Cannabis et santé respiratoire



Documents pareils
Emissions des moteurs diesel : Nouveau classement par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC)

dmt Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et travail Introduction État des connaissances Paris, 21 décembre 2007 notes de congrès

Patho Med Cours 5. Maladie Pulmonaires Obstructives BPCO Asthme

Cancer bronchique primitif: données épidémiologiques récentes

Un environnement sans fumée pour vos enfants. Comment y parvenir?

Dr Bertrand Michy Département de Pneumologie CHU de Nancy 25 octobre 2013

Evaluation péri-opératoire de la tolérance à l effort chez le patient cancéreux. Anne FREYNET Masseur-kinésithérapeute CHU Bordeaux

Guide du parcours de soins Titre GUIDE DU PARCOURS DE SOINS. Bronchopneumopathie chronique obstructive

recommandations pour les médecins de famille

La Broncho-Pneumopathie chronique obstructive (BPCO)

Nouveautés dans Asthme & MPOC

Les fiches repères d INTEGRANS sont réalisées par ARIS Franche-Comté dans le cadre du programme INTEGRANS. Plus d infos sur

La toux chronique de l adulte, démarche diagnostique

Tout sur la toux! La toux est une des principales causes de. La classification de la toux. Les caractéristiques de la toux selon son étiologie

Des désensibilisations inhabituelles : le chat, Alternaria. Michel Miguéres AART, janvier 2011

Pierre OLIVIER - Médecine Nucléaire

La ventilation non invasive aux soins intensifs

PROGRAMME D ACTIONS SUR LES PARCOURS DE

Innovations thérapeutiques en transplantation

Épidémiologie des maladies interstitielles diffuses

Validation clinique des marqueurs prédictifs le point de vue du méthodologiste. Michel Cucherat UMR CNRS Lyon

Programme d actions en faveur de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) «Connaître, prévenir et mieux prendre en charge la BPCO»

Tom Smiley, B.Sc. Phm., Pharm. D.

La cigarette électronique permet-elle de sortir la société du tabac?

Groupe 1 somnovni 12/12/14

Les grands syndromes. Endoscopie trachéo-bronchique. Professeur D. ANTHOINE CHU de NANCY

BPCO * La maladie respiratoire qui tue à petit feu. En France, 3,5 millions de personnes touchées dont 2/3 l ignorent morts chaque année...

DOSSIER - AEROSOLTHERAPIE PAR NEBULISATION

INTERFERON Traitement adjuvant du mélanome à haut risque de récidive. Dr Ingrid KUPFER-BESSAGUET Dermatologue CH de quimper


Trajectoire de la clientèle MPOC Trois-Rivières métro. Dr François Corbeil Pneumologue CSSSTR-CHAUR-CHR

Ce n de «La Revue de Respir» est publié en partenariat avec HOLYVAC

Impact de la publicité sur les professionnels

Service des Maladies Respiratoires Hôpital Ibn Rochd CHU Ibn Rochd Casablanca

Monitoring du SDRA Simple ou compliqué? Jean-Christophe M Richard, MD PhD

Association lymphome malin-traitement par Interféron-α- sarcoïdose

Suivi post-professionnel après exposition à l amiante

Effets respiratoires des fumées de soudage chez l Homme

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 4 novembre 2009

Cancer et dyspnée: comment peut-on soulager? Dr Lise Tremblay 10 mai 2010

RECOMMANDATIONS SUR LA MPOC MISE À JOUR DE 2007

Fonctions non ventilatoires

Surveillance de l asthme en milieu professionnel par un réseau de médecins du travail volontaires Rapport final de l étude de faisabilité

Prise en charge de l embolie pulmonaire

EXPLORATIONS FONCTIONNELLES RESPIRATOIRES ET EVALUATION DE L ENCOMBREMENT

Lundis de la Santé - Brest 12 Décembre Tabac et Grossesse M. COLLET

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

VACCINS ANTIPNEUMOCOCCIQUES

EVALUATION DES METHODES D AIDE A L ARRET DU TABAGISME

Diagnostic et Monitoring de la pathologie respiratoire du sommeil en Peut-on faire plus simple?

Actualités s cancérologiques : pneumologie

Hépatite C une maladie silencieuse..

«Les lombalgies chroniques communes à la consultation de rhumatologie du CHU de Fès»

Protégez-vous des risques liés aux fumées de soudage. Information prévention. Vous êtes soudeurs en atelier de Métallerie Serrurerie?

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

APRES VOTRE CHIRURGIE THORACIQUE OU VOTRE PNEUMOTHORAX

TRAITEMENT DE LA MPOC. Présenté par : Gilles Côté, M.D.

Chapitre 2 : Respiration, santé et environnement.

Infiltrats pulmonaires chez l immunodéprimé. Stanislas FAGUER DESC Réanimation médicale septembre 2009

Essais cliniques de phase 0 : état de la littérature

Le donneur en vue d une transplantation pulmonaire

Devenir des soignants non-répondeurs à la vaccination anti-vhb. Dominique Abiteboul - GERES Jean-François Gehanno Michel Branger

GUIDE INFO-ASTHME.

Radiologie Interven/onnelle sur les nodules pulmonaires. J. Palussière, X. Buy Département imagerie

Information professionnelle du Compendium Suisse des Médicaments. Aridol TRIMEDAL

Intérêt diagnostic du dosage de la CRP et de la leucocyte-estérase dans le liquide articulaire d une prothèse de genou infectée

Interactivité et grands groupes : une place pour le vote électronique?

Cas clinique Enquête autour d un cas IDR vs IGRA Pr Emmanuel Bergot

Épreuve d effort chez l asthmatique. Pour qui? Pour quoi? Exercise test for asthmatic children. For whom? What indications?

RECOMMANDATION FINALE DU CCEM

ARTICLE IN PRESS. G. Cadelis a,, S. Kaddah a, B. Bhakkan b, M. Quellery b, J. Deloumeaux b ARTICLE ORIGINAL

A. ANDRO 1, C. MESTON 2, N. MORVAN 3

Rapport sur les nouveaux médicaments brevetés Iressa

ALK et cancers broncho-pulmonaires. Laurence Bigay-Gamé Unité d oncologie thoracique Hôpital Larrey, Toulouse

Liste des maladies professionnelles de l OIT. (révisée en 2010)

La réadaptation professionnelle des travailleurs lombalgiques : Présentation d'un modèle canadien

Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS)

Cas clinique 2. Florence JOLY, Caen François IBORRA, Montpellier

Recommandations professionnelles Emphysème par déficit en alpha-1 antitrypsine

DYSKINESIE CILIAIRE PRIMITIVE BROCHURE D INFORMATION DESTINEE AUX PATIENTS ET LEUR FAMILLE QU EST-CE QUE LA DYSKINESIE CILIAIRE PRIMITIVE?

Souffle N 65. LES ACTUALITéS DU CNMR. Fibrose pulmonaire idiopathique, la recherche doit continuer

RECOMMANDATIONS AU SUJET DES SOINS PRIMAIRES DE LA MPOC MISE À JOUR DE 2008

Smoke Without Fire. De la réduction des risques à l amélioration des chances Anne-Cécile RAHIS, Jérôme GILLIARD

Le sevrage de la trachéotomie

Asthme de l enfant de moins de 36 mois RECOMMANDATIONS PROFESSIONNELLES

I - CLASSIFICATION DU DIABETE SUCRE

Vaccination contre la grippe saisonnière

Laurence LEGOUT, Michel VALETTE, Henri MIGAUD, Luc DUBREUIL, Yazdan YAZDANPANAH et Eric SENNEVILLE

Société canadienne de thoracologie. Recommandations au sujet de la prise en charge de la maladie pulmonaire obstructive chronique Mise à jour de 2008

K I N é S I T H é R A P I E & D B C

F.Benabadji Alger

Peut-on ne pas reprendre des marges «insuffisantes» en cas de Carcinome canalaire infiltrant

Le cannabis en question(s)

L addictologue et la cigarette électronique

Mieux vivre avec votre asthme

Unité d enseignement 4 : Perception/système nerveux/revêtement cutané

Tout le monde est potentiellement

Vyntus SPIRO. Piloté par SentrySuite

Le traitement de la BPCO vers un accommodement raisonnable entre bienfaits et risques

Transcription:

Cannabis et santé respiratoire Michel Underner Unité de Tabacologie - Service de Pneumologie CHU de Poitiers m.underner@chu-poitiers.fr IRAAT Lyon 15 octobre 2015

Déclaration des liens d intérêts Astra Zeneca Novartis Novartis Santé Familiale Pfizer Pierre Fabre Santé

I. Cannabis et tabac Similitudes et différences

Composition de la fumée (cannabis vs. tabac) Diamètre moyen des particules de la fumée : identique (environ 0,5 µm) Phase gazeuse : mêmes substances toxiques Phase particulaire : Nicotine (tabac) Cannabinoïdes [THC] (cannabis) Fumée de cannabis : contient plus d hydrocarbures aromatiques polycycliques (carcinogènes) [50 à 70 % de plus] Hiller FC. Fundam Appl Toxicol 1984 ; 4 : 451-4. Novotny M. Experientia 1976 ; 32 : 280-2.

Joints Technique de consommation (Différences cannabis vs. tabac) Absence de filtre et mégots plus courts => fumée plus chaude et plus irritante Volume des bouffées Inhalation plus rapide Durée de rétention pulmonaire (apnée de fin d inhalation 4 fois plus longue / cigarettes de tabac) Parfois : manœuvre de Valsalva [expiration contre résistance] ou de Müller [inspiration profonde avec résistance au passage de l air] pour augmenter l absorption des cannabinoïdes Bang (bong, «pipe à eau artisanale» ou «douille») : inhalation (en une seule inspiration) d une quantité importante de fumée de cannabis (après passage dans l eau) Wu TC. N Engl J Med 1988 ; 318 : 347-51. Lucque MA 3rd. Pediatr Emerg Care 1987 ; 3 : 107-9 Gill A. J R Soc Med 2006 ; 99 : 169-70.

Technique de consommation différente Conséquences [1] Biodisponibilité du THC varie de 18 à 50% selon la technique de consommation Turbulences dans les voies aériennes (VA) => Impaction des constituants de la phase particulaire au niveau des grosses VA Temps de contact de la fumée avec la muqueuse bronchique Wu TC. N Engl J Med 1988 ; 318 : 347-51. Zacny JP. Psychopharmacology (Berl) 1991 ; 103 : 223-6.

Technique de consommation différente Conséquences [2] CO expiré et HbCO sérique Taux de rétention pulmonaire des goudrons (x 4 à 5 / tabac) Un «joint» équivaudrait à 2,5 à 3 cigarettes de tabac en termes de conséquences sur la santé pulmonaire Zacny JP. Psychopharmacology (Berl) 1991 ; 103 : 223-6. Wu TC. N Engl J Med 1988 ; 318 : 347-51. Tashkin DP. Pharmacol Biochem Behav 1991 ; 40 : 651-6. Aldington S. Thorax 2007 ; 62 : 1058-63.

Consommation mixte : tabac et cannabis Le mélange fréquent de tabac et de cannabis complique l interprétation du rôle respectif de chaque produit Les études réalisées en Nouvelle-Zélande [Aldington / Hancox] sont intéressantes car dans ce pays, le cannabis est souvent utilisé sans tabac Aldington S. Thorax 2007 ; 62 : 1058-63. Aldington S. Eur Respir J 2008 ; 31 : 280-6. Hancox RJ. Eur Respir J 2010 ; 35 : 42-7.

II. Cannabis et pathologies respiratoires non cancéreuses 1. Complications respiratoires aiguës

Barotraumatismes [1] «Joints» Bulles d emphysème, pneumothorax, pneumomédiastin, pneumorachie (++ si manœuvre de Valsalva ou de Müller) Complications infectieuses (Aspergillus) [2] Aspergillose broncho-pulmonaire allergique (ABPA) Aspergillose invasive (patients immunodéprimés) Cannabis frelaté Pneumopathies interstitielles aiguës +/- SDRA (présence de microbilles de verre, de sable ou de silice) [3] Hémorragie alvéolaire (paraquat) [4] (1) Miller WE. Chest 1972. - (1) Lucque MA 3rd. Pediatr Emerg Care 1987 (1) Hazouard E. Ann Emerg Med 2001 - (2) Mayaud C. Rev Pneumol Clin 2001. (3) Godard P. Lettre du Pneumologue 2008. - (4) Delourme J. Rev Mal Respir 2009.

«Bang» Bulles d emphysème, pneumothorax (bong lung) [1, 2] Un cas d hémorragie alvéolaire fatale [3] Bang Mécanisme probable : toxicité pulmonaire des anhydrides d acides dégagés lors de la combustion incomplète du bang en matière plastique Pneumothorax (1) Gill A. Am J Surg Pathol 2005 ; 29 : 980-2. (2) Gao Z. J Med Case Rep 2010 ; 4 : 371. (3) Grassin F. Rev Mal Respir 2011 ; 28 : 919-23. (Brest)

II. Cannabis et pathologies respiratoires non cancéreuses 2. Conséquences cliniques subaiguës et chroniques

Signes fonctionnels respiratoires et pathologies bronchiques Signes fonctionnels respiratoires Prévalence Toux chronique Expectoration chronique Sifflements thoraciques Dyspnée à l exercice Réveils nocturnes Pathologies bronchiques Episodes de bronchites aiguës Asthme Bloom JW. BMJ 1987 (USA) Sherrill DL. IJE 1991 (USA) Moore BA. JGIM 2005 (USA) Aldington S. Thorax 2007 (NZ) Taylor DR. Addiction 2000 (NZ) Tashkin DP. COPD 2012 (USA) Aldington S. Thorax 2007 (NZ)

Asthme L usage de cannabis est plus fréquent chez les adolescents asthmatiques (vs. non asthmatiques) Etudiants (16-17 ans) Asthme déclaré N = 13 222 Utilisation déclarée de cannabis Non Oui (16,1%) % (IC95%) Vie entière 41 47,2 1,3 (1,1-1,6) Actuelle 22,4 26,5 1,3 (1,1-1,6) Avant l âge de 13 ans 9,4 12,3 1,4 (1,2-1,7) National Youth Risk Behavior Survey (YRBS) du CDC Jones SE. et al. J Adolesc Health 2006 ; 39 : 291-4. (USA)

BPCO Etudes discordantes Prévalence de la BPCO Augmentation Pas d augmentation Etudes Moore BA. J Gen Intern Med 2005 (USA) Tan WC. CMAJ 2009 (Canada) Difficultés d interprétation des études (consommation mixte tabac + cannabis)

Difficultés d interprétation Etude canadienne de Tan Critères diagnostiques de la BPCO Symptômes déclarés par les patients EFR (VEMS/CVF < 0,70) Statut tabagique N OR ajusté (IC95%) Jamais fumeurs 364 1 (réf.) 1 (réf.) Tabac seul (a) 286 1,50 (1,05-2,14) 2,74 (1,66-4,52) Tabac et Marijuana 160 2,39 (1,58-3,62) 2,90 (1,53-5,51) Marijuana seule (b) 54 0,62 (0,31-1,27) 1,66 (0,52-5,26) (a) Au moins 365 cig. de tabac (vie entière) (b) Au moins 50 cig. de marijuana (vie entière) Tan WC. CMAJ 2009 ; 180 : 814-20.

II. Cannabis et pathologies respiratoires non cancéreuses 3. Conséquences sur les EFR

EFR : effet aigu = bronchodilatation 1) Asthme stable avec EFR normales * 1 er temps : induction d une bronchoconstriction [BC] (métacholine ou exercice) 2 ème temps : inhalation de fumée d un joint ou d isoprotérénol => correction immédiate de la BC (augmentation de la conductance spécifique des voies aériennes [sgaw]) 2) Asthme stable avec syndrome obstructif réversible ** L inhalation de THC ou de salbutamol => amélioration du VEMS et du DEP à la 5 ème et 15 ème mn (vs. placebo), sans différence significative 1 heure après * Tashkin DP. Am Rev Respir Dis 1975 ; 112 : 377-86. ** Williams SJ. Thorax 1976 ; 31 : 720-3.

EFR : effets subaigus Fumeurs réguliers de «joints» sans antécédents respiratoires Consommation ad libitum des joints pendant 50 à 60 jours VEMS, DEM 25-75, conductance des VA (sgaw) à la fin de l étude Corrélation entre la diminution de la conductance des VA et la consommation de cannabis (r = 0,64 ; p < 0,01) Tashkin DP. N Engl J Med 1976 ; 294 : 125-9.

EFR : effets chroniques I - Résultats discordants des études [voir bibliographie] VEMS, VEMS/CVF [reflète plus les VA proximales] Courbe débit-volume : DEM 50, DEM 75, DEM 25-75 [VA distales?] Pas de diminution (5 études) Diminution (3 études) Pas de diminution (3 études) Diminution (3 études) Pas de diminution (5 études) Transfert du CO (TLCO) Diminution (2 études) II- Résultats concordants des études [voir bibliographie] Diminution de la conductance spécifique [sgaw] des VA [reflet de l ensemble des VA] Distension (augmentation des volumes pulmonaires : CPT, CRF, VR) Absence d hyperréactivité bronchique (HRB) Underner M, Urban T, Perriot J, Peiffer G, Meurice J-C. Rev Mal Respir 2013 ; 30 : 272-85.

II. Cannabis et pathologies respiratoires non cancéreuses 4. Physiopathologie

Etudes histologiques et cytologiques Résultats Etudes histologiques Hyperplasie des cellules basales et caliciformes Métaplasie malpighienne Etudes Gong H Jr. ARRD 1987 (USA) Micro-vascularisation, œdème et infiltration de la muqueuse Etudes sur les macrophages alvéolaires Activité fongicide pour C. albicans Roth MD. AJRCCM 1998 (USA) Sherman MP. ARRD 1991 (USA) Activité bactéricide pour S. aureus Roth MD. J Neuroimmunol 2004 (USA)

III - Cannabis et cancer bronchique

Discordance des études épidémiologiques OR ajusté (IC95%) 3 études positives Etudes 8,2 (1,3-15,2) Hsairi M. Tunis Med 1993 (Tunisie) 4,1 (1,9-9,0) Voirin N. J Thorac Oncol 2006 (Tunisie) 2,4 (1,5-3,7) 1,93 (0,57-6,58) Berthiller J. J Thorac Oncol 2008 (Maroc, Tunisie, Algérie) 3 études négatives Sasco AJ. Cancer Causes Control 2002 (Maroc) 0,9 (0,5-1,7) Sidney S. Cancer Causes Control 1997 (USA) 0,82 (0,38-1,70) [30-50 JA] Hashibe M. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 0,62 (0,32-1,20) [ 60 JA] 2006 (USA) JA : joint-année (1 JA = 1 joint / jour pendant 1 an)

Etudes épidémiologiques Effets de la dose et de la durée Etudes Nb de JA ou Durée OR ajusté (IC95%) Aldington S. Eur Respir J 2008 (Nouvelle-Zélande) Han B. Ann Epidemiol 2010 (USA) < 1,39 JA 0,3 (0,1-1,7) 1,39-10,5 JA 0,9 (0,3-2,9 > 10,5 JA 5,7 (1,5-21,6) 1 an 2,68 (0,53-13,47) 2-10 ans 2,12 (0,41-10,95) 11 ans 7,87 (1,28-48,4) JA : joint-année (1 JA = 1 joint / jour pendant 1 an)

Physiopathologie [1] Etudes in vitro chez l homme Cellules humaines en culture Type d exposition Résultats Cellules pulmonaires + fumée de cannabis ou THC Leuchtenberger C. Cytometry 1984 Augmentation des anomalies mitotiques Cellules pulmonaires tumorales + THC Hart S. Cancer Res 2004 Accélération de la prolifération cellulaire tumorale dépendante de l EGFR* et des métalloprotéases * EGFR : Epidermal Growth Factor Receptor

Physiopathologie [2] Biopsies bronchiques chez l homme Etudes Barsky SH. J Natl Cancer Inst 1998 Roth MD. AJRCCM 1998 Résultats - Histologie : augmentation de la métaplasie malpighienne, du nombre de mitoses, du rapport nucléo-cytoplasmique, de la désorganisation et des variations cellulaires - Immunohistochimie : augmentation de l expression des marqueurs de prolifération cellulaire [EGFR et Ki-67] Mêmes anomalies chez les FT, FC et FT + C : hyperplasie des cellules caliciformes, œdème de la muqueuse, hypervascularisation FT : fumeurs de tabac ; FC : fumeurs de cannabis ; FT+C : fumeurs de tabac + cannabis

Conclusion [1] Pathologies non cancéreuses Le mélange tabac + cannabis complique l interprétation des études Un joint = 2,5 à 3 cig. de tabac / santé respiratoire Cannabis (THC) = effet bronchodilatateur à court terme Usage de cannabis à moyen et long terme : Clinique : augmentation de la prévalence des SF respiratoires et des pathologies bronchiques (notamment de l asthme) EFR : Volumes pulmonaires (notamment la CPT) et des RVA (diminution de la conductance spécifique) Résultats discordants pour : VEMS, VEMS/CVF, DEM 25-75

Conclusion [2] Cancer bronchique La fumée de cannabis a des effets carcinogènes in vitro et in vivo En revanche, les résultats des études épidémiologiques sont discordants Further research is needed!

Remerciements : Jean Perriot (Clermont-Ferrand) Gérard Peiffer (Metz) Thierry Urban (Angers) Pour en savoir plus : Underner M, Urban T, Perriot J, Peiffer G, Meurice J-C. Rev Mal Respir 2013 ; 30 : 272-85. Underner M, Urban T, Perriot J, de Chazeron I, Meurice J-C. Rev Mal Respir 2014 ; 31 : 488-98.

Diapositives de BACK UP

EFR : Etude chez 449 fumeurs exclusifs de cannabis Hancox RJ. Eur Respir J 2010 ; 35 : 42-7. (Nouvelle-Zélande) Usage exclusif de cannabis et fonction respiratoire à l âge de 32 ans Paramètre Coefficient IC95% p VEMS 1,5-16,0 à 19,0 0,867 CVF 17,5-2,5 à 37,4 0,087 VEMS / CVF - 0,19-0,42 à 0,04 0,100 CPT 33,5 9,9 à 57,1 0,006 CRF 8,1-13,1 à 29,4 0,452 VR 12,0-0,3 à 24,4 0,057 Raw 0,029 0,001 à 0,057 0,042 sgaw - 6,7-11,8 à 1,7 0,010 TLCO 0,032-0,114 à 0,178 0,662 TLC0 / VA - 0,019-0,042 à 0,004 0,106

EFR : profil différent cannabis versus tabac? Hancox RJ. Eur Respir J 2010 ; 35 : 42-7. (Nouvelle-Zélande) Cohorte de 1 037 sujets en population générale Age = 32 ans (hommes : 52%) Après ajustement sur la consommation de l autre substance ou chez des fumeurs exclusifs Cannabis Tabac Volumes pulmonaires Distension Distension VEMS, VEMS / CVF Pas ou peu de diminution Diminution (TVO) Résistance des VA (Raw) Augmentation Pas ou peu d augmentation Transfert du CO (TLCO) Pas ou peu de diminution Diminution

EFR : effets chroniques Bibliographie [1] Spirométrie (débits expiratoires : VEMS et VEMS/CVF) Diminution Pas de diminution Bloom JW. BMJ 1987 (USA) Sherrill DL. IJE 1991 (USA) Taylor DR. Addiction 2002 (NZ) Sherman MP. PBB 1991 (USA) Moore BA. JGIM 2005 (USA) Tashkin DP. Chest 1980 (USA) Aldington S. Thorax 2007 (NZ) Hancox RJ. ERJ 2010 (NZ)

EFR : effets chroniques Bibliographie [2] Courbe débit-volume : DEM 50, DEM 75 et DEM 25-75 Diminution Pas de diminution Sherrill DL. IJE 1991 (USA) Bloom JW. BMJ 1987 (USA) Tashkin DP. NEJM 1976 (USA) Bloom JW. BMJ 1987 (USA) Tashkin DP. Chest 1980 (USA) Aldington S. Thorax 2007 (NZ) [DEM 25-75]

EFR : effets chroniques Bibliographie [3] Transfert du CO (TLCO) Diminution Tilles DS. Am J Med 1986 (USA) Tashkin DP. ARRD 1987 (USA) Tilles DS. Am J Med 1986 (USA) Pas de diminution Tashkin DP. ARRD 1987 (USA) Sherman MP. Pharmacol Biochem Behav 1991 (USA) Aldington S. Thorax 2007 (NZ) Hancox RJ. ERJ 2010 (NZ)

EFR : effets chroniques Bibliographie [4] Conductance spécifique [sgaw] et résistance des VA [Raw] sgaw (donc augmentation de Raw) Tashkin DP. Chest 1980 (USA) Aldington S. Thorax 2007 (NZ) Hancox RJ. ERJ 2010 (NZ) Volumes pulmonaires : CPT, CRF et VR Distension Hancox RJ. ERJ 2010 (NZ)

EFR : effets chroniques Bibliographie [5] Hyperréactivité bronchique (HRB) Pas de différence significative (vs. jamais consommateurs) HRB à l histamine Hernandez MJ. JACI 1981 (USA) HRB à la métacholine Tashkin DP. ARRD 1993 (USA)

Exploration des voies aériennes distales (VAD) Garcia G, Perez T, Verbanck S. Rev Mal Respir 2012 ; 29 : 319-27. Spirométrie (VEMS et VEMS/CVF) : détecte un trouble ventilatoire obstructif (TVO), défini par une diminution du VEMS/CVF < 70 % VEMS et VEMS/CVF : pas un bon reflet des anomalies spécifiques des VAD Classiquement, les VAD ne génèrent que 10 % de la résistance pulmonaire totale à l écoulement des gaz Mais ce % a été revu à la hausse (50 %) [Yanai M. J Appl Physiol 1992 ; 72 : 1016-23.]

Exploration des voies aériennes distales (VAD) Garcia G, Perez T, Verbanck S. Rev Mal Respir 2012 ; 29 : 319-27. La pléthysmographie mesure la résistance (Raw) et la conductance des VA (Gaw) Gaw = 1 / Raw Conductance spécifique (sgaw ) = Gaw / Volume Pulmonaire (t) Il existe un lien entre la diminution de la conductance spécifique (sgaw ) et l obstruction des VAD sgaw est altérée précocement chez les fumeurs [Stanescu D. et al. Bull Eur Physiopathol Respir 1978 ; 14 : 383-99.]

Exploration des voies aériennes distales (VAD) Garcia G, Perez T, Verbanck S. Rev Mal Respir 2012 ; 29 : 319-27. L évaluation spécifique des VAD par les EFR nécessite des techniques non invasives mais peu disponibles en pratique quotidienne Mesure des résistances par oscillations forcées et oscillométrie d impulsion Rinçage de l azote en cycle unique (single breath washout) ou en cycles multiples (multiple breath washout = MBW)