mai 2014 COMMENTAIRE DE MARCHÉ
SOMMAIRE Introduction 2 En bref 3 INTRODUCTION L heure semble au découplage entre les Etats-Unis et l Europe. Alors que de l autre côté de l Atlantique, certains plaident pour une remontée des taux, l Europe s apprête à rendre sa politique monétaire encore un peu plus accommodante. Cela s explique en partie par les mandats différents donnés aux deux institutions. Alors que la Fed a pour mission principale de stimuler l emploi tout en gardant l inflation sous contrôle, la BCE doit d abord garder l inflation proche de 2% mais inférieure à ce chiffre. Or actuellement, l inflation européenne est largement en dessous de cette cible. Si l on se réfère à ces 15 dernières années, un pareil découplage entre Etats-Unis et Europe n est pas exceptionnel mais ne dure en général pas plus de 12 à 24 mois. L avenir nous dira si cette fois, c est différent Contexte de marché en Europe 4 Contexte de marché aux Etats-Unis 5 Politique monétaire 6 Taux courts 7 Obligations gouvernementales 8 Covered bonds 10 Obligations d entreprises 11 Actions 12 Taux de change et matières premières 14 Annexes 15
EN BREF Aux Etats-Unis, la déception liée aux mauvais résultats du premier trimestre est oubliée. Les voyants sont de nouveau au vert pour une accélération de l économie américaine cette année. En zone euro, l inflation reste faible et la reprise de l activité économique est modérée. Une action prochaine de la BCE semble inévitable. Sur le marché de la dette gouvernementale, les taux d intérêt continuent la chute observée depuis le début de l année, poussés par le discours accommodant de la banque centrale. La dynamique des spreads sur les covered est contrastée pour le mois de mai. On observe un resserrement généralisé sauf pour les covered espagnoles et italiennes. Les rendements proposés restent néanmoins à des niveaux historiquement très faibles. Les spreads de crédit se sont très légèrement détendus. Les investisseurs sont confiants et prêts à prendre des risques pour trouver du rendement dans un environnement où le rendement n a jamais été aussi faible. Tout comme le mois dernier, les principaux indices actions ont clôturé légèrement positifs. Pour faciliter la compréhension de cette publication, nous proposons un lexique expliquant les principaux termes financiers à l adresse suivante : www.ethias.be/lexique 3
CONTEXTE DE MARCHÉ EN EUROPE Le mois de mai ne fut pas positif en terme de chiffres économiques pour la zone euro. Ainsi, le PIB de l ensemble des pays de l union monétaire n a crû que de 0,2% au premier trimestre 2014. Les résultats aux Pays-Bas (-1,4% ) et en France (0,0%) ont particulièrement déçu contrairement à ceux de l Allemagne (+0,8%). Ces résultats, largement en-dessous des attentes, démontrent que la croissance de la zone euro reste insuffisante pour parler d une reprise durable. Au niveau des pays périphériques, l Espagne a enregistré une croissance (+0,4%) mais le Portugal (-0,7%) et l Italie (-0,1%) ont vu leur activité économique se contracter. Ces résultats décevants, couplés à une inflation toujours très faible en zone euro, confortent les observateurs dans l idée d une nouvelle intervention de la BCE pour soutenir l économie européenne 4
CONTEXTE DE MARCHÉ AUX ETATS-UNIS Aux Etats-Unis, les mauvais chiffres du PIB pour le premier trimestre (+0.1%) semblent d ores et déjà oubliés. Ainsi, l indice PMI pour le secteur manufacturier a progressé en mai, de 54,9 à 55,4, selon une première estimation. Cela confirme donc que le «sur-place» du début d année de l économie américaine est bien essentiellement dû aux mauvaises conditions climatiques. Ensuite, la tendance sur le marché du travail reste très positive. Avec d une part, le taux de chômage qui ne cesse de diminuer et d autre part des créations d emploi qui restent solides. Enfin, malgré des ventes de détail un peu plus faibles, l inflation a augmenté en avril passant de 1,5% à 2% conformément aux attentes. La croissance de la demande américaine semble se traduire par une accélération de la hausse des prix. 5
POLITIQUE MONÉTAIRE Lors de la dernière réunion de la BCE en mai, Mario Draghi a insisté sur les risques qui pèsent sur la zone euro (faible inflation, appréciation de l euro, croissance faible..) mais aussi sur les instruments disponibles pour faire face à ces risques. Dans ces conditions, les marchés financiers s attendent à une nouvelle baisse des taux directeurs mais d autres mesures monétaires «non conventionnelles» ne sont pas à exclure. Aux Etats-Unis, la Fed continue à démanteler graduellement son programme d assouplissement quantitatif. Néanmoins la présidente Yellen reste prudente dans ses propos. Ainsi, elle a qualifié le taux de chômage de toujours élevé. Elle a également mentionné l inflation qui se situe toujours en dessous de l objectif. La banque centrale américaine prendra donc son temps avant de relever des taux. 6
TAUX COURTS L annonce faite le mois dernier par Mario Draghi, président de la BCE, d adopter de nouvelles mesures visant à soutenir l économie européenne a déjà entrainé une lente diminution des taux courts (euribor). La dynamique de hausse observée depuis le début de l année est donc terminée. Désormais, le taux de référence euribor trois mois se situe à 0.31 contre 0.35, il y a un mois. Face aux difficultés persistantes de financement des entreprises dans les pays qui ont été le plus durement affectés par la crise, des mesures de soutien via les banques peuvent s avérer nécessaires selon le président de la BCE. Cela pourrait se traduire par une injection massive de liquidité sur le marché monétaire. 7
OBLIGATIONS GOUVERNEMENTALES Après quelques jours de stabilité début mai, les taux des pays «core» ont chuté suite aux discours de certains membres de la BCE, ces derniers confirmant presque que des mesures d assouplissement seraient prises en juin (date qui correspond à l update des prévisions d inflation et de croissance de l institution monétaire). La baisse de l inflation et quelques autres chiffres mitigés ont prolongé ce mouvement qui a fait revenir le taux allemand à 10 ans à son niveau de mai 2013. Les taux OLO ont aussi baissé mais dans une plus grande mesure, ce qui les a menés à leur plus bas niveau historique (1,87% pour le 10 ans durant le mois). 8
Les pays périphériques ont eux aussi montré des baisses du rendement de leurs obligations mais celles-ci ont été fortement tempérées par des craintes sur l issue des élections européennes et le vote eurosceptique. Au final, on peut voir que la remontée des rendements périphériques fut temporaire pour l Italie et l Espagne. L Espagne a d ailleurs profité du contexte de marché positif pour émettre sa première obligation indexée sur l inflation. En ce qui concerne le Portugal, son rendement semble bloqué par un plancher vers les 3,50% à 10 ans. Les nouvelles sur le pays restent cependant bonnes. Moody s a décidé d augmenter la note du pays de Ba3 à Ba2 sur base de l amélioration des fondamentaux et de sa décision de ne plus demander d aide européenne. 9
COVERED BONDS Sur le marché secondaire, dans le sillage de l élargissement des spreads des obligations d Etat périphériques, les spreads des covered espagnoles et italiennes ont légèrement augmenté. A contrario, on peut observer une très bonne performance des covered irlandaises et portugaises. Ces dernières profitant d un rehaussement de notations par Moody s et d une amélioration de l économie. Par ailleurs, le mois de mai a été pauvre en terme d émissions sur le marché primaire. Seuls les émetteurs de pays «core» (Allemagne, Auriche, Suède et France) ont été actifs. 10
OBLIGATIONS D ENTREPRISES La prime de risque a continué à se réduire légèrement alors que les taux ont eux fortement baissés. En conséquence, les rendements absolus des obligations d entreprise ont également fortement diminué et ont atteint des niveaux historiquement bas! Les spreads de crédit reflètent la confiance des investisseurs et un appétit prononcé pour le risque. Cela se traduit également par un intérêt pour l univers du «High Yield 1» et des dettes subordonnées 2. Les dettes des pays émergents commencent de nouveau à être considérées comme intéressantes. Sur le thème de la séniorité des dettes (senior ou subordonnées), on retiendra un point important, à savoir, un accord politique sur la proposition de directive sur le redressement et la résolution des défaillances bancaires. Celle-ci prévoit que les dettes seniors doivent également absorber des pertes en cas de problème, et ce dès 2016. 1 Emetteur de qualité faible dont le rating est inférieur à BBB- 2 Dette dont le remboursement intervient après les dettes dites Senior 11
ACTIONS Indices Les marchés actions ont continué leur ascension, certes à un rythme plus lent : +1.44% sur l Eurostoxx50 et +0.82% sur le S&P; portés par des anticipations de mesures d intervention de la Banque Centrale Européenne. Les indices espagnol (Ibex) et allemand (Dax) ont particulièrement bien performé (respectivement +3.25% et +3.54%). Au vu de la forte progression de l indice italien depuis le début de l année (FTSE MIB:+14%), certains investisseurs ont préféré prendre leur profit. Le MIB abandonne -0.71% sur le mois. Les résultats des sociétés sont sortis globalement conformes aux attentes; meilleurs aux US qu en Europe et impactés par les effets de change. Depuis janvier, nous assistons toujours à une légère surperformance de l Europe sur les Etats-Unis (+4.36% contre +4.07%) 12
Secteurs L environnement persistant de taux bas profite aux secteurs dits «à haut dividende» comme les services aux collectivités (+4.22%), l immobilier (+4.86%). A l inverse, cet environnement commence à peser sur certaines sociétés d assurance qui ont une part importante de produits Vie (-1.11%). Le faible niveau d inflation pèse sur le secteur de la distribution (-0.85%) Le secteur des Loisirs est en forte hausse de +5%. 13
TAUX DE CHANGE ET MATIÈRES PREMIÈRES Or L or chute de -3.23% à 1249,73 $ l once. Pétrole Le brent a progressé de 1,85% et clôture à 110,66 $.. Eurodol L eurodol perd -1.62% sur le mois et termine à 1,3641 14
ANNEXES Taux d intérêt 15
Actions, matières premières et forex 16
DIRECTION FINANCES front-office.finances@ethias.be Editeur responsable : Sébastien Gilis, rue des Croisiers 24 à 4000 LIÈGE Mise en page : infographie@ethias.be INFORMATIONS JURIDIQUES Cette publication revêt un caractère informatif. Elle est basée sur notre propre analyse des marchés financiers, de même que sur des renseignements reçus de tiers jugés suffisamment fiables. Toutefois, Ethias ne donne aucune garantie quant à l exhaustivité, l exactitude, la pertinence et l actualité des informations publiées. Ethias n assume dès lors aucune responsabilité quant à ces données. Le but de cette publication est de vous informer de la situation qui prévaut sur les marchés financiers. Elle ne constitue en aucun cas un conseil professionnel ni une invitation ou une offre d Ethias à investir ou désinvestir dans certains marchés ou instruments financiers. Ethias n assume aucune responsabilité pour les dommages éventuels encourus en raison d une décision basée sur les informations publiées.