour un tiers par l Union européenne (UE), afin de sauver les finances du pays, dont la dette publique atteignait 72%du PIB fin En avril2009, Gordon Bajnai est devenu premier ministre après la démission surprise deferenc Gyurcsany, son ami du Parti socialiste, qui était parvenu àramener le déficit budgétaire de 9,2%duPIB en 2006, à3,3% en2008. Mais ce dernier n avait pu faire adopter un «paquet»demesures anticrises. M. Bajnai aaccepté cette fonction à condition que le paquet soit entériné. Ce fut chose faite. Un plan de réduction des dépenses sociales et des retraites de plus de 4milliards d euros est alors entré en vigueur, complété par une autre mesure d austérité, la TVA passant de 20% à 25%au1 er juillet. En récession pour 2009 avec un recul attendu de 6,7%,lepays table sur une croissance très modeste pour 2010, proche de la stagnation. Mais les réformes structurelles, triché pour s ancrer à l euro. La Commission européenne avait dû réorganiser ses services statistiques pour dissiper les doutes sur l efficacité de leur supervision. Les nouveaux dirigeants grecs accusent cette fois leurs prédécesseurs d avoir caché la dégradation des comptes. Pour les conservateurs, ce sont les socialistes qui gonfleraient le déficit à des fins politiciennes. Bruxelles doit tenter de tirer l affaire au clair, l enjeu étant la crédibilité du pays et de la zone euro. réclamées par les organisations internationales, restent à conduire. «Depuis de nombreuses années, écrit la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) dans son rapport d octobre2009, la pression fiscale traditionnellement élevée de la Hongrie et les programmes sociaux généreux ont érodé les incitations à l embauche et encouragé la croissance de l économie informelle.» En 2008, la production industrielle hongroise avait diminué de 1,1%, sa première baisse annuelle depuis Un recul confirmé l année suivante: en glissement annuel, la production industrielle a baissé de 19,8%entre août2008 et août2009. La presse fait la chronique des mauvaises nouvelles. Ainsi, le numéro un mondial de la brique, l autrichien Wienerberger, a annoncé la fermeture de trois de ses douze usines en Hongrie. Le conglomérat américain General Electric (GE) va supprimer 2700emplois sur les deux prochaines années en raison Pour la première fois depuis 1996, la Hongrie a franchi les 10%de chômeurs en juillet de l interdiction des ampoules à incandescence dans l Union européenne dès Sur les sept premiers mois de l année, l excédent commercial hongrois s établit à 2,58milliards d euros, contre un déficit de 136,1millions enregistré un an plus tôt. Ce chiffre s explique avant tout par une contraction spectaculaire de la demande intérieure. Pour la première fois depuis 1996,la Hongrie a franchi la barre des 10% de chômeurs. Ce taux a progressé pour culminer à 10,3%de la population active pour la période de juillet à septembre, après avoir atteint9,9%sur les trois mois précédents, selon le Bureau des statistiques (KSH). En 2008, le chômage avait été de 7,7%sur cette même période. Le taux directeur de la banque centrale (MNB), qui se trouvait à 11,50% en octobre2008, a été régulièrement abaissé. Le 17octobre 2009, il a été porté à 7%. L endettement en devises étrangères surtout en euros et en francs suisses représente 34%du PIB hongrois et constitue la plus importante entrave à la baisse des taux d intérêts nationaux. La population hongroise dépense en moyenne 13%de ses revenus pour les remboursements mensuels, alors que ce ratio n est que de 10,5% dans la zone euro, asouligné la MNB. Pour remédier à cette situation, la banque centrale veut réduire le nombre des crédits libellés en devises étrangères. p P.Sm.

12 Irlande Océan Atlantique Galway Sligo Dublin Mary McAleese Brian Cowen km 2 4,5millions 7,5% 12,8 % euro Dun Laoghaire Limerick Cork Waterford 100 km d'irlande Man L Irlande est le seul pays développé à n avoir fait aucun plan de relance pour se sortir de la récession. Il lui a bien fallu sauver ses banques, comme d autres, mais pour le reste, Dublin a choisi l austérité et affiché sa priorité:réduire les déficits. Dans ce contexte, il sera intéressant de voir si feu le «Tigre celtique», ce champion européen de la croissance dans la décennie 1990, mis àterre par la crise, rebondit plus ou moins vite que ses voisins. Pour l heure, sa situation n a rien d enviable. Alors que l Irlande a été le premier pays de la zone euro à entrer en récession début 2008, elle n en est pas sortie plus tôt que les autres. Au deuxième trimestre 2009, l activité économique stagnait encore. Dans son dernier projet de loi de finances, Dublin prévoit que le PIB reculera encore de 1,5%en 2010, après avoir chuté de 7,5%en Il faudra attendre 2011 pour Dublin a décidé de mettre en place la National Asset Management Agency (NAMA), une structure de «defeasance»(cantonnement) qui rachètera aux établissements financiers leurs actifs douteux. Le Parlement a entériné, début novembre2009, la création de la «bad bank». Les créances douteuses des banques irlandaises, assises sur des biens immobiliers, représentent 77milliards d euros, mais ne vaudraient plus, selon le gouvernement, que 47milliards à ce jour. Dublin, fait le pari que l immobilier remontera et que le contribuable sera gagnant d ici dix ans. Dublin achoisi l austérité et affiche sa priorité: réduire les déficits renouer avec une croissance annuelle. Quant au taux de chômage, il devrait continuer à monter pour atteindre un sommet de 13,75%en 2010, contre 12,5% en octobre2009, 6,3%en 2008 et 4,6%en Qu importe que ces chiffres puissent paraître décourageants. Brian Cowen, le premier ministre, n en démord pas. Il faut avant tout rassurer les investisseurs, qui ont contribué àlaprospérité du pays avant la crise. Il faut qu ils restent en Irlande àtout prix, et lorsqu eux-mêmes auront passé le pire, ils y généreront de nouveau de l activité. Qu ils décident de s en aller, à l instar du fabricant américain d ordinateurs Dell, qui va transférer ses activités industrielles en Pologne, et le pays n aura plus aucune bouée de sauvetage. Dans ce contexte, le premier ministre a exhorté ses concitoyens à dire oui au deuxième référendum sur le traité de Lisbonne. A67,13%, le 2octobre 2009, ils l ont suivi. L étape suivante, pour convaincre les groupes internationaux qu il y a un avenir en Irlande, juge M.Cowen, est la réduction des déficits. Et ce sans relever la taxe sur les bénéfices de 12,5%. Après avoir doublé l impôt sur le revenu, alourdi la taxation sur les plus values financières, élargi l assiette fiscale des particuliers, instauré un prélèvement sur le salaire minimum, le gouvernement souhaite faire 4milliards d euros d économies en Les salaires des fonctionnaires devraient diminuer «les prix ont baissé de 6,6%sur un an»,arappelé M.Cowen,ainsi que les dépenses sociales. C est à ce prix, a-t-il expliqué, que le déficit budgétaire pourra être stabilisé aux alentours de 12 %du produit intérieur brut en 2010 contre 7,3%en2008 et un excédent de 0,2%en2007. p Virginie Malingre L Etat rachète les actifs «pourris»des banques irlandaises Allied Irish Banks (AIB), dont l Etat détient 25%depuis qu il lui aversé 3,5 milliards d euros de capitaux, devrait transférer à la NAMA pour 24milliards de crédits «pourris». La Bank of Ireland, qui aégalement reçu 3,5milliards d euros contre 25% de son capital, devrait lui vendre quelque 16milliards d euros de créances douteuses. La création de la NAMA s est accompagnée d un débat sur les salaires des dirigeants des institutions financières. Le gouvernement adécidé que les patrons des banques ayant bénéficié d aides publiques ne peuvent être payés plus de euros par an. Italie FRANCE Corse SUISSE TUNISIE Prés. du conseil AUTRICHE Rome Naples Sardaigne Thyrrhénienne Cagliari Palerme Giorgio Napolitano Silvio Berlusconi km 2 60,3 millions 5,1 % 8% euro 200 km HONG. SLOV. Turin Milan Venise Trieste CROATIE Gênes Bologne Livourne Elbe Florence Pantelleria Ancône Messine Sicile ROYAUME- UNI Ulster BOSNIE- HERZ. Adriatique Tarente Bari Reggio de C. Catane Au troisième trimestre 2009, l Italie a retrouvé le chemin de la croissance (+0,6%), ce qui devait lui permettre d afficher en fin d année un produit intérieur brut (PIB) en baisse de 5,1%. L Organisation pour la coopérationet le développement économique (OCDE) lui promet, pour 2010, une hausse de croissance de 1,1%, comparable au rythme de l économie italienne depuis les années Malgré la bonne tenue du système bancaire, l année 2009 a été marquée par une baisse de la production industrielle de l ordre de 17%, surtout due àune chute des exportations de près de 20%et de la consommation intérieure de 2%.Selon le rapport de l institut Censis, publié le 4décembre, portant sur la période de janvier à septembre2009, les petites entreprises et les commerces sont particulièrement touchés. Plus de 30000PME ont fermé leurs portes et 50000commerces de détail ont disparu dans cette période. Face à cette situation, l action du gouvernement s est basée sur deux piliers:le recours à un système de «bonus»pour soutenir le secteur automobile et des aides accrues pour permettre aux entreprises de garder leurs employés. Le gouvernement italien estime à 80milliards d euros le montant global des aides accordées pour affronter la crise. En dépit de l optimisme de Silvio Berlusconi, les économistes restent prudents et préfèrent évoquer des «signaux de reprise»,estimant que la santé économique du pays Scandales àrépétition àrome L économie de la Péninsule s en serait-elle mieux portée, si l Italie n avait dû vivre en 2009 avec les scandales à répétition qui ont atteint Silvio Berlusconi et l image du pays tout entier?tout acommencé avec la révélation que le président du conseil s apprêtait à présenter aux élections européennes des «soubrettes»de la télévision. Cela continue avec sa présence inexpliquée à l anniversaire des 18ans d une jeune femme. Cesdeux éléments ont incité Veronica,l épouse du président du conseil, àdemander un divorce qui changera peut-être la structure de la holding familiale, Fininvest. Son immunité judiciaire jugée contraire àla Loi fondamentale, le chef du gouvernement est accusé de «corruption»et de «fraude»dans deux procès à Milan. Enfin, un mafieux repenti soutient que M. Berlusconi aurait été le mandataire des attentats qui firent dix morts en La vie politique est comme «aspirée» par ces affaires qui ont dicté l agenda des réformes, faisant passer au premier plan celle de la justice. dépend de la relance de la demande extérieure. La principale inconnue concerne le chômage. Le recours massif aux heures de chômage technique (+300% par rapport à2008) a permis d en limiter la hausse. Néanmoins le taux de sans-emploi devrait atteindre 8,6%en2010. La situation est toutefois inégale. Selon l institut Censis, sur les emplois perdus en 2009, près des deux tiers l ont été dans le Mezzogiorno, le Sud, traditionnellement pauvre et moins industrialisé. Les jeunes et les précaires sont également parmi les plus touchés par cette montée du chômage. Les aides du gouvernement ont augmenté un peu plus l endettement du pays. Malgré la promesse de Silvio Berlusconi, àson arrivée au pouvoir, de ramener la dette à100% du PIB en trois ans, celle-ci devrait frôler les 110%àfin Ce «boulet» limite les marges de manœuvre du gouvernement alors que la reprise se profile. Confronté aux syndicats, au centre gauche et àlaconfindustria (le patronat italien), qui exigent une politique de relance par une baisse des impôts sur le revenu et sur les entreprises, le ministre de l économie, Giulio Tremonti, aopté pour un mélange de rigueur et de laisser-aller. Sur les 9milliards d euros qui devraient être engagés par le gouvernement, quatre proviennent des ressources escomptées par le aaa 53

13 Union européenne Europe 54 aaa retour de fonds cachés àl étran- ger, àlasuite d une mesure d amnistie entrée en vigueur, et cinq viendront s ajouter àl endettement. La situation économique du pays aggravée par le tremblement de terre dans la région de l Aquila et les embarras du chef du gouvernement, affaibli par de nombreux scandales, n ont pas permis àl Italie de poursuivre sur la voie des réformes prévues. Celle de la fonction publique s est arrêtée aux coupes dans l enseignement, mais l administration souffre toujours d effectifs pléthoriques. Enfin, le poids de l économie souterraine n a pas diminué. Au contraire, il semblerait qu il ait augmenté avec la crise. Le Censis le chiffre à275mil- liards d euros, soit 19% dupib. p Philippe Ridet Lettonie Baltique Saaremaa Ventspils Liepaja Valdis Zatlers Valdis Dombrovskis (12/03/09) La Lettonie a terminé l année 2009 sur un double constat:la crise économique l a touchée plus que la majorité des pays européens, obligeant le gouvernement à prendre des mesures extrêmes. Le second constat est qu en dépit de la pression énorme qui apesé sur le premier ministre Valdis Dombrovskis, la stabilité politique a été préservée, un fait notable dans ce pays qui a connu quatorze gouvernements depuis la restauration de l indépendance en La récession devait atteindre un peu plus de 17%duproduit intérieur brut (PIB) en Le taux de chômage atteignait près de 20% à l automne 2009, soit le record de l Union européenne. La Lettonie a touché cette année 4,5milliards d euros d aide internationale (sur 7,5milliards prévus d ici à 2011), les deux tiers provenant de la Commission européenne. Les discussions ont été très tendues entre le gouvernement et les créanciers internationaux qui avaient menacé de geler les paiements si le parlement letton ne réduisait pas le budget de 2010 de 700millions d euros, ce qui afinalement été voté le 1 er décembre. Le gouvernement réclamait plus de souplesse, vu les énormes efforts déjà consentis:les salaires des policiers et des enseignants ont été réduits de 40%, les allocations sociales et les retraites ont été baissées. Des hôpitaux et des écoles ont été fermés. Les ministères ont été réduits en moyenne de 30%etle nombre d agences gouvernementales de moitié. A l automne, le ministère de l économielançait un plan d électricité gratuite pour familles nécessiteuses et la Banque mondiale mettait en place un réseau d aide minimale dans les domaines de la santé, de l éducation et de l aide sociale, pour ceux notamment qui cessent de percevoir les allocations chômage après les neuf mois légaux d indemnisation. La Lettonie a continué de refuser l éventualité d une dévaluation du lats la monnaie locale, qui aurait des conséquences catastrophiques pour les Lettons ayant en majorité contracté des emprunts en euros. p O. T. Pays baltes:l euro pour objectif Golfe de Riga Jurmala LITUANIE (2008) Riga Jelgava km 2 2,3 millions 18 % 7,4% ESTONIE Daugavpils lats (1,41830 ) BIÉLOR. 60 km Pour l Estonie, la Lettonie et la Lituanie, l euro est à nouveau un objectif prioritaire. Les pays baltes,qui avaient connu la croissance la plus rapide de l Union européenne (UE) entre 2004 année de leur adhésion et 2006, traversent en 2009 la récession la pire de l UE. Pendant les années de forte croissance, la lutte contre l inflation avait été reléguée au second plan, ne permettant pas de respecter les critères de convergence appliqués strictement par Bruxelles, ce qui n avait pas été sans créer un certain ressentiment dans les capitales baltes. Les trois pays, dont les monnaies sont liées à l euro, résistent depuis le début de la crise àceux qui les incitent à dévaluer, notamment parce que de nombreux Baltes ont emprunté en euros. Une dévaluation serait pour eux catastrophique. L adhésion à l euro est désormais vue comme le meilleur moyen de restaurer la stabilité et la croissance, et d éviter la dévaluation. L Estonie pourrait être la première à rejoindre la zone euro dès 2011, plus vraisemblablement 2012, alors que son objectif initial était O.T. Lituanie Baltique Klaipeda POLOGNE Premierministre (2008) LETTONIE Kaunas Siauliai Panevezys DaliaGrybauskaite (12/07/09) Andrius Kubilius km 2 3,3 millions 18,5 % 5,8 % Vilnius 60 km litas (0,29018 ) BIÉLO Ala différence de son voisin letton, la République de Lituanie dont la nouvelle présidente, Dalia Grybauskaite, aété élue le 17mai 2009,aréussi àéviter de recourir àl aide internationale. Mais sa situation économique est très inquiétante. Sa récession est l une des pires de l Union européenne (UE). Comme dans les autres pays baltes, la crise yest antérieure àlacrise financière mondiale. Les autorités sont restées confiantes grâce au faible niveau d endettement du pays En juin, la situation s est brutalement dégradée en Lituanie. Le gouvernement a décidé d augmenter la TVA de 2%et de réduire les salaires du secteur public de 9,5%. Le taux de chômage augmente régulièrement depuis le troisième trimestre de 2007 où il concernait 3,9%dela population active, pour atteindre 13,8%à l automne 2009, sans cesser d augmenter rapidement depuis. Enfin, les salaires devaient baisser de 6,8%durant l année Fragilisée, l économie de la Lituanie devrait se contracter d un peu plus de 18%en2009, en raison de l effondrement de la demande intérieure, plus spécifiquement des investissements et de la consommation des ménages. Fin octobre, le gouvernement de Lituanie a signé avec tous les partenaires sociaux, des investisseurs étrangers et des associations de retraités ou d agriculteurs un pacte économique qui s accorde sur un plan de discipline fiscale et de stimulation économique. La politique d austérité, avec des réductions des aides sociales, touche aussi les populations les plus démunies et entraîne une forte chute de popularité du gouvernement.

14 Les autorités lituaniennes sont toutefois restées confiantes grâce au relativement faible niveau d endettement du pays, de l ordre de 25%duPIB, bien en dessous de la moyenne de l UE. Cette confiance dans la tourmente s est illustrée par la vente largement réussie, en deux vagues, en juin et en octobre2009, d obligations d Etat pour deux milliards d euros. Le gouvernement tablait sur un déficit budgétaire de 5,4% en 2009, qui devrait encore se creuser en 2010 avant de revenir à 3% en 2011, selon les prévisions. O. T. Luxembourg BELGIQUE FRANCE Diekirch sch Grand-ducHenri Jean-Claude Juncker 2600 km 2 0,5 million Esch-sur-Alzette 4,7% 6,6 % euro ALLEMAGNE Grevenmacher Luxembourg 10 km Très dépendante à l égard des services financiers et du commerce extérieur, l économie du grand-duché de Luxembourg a dû renoncer à maintenir des performances inédites en Europe, comme un taux de croissance annuel moyen de 5,5% entre2004 et La chute aura été brutale en 2009: 3,6% pour la croissance ( 4,7 %selon l Organisation de coopération et de développement économiques), 12% pour les exportations de biens et services, 5% pour la demande intérieure. La création d emplois s est maintenue à un bon niveau (+1,1%) mais le chômage devrait, en 2010, atteindre un taux inégalé dans le micro- Etat:7,3%(6,6%selon l OCDE). L industrie manufacturière (acier, verre et équipements automobiles) asubi de plein fouet la crise mondiale. Le secteur de la construction et des services n a pas été épargné. En revanche, les prédictions les plus catastrophistes ne se sont pas réalisées pour le secteur bancaire et financier, sans doute parce que les activités de banque privée et de gestion de fonds d investissement pour lesquels le Luxembourg est la deuxièmeplace mondiale après New York ont été globalement préservées. En définitive,peu des établissements grand-ducaux auront été affectés par la crise des actifs toxiques. En revanche, l Etat a dû, lui aussi, voler au secours des banques Fortis et Dexia. Pour 2010, le gouvernement a adopté des mesures de relance à hauteur de 1,5%du produit intérieur brut (PIB), avec une forte augmentation des investissements publics et un développement du travail à temps partiel, afin de limiter la croissance du chômage. Une baisse des impôts décidée avant la crise a été maintenue, malgré un phénomène inédit au grand-duché:un déficit public de 4,2%annoncé pour Les autorités ont noté un retournement de l activité à la fin de 2009, grâce au renforcement des marchés boursiers. Les prévisionnistes annoncent un taux de croissance de 1%en Maigre consolation pour le premier ministre, Jean- Claude Juncker, très déçu d avoir vu lui échapper le poste de président permanent du Conseil européen.p J.-P.S. Malte Méditerranée TUNISIE Iles Kerkenah Pantelleria ITALIE Iles Pélagie ITALIE (2008) George Abela (04/04/09) Lawrence Gonzi 300 km 2 0,4 million 2,1 % 6% euro Gozo ITALIE Sicile La Valette Malte 100 km Le déficit de croissance de l île de Malte devrait dépasser 2%en Quant àl espoir de reprise, il reste modeste. Le pays est toujours officiellement en récession. Dans ces conditions, le gouvernement maltais acalculé son budget 2010 largement consacré aux mesures pour garantir l emploi sur une hypothèse de croissance de 1%.La hausse du chômage, traditionnellement bas dans l île, inquiète plus particulièrement les autorités. Il se situera autour de 7%de la population active en 2009, mais pourrait croître en raison du retard avec lequel la crise s est répercutée à Malte. Les domaines les plus touchés sont la production manufacturière et le tourisme. Paradoxalement, le secteur financier a bien tenu. La gestion traditionnelledes banques, peu infectées par les «produits toxiques», a permis à Malte de faire front. Cherchant à attirer de nouveaux acteurs du secteur, elle essaye désormais de tirer profit de ses avantages:une situation géographique au cœur de la Méditerranée, une population formée et parlant l anglais (la langue officielle du pays) et un système fiscal avantageux négocié avec la Commission européenne au moment de l entrée de l île dans l Union en Malte figure au 45 e rang (sur 180) au classement du degré de perception de corruption, établi par l organisation Transparency International. p Ph. R. Pays-Bas du Nord Haarlem Amsterdam La Haye Utrecht Arnhem Rotterdam Bréda Tilburg Nimègue BELGIQUE Iles Maastricht Frisonnes Eindhoven Beatrix I re Jan Peter Balkenende km 2 16,5 millions 4,2 % 3,7% euro Groningue ALLEMAGNE 50 km Après un taux de croissance de 3,6%en 2007, l économie des Pays-Bas a connu un coup d arrêtbrutal dès le deuxième trimestre de Le produit intérieur brut (PIB) a ensuite reculé de 4,2% sur l ensemble de l année 2009 et les analystes annoncent, au mieux, une reprise très timide assortie d un taux de croissance de 0,3%pour 2010, après six trimestres de recul. Si les exportations, cruciales pour une économie qui figure parmi les plus ouvertes de la planète, ont reculé de 11%, l emploi et les finances publiques n ont pas été immédiatement affectés. Le taux de chômage était de 3,6%en Il devrait toutefois passer à 5,4%en Le déficit public a, lui, été limité à 4,7%en 2009 mais devrait grimper de près de 2points. Une évolution frappante pour un pays qui, depuis trois ans, avait renoué avec les surplus. Quant à la dette publique, elle devrait atteindre 66%du M. Balkenende est l auteur, selon ses propres termes, du plan d austérité «le plus dur de l après-guerre» PIB en 2010, soit une augmentation de 20points en l espace de trois ans. Face àcette situation, les Néerlandais ont pris peur. Malgré un revenu disponible en hausse (+3,5%), résultat de négociations salariales antérieures àlacrise le manque de main-d œuvre dans divers secteurs afavorisé ces augmentations,ils ont réduit leur consommation (- 2,7% en2009). Le taux d épargne des ménages a, du coup, connu un bond spectaculaire, passant de 13% en 2008 à18,1%en2009. Du côté des entreprises, on relève une chute de 15%des investissements. Et ce ne sont pas les difficultés persistantes du secteur bancaire, fragilisé par sa forte exposition aux produits financiers toxiques, qui rendront le moral aux entrepreneurs:denombreuses banques, dont la stabilité n est pas totalement assurée malgré les 50milliards d euros investis par les pouvoirs publics, ont fermé le robinet du crédit, ce qui devrait perturber la relance annoncée pour la fin de 2010, au moment où la demande extérieure est censée redémarrer. Plus généralement, la coalition du chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende avoulu adopter une attitude offensive, concrétisée par trois plans de relance. Leur montant devait atteindre au total 3,5%du PIB pour2009 et 2010, soit quelque 20milliards d euros. Objectifs: améliorer le pouvoir d achat, soutenir les investissements privés et publics et préserver l emploi. Les experts de l Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estiment toutefois que la législation sur la protection du travail reste trop rigide et handicapera la création de postes. Les syndicats s émeuvent plutôt d autres mesures annoncées en septembre par M. Balkenende, auteur, selon ses propres termes, du plan d austérité «leplus dur de l aprèsguerre».l objectif était au départ de réduire les dépenses publiques de 20%, soit 35milliards d euros chaque année. Il atoutefois été jugé irréaliste et devrait, au mieux, atteindre la moitié de ce montant afin de ne pas pénaliser une possible relance. La mesure phare, toujours très discutée, est le passage de aaa 55

15 Union européenne Europe aaa l âge de la retraite à66ans en 2020 et 67ans en Elle cache d autres décisions qui touchent aussi àlasécurité sociale, ainsi qu à l immigration et àlafonction publique. Le plan était censé entrer en vigueur au printemps De nombreux observateurs doutent cependant de sa concrétisation.p J.-P.S. Pologne ALLEMAGNE Baltique Gdynia Gdansk Szczecin Bydgoszcz Poznan Wroclaw RÉPUBLIQUE TCHÈQUE Katowice Lódz Czestochowa SLOVAQUIE Lech Kaczynski Donald Tusk km 2 38,1 millions 1% 8,4 % Bialystok Varsovie Radom Cracovie zloty (0,24221 ) LITUANIE Lublin 100 km UKRAINE BIÉLO Ilexiste une sorte de miracle économique polonais:ausein d un continent en récession, ce pays s attend àenregistrer une croissance d environ 1%en Le Fonds monétaire international (FMI) l estime plutôt à 1%en 2009 mais prévoît une croissance de 2,2%en 2010, que la Banque nationale de Pologne, prudente, juge trop optimiste. Entre2006 et 2008, la croissance moyenne s était établie à6%. Principale explication de cette excellente résistance retenue par les experts:une forte consommation intérieure. Un chiffre résume mieux que tout autre l amélioration des conditions de vie. En 1989, le revenu moyen annuel était de 6000dollars (1500euros); en2008, il s élevait à17000dollars (4100euros). Cette évolution explique que les exportations ne représentent que 40%duPIB. Le FMI estime que les bons résultats de la Pologne sont liés àses «fondamentaux sains», avant la crise. Les banques, détenues largement par des établissements étrangers (60 sur 70) restant fidèles àdes pratiques classiques de prêt, ne se sont pas engagées dans des montages sophistiqués àbase de produits toxiques. Le système de change flexible aaussi démontré sa souplesse et sa capacité d adaptation. Entre octobre2008 et février2009, avec la fuite des capitaux et la hausse importante des taux interbancaires, le zloty, la monnaie locale, a perdu 30% de sa valeur par rapport à l euro, avant de reprendre 15%au cours des mois qui ont suivi. Enfin, le crédit de 14millions d euros accordé dès le mois de mai par le FMI apermis de rassurer très tôt les investisseurs qui comptent aussi sur la perspective de l Euro L organisation du championnat d Europe de football, à laquelle participera aussi l Ukraine, apermis au pays de lancer de vastes chantiers de construction. La Pologne va notamment combler une partie de son retard en matière de routes. Au total, 241kilomètres d autoroutes et de voies express ont été achevés;475autres sont en travaux. Cependant, tous les indicateurs sont loin d être au vert. Selon le ministère du travail, le chômage devait s établir à 11,2%pour le mois d octobre 2009 puis progresser d un point supplémentaire d ici la fin de l année. Autre point noir: la Banque nationale a dressé un tableau inquiétant des finances publiques, fin septembre 2009, au moment de l adoption du nouveau budget. Selon elle, la dette de l Etat pourrait s élever à 55%duPIB en 2010, voire 60%un an plus tard, le seuil maximal autorisé par la Constitution. «Lacrise s est révélée bien plus sérieuse que nous ne le pensions, mais la Pologne s est montrée aussi bien plus résistante»,a estimé le ministre des finances, Jacek Rostowski. Un plan de stabilité et de soutien à la croissance a été adopté fin 2008, dont le montant est évalué par le gouvernement à 81milliards de zlotys (20milliards d euros). Il s agit essentiellement de mesures fiscales devant stimuler la consommation et de soutiens aux investissements des PME. Afin de trouver de nouveaux revenus, le gouvernement de Donald Tusk met en œuvre un programme ambitieux de privatisations, d un montant de 8,9milliards d euros sur deux ans. Il devrait notamment concerner la Bourse de Varsovie (qui a enregistré une hausse de 48%entre avril et octobre 2009) et le secteur de l électricité et de la chimie (les sociétés Enea, PGE et ZA Tarnów). Mais ce calendrier pourrait être perturbé par la crise. Dernier motif d inquiétude, qui pourrait être une bombe à retardement: le dossier des retraites. L âge de départ des femmes est de 60ans, celui des hommes, 65 ans. Selon une estimation de l Institution de l assurance sociale (ZUS), qui est régulièrement obligée d emprunter auprès de banques commerciales, près de 300milliards de zlotys (71,8milliards d euros) pourraient manquer pour financer les retraites d ici à Avec la conjoncturemorose sur tout le continent et le creusement des déficits, la perspective de l adoption de l euro semble s éloigner. Elle pourrait n intervenir que vers , contrairement aux promesses trop optimistes de Donald Tusk en septembre2008, qui parlait de Pourtant, les sondages montrent que les entreprises font preuve d un regain d optimisme par rapport au début de l année. Dans la presse, l idée d une sortie de crise semble de plus en plus répandue. Près de 38% des entreprises les plus performantes en Europe centrale et en Europe de l Est en 2008 étaient basées en Pologne, selon une étude du cabinet d audit et de conseil Deloitte. p Piotr Smolar Portugal Braga Porto Océan Atlantique Coïmbra Lisbonne Setubal Evora Faro Anibal Cavaco Silva José Socrates km 2 10,6 millions 3% 10,2 % euro ESPAGNE 100 km Avec un déficit public approchant 8%fin 2009 et une dette alourdie à70%du produit intérieur brut (PIB), la crise internationale apesé sur les finances du Portugal. Malgré les protestations de l opposition de droite, le retour àl or- thodoxie des finances publiques n est pas la priorité. Si le pays est sorti techniquement de la récession lors du second semestre de 2009, il connaîtunniveau de chômage historique dépassant les 9%de la population active. Près de 60000PME auraient fermé en dix-huit mois. «Il n y aura pas de relance de l économie sans la contribution décisive de l Etat et de l investissement public», aconfirmé le premier ministre socialiste, José Socrates, dans son discours de politique générale. Si M. Socrates aretrouvé son poste après les élections législatives du 27septembre 2009, il n a pas conservé la majorité absolue qui lui avait 56

16 permis, entre2005 et 2009, d imposer un rythme soutenu de réformes à vocation libérale destinées à «moderniser» le pays. Cette politique de rigueur avait permis à Lisbonne de rejoindre en quelques années le club des bons élèves de Maastricht, avec un déficit public ramené à 2,7% en Mais elle a aussi provoqué un fort mécontentement, en particulier parmi les fonctionnaires. Le Parti socialiste portugais ne compte plus que 97députés sur 230. Faute d avoir pu conclure une coalition, voire un simple accord de gouvernement, avec l un ou l autre des partis d opposition, le nouvel exécutif composé uniquement de personnalités socialistes dont une bonne moitié figurait déjà dans le gouvernement sortant devra négocier des soutiens à chacune de ses initiatives. D où un risque de paralysie politique dommageable au moment d aborder la sortie de crise. La politique de grands travaux, qui était au centre du débat pendant la campagne électorale entre la gauche et la droite, sera menée àbien avec les projets de ligne ferroviaire à grande vitesse avec l Espagne (Lisbonne-Madrid, Porto-Vigo), la construction d un troisième pont sur le Tage et d un nouvel aéroport à Lisbonne. «C est seulement une fois surmontées les actuelles difficultés que nous reprendrons le chemin d un redressement durable des finances publiques», a promis M. Socrates sans fixer d échéance. p J.-J. B. Roumanie SLOV. HONGRIE SERBIE Cluj-Napoca Timisoara Craiova (2008) UKRAINE Brasov Traian Basescu Emil Boc km 2 21,5 millions 8,4 % 5,8 % MOLDAVIE Iasi Galati Bucarest BULG. 100 km nouvellelei (0,23504 ) Constanta Noire Après plusieurs années de forte croissance, la crise économique internationale afrap- pé de plein fouet la Roumanie. L économie du pays aplongé dans une récession qui aprovoqué une baisse de plus de 8%du produit intérieur brut (PIB). Bucarest a mis en place un plan de sauvetage faisant appel aux bailleurs de fonds internationaux. En mars2009, le pays a emprunté 20milliards d euros au Fonds monétaire international (FMI), à l Union européenne (UE) et à la Banque mondiale. En échange, le gouvernement roumain de centre droit s est engagé à réduire les dépenses et à réformer le système des salaires et des retraites afin de ramener le déficit budgétaire à 7,3% du PIB. Mais cette politique d austérité n a pas été du goût de l opposition. En octobre2009, les L année 2009 a été marquée par plusieurs grèves: professeurs, magistrats, policiers et médecins socialistes, les libéraux et le parti de la minorité hongroise ont voté une motion de censure qui a fait tomber le gouvernement du premier ministre Emil Boc installé par le président Traian Basescu. Plus de Roumains du secteur privé ont perdu leur emploi du fait de la crise. Les autorités se sont engagées auprès du FMI à réduire de les effectifs de l Etat, qui emploie actuellement environ un million et demi de fonctionnaires. Alors que le pays aconnu une croissance moyenne annuelle de 6% depuis le début des négociations d adhésion à l Union en 2000, le ralentissement brutal de l économie et les contraintes budgétaires qu il a entraînées ont provoqué la grogne sociale. L année 2009 a été marquée par des grèves: professeurs, magistrats, policiers et médecins. En 2010, les chemins de fer doivent mettre au chômage environ employés et une centaine d agences gouvernementales seront obligées de fermer. Malgré les effets de la crise, les autorités n ont pas augmenté la TVA et promettent de maintenir en 2010 le taux unique d imposition de 16% sur les revenus et les bénéfices des entreprises. Le gouvernement compte remonter la pente àpartir du deuxième semestre 2010, qui devrait connaître une reprise de la croissance économique. p Mirel Bran La crise économique a provoqué une explosion des maladies psychiques en Roumanie. Le plus grand établissement psychiatrique du pays, l hôpital Socola de Iasi, ville située àl est du pays, annonce pour 2009 une hausse des internements de 500% par rapport à l année précédente. Dépression, anxiété, panique affectent les Roumains qui se Royaume-Uni Océan Atlantique Ecosse Glasgow Edimbourg Belfast Newcastle Ulster du Man Manchester Nord IRLANDE Liverpool Leeds Pays Sheffield de Galles Birmingham Cardiff Angleterre Londres PAYS- BAS Iles Anglo-Normandes Manche BELG. FRANCE 200 km Elizabeth II Gordon Brown km 2 61,8 millions Hébrides Iles Shetland 4,4 % 7,7% livre sterling (1,10894 ) Le produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni est désormais inférieur àcelui de l Italie. Bien sûr, l effet change yest pour beaucoup, puisque la livre aperdu plus de 20%par rapport àl euro depuis l été Mais il faut aussi voir dans ce déclassement les effets d une récession sans précédent qui aura duré dix-huit mois. Du jamaisvu depuis que la statistique qui mesure la richesse nationale aété créée en Au troisième trimestre 2009, le PIB britannique continuait àdécroî- tre (de 0,3%) alors que les Etats- Unis, le Japon, la France ou l Allemagne avaient renoué avec la croissance. Fin septembre, l économie britannique s était contractée de 5,1%sur un an et de près de 5,9%depuis son entrée en récession en avril2008. De tous les membres du G7, Londres est celui dont l activité est la plus étroitement liée au secteur financier. Celui-ci représente 10% de son PIB, 14% siontient compte des services qui lui sont attachés (avocats, comptabilité, etc.). Le Royaume-Uni se démarque également par le fort endettement de ses La crise nocive pour la santé psychique des Roumains Iles Orcades retrouvent au chômage et doivent faire face àdes dettes qu ils ne peuvent plus payer. Dans le secteur privé, ce sont les patrons de PME qui sont les plus exposés. «Les gens les plus touchés sont ceux qui ont emprunté aux banques pour acheter leur appartement, déclare le psychiatre Gabriel Crumpei. Ils présentent des pathologies sérieuses.» ménages. La crise mondiale, financière avant de s étendre à l ensemble de l économie, l a donc heurté de plein fouet. Pour les conservateurs, le fait que le Royaume-Uni soit l un des derniers pays développés à sortir de la récession signifie l échec de la politique de relance du premier ministre Gordon Brown. On peut au contraire penser que si le gouvernement britannique n avait pas dépensé sans compter depuis l été 2008 pour sauver la Royal Bank of Scotland, Lloyds et Halifax Bank of Scotland (plus de 70milliards de livres à ce jour, soit 77milliards d euros) de la faillite et pour soutenir l économie (22milliards d euros, pour l essentiel consacrés àlabaisse de la TVA), les choses auraient été encore bien pires. Et que si la Banque d Angleterre n avait pas décidé de drastiquement baisser son taux directeur passé de 5%en septembre2008 à 0,5% fin 2009, alors qu en 314années d existence elle l avait toujours maintenu au-dessus des 2% et fait marcher la planche à billets à hauteur de 200 milliards de livres (220 milliards d euros), l économie britannique aurait plongé plus profondément. De tous les membres du G7, Londres est celui dont l activité est la plus étroitement liée au secteur financier Quoi qu il en soit, le Royaume- Uni est probablement sorti de la récession au quatrième trimestre «Ilvient de s engager sur le chemin de la reprise», adéclaré, mi-novembre, vyn King. Mais, a prévenu le gouverneur de la Banque d Angleterre, «levoyage sera long et dur» avant que l économie britannique ne renoue avec son niveau d avant crise. De fait, on adumal aujourd hui à voir d où viendra la croissance. Les banques restent réticentes àprêter de l argent. Les entreprises ne semblent pas encore décidées àinvestir. La moitié d entre elles, selon un sondageréalisé par le patronat britannique (Confederation of British Industry), prévoit encore de geler les salaires en Dans ce contexte, la consommation des ménages, qui se sont remis àéconomiser depuis un an et demi (en juin, leur taux d épargne était de 5,6%, alors qu il était négatif un an plus tôt), devrait rester modérée. D autant que le chômage touchait, fin septembre 2,46millions de personnes (soit 7,8%delapopulation active), contre 1,6million fin 2007 (5,2%). Et que l inflation devrait connaître un regain de croissance début 2010, sous la pression 57 aaa

17 Union européenne Europe 58 aaa conjuguée de la hausse des prix de l énergie et de la remontée du taux de TVA programmée en janvier par le gouvernement. Du côté de l Etat, les perspectives ne sont pas meilleures. Le déficit budgétaire aexplosé:sur l année fiscale , il devrait dépasser 175milliards de livres (193milliards d euros), c est-à-dire 12,4%du produit intérieur brut. Et la dette, dont le Trésor prévoit qu elle représentera 80%duPIB d ici à2014 contre moins de 40 %avant la crise s envole. L agence de notation Fitch arécemment prévenu que, des pays notés triple A c est-à-dire ceux qui sont jugés les plus fiables pour rembourser leur dette,le Royaume-Uni était le plus susceptible de se voir déclasser. Ce qui signifierait une hausse du coût de l emprunt pour l Etat. La marge de manœuvre du gouvernement qui sera aux manettes à l issue des élections législatives prévues d ici àjuin2010 s annonce donc minimale. D ailleurs, Gordon Brown, pour le Labour, comme David Cameron, pour les Tories, ont annoncé que l assainissement des finances publiques serait prioritaire. Ils n ont pas encore dit comment ils comptaient s y prendre. Le premier ministre travailliste a seulement indiqué qu il ferait voter une loi au Parlement en vertu de laquelle la réduction de moitié du déficit d ici quatre ans sera obligatoire. Quant au candidat conservateur, il afait savoir qu il souhaitait aller plus vite. p V. Ma. Pour son passage à l euro le 1 er janvier 2009, la Slovaquie n a pas été épargnée. Rattrapée par la crise financière et économique mondiale, elle a aussi dû faire face àlacrise du gaz russe pendant trois semaines (la Russie a arrêté ses livraisons de gaz àl Ukraine à partir du 1 er janvier, or plus de 80% du gaz russe exporté vers l Europe transite par ce pays). Disposant de capacités insuffisantes de réserve, la Slovaquie a dû réduire de manière drastique sa consommation, en particulier celle des entreprises. Si le gouvernement n a pas eu à recourir à des coupures dans l approvisionnement des foyers, de nombreuses usines ont dû arrêter leur production et mettre leurs employés en vacances ou au chômage technique. En temps normal, une telle baisse d activité aurait profondément affecté l économie nationale. En raison de la crise économique qui culminait en ce début d année, cela apermis aux entreprises d écouler les stocks et de concentrer les périodes de chômage technique qu elles avaient projetées pour le premier trimestre. Aussi la chute du PIB, sensible encore au premier trimestre 2009, s est finalement diluée. Et grâce à la reprise dans les principales économies occidentales, la récession n a été que de courte durée. Toutefois, après avoir crû de 6,2% en 2008 (et 10,6%en2007), le PIB a reculé de près de 5%en Cette baisse, qui a ramené la richesse du pays presque un an en arrière, asurtout annihilé l embellie constatée en 2008 sur le marché du travail, lorsque le chômage était tombé juste au-dessous de 10%de la population active, pour la première fois depuis Le nombre de sans-emploi a retrouvé les valeurs de 2005, soit 12,5%. Le déséquilibre entre l ouest du pays, riche, et le centre et l est, plus pauvres, s est aggravé. Après avoir été maintenue, au prix de maints efforts, au-dessous de 3%au cours des dernières années, l inflation est tombée sous l effet de la crise à0,5% en En revanche, le gouvernement n a pas pu contenir le déficit budgétaire dans les limites fixées par l Union européenne. Si le budget initial prévoyait un déficit de Le New Labour tenté par le protectionnisme Longtemps, la Grande-Bretagne s est réjouie de voir ses entreprises rachetées par des étrangers. C est le signe, affirmaient les dirigeants du pays, qu elles sont appétissantes. Il semble qu aujourd hui, du moins du côté des travaillistes, quelque chose soit en train de changer. Dans une interview récente au Wall Street Journal, Peter Mandelson, le numéro deux du gouvernement, se demande «si, àlong terme, l industrie britannique ne sera pas perdante» d être passée sous pavillon étranger. Au même moment, Paul Myners, secrétaire d Etat àlacity, s inquiétait de voir les fonds internationaux,qui détiennent une large part de l économie britannique, si peu soucieux «de l histoire des entreprises» dont ils sont actionnaires. Avant d ajouter: «Ilest plus facile d acheter une entreprise en Grande-Bretagne que partout dans le monde.» Incontestablement, depuis plus de quaranteans, les gouvernements Slovaquie RÉPUBLIQUE TCHÈQUE AUTRICHE Trnava Nitra Zilina Bratislava Banska Bystrica Ivan Gasparovic Robert Fico km 2 5,4 millions 4,6 % 12,2 % POLOGNE Presov HONGRIE Kosice 100 km UKRAINE euro depuis le 01/01/2009 successifs ont laissé tous ceux qui le souhaitaient faire leur marché en Grande-Bretagne. Aujourd hui, il n y a plus d industrie automobile britannique. L opérateur aéroportuaire BAA est espagnol, la compagnie de distribution d eau Thames Water allemande, le groupe d énergie nucléaire British Energy français Le club de football de Liverpool est américain, celui de Chelsea russe. «Même le Sun,ce tabloïdtellement britannique qu il ne pourrait se vendre nulle part ailleurs, appartient à un Australien résidant aux Etats-Unis [Rupert Murdoch]», ajoute Tim Leunig, professeur à la London School of Economics and Political Sciences (LSE). Mais avec la récession, les investissements étrangers en Grande-Bretagne ont reculé, plus que dans aucun autre pays développé. Beaucoup de raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce phénomène. Mais il en est une, d ordre politique, qui renvoie au fait que l économie britannique ne s appartient plus tout à fait. Il est souvent plus facile pour un groupe de réduire la voilure à l étranger que dans son pays. M.Leunig pense pour sa part que les déclarations de Mandelson ne se traduiront pas en actes. «Ilespère gagner des votes», juge-t-il, quand le Labour est donné perdant aux élections prévues d ici à juin2010. Pour l heure, les faits semblent lui donner raison. Alors que l américain Kraft tente de s emparer de Cadbury, le gouvernement laisse faire. «Il est possible que le Labour se présente aux prochaines élections avec un programme protectionniste»,juge Stefan Szymanski, professeur d économie à la Cass Business School de Londres. «Les déclarations de Mandelson sont de la même veine que celles de Gordon Brown qui réclame des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques»,ajoute-t-il, en référence à une déclaration du premier ministre lors de la conférence de son parti en V. Ma

18 2,5% du PIB, le gouvernement a dû le multiplier presque par trois au cours de l année en raison de l effondrement des recettes (6,2%). Pour l année électorale 2010, le cabinet populiste du social-démocrate Robert Fico afait voter un budget avec un déficit comparable afin de ne pas compromettre sa politique sociale qui devrait, au vu des sondages, lui assurer sa réélection. p Martin Plichta Slovénie ITALIE Adriatique AUTRICHE Kranj Ljubljana Novo Koper Mesto Celje Danilo Turk BorutPahor km 2 2millions 4,7% 5,9 % euro Maribor CROATIE HONGRIE B.-H. 50 km Marquée par un fort dynamisme au cours des années précédentes, l économie slovène s est effondrée au cours de la première moitié de 2009, avec une chute de 8,8%deson PIB. Dans ses prévisions publiées début octobre, le Fonds monétaire international (FMI) évaluait la chute du PIB à4,7%en2009, avant une légère reprise en 2010 (+0,6%). Les dégâts causés par la crise mondiale sont considérables dans ce pays manufacturier dépendant beaucoup des exportations. Ses premiers clients l Allemagne, l Italie et l Autriche,ont acheté beaucoup moins de produits sous-traités àla Slovénie, qui attend donc avec impatience la reprise dans ces pays. La Slovénie exporte en premier lieu des véhicules fabriqués ànovo Mesto, dans le sud-est, par Renault et des pièces détachées automobiles destinées aux constructeurs allemands. En juin2009, la production industrielle slovène était de 20%endes- sous de son niveau de juin2008. Quant aux exportations de biens et services, elles ont chuté de 20,8% au premier trimestre et de 21,3%au second trimestre. Les conséquences sur l emploi n ont pas tardé. Entre août2008 et août2009, le taux de chômage est passé de 6,5%à9,4% de la population active. Le gouvernement apris une série de mesures d urgence afin que ce taux ne connaisse pas une aggravation plus importante. Plus de 60000salariés de 669entreprises bénéficient ainsi d un schéma de compensation partielle de la réduction du temps de travail. Le ministre des finances, France Krizanic, a assuré que ces mesures ne seraient pas levées avant que le pays ne retrouve une croissance de 1%sur un an. Selon le ministre, le déficit budgétaire, dénoncé par Bruxelles, devrait s établir à 5,5%du PIB en 2010, avant de redescendre d un point l année suivante. p P.Sm. Suède Océan Atlantique NORVÈGE Östersund Carl XVI Gustav Fredrik Reinfeldt km 2 9,3 millions 4,8 % Lulea FINLANDE Uppsala Orebro Stockholm Göteborg Norrköping EST. Linköping Jönköping LET. DANEMARK Malmö LIT. 200 km de Golfe Baltique Botnie 8,8 % couronne suédoise (0,09712 ) Très dépendante de ses exportations, la Suède asubi de plein fouet les effets de la crise mondiale. Le taux de chômage atteignait 8,5%fin 2009 et devrait augmenter jusqu en La récession aété d environ 5%pour l année. En dépit delacrise, le gouvernement acontinué sa politique de baisse d impôts en 2009, financée par l emprunt. Le budget 2010 est déjà prévu dans la même ligne. Un «paquet de crise»de8,3milliards de couronnes (800millions d euros) a été adopté en 2009 pour financer différentes mesures de soutien du marché du travail, qu il s agisse d aides aux chômeurs, de places de formation dans les écoles professionnelles ou d un programme spécial de conseillers àl emploi qui devient, de fait, la profession qui connaît la plus forte progression. Les charges sociales pour les nouvelles embauches ont été abaissées et des travaux de rénovation domestique profitent de nouveaux allégements fiscaux. L inquiétude est demeurée importante tout au long de l année àpropos du destin des deux constructeurs automobiles Volvo et Saab, établis dans l ouest de la Suède mais respectivement propriétés des américains Ford et General Motors. Des acheteurs potentiels sont évoqués, notamment chinois, mais l année s est terminée dans l incertitude. Vattenfall, compagnie publique, plus gros producteur nordique d électricité et l un des cinq plus importants d Europe, est aussi source de préoccupations. Son PDG a été poussé à la démission lorsque furent connus les détails d un contrat avec l Allemagne stipulant qu en cas d accident nucléaire, ce n est pas seulement la filiale allemande de Vattenfall qui sera tenue responsable, mais tout le groupe suédois, et donc l État. La Suède a assuré la présidence de l Union Européenne durant le second trimestre Sa tâche s est concentrée sur l adoption du traité de Lisbonne. Après avoir été l un des pays les plus critiques contre le projet russe Nord Stream de gazoduc à travers la mer Baltique, la Suède afini par l accepter à l automne. p O. T. Tchèque (Rép.) ALLEMAGNE Usti Nad Labem Plzen Ceske Budejovice Liberec Hradec Kralové Prague AUTRICHE Olomouc VaclavKlaus Jan Fischer (08/05/09) km 2 10,5 millions 4,3 % Ostrava Brno POLOGNE SLOVAQUIE 100 km 7,1% couronne tchèque (0,03870 ) La crise financière internationale aeuunfort impact sur la croissance de l économie tchèque qui repose surtout sur son industrie et ses exportations. Après un début 2009 marqué par un reculdeprès de 6%du produit intérieur brut (PIB), le pays arenoué avec la croissance dès le deuxième trimestre(+0,3%). La prime à la casse, instauréedans les principaux pays européens, a notammentpermis de limiter les pertes dans l industrie automobile tchèque, qui représente 20 %dupib. Sur l ensemble de l année, le PIB devrait se contracter d environ 4% par rapport à2008. En 2010, la croissance pourrait retrouver des valeurs positives, entre 1% et 2%. Les députés tchèques ont renversé fin mars le gouvernement de coalition de centre droit du premier ministre Mirek Topolanek Tirée par la consommation des ménages et le bâtiment (des travaux d infrastructures sont réalisés grâce aux fonds européens), elle est menacée par le chômage, passé de 5%au début de l année, à8,5%en novembre. Il pourrait atteindre 10% en2010, selon les syndicats. Pour faire face à une forte dégradation du déficit budgétaire (6,6% du PIB en 2009), le gouvernement a adopté un plan d austérité qui, limitant le déficit à 7%, devrait néanmoins coûter un demi-point de croissance en L année du vingtième anniversaire de la«révolution de velours» du 17novembre 1989 conservera un goût amer. Après un début maîtrisé de la présidence de l Union européenne au premier semestre, la République tchèque a sombré dès le deuxième trimestre dans la crise politique. Les députés tchèques ont renversé fin mars le gouvernement de coalition de centre droit du premier ministre Mirek Topolanek. Il a été remplacé par un cabinet de technocrates emmené par le chef de l Office des statistiques, Jan Fischer, qui devait conduire le pays à des élections anticipées à l automne. Cellesci ontété annulées par la Cour constitutionnelle qui a jugé contraire à la Loi fondamentale la dissolution du Parlement. Les partis étant incapables de s entendre sur une solution viable, les Tchèques iront aux urnes au printemps 2010, au terme normal de la législature, mais presque à contrecœur:le cabinet Fischer jouit d une popularité inégalée (88 % d opinions favorables). Aussi, ces turpitudes politiques, encore aggravées par la résistance du président Vaclav Klaus qui a signé le dernier la ratification du traité de Lisbonne, ont assombri les commémorations de la «révolution de velours». Si deux tiers des Tchèques se réjouissent de ne plus vivre sous le communisme, 87% sont profondément déçus de la situation politique et économique du pays. p M. Pa. 59

19 L autre Europe Albanie Bosnie-Herzégovine Croatie Islande Macédoine Monténégro Norvège Serbie Suisse Turquie P. 60 P. 60 P. 61 P. 61 P. 61 P. 62 P. 63 P. 63 P. 64 P Europe MONT. 60 SERBIE Shkodër Adriatique Tirana Durrës ITALIE BULG. Albanie Vlorë Elbasan Korçë GRÈCE Gjirokastër Corfou MACÉDOINE 50 km Bamir Topi Sali Berisha km2 3,2 millions (2006) L 0,7 % 13,8 % lek (0, ) Albanie a connu un net ralentissement économique, les statistiques officielles optimistes ne reflétant qu une partie de la réalité. Le gouvernement a continué pendant des mois à défendre des prévisions de croissance élevées (5,8 %), tandis que le Fonds monétaire international (FMI), lui, évoquait un chiffre de 0,7%, puis de 2,2 % en Malgré une chute des exportations de 20 % au cours des six premiers mois, le chômage n a pas enregistré 5 une hausse spectaculaire, mais de nombreux Albanais vivotent grâce à un lopin de terre. Un secteur a été durement frappé: celui de la soustraitance dans le textile et la chaussure. Les représentants du secteur (qui constitue 70% des exportations) ont réclamé une exonération d impôt sur le revenu pendant cinq ans. Alors que le déficit s élève à plus de 6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a souligné qu à la fin du mois de septembre, les dépenses liées au secteur public avaient augmenté de 23% tandis que les recettes n ont progressé que de 6 %. Il a fallu attendre la fin du scrutin législatif de juin pour que le gouvernement évoque la nécessité d un meilleur contrôle des dépenses. Le premier ministre, Sali Berisha, a appelé ses ministres à la mesure. Il a estimé qu il fallait envisager le remplacement de la monnaie locale, le lek, par l euro : «Il faut être réaliste, l euro est en train de devenir un problème majeur pour l économie de nos pays.» Détenues à 95 % par des groupes étrangers, les banques albanaises ont tremblé à la suite de la crise financière de 2008, après trois années d expansion. A la perte de confiance des épargnants s est ajoutée la diminution de l argent envoyé par les Albanais vivant à l étranger de 6,1 % sur les six premiers mois de l année par rapport à 2008, s établissant à millions d euros, selon la Banque centrale. L année 2008 avait déjà été marquée par une baisse de 12 %. p Piotr Smolar Bosnie-Herzégovine CROATIE Prijedor Orasje République Bihac serbe Brcko Banja Luka Tuzla Bijeljina SERBIE Zenica CROATIE Sarajevo Féd. croatomusulmane Pale Gorazde Mostar Adriatique Trebinje MONTÉNÉGRO 50 km Présidence Z. Komsic (croate) collégiale N. Radmanovic (serbe) H. Silajdzic (bosniaque) km2 3,8 millions 3 % (2008) 23,4 % mark (0,51221 ) U n Etat central paralysé, un territoire fracturé entre deux entités, croato-musulmane et serbe: la Bosnie-Herzégovine continue de s enfoncer dans la crise politi- [PAGE: BILAN_DU_MONDE - BILAN_DU_MONDE /01/10] [IMPRIMEE LE: 04/01/10 10:59 PAR: ZAMBUTO] [COULEUR: Composite]

20 que, malgré l intervention, à l automne, de l Union européenne (UE) et des Etats-Unis. Ces derniers ont tenté d orchestrer un rapprochement entre les différents groupes ethniques lors de négociations conduites sur la base de Butmir, à la mi-octobre. Mais celles-ci ont échoué, largement en raison des tendances de la Republika Srpska (RS, l entité serbe qui, aux côtés de la fédération croato-musulmane, forme la Bosnie) à bloquer toute réforme constitutionnelle. Le gouvernement de Milorad Dodik gère ce territoire comme s il s agissait d un Etat souverain, conduisant à sa guise le processus de privatisations, dont les principaux bénéficiaires sont les Serbes. Exemple: en mai2009, le gouvernement de la RS a signé un contrat avec une société de travaux publics autrichienne, Strabag, pour créer une joint venture chargée de la construction d autoroutes dans l entité. Les soupçons de corruption contre M.Dodik et son proche entourage s accumulent au Bureau du haut représentant (OHR), qui représente la communauté internationale dans le pays. Cette paralysie explique en grande partie l indigence économique de la Bosnie. La taille de la bureaucratie est disproportionnée par rapport au secteur privé et à la faiblesse des La taille de la bureaucratie est disproportionnée par rapport au secteur privé et à la faiblesse des investissements investissements. Le pays dispose d une quarantaine de kilomètres d autoroutes. Il lui en faudrait 800 pour satisfaire les standards européens. Selon la Banque mondiale, il faut 60jours pour lancer une entreprise en Bosnie, contre 5 en Hongrie. Un programme de privatisation d une trentaine d entreprises devrait démarrer en Des mastodontes publics, comme Energoinvest ou Hidrogradnja, sont au bord de la faillite. La communauté internationale continue à soutenir Sarajevo. Début mai, le Fonds monétaire internationale (FMI) lui aaccordé un crédit de 1,2milliard d euros sur trois ans. Pour des raisons techniques, la Bosnie apris du retard par rapport à la Serbie pour que ses citoyens puissent circuler sans visa dans l UE. Il faudra attendre au moins la mi-2010 pour que Sarajevo bénéficie aussi de cette mesure. Les liens économiques avec l UE sont fondamentaux pour la Bosnie. Elle a, par exemple, signé un accord avec l Allemagne portant sur l octroi par la Banque de développement publique allemande (KfW) d un montant de 60millions d euros destinés au secteur énergétique et à l environnement. p P.Sm. Croatie SLOVÉNIE Zagreb Rijeka Karlovac Pula Krk Cres Losinj Dugi Otok Zadar Stipe Mesic Jadranka Kosor (06/07/09) (2008) Slavonski Brod km 2 4,4 millions 5,2 % 8,4 % HONGRIE Grâce aux réformes entreprises entre juin 2008 et mai 2009, la Macédoine est devenue le pays le plus accueillant du sud-est de l Europe pour yfaire des affaires, selon un rapport de la Banque mondiale publié enseptembre Cette progression est due àune facilitation des procédures de créa- BOSNIE- HERZÉGOVINE Split Brac Vis Hvar Korcula MONT. Lastovo Mljet Adriatique Dubrovnik ITALIE 100 km kuna (0,13713 ) Osijek Le World Economic Forum a apporté une mauvaise nouvelle à la Croatie, début septembre 2009:dans son classement des pays en fonction de leur compétitivité, la Croatie aperdu onze places par rapport à2008, tombant au 72 e rang, son pire classement depuis huit ans. Le pays est ainsi sanctionné en raison de son manque de dynamisme. Le déficit commercial s est établi à 2,8milliards d euros sur les six premiers mois de l année. Le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 6,7% au premier trimestre, la plus forte dégradation depuis dix ans. Selon une étude publiée en septembre 2009 par le cabinet Roland Berger Strategy Consultants, les entrepreneurs croates n envisagent pas de véritable reprise avant début Ce pessimisme vient notamment de leurs difficultés à obtenir des crédits auprès du secteur bancaire. La Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) partage ce point de vue: selon elle, la croissance sera encore dans le rouge en 2010 ( 5,4%). La particularité de la Croatie réside dans sa pression fiscale. Le pays a mis en place une taxe dite «decrise»sur les revenus qui a suscité une polémique et poussé 30000personnes à écrire à la Cour constitutionnelle. Selon certaines sources patronales, les petites entreprises familiales auraient été touchées de plein fouet. Le premier ministre, la conservatrice Jadranka Kosor, a commencé à faire marche arrière début octobre en laissantentendre que cette taxe pourrait être supprimée dès l été Autre curiosité, le niveau très élevé de la TVA, dénoncé par Bruxelles qui y voit un frein à la consommation et au développement. Au 1 er août, le taux est passé de 22%à 23%, pour lutter contre les déficits. Seuls la Suède, le Danemark et la Hongrie atteignent des niveaux supérieurs en Europe. Dernier motif de désapprobation pour l Union européenne (UE): dans son rapport annuel d étape, la Commission européenne a noté, le 15octobre, que la Croatie renâclait toujours à accueillir des investisseurs serbes, alors que le contraire ne se vérifiait pas. Mais 2009 aura aussi apporté une bonne nouvelle:après dix mois de négociations tendues, la Croatie et la Slovénie sont parvenues àun accord sur le conflit territorial qui les opposait, au sujet de leur frontière maritime et terrestre. Jusque-là, la Slovénie bloquait le processus d adhésion de la Croatie àl UE. p P.Sm. Islande Groenland Groenland Reykjavik OCÉAN ATLANTIQUE Akureyri IRLANDE Olafur Ragnar Grimsson J. Sigurdardottir (01/02/09) km 2 Iles Féroé DANEMARK OCÉAN GLACIAL ARCTIQUE Iles Shetland ROYAUME- UNI 0,3 million 8,5 % 7,1% Jan Mayen NORVÈGE du Nord 500 km couronne islandaise (0, ) En 2009, l Islande adûfaire face aux conséquences de l effondrement de son système bancaire en Il en arésulté un bouleversement économique sans précédent et une crise politique qui a débouché, au terme d une «révolution des casseroles»(quand, en janvier, les manifestants tapaient nuit et jour devant le Parlement sur des ustensiles de cuisine), sur l accession au pouvoir d une coalition de gauche, la première depuis l indépendance en Les salaires sont bloqués depuis octobre2008, année où l inflation a atteint 21%. Si on ajoute les 8,5%d inflation en 2009 et les 16,5%deperte de pouvoir d achat prévus par la banque centrale pour 2010, on arrive à une diminution du niveau de vie de moitié. L euro valait 90couronnes islandaises début 2008, il en vaut 185 aujourd hui, entraînant une forte contraction des voyages à l étranger. Le nouveau gouvernement s est battu sur plusieurs fronts. Il a fallu régler la faillite des trois grandes banques islandaises, finalement nationalisées. La banqueroute d Icesave, filiale en ligne de la banque Landsbanki bénéficiant d une garantie de l Etat, a provoqué un litige avec la Grande- Bretagne et les Pays-Bas et une surenchère populiste des partis d opposition, réclamant que l Etat refuse d honorer ses engagements. Les responsables de la catastrophe, ces nouveaux «vikings» qui, à la tête des banques, avaient prêté jusqu à onzefois l équivalent du PIB islandais, sont presque tous à l étranger. Eva Joly a été engagée pour retrouver l argent qu ils ont dissimulé dans des paradis fiscaux. Le chômage, jusqu ici inconnu, atteignait 8%fin Le Fonds monétaire international, qui a consenti des prêts à l Islande, a exigé une politique de rigueur. Tous les postes budgétaires ont été revus à la baisse. Une assiette de l impôt a été rétablie, remplaçant le taux unique et l impôt sur les revenus financiers est passé de 10%à18%. La politique libérale de l ancien gouvernement a été démantelée, mais l Islande reste à reconstruire. p Gérard Lemarquis Macédoine ALBANIE Tetovo Gostivar SERBIE Bitola Président du gouvernement (2008) Kumanovo Skopje Prilep GRÈCE Gjorge Ivanov (05/04/09) Nikola Gruevski km 2 2millions 2,5 % 33,8 % BULGARIE 50 km denar (0,01635 ) aaa 61

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