Évaluation du dispositif de formation et d accompagnement des intervenants de l aide alimentaire



Documents pareils
repères pour agir et mettre en place un projet de consolidation des compétences de Base des Apprentis

Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt Les actions du PNA concernant l'alimentation des plus démunis 20 novembre 2012

3 ème année. Cet appel à proposition s inscrit dans la continuité du travail engagé en année 1 et 2.

Comité national d évaluation du rsa Annexes

Le Programme National pour l Alimentation en Limousin Comité Régional de l ALIMentation du 09/12/2011

PROJET DE FUSION. Introduction : Une volonté de rapprochement

La politique marseillaise en faveur des Seniors

Actions prévues pour l année à venir & synthèse des actions menées durant l'année écoulée

Fiche-action n 5.1 Accompagner les chefs d entreprise dans la définition de leur stratégie d export

La démarche de projet en éducation et promotion de la santé : Comment passer d une idée à sa mise en action?

Présentation du Programme PHARE

Etude sur le portage de repas à domicile

Introduction NOTE D ETONNEMENT CONSEIL DES TEMOINS FABRIQUE CITOYENNE JANVIER 2015

ÉDUCATION Côtes d Armor. Collèges publics. Charte de la restauration collective DIRECTION JEUNESSE PATRIMOINE IMMOBILIER

10 ENGAGEMENTS, 30 PROPOSITIONS DE LA MAJORITÉ DÉPARTEMENTALE «Avec vous, une Saône et Loire innovante et attractive»

POUR LE DÉVELOPPEMENT DU TERRITOIRE D EST ENSEMBLE

Avant de commencer, merci de renseigner les données suivantes :

Programme d Appui au Développement du Secteur Privé (PADSP) du Cameroun. Le 5 novembre 2013

Organiser une permanence d accès aux soins de santé PASS

RENCONTRES REGIONALES POUR L AVENIR DU BOIS EN BRETAGNE. Thématique : Projets d entreprise et accès aux financements

Projet Fish & Catering Sector (Mise à jour du 13/10/08)

COMPTES-RENDUS DES ATELIERS THÉMATIQUES AGENDA 21 COMMUNAUTÉ DE COMMUNES PAYS AUBENAS VALS JUIN PHASE DE DIAGNOSTIC

Ingénieur en prévention des risques

Evaluation du dispositif de Volontariat de Solidarité Internationale. Résumé MAEE

Des consultants forment des consultants Comment créer ma boite de consultant

DEMANDE DE SOUTIEN - RAVIV. Fonds de Soutien à l Initiative et à la Recherche

Fonction 2 : Conseil et relation annonceur

Céline Nicolas Cantagrel CPC EPS Grande Section /CP Gérer et faciliter la continuité des apprentissages

LA RÉPARTITION DES PROFESSIONNELS DU RACHAT DE CRÉDIT EN FRANCE

Au profit des apprentis du bâtiment et des travaux publics

LA RÉPARTITION DES SERRURIERS EN FRANCE

SOMMAIRE I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION... 3 II. OBJET... 3 III. RESULTATS ATTENDUS... 4 IV. ACTIVITES A REALISER... 4 V. CONDITIONS DE SERVICE...

RÉSEAU INSTITUTIONNEL DE FORMATION. INC - 27 janvier 2014

- Document d analyse - MARS 2012 OBSERVATOIRE DES SERVICES À LA PERSONNE DES CHIFFRES-CLÉS SUR L EMPLOI ET LA FORMATION

Services professionnels et services gérés

Mutualisation des compétences

«TRANSMÉA», UN FONDS UNIQUE DE CAPITAL INVESTISSEMENT DÉDIÉ AUX RES ORGANISÉS EN SCOP

Des consultants forment des consultants Comment créer ma boite de consultant

Recruter et intégrer des seniors

en quelques mots 1

DE BIENVENUE GUIDE. Banques Alimentaires. Ensemble, aidons l homme à se restaurer BANQUE ALIMENTAIRE EURE ET LOIR

Mobilité des demandeurs d emploi en région du Centre. Projet : «Promotion de la mobilité en région du Centre»

1. ANTÉCÉDENTS ET JUSTIFICATION

9 Référentiel de missions de l agence du service civique

Appel à projets 5,2. Se déplacer Se nourrir Se loger Le reste

COMMISSION DE DIALOGUE SOCIAL DE LA POSTE MUTUALISATION DE L ACCÈS AUX SERVICES DANS BUREAUX DE POSTE EN ZONE RURALE ET DE MONTAGNE

Sécurisation de l hébergement et de la maintenance du plateau collaboratif d échange (PCE) du plan Loire III

Stratégie locale en faveur du commerce, de l artisanat & des services

Appel à propositions

Mettre en place de plateformes inter-opérables mutualisées d informations et de services.

Rhône-Alpes

CAHIER DES CHARGES DE LA FORMATION OUVERTURE D ACTION. Certificat de Qualification Professionnelle des Services de l Automobile

Chantier-Formation PARTENARIAT ENTRE UNE ENTREPRISE PRIVÉE ET 2 STRUCTURES D INSERTION POUR LA RÉPONSE À UNE CLAUSE ART.14 DANS UN MARCHÉ PUBLIC

Les solutions pour amorcer et héberger son entreprise

Séminaire éducation Focus Rythmes scolaires Compte-rendu 11 mars 2014

APPEL A LA RECONNAISSANCE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL EN BRETAGNE

CONTRIBUTION DU CH-FO Le dialogue social et la gestion des ressources humaines

Stratégie Régionale. envers les Jeunes. l Artisanat

Décrets, arrêtés, circulaires

MONITEUR-EDUCATEUR ANNEXE I : REFERENTIEL PROFESSIONNEL. Le moniteur-éducateur intervient dans des contextes différents :

Mécénat intergénérationnel : l Ircantec lance son appel à projets pour l année 2014

Plan d orientations stratégiques

Uniterres. Rapprocher l aide alimentaire et les producteurs locaux

INTRODUCTION... 2 CALENDRIER... 3 TRAVAUX DE L ANNEE BUDGET REALISE ANNEXES... 10

PRÉSENTATION DE L OPERATION DE CREATION D UN SENTIER NUMERIQUE EN SITE CLASSE «CAP NATURE AU DRAMONT»

Accompagnement renforcé du public PLIE Cadre de référence de Plaine Commune, Le PLIE

e-cap Sensibilisation, formation de formateurs, accompagnement des projets de e-formation Retour d expérience Agnès Colin de Verdière

Définir et consolider son projet associatif

Programme d Activités pour l Emploi des Jeunes dans la Province du Katanga (PAEJK)

AVIS DU CESER Séance plénière du 14 novembre 2014

Guide pour aider à l évaluation des actions de formation

Cahier des charges des maisons de santé pluri-professionnelles pouvant bénéficier d un soutien financier

Recommandation sur la commercialisation des comptes à terme

la pauvreté 33 ses lutte contre territorial. création.cette n ne doit pas d insertion. 1. UNE Accompagner la Participation travaux sont évidemment

N 13 S É N A T. 30 octobre 2014 PROJET DE LOI

I. Compte-rendu groupe 1 II. Compte-rendu groupe 2 III. Compte-rendu groupe 4

DEVENEZ FRANCHISÉ DARTY

ARS et Conseils généraux de Bretagne Prestations d études et d analyses de l organisation de la prise en charge des personnes avec TED dans les ESSMS

CRES Champagne-Ardenne 14, Avenue HOCHE REIMS Tél / cresca-galland@wanadoo.fr

MENTION ADMINISTRATION DES TERRITOIRES ET DES ENTREPRISES

Bibliothèque des Compétences clés

Programme d Investissements d Avenir

Sommaire. Recruter et intégrer des seniors

Les grandes fonctions du tuteur

Actions courtes de professionnalisation 2014

Réseau de Santé du Pays des Vals de Saintonge Pôle de santé du Canton d Aulnay de Saintonge MSP Aulnay et Néré PROJET D AULNAY PSP

TERANGA CAPITAL. Véhicule d investissement dédié aux TPE-PME du Sénégal. Présentation à l Atelier FIDA. 5 Décembre 2014.

Sommaire LVNEXTCENTURY...3 L'AGENCE DE L'EXCELLENCE AFRICAINE...4 VOTRE COMMANDE LVNEXTCENTURY...7 VOS QUESTIONS ET PRISES DE NOTES...

Guide Leader + 16 pages 12/07/05 11:20 Page 1. En Pays Portes de Gascogne l Europe est partenaire de vos projets LEADER +

Le règlement REACH. Transparence des entreprises au sujet de leur mise en conformité

Passer du pilote à l industrialisation des offres

ASSEMBLÉE DES COMMUNAUTÉS DE FRANCE

choucroute Dossier de presse d lsace La Choucroute d Alsace comme vous ne l avez jamais goûtée DU 17 AU 25 janvier 2015

ayant le potentiel de recréer rapidement une partie des emplois détruits ces dernières années.

Bac BEP CAP. Certification. Tertiaire. Sanitaire et social alidation. Parti. Parcours. Réussite VAE. Titre professionnel. Diplôme. Durée parco BEP CAP

Présentation du Programme PHARE. Direction générale de l offre de soins - DGOS

MENTION PSYCHOLOGIE OBJECTIF DE LA FORMATION. Les spécialités :

Ouverture de la journée des éditeurs de logiciels comptable et financier pour les organismes publics locaux. Vendredi 17 janvier 2014 (9h30-10h00)

ACCES A UN NOUVEAU MARCHE PORTEUR : LE MARCHE DES SENIORS - BIEN VIEILLIR ET BIEN-ETRE A DOMICILE

Transcription:

Évaluation du dispositif de formation et d accompagnement des intervenants de l aide alimentaire Synthèse du rapport d évaluation Juin 2013 1. Le dispositif déployé par l INPES Les études ABENA I et II menées en 2004-2005 et 2011-2012 auprès des bénéficiaires de l aide alimentaire ont mis en évidence l état nutritionnel critique de ces populations, qui apparait comme un des déterminants de la dégradation de leur état de santé. Face à ce constat, la DGCS a demandé à l INPES de mettre en œuvre un dispositif de formation et d accompagnement des intervenants de l aide alimentaire visant à améliorer leur connaissance en matière de nutrition et d accompagnement social, pour leur permettre de jouer un rôle de conseil auprès des bénéficiaires. Le dispositif, prévu pour être déployé dans l ensemble des départements métropolitains, vise également à encourager et outiller les structures d aide alimentaire pour la mise en place d actions de promotion de la santé autour de l alimentation. Le dispositif comporte ainsi une première phase d acquisition de connaissances (formation), et une seconde phase plus opérationnelle, de travail sur une action à mettre en œuvre (accompagnement). La formation et l accompagnement ont été assurés par des structures spécialisées en promotion et en éducation pour la santé, choisies par appel d offres pour chaque région (appelés ci-après prestataires). Hors phase expérimentale, le dispositif a ainsi été mis en œuvre dans 80 départements. Les collectivités d outre-mer n étaient pas inclues dans le dispositif. L INPES a appuyé les prestataires en mettant à disposition des outils - comme le Classeur Alimentation Atout Prix - en mutualisant les ressources (espace web collaboratif) ou encore en organisant des journées d échanges entre formateurs. 1

2. Méthodologie de l évaluation L évaluation visait à établir un bilan du dispositif et à identifier les effets qu il a pu avoir. Il s agissait aussi, à travers l analyse des points forts et des points faibles du dispositif INPES, de fournir des indications pour les autres institutions qui pourraient être amenées à proposer des formations ou un accompagnement du même type. L évaluation du dispositif s est appuyée sur des outils et des sources variées, articulant méthodes qualitatives et quantitatives. Les sources d informations ont ainsi été : Les bilans transmis à l INPES par les prestataires, comprenant des éléments chiffrés ainsi que des éléments qualitatifs sur le déroulement du dispositif ; Des entretiens téléphoniques menés auprès d un formateur dans chaque région participante ; Dans les territoires faisant l objet d une étude de cas, c'est-à-dire 12 départements de 5 régions (cf. tableau ci-dessous) : Des entretiens en face-à-face auprès des structures ayant participé au dispositif (formation et, le cas échéant, accompagnement) ; Des entretiens auprès des acteurs institutionnels (ARS et DRAAF) ; Une enquête en ligne auprès des participants aux formations, qui a recueilli 189 réponses (sur un total de 945 participants) ; Des séances d observations participantes de la formation et des ateliers collectifs dans 2 départements où le dispositif était encore en déploiement lors de l évaluation. Les régions et départements ayant fait l objet d études de cas Phase 1 Rhône-Alpes : Région et département Rhône, Savoie 2 Basse Normandie : Calvados, Manche 3 Île de France : Paris, Seine-Saint-Denis, Val d Oise 3 Bretagne : Côte d Armor, Ille-et-Vilaine 4 Centre : Eure-et-Loir, Cher, Loiret Particularité sociodémographiques Densité variable. Pauvreté faible. Région rurale Très dense. Pauvreté très variable selon les territoires Pauvreté faible Très faible densité. Faible pauvreté Particularité bilan Difficultés de mobilisation marquée, mais taux de perte faible entre la formation et l accompagnement Difficultés de mobilisation Forte mobilisation Forte mobilisation. Faible mobilisation. Peu d actions réalisées Les travaux d évaluation se sont déroulés de juillet 2012 à mai 2013 2

3. Chiffres-clefs 4. Résultats de l évaluation Un dispositif pertinent L aide alimentaire est l une des «porte d accès» aux publics en situation de précarité. S appuyer sur les intervenants de l aide alimentaire comme vecteurs d insertion et de prévention en matière nutritionnelle est une stratégie pertinente, pour trois raisons principales : l aide alimentaire représente, pour ceux qui en bénéficient, une source d approvisionnement importante ; ces structures, de par leur répartition et leur portage (CCAS, associations locales ), assurent un maillage d une grande partie du territoire ; elles jouent déjà un rôle d accompagnement (sur le plan administratif notamment) auprès des publics accueils. Si les grands réseaux d aide alimentaire proposent déjà des formations courtes sur la question de l accueil, et plus rarement sur le thème de l alimentation, la formation INPES apparait plus complète, notamment dans son contenu qui allie des thèmes sur la précarité, l alimentation, la relation intervenant-bénéficiaire et la méthodologie. Le dispositif se distingue également des formations existantes par la combinaison entre formation et accompagnement individuel autour d un projet concret. Des prestataires bien outillés pour la mise en œuvre du dispositif Le choix de l INPES de passer par des prestataires régionaux pour la mise en œuvre des formations a abouti à une sélection quasi exclusive du réseau des IREPS/CODES, acteurs bien outillés pour réaliser les formations, et ayant une bonne connaissance du tissu associatif local. Ce sont les antennes départementales qui ont conçu et mis en œuvre les programmes de formation, aidés dans ce travail par une animation régionale. Les prestataires ont eu 3

tendance à considérer que leurs ressources au niveau régional étaient suffisantes pour mener à bien le dispositif. Dès lors, outre les réunions d échanges organisées par l INPES au niveau national, ils ont été peu en demande d accompagnement et d animation supplémentaires. Des difficultés de mobilisation pour un dispositif jugé lourd En dépit de la gratuité de la formation, la mise en œuvre du dispositif s est heurtée à de fortes difficultés de recrutement. Les formations ont réuni au total 945 personnes par département, contre un potentiel de 1600 participants sur les 80 départements participants. Bien qu ils aient pu facilement identifier les structures d aide alimentaire, les prestataires ont eu des difficultés à mobiliser les intervenants pour un programme de formation jugé long et dense (3 jours), notamment si on le compare aux formations proposées par les réseaux associatifs (une journée en général). Les bénévoles en particulier, n intervenant souvent que quelques jours par semaine dans leur structure et faisant face à des contraintes Nombre total de participants personnelles et professionnelles, se sont aux différentes étapes 945 avérés particulièrement difficiles à mobiliser. Le dispositif a été marqué aussi par une participation moindre lors de l étape d accompagnement, certains participants ayant pu être réticents ou bien, pas encore en mesure de proposer une action à mettre en œuvre pendant cette deuxième étape. Des formations qui ont permis un apport de connaissances très significatif La formation a permis un apport de connaissances significatif pour les participants. Les thèmes choisis par l INPES étaient adaptés aux attentes et aux besoins des participants. Les prestataires ont mobilisé des méthodes pédagogiques interactives et ludiques (Photolangage, jeux de rôles, jeu du frigo ). Ces méthodes se sont avérées particulièrement adaptées pour discuter d aspects sensibles, notamment sur les représentations des participants quant au public bénéficiaire. L usage de ces méthodes a par ailleurs permis de faire découvrir aux participants des méthodes et stratégies de promotion de la santé mêlant connaissances et convivialité. La formation, par son contenu et en partie du fait de la mixité des profils des participants a suscité un retour et une réflexion sur les pratiques internes. La posture et le rapport au public sont les pratiques sur lesquelles la formation a suscité le plus de changement. FORMATION J'ai plus de connaissances et d'outils pour mener des actions autour de la santé et Je suis plus à l'aise pour concevoir, gérer ou évaluer des projets. N=175 Je comprends mieux les problématiques de la précarité. N=168 Je me sens plus à l'aise dans mon rapport avec le public de ma structure. N=160 Cependant, la diffusion et la 0% 20% 40% 60% 80% 100% pérennité des acquis de la Source: Enquête structures bénéficiaires, Planète Publique/EQR, 2013 formation a été limitée par plusieurs facteurs : le turnover et le financement précaire de certaines structures ; le fait que certains participants interviennent de manière isolée dans leurs structures, et l absence de formalisation de la restitution faite à leurs collègues. 5% 17% 23% 689 ATELIER COLLECTIF 1 Que vous a apporté la formation? Non, pas du tout Non, pas vraiment Oui, plutôt Oui, tout à fait 26% 61% 56% 703 REUNION INDIVIDUELLES 61% 54% 34% 25% 16% 17% 548 ATELIER COLLECTIF 2 4

Un dispositif qui a suscité une forte envie de proposer des actions Le dispositif a suscité l envie chez les participants de mettre en place des actions, et plus généralement de redynamiser leur structure, de manière à aller au-delà d un seul rôle de distribution alimentaire. Le fait qu au total 761 actions aient été envisagées et travaillées lors de la phase d accompagnement (dont environ 200 projets d atelier-cuisine) témoigne de cette dynamique. Les actions accompagnées Atelier cuisine Senbilisation des bénéficiaires Réorganisation interne Repas-convivialité-lien social Amélioration de l'accueil Formation des bénévoles/salariés Actions d'insertion et autres Recettes de cuisine Création épicerie sociale-distribution Jardinage-potager Amélioration de l'offre de denrées Partenariats et échanges de pratiques Santé et Activité physique Création d'outils 38 35 26 24 24 22 20 19 17 11 59 57 99 174 0 50 100 150 200 Les structures ont adopté différentes approches dans la construction des actions, une même action pouvant servir un ou plusieurs objectifs. À titre d exemple, certaines actions de mise en place d ateliers cuisine visent l utilisation des denrées et la sensibilisation des bénéficiaires à l équilibre alimentaire, tandis que l objectif principal de ce type d action pouvait tout aussi bien être le développement du lien social et d un savoir-faire. Les ateliers cuisine sont le type d action le plus fréquemment accompagné. Ils représentent 174 actions, soit 28% des actions accompagnées. Cette prédominance s explique par le fait qu il s agit d un type action à la fois «suffisamment complexe» pour justifier un accompagnement méthodologique, et suffisamment simple pour qu elle puisse être mise en place, ou amorcée, dans le calendrier prévu par l INPES. Les actions de sensibilisationformation des bénéficiaires à l équilibre alimentaire arrivent en seconde position et représentent 16% des actions accompagnées. Il s agit principalement d ateliers d échanges sur l équilibre alimentaire, de projets de création d outils de sensibilisation (affiches notamment), ou d ateliers sur des thématiques plus spécifiques (alimentation des nourrissons, obésité ). Parmi les autres actions envisagées, l organisation de repas conviviaux représente 9% des actions envisagées. Par ailleurs, plusieurs structures ont également profité de l accompagnement pour envisager une réorganisation de leurs structures ou des pratiques internes. Il pouvait s agir notamment de travailler à mieux impliquer les bénéficiaires dans le fonctionnement des structures, ou de mettre en place des évaluations périodiques du service rendu. La mise en œuvre des actions n a pas échappé à un certain nombre de difficultés structurelles 5

Les formateurs ont su mener cette phase d accompagnement, en partant du degré d avancement des structures dans leur projet, et en prenant en compte leurs contraintes. Il apparait cependant que d importants freins internes et externes ont limité la mise en place effective ou la pérennisation des actions. Il est estimé qu environ 1 action sur 2 n a pas pu être réalisée. Ces obstacles sont principalement liés au manque de temps et de disponibilité des membres des structures et au turnover. Le financement et les difficultés récurrentes à mobiliser un public en situation précaire constituent également un frein important pour ces structures. Avez-vous rencontré des obstacles à la mise en place de vos projets ou vos idées? (3 réponses possibles) Non, je n'ai rencontré aucun obstacle Oui : des problèmes de financements Oui : une difficulté à trouver du public pour Autre Oui : un manque d'appui de notre direction 5% 8% 7% 23% 27% 24% 46% N=189 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45% 50% Source: Enquête structures bénéficiaires, Planète Publique/EQR, 2013 Un échange de pratique apprécié, même si la mise en place de partenariats entre structures reste timide Entre les structures participantes, si l échange de pratique permis par la formation a été très apprécié, les cas de coopération pérenne restent rares. Environ 12% des structures ont monté un projet en partenariat suite à la formation. Il apparait en outre que les projets en partenariat qui ont pu voir le jour s appuyait en général sur des liens préexistant entre les structures. Un dispositif qui a donné de la visibilité à la thématique de l aide alimentaire auprès des acteurs institutionnels Pour les acteurs institutionnels (DRAAF et ARS), le dispositif a contribué à donner de la visibilité à la thématique de l accompagnement des structures de l aide alimentaire. Si certaines régions avaient déjà initié des actions de structuration autour du thème de l aide alimentaire (groupes de travail, recensement ), la mise en œuvre du dispositif a joué un rôle d impulsion, encourageant les acteurs régionaux et locaux à mettre en œuvre des actions de soutien, de sensibilisation ou de structuration des acteurs de l aide alimentaire, dans la suite du dispositif INPES. 5. Conclusions Une introduction tout à fait pertinente de la prévention-promotion de la santé dans le champ de l aide alimentaire Au total, pour un montant total de 1,46 M, le dispositif a permis de toucher entre 6 et 12 % des structures intervenant dans le domaine de l aide alimentaire, ce qui constitue une première couverture non négligeable de ces acteurs et complète les formations déjà mises en œuvre au sein des grands réseaux. Ce constat est partagé par la DGCS, à l initiative du dispositif, et qui continue d encourager ce type d actions, notamment à travers les procédures d habilitation des structures d aide alimentaire. Il a permis aux participants de découvrir des nouveaux concepts (méthodologie de projets en prévention-promotion de la 6

santé notamment) et de faire évoluer leurs représentations. Cette expérience, ainsi que les études relatives à cette population (ABENA II notamment), confirment la pertinence d intervenir à travers les structures de l aide alimentaire. Un questionnement quant à la conception et au dimensionnement du dispositif, au regard de ses effets Toutefois, avec 4 à 5 jours d interaction avec un formateur, le dispositif demandait un investissement assez important, qui a probablement freiné les inscriptions (945 personnes formée, sur un maximum de 1600). Malgré ce premier frein à l entrée dans le dispositif, il apparait que le dispositif a eu des effets : Avérés sur la sensibilisation des participants, avec des effets sur l amélioration de l accueil, mais une diffusion limitée des connaissances acquises ; Partiels sur la mise en place d animations ponctuelles (repas collectifs, séance de dégustation ) ; Limités sur la mise en place de projets plus pérennes (atelier cuisine régulier par exemple) et la dynamique locale. Ces résultats posent la question du dimensionnement du dispositif, en temps et en contenu, et de son adaptation aux situations variées des structures, selon le type d action qu elles souhaitent et peuvent mettre en place (en fonction de leurs moyens matériels, financiers, humains). En fixant à l avance le nombre de jours de formation et d accompagnement, des indications sur le contenu, et une durée de mise en œuvre sur 1 an, le cadre du dispositif s avère trop rigide pour s adapter à cette diversité de situations. Des effets émergents sur la dynamique locale Si la possibilité de rencontrer et d échanger avec d autres intervenants de l aide alimentaire a été appréciée par les participants, le dispositif n a pas directement entrainé d émulation au niveau local entre les acteurs. Ce résultat suggère qu un dispositif de formation et d accompagnement n est pas la meilleure réponse pour susciter et pérenniser une dynamique entre acteurs. D autres modalités d intervention doivent être imaginées pour permettre et entretenir une dynamique de coopération et de partenariat. Le dispositif a toutefois permis de donner de la visibilité à cette thématique auprès des acteurs institutionnels (ARS et DRAAF). Progressivement, un certain nombre d actions ont été soutenues et financées au niveau régional. Un degré d atteinte des différents objectifs très positif à court terme, moins évident à moyen/long terme Le dispositif INPES a permis de produire des effets directs et à court terme sur les participants en termes de sensibilisation et d acquisition de connaissances, suscitant un intérêt pour ces questions de l accueil et de la promotion de la santé, et une envie de mettre en place des actions, ce qui est très positif. Il a également permis de toucher des structures pour lesquelles il n existe pas par ailleurs de dispositif de formation sur ces questions (épiceries sociales et solidaires, CCAS, CHRS ) et les amenées à échanger sur leurs pratiques respectives, ce que les participants ont apprécié. Assez logiquement, on constate que les impacts indirects ou à plus long terme en matière de mise en place d actions mettent plus de temps à être palpables. On note ainsi une diffusion 7

limitée des connaissances et des outils au sein des structures, et un nombre limité d actions d envergure (de types «projets») et/ou qui se prolongent dans le temps. Un lien nouveau entre les acteurs de l aide alimentaire et ceux de la prévention, à poursuivre et renforcer Le dispositif déployé par l INPES a permis d initier (ou de développer selon les régions) des liens entre les IREPS/CODES et les structures d aide alimentaire, en améliorant la connaissance du secteur de l aide alimentaire par les IREPS/CODES, et en confirmant le besoin d accompagnement des structures. Ce lien pourra servir de point d appui pour pérenniser la démarche de sensibilisation, formation et accompagnement des intervenants. 6. Pistes de travail Piste 1. Proposer des dispositifs d accompagnement adaptés aux moyens et motivations des structures - Encourager les IREPS et les pôles de compétences en éducation pour la santé à intervenir auprès des structures d aide alimentaire. - Encourager la mise en place de temps d échanges de pratiques entres structures. - Promouvoir les partenariats entre structures d aide alimentaire et acteurs de la promotion de la santé ou du champ médico-social. - Concevoir et diffuser des plaquettes sur la question de l accueil dans les structures. Piste 2. Animer la thématique au niveau national - Constituer un groupe de travail pour porter la thématique au niveau national. - Inclure des exigences de formation des intervenants dans les conventions avec les grands réseaux et animer une réflexion sur les manières de concevoir ces formations. - Capitaliser sur les actions mises en place dans le cadre du dispositif INPES. Piste 3. Faire évoluer le classeur «Alimentation Atout Prix» - Clarifier le positionnement du Classeur AAP comme un outil pour les professionnels de la promotion de la santé. - Modifier le Classeur Alimentation Atout Prix, à partir des éléments fournis par l enquête IFOP, complémentaire des résultats de cette évaluation. Piste 4. Améliorer le suivi de ce type de dispositif - Limiter la remontée d information à des indicateurs pertinents pour les besoins d une évaluation. - Concevoir un outil en ligne permettant la saisie directe par les prestataires plutôt qu une remontée papier. Sociétés prestataires : Planète Publique EQR 8