Le Cloud Computing est-il une solution d avenir pour l entreprise?
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- Alfred Chartier
- il y a 10 ans
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1 Le Cloud Computing est-il une solution d avenir pour l entreprise? Mémoire de recherche de fin d étude La virtualisation, la dématérialisation, l informatique dans les «nuages», sont des concepts récents qui font beaucoup de bruit dans le monde IT. L implémentation de ces nouveaux systèmes de gestion au sein d un SI ont-ils leurs places dans l informatique de demain? Soutenance le 02 Avril 2012, présidée par Mr Neveu Promotion SRS Clément Helier Bastien Morlon
2 REMERCIEMENT... 3 GLOSSAIRE... 4 INTRODUCTION ORIGINES ET HISTORIQUE DU «CLOUD COMPUTING» Concepts et technologies à l origine du «Cloud Computing» Le concept d «informatique utilitaire» Le concept de «grille informatique» Le concept de «ferme de serveurs» Les fournisseurs de services d application La virtualisation Apparition du «Cloud Computing» et origine du terme DEFINITIONS ET CARACTERISTIQUES DU «CLOUD COMPUTING» Les définitions du «Cloud Computing» Les caractéristiques du «Cloud Computing» Libre- service à la demande Accès étendu au réseau, ubiquité Mise en commun des ressources et multi- tenant Scalabilité, élasticité rapide et paiement à la consommation Service mesuré DESCRIPTION DETAILLEE DU MODELE «CLOUD COMPUTING» Les différentes couches du «Cloud Computing» Le Cloud infrastructure IaaS - Infrastructure as a Service Le Cloud plate- forme PaaS Platform as a Service Le Cloud application SaaS Software as a Service Les modèles de déploiement du «Cloud Computing» Le Cloud privé Le Cloud communautaire Le Cloud public Le Cloud hybride PARTIE II CE QUE LE CLOUD PEUT NOUS APPORTER POURQUOI ENVISAGER LA TRANSITION? Les avantages du Cloud Computing selon le manifeste Open Cloud Les inconvénients du Cloud Computing selon le manifeste Open Cloud COMMENT SE PREPARER A CE VIRAGE TECHNOLOGIQUE? LES FREINS DU CLOUD COMPUTING LA SECURITE DANS LE CLOUD COMPUTING La sécurité physique de l exploitation Quel niveau de sécurité?
3 5. ASPECT ECONOMIQUE Une économie d échelle La segmentation Les offres des principaux acteurs du marché La tarification de SalesForce.com Exemples de tarifications d infrastructures Cloud tiers ASPECT ECOLOGIQUE PARTIE III ETUDE ET ANALYSE DE TERRAIN SONDAGE ET QUESTIONNAIRE DES ENTREPRISES AYANT FAIT LE CHOIX DU CLOUD COMPUTING Eden Park : le choix Microsoft Haagen- dazs : Le choix Saleforce DES ENTREPRISES EN PHASE D ETUDE Ageas France PARTIE IV ETUDE DE DEUX SOLUTIONS D'EDITEUR LE CLOUD DE VMWARE L infrastructure selon VMware Les offres de PaaS Les Services à la demande MICROSOFT ET SON OFFRE AU NUAGE Les Services (SaaS) La Plate- forme Microsoft (PaaS) L IaaS et Cloud privé CONCLUSION ANNEXE BIBLIOGRAPHIE TABLES DES ILLUSTRATIONS
4 Remerciement Nous tenons à remercier Monsieur Nicolas Neveu, notre professeur et tuteur tout au long de notre mémoire, pour son encadrement et pour les conseils qu il a pu nous fournir. Nous remercions Monsieur Alain Egee, partenaire de la société VMware pour son soutien et les encouragements qu il nous a prodigués. Nous lui sommes reconnaissants pour sa disponibilité et pour la qualité de ses remarques qui ont été essentielles à la réalisation de ce mémoire. Nous remercions également nos tuteurs professionnels respectifs de nous avoir guidés dans l évolution de nos travaux et pour leurs précieux conseils. 3
5 Glossaire Abréviation Définition API ASP BP CPU DPM DRS DSI EC2 ETI FT HA HaaS HP I/O IaaS IBM PaaS PME RIA ROI SaaS SAN SDK SLA TPE VM VPC VPN XaaS Application Programming Interface Application Service Provider Business Process Central Processing Unit Distributed Power Management Distributed Resource Scheduler Directeur des systèmes d'information ou Direction des systèmes d'information Elastic Compute Cloud (Amazon) entreprises de taille intermédiaire Fault Tolerance «high availability» : Haute disponibilité Hardware as a Service Hewlett Packard Entrée/sortie Infrastructure as a Service International Business Machines Corporation Platform as a Service Petite et moyenne entreprise Rich Internet Application Retour sur Investissement Software as a Service Storage Area Network Software Development Kit Service- Level Agreements Très petite entreprise Virtual machine : machine virtuelle Virtual Private Cloud Virtual Private Network Informatique comme un service 4
6 Introduction Le «Cloud Computing», traduit de l anglais «informatique dans les nuages», n est pas une nouvelle technologie en soi, mais une nouvelle approche de l informatique, comprenant un certain nombre d idées difficiles à appréhender. En février 2011, la société IPSOS 1 en partenariat avec Microsoft a interrogé différentes entreprises à ce sujet. Le constat : 82% des TPE-PME ne pouvaient pas définir précisément ce qu est le concept du Cloud Computing, alors que 52% d entre elles utilisaient déjà une solution de type Cloud. De manière générale, on peut assimiler le «Cloud Computing» à un regroupement de ressources informatiques exploitées, à distance et à la demande, par de nombreux clients externes, sous forme de services à la consommation. Les traitements informatiques ne sont donc plus réalisés sur le poste utilisateur ou sur un serveur interne mais déportés dans un centre de données virtuelles maintenues par le prestataire de service Cloud. L objectif étant de réduire la complexité de l informatique. Illustration 1 : Le concept du Cloud Ce concept informatique est aussi la réponse au besoin croissant des entreprises de réduire leur coût tout en ayant accès à une large offre de services allant du hardware au software. Ces entreprises recherchent également à rentabiliser leurs investissements et à se concentrer au maximum sur leur cœur de métier. La majorité des investissements informatiques sont aujourd hui consacrés à la maintenance, laissant peu de place à l innovation. Pourquoi une exploitation agricole ou une simple PME en général devrait-elle s équiper de matériel informatique et gérer un système d information pour un simple besoin de stockage, 1 Ipsos est un institut de sondage français et une société internationale de marketing d opinion. Source disponible 5
7 de messagerie et d applications spécifiques à son activité? Face à ces entreprises fatiguées de «faire de l informatique» et face à des utilisateurs exigeants des temps de réponse de plus en plus courts, le Cloud Computing pourrait être la solution tant attendue. Selon une étude menée en 2011 par Brocade 2, près de la moitié des entreprises européennes ont déjà eu recourt au Cloud Computing, et 31% prévoient de migrer vers ce modèle informatique distribué, dans les 12 mois. Selon Gartner 3, en 2012 les dépenses liées au Cloud devraient représenter 10% des investissements informatiques et passerait de 68 milliards en 2010 à 150 milliards en Le marché est en plein essor. Le Cloud Computing se place comme la plate-forme informatique de prochaine génération. C est pour ces diverses raisons qu il nous a semblé important de comprendre ce nouveau concept, ce qu il va pouvoir apporter à l informatique d aujourd hui et de demain, mais aussi la place qu il occupera au sein de l entreprise. Est-ce une réelle solution d avenir pour l entreprise? Local Markets Silo organization Production- oriented Flexibilité 1960 MAINFRAME 1980 Client/serveur 2000 Cloud 2020 Centralized applications Buziness- unit level Hardware Regional markets Matrix orgnization Client- oriented Packaged applications Entreprise level Global markets Network organization Reactivity- oriented Composite applications Ecosystem level Services Virtualisation Automatisation Normalisation Figure 1 : Les trois principales vagues de l'informatique (source : Orange Business Services) Ce mémoire sera constitué de 4 parties. La première partie présentera ce qu est le «Cloud Computing», de sa genèse, jusqu au détail des caractéristiques qui font du Cloud ce qu il est. La deuxième partie analysera ce que le «Cloud Computing» peut apporter, au travers de ses bénéfices et ses dangers. La troisième partie sondera, à partir d un questionnaire, la vision d entreprises ayant fait le choix du Cloud ainsi que d entreprises en phase d étude. Enfin, la quatrième partie se focalisera sur la présentation de deux solutions éditeurs. 2 Brocade est une société américaine qui conçoit et réalise depuis 1995 des systèmes de communication pour les réseaux SAN et FAN. Source : extrait de presse artesi-idf 'Les entreprises européennes se tournent vers le Cloud Computing pour être plus souples, pas seulement pour réduire leurs coûtes' 3 Gartner est une entreprise de consulting et de conseil américaine dans le domaine des techniques avancées. Source : 'Gartner says worldwide cloud services market to surpass $68 billion in 2010' 6
8 Partie I Qu est-ce que le Cloud Computing Finalement, qu est-ce que le Cloud Computing? Dans cette partie, nous allons détailler les concepts à l origine du Cloud Computing, et retracer l apparition de cette notion dans le monde informatique. Ensuite nous définirons ce qu est le Cloud Computing et les caractéristiques qui en font un concept à part entière. Enfin, nous présenterons les différentes couches du Cloud Computing et les modèles de déploiement existants aujourd hui. 1. Origines et historique du «Cloud Computing» 1.1. Concepts et technologies à l origine du «Cloud Computing» Le Cloud Computing est la réunion de différents concepts informatiques, étudiés et développés depuis les années 60, associés à certaines technologies, récemment accessibles financièrement et matures techniquement. Dans les sous-sections suivantes nous allons détailler 5 concepts et technologies qui nous semblent être fondamentaux pour comprendre l histoire du Cloud Computing Le concept d «informatique utilitaire» L «Utility Computing» ou «Calcul On-Demand» désigne le principe de location des ressources informatiques (historiquement la puissance de calcul des machines), que l on facture à l usage, à la manière de l électricité ou du gaz aujourd hui 4. Ce concept a l avantage d avoir un coût d investissement initial très faible pour un accès immédiat aux ressources informatiques. L Utility Computing est un concept déjà ancien qui apparait souvent au cours de l histoire de l informatique, et dont l une des premières références est un discours de John McCarthy lors d une conférence au centenaire du MIT 5. Dès 1961, celui-ci explique que «l informatique pourrait un jour être organisée comme un service public tout comme le téléphone est un service public. L informatique utilitaire pourrait devenir la base d une industrie nouvelle et importante.» 6. L idée de l informatique comme un service est née. 4 L utility Computing est un modèle informatique qui présente l avantage d avoir de faible coût. Il se présente sous la forme de package ressemblant les services, le stockage, le calcul. Source : Définition Wikipédia Utility Computing 5 Institut de technologie du Massachusetts : 'Massachusetts Institute of Technology' 6 Source : extrait de presse Utility (Cloud) Computing..Flashback to 1961 Prof. John McCarthy 7
9 Une des entreprises pionnières dans la mise en place concrète de l «Utility Computing» après l éclatement de la bulle internet, fut IBM en 2002 avec son«e-business On-Demand» 7 8. Le constructeur jugea qu il fallait répondre aux exigences croissantes des entreprises, que ce soit en termes de performances ou en termes d adaptation à un environnement extrêmement changeant. Grâce au développement considérable des réseaux et avec l avènement des standards informatiques et de la virtualisation, l Utility Computing, avec la notion de «On-Demand», devient possible et accessible aux TPE/PME. L idée d une informatique comme un «service de base» vital dans un monde connecté 24 heures sur 24, commence à se développer. Cette même année, d autres sociétés, dont HP 9, investissent dans le concept d Utility Computing et proposent leur propre solution. Mais dans son article «Utility Computing : peut-on tout externaliser?» d Août 2002, paru dans le Journal Du Net 10, Nicolas Six montre bien l avance d IBM dans le domaine : «La méthode [d IBM] est tout autre. [ ] la facture [contient] un taux variable pour l'usage des mainframes, l'hébergement du web, la quantité de stockage utilisée, le temps de hotline comptabilisé, et surtout le nombre d'heures de calculs mobilisées sur les processeurs d'ibm. Le client paye réellement ce qu'il consomme. [ ] Aucune entreprise n'a opté pour une externalisation complète, et la plupart des marchés remportés concernent seulement l'un des trois pôles majeurs d'une infrastructure : le stockage, la gestion du réseau et la gestion des ordinateurs. IBM est le seul à maîtriser les trois». Peu après, d autres acteurs, comme Microsoft 11 ou Amazon 12 ont investi dans le concept et lancé leur propre solution. Ce concept informatique imaginé par John McCarthy est devenu le fondement de la transition vers l informatique «On-Demand» et l informatique «as a Service». C est un modèle économique qui est à la base des projets d externalisation des solutions informatiques, du Grid Computing, des fermes de serveur et bien sûr du Cloud Computing. 7 Source : IBM Global Services, 'e-business on demand : le nouveau modèle informatique.pdf' 8 Source : extrait de presse, Cnet News, 'IBM talks up "computing in demand" ' 9 Extrait de presse : HP : 'HP Utility Data Center' 10 Source : extrait de presse, Journal Du Net, Utility Computing, peut-on tout externaliser 11 Extrait de presse : 'Microsoft experiments with utility computing' 12 Source : Amazon Web Services : 'Amazon : Utility computing power broker' 8
10 Le concept de «grille informatique» Le concept de «Grille informatique» ou «Grid Computing» est apparu en 1997 lors d un séminaire au laboratoire national d Argonne, intitulé «Building a Computational Grid». Puis en 1998, Ian Foster et Carl Kesselman, les 2 personnes à l origine de ce séminaire, ont publié «The Grid : Blueprint for a New Computing Infrastructure». Ce livre, référence dans le domaine, est souvent surnommé «The Grid Bible» 13. Figure 2 : la logique du Grid Computing Le terme de «Grid» se réfère au réseau électrique «Power Grid», où l utilisateur se branche au réseau et paye ce qu il consomme sans se soucier d où vient le courant. Le Grid Computing est une technique de calcul consistant à partager les ressources de tout élément informatique permettant l exécution d une tâche ou le stockage d une donnée numérique. Les ressources informatiques de cette infrastructure virtuelle, reliées de façon logique, sont délocalisées et autonomes. Cette technique, qui tire partie du temps de nonutilisation des processeurs, permet de résoudre des problèmes que l utilisation d un superordinateur ne pourrait pas solutionner dans un temps réaliste. La figure 2 ci-dessus résume bien la philosophie du Grid Computing. Le Grid Computing doit en outre fournir un niveau de service adapté aux besoins du client, comme le temps de réponse, le débit, la disponibilité, ou encore la sécurité. Il doit également gérer les questions de droit d accès et de paiement. Il s inspire grandement du concept d Utility Computing. Notons que le concept de grille informatique est bien différent du «Cluster» informatique, qui fait fonctionner un ensemble de machines similaires dans un même lieu. C est cette technique de «Clustering» et le concept ferme de serveurs que nous allons définir maintenant Le concept de «ferme de serveurs» Les fermes de serveurs sont apparues au début des années 2000, lors de l éclatement de la bulle internet pour répondre au besoin de «Haute Disponibilité» nécessaire à la plupart des services accessibles via le web. 13 Source : 'Grid computing's ancestors' 9
11 Ces «fermes» hébergent jusqu à plusieurs centaines de serveurs montés en «Cluster 14». Le «Clustering» est une technique qui consiste à regrouper plusieurs serveurs (ou «nœuds») indépendants afin de dépasser les limitations d une machine unique. Les différents nœuds mis en réseau ensemble vont apparaître comme une seule machine ayant plus de capacités (plus de puissance, de mémoire, de stockage. On trouve beaucoup d avantages dans ces fermes de serveurs et dans ce système de Clustering. Cette technique permet de garantir la «Haute Disponibilité», d augmenter la «scalabilité» et donc mieux gérer la montée en charge, et de garantir une bonne qualité de service. De plus ces fermes de serveurs sont très élastiques, grâce la possibilité d augmenter la taille du Cluster en fonction de ses besoins en puissance de calcul, mémoire ou stockage, simplement en ajoutant des machines. Ces capacités de «Clustering» sont réalisées grâce à ce système de nœuds multiples, et l utilisateur a la garantie de ne jamais perdre complètement l accès au service qu il est en train de consommer grâce à certains mécanismes : - La redondance qu elle soit hardware ou software - La reprise sur panne («Fail Over») - La répartition de charges entre nœud («Load Balancing») Figure 3 : Représentation schématique d'un cluster de serveurs hébergeant un site web La répartition de charge est une technique qui permet de distribuer le travail entre les différents serveurs mis en Cluster. C est cette technique qui va permettre de diminuer le temps de réponse et d augmenter la disponibilité et la scalabilité du serveur. Les informations relatives à la disponibilité des serveurs sont envoyées à un serveur maître chargé de distribuer les tâches entre les machines du Cluster. Celui-ci choisira, selon un algorithme prédéfini, vers quel nœud du Cluster il distribuera la tâche. 14 Source : Définition Wikipédia Grappe de serveurs 10
12 Nous retiendrons quatre algorithmes principaux : - Le «Round Robin» : qui répartit la charge de manière séquentielle sur les serveurs - Le «Weight Round Robin» : qui répartit la charge en fonction de la puissance de la machine. - Le «Least Connections» : qui répartit la charge vers le nœud du Cluster ayant le moins de connexions. - Le «Faster Response Time» : qui calcule le temps de réponse de chaque serveur et distribue le travail vers le serveur qui répond le plus rapidement. L éclatement de la bulle internet vers la fin des années 1990, début des années 2000, a permis pour la première fois de mettre des services à disposition du monde entier, et l'équilibrage de charge a permis à ces services de supporter de manière sûre, fiable et rapide des demandes provenant de plusieurs millions d'utilisateurs. Google utiliserait une ferme de plus de serveurs rien que pour son moteur de recherche. 15. Les fermes de serveurs permettent encore de nos jours, d héberger de façon très fiable, des services nécessitant une très haute disponibilité (en général des services accessibles via internet). De plus, il est financièrement avantageux d investir dans plusieurs petits serveurs que l on agrège, plutôt que d acheter un gros serveur multiprocesseur très coûteux. Le principal défaut du Clustering est qu il est nécessaire que les applications soient développées spécifiquement pour pouvoir fonctionner en cluster Les fournisseurs de services d application Les fournisseurs de services d application, ou ASP («Application Service Provider») ont aussi leur importance dans l origine du «Cloud Computing». Ce modèle d affaire est apparu lui aussi au début de l éclatement de la bulle internet. Un ASP est une société qui propose des logiciels à ses clients au travers d internet. Le fournisseur loue des applications métiers en ligne, via des interfaces web et le client devient consommateur. Il n a plus à se soucier des problématiques souvent lourdes et coûteuses liées à l installation, au déploiement, à la configuration, à la maintenance ou à la sauvegarde de l application. Il suffit juste de disposer d un poste utilisateur et d un accès web. L ASP s inspire beaucoup du concept d «Utility Computing» décrits précédemment. Pour bien comprendre l ASP, il est important de pointer ses différences avec la couche «Software as a Service» (SaaS) du Cloud Computing, que nous présenterons de manière 15 Source : Google Infrastructure 11
13 plus détaillée dans la section « Le Cloud Application SaaS Software as a Service». L ASP traditionnel se limite à la fourniture d applications, en mode hébergé, et repose financièrement sur un système de licence logicielle (une instance logicielle par utilisateur). Cela signifie que chaque nouveau client doit attendre que son fournisseur installe la nouvelle instance créée spécialement pour lui. Les coûts et les délais de déploiement sont élevés. Le SaaS quant à lui désigne une application modulaire comprenant des outils et des personnalisations pour répondre aux besoins du client. Les solutions SaaS sont nativement développées sur des architectures mutualisées, utilisant une seule instance logicielle partagée entre tous les utilisateurs de la solution. Une application est utilisée par plusieurs personnes, les coûts de maintenance et de mise à jour sont réduits. Financièrement, le SaaS fonctionne sur une logique de paiement à la consommation La virtualisation La virtualisation est «l ensemble des techniques matérielles et/ou logicielles qui permettent de faire fonctionner sur une seule machine plusieurs systèmes d exploitation et/ou plusieurs applications, séparément les uns des autres, comme s ils fonctionnaient sur des machines physiques distinctes» 16. Cette technologie est très importante dans le Cloud Computing et confère beaucoup d avantages. Elle permet une gestion simplifiée, optimisée et mutualisée des ressources matérielles, ainsi qu une grande élasticité de l infrastructure grâce à une vue logique plutôt que physique. En effet, il n est pas rare en entreprise de voir un serveur fonctionnant à 15% de ses capacités, et regrouper plusieurs serveurs virtuels sur une même machine physique permet de mieux rationnaliser les ressources. De plus l élasticité offre la possibilité de provisionner ou déprovisionner automatiquement des ressources et de s adapter de façon rationnelle lors d importantes montées de charge. La virtualisation est aussi la technologie permettant de mettre en place une architecture multi-tenante, une des caractéristiques les plus importantes du Cloud, que nous présenterons de manière plus détaillée dans la section «2.2.3 Mise en commun des ressources et multi-tenant», Historiquement, la virtualisation est née dans les années 60, sous l impulsion d IBM. Les premiers prototypes de virtualisation matérielle sont le système CP-40, lancé en 1967, et le système VM/370 qui connut un fort succès en entreprise, et est parfois encore en usage. Cette technologie était surtout réservée aux entreprises utilisant 16 Source : 'Concepts autour de la virtualisation' 12
14 des mainframes de plusieurs milliers de dollars. Dans les années quatre-vingt-dix, l intérêt pour les émulateurs de consoles de jeu ainsi que l explosion du marché de l informatique personnelle ont fait prendre conscience aux entreprises qu il y avait un marché pour la virtualisation. La société VMware développa et popularisa à la fin des années 1990 et au début des années 2000 un système propriétaire de virtualisation logicielle des architectures de type x86 pour les architectures de type x86. Les logiciels libres Xen, QEMU, Virtual Box et les logiciels propriétaires mais gratuits VirtualPC, VirtualServer et VMware Server ont achevé la popularisation de la virtualisation dans le monde x86. D un point purement technique, on distingue plusieurs types de virtualisation : - L isolation, qui consiste à exécuter des applications dans un environnement isolé, l exemple le plus connu est le chroot sous linux, qui permet de changer de racine. - L hyperviseur de type 2. C est un logiciel spécialisé chargé de faire fonctionner des systèmes d'exploitation invités (guests) sur un système hôte (host) en virtualisant ou émulant le matériel dédié aux systèmes invités. Les systèmes invités ne voient et ne dialoguent qu'avec ce matériel. On peut citer VirtualBox, VMware Workstation ou encore QEMU. - L hyperviseur de type 1. C est un système dont le noyau a été optimisé spécifiquement dans le but de gérer l'architecture à destination des systèmes d'exploitation invités et d allouer directement les ressources matérielles au système invité. Si un système d'exploitation invité «sait» qu'il est installé sur un hyperviseur, il peut être optimisé et augmenter les performances. Il s'agit alors de paravirtualisation. C'est la méthode la plus performante actuellement. On peut citer Xen, VMware ESX ou encore Microsoft Hyper-V. Appliquées à l'échelle d'une entreprise, la virtualisation permet de mettre à profit les ressources d'une seule machine de façon à en faire un «serveur» capable d'alimenter plusieurs «clients», et permet donc au Cloud Computing d offrir à moindre coût tout type de machine et de système, d utiliser les ressources informatiques de façon optimale et élastique. Cette technologie est un point central dans le Cloud Computing. Ce sont à partir de tous ces concepts et technologies que l idée du Cloud Computing a commencé à émerger dans le monde de l informatique. Mais justement, quand le modèle commercial et architectural du Cloud est-il réellement apparu? Et d où vient l expression «Cloud Computing»? 13
15 1.2. Apparition du «Cloud Computing» et origine du terme L expression Cloud Computing est aujourd hui bien ancrée dans le langage usuel informatique, mais il est difficile de dire quand est réellement apparu ce concept. Depuis la fin du siècle dernier, pour dessiner la toile du réseau mondial sur un morceau de papier, les informaticiens utilisaient souvent la forme d un nuage («Cloud»), mais la première apparition de la notion de Cloud, au sens du Cloud Computing, date d une conférence Microsoft à propos du lancement de sa nouvelle plate-forme «.Net», en Microsoft présente le Cloud comme l endroit où seront hébergés les «Web services». En 2002, pour compenser le pic d activité ayant lieu chaque année pendant les fêtes de Noël, Amazon a investi dans un parc informatique conséquent. Une fois les fêtes passées, son parc s est retrouvé être disproportionné et sous utilisé. Amazon a donc pris la décision de louer à des entreprises ces ressources supplémentaires disponibles. Nous assistions à la création du premier fournisseur d infrastructure comme un service, la couche basse de la logique Cloud Computing. Le 9 Août 2006, l expression Cloud Computing apparaît pour la première fois lors d une interview d Eric Schmidt à la «Search Engine Strategies Conference». Le PDG de Google, présente le Cloud Computing comme un nouveau «Business model» 18 informatique, où les services, les données, les infrastructures seraient hébergés quelque part, sur le «Cloud». Cette même année 2006, Amazon annonce la version béta de son service «Elastic Compute Cloud» (EC2) 19. Ce service web, premier du genre, permet au client de louer des serveurs sur lesquels il pourra exécuter ses propres applications web. La nouveauté ici est que le client peut créer et dimensionner le serveur dont il a besoin pour son projet. Amazon propose l accès à des ressources informatiques comme un service avec un paiement à la consommation (Utility Computing) en utilisant plusieurs dizaines de milliers de serveurs (Fermes de Serveurs) répartis sur plusieurs sites dans le monde (Grid Computing) et utilise la technologie de la virtualisation permettant l élasticité suffisante pour que le client puisse créer son propre serveur virtuel et redimensionnable. On assiste à la naissance du premier Cloud de type infrastructure. 17 Source : Microsoft, 'Speech Transcript - Sanjay Parthasarathy, WinHAC Conference 201' 18 Source : Google Press Center, August , 'Search Engine Strategies Conference, Conversation with Erci Schmidt hosted by Danny Sullivan' 19 Source : Amazon web services, 'Announcing Amazon Elastic Compute Cloud (Amazon EC2) - beta' 14
16 Ce ne sera qu en Octobre 2008 qu Amazon lancera une version commerciale de son projet EC2 20, version contenant beaucoup plus d options pour le redimensionnement des serveurs virtuels. L expression Cloud Computing commence à apparaitre dans les moteurs de recherche vers la fin 2007, mais c est au second semestre 2008 qu elle se répand réellement et que le Cloud devient un concept informatique à part entière. Les graphiques suivants (figure 4) représentent les statistiques du moteur de recherche Google pour l expression «Cloud Computing» comparée aux expressions d autres concepts informatiques, entre le 1 er Janvier 2004 et le 1 er Mars Figure 4 : Trafic moyen de l'expression "Cloud Computing" sur internet. Google Trends. Nous observons ici une nette augmentation des recherches liées au Cloud en Octobre 2008, date du lancement commercial de la plate-forme EC2 d Amazon. A partir de ce moment précis, tous les autres grands acteurs du marché de l informatique (Google 21, Microsoft 22, IBM 23, HP 24, Dell 25, VMware 26 ) ont commencé à lancer leur propres offres de Cloud Computing. Pour terminer, il est important de préciser que le Cloud Computing a une évidente origine grand public. Les technologies mises en œuvre et les avancées réalisées pour les services web grand public (webmail, partage de photos, etc), ces services «hostés» que l on nomme aujourd hui SaaS, ont été adaptés et optimisés pour répondre aux besoins spécifiques des entreprises. 2. Définitions et caractéristiques du «Cloud Computing» 20 Source : extrait de presse, le monde de l informatique, 'Le Cloud d'amaeon EC2 arrive en Europe' 21 Source : 'Cloud Google' 22 Source : 'Cloud Microsoft : Windows Azure' 23 Source : 'IBM Smart Cloud Entreprise' 24 Source : 'HP Cloud' 25 Source : 'Cloud Dell' 26 Source : 'Cloud VMware' 15
17 Connaître l historique et les origines du Cloud Computing ainsi que son apparition concrète dans le monde de l informatique est indispensable pour la compréhension du Cloud Computing, mais insuffisant pour le définir. Nous allons pour cela répondre aux deux questions suivantes : «Qu est-ce que le Cloud Computing aujourd hui?» et «Quelles sont ses caractéristiques précises?» Les définitions du «Cloud Computing» Nous avons vu précédemment que le Cloud Computing était l association de différents concepts architecturaux, techniques et économiques. Ces concepts sont à la base du Cloud mais n englobent pas toutes ses caractéristiques. Le Cloud Computing étant un paradigme 27, il est difficile de le définir de façon exacte et de dire avec certitude s il s'agit ou non de Cloud. Les définitions sont d ailleurs nombreuses, et chacune introduit une ou plusieurs caractéristiques qui selon l auteur définissent ce qu est le Cloud Computing : - Pour Wikipédia : «le Cloud Computing est un concept qui consiste à déporter sur des serveurs distants, des stockages et des traitements informatiques traditionnellement localisés sur des serveurs locaux ou sur le poste utilisateur.» - Pour le Syntec 28 : le Cloud Computing consiste en «une interconnexion et une coopération de ressources informatiques, situées au sein d'une même entité ou dans diverses structures internes, externes ou mixtes, et dont le mode d'accès est basé sur les protocoles et standards Internet». «[il permet de] disposer d applications, de puissance de calcul, de moyens de stockage [ ] comme autant de «services». Ceux-ci seront mutualisés, dématérialisés (donc indépendants de toutes contingences matérielles, logicielles et de communication), contractualisés (en terme de performances, niveau de sécurité, coûts), évolutifs (en volume, fonction, caractéristique) et en libre-service.». - Selon le Burton Group (racheté récemment par Gartner 29 ) : le Cloud Computing regroupe «l ensemble des disciplines, technologies et modèles d entreprise utilisé pour fournir des capacités informatiques (logiciels, plates-formes, matériels) à la manière d un service à la demande, évolutif et élastique.». 27 Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). 28 Syntec représente près de 1250 groupes et sociétés françaises spécialisées dans les professions de l'ingénierie, des Services Informatiques, des Études et du Conseil, de la Formation Professionnelle Source : 'Tout ce que vous devez svoir sur le Cloud Computing' 29 Source : extrait de presse, Gartner Newsroom, 'Gartner Acquires Burton Group' 16
18 Chaque acteur du marché du Cloud Computing et même chaque fournisseur de service peut fournir sa propre définition du Cloud, et présenter ses solutions comme étant de type Cloud. Il était donc important de mettre sur pied une définition claire et standard, qui serait acceptée dans le monde de l informatique, et qui permettrait d éviter que n importe quel fournisseur de service informatique prétende que ses solutions sont de type Cloud. En octobre , le «National Institute of Standards and Technology» (NIST) 31 a publié la version finale de sa définition du Cloud Computing 32. Selon le NIST donc, le Cloud Computing doit posséder 5 caractéristiques essentielles : - Le service doit être en libre-service à la demande - Le service doit être accessible sur l ensemble du réseau - Le service doit avoir une mutualisation des ressources - Le service doit être rapidement élastique - Le service doit être mesurable C est cette définition que nous allons détailler. Excepté que nous ajouterons la notion de «paiement à la consommation», qui est finalement le pendant commercial de la caractéristique d élasticité du Cloud, mais qui n apparaît pas dans la définition du NIST Les caractéristiques du «Cloud Computing» Libre-service à la demande Le «libre-service à la demande» signifie qu un client, ou consommateur, pourra commander des ressources informatiques (capacités de calcul, mémoire vive, bande passante, stockage) en fonction de ses besoins. Ce service sera effectué par le fournisseur d accès de façon automatique sans qu une intervention humaine soit nécessaire. On retrouve dans cette caractéristique le concept d Utility Computing et la notion d informatique «On Demand». John McCarthy dès les années 60 imaginait que l informatique suivrait le même chemin que l électricité et deviendrait un service consommable de base. Comme expliqué de façon détaillée dans la section , ce principe fut mis en lumière et rendu applicable concrètement sur le marché de l informatique grâce à IBM en 2002, avec son modèle «e-business on demand» Extrait de presse, bulletin-electroniques.com, 'Le NIST livre enfin sa définition finale du Cloud Computing' 31 NIST : institut national des normes et de la technologie, dépend du département du Commerce des Etats-Unis. 32 Source : National Institute of Standards and Technology, 'The NIST Definition of Cloud Computing.pdf' 33 Source : IBM : e-business on demande : le nouveau modèle informatique 17
19 Accès étendu au réseau, ubiquité L «accès étendu au réseau», ou «l ubiquité», signifie que les capacités sont disponibles sur le réseau et via les protocoles et standards internet et autres (TCP/IP, VPN). Ces protocoles standardisés favorisent l utilisation de plates-formes hétérogènes de clients lourds ou légers (comme les téléphones mobiles, les tablettes tactiles, les ordinateurs portables et les postes de travail) Mise en commun des ressources et multi-tenant La «mise en commun des ressources» signifie que les ressources informatiques du fournisseur sont partagées pour servir les clients multiples en utilisant un modèle multilocataire. Les différentes ressources informatiques physiques et virtuelles se conçoivent dans leur ensemble et sont allouées dynamiquement en fonction de la demande des consommateurs. Le client n a généralement ni contrôle, ni connaissance sur l emplacement des ressources, mais est en mesure de le spécifier à un plus haut niveau d abstraction (pays, état ou centre de données). Ce partage des ressources est la caractéristique qui différencie le Cloud Computing de l infogérance (ou «outsourcing»). La mutualisation intervient au niveau des ressources physiques (réseau, serveur, stockage), mais également au niveau des ressources applicatives (base de données, serveurs web). Ce deuxième cas est le stade ultime de la mise en commun des ressources et se nomme le «multi-tenant». Le but d une architecture «multi-tenant» (ou «multi-locataire») est donc d avoir une Figure 5 : L'architecture Multi-tenant mutualisation maximale des ressources (matériel, système, jusqu à l application : voir figure 5) tout en gardant la possibilité de personnaliser son architecture à souhait. Le principe ressemble fortement à la programmation orientée objet. Un objet unique est créé pour un service et sert d objet de référence. C est une sorte de template. Si un client désire payer pour consommer un service, le système génère une instance de l objet modèle. Le service présenté au client est donc une image de l objet de référence, qui peut être personnalisée selon son envie. Pour résumer, chaque client bénéficie d une même application, de manière personnalisée. L avantage principal ici est que toute mise à jour ou 18
20 modification effectuée sur l objet modèle est répercutée automatiquement sur toutes les instances de cet objet. Le partage des ressources (matérielles, applicatives), dont la mise en place a été simplifiée par la virtualisation, permet au fournisseur de maîtriser ses coûts. Le client quant à lui n a plus à se soucier des problèmes de montée en charge ou de mise à jour d application Scalabilité, élasticité rapide et paiement à la consommation La «scalabilité et l élasticité rapide» signifient que les capacités informatiques mises à disposition du client peuvent être provisionnées et libérées rapidement (de façon automatique dans certains cas) en fonction des besoins et/ou de la charge. L utilisateur a l illusion d avoir accès à des ressources illimitées. Cela permet d exploiter de façon optimale les ressources informatiques et d adapter rapidement l architecture en fonction du problème à traiter (augmentation ou baisse de la charge, ou demande du client). En effet, avec une architecture faiblement élastique on pourrait facilement se retrouver en sous-utilisation des capacités informatiques disponibles, mais également être confrontés à un manque de capacité lors d un pic de charge. L élasticité, aujourd hui rendue possible grâce à un usage élevé de la virtualisation, permet donc d avoir une utilisation optimale des ressources informatiques qui suit de façon cohérente l évolution de la charge réelle. Associée à ce concept technique, nous retrouvons la notion économique de «paiement à la consommation». Le gaspillage de capacité informatique aurait pour conséquence directe une perte de rentabilité, et le manque de capacité informatique pourrait faire perdre des clients qui ne seraient pas satisfaits de la qualité du service. Figure 6 : Niveau de charge d une application dans le temps Maintenant qu il est possible techniquement d optimiser l utilisation des ressources informatiques en fonction de la charge et/ou de la demande, payer seulement ce que l on consomme semble évident. Les coûts sont rationnalisés et maîtrisés. La figure 6 illustre toute à fait ce cas de figure : le niveau de charge d un applicatif en fonction de la demande. Afin de rendre une architecture plus souple et flexible, le Cloud offre différentes possibilités de déploiement : le Cloud privé et le Cloud public. Le Cloud privé nécessitera un 19
21 financement variable selon la maturité de virtualisation de la société. En cas de Cloud public, le financement se fera en fonction de la consommation et de ses besoins effectifs. Les trois graphiques ci- dessous expliquent les différents cas de figures évoqués précédemment. Ce premier graphique (figure 7 ci- dessous) illustre le cas d une entreprise dont les ressources matérielles sont surévaluées mais capables de faire face à de grosses montées en charge. Les zones intermédiaires (en gris) sont synonymes de sous-utilisation des serveurs, et indirectement de charges financières inutiles. Figure 7 : Sous-utilisation d un parc de serveur Ce 2eme graphique (figure 8 ci- dessous), illustre le cas d une entreprise qui ne peut pas faire face à des montées de charges ponctuelles. Cette entreprise risque de perdre de la clientèle, car ces derniers ne seront pas satisfaits de la prestation offerte. Les zones intermédiaires (en gris) sont synonymes d incapacité à répondre à la demande. Les ressources sont donc sous estimées. Ce delta est très difficile à évaluer techniquement parlant. Figure 8 : Capacité matérielle inferieur à la demande Enfin cette dernière illustration (figure 9 ci- dessous) montre le cas de figure idéal, presque édénique pour n importe quel DSI. La scalabilité et l élasticité (sous- section 2.2.2) prennent tout leur sens. L entreprise fonctionne en «ressource à la demande", et ne paye que ce dont elle a besoin. 20
22 Figure 9 : Ajustement de la capacité en fonction de la demande Pour conclure, le modèle économique du «Cloud Computing» permet une plus grande réactivité et une flexibilité qui fait cruellement défaut aux infrastructures classiques. Les concepts de scalabilité et d élasticité sont les bases techniques du modèle décrit cidessus «Payez ce que vous consommez» (2.2.1). L utilisateur a cette sensation de réactivité à chaque sollicitation (mémoire ou CPU). Les ressources s ajustent au plus près du besoin et fluctuent en fonction de la demande et ce de manière totalement transparente Service mesuré Avoir un «service mesuré» signifie que les ressources consommées sont contrôlées et communiquées à l utilisateur et au fournisseur de service de façon transparente. Cela garantit un niveau de performance et de disponibilité adapté aux besoins spécifiques des utilisateurs. Ceux-ci peuvent, grâce aux différentes mesures, savoir qu ils ne sont facturés que pour ce qu ils consomment. Ils gèrent leur consommation comme ils l entendent et maîtrisent leurs coûts de façon optimale. La récupération des mesures et des informations de consommation des ressources permet l application du paiement à la consommation. Pour conclure cette section, nous pouvons dire que c est l addition de ces 5 caractéristiques qui aujourd hui permet de dire si un service proposé par un fournisseur est vraiment de type Cloud Computing ou non. L application de certaines de ces caractéristiques du Cloud Computing a été grandement facilitée par l avènement de la virtualisation, permettant une élasticité rapide et une mutualisation des ressources maximale. Associé au monde hyper-connecté existant et à une logique de service, le Cloud Computing est né. Maintenant que nous avons cerné ce qui fait qu un service est réellement un service de type Cloud Computing, nous allons dans la section suivante étudier dans le détail les modèles services existants et leur mode de déploiement. 21
23 3. Description détaillée du modèle «Cloud Computing» 3.1. Les différentes couches du «Cloud Computing» Pour continuer avec la définition du NIST, celle-ci distingue trois niveaux de service pour le Cloud Computing : - L infrastructure en tant que service (IaaS) - La plate-forme en tant que service (PaaS) - L application en tant que service (SaaS) Il est indispensable de bien différencier ces 3 couches pour lesquelles l entreprise et le fournisseur ont un domaine de responsabilité qui diffère. La figure 10 ci-dessous nous présente ces différents domaines en fonction du niveau de service. Informatique Hébergeur Iaas Public Paas Public Saas Public Données Données Données Données Données Applications Applications Applications Applications Applications Machine Virtuelle Machine Virtuelle Machine Virtuelle Machine Virtuelle Machine Virtuelle Serveur Serveur Serveur Serveur Serveur Stockage Stockage Stockage Stockage Stockage Reseau Reseau Reseau Reseau Reseau L entreprise a le contrôle Le fournisseur de service a le contrôle Domaine de responsabilité partagé identifié Figure 10 : IaaS, PaaS SaaS qui est responsable de quoi? Comparativement à l informatique traditionnelle, les différents niveaux de service proposés dans le Cloud Computing vont permettre aux entreprises de se reconcentrer sur leur cœur de métier et de ne plus «faire de l informatique». Mais que signifient vraiment ces trois niveaux de service? Quels sont leurs domaines d action? Quelles sont leurs spécificités? Leurs avantages? Leurs inconvénients? Et Figure 11: la pyramide du Cloud quelles sont les solutions déjà existantes? 22
24 Le Cloud infrastructure IaaS - Infrastructure as a Service L IaaS est la partie infrastructure du Cloud. Le Cloud peut être représente sous la forme d une pyramide à trois niveau (figure 11). Celui-ci en constitue la base. Dans ce modèle, l infrastructure physique (le matériel réseau, le matériel serveur, la plate-forme de virtualisation, les moyens et capacités de stockage) est «dématérialisée» et hébergée. Le fournisseur procure donc une couche matérielle (serveurs, réseau, stockage, hyperviseur, solution de supervision, solution de management) sur laquelle les clients vont pouvoir déposer leurs environnements système et leurs applications. Mais ce service va encore plus loin grâce à la virtualisation. L utilisation de cette technologie permet aux clients de créer leur propre infrastructure personnalisée (serveurs virtuels, réseau virtuel, stockage) en quelques clics. Cette infrastructure est par ailleurs extrêmement flexible, accessible sans restriction et configurable en temps réel. Les clients n ont pas à se soucier de la scalabilité de leur infrastructure, cette tâche étant gérée par le fournisseur. Celui-ci gère également tous les coûts de gestion liés au fonctionnement du matériel (électricité, climatisation, etc) ainsi que le contrôle de la consommation s il y a une facturation à l usage (au Go, au temps d utilisation, etc). Il y a un avantage principal dans ce niveau de service. Le client n a plus à construire son propre Datacenter, ni à gérer l infrastructure physique et les coûts qui lui sont inhérents. L ingénieur ou l administrateur système peut se reconcentrer sur l optimisation de son environnement système, et le développeur sur ses applications. En fait, le client à un contrôle total de son Datacenter virtuel sans se soucier de son élasticité, ni de l infrastructure physique qu il y a derrière. Mais ce modèle a également des inconvénients. Déjà, comme pour toute infrastructure informatique classique, il est indispensable d avoir un administrateur ou un ingénieur systèmes dans son entreprise. Et enfin, malgré la facilité technique de création d une infrastructure personnalisée grâce à la virtualisation, un important travail de réflexion et d expertise préalable reste à fournir pour sa mise en œuvre. Plusieurs offres existent dans le marché du Cloud Computing, nous pouvons citer Amazon, précurseur, et aujourd hui leader dans l IaaS, avec sa solution de stockage de donnée S3 34 et sa solution d infrastructure complète EC2 35. Les autres solutions les plus connues dans le
25 marché de l IaaS sont GoGrid 36, ElasticHosts 37, OVH Private Cloud 38 ou encore Orange Busines Le Cloud plate-forme PaaS Platform as a Service PaaS traduit de l anglais signifie «Plate-forme comme un Service». Le PaaS est la couche plate-forme du Cloud. C est le niveau de service intermédiaire dans la pyramide du Cloud. Le PaaS fournit un niveau d abstraction supplémentaire par rapport à l IaaS. Dans cette catégorie, non seulement l infrastructure est dématérialisée, mais aussi le système d exploitation, et la plate-forme d exécution, de déploiement et de développement d application. Le fournisseur procure donc aux clients développeurs l infrastructure, le système d exploitation, les bases de données, la couche middleware, et une plate-forme de développement complète, fonctionnelle et performante. Ces plates-formes sont équipées d outils de développement, de modules, d un langage de programmation, d un type de base de données. Le client développeur peut utiliser cette plate-forme pour héberger, développer et/ou exécuter des SaaS (voir la section 3.1.3). Il y a deux types de PaaS qui s offrent à lui : - Les PaaS directement accessibles en ligne. Une interface de programmation est mise à la disposition du client pour interagir avec la plate-forme de développement. On peut citer Microsoft Windows Azure 40, Force.com 41 ou encore Google App Engine Les PaaS à mettre en place sur son infrastructure interne ou sur son IaaS privée (nous développerons le Cloud privé dans la section 3.2.1). Le système d exploitation, avec les couches middleware et applicative sont mises à la disposition du client. On peut citer : VMware vsphere 43 ou encore Xen Cloud Platform 44. L avantage pour le développeur est qu il ne se soucie pas du matériel. Il peut développer, déployer puis exécuter son application sans avoir à gérer, ni les technologies sous-jacentes
26 nécessaires, ni les configurations matérielles. Il se soustrait donc aux contraintes liées à la recherche de haute disponibilité, de maintenance et de gestion des mises à jour de sa plateforme. Le cycle de développement est fortement réduit et le client peut de concentrer sur son application. L inconvénient apparait lorsque l on veut déplacer une application d une plateforme à une autre. La compatibilité n est pas avérée car en fonction des solutions les langages sont différents. Il faut choisir sa plate-forme en fonction de son langage, et ensuite y rester. Google App Engine utilise python ou Java, quand Windows Azure n utilise que le langage.net Le Cloud application SaaS Software as a Service Le SaaS signifie Software as a Service. C est le niveau de service le plus haut dans la pyramide du Cloud Computing. Le SaaS est une application fournie comme un service, et déportée chez un fournisseur, plutôt que comme un programme à installer sur un poste de travail. Cette couche concerne directement l utilisateur final. Le fournisseur procure un service prêt à l emploi, opérationnel et capable de gérer un nombre important d utilisateurs. Ce service est accessible via internet et est facturé à l usage. Le client n a aucune tâche d installation, de maintenance ou de mise à jour à effectuer. Il n a pas à se soucier de l infrastructure sousjacente à l application. Cette différence avec un logiciel classique est primordiale. Il consomme de l application de la même façon qu il consomme de l électricité. C est le niveau de service du Cloud le plus utilisé aujourd hui. La figure 12 nous montre les différents acteurs du marché du Cloud Computing. On note qu il y a beaucoup de fournisseurs de SaaS. Pour le SaaS le plus populaire, on citera le CRM de Salesforce, les Google Apps ou encore Exchange On Line. Figure 12 : Les acteurs majeurs du Cloud Computing 25
27 3.2. Les modèles de déploiement du «Cloud Computing» Quel que soit le niveau de service du Cloud Computing, ces modèles reposent sur une infrastructure physique. Mais où se situent ces ressources? Est-on obligé d externaliser ces infrastructures de type Cloud? Une entreprise possédant l expertise nécessaire en informatique peut-elle organiser son système d information interne en suivant la logique du Cloud? Bref, quelles sont les différentes façons de déployer ces modèles de Cloud? Le NIST distingue, dans sa définition du Cloud Computing, 4 modèles de déploiement : - Le Cloud privé, qui peut se déployer sous forme interne ou externe - Le Cloud communautaire - Le Cloud public - Le Cloud hybride Que signifient ces 4 modèles? Le Cloud privé a. Privé interne L architecture est hébergée par l entreprise. Ce Cloud privé interne est à l usage de plusieurs consommateurs appartenant à cette seule entreprise qui est propriétaire de l infrastructure. Elle peut également être partagée ou mutualisée de façon privée avec les filiales. b. Privé externe Le Cloud privé externe suit la même logique que le Cloud privé interne. La différence est que l architecture est hébergée chez un prestataire. Elle est entièrement dédiée à l entreprise et accessible via des réseaux sécurisés (VPN). Dans la pratique, ces ressources virtualisées «privées» sont directement administrées par l'entreprise par le biais de son service IT interne. Elles peuvent être également mutualisées, et c est un prestataire de confiance qui prendra en charge la plateforme. Ce modèle est censé apporter les avantages du Cloud Computing «public» (ex : baisse des coûts liés à la virtualisation des applications dans le cas d'une infrastructure mutualisée) sans en présenter les inconvénients : en mettant en avant l aspect sécuritaire des données, le respect de la gouvernance d'entreprise et sur la fiabilité des services fournis. 26
28 Les applications/infrastructures hébergées restent disponibles en «libre-service», sont évolutives et modulables grâce à la proximité entre l'entreprise et son prestataire. Contrairement à un Cloud Public, et comme nous venons de le voir, l entreprise reste propriétaire de l infrastructure (matériel et logiciels), mais elle est aussi responsable de la gestion du taux de disponibilité. Ainsi, les Services Informatiques de l entreprise passent d un statut habituellement considéré comme un «Centre de Coût» vers un «Centre de Service» à destination des départements Métiers de l entreprise. Il appartient donc au Service IT de gérer l infrastructure et les besoins de montée en charge et de disponibilité de manière à respecter les dispositions d engagement de service vis-à-vis des différents métiers de l entreprise. Une analyse approfondie du Syntec 45 a permis d établir une liste d avantage d un point de vue opérationnel : - la capacité d'ouverture de ce type d'infrastructure : il devient alors «communautaire», l'entreprise peut ouvrir ses applications aux partenaires de l'entreprise comme les fournisseurs, bureaux d'études et prestataires. - Un meilleur respect des règles de la gouvernance d'entreprise, notamment en ce qui concerne la politique de confidentialité. Il découle de cet avantage que le lieu d'hébergement des données/applications de l'entreprise lui est nécessairement connu (à proximité) : une caractéristique qui permet d éviter les problèmes juridiques qui se posent lorsque les serveurs du prestataire se trouvent dans un autre pays (quels droits s'appliquent en cas de problème?). - La flexibilité. Comme vu au point 2.2.1, l informatique est maintenant considérée comme un service, et l ajustement de la capacité se fait en fonction de la demande (scalabilité et élasticité) - Une meilleure maîtrise des coûts (même si l'investissement initial est plus important pour l'entreprise dans le cas du Cloud privé) Restent malgré tout certaines inconnues relatives à l'externalisation des données, qui sont soulignées par l'étude de Syntec : outre les problèmes souvent évoqués (sécurité, disponibilité), l'un des points d'interrogation concerne la réversibilité : ce problème se pose quand les fournisseurs de services appliquent des normes, standards et outils peu connus qui peuvent rendre les entreprises «captives» de la technologie utilisée. Un problème de transparence auquel les entreprises doivent être particulièrement attentives. 45 Issu du livre blanc du Cloud Computing 27
29 Le Cloud communautaire L architecture est dédiée à une communauté professionnelle spécifique, pour permettre de travailler de manière collaborative sur un même projet Le Cloud public Un Cloud public est basé sur un modèle standard de Cloud Computing, dans lequel un prestataire de service met les ressources, tels que les applications, ou le stockage, à la disposition du grand public via internet. Le Cloud public peut être gratuit ou fonctionner selon paiement à la consommation. L avantage de ce genre d architecture est d être facile à mettre en place, pour des coûts relativement raisonnables. La charge du matériel, des applicatifs, de la bande passante étant couverte par le fournisseur. De cette manière ce modèle permet de proposer une souplesse et une évolutivité accrue afin répondre rapidement au besoin. Il n y a pas de gaspillage de ressources car le client ne paye que ce qu il consomme. Malheureusement les entreprises sont encore frileuses de ce genre de solution, et les acteurs du Cloud Computing public vont encore devoir user de quelques arguments afin de convaincre les décideurs IT. Les freins à l adoption de ces technologies restent en effet inchangés. Toutes tailles confondues, les entreprises jugent la sécurité, la confidentialité et l immaturité comme les faiblesses majeures des solutions d IaaS de type public. On retrouve dans le Cloud public tout type de solution SaaS (messagerie en ligne, stockage en ligne, etc) ou PaaS (Microsoft Windows Azure 46 ) Le Cloud hybride Comme nous venons de le voir avec le Cloud public, certains problèmes peuvent se poser, liés à la sécurité de l information. Il est alors possible de «mélanger» les deux approches du Cloud, privé et public, en débouchant sur une plate-forme hybride. Ce terme n évoque pas vraiment un Cloud en tant que tel, puisqu il s agit de faire cohabiter et communiquer un Cloud privé et un Cloud public. Dans le public, on déportera les éléments non sensibles et dans le privé, on gardera les données, applications sensibles liées au business de l entreprise. Derrière ce terme de «communiquer», beaucoup de problèmes techniques peuvent être rencontrés, comme l interopérabilité des plates-formes (un Cloud privé Microsoft peut-il communiquer avec un Cloud public VMware, par exemple?) 46 Source : Microsoft : 'Windows Azure' 28
30 Ce type de Cloud est souvent utilisé dans un but de montée en charge ponctuelle comme le permet le Cloud public, que nous avons vu précédemment. La seule différence est que dans ce cas, il serait lié à un Cloud privé ou interne afin de faire communiquer les deux infrastructures. La figure 13 illustre et résume parfaitement le concept de Cloud hybride : Cloud Hybride Apps Load Apps Load Apps Load Management Cloud OS Pont Management Cloud OS Cloud Privé Cloud Public Figure 13 : Représentation du Cloud Hybride Concrètement, une entreprise pourrait fournir à ses «clients internes» et de façon privée, des plates-formes de développement ou des applications spécifiques, en suivant les modèles PaaS ou SaaS, et dans le même temps utiliser d autres services de type PaaS ou SaaS situés dans un Cloud public. En conclusion de cette partie, nous pouvons dire que le Cloud Computing est un nouveau modèle commercial informatique, comprenant l association de différents concepts économiques, techniques et architecturaux plus anciens et matures (Utility Computing, Grid Computing, les fermes de serveurs, l ASP, la virtualisation), ayant : - 5 caractéristiques principales (libre-service à la demande, accès étendu au réseau, mutualisation des ressources, adaptabilité et élasticité, service mesuré). - 3 niveaux de services (SaaS, PaaS, IaaS). - 4 modèles de déploiement (privé interne et externe, communautaire, public, hybride). Techniquement, nous pouvons le voir comme un très gros serveur virtuel, dont l utilisation des ressources est mutualisé et optimisé, accessible à la demande, adaptable et élastique selon les besoins, hébergeant des services (hardware, middleware ou software) accessibles depuis l internet de manière publique ou privé, assurant une qualité de service, et pour lesquels les clients ne payent que ce qu ils consomment. Maintenant que nous comprenons mieux ce qu est le Cloud Computing et comment il est apparu dans le monde informatique, de nouvelles questions se posent : Comment les entreprises peuvent-elles se préparer au Cloud? Quels sont ses réels avantages et ses inconvénients? Comment est géré l aspect sécurité? Quid de l aspect écologique? Ce sont toutes ces questions auxquelles nous allons répondre dans la seconde partie de ce mémoire. 29
31 PARTIE II Ce que le Cloud peut nous apporter 1. Pourquoi envisager la transition? Le Cloud Computing permet de réduire la nécessité d immobiliser des capacités informatiques avant que celles-ci ne soient nécessaires. «Le Cloud permet de concevoir et de construire des nouveaux systèmes quand le business ralentit et les systèmes sont prêts et capables de monter en charge rapidement quand les conditions l exigent» explique Peter Coffee 47. Quels peuvent être les objectifs et les apports du Cloud Computing pour un utilisateur final, un administrateur ou un développeur, voire même pour un éditeur? D après le manifeste Open Cloud, les buts principaux seraient : la flexibilité, la rapidité, l'agilité et la qualification. Il ne faut cependant pas les généraliser, car tout dépend de quelle partie du Cloud nous parlons. En effet on constate des disparités entre le Cloud pur et les services SaaS. Définir les objectifs et les buts du Cloud peut sembler difficile car son cadre d utilisation est immense. Cela dépend finalement de ce que l'on recherche réellement en le mettant en place. Pour ce qui nous concerne, nous placerons la flexibilité et le choix en premier. Viennent ensuite l'administration, le déploiement, l'infrastructure totalement ou partiellement déportée dans le nuage. Et bien évidement ne l oublions pas : «on paie ce que l'on consomme réellement».il est important d insister sur ce point car la consommation à la demande, bien qu ancienne, tend à se généraliser de façon massive. Nous reviendrons sur tout cela plus loin Les avantages du Cloud Computing selon le manifeste Open Cloud 48 Le manifeste cite les avantages suivants : - Améliorer les process du business - Minimiser les coûts d'accès (au départ) - Adaptabilité du Datacenter pour l'accès, l'organisation, la volumétrie des données - Montée en charge selon la demande (réelle) 47 Directeur de l entité «Research» Salesforce.com 48 L Open Cloud Manifesto est une initiative visant à définir un «Open Cloud». Le document Open Cloud Manifesto - visant à échanger idées et informations entre clients et fournisseurs de solutions de stockage et de traitements dans le Cloud - recense plus de 300 supporters. Dans ses rangs, on note Adobe, Cisco, EMC ou encore IBM. 30
32 A cela, nous rajoutons (liste non exhaustive) : - Une administration le plus souvent centralisée et simplifiée - La gestion de l'infrastructure simplifiée - Une adaptabilité de l'infrastructure selon ces besoins réels à un instant T - La souplesse du plan de reprise d'activité (DRP) Le Cloud Computing avance clairement certains atouts. La flexibilité, la souplesse et la montée en charge de l'infrastructure Cloud sont de vrais progrès par rapport à une infrastructure plus conventionnelle, le classique «client serveur». Ces avantages étaient déjà présents avec l utilisation de la virtualisation (type serveur et VDI). Mais ici nous allons plus loin car nous détachons l infrastructure vers «l extérieur». D'autre part, l administrateur n a plus à sa charge les mises à jour logiciel, «sous traitées» par le fournisseur, même s il doit toujours assurer la bonne tenue de son infrastructure. Les premiers bénéfices sont d'autant plus valables que l'on n'immobilise plus dans l'entreprise des serveurs sous-exploités avec des frais de fonctionnement et de maintenance qu'ils soient en pleine charge ou non. L'informatique à la demande se transforme donc en infrastructure à la demande dans laquelle on dispose de nouvelles machines que quand cela est inévitable. On peut alors doser de manière précise la puissance de calcul nécessaire (HDD, charge CPU, réseau, serveurs...) tout en prenant garde à une meilleure répartition des charges (on oublie trop souvent la notion de saturation des machines et des processeurs) Voir figure 14. Et comme évoqué plus haut dans les chapitres, on paie ce qu on utilise. Tout en étant vigilant à bien maitriser les coûts car très souvent multiples (temps d'utilisation, I/Os, Flux réseau, CPU, mémoire, nombre de serveurs, etc.). Avant tout choix d'un Cloud, le calcul d'un retour sur investissement s'avèrera indispensable. Figure 14 : Variation horaire du volume de requête dans le cas d'un service de recherche (BING) Au sujet de l'amélioration des BP, il ne faut pas être si catégorique car cela concerne essentiellement la partie «Service» du Cloud. Même si il est vrai que la fluidité de l'infrastructure fait partie d'un process business. En ce qui concerne les coûts d'accès, il faut 31
33 également rester prudent mais nous évoquerons ce point dans les parties suivantes. Mis à part l'aspect uniquement physique, les différents types de Cloud comptent sur une centralisation de la console d administration (via un browser ou éventuellement une appli dédiée). Beaucoup d effort sont encore à faire au sujet de la supervision et de la disponibilité, depuis les récentes pannes de Google ou Azure. Néanmoins les fournisseurs s efforcent d être le plus transparent possible. Il est primordial pour l'it ou un simple administrateur d avoir un œil sur ce qui se passe sur son infrastructure déportée. Même d avoir la main sur une éventuelle politique de basculements automatiques (entre serveurs ou Datacenter) si des équipements deviennent injoignables ou inopérants Les inconvénients du Cloud Computing selon le manifeste Open Cloud L étude souligne les inconvénients suivants : - la sécurité - l'interopérabilité des données et des applications et de leur portabilité - La gouvernance et l administration - Le monitoring et métrique. Il est vrai que le monitoring et l'administration peuvent être perçus comme des désavantages notoires, mais de nombreuses évolutions facilitent aujourd hui la gestion au quotidien, que ce soit sur les outils graphiques ou les consoles en ligne de commande. Cependant, il est vrai que sur les métriques, les mécanismes ne sont pas à la hauteur des outils «locaux». Sur la sécurité, le problème n est pas aussi dangereux que l on voudrait bien nous le faire croire, une partie de ce mémoire traitera de ce point. Actuellement les investisseurs du Cloud sont plus enclins à utiliser un Cloud privé à cause du «flou sécuritaire» qu il représente. Pourtant, il faut tout de même relativiser car le Cloud profite des technologies issues du réseau et du web en général. Par ailleurs, si les mécanismes ne sont pas activés ou mal déployés, ce n'est pas la faute des fournisseurs mais des administrateurs, développeurs, utilisateurs. Depuis des années, les développeurs sont de plus en plus sensibilisés par les fournisseurs dans l intégration de mécanisme de sécurité au sein même des applications. Malheureusement cette démarche est souvent mal comprise et assez rarement appliquée. Il faut tout de même souligner que le risque zéro n existe pas et que le Cloud, comme les autres plates-formes, n est pas invulnérable. 32
34 2. Comment se préparer à ce virage technologique? Evidemment, la rapidité de développement du Cloud Computing va induire à une évolution des métiers et des carrières. Le moteur de base de données SQL Azure proposé par Microsoft va ici nous servir d exemple. Il s agit d un agent de BDD relationnelle dans le Cloud, équivalent à un SGBD SQL Server classique. Un applicatif qui aura besoin d'un espace de stockage dans une base de données, pourra de manière automatique et sans aucun prérequis (ou presque), demander une BDD physiquement hébergée dans le Cloud Windows Azure. Pour l'application, la base de données SQL Azure s apparentera à ce que l on peut trouver sur une infrastructure plus conventionnelle (SQL Server). Le bon fonctionnement du service, l augmentation de la charge et la disponibilité de la base de données sont assurés par les mécanismes de réplication de la plate-forme Microsoft SQL Azure. L administrateur de base de données ne gère plus, ni l administration physique, du serveur et de son environnement, ni l application SQL Server... Le Illustration 2 : Logo Azure domaine de responsabilité de l administrateur de BDD a été modifié et n englobe maintenant plus que l administration logique des BDD, leur modélisation, la gestion des accès, le maintien des performances etc Le fournisseur gère la partie purement infrastructure (stockage, partitionnement, sauvegarde) De fait l administrateur réseau ou système, verra son métier évoluer vers l expertise de la gestion de solutions Cloud Computing. Les développeurs pourront utiliser différents services mis à leur disposition, ce qui permettra d augmenter la productivité de leur travail de manière non négligeable. Un développeur.net souscrivant au service SQL Azure accédera de façon immédiate à une base de données. Le déploiement de son application sur une infrastructure se fera de façon instantanée. Il sera nécessaire que les responsables informatiques maîtrisent le Cloud Computing et analysent tout nouveau projet dans la logique de ce concept. 3. Les freins du Cloud Computing En théorie, le Cloud Computing semble être l avenir de toute nouvelle architecture. Pourtant plusieurs personnes ou entreprises vont à l'encontre de cette notion, comme le très célèbre Richard Stallman 49 qui parle du Cloud Computing comme d «un piège». 49 Fondateur de la «Free Software Foundation» et créateur du projet GNU. 33
35 L inconvénient le plus récurrent est lié à la sécurité. Comment garantir la sécurité des informations circulant sur le Cloud? N'y a-t-il pas de risque de corruption, de perte ou de dégradation des données? Nous traiterons une sous partie spécifique à la sécurité dans la suite de ce mémoire. De manière plus générale, le Cloud Computing entraîne la perte de la maîtrise du cycle de vie des applications et de l'implantation des données. Illustration 3 : Concept du Cloud Comment peut-on aussi garantir une disponibilité de service 24h/24, et dans le cas contraire quelles en sont les conséquences? Comment évaluer son prix? Globalement les fournisseurs de Cloud Computing facturent à l'heure les ressources de calcul, au Gigaoctet les ressources de stockage ainsi que l utilisation de la bande passante. Comment déterminer sa consommation effective en prenant en compte les coûts cachés de ces solutions pour comparer le retour sur investissement réel avec une solution classique? La société d animation Pixar a initié l'utilisation d'un Cloud externe afin de répondre à la question de l'évolutivité des besoins de stockage. En additionnant les coûts de bande passante nécessaire pour mettre leurs données dans le Cloud et les coûts pour pouvoir les récupérer, ils se sont rendus compte que les dépenses étaient considérables et qu il devenait plus intéressant d acheter directement les volumes de stockage. Cependant, malgré le fait que le coût du «nuage» puisse soulever des interrogations en terme de budget de sécurité, de performances ou de fiabilité, il est important de prendre chaque type d'application ou de services au cas par cas pour voir si les gains de temps et financiers sont réels par rapport à une architecture classique. La plupart de ces désavantages sont les mêmes que ceux relatifs aux solutions d'hébergement externe. De ce fait, rappelons la fonction initiale d un Cloud privé qui permet à une organisation de déployer son Cloud sur ses propres infrastructures physiques, gardant ainsi la main sur le cycle de vie de ses applications et de ses données. Ce fut le choix de Pixar Animation qui a déployé son propre Cloud privé pour ces besoins de stockage interne. Malgré le fait que le Cloud privé permette d assurer une maîtrise complète sur les processus et de rassurer la plupart des directeurs informatique, on oublie une des notions élémentaires du Cloud Computing : l absence de dépense en immobilisation tout en mettant à disposition une infrastructure sans limite et sans investissement. D ailleurs, les solutions de Cloud public ne sont pas moins fiables qu'un Cloud privé. En effet, les Cloud publics sont administrés et exploités par des spécialistes, «la data» et les applicatifs étant globalement mieux gardés chez des experts que dans les entreprises dont la fiabilité et la sécurité ne sont pas forcément la spécialité. 34
36 Des questions sur l aspect légal et administratif sur le bon usage du Cloud Computing peuvent se poser. Quelle valeur juridique peut-on donner aux informations circulant aux quatre coins de la terre? Comment garantir la souveraineté des données stockées dans le Cloud? Les réglementations européennes et françaises sur la conservation et la protection des données personnelles s adaptent aussi au Cloud Computing et plus particulièrement aux dispositions encadrant le transfert des données. Ces textes contraignent, lors de ces transferts, la garantie de l'intégrité et de la sécurité des données. Pour pouvoir transférer des données en dehors des frontières, la société doit demander au préalable à la CNIL une autorisation. La question légale est primordiale, le service juridique et le correspondant informatique et liberté (CIL) devront se pencher sur la question. Qu adviendrait-il en cas pertes de données? Quelles seraient les conséquences si la continuité de service n était pas assurée? Et que se passerait-il en cas de coupure de service de la part du fournisseur? Tout cela nous amène à la question de la pérennité du fournisseur. Quoi qu il arrive, il conviendra de mettre en place un plan d assurance qualité (PAQ) permettant d'obtenir auprès du fournisseur une qualité de services convenue contractuellement. Egalement appelée «SLA» («Service Level Agreement»), elle formalisera les différents engagements, les critères attendus concernant la qualité de service et pourra également comporter un système de pénalités en cas de non-respect des SLA. D autre part, pour répondre au problème de perte de données, il sera conseillé de répliquer les données sur un site ou un Cloud externe afin de garantir la pérennité des données sensibles en toutes circonstances. Par ailleurs, il s'avère primordial de définir un plan de réversibilité assurant la transférabilité vers un autre fournisseur afin d'éviter le phénomène de dépendance. Bien que cette notion d interopérabilité ne soit pas encore bien définie, des initiatives sont lancées pour définir des standards. 4. La sécurité dans le Cloud Computing 4.1. La sécurité physique de l exploitation Les entités et les mécanismes qui opèrent dans le management d un Cloud sont les caractéristiques de sécurité essentielles pour une plate-forme dans les nuages. Les développeurs et administrateurs d une infrastructure de Cloud ont grâce à leur statut professionnel les privilèges suffisants pour créer et exploiter le service. Les fournisseurs de services développent des mécanismes de contrôles préventifs et réactifs : - Des accès sécurisés aux données protégées 35
37 - Une combinaison de contrôles qui améliore grandement la détection d'activités malveillantes - Plusieurs niveaux de surveillance (monitoring), d'enregistrement (logging) et de rapports (reporting) Par ailleurs, les fournisseurs de services pratiquent régulièrement des vérifications sur les antécédents de certains membres du personnel et brident les accès aux applicatifs, aux systèmes et aux LAN en fonction de leurs responsabilités (on peut tout à fait comparer ces principes de sécurité à la gestion d un aéroport). Bien évidemment, pour garantir une sécurité optimale, il est nécessaire que l'environnement physique soit aussi sécurisé (accès aux locaux, badges, ). Les Datacenters sont construits pour fonctionner sept jours sur sept et utilisent diverses méthodes contre les coupures électriques, les pannes réseaux et les intrusions physiques. Ces centres de données doivent être conformes aux normes de l'industrie en terme de sécurité physique et de fiabilité. Ils sont gérés, surveillés et administrés par des équipes restreintes dont les informations d'identification changent très régulièrement Quel niveau de sécurité? La sécurité absolue n'existe pas. Lorsque l on évoque la sécurité dans le Cloud, il faut spécifier à quel niveau on souhaite répondre à cette question : au niveau Service, Plate-forme ou Infrastructure. D'un point de vue applicatif, la sécurité est gérée au sein même du développement de cette application. Que l'on soit sur place ou dans le nuage, la sécurité applicative dépendra des mécanismes internes et de sa conception. Dans le cas d une faille de sécurité au niveau système d exploitation, la question ne se pose pas réellement puisque toutes les infrastructures utilisant ce système seront vulnérables. Un patch pourra résoudre le problème. Comment peut-on garantir que l hébergeur assure une sécurité optimale aussi bien au niveau de ses installations physiques, de son personnel et des technologies qu'il utilise? La sécurité du Cloud n'est pas un nouveau problème. Comme évoqué dans les parties précédentes, un Cloud public répond à des normes de sécurité «militaires» et globalement les données sont beaucoup mieux protégées au sein du nuage que sur un site dont la sécurité n'est pas la fonction première. Les architectures dans le nuage proposent des mécanismes cryptographiques permettant d intégrer de manière autonome et dans ses propres applicatifs la confidentialité de ces données sensibles. 36
38 Enfin, si les niveaux de sécurité imposée dans les nuages ne conviennent pas, il sera toujours envisageable de conserver ces informations sur un site de la société avec ces propres dispositions internes. L'applicatif peut se trouver au sein d un Cloud public alors que les données sont rigoureusement conservées dans un nuage privé, on parlera donc d une architecture de type Cloud hydride. L «Information Security Forum» (ISF), qui regroupe plus de 300 membres dont RSSI et Riskmanager, déclare que 91 % de ses membres estiment que le Cloud Computing accroît les menaces de sécurité et qu ils ne sont donc pas prêts à l'adopter. Cela montre, qu il y a encore beaucoup de progrès à faire pour convaincre de la sécurité du Cloud auprès des entreprises et des organisations. 5. Aspect économique 5.1. Une économie d échelle Le Cloud Computing cumule les points financiers les plus avantageux d une plate-forme Client/Serveur et des mainframes. La génération des mainframes se caractérisait par d importantes économies d échelle du fait du coût d intégration conséquent et de la complexité à recruter des personnes qualifiées pour la gestion de ces systèmes. A une époque, la puissance de calcul (mesurée en MIPS million d instructions par seconde) augmentait de manière exponentielle, alors qu en parallèle les coûts diminuaient rapidement. Mais seuls les grands groupes disposaient des moyens nécessaires et enregistraient une demande suffisante pour combler un tel investissement. Etant donné ces coûts conséquents, les entreprises avaient pour priorité la consommation des équipements informatiques plutôt que la réactivité vis à vis des utilisateurs. Les requêtes des utilisateurs étaient mises en file d attente et le traitement n intervenait que lorsque les ressources nécessaires étaient disponibles. L arrivée du modèle client/serveur, a permis de diminuer les coûts initiaux de ces achats, et d administrer les ressources beaucoup plus facilement. Cette souplesse a fait baisser de façon notable l accès aux services IT, d où une augmentation radicale de l agilité des utilisateurs. En revanche : les centres de données se développaient de manière tentaculaire avec de nombreux équipements achetés pour répondre à la demande, mais n étaient utilisés qu à hauteur de 5 à 10 % de leur capacité 50. Le Cloud Computing n est pas synonyme d un retour à l ère des mainframes, comme certains analystes le laissent croire, loin de là. Il propose aux utilisateurs des économies d échelle et un rendement dépassant de loin celles des Client/Serveur. La modularité et 50 Source: The Economics of Virtualization: Moving Toward an Application-Based Cost Model. IDC. Novembre
39 l agilité sont également bien supérieures à ce qu offrait la technologie des mainframes. Fini les compromis! Les économies d échelle découlent des domaines suivants : Les coûts liés à l énergie. Les besoins énergétiques ne cessant de croitre, la facture d électricité est devenue l élément principal du TCO (Total cost of ownership). 51 Elle en représente aujourd hui 20 à 25 %. L indicateur d efficacité énergétique (PUE - Power Usage Effectiveness) 52 tend à baisser davantage dans les grands sites que dans les petits. Les opérateurs de petits centres de données doivent payer l électricité au tarif local en vigueur, alors que les gros fournisseurs paient moins en implantant leurs centres de données dans des lieux où l approvisionnement en électricité est moins coûteux et en signant des contrats d achat en gros. 53 De plus, l étude montre qu un opérateur qui gère plusieurs centres de données peut bénéficier de taux différents en fonction de la position géographique de chaque centre, ce qui allège encore les dépenses énergétiques. Les coûts des entités d administration (personnel de l infrastructure). Le Cloud Computing restreint considérablement les coûts liés aux équipes opérationnelles à tous les niveaux en automatisant la plupart des tâches d administration redondantes. Néanmoins, les grandes entreprises y parviennent mieux que les petites. Dans un groupe traditionnel, une même personne peut administrer environ 150 serveurs 54. Dans un centre de données du Cloud, ce même informaticien a des milliers de machines sous sa responsabilité. Les administrateurs peuvent alors se consacrer à des actions à plus forte valeur ajoutée (développement d applications ou rajouts de fonctionnalités, par exemple) et répondre aux sollicitations, toujours plus pressantes, des utilisateurs auxquelles le service informatique a à faire. Les coûts de Sécurité et de fiabilité. Malgré le fait qu elle soit souvent citée comme un obstacle à l adoption d une solution de Cloud public, la nécessité accrue de sécurité et de fiabilité donne lieu à des économies d échelle. Pour prétendre à des niveaux acceptables, il faut généralement accepter d importants investissements. Les principaux fournisseurs commerciaux de Cloud sont souvent mieux armés en la matière. Dotés 51 Hors main-d œuvre. Les différentes études suggèrent que, en cas de faible efficacité des centres de données, l énergie dépensée en trois ans pour l alimentation, la climatisation, l éclairage (infrastructure comprise) dépasse de loin les sommes dépensées en trois ans pour le matériel serveur. 52 L indice PUE (Power UtilizationEffectiveness) est calculé en divisant la dépense énergétique totale du centre de données par celle des serveurs qu il héberge. Il mesure l aptitude du centre de données à transformer l électricité en puissance de calcul. La meilleure valeur théorique est de 1.0. Plus cette valeur augmente, plus la situation empire. 53 Source : U.S. Energy Information Administration (juillet 2010) et Microsoft. Le taux commercial moyen aux États-Unis est de 10,15 cents par kilowatt heure. Dans certaines localités, le prix du kilowatt heure peut descendre jusqu à 2,2 cents. 54 Source : James Hamilton, Microsoft Research,
40 d une plus grande expertise qu un simple service informatique d entreprise, ils assurent une parfaite sécurité et fiabilité des systèmes du Cloud. Les remises quantitatives. Les opérateurs de grands datacenters profitent régulièrement d importantes remises sur le matériel, de l ordre de 25-3O% %, par rapport aux acheteurs lambda. Cela est dû à la standardisation d un nombre limité d architectures matérielles et logicielles. À l ère des mainframes, il n était pas rare de voir coexister plus de 10 architectures différentes. Quant à une topologie client/serveur, elle pouvait regrouper près d une douzaine de variantes UNIX, le système d exploitation Windows Server et x86, ainsi que quelques plates-formes RISC. Dans un environnement aussi hétérogène, il était difficile de compter sur des remises quantitatives importantes. Avec le Cloud, l homogénéité de l infrastructure permet de réaliser des économies d échelle. Dorénavant, beaucoup d autres économies d échelle pourront être envisagées, mais nous n avons pour l instant pas le recul nécessaire. Les datacenters n en sont qu à leur balbutiement et nous voyons aujourd hui pousser hors de terre des complexes d une superficie de plusieurs Entreprise Lieu Coût Taille (en M) (en m2) Internet Village Jui 09 Annandale, Ecosse National Security Admin.Jui Camp Williams, 09 Utah Microsoft Sept 09 Chicago, Illinois Appel Mai 09 Maiden, C. du Nord Microsoft Juin 09 Dublin, Irlande 500 N/A Facebook, Fev 10 Princeville, Oregon N/A centaines d hectares (Tableau 1). Tableau 1 : Nouveau projet d'implémentation de datacenters Etant donnée l envergure impressionnante de ces «mégacentres» de données, la Recherche & Développement ne chômera pas pour maximiser leur rendement et leur exploitation, afin de les rendre encore plus attrayants pour les clients. Les opérateurs de grands centres de données profiteront bien plus de ces avantages que les centres plus petits implantés à l intérieur des entreprises La segmentation La société Brocade a mené une étude sur la plupart des grands groupes internationaux et, 61 % d entre eux envisagent une migration vers le Cloud Computing d ici Les objectifs principaux étant : une réduction des coûts, et une plus grande flexibilité. Sur les 3 prochaines années, l implantation mondiale du Cloud devrait connaître une progression constante : - PaaS : plus 20 %, ce qui représente 14 milliards $ 39
41 - SaaS : plus 21 %, soit 17,6 milliards $ - IaaS : plus 35 %, soit 13,3 milliards $. Figure 15 : Segmentation du Cloud Computing à l'échelle européenne D ici à 2014, les investissements liés au Cloud constitueront 15 % des dépenses IT mondiales et le marché devrait passer de 70 milliards de dollars en 2010 à 150 en Sans forcément vouloir tomber dans la plaquette publicitaire, voici quelques exemples d offres disponibles sur le marché actuellement : 5.3. Les offres des principaux acteurs du marché A Temps de compute (Heure) 0,125 0,12 0,1 Stockage (go/mois) 0,1 0,15 0,15 Transactions 0,01 0,01 - Bande passante 0,10 (in) 0,17 (out/mois) 0,10 (in) 0,15(out/GB) 0,10 (in) 0,12 (out) Disponibilité 99,95 % (Globale) 99,9% (Transaction) 99,95% (Instance) Tableau 2 : Tarifs des principaux acteurs du marché Les chiffres ci-dessus permettent d évaluer de manière synthétique les coûts du Cloud. On remarque un écart de tarif non négligeable sur la partie stockage (dégressif chez Amazon Web Services). Ce qui en cas de volume important peut apporter une sérieuse économie. On remarque aussi un écart dans la manière de facturer la bande passante entre EC2 et Azure, là où App Engine apparaît plus compétitif. En revanche, si Amazon et Microsoft s orientent entreprises et production, Google ne vise pas encore la production. En examinant de plus près ces offres, on se rend compte que les Web Services d Amazon sont plus complets que les offres Microsoft, notamment sur la sélection des puissances, sur la taille des instances (3 formats disponibles), ou encore sur les zones tarifaires (tarifs US et 40
42 EU). D autre part, chez Amazon, il est possible de sélectionner des instances standard ou «High cpu» sur 1-3 ans ou par heure. Web Service permet donc une plus grande élasticité mais rend ses offres tarifaires comparables à celle d un opérateur télécom. Azure sera plus simple à comprendre mais fera «l impasse» sur la souplesse. L offre Google reste relativement floue, mais comparable à Microsoft. A Noter : une spécificité d Azure qui fait également office de plate-forme. Cet aspect est à prendre en compte dans les calculs de ROI La tarification de SalesForce.com La société Salesforce, leader dans l hébergement et la gestion de BDD propose également des offres de services dans le Cloud. L intérêt est d y implanter ses applications sur le Cloud, dixit l éditeur. Au niveau des tarifs, l offre est claire. Free Edition Entreprise Edition Unlimited Edition Nombre d applications 1 10 Illimité par utilisateur autorisées Nombre d utilisateurs supportés 100 Au delà de Objets SGBD Stockage 1 Go Au delà de 1 Go Au delà de 1 Go Prix gratuit 50$ User/Mois 75$ User/Mois Tableau 3 : Tarifs des offres de Saleforce Les solutions Salesforce tentent d être le plus universel possible côté applicatif et supportent les langages de développement actuels les plus courants. Il facilite aussi la connexion aux autres Cloud (Amazon, AppEngine) Exemples de tarifications d infrastructures Cloud tiers En ce qui concerne les offres tierces et plus précisément les solutions proposées par la communauté Ubuntu, elles permettent de monter un Cloud privé en proposant des services de support et d assistance annuels autour d Ubuntu Enterprise Cloud. Plus simplement, il s agit de créer un Cloud privé sur 5 machines. 41
43 Type infrastructure Support Standard Support avancé 24x7 9x5 5 serveurs physiques avec 25 serveurs virtuels 4 750$ $ Serveur physique supplémentaire + 10 serveurs 1 250$ 3 000$ vituels Illimité sur une zone géographique $ $ Tableau 4 : Prix des différentes infrastructures possibles Un Autre exemple est celui de GoGrid, un service de Cloud hosting. (Chiffres GoGrid) GoGrid EC2 Serveur Windows Server 2003, 1 Go ram, Xeon 0,125 heure 0,08 $ heure Core, 60 Go stockage Transfert de données Gratuit (in, par Go) 0,10 $ (in, par go) 0,17 $ (out, par go) 0,17 $ (out, par go) Stockage 0,15 $ (go / mois) avec 10 Go gratuit). 0,15 $ (go / mois) Load Balancing Gratuit 72 $ / mois Tableau 5 : Les solutions proposées par GoGrid GoGrid présente quelques atouts sur des fonctions spécifiques comparé à Amazon Web Services. Cet hébergeur mise surtout sur l accompagnement client et les outils complémentaires, pour se différencier de ses concurrents. L hébergement est un domaine très concurrentiel notamment entre les géants IT comme : Savvis, IBM, Amazon, GoGrid, OpSource, SunGard, ou Media Temple. En France, la compétition reste encore minime comparée à ce qui se passe aux Etats Unis par exemple. Mais compte tenu de l ampleur pris par le Cloud ces dernières années, il y a de forte chance que ce marché devienne de plus en plus concurrentiel dans l hexagone. Reste à espérer une qualité de service optimale. 6. Aspect écologique Le Cloud Computing peut-il être synonyme d avenir «vert»? Probable. C est même avantageux pour l environnement selon le Carbon Disclosure Project 55, alors que d autres 55 Le Carbon Disclosure Project est une initiative lancée en décembre 2000 qui repose sur l'envoi d'un questionnaire auprès des 500 plus grandes entreprises dans le monde en termes de capitalisation boursière 42
44 sources estiment que l ensemble des datacenters causent près de 2% des émissions de carbone de la planète. C est l un des sujets qui est le plus à même de créer la polémique. Car deux philosophies s affrontent : D un côté, les fournisseurs argumentent sur la mutualisation des ressources et sur l optimisation des charges effectives des moyens informatiques. Autrement dit la centralisation des équipements en Datacenter afin de réduire la consommation électrique et indirectement les rejets de CO2 que cette production électrique engendre. Il est vrai qu actuellement les infrastructures informatiques sont très peu «chargées», en moyenne entre 10 à 20%. Le rendement énergétique est donc très peu optimisé au regard de l utilisation effective. D autre part, si X équipements sont repartis chez Y clients, il est possible de les «consolider» au sein d un parc de machines virtuelles sur un nombre restreint de machines physiques (hyperviseur). D où une consommation électrique inférieure, ramenée au nombre de machines physiques. L infographie suivante (figure 16) illustre ce nuage devenu vert et résume les bénéfices qu il pourrait apporter. Figure 16 : Infographie présentant les bénéfices écologiques du Cloud De l autre côté, on retrouve les plus écologiste d entre nous. En pratique, un Datacenter est une énorme usine à calcul qui nécessite une importante quantité d électricité d une part pour 43
45 son propre fonctionnement, à savoir la climatisation, l éclairage, la sécurité d autre part pour l ensemble des équipements qu il abrite : serveurs, équipements réseaux, systèmes de supervision, etc Ainsi, plus un Datacenter est fiable (autrement dit une architecture complément redondée) plus son efficacité énergétique est faible. C est ce qu on appelle le Power Usage Effectiveness. C est une mesure de l efficacité avec laquelle un centre informatique de données utilise son énergie. L'indicateur d'efficience énergétique (PUE) d'un centre d'exploitation est le ratio de l'énergie totale consommée par le centre d'exploitation divisée par l'énergie effectivement utilisée par les équipements informatiques. En 2010, le PUE moyen d'un data center Tier-3 (voir annexe 3) est compris entre 2,5 et 2,7 selon le Green Grid 56. Les meilleurs d entre eux arrivent à atteindre un ratio de 1,25. Et le nombre de Datacenters ayant recours à des énergies non fossiles n est pour l instant pas majoritaire dans le monde. Le développement des Datacenters «intelligents» est un énorme marché en développement dans différentes régions du monde : - implantation dans des zones naturellement froides ; - recyclage de l énergie thermique dégagée par les serveurs. (chauffage dans des bureaux) ; - Energie recyclable comme les éoliennes ou l énergie solaire ; A court et moyen terme il y a fort à parier que la facture environnementale s avèrera globalement supérieure comparée aux autres serveurs souvent déjà possédés, qui continueront de toute manière à consommer puisque toujours utilisés, qui ne nécessitent pas de climatisation et sont souvent arrêtés le soir. Les bénéfices se feront sentir progressivement, à condition que le développement de ces centres de données respecte certaines règlementations. 56 Source Wikipédia 44
46 PARTIE III Etude et analyse de terrain 1. Sondage et questionnaire Nous avions comme projet initial de proposer à diverses entreprises un questionnaire préparé par nos soin afin d avoir une idée sur leur perception du Cloud (Annexe 1 et 2). Ce sondage, destiné aux entreprises ayant adopté le Cloud et celles en phase d étude devait nous permettre de nous faire une opinion sur les réels environnements d utilisation et d identifier clairement les besoins et les attentes. Malheureusement, nous n avons pas eu assez de réponses pour pouvoir présenter une étude viable. Nous sommes à l heure actuelle toujours dans l attente de retour. Nous comprenons tout à fait les impératifs professionnels que peuvent rencontrer nos interlocuteurs, c est pourquoi nous sommes partis d études déjà réalisées par de grands groupes pour faire notre propre analyse de la situation. La partie suivante de ce mémoire présente le climat d implantation du Cloud au sein de différents S.I. Grands Enjeux Caractérisant les Organisations Interrogées France 2009 (Liste suggérée Multi- réponses en % d organisme 150 Organisations) 63% 59% 59% 53% Recourir a la virtualisation dans le domaine informatique Offrir un meilleur niveaux de service aux clients (Interne/Externe) Simplifier l administration des serveurs et environnements IT Diminuer les couts d exploitation informatique Améliorer le plan de reprise d activité (PRA) et/ou de continuité d activité (PCA) Améliorer la performance des environnement informatiques Faire face a la croissance des volumes de données à stocker et sauvegarder Adapter les ressources informatiques a l évolution de l activité 47% 45% 43% 43% Figure 17 : résultat d'une étude sur les enjeux du Cloud La société Markess International 57 communique le 4 Mars 2009 sur la parution de sa nouvelle analyse multi-clients consacrée au Cloud Computing (figure 17). Cette étude est intitulée : «Cloud Computing : attentes & potentiels pour les infrastructures (IaaS) et les plates-formes (PaaS)». En 2011, l évolution de l implantation du Cloud au sein des entreprises françaises est en perpétuelle augmentation. 32% d entre elles ont recours au SaaS (Software as a Service), alors que 6% font appel aux plates-formes IaaS (Infrastructure as a service). Le Cloud Computing pour les plates-formes applicatives et les environnements de développement (PaaS) est encore balbutiant avec 2% des organisations françaises concernées. (Voir tableau 6). 57 Société d études spécialisée dans l analyse de la modernisation des entreprises et administrations avec les technologies de l'information 45
47 50% 40% 30% 20% 10% 0% 43% 38% 35% 32% 24% 20% 15% 10% 10% 6% 6% 1% 4% 2% Prévisions PAAS IAAS SAAS Tableau 6 : Evolution d'implantation du Cloud au sein des SI français On remarque une pénétration du Cloud Computing très éparse au sein des entreprises françaises selon leur secteur d activité et leur taille. Les secteurs de l IT et des télécommunications (grands opérateurs, fournisseur d accès, ) sont franchement novateurs de par la nature de leurs activités, notamment pour les fournisseurs proposant des offres plus complètes en intégrant le modèle du SaaS, pour les hébergeurs et les sociétés de services, Une marche en avant a déjà été amorcée au sein des SI, des grandes organisations et administrations. En revanche, le monde des services (banque, assurance) semble un peu plus réfractaire pour des raisons entre autres de règlementation et d éthique. Bien que l accès au Saas soit commencé, elles engagent actuellement des réflexions sur l IaaS. D après le rapport, l arrivée du SaaS s accentue dans les grandes entreprises et les PME. L utilisation de l IaaS est plus forte dans les entreprises de moins employés, et surtout dans les entreprises de taille Intermédiaire (250 à personnes). Les infrastructures déjà en place complexifient la migration vers ces architectures dites «Infrastructure as a Service» et s étalent dans le temps. En effet comment garantir une continuité de service tout en modifiant les fondations du système d information. Les ETI les plus à même de faire face à ce genre de situation sont celles n ayant pas une structure informatique suffisante ou en phase de restructuration. Ces dernières pourront alors profiter de nouveaux outils de gestion de leur informatique. Du côté du PaaS, la pénétration est plus prononcée dans les grandes entreprises (plus de employés), les petites et moyennes entreprises, notamment du secteur de l informatique et des télécoms. En 2011, près des 2/3 des 151 décideurs participant à l étude envisagent ou envisageront le recours à des solutions dites privées pour leurs systèmes d informations (IaaS) (voir tableau 7). Soit pour un Cloud privé interne à l entreprise ou déporté ou bien un Cloud mutualisé privatif partagé avec différentes entités du groupe, soit de Cloud privé externe hébergé chez un tiers et entièrement dédié. 46
48 Recours déjà au Cloud Lecture Horizontale Computing ou intérêt d'ici 2011 (Somme=100%) et au delà Aucun intérêt Ne sait pas Privé Interne 60% 35% 5% Dédié/Privé Externe 52% 43% 5% Public 41% 54% 5% Tableau 7 : Intérêt pour le Cloud dans le domaine de l'hébergement en France, Seuls 41% de ces décisionnaires affirment envisager un Cloud public pour leurs infrastructures. Par ailleurs, ceux sont les petites structures qui participeront au développement des Clouds publics pour les infrastructures. «Les approches ne sont cependant pas monolithiques puisque, dans la majorité des cas, les décideurs interrogés mixent plusieurs types de Cloud Computing en fonction des périmètres concernés par leurs infrastructures. Ainsi, 29% d entre eux évoquent le choix d adopter une approche hybride qui combine des Clouds privés internes avec des Clouds privés externes et des Clouds publics», tempère Emmanuelle Olivié-Paul, Directrice Associée du cabinet 59. Alors que le SaaS continue son implantation au sein des entreprises, les décideurs interrogés semblent plus réfractaires au déploiement du Cloud IaaS (tableau 8) et aux plates-formes applicatives (PaaS) dans leur infrastructure. Beaucoup restent sceptiques et attendent une clarification des périmètres de ces nouveaux modèles d infrastructure. Un retour d expérience concret avec la mise en avant de ROI précis leur permettrait d être moins réfractaires. En effet, les enjeux encore inhérents aux données (confidentialité, localisation, sauvegarde, restauration, sécurité générale), à la gestion des accès et des identités, au réseau, à la disponibilité et à la qualité de service, et les craintes associées en regard, ne pourront être levés que par la démonstration des réels bénéfices obtenus. Quelles sont les preocupations de votre entreprise, le cas echeant, avec les services d'infrastructure à la demande (IaaS) Spécifications des fournisseurs trop Les couts sont trop important Ne correspond pas au besoin Aucun/Pas concerné Ne sais pas Pas assez mature 5% 7% 5% 9% 3% 4% 1% 1% 16% 17% 33% 36% 21% 25% 21% 21% PME (N=603) 32% 36% Tableau 8 : Feedback de différentes entreprises sur leurs attentes en matière d IaaS 27% 35% 59% Grandes entreprises (N=649) - 10% 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 69% 58 Source MARKESS International Echantillon : 151 organisations Intervalle de confiance +/- 8% 59 Extrait de l article «l IaaS et le PaaS peinent à décoller» disponible ici 47
49 Il est encore un peu tôt pour pouvoir chiffrer les réels avantages du Cloud, et notamment ceux dus à : - L optimisation des coûts associés aux infrastructures ; - l exploitation des infrastructures ; - une meilleure gestion des montées en charge ; - les économies d'échelle obtenues par les mutualisations ; Ce chiffrage passera impérativement par un audit préalable avec simulation de coût, afin d adapter au mieux les infrastructures et les environnements de développement susceptibles d être intégrés au Cloud. D autres constats sont soulignés par le bureau d étude MARKESS. L un d entre eux concerne la chaine de valeur du Cloud qui implique de nombreux intervenants tels que les opérateurs télécoms pour leur connaissance du réseau, ou encore les intégrateurs technologiques. Chaque acteur apporte sa valeur ajoutée via son expertise. D après ce rapport, «ce foisonnement complexifie la compréhension des apports de chacun d autant plus que, dans le domaine des infrastructures, près d un projet IaaS sur deux sera à dimension internationale (Europe, voire Monde) avec des acteurs qui devront avoir les capacités à répondre à cette demande, qu ils soient présents ou non physiquement sur le marché français.» Le marché du Cloud est un marché dynamique. Les perspectives de croissances sont très importantes et le rapport annonce une croissance à deux chiffres d ici fin 2013 et souligne une dynamique européenne légèrement supérieure à celle de la France. Les prévisions annoncent que le marché français du Cloud dans son ensemble (plate-forme, infrastructure et service) devrait atteindre 3,4 milliards d euros en 2013 contre 2,2 en D ici à la fin de l année prochaine, plus de 7% du marché français et 16% du marché européen des logiciels et services informatiques seront représentés par le Cloud pour une estimation à plus de 20 Milliards d euros. 48
50 2. Des entreprises ayant fait le choix du Cloud Computing 2.1. Eden Park : le choix Microsoft 60 Objectif et présentation du projet : L environnement informatique d Eden Park est multi-plate-forme (BlackBerry, Iphone, Tablette, PC). Avec son infrastructure hébergée, et ses fonctionnalités avancées, la messagerie dans le Cloud proposée par Microsoft et Exchange présente de nombreux avantages qui ont séduit la firme. La marque au nœud rose envisage donc de migrer vers cette plate-forme de Cloud Computing. Le DSI d Eden Park, Éric Harand, ne compte plus les avantages de sa messagerie désormais hébergée au SOCIETE Disposer d une messagerie multiplate-forme accessible à tout moment et en tout lieu. Créateur de vêtements depuis 22 ans, Eden Park possède un solide réseau de distribution en France et à l internationale. CA 2010 consolidé : 60M Effectif : sein du modèle SaaS de Microsoft : Jamais une migration de messagerie n aura été aussi simple et facile à mettre en œuvre pour un retour sur investissement quasi-immédiat. Les enjeux : Depuis 2007, Eden Park utilise une infrastructure de messagerie open source partiellement externalisée chez un de leur fournisseur. Même si ce mode de fonctionnement était adapté à l hétérogénéité du parc informatique, elle ne correspondait plus aux attentes de plus en plus spécifiques de l IT et des utilisateurs, et ne convenait plus dans son utilisation quotidienne. Mise à part l absence d un outil collaboratif au sein du SI, les commerciaux étaient régulièrement touchés par des pertes de connexion lorsqu ils se trouvaient à l extérieur du siège parisien. Pour le créateur de prêtà-porter, l enjeu était clair : «disposer d un service de ENJEUX Disposer d une messagerie multiplate-forme accessible à tout moment et en tout lieu. BENEFICES Des fonctionnalités en adéquation avec les besoins. Des coûts prévisibles. Aucun coût de formation, prise en main immédiate messagerie fonctionnel quelle que soit la plate-forme, doté d outils collaboratifs et d une infrastructure solide». 60 Retour d expérience et témoignage d entreprise issue du livre d or Microsoft. 49
51 La solution envisagée : À la mi-juillet 2009, un appel d offre est lancé afin d étudier les pistes envisageables, et plus spécifiquement les débouchés sur le Cloud. En décembre 2009, la société fait le choix de la solution Microsoft : Exchange Online. La taille de stockage de la messagerie (25 Go), les fonctionnalités de partage des agendas et de réunions, la console d administration simple, l infrastructure des Datacenters Microsoft convainquent les décideurs. En Mars 2010, avec l aide de ses partenaires, l implémentation est faite et la solution opérationnelle Nous avons procédé à des tests concluants pendant deux mois, témoigne le DSI. L intégration et la migration de la messagerie se sont déroulées sur un mois coulant. Désormais les 200 boites mails d Eden Park se trouvent sur le Cloud. Les résultats obtenus : La marque se retrouve avec un produit en totale adéquation avec leurs besoins initiaux. Exchange Online intègre nativement tous les types de plates-formes permettant une interconnexion facile et source d efficacité pour les salariés. Chacun peut désormais se connecter simplement depuis n importe quel point d accès, se félicite Éric Harand. La migration s est faite de manière totalement transparente pour l utilisateur. L adoption par les commerciaux a été immédiate. Les bénéfices du changement sont multiples : - Fonctionnalités adaptées aux besoins - Budgets maitrisés - Organisation de l information optimisée - Fonctionnalité immédiate - Pas de dépense de formation Désagrément : Aujourd hui, Eden Park dépend à 100% de Microsoft pour assurer la qualité de son service messagerie. Le seul lien leur garantissant un fonctionnement optimal étant leur connexion WAN, il est nécessaire de mettre en place de nouveaux mécanismes de redondance réseau, et d établir des SLA efficaces avec leur nouveau partenaire. 50
52 2.2. Haagen-dazs : Le choix Saleforce 61 Le contexte : Jusqu ici le célèbre marchand de glaces, Häagen-Dazs Shoppe, franchiseur international utilisait des feuilles de calcul Excel permettant la gestion et le suivi, ainsi qu une base de données Access pour gérer les accords et les franchises. Mais le réseau VPN n était pas assez performant pour permettre la connexion facile des employés à distance. La gestion des nombreux franchisés à travers le monde a vite nécessité une solution accessible à distance pour tous les employés, d où le besoin d un système de CRM. La personnalisation s avérait indispensable. La solution : Après avoir envisagé une solution interne de CRM, le marchand de glaces s est vite retourné vers SOCIETE Marque de crème glacée américaine créée par Reuben Mattus en 1961 CA 2006 consolidé : 105M Effectif : ENJEUX Proposer une solution de gestion de la relation client BENEFICES Facilité d accès aux informations Fonction de tableau de bord Salesforce Enterprise Edition. Le partenaire de Salesforce, Reside,a épaulé Häagen-Dazs pour déployer et personnaliser le logiciel dans un délai inférieur à 6 mois. Le CRM Salesforce et la plate-forme de développement Force.com présentent de nombreuses possibilités de personnalisation. L accès aux informations concernant les calendriers, les requêtes commerciales pouvaient être facilitées. La société a utilisé les nombreuses possibilités offertes par Salesforce en créant une application de gestion des franchises comprenant les onglets personnalisés suivants : - Université Häagen-Dazs permet de suivre les franchisés qui ont suivi la formation. - Manquements, assure le suivi des boutiques dont l'inspection n'a pas été satisfaisante - Ouvertures, suit le processus d'ouverture des nouvelles boutiques - Pistes immobilières, met en correspondance les nouveaux franchisés avec un emplacement potentiel de future boutique Cette entreprise a donc, en 6 mois, créé Franchiseforce, grâce au CRM Salesforce et à l utilisation de Force.com 61 Témoignage issu d une étude Salesforce 51
53 Les bénéfices : La société Häagen-Dazs Shoppe profite donc maintenant d une solution de CRM personnalisée et d un système de gestion des franchises via le CRM Salesforce et la plateforme de développement Force.com. De plus, grâce à l outil «Salesforce pour Google AdWords» 6263, Häagen-Dazs gère ses annonces et dirige les candidats à la franchise vers le site Web. Les campagnes marketing sur sont automatisées via la fonctionnalité Web de Salesforce. Les résultats : Depuis ce changement Häagen-Dazs a gagné 15 prospects supplémentaires par mois. Le service Salesforce permet un accès facilité aux informations de franchise quel que soit le lieu où travaille l'employé. Les fonctionnalités de tableaux de bord et de rapports optimisent la gestion, l aperçu des activités de franchise étant élargi. La fonctionnalité de requête permettra de suivre les franchises dont l'inspection n'est pas concluante. Julie Michelutti, Brand Manager pour la société Häagen-Dazs explique que : «Salesforce a révolutionné notre capacité à accroître les opportunités de vente et de développement» 64, «Salesforce a fait une grande différence dans notre capacité à augmenter les opportunités de développement et de vente. C'est une ressource que j'utilise plusieurs fois par jour» 65. Désagrément : Haagen-dazs a fait le choix d un éditeur de service particulier en choisissant une offre que répond à leur besoin. Sans forcément être dans une impasse, il sera à présent difficile de faire machine arrière à ce stade d implémentation. L interopérabilité n étant pas forcement évidente. De plus, des problèmes de confidentialité des données peuvent se poser, avec le déportement des données dans un environnement «exterieur». 62 «Salesforce pour Google AdWords» est outil qui permet de lancer et gérer une campagne publicitaire Google AdWords à partir d une application Salesforce.com 63 Google AdWords est le programme de publicité en ligne de google : Source 64 Source : salesforce.com : 'L'essentiel du CRM en huit points.pdf' 65 Source : salesforce.com : 'Salesforce fournit une solution de gestion des franchises et CRM personnalisée à la société Haägen-Dazs Shoppe' 52
54 3. Des entreprises en phase d étude 3.1. Ageas France SOCIETE Filiale française du groupe international d assurance vie Ageas. CA 2011 consolidé : 380M Effectif : Il s avère que l entreprise dans laquelle Clément HELIER est actuellement en alternance, a pris la récente décision (début du mois de Mars) d étudier officiellement les solutions de Cloud Computing. M. Laurent Lhadj, responsable système et sauvegarde a accepté de répondre à notre questionnaire (Annexe 1). Après une rapide présentation de l entreprise, nous allons vous expliquer ce qu il en est ressort. L entreprise : Ageas est un groupe d assurances belge international. Il est riche de plus de 180 années d'expérience et se classe dans le Top 20 européen de l'assurance. Ses activités sont concentrées sur l Europe et l'asie. Ageas France est une filiale à 100 % de ce groupe. Elle se consacre à l assurance de personnes (épargne, retraite, prévoyance) ainsi qu au courtage immobilier. Elle emploie environ 500 personnes et réalise un chiffre d affaire annuel tournant autour de 400 millions d'euros. Le contexte : Plus de la moitié des employés d Ageas France sont des courtiers ou des commerciaux, répartis dans les différentes agences régionales de la société. Pour améliorer la prospection et la fidélisation des clients, l entreprise a la nécessité de fournir à ses courtiers et ses commerciaux des applications métier de qualité. Aujourd hui, Ageas développe en interne sa propre solution, qu elle rend accessible à ses employés d agence via une connexion VPN distante. M. Laurent Lhadj, responsable système, déclare : «Avec la crise actuelle, nous souhaitons nous reconcentrer au maximum sur notre cœur de métier, et donc étudier les solutions SaaS existantes dans le domaine du courtage, ou à minima nous tourner vers une solution PaaS pour pouvoir développer notre propre application dans le modèle SaaS, en supprimant donc les contraintes et les coûts de matériel et de maintenance.» La solution envisagée : Une des deux solutions étudiée par Ageas France est donc l utilisation d une application de courtage en mode SaaS. Aujourd hui des solutions en ligne existent déjà, comme Espresso 53
55 Estate 66, mais ces solutions suivent le modèle ASP et sont donc très chères et peu personnalisables. Ageas France espère que ces éditeurs se tourneront bientôt vers la logique du Cloud Computing. La deuxième solution envisagée est d utiliser une plate-forme de développement «as a Service». Avec cette solution, Ageas continuera à développer son application, mais n aura plus de contrainte matérielle. Les développeurs pourront se concentrer sur leurs applications et aucune charge de travail ne sera ajoutée à la charge du pôle infrastructure de l entreprise. Au moment de la rédaction de ce mémoire, M. Laurent Lhadj, responsable système sauvegarde et stockage, a organisé, pour la première semaine du mois d Avril, deux réunions avec les éditeurs Microsoft et VMware, leader dans le Cloud PaaS. Ce sont les solutions de ces deux éditeurs que nous allons vous présenter maintenant. 66 Source : 'Espresso Estate' 54
56 PARTIE IV Etude de deux solutions d'éditeur 1. Le Cloud de VMWare La société VMware existe depuis maintenant 15 ans. Cette filiale d EMC conçoit et vend des produits liés à la virtualisation d environnement informatique. En 1999 elle propose un des ses produits maintenant phare : VMware Workstation, la version station de travail de son offre. Depuis VMware n a cessé d enrichir son offre et d investir dans ce marché naissant : VMware Fusion : logiciel pour stations de travail Macintosh ; VMware GSX Server, VMware Server et VMware ESX/ESXi Server : logiciels pour serveurs ; VMware Virtual Center et VMware Converter : logiciels de gestion et outils. Rachat de Zimbra, la plate-forme collaborative qui est maintenant la base de sa solution SaaS ; Rachat de SpringSource, renommé vfabric et complétant son offre PaaS ; 1.1. L infrastructure selon VMware Affichant fièrement son savoir-faire sur les plates-formes virtualisées, VMware complète sa gamme d hyperviseurs ESX/ESXi grâce à sa suite d outil «vsphere» Cette plate-forme de virtualisation comprend un certain nombre de fonction et de mécanisme permettant la gestion complète d une infrastructure partagée ; un cluster d hyperviseurs par exemple. Afin de répondre à des problématiques de répartition de charge, des fonctionnalités évoluées permettent de migrer à chaud des ressources d un nœud vers un autre. Ainsi il sera possible de jongler entre plusieurs ESX(i) pour héberger un host grâce au vmotion, ou de migrer des volumes de données entre différents SAN grâce au vstorage, La disponibilité et la garantie de service pourront être assurées avec les fonctions de High Availibilty (HA) et Fault Tolerance (FA), toujours incluses dans la plate-forme vsphere. Ainsi, en cas défaillance d un nœud, les VMs pourront basculées sur un ESX sain. Contrairement à vmotion, la migration se fera froid. FA quant à lui autorisera la création d une instance active et d autres passives sur plusieurs ESX(i). De cette manière en cas de problème, la migration vers un nouvel hyperviseur se fera presque instantanément (quasi transparent au niveau des d I/O disque et réseau.) En parallèle, et pour une souplesse maximale, les mécanismes de «Distributed Resource Scheduler» (DRS) et de «Distributed Power Management» (DPM) vont autoriser une gestion plus poussée du parc de machines. Ainsi, le premier utilise le vmotion pour repartir 55
57 les VMs sur les différents noeuds disponibles en fonction de la charge de chacun. De la même manière, le DPM arrête les machines les moins critiques afin de prioriser celles que le sont le plus. A l aide de tous ces composants, vsphere garantit une très grande réactivité et permet de se prémunir contre des défaillances inopportunes. Annoncé lors de la conférence VMworld 2010, VMware vcloud Director est une surcouche majeure dans l'approche du Cloud Computing de VMware. Elle est conçue pour regrouper les ressources d une infrastructure virtuelle en Datacenter virtuels afin de les mettre à la disposition des utilisateurs sous la forme de services basés sur catalogues. vcloud introduit la notion de vapp. Elle peut être vue comme un environnement applicatif complet comprenant machines et réseau dédié. Concrètement, une plate-forme de supervision composée de trois nœuds et d un autre dédié à la base de donnée sera vendue sous la forme d un package, la vapp. Ce package permet dans un premier temps de concevoir des Templates autorisant la reconstruction complète d une infrastructure. vcloud Director offre ensuite la possibilité de consulter un catalogue en ligne de vapp prêt à l'emploi. De la même façon qu un Apple Store, l utilisateur pourra choisir son application au sens large du terme (vapp) afin de l implémenter. Les vapps se présentent sous le format OVF (Open Virtualization Format). Il conserve les propriétés de l'application, la configuration réseau ainsi que d'autres paramètres. L interopérabilité entre Cloud est ainsi garantie. Bien entendu VMware n'est pas à proprement parlé un fournisseur de services, il se limite à éditer des solutions Cloud Computing. Il sera alors possible d'utiliser les technologies de Cloud Computing de VMware sur ses propres installations physiques, créant ainsi son propre Cloud privé. On retrouvera aussi les technologies de VMware chez des fournisseurs de services tels que Verizon, Terremark, Colt ou prochainement Orange Entreprises qui proposera cette technologie sur les infrastructures physiques (Cloud public) Les offres de PaaS C est à l occasion du VMworld 2011 que VMware annonce sa gamme «vfabric» vfabric». Elle est conçue pour porter des applications Java basées sur le framework Spring sur des machines virtuelles vsphere. On retrouve ainsi 67 : - TcServer : une plate-forme offrant l'hébergement d'applications Spring, Grail et Java basée sur Tomcat. Cela permet aux développeurs de déployer très facilement leurs applications en laissant la plate-forme répartir la charge. 67 Définition issue du site VMware 56
58 - Hyperic : permet de surveiller les applications Web personnalisées quel que soit leur emplacement sur des machines physiques ou au sein d un environnement d infrastructure virtuelle, d un Cloud public, privé ou hybride. - Gemfire : est une plate-forme de gestion de données distribuées qui offre une évolutivité dynamique, et une persistance rappelant celle des bases de données. Elle combine des techniques avancées, telles que la réplication, le partitionnement, le routage orienté données et l interrogation continue. - RabbitMQ : est un service de messagerie. Plus spécifiquement un logiciel de mise en file d attente, et évolutif qui simplifie la gestion du trafic des messages. La plate-forme PaaS vfabric peut être utilisée sur une infrastructure VMWare (vsphere ou vcloud), ou sur une infrastructure partenaire comme celle de Salesforces.com (qui a donné naissance par la suite à VMForce), ou prochainement celle de Google qui a annoncé proposer vfabric au sein de Google App Engine Les Services à la demande. Le SaaS de VMware, c est une informatique moderne, qui prend en compte l utilisateur. Elle offre une garantie de sécurité des applications et des données, quels que soient la source, le lieu, ou le moment. En janvier 2010, VMware rachète Zimbra 68 (Yahoo). Il s agit d une application Web collaborative qui inclut : de l organisation et du partage de documents, du stockage, des liens, une boite aux lettres, des contacts, des agendas.. Zimbra revendique près de 55 millions d utilisateurs dans 90 pays avec une croissance de 86 % en VMware a annoncé vouloir intégrer Zimbra dans son catalogue de vapp dans sa stratégie vcloud. 2. Microsoft et son offre au nuage Exchange, SharePoint, SQL Server, Dynamics CRM, Windows Server, sont des solutions connues qui ont fait leurs preuves sur lesquelles se basent les solutions Cloud Microsoft. Les solutions les plus en avance, une informatique toujours adaptée aux besoins et à jour, pour tout ou partie de l entreprise sont accessibles très facilement et le paiement se fait uniquement sur ce qui a été réellement utilisé. En Novembre 2008, Microsoft a créé Windows Azure, solution de Cloud Computing. Mise sur le marché en janvier 2010, elle est toujours en pleine évolution aujourd hui. 68 Extrait de presse, JDN, 'VMware / Zimbra 7 : suite bureautique collaborative en mode SaaS' 57
59 Les services du Cloud de Microsoft sont : - Une infrastructure Iaas avec la notion de «vmrole». - L hébergement d applications.net, le stockage, les BDD rendus possibles grâce à la plate-forme PaaS proposée par Windows Azure. - Les applications Saas de la gamme Live et Online Service. Ils sont proposés sous deux modèles de déploiement différents : - Le Cloud public - Le Cloud privé Quel que soit le niveau de service désiré, la clientèle peut choisir l un ou l autre modèle en fonction ses besoins. Elle a même la possibilité de combiner ces deux modèles et de créer un Cloud hybride si des besoins spécifiques le nécessitent. La solution Cloud de Microsoft allie souplesse et facilité de gestion. La gamme de composants basés sur les services proposée par le Cloud de Microsoft est étendue. La société fournit donc une solution complète de : - services d'infrastructures - services de plate-forme - de logiciels Les solutions de Cloud Computing Microsoft, qu elles soient privées ou publiques comprennent : - la virtualisation et l automatisation. - des ressources diverses : serveurs, capacités de stockage et réseaux. - la gestion centralisée de ces ressources. - une élasticité au niveau de la puissance, en fonction exigences de l'entreprise. - des applications et outils de développement évolutifs Les Services (SaaS) L annonce de l arrivée de «Office » a été faite le 20 octobre 2011.Cette nouvelle génération d application SaaS remplacera BPOS («Microsoft Business Productivity Online Standard»). Office 365 proposera, pour chaque licence, utilisateur les versions 2010 de : - SharePoint Online : plate-forme de collaboration - Exchange Online : solution de messagerie à la demande - Lync Online : plate-forme de communication 69 Source : 'Office 365' 58
60 - Office Web Apps (bureautique en mode Web) - Office Professionnel Plus 2010 Plusieurs tarifs sont proposés selon les versions : - 5,25 euros par mois et par utilisateur, pour les entreprises de moins de 25 salariés. - De 1,75 euros pour la messagerie seule (Exchange Online) jusqu à 9 euros pour l offre complète (Lync Online), s il s agit d une entreprise de plus de 25 salariés «Office Edu» remplacera bientôt la gamme utilisée par le grand public et le monde éducatif. Jusqu ici Microsoft proposait un service Live composé de : - Une messagerie: Windows Live Hotmail - Un service de partage et d hébergement : Windows Live SkyDrive - Un service spécifique à l éducation, Edu, avec des solutions adaptées à l école. Microsoft propose également d autres logiciels de type SaaS : - Microsoft Dynamics CRM Online 70 propose des solutions via Microsoft Office Outlook( ou un navigateur Internet) dans le domaine du service à la clientèle, des ventes et du marketing. - Exchange Hosted Services (EHS) 71 fournit une protection contre les courriers indésirables et les programmes malveillants et une aide organisationnelle La Plate-forme Microsoft (PaaS) La plate-forme Paas Windows Azure propose trois briques : - Windows Azure, un système d'exploitation. Windows Azure est hébergé sur un Data Center Microsoft. Les entreprises qui utilisent ce service ont a à leur disposition une infrastructure souple et évolutive permettant de travailler sur applications.net. La tarification se fait à l utilisation. Cette plate-forme permet l exécution et l hébergement de n importe quel type d application. On retrouve la notion de «worker rôle». La charge est automatiquement répartie par Windows Azure. Azure Blobs, un service de stockage de fichiers, Azure Tables, un service de stockage de données semi structurées et Azure Queue qui est un service de file d attente, sont mis à disposition au travers d API standards. Cela permet de les utiliser depuis n importe quelle application même extérieure au Cloud. 70 Source : 'Microsoft Dynamics CRM Online' 71 Source : 'Exchange Online' 59
61 - SQL Azure 72, une base de données relationnelle. Cela permet de créer instantanément une base de données SQL Server sur une infrastructure fiable et garantie disponible à 99,95%. - AppFabric 73, des services utilisables basés sur le Web. Cela garantit une connectivité sécurisée et un contrôle d accès. La plate-forme Windows Azure offre tout un ensemble de services adaptés et souples. L expérience de développement, l évolution à la demande, la réduction des délais sont de véritables atouts L IaaS et Cloud privé La notion de «vm role» fournit une machine virtuelle qui permet aux utilisateurs d héberger, de faire évoluer et de gérer applications et services comme ils le désirent. Avec les DataCenters Microsoft vous pouvez faire évoluer votre système simplement et rapidement. Cela permet de répondre aux exigences en matière d'infrastructure de l ensemble ou spécifiques, que ce soit au niveau global ou local. La solution Microsoft pour un Cloud Privé repose sur Windows Server 2008 R2 Hyper-V et System Center. Hyper-V 74 permet aux entreprises d utiliser un Cloud privé réactif et efficace. System Center leur permet de créer des services Cloud au sein de leur propre Data Center. Mais elles ont aussi la possibilité d exploiter les services d un partenaire d hébergement Microsoft. Elles utilisent alors les services Cloud se basant sur des machines virtuelles pour pouvoir augmenter la capacité de leur Data Center, et externaliser l acquisition matérielle et les dépenses de gestion. La surveillance et la gestion complète du matériel, des systèmes d exploitation, des machines virtuelles, des applications physiques ou virtuelles sont assurées par System Center. System Center permet ainsi une vision globale des opérations du Data Center, simplifiant le dépannage et la maintenance, et optimisant l efficacité du Data Center. A noter que début 2011, l appliance Microsoft Windows Azure, a été lancée. Elle permet aux entreprises la création d un Cloud privé, type Windows Azure, sur leur propre infrastructure. 72 Source : 'SQL Azure' 73 Source : 'AppFabric' 74 Source : 'Hyper-V, Cloud privée' 60
62 Conclusion Le Cloud Computing est promis à un bel avenir, comme le montre les chiffres de ce mémoire. Il est le résultat de l évolution de nos usages, de l apparition de la bulle internet et de la virtualisation. Il n a cessé de s enrichir depuis les années 60 et arrivera certainement à maturité dans les années à venir, imitant le modèle de ses ainés, les mainframes et le client/serveur. Les effets et impacts de cette solution sont considérables, mais nous manquons encore de recul pour pouvoir en mesurer pleinement les conséquences. Il reste encore beaucoup à faire notamment en ce qui concerne la sécurité ou l interopérabilité, mais aussi la mise en place de norme et de standards. Pour le moment, l engagement des entreprises vers le Cloud Computing est progressif et raisonné, car bien que le NIST ait normalisé la définition du Cloud Computing, du travail reste à faire concernant la sécurité et la confidentialité des données stockées ou échangées. C est pour cette raison que le modèle de déploiement le plus populaire aujourd hui est le Cloud privée ou le Cloud hybride. Internet n a pas «tué» la radio, elle s est positionnée en parallèle. Le Cloud est une solution complémentaire, pas forcément une innovation de rupture. C est pourquoi il est primordial que les nouveaux acteurs du Cloud communiquent clairement sur les caractéristiques techniques et les normes de leur solution. La «bataille» des innovations technologiques qui existe depuis les années 70, va peut-être laisser place à une compétition plus Marketing, de vulgarisation des connaissances afin de séduire de nouveaux utilisateurs et ainsi toucher le plus grand nombre. Pour finir, il est intéressant de se demander comment va évoluer le Cloud dans les prochaines années. Nous dirigeons-nous vers une informatique dématérialisé à 100%, comme l imaginait déjà John McCarthy en 1961? Nous vous donnons rendez-vous à la prochaine décennie pour répondre à cette question! En conclusion personnelle, nous souhaiterions exprimer notre profonde satisfaction d avoir travaillé sur ce sujet. Le Cloud Computing est un sujet d actualité. Nous sommes convaincus que la connaissance de ce concept nous apportera une réelle valeur ajoutée lors de nos futures recherches d emploi. C est d ailleurs la raison principale du choix de ce sujet, dont nous n avions aucun compréhension il y a de ça 5 mois. 61
63 Annexe Annexe 1 : Sondage Cloud Computing Annexe 2 : Résultat du sondage Annexe 3 : La classification en tiers des Datacenters Annexe 4 : Infographie 62
64 Bibliographie Lien Internet html computing- on- demand/ _ html
65 Livres Titre Auteur Editeur Cloud Computing et SaaS Guillaume Plouin Dunod Cloud Computing Le guide complet Sylvain Caicoya, Jean-Georges Saury Micro Application IBM Business continuity and resiliency services IBM Format PDF E-business On-Demand, le nouveau modèle informatique IBM Global Services Format PDF Livre Blanc - Veille technologique sur le Cloud Computing Polytechnique Lyon Format PDF Livre Blanc - Cloud Computing François Tonic Format PDF Livre Blanc - Tout ce que vous devez svoir sur le Cloud Computing Syntec Format PDF Livre Blanc - Sécurité du Cloud Computing Syntec Format PDF Livre Blanc - Le Cloud Computing, du concept à la réalité Microsoft Format PDF Livre Blanc - Cloud economics Microsoft Format PDF Comparaison concurrentielle Cloud Computing Microsoft et VMware Etude - Le Cloud Computing, réelle révolution ou simple évolution? Microsoft Bureau Wygwam Format PDF Format PDF Etude - Mise en place d'un site type web 2.0 sur un Cloud CNAM - Olivier leclère Format PDF Technical Report Above the Clouds, A Berkeley View of Cloud Computing Federal Cloud Computing Strategy Berkeley University Vivek Kundra, U.S. Chief Information Officer Format PDF Format PDF Rapport et Etude Titre Livre blanc du Cloud Computing L Open Cloud Manifesto Cloud Computing : attentes & potentiels pour les infrastructures (IaaS) et les platesformes (PaaS) Cloud Computing Livre d or Temoignage 2011 Document de présentation L essentiel du CRM en huit points Societé Syntec Open Cloud Markess Internationnal Brocade Salesforces Microsoft Salesforces.com 64
66 Tables des illustrations TABLEAU 1 : NOUVEAU PROJET D'IMPLEMENTATION DE DATACENTERS TABLEAU 2 : TARIFS DES PRINCIPAUX ACTEURS DU MARCHE TABLEAU 3 : TARIFS DES OFFRES DE SALEFORCE TABLEAU 4 : PRIX DES DIFFERENTES INFRASTRUCTURES POSSIBLES TABLEAU 5 : LES SOLUTIONS PROPOSEES PAR GOGRID TABLEAU 6 : EVOLUTION D'IMPLANTATION DU CLOUD AU SEIN DES SI FRANÇAIS TABLEAU 7 : INTERET POUR LE CLOUD DANS LE DOMAINE DE L'HEBERGEMENT EN FRANCE, TABLEAU 8 : FEEDBACK DE DIFFERENTES ENTREPRISES SUR LEURS ATTENTES EN MATIERE D IAAS FIGURE 1 : LES TROIS PRINCIPALES VAGUES DE L'INFORMATIQUE (SOURCE : ORANGE BUSINESS SERVICES)... 6 FIGURE 2 : LA LOGIQUE DU GRID COMPUTING... 9 FIGURE 3 : REPRESENTATION SCHEMATIQUE D'UN CLUSTER DE SERVEURS HEBERGEANT UN SITE WEB FIGURE 4 : TRAFIC MOYEN DE L'EXPRESSION "CLOUD COMPUTING" SUR INTERNET. GOOGLE TRENDS FIGURE 5 : L'ARCHITECTURE MULTI- TENANT FIGURE 6 : NIVEAU DE CHARGE D UNE APPLICATION DANS LE TEMPS FIGURE 7 : SOUS- UTILISATION D UN PARC DE SERVEUR FIGURE 8 : CAPACITE MATERIELLE INFERIEUR A LA DEMANDE FIGURE 9 : AJUSTEMENT DE LA CAPACITE EN FONCTION DE LA DEMANDE FIGURE 10 : IAAS, PAAS SAAS QUI EST RESPONSABLE DE QUOI? FIGURE 11: LA PYRAMIDE DU CLOUD FIGURE 12 : LES ACTEURS MAJEURS DU CLOUD COMPUTING FIGURE 13 : REPRESENTATION DU CLOUD HYBRIDE FIGURE 14 : VARIATION HORAIRE DU VOLUME DE REQUETE DANS LE CAS D'UN SERVICE DE RECHERCHE (BING) FIGURE 15 : SEGMENTATION DU CLOUD COMPUTING A L'ECHELLE EUROPEENNE FIGURE 16 : INFOGRAPHIE PRESENTANT LES BENEFICES ECOLOGIQUES DU CLOUD FIGURE 17 : RESULTAT D'UNE ETUDE SUR LES ENJEUX DU CLOUD ILLUSTRATION 1 : LE CONCEPT DU CLOUD... 5 ILLUSTRATION 2 : LOGO AZURE ILLUSTRATION 3 : CONCEPT DU CLOUD
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