TRAVAIL ET GESTION DE L EMPLOI?



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MINISTÈRE DU TRAVAIL, DE L EMPLOI, DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DU DIALOGUE SOCIAL CONVENTIONS COLLECTIVES

Transcription:

INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES E n s e l i m i t a n t à u n e présentation graphique simple et en insistant sur les déterminants de l'offre et de la demande, on expliquera l'analyse néoclassique du fonctionnement du marché du travail. Pour rendre compte de la spécificité de la relation salariale, on montrera l ' i n t é r ê t d e r e l â c h e r l e s hypothèses du modèle de base en introduisant principalement les hypothèses d'hétérogénéité du facteur travail et d'asymétrie d'information. À partir de quelques exemples, on montrera que l e t a u x d e s a l a i r e d é p e n d é g a l e m e n t d u r é s u l t a t d e n é g o c i a t i o n s salariales et de l'intervention de l'état NOTIONS s a l a i r e d ' e f f i c i e n c e, s a l a i r e m i n i m u m, c o n t r a t d e t r a v a i l, c o n v e n t i o n s c o l l e c t i v e s, p a r t e n a i r e s s o c i a u x, s e g m e n t a t i o n d u m a r c h é d u travail, COMMENT S ARTICULE MARCHÉ DU TRAVAIL ET GESTION DE L EMPLOI? 1. LE FONCTIONNEMENT DU MARCHÉ DU TRAVAIL VU PAR LES NÉO-CLASSIQUES (LIBÉRAUX) A. L OFFRE ET LA DEMANDE DE TRAVAIL ET LEUR DÉTERMINANTS B. LE FONCTIONNEMENT DU MARCHÉ ET SES CONSEQUENCES C. LES CRITIQUES DE CE MODÈLE 2. LE MARCHÉ DU TRAVAIL N EST PAS UN MARCHÉ COMME LES AUTRES A. LA SEGMENTATION DU MARCHÉ DU TRAVAIL B. LA THÉORIE DU SALAIRE D EFFICIENCE 3. LA RELATION SALARIALE S EST INSTITUTIONALISÉE D. RELATIONS PROFESSIONNELLES ET NÉGOCIATIONS COLLECTIVES E. LA GESTION DE L EMPLOI EST ENCADRÉE PAR LA LOI F. LE CONTRAT DE TRAVAIL

Le travail n est pas un concept économique comme les autres parce qu il est porté par des hommes et des femmes et qu on ne peut pas l analyser de manière mécanique. Le néo-classiques ont cependant voulu modéliser ce marché du travail en fondant leur analyse sur les hypothèses de concurrence pure et parfaite l assimilant ainsi aux autres marchés (biens et services, finance, monnaie...). Mais la relation salariale est beaucoup plus complexe. Les hypothèses de concurrence pure et parfaite sont loin d y être la règle,et surtout, la relation salariale a été institutionnalisée. Le fonctionnement du marché du travail est encadré par des lois, les salaires sont fonction des relations professionnelles entre partenaires sociaux et d interventions de l Etat. Nous verrons d abord l analyse néo-classique du marché du travail, puis nous démontrerons les limites de cette approche et l institutionnalisation de la relations salariale. VIDEO DU COURS N 1 VIDEO N 2 VIDEO N 3

1. LE FONCTIONNEMENT DU MARCHÉ DU TRAVAIL VU PAR LES NÉO- CLASSIQUES (LIBÉRAUX) A. L OFFRE ET LA DEMANDE DE TRAVAIL ET LEURS DÉTERMINANTS Pour les les néo-classiques (ou libéraux) le travail est une marchandise comme une autre. Offre (venant de la population) et demande (émanant des entreprises) se confrontent sur le MARCHÉ DU TRAVAIL qui est un lieu fictif. Il s agit d une modélisation dans le cadre d une «concurrence pure et parfaite». Les néo-classiques prennent en compte le salaire réel c-a-d le salaire nominal déflaté (divisé par l indice des prix), ce qui correspond au pouvoir d achat. Selon les néo-classiques, le travailleur va arbitrer entre le loisir et le travail en fonction du taux de salaire. Donc: L'offre de travail d e s travailleurs est une fonction croissante des salaires réels. Plus les salaires augmentent, plus la population est prête à offrir son travail. Et inversement... La demande de travail,émanant des entreprises, comme celle de n'importe quel bien ou facteur varie donc en sens inverse de son prix (le salaire) S i l e s a l a i r e r é e l d i m i n u e, l e s e n t r e p r i s e s v o n t e m b a u c h e r p l u s d e s a l a r i é s... M a i s s i l e s a l a i r e augmente, ils hésiteront à demander du travail. Mais quel est le salaire maximum qu ils sont prêts à payer? Qu est ce qui déterminera leur action?... (voir page suivante!)

La production ayant toujours des débouchés, selon les néoclassiques, le seul élément susceptible de limiter la demande de travail est le coût du travail. Les employeurs comparent ce qu'une heure de travail supplémentaire rapporte et ce qu'elle coûte : Elle rapporte une certaine quantité de produit (la productivité de cette heure de travail qu'on appelle l a p r o d u c t i v i t é marginale) ; Elle coûte le salaire horaire réel du nouveau salarié appelé «salaire marginal» Tant que la productivité marginale du travail est supérieure au salaire réel, une entreprise embauche parce que cela augmente son profit ; elle arrête d'embaucher quand productivité marginale et salaire réel sont équivalents. Au-delà, le salarié coûtera plus cher qu il ne rapportera!!! CETTE!ÉGALITÉ!EST!DONC!LE!DÉTERMINANT!DE!LA!DEMANDE!DE!TRAVAIL La libre confrontation de l'offre et de la demande de travail détermine le salaire d'équilibre (E) pour chaque type et chaque niveau de qualification. Au salaire (W ) c o r r e s p o n d u n e m ê m e quantité d offre de travail et de demande de travail (O)

B. LE FONCTIONNEMENT DU MARCHÉ ET SES CONSEQUENCES La libre confrontation de l'offre et de la demande de travail détermine le salaire d'équilibre ( point rouge) pour chaque type et chaque niveau de qualification. A l équilibre, le salaire réel correspond à la productivité marginale. Si le salaire était + élevé (S1) l offre de travail serait supérieure à la demande de travail, il y aurait donc chômage. Si le salaire était trop bas ( S2) il y aurait + de demande de travail que d offre, ce serait une situation de pénurie (ex dans la restauration) Pour les néo-classiques, quand l O>D (situation de chômage), les salaires devraient baisser. Le signal envoyé par cette baisse pousserait les employeurs à faire augmenter la demande travail et les offreurs qui le pourraient (ex: jeunes) retarderaient leur entrée sur le marché du travail, faisant, ainsi, diminuer l offre. Ce qui rétablirait l équilibre et ferait disparaitre ce chômage frictionnel. Donc, pour ces néo-classiques, si le chômage persiste, il ne peut s agir que de chômage volontaire venant du fait que certains travailleurs refuseraient de travailler pour un salaire plus faible, préférant ainsi l inactivité.

C. LES CRITIQUES DE CE MODÈLE VIDEO Oui à la baisse des salaires!!! a. Critique du modèle de la concurrence pure et parfaite (CPP) La CPP repose sur les hypothèses suivantes, qui ne sont pas applicables au travail Atomicité : En théorie: très nombreux offreurs et demandeurs. En réalité,sur le marché du travail, les syndicats regroupent les travailleurs et pèsent sur les salaires à la hausse, et les grosses entreprises peuvent imposer des salaires plus faibles. Homogénéité : en théorie: tous les offreurs et les demandeurs sont identiques. En réalité: les qualifications des travailleurs sont multiples et les types de contrats proposés varient. Transparence: En théorie: tous les acteurs ont toutes les informations. En pratique: sur le marché du travail comment l entreprise pourrait-elle connaître à l avance la productivité exacte du futur salarié? Parfaite mobilité des facteurs (en théorie). En réalité, les travailleurs ne sont pas tous prêts à changer de région. b. La critique keynésienne Pour les keynésiens, il n'y a pas de marché du travail car il y a une asymétrie de pouvoir entre les offreurs et les demandeurs. Ce sont ces derniers qui déterminent les salaires et non le marché. Donc le salaire n est pas un «prix de marché». De plus le salaire étant un revenu pour les salariés ( et pas seulement un coût). Toute! baisse de salaire est nuisible à l'économie car la demande baissera et le chômage! augmentera. salaire => de revenu => de la demande => de la production => licenciements => du chômage Quant au chômage, il est Le chômage involontaire. Il est dû à des anticipations pessimistes des entrepreneurs qui provoquent une baisse de la production globale. Même si le salaire baissait de manière significative, les entrepreneurs n'embaucheront pas si leurs anticipations sont pessimistes. Ce n'est donc pas la rigidité des salaires à la baisse qui est responsable du chômage comme l'affirment les libéraux mais au contraire le fait qu'ils n'augmentent pas assez et donc que la consommation n'est pas assez forte pour que les entrepreneurs modifient leur prévisions. c.

2. LE MARCHÉ DU TRAVAIL N EST PAS UN MARCHÉ COMME LES AUTRES A. L A S E G M E N TAT I O N D U M A R C H É D U TRAVAIL Dans la réalité, il existe, en fait, plusieurs marchés du travail car il n y a pas «homogénéité» des offreurs ni des demandeurs de travail. Il y a une segmentation du marché du travail entre: le marché primaire où le salaire peut être supérieur à celui du marché (présence syndicale, salaire à l ancienneté..) le marché secondaire. Celui de la précarité ou l offreur n a pas de possibilité de discuter son salaire.!! On parle aussi de dualité du marché du travail. (voir ci-contre). Le marché primaire était la règle durant les 30 glorieuses. Depuis, le marché secondaire s est développé, et il s intensifie actuellement avec la crise. B. SALAIRE D EFFICIENCE Les néoclassiques considèrent que la productivité est une donnée homogène: telle catégorie de salarié a telle productivité...or dans la réalité, il y a asymétrie d information ( le fait qu un des 2 acteurs n a pas toutes les informations nécessaires). L entreprise ne connait pas la vraie productivité du salarié qu elle vient d embaucher (travailleur acharné ou dilettante???). Pour les tenants de la théorie du «salaire d'effience» la productivité d'un salarié sera fonction de son salaire. Si on lui donne un salaire + élevé que celui du marché, il sera motivé et sa productivité augmentera et donc ce salaire marginal bien que + élevé que celui du marché deviendra égal à la productivité marginale!

3. LA RELATION SALARIALE S EST INSTITUTIONNALISÉE Une convention collective Est un accord signé entre les syndicats et les représentants des organisations patronales au niveau d une branche pour les conditions de travail et de salaires dans toutes les entreprises de cette branche. Partenaires sociaux Ensemble des acteurs économiques qui participent aux négociations salariales: représentants des syndicats de salariés et des syndicats patronaux. La relation salariale n est pas une simple relation d échange de marchandise sur un marché. Elle s est construite historiquement à travers des conquêtes sociales et des négociations collectives, en s appuyant sur le rôle d arbitre de l Etat et le contrat de travail. Négociations collectives et salaires La fixation du niveau de salaire n est pas le résultat d un processus individuel mais il se déroule, le plus souvent, dans le cadre de conventions collectives de branches qui imposent des conditions minimales de rémunération, une grille de rémunération en fonction du diplôme et de l ancienneté. Elles fixent aussi les normes d emploi: durée du travail, congés, droit à la formation, conditions de travail... Il existe aussi des négociation entreprise par entreprise:

S.M.I.C Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance. Le terme «Croissance» signifie que ce salaire doit augmenter au moins autant que les prix. Il est donc indexé sur l inflation. Le montant du SMIC horaire brut est fixé, depuis le 1er janvier 2013 à 9,43, soit 1 430,22 bruts mensuels sur la base de la durée légale de 35 heures hebdomadaires. Le contrat de travail Le contrat de travail est un type de contrat par lequel une personne employée s'engage à effectuer un travail pour un autre employeur moyennant une rémunération et avec un line de subordination. Ces conventions et négociations doivent, à leur tour, respecter les dispositions prévues par la loi, donc par le pouvoir politique par exemple salaire minimum (SMIC) qui n a rien à voir avec le fonctionnement du marché du travail. C est un arbitrage politique et social que certains voudraient supprimer pour permettre au salaire de baisser suffisamment afin de pouvoir embaucher des salariés à faible productivité. Pour eux, le SMIC est la cause du chômage des peu diplômés. La durée légale du travail à 35 heures, les 5 semaines de congés payés, le contrôle des licenciements, le droit syndical... La relation salariale a donc été encadrée par les conventions collectives, des négociations et le droit du travail pour protéger le travailleur. La gestion de l emploi est fondée sur le contrat de travail, qui précise la rémunération, le contenu du poste, les conditions de travail et engage le salarié dans une relation de subordination par rapport à l employeur, reflet du caractère hiérarchique de la relation salariale. IL existe plusieurs contrat de travail: CDI (contrat à durée indéterminée), le CDD (contrat à durée déterminée). Les formes d emplois atypiques ou précaires se sont multipliées. De plus l individualisation des relations de travail en liaison avec ces nouvelles formes de contrats pousse à la «re-marchandisation» du travail et donc à une fragilisation de la norme «institutionnalisée» de l emploi. Le marché du travail (s il existe) est essentiellement une production historique et sociale...