Enquête sur la prévention de l escarre à domicile



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Enquête sur la prévention de l escarre à domicile Cette enquête a été commencée le 21 mars 2012. Les résultats en ont été analysés le 27 avril. Elle continue, n hésitez pas à y répondre : plus nous aurons de participants et mieux nous connaîtrons tous ce qui se passe à domicile en terme de prévention. Le contexte : fréquence et risque d escarre à domicile Les patients suivis à domicile par des professionnels de santé sont à risque d escarre pour 30%, et porteurs d escarre pour 8%. La problématique de l escarre, et surtout de sa prévention, est donc importante et fréquente. Chaque journée, un soignant de ville voit de nombreux patients à risque et quasiment au moins un patient porteur d escarre. Les facteurs de risque d escarre Ce sont les facteurs tels que ressentis par les soignants. Ce ressenti conjugue une réalité physiologique mais aussi un niveau de prise de conscience/motivation. Deux facteurs se détachent très nettement des autres : l immobilisation et la dénutrition. Il est intéressant de noter la place de la dénutrition, qui a fortement progressé dans ce ressenti en 10 ans. C est l aboutissement probablement d une meilleure connaissance des mécanismes de l escarre, et aussi en partie du remboursement récent des produits de nutrition (les rendant ainsi accessibles à tous). Evaluation du risque d escarre Les pratiques d évaluation du risque sont plutôt binaires : 30% des professionnels évaluent quasiment tous leurs patients, 45% n en évaluent quasiment aucun. Les 25% restant s étageant entre 20 et 90 % des patients évalués. De plus, ceux qui évaluent le risque global avec Norton (ou similaire) évaluent aussi la dénutrition au moyen de l IMC (et inversement). Cette forte corrélation indique donc que les soignants se répartissent en deux groupes : «ceux qui évaluent» : ils évaluent la dénutrition et le risque global, «ceux qui évaluent très peu» : ils évaluent ni la dénutrition ni le risque global. 1

Proportion de patients évalués en fonction du risque d escarre de la patientèle Il est intéressant de noter que la tendance à évaluer ou non le patient dépend assez peu du niveau de risque de la patientèle. Ce n est donc pas le fait d être souvent confronté à l escarre qui motive le soignant à évaluer, mais probablement plutôt ses convictions et habitudes. Actions de prévention Les 3 actions les plus fréquentes pour la prévention de l escarre (chez les patients à risque) : mobilisation du patient 73% surveillance de la nutrition 60% prescription d un support spécifique 51% surveillance visuelle des zones à risque 48% effleurage des points d appui avec un topique 47% effleurage des points d appui sans topique 14% réévaluation régulière du risque (Norton...) 11% 2

100% 80% 60% 40% 20% 0% Infirmière Proche du patient Employé à domicile Il existe clairement des tâches réservées à l infirmière et d autres «délégables» au patient. Ceci ne semble pas relever de la logique : mobiliser un patient à risque d escarre est risqué pour l aidant et le patient (risque de chute, de prise traumatique localement ou au niveau lombaire pour l aidant ), alors que la surveillance visuelle est plus aisée et moins dangereuse. C est probablement plus liés à des schémas cognitifs, qui organisent ce que l infirmière ou le patient et les aidants doivent faire. Mais globalement peu de tâches sont déléguées. Même la surveillance de la dénutrition est peu déléguée, alors que techniquement elle est probablement à la portée des aidants, qui sont d ailleurs souvent présents lors des repas, ce qui facilite la détection d une dénutrition. Faut il déléguer plus au patient et aux aidants? La réévaluation du risque (Norton ou similaire) par exemple est très peu déléguée (dans moins de 10% des cas), mais aussi très peu pratiquée (11% des cas). Finalement, que risquerait on à impliquer les aidants dans cette tâche? L effleurage L effleurage est effectué plutôt au moyen de pommade ou crème, mais il est intéressant de voir que plus de 85% des soignants utilisent 2 voire 3 topiques différents. Il n y a donc pas de pratique définie, mais probablement une adaptation au cas par cas, en fonction des produits disponibles pour le patient probablement. 3

Fréquence d utilisation des topiques lors de l effleurage Conclusion Il ne nous revient pas de dire à chacun ce qu il peut ou doit conclure de cette étude. Au vu des résultats, chacun peut tirer ses propres conclusions, et en comparant ces chiffres avec sa pratique, trouver des pistes de progression. Néanmoins, il ressort de cette étude que les pratiques peuvent encore évoluer, qu il existe des marges de progression importantes dans les pratiques de prévention, et que l implication des aidants est probablement une voie à explorer plus avant. Et merci à tous ceux qui ont participé à cette enquête! 4

Prévention de l escarre à domicile 259 répondants professionnels de santé Combien de vos patients sont : porteurs d escarre? (valeur numérique) moins de 10 % 69,11% 10 à 19 % 14,67% 20 à 29 % 6,56% 30 à 39 % 3,47% 40 à 49 % 1,93% 50 à 59 % 2,32% 60 à 69 % 1,16% 70 à 79 % 0,77% 80 à 89 % 0,00% 90 % et plus 0,00% à risque d escarre? (valeur numérique) moins de 10 % 25,48% 10 à 19 % 16,60% 20 à 29 % 14,29% 30 à 39 % 9,65% 40 à 49 % 3,86% 50 à 59 % 12,74% 60 à 69 % 3,09% 70 à 79 % 5,79% 80 à 89 % 3,86% 90 % et plus 4,63% 5

Patients à risque d escarre Choisissez les 3 facteurs de risque d'escarre les plus fréquents : (choix multiple) immobilisation au fauteuil ou au lit 78,38% perte de mobilité 32,82% incontinence urinaire ou fécale 35,14% faiblesse de l état général 24,71% perte de sensibilité 11,97% fragilité cutanée 16,99% suites opératoires 6,56% pathologie générale 10,42% dénutrition 60,62% déshydratation 12,74% personne âgée (grand âge) 33,98% Quelles évaluations réalisez-vous chez ces patients? IMC (valeur numérique) moins de 10 % des patients évalués 37,82% 10 à 19 % des patients évalués 8,29% 20 à 29 % des patients évalués 6,74% 30 à 39 % des patients évalués 2,07% 40 à 49 % des patients évalués 1,04% 50 à 59 % des patients évalués 7,25% 60 à 69 % des patients évalués 1,04% 70 à 79 % des patients évalués 3,63% 80 à 89 % des patients évalués 4,66% 90 % des patients évalués et plus 27,46% 6

Norton ou similaire (valeur numérique) moins de 10 % des patients évalués 32,34% 10 à 19 % des patients évalués 11,94% 20 à 29 % des patients évalués 2,49% 30 à 39 % des patients évalués 2,49% 40 à 49 % des patients évalués 0,50% 50 à 59 % des patients évalués 6,97% 60 à 69 % des patients évalués 1,99% 70 à 79 % des patients évalués 2,99% 80 à 89 % des patients évalués 3,98% 90 % des patients évalués et plus 34,33% Patient à risque élevé Choisissez les 3 actions les plus fréquentes pour la prévention de l escarre : (choix multiple) mobilisation du patient 72,97% surveillance de la nutrition 59,85% réévaluation régulière du risque (Norton...) 10,81% surveillance visuelle des zones à risque 47,49% effleurage des points d appui sans topique 13,90% effleurage des points d appui avec un topique 47,10% prescription d un support spécifique 51,35% Qui réalise le plus souvent ces actions : Mobilisation du patient (choix multiple) Proche du patient 42,47% Infirmière 71,81% Employé à domicile 30,89% Surveillance de la nutrition (choix multiple) Proche du patient 56,37% Infirmière 59,07% Employé à domicile 30,50% Réévaluation régulière du risque (choix multiple) Proche du patient 6,18% Infirmière 89,96% 7

Employé à domicile 8,49% Surveillance visuelle des zones à risque (choix multiple) Proche du patient 20,08% Infirmière 88,03% Employé à domicile 19,69% Effleurage (choix multiple) Proche du patient 20,46% Infirmière 78,76% Employé à domicile 22,39% Comment est effectuée la surveillance de la dénutrition? Par la pesée (choix unique) 0 (jamais) 18,40% 1 14,00% 2 16,40% 3 16,00% 4 16,40% 5 (toujours) 18,80% Par l'évaluation des ingestats (choix unique) 0 (jamais) 6,91% 1 5,69% 2 15,85% 3 25,20% 4 22,76% 5 (toujours) 23,58% Par l'évaluation de l appétit (choix unique) 0 (jamais) 1,61% 1 4,42% 2 16,87% 3 32,13% 4 20,88% 5 (toujours) 24,10% 8

Fréquence de la surveillance de la dénutrition (choix unique) Journalière 37,60% Hebdomadaire 44,80% Mensuelle 17,60% Quel topique utilisez-vous en prévention des escarres? Huile hyperoxygénée (choix unique) 0 (jamais) 43,52% 1 9,72% 2 13,43% 3 12,50% 4 7,41% 5 (toujours) 13,43% Huile adoucissante (choix unique) 0 (jamais) 21,92% 1 12,33% 2 16,44% 3 21,92% 4 13,24% 5 (toujours) 14,16% Pommade, crème (choix unique) 0 (jamais) 8,62% 1 9,05% 2 12,07% 3 17,67% 4 24,57% 5 (toujours) 28,02% 9

Cas concret Imaginons une patiente à domicile âgée de 84 ans, avec IMC de 19, des difficultés de mobilité (essentiellement lit fauteuil), sous corticothérapie générale, continente, coopérative. Selon vous, son risque d escarre est (choix unique) élevé 46,85% moyen 49,21% faible 3,94% Son conjoint vous demande comment il peut participer à prévenir les escarres, que lui proposez-vous de faire? (choix multiple) Mobilisation quotidienne du patient par un peu de marche 63,71% Surveillance du positionnement dans le lit et le fauteuil 76,83% Effleurage des zones à risque 54,44% Surveillance de la nutrition 84,17% 10