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LES PARTENAIRES DE L'INSEE PICARDIE BILAN ECONOMIQUE 2012 Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'emploi Direction Régionale de l'environnement, de l'aménagement et du Logement Service Régional de l'information Statistique et Économique de la Direction Régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la Forêt Direction Régionale des Finances Publiques Direction Régionale des Douanes et des Droits Indirects Comité Régional du Tourisme Banque de France Pôle Régional Mutualisé Picardie Ardennes des Caisses d'allocations Familiales Chambre de Commerce et d'industrie Picardie Institut National de la Statistique et des Études Économiques - Insee Picardie 1, rue Vincent Auriol - CS 90402-80004 Amiens cedex 1 Téléphone : 03 22 97 32 00 Télécopie : 03 22 97 32 01 Directrice de la Publication : Yvonne PÉROT Chef du Service Études-Diffusion : Jean-Louis REBOUL Rédaction en chef : Nathalie SALOMON Maquette Insee Picardie : Serge HELD, Martine JOURDAIN, Christian NICOLAS Dépôt légal : avril 2013 ISSN 1967-1261 Code SAGE : BECO1262 Bilan économique Picardie 2012 avril 2013 2 www.insee.fr/picardie espace publications Photos libres de droit de www.office.microsoft.com, Insee Picardie ou crédits photos indiqués près de la photo. Insee 2013
BILAN ECONOMIQUE 2012 PRÉFACE E n Picardie, l'année 2011 s'était achevée dans un contexte économique plus fragilisé qu'en France, l'année 2012 confirme cette tendance. En cette période délicate, ce document, mettant en perspective les faits économiques de l'année écoulée pour la région, a pour objectif d'enrichir le débat local et d'aider à la décision publique. Ce bilan cherche à apporter un éclairage conjoncturel sur l'économie de la région et de ses départements. Il met en évidence les évolutions trimestrielles de l'année 2012 et la diversité des réalités infra-régionales. Piloté par l'insee, il a été réalisé en partenariat avec 9 services de l'état ou autres organismes régionaux. Il regroupe en 17 chapitres les contributions de 20 de nos fidèles rédacteurs, experts régionaux de leurs domaines. Qu'ils soient tous ici vivement remerciés. La Directrice régionale de l'insee Picardie Yvonne PÉROT 3
SOMMAIRE BILAN ECONOMIQUE 2012 Page 1 CONTEXTE NATIONAL 5 Panne de croissance en France en 2012 par Insee, Comptes trimestriels 2 ÉCONOMIE RÉGIONALE 7 Un repli plus marqué en Picardie qu'en france Jean-Louis REBOUL, Insee 3 BRÈVES 9 Les brèves de l'année 2012 Florence DILLY, Insee 4 COMMERCE EXTÉRIEUR 13 Reprise confirmée des échanges commerciaux Viviane COUTURE, DRDDI Contexte économique régional 5 6 DÉMOGRAPHIE ENTREPRISES FINANCES DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES 17 21 Le nombre de créations d'entreprises stable Benoît RIEM, Insee L'épargne des communes et départements picards progresse en 2011 Jérémy BRUNET, William WILMORT, DGFiP 7 EMPLOI 25 La situation de l'emploi picard s'aggrave Virginie TAPIN et Jean-Marc MIERLOT, Insee 8 DEMANDE D'EMPLOI 29 Hausse accrue de la demande d emploi Louise OBEIN, Direccte Marché du travail 9 10 CHÔMAGE POLITIQUES D'EMPLOI 33 35 Un taux de chômage historiquement haut Benoît RIEM, Insee L'alternance en retrait, mais un volume de contrats aidés en hausse en 2012 Fabienne GORREC, Direccte 11 MININA SOCIAUX 39 Progression de plus de 5 % du nombre de bénéficiaires du RSA Jérôme GAUCHET, Pôle régional mutualisé Picardie-Ardennes des Caf 12 AGRICULTURE 43 Coup de chaud sur les prix à la production Agnès COCHU, Draaf-Srise 13 INDUSTRIE 47 Le repli de l'activité industrielle se poursuit Anne FROIDURE, Didier MIELCAREK, Banque de France Jean-Marc MIERLOT, Insee Approches sectorielles 14 15 CONSTRUCTION TRANSPORTS 51 55 La construction et les ventes de logements neufs rechutent en 2012 Anne ÉVRARD, Dreal Stabilité de l'emploi dans les transports en Picardie Anne ÉVRARD, Dreal 16 TOURISME 59 Une saison honorable pour le tourisme marchand Claire HÉNOCQUE, CRT-ORT, Benoît RIEM, Insee 17 COMMERCE 65 Une conjoncture difficile pour le commerce de détail picard Justine GENÊT, Vincent TRELCAT, CCI 4
BILAN ECONOMIQUE 2012 SYNTHÈSE CONTEXTE NATIONAL Panne de croissance en France en 2012 1 En 2012, l activité mondiale a ralenti, sous l effet de la diffusion de la crise des dettes souveraines en Europe et d un coup de frein dans les économies émergentes. En effet, face à la progression de l inflation, les autorités des pays émergents ont resserré leurs politiques monétaires et budgétaires. Les économies européennes ont, quant à elles, pâti à partir de la mi-2011 à la fois du durcissement des conditions de crédit nées des tensions financières et de l intensification des mesures de consolidation budgétaire. Aux États-Unis, en revanche, la croissance s est maintenue autour de 2 % en 2012, soutenue par une demande intérieure privée robuste et une politique monétaire très active. En France, l activité a été stable en 2012 (+0,0%, données cvs-cjo) alors qu elle avait nettement progressé en 2011 (+1,7 %, données cvs-cjo). La demande extérieure adressée à la France a en effet pâti du ralentissement mondial, et particulièrement de la faiblesse de la demande intérieure dans la zone Euro. Les exportations de biens et services ont dès lors nettement marqué le pas en 2012 (+2,5 % après +5,5% en 2011). La contribution du commerce extérieur à l activité a toutefois été nettement positive (+0,7 point) parce que le ralentissement des importations a été encore plus marqué (-0,3 % après +5,2 % en 2011). Ralentissement des échanges extérieurs Ce ralentissement des achats à l étranger reflète notamment le très fort mouvement de déstockage observé en 2012 (-1,0 point de contribution à l activité). En outre, la demande intérieure a été atone en France en 2012 Ainsi, après avoir fortement augmenté en 2011 (+7,6%), l investissement des entreprises en produits manufacturés a été pénalisé par la faiblesse des perspectives d activité et par le bas niveau du taux d utilisation des capacités, et il a diminué de 3,4%. Dans la construction, l investissement a continué de progresser en 2012, mais après avoir augmenté en fin d année 2011 et début 2012, l activité dans le secteur s est retournée à l été. Atonie de la consommation La consommation des ménages a été atone en 2012 (-0,1 %), en léger ralentissement par rapport à 2011 (+0,2 %). Les dépenses des ménages en énergie ont progressé mais les achats de produits manufacturés ont nettement fléchi (-0,7 % après +0,9 %). Malgré la baisse de l inflation, le pouvoir d achat des ménages a en effet continué d être freiné par l augmentation des prélèvements et la poursuite de la dégradation du marché du travail. Il recule ainsi sur l année de 0,4%. Les ménages ont néanmoins quelque peu atténué les conséquences de ce repli sur leurs dépenses de consommation en réduisant légèrement leur effort d épargne : le taux d épargne s est ainsi établi en moyenne à 16,0 % en 2012 après 16,2 % en 2011. Près de 100 000 emplois perdus en 2012 Avec la faiblesse de l activité et le retour des gains de productivité vers leur rythme d avantcrise, les pertes d emplois marchands ont été importantes en 2012 (-99 000 sur l année), en particulier au second semestre. La baisse de l emploi total a été toutefois un peu plus faible, du fait d une augmentation du nombre d emplois aidés dans le secteur non marchand. Le taux de chômage a atteint 10,6 % au quatrième trimestre 2012 (10,2 % en France métropolitaine) en progression de 0,8 point sur l année. Insee, comptes trimestriels, avril 2013 Institut national de la statistique et des études économiques Le PIB se contracte en fin d'année 2012 Le PIB et ses composantes Pour en savoir plus www.insee.fr 5
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BILAN ECONOMIQUE 2012 SYNTHÈSE Un repli plus marqué en Picardie qu'en France La croissance française est en panne en 2012 et l économie régionale, orientée vers des activités fortement impactées par la crise, place la Picardie dans une situation délicate. L emploi salarié marchand chute de -1,6%, les plus lourdes pertes concernent l industrie et la construction. Le chômage s aggrave tout au long de l année pour atteindre 12,3% avec, dans le même temps, une augmentation de la part des demandeurs d emploi de longue durée. Dans ce climat morose, la création d entreprises "classiques" se retrouve freinée et seules les auto-entreprises progressent. En termes de bilan 2012 et de perspectives 2013, les secteurs de l agriculture, des transports et du tourisme laissent cependant entrevoir des zones d éclaircie. ÉCONOMIE RÉGIONALE 2 2012 a été marquée par un ralentissement de l activité mondiale et une L'année panne de la croissance française. Or, les dernières années ont montré que la Picardie subissait encore plus durement les périodes de repli que l ensemble du territoire. Importante chute de l emploi salarié Au cours de l année écoulée, on note ainsi que l emploi salarié marchand picard a perdu 6 000 unités, soit une diminution de -1,6%, presque trois fois supérieure à celle observée en France (-0,6%). Si cette baisse concerne la plupart des domaines de l économie, le secteur secondaire paie un lourd tribut, avec la construction (-2,8%, contre -1,0% en France) et l industrie (-1,8% contre -0,9% en France). De surcroît, l année 2012 a été également marquée par une véritable chute de l emploi intérimaire avec 2 600 emplois détruits, dont les trois quarts dans l industrie. Au total, les pertes d emploi dans le secteur industriel s élèvent donc à près de 4 000. Or, ce secteur est sensiblement sur-représenté dans notre région. Enfin, le recours à l activité partielle a progressé en Picardie comme au niveau national. Les entreprises picardes ont obtenu l autorisation de recourir à 1,8 millions d heures contre 1,4 millions en 2011. Cette reprise est également visible dans le recours effectif au dispositif puisque le nombre d heures chômées a été multiplié par deux. Un taux de chômage historiquement haut Par voie de conséquence, le taux de chômage a augmenté nettement, passant de 11,2% au 4 e trimestre 2011 à 12,3% au 4 e trimestre 2012, soit une croissance de +1,1 points. Dans le même temps, on observait en France métropolitaine une hausse de +0,8 points, qui porte le taux de chômage national à 10,2% à fin 2012. À la vulnérabilité de l appareil productif régional, se conjugue le niveau de formation des actifs picards, plus faible que la moyenne française, qui les rend plus fragiles sur le marché du travail. Tous les territoires sont concernés par cette aggravation du chômage, mais l Aisne, déjà très touché, devient en la matière, le deuxième département de France, derrière les Pyrénées- Orientales, avec un taux de 15,0% à la fin du 4 e trimestre 2012. Des niveaux de chômage particulièrement élevés sont notamment relevés dans les zones d emploi de Thiérache (17,9%), Saint-Quentin (16,3%) et Tergnier (16,3%). Forte aggravation du chômage pour les hommes et les seniors L élévation quantitative du chômage s accompagne en 2012 de celle de sa durée : le nombre des demandeurs d emploi inscrits depuis plus d un an à Pôle emploi (chômeurs de longue durée) a crû encore plus nettement que la moyenne (+12,4% contre +8,2%). 7
2 ÉCONOMIE CONTEXTE RÉGIONALE NATIONAL SYNTHÈSE BILAN ECONOMIQUE 2012 En termes de profils, ce sont les hommes et les seniors qui ont connu les dégradations les plus nettes au cours de l année écoulée. En période de crise économique, deux hypothèses peuvent être formulées pour expliquer ces évolutions. D une part, un certain nombre de femmes renoncent sans doute à se porter sur le marché du travail. D autre part, la concurrence accrue à l embauche devient de plus en plus pénalisante pour les plus âgés qui souvent présentent à la fois les niveaux de formation les moins élevés et les demandes de salaires les plus fortes. Dans ce contexte, les contrats aidés, destinés aux personnes rencontrant d importantes difficultés sociales et professionnelles d accès à l emploi, ont été particulièrement mobilisés (+15%) et le nombre de bénéficiaires du RSA socle a crû de +7%. En revanche, en raison de la situation économique plus défavorable à leur mise en œuvre, les entrées en alternance dans les entreprises, avec toutefois plus de 8 000 contrats signés en Picardie sur l année, sont en léger recul. Beaucoup de créations d auto-entreprises L évolution du nombre de créations d entreprises constitue une bonne illustration de cette conjoncture économique. En effet, les créations hors auto-entreprises chutent en 2012 de -9,6% en Picardie ; l entrepreneuriat apparaît particulièrement risqué dans un climat très morose, ce qui freine la création d entreprises "classsiques". Mais, dans le même temps, les créations d auto-entreprises croissent fortement (+7,5%), le statut d auto-entrepreneur constituant souvent la seule opportunité d emploi pour les actifs ne se voyant pas proposer d embauche salariée. Une conjoncture difficile dans l industrie et la construction Le repli de l activité est assez général ; mais l industrie et la construction apparaissent particulièrement touchées. Le chiffre d affaires des entreprises industrielles picardes a évolué négativement en 2012 (-6,5%). Les baisses dans les autres produits industriels (travail du bois, industrie du papier et textile-habillement notamment) et à un degré moindre dans le matériel de transport (industrie automobile en particulier) ont nourri ce constat. La construction de logements connaît à nouveau une baisse en 2012, en Picardie comme partout en France de Province : recul de 13 % des autorisations et de 21 % des mises en chantier par rapport à 2011. Dans les trois départements, les travaux tardent à démarrer. Les ventes de logements neufs ont aussi fortement diminué entre 2011 et 2012, pour les appartements comme pour les maisons. De plus, contrairement au niveau national, les prix moyens ont en Picardie, baissé en 2012. Bien que moins nettement que l'industrie et la construction, le secteur du commerce apparaît aussi en retrait. Le nombre de commerces de détail a baissé au cours de l année en Picardie. De surcroît, dans les enquêtes de conjoncture, les commerçants de détail picards sont nombreux à faire état d un ralentissement de leur activité en 2012 (chiffres d affaires en baisse, difficultés financières ) et à exprimer une vive inquiétude pour 2013. Un bilan plus favorable dans l agriculture, les transports et le tourisme Dans ce panorama morose, l agriculture, les transports et le tourisme laissent néanmoins entrevoir des zones d éclaircie. Si les rendements des principales productions agricoles sont plutôt moyens, du fait d une pluviométrie excessive, la production régionale de blé se maintient à un niveau élevé. L emploi est stable dans les transports et le chiffre d affaires du secteur des transports routiers de marchandises a même légèrement augmenté. Enfin, malgré une météo maussade, la saison touristique reste honorable, assez proche de celle de 2011. Jean-Louis REBOUL Institut national de la statistique et des études économiques Pour en savoir plus www.insee.fr 8
BILAN ÉCONOMIQUE 2012 CONTEXTE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL BRÈVES 3 Les brèves de l'année 2012 Janvier La Chambre de commerce et d'industrie de la région Picardie a inauguré son nouvel hôtel consulaire le 27 janvier à Amiens. Le nouvel édifice accueille -en plus des services d'appui aux entreprises, ceux concernant les études et l'information économiques, ou la formation- la maison de l'international. La "Charte de l'international en Picardie" a été signée en présence du secrétaire d'état au commerce extérieur Pierre Lellouche. Elle engagera l'état, le Conseil régional de Picardie, la Chambre de commerce de région, UbiFrance, la Coface, Oséo, ainsi que les conseillers pour le commerce extérieur de la France à travailler conjointement en faveur de l'accompagnement des entreprises picardes, et notamment des primo-exportateurs, sur les marchés extérieurs. Lors des vœux, le maire de Couvron a évoqué le projet Palmer qui porte la création d'un autodrome qui offrirait cent emplois dès la première année en 2014. L'ancien champion automobile britannique veut créer un circuit haut de gamme pour les entreprises et les particuliers sur l'ancienne base de Laon-Couvron. Saint-Quentin se dote d'un pôle d'excellence numérique. La ville a inauguré le 27 janvier un incubateur baptisé "Le Garage" et un pôle d'enseignement numérique. L'incubateur accueillera de jeunes étudiants ou d'autres publics en phase de développement, de recherche ou d'études de marché, avant la création de l'entreprise. Le pôle universitaire numérique rassemble trois établissements scolaires dont l'insset. La ville espère ainsi attirer de nouveaux habitants, des étudiants et de futurs entrepreneurs. Spécialisé dans la gestion de la relation client, Webhelp implante son neuvième site en France à La Croix-Saint- Ouen. Le 16 janvier, le ministre du travail, de l'emploi et de la santé, Xavier Bertrand s'est rendu sur place accompagné du sénateur-maire de Compiègne, Philippe Marini et du député Lucien Degauchy afin d'inaugurer ce site nouvelle génération qui emploie 362 salariés. Février L'usine Bonduelle d'estrées-mons a inauguré une chambre froide nouvelle génération qui permet une économie de 800 tonnes de CO 2. Cette nouvelle chambre froide entièrement automatisée, destinée au stockage, à la préparation des commandes et à l'expédition des produits surgelés a nécessité un investissement de 17 M. L'usine MBK de Saint-Quentin sera le seul site de production du groupe Yamaha en Europe. La direction de MBK a confirmé que la production de deux-roues du site espagnol sera rapatriée vers l'usine axonaise. Le groupe Yamaha avait annoncé en janvier 2011 sa volonté de fermer l'usine espagnole pour recentraliser la production en Picardie. Les salariés espagnols et le groupe Yamaha ont négocié un accord qui a permis l'arrivée de la production dans l'aisne. Mars Le label Grand Site de France a été officiellement remis le 8 mars 2012 au syndicat mixte Baie de Somme-Grand littoral picard. Il s'applique à un territoire qui englobe 25 communes, 72 km de côtes et 25 000 habitants. Ce label a été attribué pour six ans, son programme d'actions se concentrera sur le développement de l'éco-tourisme et sur l'avenir du littoral et le développement d'activités humaines respectueuses de l'environnement. Paris-Beauvais Tillé dans le top 10 des aéroports régionaux. De bons résultats qui s'expliquent par les 50 destinations régulières proposées. Le trafic est 100 % low cost, véritable facteur d'attractivité, 1 passager sur 2 utilise l'aéroport de Beauvais plusieurs fois dans l'année. L'aéroport a ouvert fin 2010 un second terminal qui a joué son rôle face à la hausse du trafic passager. Une plateforme d'innovations va être créée à Dury. L'amidonnier Tereos Syral lance un vaste projet de valorisation des protéines végétales avec Siclaé, Sofiprotéol, Soufflet et le Centre de valorisation des glucides. L'Inra, l'université de Picardie Jules Verne participent à ce projet soutenu par le pôle de compétitivité Industries et Agro-Ressources et la Région Picardie. Baptisé "Improve" (Institut Mutualisé pour les PROtéines Végétales), il prévoit la création d'un centre de compétence dédié à l'extraction, la transformation et la valorisation des protéines végétales. Ce projet a été promu lauréat de l'appel à projet plateformes mutualisées d'innovation. L'architecte Renzo Piano était le 19 mars 2012 à Amiens où il présentait son projet d'aménagement du site de la Citadelle en campus universitaire. Le site de la Citadelle a été racheté à l'armée par la Ville en 1999 et sera aménagé en un site universitaire, ouvert sur les différents quartiers de la ville qui l'entourent. Le site dont la construction remonte à Henri IV, reprendra vie pour accueillir à l'horizon 2015 plus de 6 000 étudiants de l'université de Picardie Jules Verne. Avril Le projet Inovia et la stratégie de développement économique ont été présentés le mercredi 18 avril à Noyon. Le président de la Communauté de communes du Pays Noyonnais explique avoir relevé un défi : celui de redynamiser ce territoire picard en réussissant la reconversion de l'ancien site militaire en un pôle économique alliant excellence et innovation. Ainsi est né Inovia, Espace d'excellence, qui réunit des entreprises et un pôle d'enseignement de hautes études autour de projets communs et créateurs d'emplois. À Laon, à l'issue d'un conseil d'administration décentralisé de l'upjv, son président, Georges Fauré a annoncé la création de l'université fédérale européenne de Champagne- Ardenne et de Picardie (Ufecap). Les deux universités amiénoise et rémoise ont en effet décidé de constituer un pôle universitaire commun dont le siège sera rémois. La future Ufecap formera 1 000 étudiants en doctorat de scien- 9
3 BRÈVES CONTEXTE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL BILAN ÉCONOMIQUE 2012 ces liées aux agro-ressources en phase avec le pôle de compétitivité à vocation mondial Industries et Agro-Ressources (IAR) que se partagent la Picardie et la Champagne-Ardenne. 10 Mai Le projet Écorégions a été lancé à Amiens en présence de dix autres régions d'europe, venues pour échanger et identifier les bonnes pratiques en termes de croissance verte pour qu'elles puissent être transmises, d'une région européenne à une autre. Ce projet s'inscrit dans le cadre du programme Interreg IVC dont l'objectif est d'améliorer l'efficacité des politiques de développement régional dans les domaines de l'innovation et de l'économie de la connaissance, de l'environnement et de la prévention des risques. Michel Brazier a été élu le 15 mai 2012 président de l'université Picardie Jules- Verne et veut tisser des liens avec le monde extérieur. Il a nommé son équipe de direction avec plusieurs axes définis : rendre l'université de Picardie attractive, renforcer la formation professionnelle et travailler au bien-être des étudiants. Le rapprochement entre l'upjv et les entreprises déjà initié depuis plusieurs années doit être renforcé pour une meilleure connaissance entre les deux mondes et de multiples partenariats seront établis. Juin Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a fait une visite express le 7 juin sur le site de Montupet SA à Laigneville. Il a suivi toutes les étapes de production de cette usine spécialisée dans la conception et la fabrication de petites pièces en fonderie d'aluminium destinées à la mécanique automobile. Cette unité de production emploie 663 salariés autour de deux activités principales : le site de production et le centre de recherche et développement du groupe, appelé centre VERT. Le premier ministre accompagné d'élus locaux et régionaux s'est entretenu avec de nombreux salariés et s'est déclaré impressionné par les défis successifs relevés par l'entreprise Montupet. Camille Fournet développe son secteur maroquinerie. L'entreprise implantée à Tergnier depuis les années 1960 a inauguré la Nouvelle Manufacture. Ce nouveau bâtiment va abriter le secteur maroquinerie en plein essor dans une industrie de luxe qui résiste à la crise. Les bracelets montres de la prestigieuse marque sont exportés dans 1 500 points de vente répartis dans le monde entier par "de petites mains" au savoir-faire reconnu qui allie qualité et précision. L'industriel amiénois Faiveley spécialisé dans le freinage ferroviaire fabriquera une partie des freins de l'ice - le TGV allemand - de troisième génération. Une véritable aubaine pour l'usine d'amiens qui sera chargée de la fabrication de la partie pneumatique de la commande de freins et de la partie cylindres-étriers. Elle produira entre 2013 et 2020, quelques 9 000 unités de freinage destinées à équiper les 1 165 voitures du TGV ICX. Ce marché permet à l'usine amiénoise de conforter sa position de sous-traitant incontournable dans le secteur de la construction ferroviaire. Juillet Le Conseil général de l'oise lance le projet d'une TV régionale en partenariat avec le Conseil régional de Picardie. Les objectifs d'une telle chaîne seraient de fournir une information pluraliste sur la vie socio-économique, politique et culturelle du territoire et divertir. Elle aurait pour mission d'être un espace de rencontre et de partage, une source d'informations pratiques et de services, un vecteur de promotion du département. La Picardie est la première région à lancer un "Schéma climat-air-énergie". La loi engage la France, d'ici 2020, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % et à couvrir au moins 20 % des consommations d'énergie par des sources renouvelables. Le Schéma invite à porter l'effort tous azimut pour réduire les rejets, et économiser ou valoriser les ressources dans l'industrie, la réhabilitation énergétique des bâtiments des résidences principales, les transports ou l'agriculture. De son côté, Michel Delpuech a réaffirmé la prééminence régionalesur l'éolien via un schéma annexe. Le pôle universitaire de Saint-Quentin se développe avec ELISA. Le conseil d'administration de l'upjv a adopté le 13 juillet une convention avec l'école d'ingénierie des sciences aérospatiales. ELISA est une école d'ingénieur qui propose une formation en 5 ans dans les domaines des sciences de l'aéronautique et de l'espace. ELISA, projet initié et soutenu par la région Picardie a ouvert ses portes à la rentrée 2012 et développera des partenariats avec l'institut Supérieur des Sciences et Techniques de Saint-Quentin (INSSET). Août Jean-François Cordet a été nommé le 1 er août en Conseil des ministres nouveau préfet de la région Picardie et préfet de la Somme en remplacement de Michel Delpuech parti à Bordeaux. Amiens-Nord et la zone Chambly- Méru ont été intégrées par le Ministère de l'intérieur dans les nouvelles "zones de sécurité prioritaires" (ZSP). Avec ces zones, il s'agit de mettre en place une action de sécurité renforcée sur des territoires ciblés, caractérisés par une délinquance enracinée et de fortes attentes de la population selon le Ministre Manuel Valls. La ZSP prévoit la création d'un comité opérationnel de coordination de sécurité (COCSI), sous la codirection du préfet et du procureur. Une enquête réalisée pour le compte du gouvernement a classé les deux pôles de compétitivité picards dans la catégorie "très performants". Les évaluations portent sur les 71 pôles de compétitivité français et ont crédité les deux pôles de compétitivité picards d'évaluation très positives. Le pôle de compétitivité I -Trans porté par les régions Nord- Pas-de-Calais et Picardie figure parmi les 20 pôles de compétitivité jugés très performants. IAR, l'autre pôle de compétitivité dans lequel est engagée la Picardie avec la région Champagne-Ardenne bénéficie lui aussi d'un excellent classement. Du 22 août au 1 er septembre, le constructeur de tracteurs Massey-Ferguson implanté à Beauvais a reçu plus de 5 000 agriculteurs du monde entier. L'institut Lasalle à Beauvais a accueilli le grand événement marketing, le salon "Vision of the futur" où les visiteurs ont pu découvrir les nouveaux produits et services et assister à des conférences où les grands problématiques agricoles ont été abordées. Septembre Le premier hôtel quatre étoiles, l'hôtel Marotte ouvre à Amiens complétant ainsi l'offre hôtelière amiénoise. Cet hôtel propose à ses clients accueil et conseil dans le cadre préservé d'une bâtisse du XIX e siècle. Les producteurs et tous les intervenants de la filière pomme de terre se sont donnés rendez-vous les 12 et 13 septembre sur le site Arvalis à Villers-Saint-Christophe pour le salon européen de la pomme de terre. Quatre pôles techniques, un village de commerce avec une quarantaine de négociants et de coopérateurs, 250 exposants, cinq conférences pour approfondir les sujets techniques et professionnels ont structuré la manifestation internationale. Le parc des Rives de l'oise à Venette, dédié à l'innovation, emploie de plus en plus de personnes. La parc existe depuis 2008, il a pour principal objectif le développement de
BILAN ÉCONOMIQUE 2012 CONTEXTE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL BRÈVES 3 jeunes entreprises tournées vers l'innovation. Début juillet 2012, 23 structures occupaient le site et ont franchi le cap de la centaine d'emplois. De nouvelles structures sont attendues dans le cadre du Projet Pivert dédié à la chimie verte. La ville de Senlis a annoncé le 20 septembre 2012 le lancement du premier centre européen de compétences en Biomimétisme. S'inscrivant dans une démarche de Développement Durable, le biomimétisme consiste à développer des applications innovantes à partir de l'étude et de la compréhension des mécanismes des systèmes biologiques. Ce projet situé sur le site de l'ancienne caserne Ordener de Senlis regroupera d'ici 2014, un vaste complexe comprenant un pôle d'enseignement universitaire, un pôle de formation, des laboratoires mutualisés pour les entreprises, un centre d'activité intégrant un centre de télé-travail, un centre de conférence et d'exposition. Le groupe AGCO, fabricant d'engins agricoles a annoncé en comité d'entreprise un investissement de 15,5 millions d'euros pour agrandir son site de l'oise qui emploie 2 200 salariés. Cet investissement servira à créer un site en achetant un nouveau bâtiment à Beauvais. Baptisé Beauvais 2, ce projet répond à un double objectif : désengorger l'atelier actuel en déplaçant la chaîne de montage des cabines de tracteurs, et créer le centre international de formation commerciale. Le 119 e congrès national des sapeurspompiers, s'est tenu à Amiens du 27 au 29 septembre 2012. Jean-François Cordet, préfet de la région Picardie, préfet de la Somme a inauguré jeudi 27 septembre le congrès. Cet évènement riche en rencontres et en convivialité reviendra sur les dossiers politiques qui animent la Fédération Nationale des Sapeurs- Pompiers. Cette manifestation s'est clôturée le 29 septembre par la visite et le discours du ministre de l'intérieur, Manuel Valls. Octobre Delphine Batho, ministre de l'écologie a inauguré lundi 29 octobre le site du fabricant de mâts d'éoliennes Enercon à Longueil-Sainte-Marie. L'usine est conçue pour fabriquer une centaine de mâts par an pour les projets éoliens du marché français. Elle a démarré avec 65 salariés et prévoit d'en recruter autant quand l'usine aura atteint sa vitesse de croisière. Enercon est déjà installé au Meux où elle a implanté son service commercial, son service de gestion de projets et son service après-vente. Le ministre délégué à l'économie sociale et solidaire, Benoît Hamon est venu à Amiens lundi 29 octobre afin de rencontrer les acteurs de ce secteur économique et annoncer les grandes lignes du projet de loi-cadre de l'ess. Le ministre délégué a visité la SCOP A Capella dont la réussite sur le secteur concurrentiel des centres d'appels démontre la validité entrepreneuriale. Benoît Hamon s'est rendu également dans les quartiers d'amiens et a rencontré deux entreprises d'insertion : Ménage service et Les Astelles, qui participent à la revitalisation économique de leur territoire. Puis, le ministre s'est exprimé devant une centaine d'acteurs de l'économie sociale et solidaire pour évoquer avec eux l'approche territoriale, le développement de leurs filières et les problématiques de financement auxquels ils sont confrontés. Novembre Isabelle Dorliat-Pouzet, sous-préfète en charge de la politique de la ville, a pris ses fonctions lundi 5 novembre à Amiens. Placée sous l'autorité du préfet de région, Jean-François Cordet, elle a pour mission de coordonner l'action de l'état et des collectivités territoriales en faveur des quartiers sensibles. La ville de Creil va être intégrée dans le dispositif des zones de sécurité prioritaires. Quatre quartiers du bassin creillois classés en zones urbaines sensibles figurent parmi les 49 nouvelles zones de sécurité prioritaires. À l'occasion de sa venue à Amiens le jeudi 15 novembre, François Lamy, ministre délégué auprès de la ministre de l'égalité des territoires et du Logement, chargé de la Ville, a signé les cinq premiers contrats "emplois d'avenir" de la région Picardie. Le ministre délégué à la Ville a également annoncé coopérer avec Michel Sapin, ministre du Travail, de l'emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social pour mettre en place à Amiens une expérimentation des "emplois francs", qui seront spécifiquement destinés aux jeunes diplômés issus des quartiers populaires et qui souhaitent être embauchés dans le secteur marchand. Les premières Assises régionales de l'artisanat de Picardie ont eu lieu à l'initiative des élus de la chambre régionale de métiers et de l'artisanat de Picardie, avec Jean-Yves Bourgois, nouveau secrétaire général et directeur des services à la chambre régionale des métiers et de l'artisanat. En décidant de l'organisation de cette manifestation, le bureau régional avait une triple ambition : valoriser le travail des artisans, présenter quelques-unes de leurs actions et imaginer ensemble comment progresser. Décembre La région picarde se situe sur le haut du podium pour les céréales, elle est la deuxième région de France en termes de superficies consacrées aux céréales et la première pour le blé tendre. Tandis que les superficies ont augmenté de 40 % depuis les années soixante-dix, la production de blé tendre diminue mais reste sur la première marche du podium. La hausse des surfaces est à combiner avec des rendements supérieurs à la moyenne française. Les bonnes récoltes picardes trouvent leurs débouchés dans un tissu agroalimentaire dynamique et l'amidonnerie constitue le principal débouché de la filière pour le blé transformé en Picardie. Le parc naturel marin des Estuaires picards et de la mer d'opale portant sur 118 km de côtes est le cinquième parc naturel marin français depuis le 14 décembre. Il concerne tout le littoral picard et couvre une surface maritime de 2 300 km² au large de la Seine-Maritime, de la Somme et du Pas-de-Calais. Ce secteur recense plus de 200 espèces animales et végétales. Un conseil de gestion de 60 membres va élaborer un plan de gestion de ce parc pour y développer de manière durable la pêche et l'activité touristique. Dix villes de l'aisne, de la Marne et des Ardennes ont décidé de constituer autour de Reims "un pôle métropolitain" sous la forme d'un syndicat mixte. Les collectivités du nouveau pôle métropolitain, le G10 vont travailler à leurs intérêts communs dans le développement économique, la recherche, l'enseignement, les transports, les grands équipements urbains, la culture, le tourisme et la santé. Suite à la consultation générale, les élus d'amiens-métropole se sont prononcés en faveur du tramway pour le mode de transport en commun en site propre. Une seconde consultation publique aura lieu au 2 e trimestre 2013 afin de déterminer le tracé de la traversée du centreville. Concrètement, Amiens métropole prévoit une seule ligne de Tramway qui part du nord pour aller à la Citadelle, la gare, la ZAC intercampus et l'hôpital sud. Si tout se passe comme prévu, le début des travaux est programmé pour 2015 pour une mise en service en 2018 ou 2019. Florence DILLY Institut national de la statistique et des études économiques 11
CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL BILAN ECONOMIQUE 2012 12
BILAN ECONOMIQUE 2012 CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL COMMERCE EXTÉRIEUR Reprise confirmée des échanges commerciaux 4 En 2012, la reprise des échanges extérieurs observée depuis 2 ans se confirme. Les exportations et les importations progressent respectivement de 4 et 2 %, stabilisant ainsi le déficit commercial. L'Allemagne reste de loin notre 1 er partenaire, en particulier en ce qui concerne les importations. Après une année 2009 marquée par le contrecoup de la crise économique et financière internationale, la reprise des échanges extérieurs amorcée depuis 2010 semble se confirmer. Les exportations s'élèvent à 14,5 milliards d'euros, soit une augmentation de 4 % par rapport à l'exercice antérieur, contre 3 % à l'échelon national. Les importations atteignent 16,6 millards d'euros, en croissance de 2 % légèrement au-dessus de la moyenne française. Un rang régional consolidé Les échanges régionaux représentent 3% des exportations comme des importations de la France. La Picardie se situe ainsi en 11 e position parmi les régions françaises exportatrices, largement devancée par les régions voisines du Nord-Pas-de-Calais (région frontalière) et de la Haute-Normandie (terre d'accueil de grandes entreprises industrielles) mais devant la Champagne-Ardenne. Tout comme en 2011, la région se maintient au 10 e rang pour ses importations. De fortes disparités départementales L'Oise, où le poids des grandes entreprises est élevée, est le département picard qui connaît le volume des échanges extérieurs le plus développé. En conséquence ce département représente 46 % des exportations de la région, suivi de la Somme (33%) et de l'aisne (21%) ; et 51% des importations devant l'aisne (28%) et la Somme (21 %). La part conséquente des importations dans l'aisne doit être rattachée à l'implantation de Volkswagen à Villers-Cotterêts. Les importations de ce groupe sont entièrement La reprise des échanges commerciaux de la Picardie se poursuit Évolution des importations et des exportations depuis 2005 Millions d E 20 000 15 000 10 000 5 000 Importations Exportations 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Source : Douanes (en millions d' ) En 2012, les exportations de la Picardie s'élèvent à 14,5 milliards d' euros Répartition géographique des échanges de la Picardie de 2010 à 2012 EXPORTATIONS IMPORTATIONS 2010 2011 2012 2010 2011 2012 (%) (en millions d' ) (%) (en millions d' ) (%) (en millions d' ) (%) (en millions d' ) (%) (en millions d' ) Europe Occidentale 8 965 72,3 10 097 72,5 10 256 70,6 10 907 76,5 12 619 77,4 12 747 77,0 UE à 27 (dont 12 nem) 9 296 75,0 10 427 74,9 10 542 72,6 11 620 81,5 13 403 82,2 13 593 82,1 PECO et CEI 1 054 8,5 1 172 8,4 1 210 8,3 976 6,8 1 106 6,8 1 163 7,0 autres Europe 723 5,8 842 6,0 924 6,4 263 1,8 322 2,0 317 1,9 Asie et Océanie 788 6,4 915 6,6 1 073 7,4 1 547 10,9 1 616 9,9 1 645 9,9 Amérique du Nord 602 4,9 675 4,8 710 4,9 339 2,4 395 2,4 488 2,9 Amérique latine 254 2,0 271 1,9 375 2,6 69 0,5 90 0,6 73 0,4 Afrique 444 3,6 471 3,4 533 3,7 202 1,4 222 1,4 219 1,3 Proche et Moyen-Orient 237 1,9 287 2,1 342 2,4 27 0,2 33 0,2 21 0,1 Divers et TOM 63 0,5 37 0,3 31 0,2 190 1,3 225 1,4 203 1,2 Total 12 401 100,0 13 926 100,0 14 530 100,0 14 258 100,0 16 307 100,0 16 560 100,0 (%) Source : Douanes 13
4 COMMERCE EXTÉRIEUR CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL BILAN ECONOMIQUE 2012 Somme 21,0 % L Oise en tête des échanges globaux de la région Ventilation départementale du volume régional 2012 en % Importations Exportations Oise 51,1 % Aisne 27,9 % Somme 33,2 % Oise 45,6 % Aisne 21,2 % Source : Douanes comptabilisées dans l'aisne alors qu'elles s'adressent à la demande nationale. Un commerce extérieur ancré dans les pays voisins Plus des trois quarts des échanges commerciaux (import+export) de la Picardie, soit un pourcentage supérieur à la moyenne française, sont réalisés avec les pays de l'union européenne. Pour ce qui concerne les exportations, les ventes avec ces marchés proches apparaissent assez équilibrées : Allemagne (17 % du total des Principaux groupes de produits exportés et importés en 2012 Les 10 premiers pays clients Les 10 premiers pays fournisseurs Part du produit dans les exportations vers le pays Part du produit dans les importations depuis le pays Allemagne Allemagne Produits chimiques, parfums et cosmétiques 34,0 Matériels de transport 31,6 Produits métallurgiques et métalliques 12,7 Produits chimiques, parfums et cosmétiques 24,3 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 10,9 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 12,1 Royaume-Uni Belgique Produits chimiques, parfums et cosmétiques 45,6 Produits chimiques, parfums et cosmétiques 31,0 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 10,9 Produits métallurgiques et métalliques 18,3 Produits des industries agroalimentaires (iaa) 8,9 Produits des industries agroalimentaires (iaa) 13,9 Belgique Italie Produits chimiques, parfums et cosmétiques 25,6 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 19,2 Produits des industries agroalimentaires (iaa) 20,9 Textiles, habillement, cuir et chaussures 15,9 Produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l'aquaculture 19,0 Produits chimiques, parfums et cosmétiques 12,3 Italie Chine Produits chimiques, parfums et cosmétiques 31,7 Produits métallurgiques et métalliques 18,1 Produits des industries agroalimentaires (iaa) 16,8 Produits informatiques, électroniques et optiques 18,0 Textiles, habillement, cuir et chaussures 8,6 Textiles, habillement, cuir et chaussures 15,7 Espagne Royaume-Uni Produits chimiques, parfums et cosmétiques 32,2 Produits chimiques, parfums et cosmétiques 29,7 Produits des industries agroalimentaires (iaa) 13,4 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 26,9 Produits métallurgiques et métalliques 12,4 Produits des industries agroalimentaires (iaa) 10,5 Pays-Bas Pays-Bas Produits chimiques, parfums et cosmétiques 38,3 Produits chimiques, parfums et cosmétiques 44,2 Produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l'aquaculture 12,3 Produits des industries agroalimentaires (iaa) 17,4 Produits des industries agroalimentaires (iaa) 10,4 Produits métallurgiques et métalliques 11,6 Etats-Unis Espagne Produits chimiques, parfums et cosmétiques 32,8 Produits chimiques, parfums et cosmétiques 22,6 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 26,0 Produits en caoutchouc et en plastique, produits minéraux divers 14,9 Produits en caoutchouc et en plastique, produits minéraux divers 9,4 Matériels de transport 13,8 Russie États-Unis Produits chimiques, parfums et cosmétiques 27,8 Produits métallurgiques et métalliques 28,3 Équipements électriques et ménagers 24,0 Produits chimiques, parfums et cosmétiques 17,5 Produits métallurgiques et métalliques 16,1 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 14,8 Pologne Pologne Produits chimiques, parfums et cosmétiques 23,4 Équipements électriques et ménagers 28,3 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 15,9 Produits métallurgiques et métalliques 17,1 Produits en caoutchouc et en plastique, produits mineraux divers 12,1 Produits chimiques, parfums et cosmétiques 13,3 Chine Autriche Produits chimiques, parfums et cosmétiques 33,9 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 53,2 Machines industrielles et agricoles, machines diverses 19,8 Bois, papier et carton 10,7 Produits des industries agroalimentaires (iaa) 17,7 Produits métallurgiques et métalliques 10,4 Source : Douanes 14
BILAN ECONOMIQUE 2012 CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL COMMERCE EXTÉRIEUR 4 exportations), Royaume-Uni (12 %), Belgique (1 %), Italie (8 %) et Espagne (7%). Les 12 nouveaux pays membres ne représentent que 6 % des ventes à l'étranger, leur part reste stable. On repère aussi, parmi les principaux les États-Unis (4 %) et la Chine (2 %). L'Allemagne, premier partenaire commercial S'agissant des approvisionnements, l'allemagne reste de loin le principal fournisseur avec 32 % des importations. Dans le classement des dix premiers pays fournisseurs, la Chine se classe au 4 e rang (6 %) derrière l'italie (11 %) mais devant le Royaume-Uni (6 %), les Pays- Bas (5%) et l'espagne (4 %). Le Japon ne figure plus parmi les 10 premiers pays fournisseurs de la région. Les balances commerciales sont déficitaires avec nos principaux partenaires et tout particulièrement l'allemagne, la Chine et l'italie. Seuls les échanges avec le Royaume-Uni sont nettement excédentaires. Millions d E 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 0 Plus de la moitié des échanges commerciaux se fait avec l'allemagne, la Belgique, l'espagne, l'italie et le Royaume-Uni Principaux clients et fournisseurs de la Picardie en 2012 Allemagne Royaume- Uni Millions d E 9 000 8 000 7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 0 Agroalimentaire Exportations Importations Belgique Italie Espagne Pays-Bas États-Unis Russie Pologne Chine Source : Douanes Le secteur des autres produits industriels en tête des échanges extérieurs Répartition sectorielle des échanges en 2012 Exportations Importations Matériels Équipements Autres produits Hydrocarbures Divers de transport mécaniques, matériel industriels naturels, électrique, électronique produits pétroliers raffinés et coke Source : Douanes 7 % des PME picardes exportatrices Part des PME exportatrices en % Implication des PME régionales à l exportation 2,4 2,0 2,3 2,4 3,0 3,1 2,7 2,2 2,6 6,5 3,2 6,0 4,0 1,4 3,0 1,5 IGN - Insee 2012 Source : Insee, Clap, Ficus 3,2 % des PME picardes exportent plus de 10 % de leur chiffre d affaires 4,4 3,2 2,8 2,3 3,5 3,9 4,3 6,0 4,3 3,9 En 2009, 10 000 établissements picards appartiennent à une entreprise qui exporte. La moitié de ceux-ci sont intégrés dans un groupe français ou étranger ; les entreprises des groupes sont en effet plus fréquemment portées vers les marchés extérieurs. Mais les PME sont également concernées : avec 7 % de PME exportatrices, l'implication de ces entreprises picardes sur les marchés extra-frontaliers place la Picardie à un niveau tout à fait honorable parmi les régions françaises, derrière l'île-de-france et les régions frontalières. Les trois principaux secteurs industriels de l'économie régionale, le travail des métaux, la chimie et la mécanique arrivent en tête des activités des PME exportatrices. La spécialisation autour d'une activité ou filière d'excellence est un atout local. La force du nombre élargit les frontières et stimule les performances. En retour, l'ouverture à l'international est un gage de pérennité, les entreprises qui ont développé leurs marchés à l'export sont celles qui survivent le mieux. Pérénité des établissements employeurs de 2004 à 2009 Entreprises indépendantes Non exportatrices Exportatrices Établissements permanents sur la période 2004-2009 en % 65 80 Établissements pérennes d'une année à la suivante en % 92 96 Source : Insee - Clap, Ficus, Fare Les entreprises exportatrices emploient davantage de personnel qualifié que celles qui n'exportent pas. L'accès à ces compétences spécifiques constitue d'ailleurs un enjeu fort pour permettre aux PME de se développer à l'international, de même que le fait de conquérir les marchés extérieurs dans les 5 premières années de leur existence. Extrait de "3 600 entreprises indépendantes impliquées à l'international", IINSEE ANALYSES n 63 janvier 2012 - Joël DEKNEUDT, Insee Picardie - Vincent TRELCAT, CCIR Picardie. - disponible sur : www.insee.fr/picardie "Les publications" DRDDI Picardie 15
4 COMMERCE EXTÉRIEUR CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL BILAN ECONOMIQUE 2012 La Picardie au 11 e rang des régions exportatrices Échanges globaux de la France résultats comparés des régions françaises Unités : millions d'euros caf/fab hors matériel militaire et % Exportations Importations 2012 Rang % 2012 Rang % Ensemble 432 567 100,0 514 387 100,0 Île-de-France 77 579 1 17,9 133 918 1 26,0 Rhône-Alpes 47 981 2 11,1 46 118 2 9,0 Midi-Pyrénées 44 460 3 10,3 29 348 7 5,7 Nord-Pas-de-Calais 32 706 4 7,6 39 362 4 7,7 Alsace 28 529 5 6,6 31 168 6 6,1 Haute-Normandie 26 562 6 6,1 39 604 3 7,7 Provence-Alpes-Côte d'azur 23 473 7 5,4 38 369 5 7,5 Centre 18 985 8 4,4 17 974 9 3,5 Pays de la Loire 17 993 9 4,2 24 926 8 4,8 Lorraine 17 784 10 4,1 14 659 11 2,8 Picardie 14 530 11 3,4 16 560 10 3,2 Aquitaine 13 547 12 3,1 12 863 12 2,5 Bretagne 11 260 13 2,6 11 431 13 2,2 Champagne-Ardenne 10 334 14 2,4 8 274 15 1,6 Franche-Comté 9 965 15 2,3 6 750 17 1,3 Bourgogne 8 976 16 2,1 7 672 16 1,5 Poitou-Charentes 7 565 17 1,7 6 159 18 1,2 Auvergne 6 933 18 1,6 6 054 19 1,2 Languedoc-Roussillon 6 217 19 1,4 10 140 14 2,0 Basse-Normandie 4 467 20 1,0 5 380 21 1,0 Limousin 1 991 21 0,5 1 715 22 0,3 Départements d'outre mer 672 22 0,2 5 719 20 1,1 Corse 57 23 0,0 222 23 0,0 Indéterminée 1 24 0,0 2 24 0,0 Source : Douanes Hausse des échanges pour les produits chimiques, parfums et cosmétiques Représentant 33 % du total des exportations et 21% de celui des importations, la valeur du secteur des produits chimiques, parfums et cosmétiques a augmenté respectivement de 7 % et de 6 % en 2012. Au second rang, le secteur des machines industrielles et agricoles, machines diverses (12 % des ventes à l'étranger et 1 3 % des approvisionnements) avec une progression significative tant des importations (+17%) que des exportations (+11 %). Les ventes de produits des industries agroalimentaires restent également dynamiques (+7%). Viviane COUTURE Direction régionale des douanes et droits indirects Pour en savoir plus www.douane.gouv.fr 16
CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL 6 BILAN ECONOMIQUE 2012 FINANCES CONTEXTE DES ÉCONOMIQUE COLLECTIVITÉS RÉGIONAL TERRITORIALES DÉMOGRAPHIE D'ENTREPRISES 5 Le nombre de créations d'entreprises reste stable Le régime d auto-entrepreneur est toujours porteur de créations d entreprise. Mais, hors auto-entreprises, le nombre de créations baisse dans tous les secteurs d activité, en Picardie comme en France métropolitaine. En 2012, on dénombre 550 000 créations d'entreprises en France et 11 000 en Picardie. Par rapport à l'année précédente, on observe une relative stabilité, tant au niveau régional (-0,5 %) que national (+0,2 %) ; ce qui est vrai aussi dans la plupart des régions métropolitaines. Cette situation recouvre en fait une évolution très différenciée entre les créations d'autoentreprises qui croissent fortement (+7,5 % en Picardie) et les autres créations qui, au contraire, chutent (-9,6 %). Ces mouvements inverses sont étroitement liés à la conjoncture économique défavorable observée en 2012 : d'une part l'entrepreneuriat apparaît particulièrement risqué dans ce climat morose et la création d'entreprises "classiques" s'en trouve freinée ; mais d'autre part, le statut d'auto-entrepreneur constitue une opportunité d'emploi pour des actifs ne se voyant pas proposer d'embauche salariée. Hors auto-entrepreneurs, le nombre de créations chute Le nombre de créations d entreprises individuelles hors auto-entrepreneurs diminue tant dans la région (-8,8 %) qu en France métropolitaine (-9,2 %). Tous les secteurs d activité sont concernés par cette baisse, en particulier la construction (-15,2%) et les services aux entreprises (-14,3 %). De la même manière, les créations de société sont en baisse. et cela encore plus nettement en Picardie (-10,3 %) qu en France (-4,3 %). Parmi les sociétés créées, la part des SARL reste très importante (quatre sur cinq environ) mais celle des sociétés par actions simplifiées (SAS) ne cesse de croître, elles représentent près de 16 % des créations de sociétés picardes en 2012. Sociétés Évolution sur un an 2012/2011 Un régime d auto-entrepreneur qui se maintient depuis sa création Depuis sa mise en place au 1 er janvier 2009, le nombre d auto-entreprises se révèle toujours important dans toutes les régions métropolitaines. En 2012, le nombre d auto-entrepreneurs a même augmenté tant en Picardie (+7,5 %) qu en France métropolitaine (+5,6 %), par rapport à l année 2011. 13 000 12 000 11 000 10 000 9 000 8 000 7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 Sociétés Entreprises individuelles hors auto entreprises Auto entreprises Note : nombre de créations brutes. Champ : ensemble des activités marchandes non agricoles. Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements Sirene). 10 964 entreprises créées en 2012 en Picardie Créations d'entreprises par département - Picardie 2012 Entreprises individuelles Évolution sur un an 2012/2011 Hors auto-entreprises, le nombre de créations est en baisse Créations d'entreprises dans la région Picardie 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Régime d'autoentrepreneur Évolution sur un an 2012/2011 Créations en 2012 (nombre) Ensemble Évolution sur un an 2012/2011 Aisne -12,2-16,4 +8,3 2 856-1,1 Oise -9,0-4,7 +3,1 5 219-2,1 Somme -11,2-10,7 +14,2 2 889 3,0 Picardie -10,3-8,8 +7,5 10 964-0,5 France métropolitaine -4,3-9,2 +5,6 531 154 0,2 Source : Insee, répertoire des entreprises et des établissements (Sirene) 17
5 DÉMOGRAPHIE D'ENTREPRISES CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL BILAN ECONOMIQUE 2012 Défaillances Au cours de l'année 2012, 1800 défaillances d'entreprises sont jugées en Picardie (en date de jugement), soit une forte hausse de +12,2 % par rapport à l'année 2011. En France métropolitaine, le nombre de dépôts de bilan est en légère hausse (+2,5 %) : 59 450 contre 58 000 en 2011. La quasi-totalité des régions métropolitaines affichent un nombre de défaillances d'entreprises en hausse par rapport à 2011. Dans les régions voisines de la Picardie, le nombre de défaillances augmente au même rythme en Champagne-Ardenne (+12,0 %), mais moins nettement en Nord-Pas-de-Calais (+4,3 %) et Haute- Normandie (+2,9 %). En Picardie, les secteurs d'activité les plus touchés par les dépôts de bilan sont la construction et les services aux entreprises. 165 Évolution des défaillances d entreprises dans la région Picardie en indice base 100 en janvier 2005 Depuis 2009, la part des auto-entrepreneurs parmi l ensemble des créations est supérieure à 50 % dans toutes les régions métropolitaines. En 2012, en Picardie, les auto-entrepreneurs représentent 57,4 % du total des créations d entreprises (après 52,9 % en 2011). Cette part dépasse les 60 % dans trois régions métropolitaines : la Franche-Comté, la Lorraine (62,0 % chacune) et la Champagne-Ardenne (61,2 %). En Picardie, le nombre d auto-entreprises augmente dans tous les secteurs, en particulier l'industrie (+20,2 %), la construction (+14,7 %) et les services aux particuliers (+11,7 %). 160 155 150 145 140 135 130 125 120 115 110 105 100 95 90 déc. 2004 déc. 2005 déc. 2006 déc. 2007 déc. 2008 déc. 2009 déc. 2010 déc. 2011 déc. 2012 Picardie France métropolitaine Note : données brutes, en date de jugement. Chaque point correspond au cumul des 12 derniers mois. Source : Banque de France, Fiben (extraction du 5/3/13). Évolution sur un an des défaillances d entreprises selon le secteur d activité dans la région Picardie en % Ensemble (1) Industrie Une part des créations sans salarié importante La majorité des créations d entreprises se fait sans salarié (94,7 % en Picardie, 95,0 % en France), notamment en raison de la part importante des auto-entreprises parmi l ensemble des créations. Parmi les entreprises employeuses (créées avec au moins un salarié), le nombre moyen de salariés est de 2,4 en Picardie (2,9 en France). Le secteur industriel est toujours celui où le nombre moyen de salariés est le plus important : 3,4 en Picardie (4,0 en France). Les hommes majoritaires En Picardie, les hommes sont majoritaires parmi les créateurs dans la construction (96,0 %), dans le transport (94,6 %) et dans l information et la communication (92,3 %). A l inverse, les femmes sont bien représentées dans l enseignement, la santé humaine et l action sociale (69,2 %) et dans les autres services aux ménages (73,7 %). Le secteur industriel tend à se féminiser. Hors auto-entrepreneurs, les femmes représentent 35,5 % de l effectif en Picardie en 2012 contre 17,4 % seulement en 2002. Construction Commerce, Transport, Hébergement, Restauration Services aux entreprises Services aux particuliers (2) 1 6 11 16 21 26 31 36 Picardie France Métropolitaine (1) : y compris agriculture. (2) : hors administration publique, activités des ménages en tant qu employeurs et activités extra territoriales. Note : données brutes, en date de jugement. Source : Banque de France, Fiben (extraction du 5/3/13). 18
BILAN ECONOMIQUE 2012 CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL DÉMOGRAPHIE D'ENTREPRISES 5 Taux de création hors auto-entrepreneurs Hors auto-entrepreneurs, en 2012, le taux de création est proche en Picardie (6,7%) et en France métropolitaine (6,9 %). Entre 2010 et 2012, la baisse du taux est plus accentuée dans la région (-1,5 point) qu en France métropolitaine (-0,5 point). Les régions voisines de la Picardie ne sont pas touchées avec la même ampleur. Entre 2010 et 2012, les évolutions sont de : -0,3 point en Champagne-Ardenne, -0,2 point en Haute-Normandie et -0,6 point dans le Nord-Pas-de-Calais. Dans les départements picards, en 2012, le taux de création hors auto-entrepreneurs est plus élevé dans l Oise (8,1 %) que dans les départements de la Somme et de l Aisne, respectivement 5,5 % et 5,6 %. De plus, entre 2010 et 2012, la baisse est plus marquée dans l Aisne (-2,0 points) que dans l Oise (-1,2 %). Le taux de création hors auto-entrepreneurs est supérieur à 7 % dans les trois zones d emploi de l Oise. Dans les zones de la Somme, ce taux s élève à 6,0% dans la zone d Amiens et atteint des taux très bas dans les zones d Abbeville (4,5 %) et de Péronne (4,7 %). Les zones d'emploi de l'aisne se situent toutes entre 5 et 6 %. Les créations d'entreprises hors entrepreneurs diminuent dans toutes les régions Évolution annuelle régionale des créations d'entreprises en % Ensemble Industrie Construction Commerce, Transport, Hébergement, Restauration Services aux entreprises Services aux particuliers Évolution annuelle du nombre de créations d entreprises dans la région Picardie 13 Sociétés Entreprises individuelles hors auto entreprises Auto entreprises Ensemble Note : données brutes. Champ : ensemble des activités marchandes non agricoles. Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements Sirene). 8 3 2 7 12 17 22 Taux de création hors auto-entreprises par zones d emploi en Picardie Abbeville 4,5 Vallée de la Bresle-Vimeu Partie picarde 4,5 Nord - Pas-de-Calais Amiens 6,0 Péronne 4,7 Saint-Quentin 5,7 Thiérache 5,4 Haute-Normandie Taux de création d entreprises en % Beauvais 7,1 Limites des zones d emploi 8,0 6,0 4,8 Compiègne 8,0 Roissy - Sud Picardie Partie picarde 8,4 Île-de-France Tergnier 6,0 Soissons 5,9 Château- Thierry 5,6 Laon 5,5 Champagne- Ardenne IGN - Insee 2013 Source : Insee Benoît RIEM Institut national de la statistique et des études économiques Pour en savoir plus Les entreprises créées en 2006 : une pérennité plus faible dans la construction, Insee Première N 1441 - avril 2013. En 2012, plus d'immatriculations d'auto-entreprises, moins de créations de sociétés, Insee Première N 1433 - janvier 2013. Au bout de trois ans, 90 % dégagent un revenu inférieur au Smic au titre de leur activité non salariée, Jérôme Domens et Justine Pignier, Insee Première n 1414, septembre 2012. Créations et créateurs d'entreprises sous le régime de l'auto-entrepreneur, Enquête auto-entrepreneurs 2010, Insee Résultats, février 2012. Trois auto-entrepreneurs sur quatre n'auraient pas créé d'entreprise sans ce régime, Insee Première N 1388 - février 2012 www.insee.fr 19
CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL BILAN ECONOMIQUE 2012 20
BILAN ECONOMIQUE 2012 CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL FINANCES DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES L'épargne des communes et départements picards progresse en 2011 En 2011, les communes comme les départements picards ont amélioré leur niveau d'épargne brute. Leurs produits de fonctionnement ont connu une hausse plus dynamique que leurs charges et ce, malgré l'accroissement des dépenses d'aide sociale pour les départements. 6 En 2011, le montant consolidé d'épargne brute (la capacité d'autofinancement ou CAF brute) des trois départements picards a progressé de 18,7 %. Cette augmentation s'explique par une hausse des produits de fonctionnement réels (les produits réellement décaissés, qui génèrent un flux monétaire) plus prononcée que celle des charges. D'un montant moyen de 133 /hab. en 2011, leur CAF brute est légèrement inférieure à la moyenne des départements comparables 1. Les produits de fonctionnement réels des départements progressent Les produits de fonctionnement réels progressent de 4,7 %. Cependant, la réforme de la fiscalité directe locale rend difficile les comparaisons 2010/2011 en matière de produits de fonctionnement. En effet, une partie des taxes sur les ménages, anciennement perçues par les départements, a été transférée au bloc communal. L'unique taxe sur les ménages que le département continue de percevoir partiellement est la taxe foncière sur les propriétés bâties. Il perçoit également 48,5 % de la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) et une partie de l'imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux (IFER). En outre, les départements se sont aussi vu attribuer la part de l'état sur les Droits de Mutation à Titre Onéreux (DMTO) et le reliquat de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance. Ainsi, en 2011, la réduction du montant du produit des impôts directs (-25,0%) a été plus que compensée par l'augmentation du produit des autres impositions (+39,0 %). Les départements sont également destinataires de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (DCRTP). Ainsi, en 2011, les départements de Picardie ont perçu des attributions de péréquation et de compensation 2,5 fois supérieurs au montant constaté en 2010 (soit 94,3 M ). La suppression de la taxe professionnelle a aussi conduit à la création d'un fonds national de garantie individuelle des ressources (FNGIR). Les départements picards ont bénéficié d'un versement de ce fonds à hauteur de 40,5 M. Les frais de séjour et d'hébergement sont en hausse significative (+13,9 %) et présentent un niveau supérieur à la moyenne des départements démographiquement comparables (169 /hab. contre 161 ). Les dépenses d'aides à la personne sont également en progression (+3,8 %) et supérieures à la moyenne (241 /hab. contre 237 ). Les différentes catégories d'aides sont toutes en hausse : + 8,7% pour la prestation de compensation du handicap (PCH), +3,7 % pour l'aide personnalisée à l'autonomie (APA) et +5,4 % pour le revenu de solidarité active (RSA). 2010 en millions d'euros AVERTISSEMENT : Ce chapitre porte sur l'année 2011, dernière année disponible en ce qui concerne les finances des collectivités territoriales. Les départements de la région Picardie Données financières 2011 consolidées des départements de l Aisne, de l Oise et de la Somme 2011 en millions d'euros variation 2010/2011 en % 2011 en euros par habitant 2011 moyenne de la strate en euros par habitant 1 FONCTIONNEMENT Produits réels 1 776,7 1 861,0 +4,7 980,0 947,0 dont impôts directs 763,1 572,1-25,0 301,0 260,0 fiscalité reversée 0,0 40,5 21,0 17,0 autres impositions 434,7 604,3 +39,0 318,0 336,0 dotations et participations 525,1 586,1 +11,6 308,0 298,0 Charges réelles 1 563,2 1 607,5 +2,8 846,0 807,0 dont charges de personnel 325,1 333,6 +2,6 176,0 165,0 achats et charges externes 224,3 230,1 +2,6 121,0 87,0 subventions et contingents 984,3 1 012,6 +2,9 533,0 538,0 charges financières 27,0 29,2 +8,1 15,0 15,0 capacité d autofinancement brute 213,5 253,5 +18,7 133,0 139,0 INVESTISSEMENT Recettes réelles 235,7 235,6 0,0 124,0 105,0 dont Fonds de compensation de latva 34,1 24,2-29,0 12,7 16,0 subventions d'équipement reçues 59,4 42,8-27,9 23,0 24,0 emprunts souscrits 135,0 163,7 +21,2 86,0 58,0 Dépenses réelles 483,7 427,7-11,6 225,0 234,0 dont dépenses d'équipement directes 209,8 209,7 0,0 110,0 106,0 subventions d'équipement versées 151,4 126,9-16,2 67,0 74,0 remboursement en capital des emprunts 106,8 71,9-32,7 38,0 47,0 ENCOURS DE DETTE 896,6 988,4 +10,2 520,0 489,0 1 Strate des départements de 500 000 à 999 999 habitants Source : DGFiP 21
6 FINANCES DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL BILAN ECONOMIQUE 2012 Les dépenses d'aides à la personne sont en progression Détail des subventions de fonctionnement versées et des contingents 2010 en millions d'euros 2011 en millions d'euros variation 2010/2011 (%) 2011 en euros par habitant 2011 moyenne de la strate* en euros par habitant Subventions et contingents 984,3 1 012,6 +2,9 533 538 dont Contributions obligatoires et participations 152,8 151,3-1,0 80 88 Subventions 62,0 58,8-5,2 31 38 Frais de séjour et d'hébergement 307,8 321,7 +13,9 169 161 Aides à la personne 441,3 458,2 +3,8 241 237 Prestation de compensation du handicap 35,5 38,6 +8,7 20 19 Aide personnalisée à l autonomie APA 144,3 149,7 +3,7 79 84 Revenu de solidarité active RSA 209,7 221,0 +5,4 116 110 *Départements de 500 000 à 999 999 habitants Source : DGFiP La direction générale des Finances publiques au service de la dématérialisation des flux comptables et financiers du secteur public local La direction générale des Finances publiques (DGFiP) est fortement impliquée dans la promotion de la dématérialisation des documents papier de la chaîne comptable et financière. La DGFiP a engagé mi-2004, après plusieurs mois de concertation avec les principaux partenaires (associations nationales d'élus et d'ordonnateurs, administrations concernées de l'état, cour des comptes), un plan d'actions pour favoriser la dématérialisation dans le secteur public local en liaison avec la mission Hélios. L'objectif est d'organiser une dématérialisation cohérente et concertée des grands flux de documents papier qui transitent chaque année entre les trois acteurs de la chaîne comptable et financière des collectivités et établissements publics locaux : les ordonnateurs, les comptables publics et les chambres régionales des comptes. Créé en mai 2004, le pôle national de dématérialisation est la "cheville ouvrière" de la mise en oeuvre de ce plan d'actions. Des enjeux matériels et financiers majeurs Chaque année, plus d'1 milliard de feuilles de papier sont produites par les collectivités locales : - 560 millions pour les titres, les mandats et les bordereaux ; - 500 millions pour les pièces justificatives ; - 91 millions pour la paye des agents du secteur public local. Soit 5 000 tonnes de papier par an qui représentent l'équivalent d'une forêt de 280 hectares. Cela génère des coûts importants de papier - 54 millions d'euros par an - mais aussi des coûts de stockage, d'archivage et d'autres consommables (encre ) pour l'ensemble des partenaires. Les principes de la dématérialisation La dématérialisation dans le secteur public local : - concerne uniquement les échanges de documents entre les ordonnateurs, les comptables et les chambres régionales des comptes ; - se fait sur la base du volontariat et dans le respect des compétences de chacun des acteurs et de la libre administration des collectivités et établissements publics locaux ; - donne lieu à une convention entre les acteurs locaux sur la base des conventions cadre nationales conclues avec les partenaires nationaux ; - privilégie le recours au Protocole d'échanges Standard d'hélios pour les données d'ordonnancement ; - privilégie l'échange de données et la non-matérialisation en bout de chaîne des documents dématérialisés. Le Protocole d'échanges Standard v2 Depuis 2007, le Protocole d'échanges Standard (PES) d'hélios permet aux collectivités et établissements publics locaux de transmettre à la DGFiP le flux des données de prise en charge comptables en remplacement de tous les protocoles existants. Ce protocole dans sa version 2 constitue la solution de dématérialisation des mandats, des titres et des bordereaux. Il permet également de transmettre les pièces justificatives dématérialisées ou leurs références et peut intégrer des données numériques signées électroniquement. L'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D 1617-23 du code général des collectivités territoriales (NOR : BCFR0750735 A) relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique définit les modalités sécurisées de transmission des flux PES à Hélios. Des dépenses d'équipement directes stables, des subventions en baisse En 2011, les dépenses réelles d'investissement des conseils généraux de Picardie ont diminué de 11,6 %. On constate une baisse conjuguée des subventions d'investissement versées (-16,2 %) et du montant de remboursement en capital de la dette (-32,7 %). Dans le même temps, les dépenses d'équipement directes se maintiennent à 209,7 M, un niveau légèrement supérieur à la moyenne. Le montant des recettes d'investissement est stable. La souscription de nouveaux emprunts (pour 163,7 M ) est d'un montant supérieur de 21,2 % aux emprunts souscrits en 2011 et des montants perçus de Fonds de compensation de latva (FCTVA) comme de subventions sont en baisse respectivement de 29 % et de 27,9 %. Un endettement qui s'accroît En 2011, l'encours de dette consolidé des départements picards s'est élevé de 10,2 % pour atteindre le montant de 988,4 M. Exprimé en euros par habitant, il est supérieur à la moyenne (520 /hab. contre 489 ). L'épargne (CAF) des communes de Picardie s'est améliorée en 2011 à la faveur d'une hausse de leurs produits de fonctionnement. Prises dans leur ensemble, les communes de Picardie ont vu leurs produits de fonctionnement exprimés en euros par habitant (+4,1 %) augmenter plus vite que leurs charges (+2,5 %) en 2011. En ce qui concerne uniquement les communes de plus de 10 000 habitants, les augmentations constatées des charges et produits sont identiques (+3,4%). La réforme de la fiscalité directe locale a modifié la structure des produits de fonctionnement perçus par les communes. Un nouveau panier de ressources est venu compenser la suppression de la taxe professionnelle. Globalement, le produit des impôts locaux exprimé en euros par habitant augmente de 1,6 % pour s'établir à 385 /hab. Cependant, cette progression concerne seulement les communes de moins de 10 000 habitants (4,1 % d'augmentation). Les 22 plus importantes communes de la région sont dans la tendance inverse (-1,8 %). Le produit des autres impôts et taxes progresse lui de 16,0 % (43 /hab. en 2011). Sous l'effet de l'introduction de la Dotation de Compensation de la réforme de la Taxe Professionnelle (DCRTP), les autres dotations et participations ont progressé de 9,1 % à 84 /hab. 22
BILAN ECONOMIQUE 2012 CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL FINANCES DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES 6 Suite à l'application du mécanisme du Fonds National de Garantie Individuelle de Ressources (FNGIR), les recettes de fiscalité reversée des communes de Picardie ont augmenté de 8,2 % en 2011. En baisse pour les communes de moins de 10 000 habitants (-2,9 %), les reversements de fiscalité en provenance des groupements intercommunaux ont pourtant globalement progressés de 8,2% (à la faveur d'une hausse de 15 % pour les 22 communes les plus importantes). Légère augmentation des charges de fonctionnement des communes Pour l'ensemble des communes, les charges de personnel progressent de 1,7 % pour s'établir à 350 /hab. en moyenne. Représentant 224 /hab. en moyenne, les achats et charges externes ont augmenté de 2,3 % en 2011. Stables pour les villes de plus de 10 000 habitants, les contingents ont progressé de 3,8% pour les petites communes. Les subventions versées par les 22 villes principales ont augmenté de 4,5 % (92 /hab. en 2011) quand dans le même temps les autres communes diminuaient de 3,4 % (28 /hab. en 2011). Globalement, la hausse constatée est de 2,1%. Les charges financières des villes de plus de 10 000 habitants ont progressé de 41,7 % pour atteindre 34 /hab. en moyenne. La hausse des charges financières des autres communes a été beaucoup plus contenue (+5,9 % pour une moyenne de 18 /hab.). Les produits augmentent plus vite que les charges de fonctionnement réelles La capacité d'autofinancement (CAF) brute des communes picardes affiche une progression de 12,4 %. Elles s'établit en moyenne à 163 /hab. Après avoir déduit le remboursement de la dette en capital, la CAF nette apparaît elle aussi en augmentation (+22,2 %). La hausse constatée est plus sensible pour les petites communes. Au sein des dépenses d'investissement on constate une augmentation globale des dépenses d'équipement (+2,7% en euros par habitant). Celle-ci est plus nette pour les grosses communes. Les dépenses afférentes au remboursement de la dette en capital reculent pour les communes de moins de 10 000 habitants (-4,3 %) pour s'établir à 45 /hab. mais progressent de 4,0 % pour les villes principales. Pour ces dernières, les dépenses d'amortissement de la dette s'élèvent à 105 /hab. en moyenne. Les 22 plus grandes villes de la région se sont davantage endettées en 2011 qu'en 2010 tandis que les communes de moins de 10 000 habitants limitaient leur recours à l'emprunt. Le montant de l'encours de dette des communes de la Somme a augmenté de 2,1 %. L'encours de dette des 22 villes principales se situe à 846 /hab. en moyenne. Il est de 451 /hab. pour les communes de moins de 10 000 habitants. Jérémy BRUNET William WILMORT Direction générale Finances publiques Fonctionnement : l évolution positive des produits profite à l épargne brute des communes Évolution 2010-2011 des frais de fonctionnement des communes picardes Communes de moins de 10 000 habitants (2 269) 2011 en euros par habitant variation 2010/2011 Communes de plus de 10 000 habitants (22) 2011 en euros par habitant variation 2010/2011 2011 en euros par habitant variation 2010/2011 Produits réels 746 +4,8 1 218 +3,4 891 +4,1 Charges réelles 585 +1,9 1 054 +3,4 729 +2,5 CAF brute 162 +16,5 165 +3,8 163 +12,4 Remboursement de dette en capital 45-4,3 105 +4,0 63-1,5 CAF nette 116 +27,5 60 +3,4 99 +22,2 La Picardie est composée de 2 291 communes, dont 22 de plus de 10 000 habitants. 2011 en euros par habitant variation 2010/2011 2011 en euros par habitant variation 2010/2011 Total des communes (2 291) Investissement : les dépenses d équipement progressent Évolution 2010-2011 des investissements des communes picardes Communes de moins de 10 000 habitants (2 269) Pour en savoir plus www.economie.gouv.fr/dgfip Communes de plus de 10 000 habitants (22) Source : DGFiP Total des communes (2 291) 2011 en euros par habitant variation 2010/2011 Ressources d'investissement budgétaires 320-5,8 508 +5,4 377-1,8 dont Excédents de fonctionnement capitalis 119-1,7 132-8,3 123-3,9 Emprunts souscrits 53-14,5 130 +13,0 76-2,6 Subventions 60-17,8 54-5,3 58-14,7 FCTVA 29 +14,7 34-5,5 31-8,8 Emplois d'investissement budgétaires 323 +1,9 481 +2,6 371 +1,9 dont Dépenses d'équipement 257 +0,8 287 +6,7 267 +2,7 Remboursement de dette en capital 45-4,3 105 +4,0 63-1,6 Une légère augmentation de l encours de dette Évolution 2010-2011 de l encours de la dette des communes picardes Communes de moins de 10 000 habitants (2 269) 2011 en euros par habitant variation 2010/2011 Communes de plus de 10 000 habitants (22) 2011 en euros par habitant variation 2010/2011 Total des communes (2 291) 2011 en euros par habitant Source : DGFiP variation 2010/2011 Encours total de la dette au 31/12/201 451 +1,6 846 +3,5 572 +2,1 Annuité de la dette 62-3,1 128 +4,1 82 0,0 Source : DGFiP 23
CONTEXTE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL BILAN ECONOMIQUE 2012 24
BILAN ECONOMIQUE 2012 Marché du travail EMPLOI 7 La situation de l'emploi picard s'aggrave En Picardie, l'emploi salarié marchand non agricole se détériore en 2012. Les pertes s'élèvent à 6 000 emplois et sont trois fois plus élevées qu'en 2011. Elles concernent tous les secteurs d'activité, en particulier l'intérim et l'industrie, qui paient le plus lourd tribut. L'emploi se dégrade dans tous les départements, néanmoins, l'aisne est le département le plus malmené. Au cours de l'année 2012, la Picardie enregistre une baisse des effectifs salariés dans le secteur marchand non agricole (-1,6 %). La dégradation de l'emploi picard s'accentue : l'évolution annuelle de 2012 est la plus défavorable de ces trois dernières années. Elle reste cependant moins forte que celle de 2009, au coeur de la crise économique (-3,9 %). En France métropolitaine, la contraction de l'emploi est plus modérée (-0,6 %). Comme pour les trois années précédentes, la Picardie fait partie des régions les plus touchées par les pertes d'emploi. En 2012, seules six régions ont une évolution plus défavorable, au premier rang desquelles la Franche-Comté, la Champagne-Ardenne et la Lorraine. Ces régions ont en commun avec la Picardie un appareil productif traditionnellement orienté vers l'industrie. De même, cette année encore, les régions Corse, Midi-Pyrénées et Île-de-France sont celles qui s'en sortent le mieux. Elles sont les seules à avoir un solde d'emploi légèrement excédentaire. Dans ces régions, le secteur tertiaire marchand, moins touché par les difficultés économiques, est prépondérant. La croissance économique atone du pays ne permet pas de préserver les emplois. En 2012, 6 000 emplois picards ont disparu. Ces pertes sont trois fois plus importantes que celles enregistrées en 2011. Elles représentent cependant moins de la moitié de celles de 2009, année durant laquelle le recul de l'emploi a été record. Sur l'année, la baisse des effectifs ne s'est pas faite uniformément. Après des pertes modérées au 1 er trimestre (500), le 2 e trimestre a concentré près de la moitié des emplois détruits (2 500). Au 3 e puis au 4 e trimestre, le déficit d'emploi reste soutenu (1 500 chaque trimestre). Secteurs (Naf rév.2) En 2012, l'emploi salarié se détériore Emploi salarié des secteurs principalement marchands dans la région Picardie 4 e trimestre 2012 (en milliers) Picardie Évolution 4 e trimestre 2012/ 4 e trimestre 2011 (en %) Picardie France métropolitaine Évolution annuelle moyenne 4 e trimestre 2012 / 4 e trimestre 2007 (en %) Picardie France métropolitaine Industrie 108,4-1,8-0,9-3,3-2,1 Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 17,6-1,5-0,9-0,7-0,8 Cokéfaction et raffinage, industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution 7,8 +2,2 +1,2-0,9 +0,4 Fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques ; fabrication de machines 14,1-0,1-0,8-3,5-2,8 Fabrication de matériels de transport 7,2-1,2 +0,3-3,3-1,9 Fabrication d'autres produits industriels 61,6-2,9-1,8-4,2-3,0 Construction 35,8-2,8-1,0-1,5-1,0 Tertiaire principalement marchand 227,1-1,3-0,5-0,4 0,0 Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles 75,9-0,9-0,7-0,4-0,3 Transports et entreposage 36,6 +0,1-0,4-0,7-0,3 Hébergement et restauration 18,0 +1,5 +0,6 +1,4 +0,8 Information et communication 5,2-0,5 +0,3-2,0 +0,6 Activités financières et d'assurance 13,5-1,2 +0,6 +1,4 +0,3 Activités immobilières 4,5-2,3-1,3-2,2-1,1 Activités scientifiques et techniques ; services administratifs et de soutien ; hors Intérim 39,8 1,0 +1,1 +1,8 +1,1 Autres activités de services 17,2-0,2-0,8 0,0 +0,5 Intérim 16,3-13,7-10,7-6,7-4,7 Total 371,2-1,6-0,6-1,4-0,6 Champ :emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture,secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs ;données corrigées des variations saisonnières. Source : Insee, estimations d'emploi 25
7 EMPLOI Marché du travail BILAN ECONOMIQUE 2012 Base 100 au 4e trimestre 2001 120 110 100 90 80 Industrie Construction Tertiaire principalement marchand L'industrie essuie les pertes les plus lourdes Depuis plus de dix ans, l'industrie est le secteur d'activité picard qui perd le plus gros volume d'emplois. Les destructions sont plus importantes cette année (2 000 emplois) qu'en 2011 (1 500 emplois). L'évolution annuelle de 2012 (-1,8 %) reste toutefois moins défavorable que celles enregistrées de 2008 à 2010. Sur l'année 2012, elle est deux fois plus forte que celle de la France métropolitaine. Le secteur "Fabrication d'autres produits industriels 1 " concentre à lui seul 90 % des pertes d'effectifs alors qu'il ne représente que 55 % des effectifs de l'industrie picarde. De plus, si l'on intègre les intérimaires travaillant dans le secteur, les pertes d'emploi dans l'industrie régionale sont doublées : 4 000 emplois. Le recul de l'emploi n'épargne aucun département picard Emploi salarié par département et par secteur dans la région Picardie Évolution 4 e trimestre 2012/ 4 e trimestre 2011 (en %) dont Commerce dont Intérim Total Emploi au 4 e trimestre 2012 (en milliers) Aisne -1,9-5,8-1,6-0,7-10,0-2,1 89,4 Oise -1,9-0,3-1,1-0,7-19,8-1,3 164,4 Somme -1,6-3,8-1,2-1,4-7,6-1,6 117,3 Picardie -1,8-2,8-1,3-0,9-13,7-1,6 371,2 Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs ; données corrigées des variations saisonnières. Source : Insee, estimations d'emploi Depuis 10 ans, l industrie est le secteur d activité picard qui perd le plus d emplois Évolution de l'emploi salarié des secteurs principalement marchands dans la région Picardie Tertiaire Construction principalement Commerce marchand Emploi Picardie Industrie Emploi France métropolitaine 70 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs ; données corrigées des variations saisonnières. Source : Insee, estimations d'emploi La construction subit l'évolution la plus défavorable Le secteur de la construction picarde n'échappe pas à la conjoncture difficile. Son évolution annuelle est plus défavorable que celle des autres secteurs picards (-2,8 %). Elle est aussi trois fois plus forte que celle enregistrée au niveau national. Les pertes régionales s'élèvent à 1 000 emplois, soit autant qu'au cours des années 2010 et 2011 réunies. Sur l'année 2012, la tendance est restée baissière au fil des trimestres, contrairement aux deux années précédentes, où elle oscillait entre stabilité et repli. En tenant compte des missions d'intérim accomplies dans la construction, le déficit s'élève à 1400 emplois en Picardie. La chute du commerce affecte le tertiaire Pour la première fois depuis 2009, le tertiaire principalement marchand picard (hors intérim) affiche un solde d'emplois négatif. En 2012, il perd 300 emplois, après en avoir gagné 1 500 l'année précédente. Les pertes sont dues essentiellement au commerce, qui enregistre une baisse (700 emplois) pour la première fois depuis 2009. En revanche, les emplois détruits en 2012 ne représentent que 40 % du volume perdu cette année-là. Le commerce picard suit la tendance nationale pour l'année 2012. Les services marchands picards, hors intérim, enregistrent un solde d'emplois légèrement positif (+300). Celui-ci est toutefois quatre fois plus faible que celui de 2011. Cette croissance d'effectifs (+0,3%) provient de deux activités : "Hébergement et restauration" d'une part, qui affiche une évolution (+1,5 %) plus forte que celle enregistrée au niveau national (+0,6 %) ; "Activités scientifiques et techniques ; services administratifs et de soutien, hors intérim" d'autre part, qui suit la tendance nationale (+1,1 %). Tous les départements sont touchés Au cours de l'année 2012, le recul de l'emploi en Picardie n'épargne aucun département : 1 Le secteur de la Fabrication d autres produits industriels comporte 7 sous-secteurs : - Fabrication de textiles, industries de l habillement, industrie du cuir et de la chaussure ; - Travail du bois, industries du papier et imprimerie ; - Industrie chimique ; - Industrie pharmaceutique ; - Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique ainsi que d autres produits minéraux non métalliques ; - Métallurgie et fabrication de produits métalliques à l exception des machines et des équipements ; - Autres industries manufacturières - réparation et installation de machines et d équipements. 26
BILAN ECONOMIQUE 2012 Marché du travail EMPLOI 7 le niveau d'emploi de chacun d'eux a diminué du même volume (-2000). La situation de l'emploi axonais reste préoccupante. Son évolution annuelle (-2,1 %) place l'aisne parmi les 20 départements subissant les reculs les plus forts. La baisse des effectifs se poursuit au même rythme qu'en 2011 et demeure plus marquée que celle des autres départements picards. Comme en 2011, la moitié des emplois détruits relève de la construction et de l'industrie. L'évolution annuelle de la construction axonaise (-5,8 %) s'écarte nettement de la tendance régionale, contrairement à l'industrie. L'intérim contribue aux pertes dans l'aisne à hauteur de 500 emplois. Pour la 4 e année consécutive, le niveau d'emploi du tertiaire principalement marchand hors intérim décroît. Il perd 400 emplois, dont les 3/4 proviennent des services principalement marchands, hors intérim. Cependant, en volume d'emplois, le repli du tertiaire est deux fois moindre qu'en 2011 et reste le plus faible enregistré depuis 2009. Dans la Somme, la décroissance de l'emploi s'accélère (-1,6 %). Le rythme est cinq fois plus fort qu'en 2011. Les effectifs diminuent dans tous les secteurs, mais 40 % des emplois détruits (hors intérim) appartiennent au secteur de l'industrie. Les pertes dans ce secteur sont cinq fois plus importantes (600 emplois) qu'en 2011. Malgré tout, elles ne représentent que 20 % de celles enregistrées en 2009. Dans la construction aussi, la contraction de l'emploi s'accentue. Avec 400 emplois détruits, les pertes sont deux fois plus fortes qu'en 2011 et plus marquées que celles de 2009. Les effectifs salariés du secteur tertiaire principalement marchand hors intérim diminuent (-450) pour la première fois depuis 2009. Les 2/3 des emplois disparus appartiennent au commerce. Ce secteur rechute au même rythme qu'en 2010 (-1,4%), après la stabilité de 2011. Les services principalement marchands de la Somme (hors intérim) se contractent légèrement (-0,3 %). Même au plus fort de la crise en 2009, ce secteur était resté en légère croissance (+0,4 %). Son évolution en 2012 suit toutefois la tendance régionale. Les pertes intérimaires samariennes s'élèvent à 400 emplois. L'emploi isarien rechute cette année. L'Oise enregistre une diminution d'effectifs (-1,3 %) pour la première fois depuis 2009, à un rythme toutefois moins marqué qu'à cette période. Plus de la moitié des effectifs perdus appartiennent à l'intérim, particulièrement touché : 1 600 emplois intérimaires disparaissent dans l'oise, soit trois fois plus que dans chacun des deux autres départements. 0,4 0,2 0,0-0,2-0,4-0,6-0,8-1,0 La baisse de l emploi salarié du secteur de la construction est concentrée sur le 2 e et le 3 e trimestre Évolution trimestrielle de l'emploi salarié marchand par secteurs d activité en Picardie en 2012 - Données corrigées des variations saisonnières en % Industrie Construction Tertiaire principalement marchand dont commerce 1 er trimestre 2 e trimestre 3 e trimestre 4 e trimestre Source : Insee, estimations d'emploi localisées, Epure L évolution contrastée de l emploi salarié dans les départements Évolution trimestrielle de l'emploi salarié marchand dans les départements picards en 2012 - Données corrigées des variations saisonnières en % 0,0-0,1-0,2-0,3-0,4-0,5-0,6-0,7 1 er trimestre -0,8 2 e trimestre -0,9 3 e trimestre 4-1,0 e trimestre Picardie Aisne Oise Somme Source : Insee, estimations d'emploi localisées, Epure La Picardie fait partie des régions les plus touchées par les pertes d'emploi 27
7 EMPLOI Marché du travail BILAN ECONOMIQUE 2012 Diminution des offres collectées Près de 73 000 offres d'emploi ont été collectées par Pôle emploi en 2012. Elles relèvent principalement de neuf secteurs, dont les deux plus importants sont l'industrie et les services à la personne, avec plus de 12 000 offres chacun. Comparativement à 2011, les offres collectées par Pôle emploi ont diminué de près de 14 %, illustrant bien en cela la morosité de l'activité économique. Les neuf plus gros secteurs sont tous orientés à la baisse, les chutes les plus importantes étant observées dans le BTP (-31%) et dans le transport/logistique (-25 %). Ce sont également des secteurs dans lesquels la part des offres durables est faible en 2012. La relative stabilité des offres collectées dans l'industrie (-1 %) doit être rattachée à la diminution sensible de l'intérim. Louise OBEIN Direccte 28 Nombre d'offres d'emploi collectées en Picardie sur l'année 2012 Nombre d'offres collectées Évolution annuelle (en %) Part des offres durables (en %) Agriculture et pêche, espaces naturels et espaces verts, soins aux animaux 5 215-14,3 7,5 Art et façonnage d'ouvrages d'art 143-12,8 38,5 Banque, assurances et immobilier 761-8,6 67,1 Commerce, vente et grande distribution 8 398-19,6 52,4 Communication, média et multimédia 349 +15,2 35,0 Construction, bâtiment et travaux publics 6 425-30,8 26,6 Hôtellerie - restauration, tourisme, loisirs et animation 7 365-4,8 41,7 Industrie 12 283-1,2 22,7 Installation et maintenance 4 697-12,9 34,5 Santé 2 028-13,1 47,4 Services à la personne et a la collectivité 12 332-7,0 35,5 Spectacle 239 +44,8 18,0 Support à l'entreprise 4 458-15,1 42,8 Transport et logistique 8 124-25,0 19,9 Vide 56 ns ns Total 72 873-13,8 32,4 Source : Pôle emploi/dares - Direccte/ESE Pour en savoir plus www.insee.fr L intérim, première victime des difficultés de l économie L'essentiel du reste des pertes d'effectifs est concentré dans l'industrie, qui accuse un déficit de 900 emplois. Sur l'année 2012, l'évolution de l'industrie isarienne est toutefois dans la tendance régionale. Dans le commerce, après deux années de croissance, l'emploi se contracte (-0,7 %) au même rythme qu'en 2009. Les effectifs de la construction varient très peu depuis trois ans, avec une évolution de -0,3% en 2012. À l'inverse, dans le secteur des services principalement marchands hors intérim, le rebond de l'emploi amorcé en 2011 se confirme (+1,3 %). Il est le seul secteur isarien à afficher une hausse d'effectifs en 2012. Virginie TAPIN, Jean-Marc MIERLOT Institut national de la statistique et des études économiques Au cours de l année 2012 l emploi intérimaire est le plus impacté par le ralentissement de l'activité économique du pays de la même manière qu il avait été le plus touché par la récession économique de 2008-2009. Cette forme particulière d emploi enregistre un recul de 10,7 % en moyenne sur l ensemble de la France métropolitaine. En Picardie, le repli est encore plus marqué avec 13,7 % d emplois en moins, soit deux fois plus qu en 2011 mais moitié moins qu en 2008, au cœur de la crise économique. Sur les 6 000 emplois salariés marchands détruits au cours de l année, 2 600 sont dus au seul secteur de l intérim. C est plus que dans n importe quel autre secteur d activité de la région. Le fait que les contrats d intérim soient les premiers à ne pas être renouvelés lorsque le niveau d activité d une entreprise ralentit est un premier élément d explication à cet important reflux. Aussi, la Picardie est une région historiquement industrielle, secteur d activité en forte difficulté et très consommateur d emplois intérimaires. L industrie concentre la moitié des missions d intérim picardes. Or ce secteur perd 2 000 emplois en 2012. Ainsi, les trois quarts des diminutions de contrat d intérim sont liées au ralentissement de l activité de l industrie. Cela représente près de 2 000 destructions d emplois supplémentaires à imputer à ce secteur. La baisse du volume d emplois dans l intérim est enfin la résultante mécanique d une chute du nombre de contrats commencés en 2012 (-5,7 % par rapport à 2011) et d une réduction de la durée des missions estimée à -3,5 %. Au total, le nombre d emplois intérimaires en équivalent temps plein est inférieur de 15 % à celui de 2011. Les trois départements picards sont concernés par le retrait de l emploi intérimaire mais pas de manière équivalente. L intérim de l Oise se contracte de près de 20 %, soit 1 600 emplois alors que l Aisne et Somme perdent 500 emplois chacun. Ces deux départements sont également moins impactés en évolution (-10 % et -7,6 % respectivement). Base 100 au 4 e trimestre 2001 130 120 110 100 90 80 70 La chute de l emploi intérimaire se poursuit en 2012 Évolution de l'emploi intérimaire dans la région Picardie Picardie France métropolitaine 60 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Champ : emploi intérimaire en fin de trimestre ; données corrigées des variations saisonnières. Source : Insee, estimations d'emploi
BILAN ECONOMIQUE 2012 Marché du travail DEMANDE D'EMPLOI Hausse accrue de la demande d emploi 8 Avec 159215 demandeurs d emploi en 2012, contre 147154 l an dernier, la hausse de la demande d emploi persiste. La progression concerne toutes les catégories, hommes, femmes, jeunes, seniors, demandeurs d'emploi de longue durée. Chacun des départements est touché par ces difficultés, seule l amplitude et les catégories concernées diffèrent. La situation du marché du travail continue à se dégrader en 2012, la hausse des entrées à Pôle emploi (+1,0 % sur un an) se combinant à la baisse des sorties (-1,4%). L' année 2012 est marquée par une poursuite de la hausse de la demande d emploi. La catégorie A 1 a progressé de +9,8 % comparativement à l année précédente, soit plus de 10 000 demandeurs d emploi supplémentaires, évolution similaire à celle du niveau national (+10,2 %). En tenant compte des personnes ayant travaillé à temps partiel, le nombre de demandeurs d emploi s élève à 159 215, soit une progression annuelle de +8,2 % (+8,6 % en France métropolitaine), ce qui représente plus de 12 000 demandeurs supplémentaires en un an. L évolution sur le territoire est contrastée entre les trois départements : l Aisne et la Somme connaissent un accroissement annuel similaire (respectivement de +8,1 % et +8,2 % en catégorie A), tandis que le département de l Oise est plus fortement touché avec une évolution sensible de +12,4 %. En catégorie ABC 2, le constat est identique : la situation régionale est portée par la dégradation du département de l Oise. L évolution observée en Picardie la rapproche des régions limitrophes de Nord-Pas-de- Calais et Haute-Normandie. Par contre, la dégradation est plus marquée en Champagne- Ardenne (+14,1% en catégorie A, +10,2% en catégories ABC) et à l inverse, moins sensible en Ile-de-France (+8,5% en A, +7,2% en ABC). Des difficultés accrues pour les hommes en 2012 Les difficultés liées au marché du travail sont traditionnellement plus marquées pour les femmes que pour les hommes. Pourtant, sur l année 2012, ce sont ces derniers qui ont connu la plus forte dégradation de leur situation. Au cours des douze derniers mois, la croissance de la demande d emploi des femmes est restée 1 Demandeurs d emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d emploi - sans emploi. 2 Ensemble des demandeurs d emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d emploi. La hausse des demandeurs d emploi de 50 ans et plus est fortement accentuée Demandes d'emploi en fin de mois de catégorie A et ABC en Picardie à fin décembre 2012 Demandeurs d'emploi en fin de mois Évolution annuelle (en %) A ABC A ABC Hommes 58 251 80 150 11,8 9,3 Femmes 50 150 79 065 7,4 7,1 Moins de 25 ans 23 051 32 550 4,9 4,4 50 ans et plus 21 505 30 570 17,3 15,5 Inscrits depuis plus d'un an nd 68 518 nd 12,4 Picardie 108 401 159 215 9,8 8,2 France métropolitaine 3 193 300 4 689 800 10,2 8,6 Source : Pôle emploi - DARES - DIRECCTE/ESE 200 000 180 000 160 000 140 000 120 000 100 000 80 000 La hausse de la demande d emploi se poursuit en 2012 Nouvelle hausse de la demande d'emploi en 2012 60 000 40 000 20 000 0 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Dee ABC Des ABC Defm A Defm ABC Source : Dares, données brutes, traitement STMT, Pôle emploi, Direccte Picardie La progression des entrées à Pôle emploi se combine à la baisse des sorties Flux des demandes d'entrées et de sorties ainsi que les defm depuis 2007 Dee ABC Des ABC Defm A Defm ABC 2007 161 066 166 841 68 238 116 928 2008 160 556 154 593 74 716 121 425 2009 180 366 157 291 90 877 132 120 2010 181 746 172 330 93 304 139 700 2011 176 202 166 544 98 304 147 154 2012 178 016 164 271 108 401 159 215 Source : Pôle emploi - DARES - DIRECTE - ESE 29
8 DEMANDE D'EMPLOI Marché du travail BILAN ECONOMIQUE 2012 DEFM A Évolution annuelle (en %) DEFM ABC Évolution annuelle (en %) Agriculture et pêche, espaces naturels et espaces verts, soins aux animaux 6 251 9,5 7 964 9,1 Art et façonnage d'ouvrages d'art 441 6,3 594 3,5 Banque, assurances et immobilier 949 7,7 1 294 10,0 Commerce, vente et grande distribution 16 313 9,6 22 423 9,7 Communication, média et multimédia 1 095 7,5 1 528 8,5 Construction, bâtiment et travaux publics 11 155 13,9 14 855 10,6 Hôtellerie - restauration, tourisme, loisirs et animation 6 685 11,7 9 197 11,5 Industrie 11 755 8,3 18 695 5,5 Installation et maintenance 4 859 13,7 6 543 9,9 Santé 2 808 9,6 4 327 11,0 Services à la personne et à la collectivité 20 558 7,1 33 738 6,8 Spectacle 642 7,0 1 697 4,3 Support à l'entreprise 11 678 6,0 16 530 5,2 Transport et logistique 13 198 14,3 19 816 9,8 Secteur non renseigné ns ns ns ns Total 108 401 9,8 159 215 8,2 Source : Pôle emploi - DARES - DIRECCTE - ESE L activité partielle permet aux entreprises qui connaissent des difficultés économiques de pouvoir diminuer leur activité tout en indemnisant leurs salariés pour compenser les pertes de salaires qui en découlent. L État prend en charge une partie de l indemnité. Les statistiques de l activité partielle donnent donc un éclairage sur le «halo du chômage» et permettent de cerner les évolutions de conjoncture. Au cours de l année 2012, le recours à l activité partielle a progressé dans notre région comme au niveau national. Les entreprises ont sollicité et obtenu de la DIRECCTE l autorisation de recourir à 1,8 million d heures, contre 1,4 million en 2011. La reprise de l activité partielle est aussi visible dans le recours effectif au dispositif puisque le nombre d heures chômées a été multiplié par 2. Le niveau de l activité partielle demeure toutefois inférieur à sa valeur de l année 2010. La géographie du recours au dispositif a évolué au fil de l année. Au cours des 2 premiers trimestres, la consommation d activité partielle avait lieu, pour plus de 40%, dans le département de la Somme. Au cours du deuxième semestre, le poids des entreprises isariennes est devenu majoritaire, passant de 17 % au 2 e trimestre à 58,5% à la fin du 4 e trimestre. Le département de l Oise est ainsi à l origine de la moitié de la hausse régionale. L industrie est le premier secteur d activité à utiliser l activité partielle, et en premier lieu l industrie manufacturière. C est aussi ce secteur qui concentre la hausse annuelle (à plus de 80 %). Les entreprises du tertiaire représentent 15% du total régional. Le recours au dispositif y a été multiplié par 2 et spécifiquement dans les entreprises de «service administratif et de soutien» où le nombre d heures est passé de 3 700 à 18 300. Enfin la consommation d activité partielle dans le secteur de la construction a elle aussi progressé. 5 500 000 4 500 000 3 500 000 2 500 000 1 500 000 500 000 Les demandes d emploi progressent de 9,8% en un an DEFM de catégorie A et ABC en Picardie par famille de métiers à fin décembre 2012 Les entreprises augmentent leur recours à l activité partielle Recours à l'activité partielle depuis 2008 Heures consommées Heures autorisées -500 000 1 er tr.2 e tr.3 e tr. 4 e tr.1 er tr.2 e tr. 3 e tr. 4 e tr.1 er tr.2 e tr. 3 e tr. 4 e tr.1 er tr.2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 1 er tr.2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 2008 2009 2010 2011 2012 Source : Direccte Picardie, Silex, chômage partiel identique à celle observée en 2011 (autour de 7,0%), celle des hommes a explosé : +11,8% en catégorie A, contre +4,4% l an dernier. La différence est tout autant marquée en catégorie ABC : +9,3 % contre +3,5 % en 2011. Une situation difficile chez les seniors Délicate quel que soit l âge du demandeur d emploi, la situation est plus dégradée pour les demandeurs d emploi les plus âgés, pour lesquels la tendance à la hausse est fortement accentuée. En effet, le nombre de personnes de 50 ans et plus augmente de +15,5 % en catégorie ABC, hausse portée essentiellement par la catégorie A (+17,3 %). Un chômage de longue durée persistant Au niveau régional, la demande d emploi de longue durée progresse également, avec une évolution de +12,4% enregistrée ces douze derniers mois contre +12,8% au niveau national. Les trois départements picards s inscrivent dans ce mouvement avec une progression légèrement plus forte dans le département de l Aisne. En revanche, la part de la demande d emploi d un an et plus a progressé de 2,3 points dans ce département pour s établir à près de 47%. La hausse globale est particulièrement sensible chez les demandeurs d emploi inscrits depuis au moins trois ans puisqu elle est de +20%. L'ensemble des domaines professionnels est touché La dégradation du marché du travail se ressent quel que soit le domaine professionnel. Aucun d entre eux ne présente une évolution annuelle négative du nombre de ses demandeurs d emploi. En toute logique, les effectifs les plus importatns se retrouvent dans les secteurs marchands gros employeurs ; quatre demandes d emploi sur cinq sont recensées dans six secteurs : services à la personne et à la collectivité (19%), commerce vente et grande distribution (15%), transports et logistique (12%), industrie (11%), support à l entreprise (11%) et BTP (10%). Parmi ceux-ci, ce sont ceux des transports/logistique et du BTP qui ont connu les dégradations les plus sensibles en 2012 (+14% pour la catégorie A). Hausse des inscriptions et diminution des sorties À partir d'un stock important de demandes d emploi dû aux situations enregistrées les années précédentes, la situation du marché du travail picard a continué à se dégrader en 2012 du 30
BILAN ECONOMIQUE 2012 Marché du travail DEMANDE D'EMPLOI 8 fait d'une hausse des inscriptions à Pôle emploi (+1,0 % sur un an), combinée à une baisse des sorties (-1,4 %). La structure des motifs d inscription reste très proche en Picardie de la moyenne française, avec une domination des motifs liés aux fins de contrats courts (respectivement 30% et 32% en Picardie et en France) et aux licenciements (11% dans les deux cas). Par rapport à 2011, on relève une différence notable entre les hommes et femmes, l évolution des inscriptions est de +2,7% pour les premiers et -0,7% pour les secondes. Ce flux supplémentaire d inscriptions masculines en 2012 explique l évolution défavorable du stock de demandes d emploi des hommes évoquée cidessus. La dynamique des flux observée en Picardie (hausse des entrées et baisse des sorties) identifie notre région de ses voisines de Haute- Normandie, Champagne-Ardennes et Nord-Pasde-Calais : elles ont connu, quant à elles, une baisse des inscriptions à Pôle emploi qui n a toutefois pas sufffi à compenser la diminution importante des sorties. Louise OBEIN DIRECCTE Picardie Service Étude statistique évaluation Pour en savoir plus www.picardie.direccte.gouv.fr 31
Marché du travail BILAN ECONOMIQUE 2012 32
BILAN ECONOMIQUE 2012 Marché du travail CHÔMAGE Un taux de chômage historiquement haut 9 Au 4 e trimestre 2012, le taux de chômage s élève en Picardie à 12,3% de la population active, soit une hausse de 1,1 point par rapport à fin 2011 et de 3,7 points par rapport à fin 2007. La détérioration est plus importante dans notre région qu au niveau national (+0,8 point) et assez proche dans les trois départements picards. L a conjoncture économique défavorable de 2012 se traduit en Picardie à la fois par une détérioration de l'emploi (l'emploi salarié marchand non agricole chute de -1,6 %) et un accroissement de la demande d'emploi (+9,8 % de demandeurs d'emploi en fin de mois en catégorie A). Par voie de conséquence, le taux de chômage régional a crû de +1,1 point au cours de l'année, ce qui le porte à 12,3 % de la population active, à fin 2012. Cette hausse est sensiblement supérieure à celle observée en France (+0,8 point). Le taux de chômage n a pas cessé de se détériorer au cours des quatre trimestres de l année 2012. Ces hausses successives concernent la France, la région picarde ainsi que ses départements. En France métropolitaine, le chômage franchit la barre symbolique des 10% pour la première fois depuis la mi-1999, soit 2,9 millions de personnes au chômage. Il affiche son sixième trimestre consécutif de hausse. En remontant cinq années en arrière, au quatrième trimestre 2007, les écarts sont considérables : +2,7 points en France métropolitaine, +3,7 points en Picardie. Le taux de chômage progresse au même rythme dans les régions voisines de la Picardie : +1,2 point dans le Nord-Pas-de-Calais (14,0 %), +1,1 point en Champagne-Ardenne (11,2 %) et +1,0 point en Haute-Normandie (11,6 %). Taux de chômage en % 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 Le chômage progresse dans tous les départements picards Évolution du chômage en moyenne trimestrielle des départements picards 6 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr.(p) 2007 2008 2009 2010 2011 2012 (p) résultats provisoires Un taux de chômage élevé dans l ensemble des zones d emploi picardes au 4 e trimestre 2012 Taux de chômage trimestriels localisés du 4 e trimestre 2012 en Picardie Abbeville 12,3 Vallée de la Bresle-Vimeu Partie picarde 11,4 Partie normande 10,7 Haute-Normandie Taux de chômage au 4 e trimestre 2011 en % de la population active Berck- Montreuil 10,7 Beauvais 10,4 Cergy- Pontoise France : 9,4 % Limites des zones d emploi 14,0 12,0 10,0 Aisne Nord - Pas-de-Calais Arras 10,0 Amiens 12,7 Somme Picardie France métropolitaine Péronne 11,9 Compiègne 10,9 Roissy - Sud Picardie Partie picarde 10,8 Partie francilienne 11,3 Île-de-France Meaux 9,3 Oise Cambrai 13,7 Saint-Quentin 16,3 Tergnier 16,3 Soissons 14,4 Champagne- Reims Ardenne 11,2 Château- Thierry 12,9 Maubeuge 16,4 Thiérache 17,9 Laon 13,3 Épernay 8,0 Sources : Insee, taux de chômage localisés (régional et infra régional), taux de chômage BIT (national) Charleville-Mézières 13,7 IGN - Insee 2012 Source : Insee 33
9 CHÔMAGE Marché du travail BILAN ECONOMIQUE 2012 Pour en savoir plus Une hausse du taux de chômage dans les trois départements Entre le quatrième trimestre 2011 et le quatrième trimestre 2012, le taux de chômage augmente dans les trois départements picards. Les hausses sont supérieures ou égales à 1 : +1,0 point dans la Somme (12,5%), +1,1 point dans l Oise (10,6 %) et +1,2 point dans l Aisne (15,0%), qui est à fin 2012 le 2 e département le plus touché par le chômage derrière les Pyrénées-Orientales (15,3 %). Si la progression du taux de chômage a été continue tout au long de l'année, la hausse s est accentuée entre le troisième et le quatrième trimestres 2012 dans les trois départements : +0,4 point dans la Somme, +0,5 point dans l Aisne et +0,6 point dans l Oise. Des zones d emploi picardes fortement touchées Chômage régional au 4 e trimestre 2012, Insee Picardie Conjoncture Une photographie du marché du travail en 2011, Insee Première n 1415 Le «halo» du chômage : entre chômage BIT et inactivité, Insee Première n 1260 Aux frontières de l emploi, du chômage et de l inactivité, Insee Première n 1207, www.insee.fr Sur un an, en France métropolitaine, la quasi-totalité des zones d emploi affichent une augmentation des taux de chômage. Même les zones d emploi historiquement les plus épargnées par le chômage, subissent des hausses importantes. C est le cas en ce qui concerne la Picardie, des zones se situant dans l Oise. Sur un an, les évolutions sont respectivement de : +1,0 point pour Compiègne (10,9 %), +1,1 point pour Roissy-Sud Picardie (partie picarde) et +1,2 point pour Beauvais (10,4 %). Dans l Aisne, sur un an, les évolutions sont particulièrement importantes dans les zones les plus fragiles : +1,7 point pour Tergnier (16,3 %) et +1,6 point pour la Thiérache (17,9 %). Les zones limitrophes du département de l Aisne subissent aussi de fortes progressions : +1,6 point pour Cambrai, +1,3 point pour Maubeuge (région Nord-Pas-de-Calais) et +1,5 point pour Charleville-Mézières (région Champagne-Ardenne). Dans la Somme, les progressions sont proches de la moyenne régionale : +1,0 point pour Abbeville (12,3 %), +1,1 point pour les zones d Amiens (12,7 %) et de Péronne (12,5 %). La progression est moindre dans la zone interrégionale de la Vallée de la Bresle-Vimeu (11,1%) : +0,7 point, et même +0,5 point pour la seule partie picarde. Institut national de la statistique et des études économiques Benoît RIEM Hausse du chômage dans toutes les zones d'emploi picardes en 2012 Taux de chômage trimestriels localisés par zone d'emploi 2010 2011 2012 Unité : % Évolution 4 e trimestre 2011/ 4 e tr 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. (p) 4 e trimestre 2012 Château-Thierry 11,2 11,0 10,8 11,1 12,0 11,9 12,2 12,1 12,9 0,9 Tergnier 14,0 13,9 13,7 13,8 14,6 15,3 15,6 15,8 16,3 1,7 Thiérache 16,2 16,2 16,1 15,8 16,3 16,6 16,9 17,4 17,9 1,6 Laon 11,8 11,7 11,7 11,8 12,3 12,5 12,7 12,9 13,3 1,0 Soissons 12,6 12,4 12,5 12,7 13,2 13,6 13,9 13,8 14,4 1,2 Saint-Quentin 14,7 14,7 14,8 14,6 15,1 15,3 15,5 15,7 16,3 1,2 Aisne 13,2 13,1 13,1 13,2 13,8 14,1 14,4 14,5 15,0 1,2 Compiègne 9,7 9,5 9,5 9,6 9,9 10,2 10,3 10,4 10,9 1,0 Beauvais 9,5 9,3 9,0 8,9 9,2 9,4 9,7 9,9 10,4 1,2 Roissy-Sud Picardie 10,3 10,2 10,1 10,2 10,4 10,6 10,8 10,8 11,2 0,8 Roissy-Sud Picardie (partie picarde) 9,7 9,6 9,4 9,4 9,7 10,0 10,2 10,2 10,8 1,1 Oise 9,6 9,4 9,2 9,2 9,5 9,8 10,0 10,0 10,6 1,1 Vallée de la Bresle-Vimeu 9,8 9,7 9,6 9,8 10,4 10,6 10,5 10,5 11,1 0,7 Vallée de la Bresle-Vimeu (partie picarde) 10,2 10,1 9,9 10,2 10,9 11,1 11,0 11,0 11,4 0,5 Abbeville 11,1 10,9 10,6 10,7 11,3 11,6 11,7 11,6 12,3 1,0 Amiens 11,4 11,2 11,1 11,2 11,6 11,9 12,2 12,3 12,7 1,1 Péronne 10,8 10,8 10,3 10,7 11,4 11,4 11,9 12,4 12,5 1,1 Somme 11,2 11,0 10,8 11,0 11,5 11,7 12,0 12,1 12,5 1,0 Picardie 10,7 10,8 10,9 11,0 11,2 11,5 11,7 11,8 12,3 1,1 France métropolitaine 9,3 9,1 9,1 9,2 9,4 9,6 9,8 9,9 10,2 0,8 (p) résultats provisoires Sources : Insee, taux de chômage BIT (métropole), taux de chômage localisés (région et infra) 34
BILAN ECONOMIQUE 2012 Marché du travail POLITIQUES D'EMPLOI 10 L'alternance en retrait, mais un volume de contrats aidés en hausse L'année 2012 a été marquée par une forte hausse du nombre de demandeurs d'emploi : +8% en catégorie ABC (ayant ou non exercé une activité réduite au cours du mois). Dans ce contexte, les contrats aidés, destinés aux personnes rencontrant d'importantes difficultés sociales et professionnelles d'accès à l'emploi, ont été particulièrement mobilisés (+15%). En revanche, en raison du contexte économique plus défavorable à leur mise en œuvre, les entrées en alternance dans les entreprises, avec toutefois plus de 12 000 contrats signés en Picardie sur l'année, sont en léger recul. Dans un contexte économique difficile et avec une forte hausse du chômage en 2012, les principales actions de la politique d'emploi sont axées sur les publics les plus en difficultés, notamment les demandeurs d'emploi de longue durée et les jeunes. Ces dispositifs poursuivent plusieurs logiques, les principales sont de : - former au travers notamment de l'alternance grâce au contrat d'apprentissage et au contrat de professionnalisation ; Les contrats aidés majoritaires dans les principales politiques d'emploi mises en œuvre en Picardie Les principales politiques d'emploi mises en œuvre dans les secteurs marchand et non marchand en Picardie en 2012 Données hors formation des demandeurs d'emploi - Données provisoires au 29 mars 2013 France Picardie métropolitaine Mesures 2012 Évolution annuelle en % 2012 Évolution annuelle en % Aides à l'emploi dans le secteur marchand Exonérations de cotisations sociales et primes à l'embauche CUI-CIE : entrées inititales et reconductions 2 413 +16,5 51 325-3,8 Aide à l'embauche salarié - 26 ans dans les TPE - AETPE "zéro charge" * : embauches 2 232-147 290 - Exonération de cotisations sociales pour l'embauche d'un salarié en ZFU : embauches 196-31,5 6 140-19,7 Aide à la création d'entreprise NACRE : bénéficiaires primo-accédants 490 +9,4 17 364 +3,6 Insertion par l'activité économique Embauches en entreprises d'insertion (CDD/ aide forfaitaire) 783 +6,5 27 576 +1,2 Aides à l'emploi dans le secteur non marchand CUI-CAE : entrées inititales et reconductions 20 435 +14,9 396 818 +11,3 Accompagnement des jeunes CIVIS : entrées 7 065-1,1 nd 0,0 Accompagnement des licenciements économiques Contrat de sécurisation professionnelle : inscriptions à Pôle emploi 5 404-154 391 - Contrat de transition professionnelle inscriptions à Pôle emploi 71-3 485 - Convention de reclassement personnalisé : inscriptions à Pôle emploi 577-15 833 - Total 6 052 +45,6 173 709 +33,4 Formation en alternance Contrats de formation en alternance Apprentissage secteur marchand : contrats enregistrés 8 136-1,4 294 276 +1,3 Contrats de professionnalisation : contrats enregistrés 3 513-10,0 154 559-8,3 Apprentis dans le secteur public : contrats enregistrés 351 17,4 9 143 +5,6 *Une aide à l embauche de jeunes de moins de 26 ans dans les TPE, dite "zéro charge", a été instituée pour les embauches intervenant entre le 18 janvier et le 18 juillet 2012, Source : ministère du Travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social 35
10 POLITIQUES D'EMPLOI Marché du travail BILAN ECONOMIQUE 2012 8 000 7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 5 070 4 191 Progression des entrées en CUI-CAE et en CUI-CIE Les entrées en contrats uniques d'insertion en Picardie 5 960 2 294 4 505 3 591 0 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 1 er tr. 2 e tr. 3 e tr. 4 e tr. 2010 2011 2012 Entrées initiales et reconductions Source : ministère du Travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social 50 000 45 000 40 000 35 000 30 000 25 000 20 000 15 000 10 000 5 000 1 753 1 959 176 49 323 868 643 5 552 749 238 440 4 130 792 6 174 4 449 La part des CUI dans l emploi aidé progresse en 2012 L'évolution des entrées dans les dispositifs de l'alternance et des contrats aidés en Picardie sur 20 ans 432 CUI-CIE CUI-CAE 5 510 4 302 Total contrats aidés Total alternance 0 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Source : ministère du Travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social Zoom sur l'insertion en emploi en 2010 à l'issue d'un contrat unique d'insertion Six mois après la fin de leur contrat, 60,8 % des salariés picards ayant bénéficié d'un contrat aidé du secteur marchand (CUI-CIE) sont en emploi contre 36,2% des salariés sortant d'un contrat du secteur non marchand (CUI-CAE). Dans les deux cas, ces taux picards sont inférieurs à l échelle nationale où les taux d'insertion en emploi atteignent 62,3% après un CUI-CIE et 40,8 % après un CUI-CAE. - mettre en emploi et favoriser l'insertion professionnelle grâce aux contrats aidés ; - accompagner les demandeurs d'emploi. Un important volume de CUI ciblés sur les publics les plus en difficulté Dans le secteur non marchand, le nombre global de contrats d'accompagnement dans l'emploi (CUI-CAE) augmente (+15%). Cela résulte non pas d'une hausse du nombre d'entrées initiales, car elles reculent sur un an (9 600 en 2012 contre 10 400 en 2011), mais de l'augmentation des reconductions permettant un allongement de la durée du contrat. Le dispositif privilégie les publics les plus en difficulté sur le marché du travail. Ainsi 3 salariés sur 4 ont un niveau de formation ne dépassant pas le niveau CAP/BEP et 36 % d'entre eux ont moins de 26 ans. Les demandeurs d'emploi de longue durée (inscrits depuis 12 mois et plus) représentent 59 % des nouveaux salariés contre 54 % en 2011. Cette observation est à mettre en lien à la fois avec le ciblage des contrats mais également avec la nette hausse de la demande d'emploi de longue durée sur un an en Picardie. Les associations et fondations restent les premiers employeurs de ces salariés devant les collectivités territoriales. Dans le secteur marchand, à l'inverse du recul observé sur le territoire métropolitain, les entrées en contrat initiative emploi (CUI-CIE) progressent en 2012. Près de 2 400 contrats ont ainsi été conclus, presque exclusivement de nouvelles embauches. Les jeunes y sont davantage présents, 1 salarié sur 2 a moins de 26 ans contre 1 sur 3 à l'échelle française. Les secteurs de l'hébergement restauration et du commerce totalisent presque la moitié des embauches. Le tassement des entrées en alternance La hausse modérée au niveau national du nombre de contrats enregistrés en apprentissage dans le secteur marchand en 2012 cache des disparités régionales. Comme en Champagne-Ardenne, Haute- Normandie et Nord - Pas-de-Calais, les entrées sont en baisse en Picardie. Elles reculent sur un an de plus de 1 %, soit 8 100 contrats enregistrés. Comparable à la tendance nationale, les entrées en contrat de professionnalisation baissent de manière plus marquée (-10 % soit 3 500 contrats). Bien que la part des salariés âgés de 26 ans et plus augmente parmi les bénéficiaires (24 % en 2012 contre 19% en 2009), ils restent minoritaires. Les jeunes de 36
BILAN ECONOMIQUE 2012 Marché du travail POLITIQUES D'EMPLOI 10 moins de 26 ans représentent 3 salariés embauchés sur 4 en 2012. Des entrées CIVIS en baisse Au cours de l'année, près de 48 000 jeunes ont bénéficié des services de l'une des dix-sept missions locales en Picardie (entretiens, ateliers ). Parmi eux, 7 000 ont signé un contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS), soit une baisse des contrats de 1 % sur un an. Un suivi renforcé des salariés licenciés pour motif économique Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP), qui remplace le contrat de transition professionnelle et la convention de reclassement personnalisé, a connu une réelle montée en charge au cours de l'année. Cette hausse des entrées tient à la part croissante des salariés accompagnés parmi ceux licenciés pour motif économique. En 2012, le dispositif a été ouvert aux salariés en fin de CDD, de mission intérimaire ou de chantier à titre expérimental sur six bassins d'emploi. Fabienne GORREC DIRECCTE Picardie - Secrétariat général - Service Étude statistique évaluation Deux nouveaux dispositifs pour soutenir l'emploi des jeunes Emplois d'avenir Créé par la loi du 26 octobre 2012, ce contrat de travail aidé offre la possibilité pour des jeunes de 16 à 25 ans peu qualifiés, ou rencontrant des difficultés particulières d'insertion, et des travailleurs handicapés âgés de moins de 30 ans, d'acquérir une expérience professionnelle dans des filières porteuses ou d'intérêt général. L'objectif en Picardie, tel que défini en novembre 2012, porte sur 3 150 contrats d'ici fin 2013, dont 90 % dans le secteur non marchand. Contrats de génération Institué par la loi du 1 er mars 2013, le contrat de génération vise à favoriser l'insertion professionnelle des jeunes, l'embauche et le maintien en emploi des seniors et la transmission des savoir-faire et compétences. Pour les entreprises de moins de 300 salariés, ce dispositif prend la forme d'une aide financière pour l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans (moins de 30 ans pour les jeunes reconnus travailleurs handicapés) et le maintien en emploi d'un salarié senior. Cette aide s'accompagne d'une obligation de négocier un accord collectif pour les entreprises de plus de 50 salariés. Pour les entreprises de 300 salariés et plus, la loi prévoit la mise en place d'un accord collectif ou d'un plan d'actions sous peine de sanctions financières. Définitions L'alternance Le contrat d'apprentissage, destiné aux jeunes de 16 à 25 ans est un contrat de travail permettant à l'apprenti de se former en CFA et en entreprise tout en travaillant pour l'employeur. Art L 6211-1 et suivants du Code du travail le contrat de professionnalisation est ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans ainsi qu'aux demandeurs d'emploi de plus de 26 ans et aux bénéficiaires d'un revenu de solidarité active notamment. Il permet d'acquérir une qualification professionnelle en alliant formation et travail en entreprise. Art L 6325-2 et suivants du Code du travail. Le contrat unique d'insertion CUI Crée par la loi du 1 er décembre 2008 généralisant le revenu de solidarité active (RSA) et réformant les politiques d'insertion, le contrat unique d'insertion, entré en vigueur au 1 er janvier 2010, se substitue aux anciens contrats aidés. Il se décline en contrat initiative-emploi dans le secteur marchand (CIE) et en contrat d'accompagnement dans l'emploi dans le secteur non marchand (CAE). Composé d'une convention et d'un contrat de travail, il ouvre droit pour l'employeur à une aide financière de l'état et le cas échéant du Conseil général lorsque le bénéficiaire est allocataire du RSA. Ayant pour but de favoriser l'insertion professionnelle durable des bénéficiaires, il comporte des actions d'accompagnement social, professionnel et de formation. Article L5134-19-1 et suivants du Code du travail. Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) Prévu par l accord interprofessionnel du 31 mai 2011 et adopté par la loi du 28 juillet 2011, le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) propose un accompagnement spécifique des salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de moins de 1000 salariés et les entreprises en redressement ou liquidation judiciaire. Pour en savoir plus www.picardie.direccte.gouv.fr www.emploi.gouv.fr www.travail-emploi.gouv.fr rubrique études, recherches et statistiques de la DARES 37
Marché du travail BILAN ECONOMIQUE 2012 38
BILAN ECONOMIQUE 2012 MARCHÉ DU TRAVAIL MINIMA SOCIAUX 11 Progression de plus de 5 % du nombre de bénéficiaires du RSA Le nombre de bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA) augmente de 5,1% entre 2011 et 2012, marquant une progression plus sensible que lors de la période précédente (+2,4% entre 2010 et 2011). Conséquence d'un contexte économique défavorable, cette évolution est essentiellement portée par la hausse des bénéficiaires du RSA socle (+6,9%), qui seul peut être défini comme un minimum social. Au 31 décembre 2012, près de 332 000 allocataires perçoivent au moins une prestation légale versée par les caisses d'allocations familiales de Picardie, soit une hausse des effectifs de 0,6 % par rapport au 31 décembre 2011 (comparable à la progression nationale de 0,8 %). Si l'on inclut les éventuels conjoints et/ou personnes à charge, plus de 929000 Picards se trouvent ainsi couverts par les prestations légales, soit près d'un habitant sur deux (48,5 %). Cette proportion est très homogène au sein de la région puisqu'elle concerne 47,7 % des Samariens, 48,2 % des Isariens et 48,5 % des Axonais. De façon plus particulière, plus de 63 000 foyers picards sont bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA) au 31 décembre 2012. En y ajoutant les éventuels conjoints et/ou personnes à charge, 145 000 Picards sont couverts par cette prestation, soit 7,6 % de la population régionale. Cette proportion n'est pas homogène au sein de la région. En effet, 9 % de la population axonaise est couverte par le RSA. Cette proportion est de 8,5% pour le département de la Somme et de 6,1% pour le département de l'oise. Le résultat régional est légèrement plus élevé qu'au niveau national, en effet, 6,5 % de personnes sont couvertes par le RSA au sein de la population de France métropolitaine. Une croissance du nombre de foyers bénéficiaires du RSA plus soutenue que par le passé Alors que le nombre de foyers bénéficiaires du RSA augmentait, en Picardie, de 2,4 % entre 2010 et 2011, cette hausse passe à 5,1 % entre 2011 et 2012. L'évolution diffère suivant la composante du RSA : le nombre de foyers bénéficiaires du RSA socle a progressé de 6,9 % alors que la hausse des bénéficiaires du RSA "activité seulement" n'est que de 0,4 % entre 2011 et 2012. Lors du précédent exercice, ces évolutions étaient respectivement de 4,1 % et de -2%. En ce qui concerne les effectifs de bénéficiaires du RSA socle, la tendance à la hausse est légèrement plus marquée en Picardie qu'au niveau national où ceux-ci ont augmenté de 6,2 % entre 2011 et 2012. Le phénomène est inverse pour les bénéficiaires du RSA "activité seulement" car la progression nationale est supérieure de 1,6 point à la progression régionale (2 % contre 0,4 %). L'augmentation globale des personnes couvertes par la prestation (en comptant les éventuels conjoints et autres personnes à charge du titulaire du dossier) est également plus marquée entre 2011 et 2012 (4,7 %) qu'entre 2010 et 2011 (2,3 %). Cette progression n'est pas homogène au sein de la région et c'est dans le département de l'aisne que l'on observe la plus forte hausse avec 5,4 %. Suivent ensuite le département de l'oise avec 5 % et le département de la Somme avec 3,8%. La hausse régionale des bénéficiaires du RSA socle dans la tendance nationale Le RSA, pris dans son ensemble, n'est pas un minimum social. Seul le RSA socle (avec ou sans activité) peut être défini comme tel. Au 31 décembre 2012, 47 000 foyers picards déclarant ou non de faibles revenus d'activité, perçoivent le RSA socle, représentant une augmentation du nombre de bénéficiaires de 6,9 % par rapport au 31 décembre 2011. C'est au sein du département de l'aisne que cette hausse est la plus marquée avec 8,6%. Dans le même temps, les départements de la Somme et de l'oise enregistraient respectivement des progressions de 6,3 % et de 5,9 %. Cette croissance est un peu plus soutenue qu'au niveau national, les effectifs de bénéficiaires du Prestations légales versées par les CAF Les prestations légales versées par les caisses d allocations familiales visent quatre objectifs principaux : - Aider à élever les enfants (allocations familiales, complément familial ). - Aider aux dépenses liées au logement (aide personnalisée au logement, prêt à l amélioration de l habitat ). - Assurer une protection et une action sociale (assurance vieillesse, couverture maladie ). - Fournir un revenu minimum (allocation aux adultes handicapés, revenu de solidarité active ). Dans le présent article, l analyse porte plus particulièrement sur ce dernier objectif et les prestations afférentes. 39
11 MINIMA SOCIAUX Marché du travail BILAN ECONOMIQUE 2012 En 2012, davantage de bénéficiaires du RSA socle dans le nord-est de la Picardie Part des bénéficiaires du RSA socle dans la population picarde de 25 à 64 ans révolus 6,0 4,0 2,5 Abbeville Beauvais Amiens Part des bénéficiaires du RSA socle dans la population picarde Saint-justen-Chaussée Creil Limites cantonales Limites départementales Péronne Ham Compiègne Noyon Le-Nouvionen-Thiérache Guise Tergnier Soissons Laon Hirson Source : Caf - Pôle régional mutualisé Picardie-Ardennes RSA socle en France métropolitaine (1 476 915 allocataires) ont augmenté de 6,2 % sur la période étudiée. Cette forte évolution est le fruit d'un contexte économique difficile et résulte d'une forte dégradation du marché de l'emploi depuis quelques années. À cet égard, la carte de la part des bénéficiaires du RSA socle dans la population par canton montre en premier lieu une concentration de ces situations de précarité dans les plus grandes villes (Amiens, Creil, Beauvais, Compiègne, Laon, Soissons ). Elle met également en évidence deux zones de fragilité particulière au nord de l Aisne (arrondissement de Vervins) et à l est de la Somme (arrondissements de Péronne et de Montdidier). Les bénéficiaires du RSA socle augmentent pour la première fois Depuis juin 2009 et la mise en place du RSA, les anciennes prestations qu'étaient le Revenu Minimum d'insertion (RMI) et l'allocation Parent Isolé (API) n'existent plus. Alors que le RSA socle sans majoration se substitue au RMI, le RSA socle majoré remplace pour sa part l'ancienne API. Au 31 décembre 2012, 331 904 allocataires perçoivent au moins une prestation légale en Picardie Population allocataire, bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et de l allocation adulte handicapé (AAH) au 31 décembre 2012 Aisne Oise Somme Picardie Effectifs au 31.12.2012 Évolution Effectifs au 2011-2012 (%) 31.12.2012 Évolution Effectifs au 2011-2012 (%) 31.12.2012 Évolution Effectifs au 2011-2012 (%) 31.12.2012 Évolution 2011-2012 (%) Population allocataire 93 758 +0,31 133 718 +1,07 104 428 +0,31 331 904 +0,63 Personnes couvertes 260 530-0,34 396 479 +0,29 272 216-0,15 929 225-0,02 Bénéficiaires RSA 20 313 +6,16 21 503 +5,06 21 344 +4,18 63 160 +5,11 sans majoration parent isolé 17 284 +6,86 18 366 +5,57 18 448 +4,31 54 098 +5,54 avec majoration parent isolé 2 956 +2,89 3 045 +2,25 2 839 +4,57 8 840 +3,20 dont RSA jeunes 73-16,09 92-1,08 57-33,72 222-16,54 Allocation Adulte Handicapé 10 869 +1,06 12 529 +5,21 11 004 +2,98 34 402 +3,16 Source : Caf - Pôle régional mutualisé Picardie-Ardennes Le nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active augmente de 5,1% entre 2011 et 2012 Bénéficiaires du RSA selon ses différentes composantes au 31 décembre 2012 RSA socle seulement RSA socle et activité RSA activité seulement Ensemble du RSA Effectif au Évolution Effectif au Évolution Effectif au Évolution Effectif au Évolution 31.12.2011 31.12.2012 2011-2012 (%) 31.12.2011 31.12.2012 2011-2012 (%) 31.12.2011 31.12.2012 2011-2012 (%) 31.12.2011 31.12.2012 2011-2012 (%) Aisne 11 824 12 928 +9,34 1 795 1 855 +3,34 5 515 5 530 +0,27 19 134 20 313 +6,16 Oise 13 213 14 070 +6,49 2 137 2 187 +2,34 5 118 5 246 +2,50 20 468 21 503 +5,06 Somme 12 627 13 652 +8,12 2 232 2 141-4,08 5 628 5 551-1,37 20 487 21 344 +4,18 Picardie 37 664 40 650 +7,93 6 164 6 183 +0,31 16 261 16 327 +0,41 60 089 63 160 +5,11 France métropolitaine 1 180 785 1 260 062 +6,71 209 561 216 853 +3,48 444 426 453 455 +2,03 1 834 772 1 930 370 +5,21 Source : Caf - Pôle régional mutualisé Picardie-Ardennes 40
BILAN ECONOMIQUE 2012 Marché du travail MINIMA SOCIAUX 11 Depuis la création de la prestation, que ce soit au niveau national ou régional, le nombre de bénéficiaires du RSA socle majoré baissait chaque année. Pour la première fois depuis décembre 2009, ce nombre augmente tant en Picardie qu'en France. Alors que les effectifs régionaux diminuaient de 3,1 % entre 2009 et 2010, puis de 2 % entre 2010 et 2011, ils progressent de 3,4 % entre 2011 et 2012 (3,8% en France métropolitaine). C'est dans le département de la Somme que cette hausse est la plus importante (4,2%) devant l'oise (3,8 %) et l'aisne (2,1 %). Enfin, le département de la Somme se distingue, il est le seul département picard où le nombre de bénéficiaires du RSA socle majoré au 31 décembre 2012 est supérieur à celui observé au 31 décembre 2009, six mois après la généralisation de la prestation. Une évolution du nombre de bénéficiaires de l'aah hétérogène au sein de la région Avec le RSA socle, l'allocation Adulte Handicapé (AAH) représente l'autre minimum social versé par les caisses d'allocations familiales. Au 31 décembre 2012, plus de 34 000 allocataires picards bénéficiaient de l'aah, soit une hausse de 3,2 % par rapport au 31 décembre 2011. Cette progression n'est pas homogène au sein de la région. C'est le département de l'oise qui enregistre la plus forte augmentation avec 5,2%. Les départements de l'aisne et de la Somme présentent, dans le même temps, des hausses respectives de 1,1 % et 3 %. La progression nationale annuelle est de 4,3 %, la croissance régionale du nombre de bénéficiaires de l'aah est donc moins marquée qu'en France métropolitaine. Jérôme Gauchet Pôle régional mutualisé Picardie-Ardennes des Caisses d'allocations familiales Les différents types de RSA - RSA socle seulement : un foyer allocataire bénéficie de cette composante du RSA lorsqu'il ne déclare aucun revenu d'activité. Il est également possible de bénéficier de ce type de RSA si les membres du foyer ayant un emploi sont en période de cumul intégral (le cumul intégral consiste à neutraliser l'ensemble des revenus d'activité pour le calcul du RSA, pendant une période de trois mois suivant la reprise d'emploi, dans la limite de quatre mois au cours des douze derniers mois). - RSA socle et activité : un foyer bénéficiaire du RSA socle et activité déclare de faibles revenus d'activité et l'ensemble de leurs ressources est inférieur au montant forfaitaire de l'allocation (intervenant dans le calcul du montant de la prestation et dépendant de la composition du foyer). Il bénéficie donc des deux types de RSA. - RSA activité seulement : un foyer bénéficiaire du RSA "activité seulement" déclare de faibles revenus d'activité mais le montant de ses ressources dépasse le montant forfaitaire de l'allocation. Ces foyers allocataires perçoivent donc un complément de ressources. - Majoration parent isolé : cette majoration est accordée si le bénéficiaire du RSA répond à une des conditions suivantes : Isolement et grossesse en cours ; Isolement et charge d'un enfant de moins de 3 ans ; Isolement puis charge d'un enfant ; Présence d'un enfant à charge puis isolement. - RSA jeune : le dispositif du RSA s'est ouvert, depuis le 1 er septembre 2010, aux jeunes âgés de 18 à 25 ans sans enfant à charge ni grossesse en cours et résidant en France métropolitaine. Pour y prétendre, le bénéficiaire doit avoir exercé une activité professionnelle durant 3 214 heures (l'équivalent de deux années civiles à plein temps) lors des trois années précédent la demande de RSA. NB : seules les composantes RSA "socle seulement" et RSA "socle et activité" sont considérées comme étant un minimum social. Le RSA "activité seulement" est un complément de revenus. Dans cet article, sous le terme RSA socle, caractérisant le minimum social, sont regroupées les composants RSA "socle seulement" et RSA "socle et activité". Les bénéficiaires du RSA socle ont, pour plus de la moitié d'entre eux, au moins un enfant à leur charge et sont généralement isolés En termes de situation familiale, plus des 4/5 e des bénéficiaires du RSA socle (avec ou sans activité) sont des personnes seules, sans enfant à 47 % (deux fois plus d hommes que de femmes) ou avec des enfants (presque exclusivement des femmes). Les autres bénéficiaires sont des couples, à 17 %, très majoritairement avec des enfants. Au total, les hommes représentent 42 % des bénéficiaires du RSA socle et les femmes 58%. La part des couples est beaucoup plus élevée que pour le RSA activité : près de la moitié des bénéficiaires est dans cette situation. Pour en savoir plus www.caf.fr 41
Marché du travail BILAN ECONOMIQUE 2012 42
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles AGRICULTURE Coup de chaud sur les prix à la production 14 12 Les rendements 2012 des principales productions picardes sont plutôt moyens pour une année marquée par une pluviométrie excessive. La production régionale de blé reste cependant à un niveau élevé. Celle d'orge reprend un peu de vigueur. Le colza poursuit sa progression. Dans le même temps, les productions de betterave et pomme de terre reculent. La commercialisation de la moisson 2012 rencontre une 3 e flambée des prix des produits agricoles après celles de 2007 et 2010. Les filières animales s'en trouvent pénalisées dans le prix d'achat des aliments notamment. Les livraisons de lait par les éleveurs picards reculent pour cette année civile. Après des années 2010 et 2011 marquées par des rendements en blé particulièrement hétérogènes, la moisson 2012 a vu les écarts entre parcelles et types de sol se réduire. La pluviométrie excessive du mois de juillet a plutôt handicapé les terres profondes alors que, dans le même temps, les terres superficielles ont donné de bien meilleurs résultats que les années précédentes. Au final, le rendement moyen régional picard en blé tendre s'établit autour de 83 q/ha, légèrement inférieur à sa moyenne quinquennale mais supérieur de 3 points à celui de 2011. La production régionale, soutenue par cette progression des rendements, affiche donc un niveau élevé avec 4,5 millions de tonnes. En matière de commercialisation, le prix du blé a connu une hausse régulière dès le début du printemps sous l'influence des informations climatiques impactant la production mondiale de céréales (sécheresse en Argentine, vague de gel en Europe de l'ouest, sécheresse en Russie et Ukraine). Début juillet, on assiste à une explosion des prix liée à la sécheresse historique sur le territoire américain. Ponctuellement, le cours du blé rendu Rouen 1 dépasse 260 /tonne. La fièvre retombe un peu en fin d'année, mais les prix demeurent à des niveaux élevés. L'évolution des surfaces totales en orge cache des disparités En 2012, la surface picarde en orge, toutes catégories confondues, continue de régresser et perd encore un bon millier d'hectares. Ce mouvement cache cependant un phénomène nouveau. Après deux années de forte baisse, la surface en orge d'hiver et escourgeon progresse et gagne 8 %. Dans le même temps, la surface en orge de printemps continue de chuter et re- Le rendement 2012 du blé tendre reste légèrement en dessous de la moyenne des cinq dernières années Rendements blé tendre d'hiver (q/ha) de 1972 à 2012 en Picardie 100 90 80 70 60 50 40 30 20 1972 1977 1982 1987 1992 1997 2002 2007 2012 Source : Agreste - Statistiques agricoles annuelles (SAA) et SASD 2012 300 250 200 150 100 50 Le cours du blé s emballe pendant l été 2012 Cotation du blé tendre rendu Rouen entre juillet 2007 et décembre 2012 (en E/ tonne) 0 juil. janv. juil. janv. juil. janv. juil. janv. juil. janv. juil. 2007 2008 2008 2009 2009 2010 2010 2011 2011 2012 2012 Source : Les marchés 1 Rendu Rouen : référence de cotation qui intègre un prix de marché auquel s'ajoutent les frais de transport à Rouen. 43
12 AGRICULTURE Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 Plus d oléagineux, toujours moins de protéagineux Évolution en milliers d'hectares des surfaces en terres arables entre les récoltes 2011 et 2012 en Picardie Oléagineux Lin textile Orge et escourgeon Pommes de terre et légumes frais Betterave à sucre Jachère Légumes secs et protéagineux -30-20 -10 0 10 20 30 Source : Agreste - Statistiques agricoles annuelles (SAA) et SASD 2012 Environnement et utilisation des phytos : moins, c'est mieux! Montée en puissance des fermes de démonstration Les réseaux des fermes de démonstration DEPHY ont pour objectif de faire la promotion et la démonstration des pratiques économes en produits phytosanitaires dans le cadre du plan Ecophyto 2018. En Picardie, il existe 5 réseaux DEPHY : un réseau "grandes cultures", un réseau "polyculture-élevage", un réseau "captages" dont les exploitations se situent sur des territoires avec un enjeu eau potable ou biodiversité important, un réseau "herbicides" qui s'intéresse particulièrement aux herbicides qui ont le plus d'impact sur la qualité de l'eau et un réseau "légumes industriels". Au total 59 exploitations sont impliquées. Que ce soit au travers des rendez-vous techniques, des tours de plaine 1 ou des formations, l'accompagnement des agriculteurs est renforcé. Un accent particulier est également mis sur la communication avec le tournage de cinq séquences vidéos. Elles regroupent des témoignages d'agriculteurs, d'élus et d'animateurs des réseaux DEPHY sur les thèmes : "Lutter contre les idées reçue", "Illustrer les pratiques permettant de réduire les intrants", "Présenter les réseaux de fermes DEPHY", "S'appuyer sur des leviers agronomiques" et "Se lancer dans la réduction d'intrants : pourquoi?". Elles sont disponibles sur le site de la Draaf de Picardie : http//draaf.picardie.agriculture.gouv.fr/videos La bio à petits pas Étape ultime dans la réduction des produits phytosanitaires, l'agriculture biologique. D'après les réponses d'intention de conversion à l'agriculture biologique relevées dans le recensement de l'agriculture 2010 (RA), près de 255 exploitations picardes pourraient changer leur mode de production et opter pour la bio d'ici 2015. Dans ces conditions, environ 10 160 ha supplémentaires basculeraient en conversion ou sous certification biologique à l'horizon 2015. Les surfaces bio picardes se verraient ainsi multipliées par 2,5 pour représenter 1,25 % de la SAU. Malgré cette belle progression, la Picardie resterait derrière les autres grandes régions céréalières : Centre et Champagne-Ardenne, qui atteindraient respectivement 2,7 et 3 % de leur SAU en bio. Projection des surfaces et du nombre d exploitations à l horizon 2015 en Picardie Effectif Ha 500 18 000 450 16 000 400 14 000 350 12 000 300 10 000 250 Surfaces en AB (ha) 8 000 200 150 6 000 Nombre 100 d'exploitations 4 000 50 2 000 0 1995 96 97 98 99 2000 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 0 Blé Source : RA2010, Agence Bio et CEP 1 Un tour de plaine est une visite par un agriculteur, seul ou accompagné d'un technicien agricole de l'ensemble de ses champs pour analyser l'état de ses cultures et déterminer les interventions culturales à y mener. cule de 11 %. Les performances techniques sont bonnes notamment en ce qui concerne la qualité et le taux de protéine. Les rendements n'ont pas à rougir et progressent de 6 à 15 q/ha. Au bilan, la production totale d'orge en Picardie dépasse 750000 tonnes, soit 14 % de plus qu'en 2011. Le colza continue de bien se porter Concernant à la fois les prix et les résultats, le colza continue de progresser en 2012. Les surfaces emblavées gagnent 11,5 %, soit 15 000 ha de plus qu'en 2011. Bien qu'ayant subi des dégâts par la vague de fortes gelées du mois de février, les plantes se rétablissent grâce au printemps humide. Les rendements sont légèrement en retrait mais restent tout à fait honorables. La moyenne régionale affiche 39 q/ha, légèrement au dessus de la moyenne quinquennale. Le contexte reste très porteur pour la commercialisation et les prix se maintiennent à des niveaux élevés. Ils décrochent un peu en fin d'année mais le cours annuel moyen dépasse 476 la tonne pour 2012, soit 5 % de plus qu'en 2011. Année moyenne pour la betterave Il est difficile de tenir la comparaison après une année record, mais finalement la campagne betteravière 2012 n'est pas si mauvaise. Le rendement régional en betterave s'établit à 84,5 t/ha, légèrement en dessous de la moyenne française évaluée à 86 t/ha. Mais ce résultat est tout à fait honorable puisqu'il demeure le quatrième meilleur rendement régional de tous les temps. La production picarde se tasse également sous l'effet du recul des surfaces. Elle atteint 11,3 millions de tonnes soit 10 % de moins que l'an dernier, mais 3 % de plus que la production moyenne quinquennale. Des pommes de terres en moindre quantité La production picarde de pommes de terre de conservation est estimée à 1,1 million de tonnes pour la campagne de commercialisation qui s'est ouverte en septembre 2012, soit une chute de 13%. Au final, c'est 170000 tonnes de moins que l'an passé et une baisse de 9 % sur la dernière moyenne quinquennale. Une campagne laitière qui s'oriente moins bien Après une campagne laitière 2011/2012 exceptionnelle par son dynamisme, celle qui s'est ouverte en avril 2012 est bien moins pro- 44
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles AGRICULTURE 12 metteuse. Les prix industriels sur les marchés internationaux ont baissé tout au long du premier semestre 2012, avant une reprise à partir de l'été. De ce fait, contrairement à la plupart des autres produits agricoles, le prix du lait standard s'inscrit dans une tendance baissière. En Picardie, il ne dépasse pas 323 /mille litres en moyenne annuelle, soit 4% de moins qu'en 2011. Confrontés à l'envolée du prix des céréales, mais aussi pénalisés par cette baisse du prix du lait, les éleveurs ont cherché à limiter la distribution d'aliments composés. La production laitière s'en ressent. En Picardie, les livraisons reculent de 3 % pour l'année 2012, soit 270 000 hl de moins qu'en 2011. Une envolée des prix à la production plus favorable pour les productions végétales En 2012, les productions végétales et animales françaises sont commercialisées pour la plupart à des prix plus élevés qu'en 2011, le lait faisant notamment exception. Fin décembre 2012, la hausse des prix à la production agricole s'est globalement stabilisée à +14%. Cette évolution repose essentiellement sur les grandes cultures. Les cours des céréales dépassent de beaucoup le niveau atteint lors de la flambée de 2010/2011 (jusqu'à +25 %). Ils fléchissent cependant en fin d'année. Pour l'ensemble des animaux de boucherie, la hausse des prix est moins soutenue, autour de 9 %. Elle décélère aussi à partir du mois de novembre, freinée par un très fort ralentissement du prix des porcins. Les coûts de productions agricoles cessent de croître en novembre 2012 après une hausse accélérée entre les mois de juillet et d'octobre. L'énergie et l'alimentation animale sont en hausse par rapport à 2011, soit respectivement +5 % et +20 %. L'envolée du cours des céréales, mais surtout du tourteau de soja, dont le prix a doublé dans l'année, aura pesé lourd sur le prix d'achat des aliments pour animaux. 370 350 330 310 290 Le prix du lait recule en 2012 Prix annuel moyen du lait de vache en Picardie en E/1 000 l 270 1997 98 99 2000 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 Source : Agreste - enquête SM LAIT Les prix des produits agricoles profitent de marchés porteurs en 2012 Indice général des prix des produits agricoles à la production (IPPAP) et Indice général des prix d achat des moyens de production agricole (IPAMPA) Indices mensuels nationaux base 100 en 2005 150 145 140 Prix agricoles à la production (IPPAP) 135 130 125 120 115 Prix des charges (IPAMPA) 110 105 100 95 90 janv. juil. janv. juil. janv. juil. janv. juil. janv. juil. janv. juil. 2007 2007 2008 2008 2009 2009 2010 2010 2011 2011 2012 2012 Source : Agreste- Insee, IPPAP brut base 2005, IPAMPA base 2005 Une évolution toujours disparate du revenu agricole Selon les comptes prévisionnels de l'agriculture établis pour 2012, le résultat courant avant impôts des moyennes et grandes exploitations françaises est en progression continue depuis 2010. Il atteindrait 36 500 euros par actif non salarié en 2012, son niveau historiquement le plus élevé. L'année a été marquée par une nouvelle poussée des cours internationaux des matières premières agricoles. Ce phénomène a eu des incidences sur les prix français des céréales, des oléagineux et des protéagineux et se sont répercutées sur le coût de l'alimentation animale. 45
12 AGRICULTURE Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 Contexte climatique : une année humide et peu ensoleillée L'année 2012 a débuté avec une vague de froid remarquable par sa longueur et sa vigueur. Dans les régions du Nord-Est, elle entraîne d'importants dégâts sur les céréales d'hiver. Plus localement, les températures chutent en moyenne de 3 C sous la normale saisonnière sur la station de Glisy. À partir du mois de juin, les températures finissent par se confondre avec les normes de saison. La situation se prolonge ainsi jusqu'en fin d'année. Après un début d'année plutôt sec, le mois d'avril est bien arrosé et permet de remonter un peu le niveau des réserves utiles des sols. Ces pluies assurent un bon démarrage de la pousse de l'herbe et permettent de tempérer les dégâts de l'épisode de gel tardif sur les céréales à paille. Les mois de juin et juillet sont également particulièrement pluvieux ce qui permet de réduire la pression des ravageurs (pucerons, mouches ) mais favorise le développement de nombreuses maladies foliaires (mildiou en particulier). Fin juillet, ces pluies finissent par perturber le début des moissons. En août et en septembre, les précipitations deviennent fortement déficitaires et viennent handicaper la fin de cycle des cultures d'été (pomme de terre, betterave ). Les levées des semis de colza sont également rendues difficiles par le manque de pluie. La fin d'année est par contre très arrosée. Les chantiers d'arrachages de betteraves sont notamment très ralentis quand ils ne sont pas complètement retardés. Du coup, les semis de céréales d'hiver prennent du retard et certains secteurs de la région doivent attendre début janvier 2013 pour voir les derniers semis de blé d'hiver. Températures et pluviométrie enregistrées à Amiens-Glisy en 2012 Précipitations en mm Températures en C 160 25 Précipitations 2012 140 Normale précipitations 20 120 Température 100 moyenne 2012 15 Normale température 80 60 10 En outre, les conditions climatiques de 2012 (gel, intempéries du printemps) ont eu un impact sur les volumes de certaines productions végétales et ont également provoqué une hausse des prix. Autour de ce revenu moyen, les écarts en fonction des orientations technico-économiques des exploitations demeurent importants. Si le revenu pour les exploitations en grandes cultures affiche une vigueur exceptionnelle (+46 %), il n'en est pas de même pour les producteurs de viande bovine (-9%) et les producteurs laitiers (-12 %). En Picardie, compte-tenu du poids important des orientations en grandes cultures, le revenu moyen devrait augmenter sensiblement pour 2012. Service Régional de l'information Statistique et Économique de la Direction Régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la Forêt Agnès Cochu 40 20 0 5 janv. fév. mars avril mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. 0 Source : Météo France Pour en savoir plus www.draaf.picardie.agriculture.gouv.fr 46
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles INDUSTRIE Le repli de l'activité industrielle se poursuit 13 Le chiffre d'affaires des entreprises industrielles picardes a évolué négativement en 2012. Les baisses dans les autres produits industriels et à un degré moindre dans le matériel de transport ont nourri ce constat. De fait, le secteur industriel a perdu près de 2000 emplois en un an, portant le niveau des effectifs salariés à 108000 à fin 2012. Les marchés export, à l'opposé du marché national, ont au moins maintenu leur niveau antérieur. Les investissements sont quant à eux en progression, conformes aux prévisions de début 2012. L' indicateur de climat des affaires dans les entreprises industrielles montre des variations similaires entre la Picardie et la France. Il subit dans les deux cas une forte chute avec la crise de 2008 avant de se redresser à partir de début 2009 pour atteindre un point haut début 2011. Depuis cette date, la tendance d'évolution se situe à la baisse ; l'année 2012 poursuit ce repli qui laisse l'indicateur du climat des affaires à un niveau inférieur à la moyenne de long terme. Repli de l'activité en 2012 En conséquence, l'activité des entreprises industrielles, observée à travers l'évolution de leur chiffre d'affaires, s'est repliée en 2012 de -6,5 %. La baisse dans le secteur des autres produits industriels (-16,6 %) a en particulier nourri ce constat. L'évolution est notamment très sensible dans le travail du bois, l'industrie du papier, ainsi que dans le textile-habillement. L'industrie pharmaceutique, à la hausse, ne peut qu'atténuer cette tendance. À un moindre niveau, la fabrication de matériel de transport, avec -2,6 %, conforte ce repli, l'industrie automobile enregistrant la plus forte dégradation. À l'inverse, les secteurs des industries agroalimentaires et de fabrication d'équipement électrique ont été orientés à la hausse avec une concentration particulière de l'augmentation 2012 sur la fabrication de produits de boulangerie-pâtisserie et d'autres produits alimentaires dans le premier cas et sur la filière des machines et équipements dans le second. Le déclin de l'emploi industriel picard se poursuit Le climat industriel morose pèse sur l'évolution de l'emploi. Fin 2012, l'industrie picarde compte 108 400 salariés. Après avoir subi une diminution d'emploi de près de 30 % au cours de la dernière décennie, ce secteur continue de perdre des effectifs en 2012. Au cours de l'an- 130 120 110 100 90 80 70 60 jan. 2004 jan. 2005 Un indicateur de climat des affaires à la baisse en 2012 Indicateur du climat des affaires de janvier 2004 à janvier 2013 jan. 2006 ICA Picardie jan. 2007 jan. 2008 ICA France jan. 2009 jan. 2010 jan. 2011 L'activité des entreprises industrielles s'est repliée en 2012 de -6,5% Évolution 2011-2012 du chiffre d'affaires des entreprises industrielles en Picardie (%) 50 Industrie 2012 40 30 20 10 0-10 -20-30 -6,5 Chiffre d affaires total 1,7 12,4 Exportation Investissement Source : Banque de France jan. 2012 jan. 2013 Source : Banque de France 47
13 INDUSTRIE Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 Base 100 au 4e trimestre 2001 110 105 100 95 90 85 80 75 70 65 née les pertes s'élèvent à 2 000 emplois. Si cette baisse (-1,8 %) est inférieure à celle enregistrée lors de la crise économique de 2008-2009, elle reste deux fois plus élevée qu'au niveau national (-0,9 %). Le recul de l'emploi industriel picard touche les trois départements de manière équivalente, les baisses d'effectifs étant comprises entre -1,6 % pour la Somme et -1,9 % pour l'aisne et l'oise. La fabrication d'autres produits industriels particulièrement touchée En revanche, les différents secteurs de l'industrie ne sont pas impactés de manière similaire par les difficultés économiques du pays. Le secteur "Fabrication d'autres produits industriels" 1 qui regroupe la majorité des effectifs de l'industrie picarde (57%) concentre 90 % des destructions d'emploi, soit 1800 postes. Ce secteur industriel est celui qui se contracte le plus avec un repli de -2,9%. Depuis fin 2001, le Le recul de l emploi industriel se prolonge en 2012 Évolution de l'emploi salarié des secteurs principalement marchands dans la région Picardie 60 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Industrie Picardie Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac Cokéfaction et raffinage, industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution Fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques, fabrication de machines Fabrication de matériels de transport Fabrication d'autres produits industriels Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs ; données corrigées des variations saisonnières. Source : Insee, estimations d'emploi nombre d'emplois de ce secteur s'est réduit de plus de 35%. Malgré une évolution plutôt favorable de son chiffre d'affaires, le secteur "Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac" est le deuxième secteur à subir des pertes d'emplois mais de manière moins significative. Sur 2012, son nombre de salariés décroit de 260. Sur longue période il reste néanmoins parmi les secteurs industriels qui s'en sortent le mieux avec 10 % de suppressions d'emplois en dix ans. Le secteur de l'intérim est fortement impacté L'emploi des autres secteurs de l'industrie de la région est relativement stable cette année. À l'image de ce que subit l'ensemble de l'industrie picarde, l'intérim est fortement touché par le ralentissement de l'activité économique. En 2012, 2 000 emplois intérimaires liés à l'industrie sont perdus. Les marchés export picards se maintiennent À l'opposé de l'évolution nationale, les marchés export picards ont au moins maintenu leur niveau antérieur en 2012, cela malgré le repli très net des exportations dans l'industrie automobile. Les bons résultats enregistrés en la matière dans la fabrication de produits informatiques, électriques et électroniques expliquent cette tendance haussière. 1 Le secteur de la Fabrication d autres produits industriels comporte 7 sous-secteurs : - Fabrication de textiles, industries de l habillement, industrie du cuir et de la chaussure ; - Travail du bois, industries du papier et imprimerie ; - Industrie chimique ; - Industrie pharmaceutique ; - Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique ainsi que d autres produits minéraux non métalliques ; - Métallurgie et fabrication de produits métalliques à l exception des machines et des équipements ; - Autres industries manufacturières - réparation et installation de machines et d équipements. Le secteur de la fabrication d'autres produits industriels concentre l'essentiel des destructions d'emploi Secteurs (Naf rév.2) Emploi salarié dans l'industrie picarde 4 e trimestre 2012 (en milliers) Évolution 4 e trimestre 2012/ 4 e trimestre 2011 (en %) Évolution en nombre d'emplois en 2012 Picardie Picardie France métropolitaine Picardie Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 17 645-1,5-0,9-260 Cokéfaction et raffinage, industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution 7 841 +2,2 +1,2 +171 Fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques ; fabrication de machines 14 060-0,1-0,8-10 Fabrication de matériels de transport 7 226-1,2 +0,3-89 Fabrication d'autres produits industriels 61 579-2,9-1,8-1 812 Total industrie 108 352-1,8-0,9-2 001 Source : Insee, estimations d'emploi 48
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles INDUSTRIE 13 50 40 30 20 10 0-10 -20 Industries agroalimentaires 2012 13,2 Les investissements, portés par les IAA, progressent en 2012 Évolution 2011-2012 du chiffre d'affaires des entreprises industrielles en Picardie (%) 2,1 39,9 50 40 30 20 10 0-10 -20 Fabrication d équipement électrique 2012 4,7 9,7 14,5-30 Chiffre d affaires total Exportation Investissement -30 Chiffre d affaires total Exportation Investissement 50 40 Fabrication matériel de transport 2012 50 40 Autres produits industriels 2012 30 30 20 20 10 0-10 -20-30 -2,6 Chiffre d affaires total -25,9 Exportation -8,8 Investissement 10 0-10 -20-30 -16,6 Chiffre d affaires total 0,9 Exportation 5,8 Investissement Source : Banque de France Portés par les IAA, les investissements sont dynamiques En augmentation de 12,4 %, les investissements sont conformes aux prévisions à la hausse de début 2012. Ce chiffre résulte de la croissance sensible observée dans les IAA (+ 40 %). Les investissements y ont été initiés à la fois par les petites et par les très grosses unités, dans la transformation et conservation de fruits et légumes, dans le secteur de la fabrication de produits laitiers ainsi que dans les autres produits alimentaires. Ces derniers ont largement compensé la baisse significative observée dans l'industrie de transformation de la viande et le travail des grains. Banque de France Anne FROIDURE Didier MIELCAREK Jean-Marc MIERLOT Institut national de la statistique et des études économiques Pour en savoir plus www.banque-france.fr www.insee.fr 49
Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 50
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles La construction et les ventes de logements neufs rechutent en 2012 CONSTRUCTION 14 La construction de logements connaît à nouveau une baisse en 2012, en Picardie comme partout en France de Province : recul de 13% des autorisations et de 21% des mises en chantier par rapport à 2011. Dans les trois départements, les travaux tardent à démarrer. Cependant, ils pourraient reprendre en 2013 dans l'aisne et la Somme, dans le secteur du collectif où les autorisations progressent. Les ventes de logements neufs ont également fortement diminué entre 2011 et 2012, pour les appartements comme pour les maisons. Les mises en ventes sont aussi en retrait, les promoteurs redoutant de faire grimper les stocks. Contrairement au niveau national, les prix moyens sont en Picardie, plus bas en 2012 qu'en 2011. Ce repli généralisé se solde par des pertes d'emploi et un chiffre d'affaires qui faiblit dans l'ensemble du secteur. L' activité immobilière connaît un repli en 2012 après deux années consécutives de hausse. D'après les enquêtes sectorielles de la Banque de France, l'activité dans le bâtiment et les travaux publics faiblit par rapport à l'année précédente dans la région en termes d'effectifs, d'investissement et de chiffre d'affaires. Ce dernier aurait globalement baissé de 1 % en un an dans l'ensemble des entreprises qui ont répondu à l'enquête, mais essentiellement dans le secteur des travaux publics. Les entreprises picardes réduisent nettement leurs investissements en 2012 par rapport à 2011, qu'il s'agisse d'entreprises du bâtiment (-31%) ou des travaux publics (-17 %). Comptant près de 36 000 salariés, le secteur de la construction représente près de 10% des emplois du secteur marchand non agricole en Picardie et 6,5 % de l'emploi total. Durant l'année 2012, il a perdu un millier d'emplois, soit une baisse de 2,8 % par rapport à fin 2011. Comme en France, les effectifs ont davantage diminué dans ce secteur que dans l'ensemble du secteur marchand non agricole (-1,6 %). L'emploi dans la construction se maintient cependant dans l'oise tandis qu'il baisse dans les deux autres départements picards. Une baisse généralisée des autorisations et des mises en chantier Sur l'ensemble de l'année 2012, le nombre de logements autorisés à construire s'élève à 9 700 en Picardie. Il décroît de 13 % par rapport à l'année précédente. Ce recul est légèrement plus marqué en Picardie qu'en moyenne de Province (-10%). Comparé à 2011, le segment du collectif rejoint à la baisse en 2012 (- 5 %), ceux de l'individuel (-14 %) et du résidentiel (-47 %). Ce repli généralisé des autorisations gagne les mises en chantier, en recul de 21 % en 2012 par rapport à l'année 2011, comme la moyenne des régions de Province. En France métropolitaine, la construction de logements ne progresse entre 2011 et 2012 qu'en région Île-de-France (+15 %). En Picardie, la construction de 7 300 logements a débuté en 2012, dont 800 sur bâtiment existant. Sur dix logements, trois sont des ap- Cumul sur 12 mois 12 000 9 000 6 000 3 000 Un repli de la construction dans l individuel comme dans le collectif Nombre de logements ordinaires (individuels et collectifs) en cumul sur 12 mois en Picardie Autorisés Commencés 12 000 Tous Individuels Collectifs 0 12 4 8 12 4 8 12 4 8 12 4 8 12 2008 2009 2010 2011 2012 Cumul sur 12 mois 9 000 6 000 3 000 Individuels Tous Collectifs 0 12 4 8 12 4 8 12 4 8 12 4 8 12 2008 2009 2010 2011 2012 Source : Dreal Picardie, Sit@del2 51
14 CONSTRUCTION Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 Une baisse de 13 % des autorisations de logements Nombre de logements autorisés et commencés en Picardie Logements autorisés Logements commencés partements. Par rapport à 2011, les mises en chantier de maisons ont chuté en 2012 de 15 % et celles des appartements de 32 %. Ce repli de la construction peut être attribué à la conjoncture économique difficile mais pas seulement. D'autres facteurs sont évoqués par les professionnels du bâtiment : dans l'individuel, les restrictions du prêt à taux zéro, octroyé depuis janvier 2012 sous condition de ressources ; dans le collectif, le dispositif Scellier d'aide à l'investissement locatif, qui avait stimulé le secteur au cours des dernières années, est devenu moins avantageux en 2012. En 2013, le nouveau dispositif Duflot devrait attirer les particuliers : offrant une réduction d'impôt de 18 % contre 13 %, il semble plus attractif que son prédécesen 2012 Variation 2012/2011 (en %) en 2012 Variation 2012/2011 (en %) Ensemble 9 721-12,9 7 290-20,5 selon le type de construction Construction neuve 7 870-10,7 6 469-20,8 Construction sur bâtiment existant 1 851-21,1 821-18,3 Selon le type de logement Logements ordinaires 9 336-10,5 6 781-21,5 Individuels 5 524-13,6 4 596-15,4 Collectifs 3 812-5,5 2 185-31,8 En résidence 385-47,1 509-4,3 Source : Dreal Picardie, Sit@del2 Ces dernières années, un taux de construction neuve assez faible en Picardie Si l'on considère la construction neuve entre 2009 et 2012 rapportée à la population 2009, la France se trouve presque coupée en deux, selon une représentation très proche de celle de l'accroissement de la population : à quelques nuances près, un taux d'accroissement élevé sur la façade Atlantique et le sud, et faible au nord et dans le centre du pays. La Picardie présente un des taux annuels de construction les plus faibles, à 3,5 habitants, sous la moyenne nationale (4,9 ). Le taux de construction neuve est identique dans l'oise et la Somme, à 3,9. La construction a le moins progressé dans l'aisne (2,6 ), notamment dans les communautés de communes situées dans les arrondissements de Saint-Quentin et de Vervins, ceux-là même qui ont perdu des habitants durant la dernière décennie. Situés dans le prolongement, les EPCI de l'arrondissement de Péronne ont un niveau de construction neuve en retrait par rapport au reste du département de la Somme. De l'autre côté du département, la communauté de communes de l'abbevillois se démarque aussi par son faible niveau de construction. La construction est la plus dynamique en Picardie dans l'arrondissement de Beauvais. Elle l'est un peu moins dans la partie sud-est du département de l'oise, spécialement dans les communautés de communes des Trois Forêts et Aire Cantilienne où les prix de l'immobilier et les revenus des habitants sont les plus élevés. Abbeville Amiens Péronne Saint-Quentin Hirson Laon Beauvais Compiègne Soissons Creil Château-Thierry 52
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles CONSTRUCTION 14 seur, mais il impose de nouvelles contraintes en termes de plafonds de loyer et de ressources des locataires. Les autorisations de construction de logements, en hausse dans la Somme, se concrétiseront-elles en 2013? Dans l'aisne, les autorisations de logements collectifs ont augmenté de 55 % entre 2011 et 2012. Le canton de Château-Thierry rassemble à lui seul la moitié de ces autorisations. Parmi elles, les travaux de construction d'un Éco-quartier de près de 200 logements devraient démarrer en 2013 dans la commune de Brasles (mesure phare du plan Ville durable, l'éco-quartier doit contribuer à préserver les ressources et les paysages tout en créant une offre de logements adaptée). Cette progression des autorisations dans le secteur collectif ne se concrétise pas encore dans les mises en chantier, en baisse de 20% dans cette branche entre 2011 et 2012. Dans l'individuel, les autorisations et les constructions sont en diminution de 24 %. Dans l'oise, les autorisations comme les mises en chantier connaissent une baisse en 2012 par rapport à 2011, dans l'individuel et dans le collectif. Des constructions importantes en volume ont néanmoins démarré en 2012 : de l'individuel groupé à Montataire, du collectif dans les cantons de Beauvais, Clermont, Compiègne et Creil. Dans le département de la Somme, les autorisations passent de 3 000 en 2011 à 3 300 en 2012. Sur un an, elles ont progressé dans l'individuel groupé (+35%) et dans le collectif (+23 %). Les constructions pourraient donc redémarrer dans ces deux secteurs après la diminution enregistrée entre 2011 et 2012. Courant 2012, un millier de logements collectifs ont ainsi été autorisés sur Amiens, mais aussi une centaine d'appartements dans les communes de Boves et Rosières-en-Santerre. Les ventes de logements neufs : -40% entre 2011 et 2012 Près de 1100 logements neufs ont été mis en vente sur l'ensemble de l'année 2012, 28% de moins que durant l'année 2011. Les ventes, qui dépassent à peine les 800, connaissent une baisse plus forte encore, de 40 %. Durant les quatre années précédentes, le niveau des ventes se maintenait aux alentours de 1 300 : il n'était donc jamais descendu si bas, même au plus fort de la crise. En conséquence, l'encours de logements reste orienté à la hausse : en fin d'année 2012, près de 1160 logements neufs proposés à la vente n'ont pas trouvé preneur. Les mises en vente et les ventes ont davantage reculé entre 2011 et 2012 en Picardie qu'en moyenne nationale. Une majeure partie des régions subissent cependant aussi des baisses. Seule région française épargnée, le Nord-Pasde-Calais voit les mises en vente augmenter grâce au secteur du collectif tandis que les ventes stagnent. Les baisses des mises en vente reflètent un réflexe de prudence des promoteurs qui évitent de constituer des stocks. Les conditions de financement se sont aussi durcies pour les promoteurs. Ceux-ci indiquent qu'il y a un an ou deux, ils pouvaient démarrer les travaux quand 30 % d'un programme était commercialisé, mais qu'ils doivent de fait aujourd'hui attendre d'en avoir vendu 50 % pour obtenir le financement des banques. Appartements et maisons individuelles : chute des ventes en 2012 Au cours de l'année 2012, un peu plus de 900 logements collectifs neufs ont été mis en vente en Picardie, un quart de moins qu'en 2011. Si ce chiffre est faible, celui des ventes l'est plus encore : seulement 660 appartements neufs ont été vendus, soit une baisse de 42 % par rapport à 2011. De 2008 à 2011, un millier d'appartements neufs étaient vendus chaque année en Picardie. Fin 2012, l'encours de logements collectifs proposés à la vente (938) est d'un quart supérieur à celui observé fin 2011. Le nombre de maisons neuves mises en vente en Picardie au cours de l'année 2012 est 37 % moindre de celui de 2011. Les ventes de maisons individuelles par les promoteurs sont inférieures de 34% entre ces mêmes périodes. Nombre de logements 1 400 1 200 1 000 800 600 400 Les ventes de logements chutent en 2012 La commercialisation des logements neufs en Picardie Les niveaux actuels des mises en vente et des réservations se situent en 2012 l'un et l'autre à la moitié de ce qu'ils étaient en 2009. Fin 2012, l'encours de maisons disponibles à la vente (230) reste identique à celui de la fin 2011. Petite reprise dans l'aisne de la commercialisation des appartements Dans les trois départements picards, les mises en vente et les ventes de maisons neuves baissent entre 2011 et 2012. Ce marché est complètement atone dans l'aisne. En revanche, la commercialisation de logements collectifs reprend un peu dans l'aisne, avec une mise sur le marché et des ventes en léger regain depuis le deuxième trimestre 2012. Dans l'oise et dans la Somme, les mises en ventes et les ventes d'appartements ont baissé entre 2011 et 2012. Dans la Somme, il s'est vendu moitié moins d'appartements en 2012 qu'en 2011. Prix de vente des maisons et des appartements en baisse en Picardie, mais pas en France En 2012, les prix de vente moyens des maisons et des appartements neufs sont inférieurs en Picardie à la moyenne nationale mais aussi à la moyenne de France de Province : en construction neuve, une maison a été vendue en moyenne 195 000 en Picardie et un appartement 3 173 /m² contre respectivement 238 000 et 3 548 /m² en France de Province. Dans les deux segments, le prix moyen est en Picardie plus bas en 2012 qu'en 2011, alors que ces prix augmentent au niveau national. Encours Mises en vente 200 Ventes 0 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 2008 2009 2010 2011 2012 Source : Dreal Picardie, ECLN 53
14 CONSTRUCTION Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 Prix (en milliers d'e) 280 250 220 190 160 130 Les prix de vente moyens des maisons et des appartements neufs sont inférieurs à la moyenne nationale Prix de vente moyen des logements neufs de 2007 à 2012 Maisons individuelles Appartements 4 000 France métropolitaine France métropolitaine Picardie Somme 2007 2008 2009 2010 2011 2012 France de Province Oise Aisne Prix (en E/m²) 3 600 3 200 2 800 2 400 2 000 Oise Aisne Somme France de Province Picardie 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Source : Dreal Picardie, ECLN Méthodologie La base de données Sit@del2 rassemble les informations relatives aux autorisations de construire (permis délivrés) et aux mises en chantier transmises par les Directions Départementales des Territoires (DDT) et par les communes instructrices. Ils sont exprimés en date de prise en compte, c'est-à-dire à la date à laquelle l'autorisation ou l'ouverture de chantier est enregistrée dans la base de données Sit@del2. Définitions Construction sur existant : bâtiment s'appuyant sur une partie existante comme des transformations de locaux en logements ou la construction de logement attenant au bâtiment existant. Logements en résidence (résidences pour personnes âgées, pour étudiants, pour touristes, etc.) : se caractérisent par la fourniture de services individualisés (de loisirs, de restauration, de soins ou autres) en sus du gîte. Les foyers et les hôtels qui ne comportent que des chambres et des services communs ne sont pas classés dans les logements mais dans les locaux d'hébergement. L'enquête sur la commercialisation des logements neufs (ECLN) est réalisée chaque trimestre à partir des informations sur les permis de construire issues de la base Sit@del2. L'enquête est exhaustive sur son champ : programmes immobiliers et permis de construire de cinq logements et plus destinés à la vente aux particuliers quel que soit le mode de financement ou leur utilisation finale (résidence principale, secondaire, achat en vue d'une location). Définitions Mises en vente : nouveaux logements proposés à la commercialisation au cours du trimestre. Ventes : réservations avec dépôts d'arrhes. Encours de logement proposés à la vente : logements proposés à la vente non encore réservés. Prix : prix à la réservation hors frais de notaire et frais divers. Ce sont ici des prix moyens. En 2012, le prix moyen d'une maison neuve atteint 156 000 dans l'aisne et 171 000 dans la Somme, il reste plus élevé dans l'oise à 213000. Avec 3 637 /m², le prix moyen d'un appartement neuf est en revanche plus haut dans la Somme (2 455 /m² dans l'aisne et 2 899 /m² dans l'oise). Deux tiers des appartements vendus dans la Somme l'ont été sur la commune d'amiens. Dans la capitale régionale, le prix des appartements neufs est passé de 3 240 /m² en 2011 à 3 740 /m² tandis qu'il diminuait sur le reste du département. L'accession à la propriété dans le neuf reste faible du fait des prix qui demeurent quand même élevés et des banques qui ont durci leurs critères d'octroi de crédit, malgré des taux encore très bas. Anne ÉVRARD Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Service gestion de la connaissance et garant environnemental Pour en savoir plus Banque de France - Les entreprises en Picardie Bilan 2012 - Perspectives 2013 Banque de France Picardie Les études et données générales de l'habitat et du logement de la Dreal Picardie Les statistiques de la Dreal Picardie Construction neuve - Parc de logements - Marchés du logement - Logement social www.picardie.developpementdurable.gouv.fr 54
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles Stabilité de l'emploi dans les transports en Picardie L'année 2012 se caractérise en Picardie par une baisse du tonnage des marchandises transportées. Le nombre d'immatriculations, quel que soit le type de véhicules, est également inférieur à celui de 2011. Le secteur semble pourtant moins souffrir que d'autres : les emplois sont demeurés stables par rapport à 2011, le chiffre d'affaires dans le secteur des transports routiers de marchandise a légèrement augmenté. TRANSPORTS 15 Comptant près de 36 000 salariés, le secteur des transports et de l'entreposage représente près de 10 % des emplois du secteur marchand non agricole en Picardie. Alors que les baisses d'emploi touchent la plupart des secteurs, les effectifs y sont demeurés stables durant l'année 2012, tandis qu'ils ont légèrement faibli au niveau national. En 2009 et 2010, les effectifs avaient reculé en Picardie (1800 emplois perdus en 2 ans), puis s'étaient stabilisés en 2011. En Picardie, le tiers des salariés du secteur sont employés dans des établissements de transports routiers de fret et par conduites 1, 15 % dans les transports ferroviaires, 10 % dans les autres transports terrestres de voyageurs 2 ; un quart des salariés travaillent dans l'entreposage et 17 % dans les activités de poste et de courrier. Les salariés dans les transports aériens ou par eau sont en très petit nombre. Les effectifs sont proportionnellement plus importants en Picardie qu'en moyenne nationale dans les transports routiers de fret et par conduites (26% en moyenne métropolitaine) et dans l'entreposage (20 %). Le transport des marchandises par rail ou par eau ne progresse pas En France, le transport de marchandises s'effectue majoritairement par la route : la part du rail et du fluvial dans le transport intérieur de marchandises, hors transit, ne représentait en 2010 que 18 % des tonnes-kilomètres transportées 3 en France métropolitaine et 14 % en Picardie. Le transport de marchandises par 1 Transports par conduites : transport de gaz, de liquides, d eau, de boues et autres substances par conduites, exploitation de stations de pompage 2 Taxis, location de voitures avec chauffeur, exploitation de lignes régulières d autocars sur de longues distances, navettes d aéroports régulières, exploitation de téléphériques, de funiculaires, d engins de remontée mécanique 3 Nombre de tonnes chargées multiplié par la distance sur laquelle elles sont transportées 38 500 38 000 37 500 37 000 36 500 36 000 35 500 35 000 L emploi dans le secteur des transports se stabilise L'emploi dans les transports et l'entrepreposage en Picardie au 4 e trimestre de chaque année 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Source : Insee, estimations d'emploi route continue de progresser, alors que l'objectif de la loi Grenelle de 2009 est que la part modale du non-routier et du non-aérien augmente pour atteindre 25 % en 2022. Le transport ferroviaire et fluvial a fortement baissé entre 2000 et 2005, en lien avec la modification du tissu productif français : réduction de l'activité de l'industrie extractive et de la sidérurgie, tertiarisation de l'économie et recul de l'industrie. La baisse a ainsi été particulièrement importante en Lorraine et Haute-Normandie, régions où le rail occupait une part importante. Ce mouvement de baisse, d'une moindre ampleur toutefois, s'observe également pour le fluvial, dans certaines régions touchées par des baisses de l'activité industrielle (Lorraine, Picardie, Champagne-Ardenne). D'après les enquêtes sectorielles de la Banque de France, le chiffre d'affaires du secteur des transports routiers de marchandises a légèrement progressé sur un an (+1 %) en Picardie, au profit surtout des petites et moyennes entreprises. Le chiffre d'affaires à l'export a, en revanche, diminué de 2% entre 2011 et 2012, baisse surtout imputable aux établissements de 20 à 49 salariés. Par ailleurs, en 2012, les entreprises de transports routiers de marchandises ont moins investi qu'en 2011 (-26%). 55
15 TRANSPORTS Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 Les flux de transports de marchandises sur les routes picardes diminuent Transport de marchandises par la route - région Picardie Ensemble (compte propre et compte d'autrui) Évolution Année 2012 2011-2012 (%) en milliers de tonnes en millions de tonnes kms Tonnes Baisse du tonnage de marchandises transportées sur route En 2012, les flux de transports de marchandises sur les routes de la région ont baissé par rapport à 2011, comme dans toutes les régions de France métropolitaine. Il ne s'agit ici que du transport effectué sur le territoire national, à l'exclusion de la Corse. En tonneskilomètre, les entrées dans la région ont diminué Tkmfra en milliers de tonnes Année 2012 Compte d'autrui en millions de tonnes kms Évolution 2011-2012 (%) Tonnes Tkmfra Flux entrants 20 668 3 849,3-23,6-18,7 16 870 3 448,0-26,3-19,0 Flux sortants 23 761 4 424,6-18,6-17,6 20 565 4 074,3-17,8-17,6 Flux internes 50 622 1 735,6 0,6 -+6,6 32 889 1 155,9 +0,1-8,7 Ensemble des flux 95 050 10 009,5-10,8-16,3 70 324 8 678,2-12,9-17,1 Entrées dans la région : marchandises déchargées en Picardie et chargées dans une autre région Sorties de la région : marchandises chargées en Picardie et déchargées dans une autre région Intérieur à la région : marchandises chargées en Picardie et déchargées en Picardie Source : SOeS, Enquête Transport routier de marchandises Les prix de vente moyens nationaux des carburants ont constamment progressé depuis 2009 Prix de vente moyen nationaux des carburants En /litre (TTC) 1,7 1,6 1,5 1,4 1,3 1,2 1,1 1,0 0,9 0,8 Super sans plomb (octane 98) Gazole 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Source : DIREM (Direction des Ressources Énergétiques et Minérales) de 19 % et les sorties de 18 %, et les marchandises chargées et déchargées à l'intérieur de la région de 7 %. En flux nationaux, il entre dans la région moins de marchandises (21 MT) qu'il n'en sort (24 MT). Les flux internes s'élèvent à 51 millions de tonnes. Parallèlement à cette baisse du tonnage de marchandises transportées, le marché français des véhicules utilitaires légers est en 2012 en repli de 11 % par rapport à 2011, et celui des poids lourds de 8 %. En Picardie, les immatriculations de ces véhicules utilitaires sont également en baisse dans l'aisne et la Somme. Pour l'oise, les chiffres sont difficiles à appréhender car une grande partie des immatriculations sont le fait d'entreprises de location de véhicules qui bénéficient dans l'oise d'un tarif très attractif de la carte grise et de l'exonération de la vignette encore en vigueur pour les véhicules de société dans la plupart des autres départements. Les Picards achètent moins de voitures En 2011, le transport représente 14,5 % des dépenses de consommation des ménages français. En moyenne, un quart de ce budget est dévolu à l'achat de véhicule, 16 % aux services de transport (transports collectifs, taxis ) et le reste (59 %) aux dépenses d'utilisation des véhicules et, parmi ces dernières, à l'achat de carburant. Or, les prix de vente moyens nationaux des carburants ont constamment progressé depuis 2009. En prix TTC, ils atteignent en moyenne sur l'année 2012, 1,40 /litre pour le gazole et 1,62 /litre pour le super sans plomb 98. Les immatriculations de voitures particulières neuves sont en retrait en 2012 par rapport à 2011 dans les trois départements picards, de 10 % dans l'aisne et la Somme, et de 12 % dans l'oise. Les trois-quarts des immatriculations enregistrées en 2012 en Picardie l'ont été dans l'oise : cette disproportion 56 Voitures particulières 2012 (en nombre) Évolution 2011-2012 Baisse des immatriculations de véhicules neufs Immatriculations de véhicules neufs en 2012 Véhicules utilitaires légers : camionnettes et véhicules automoteurs spécialisés <= 3,5 t de PTAC 2012 (en nombre) Évolution 2011-2012 Poids lourds : camions, véhicules automoteurs spécialisés > 3,5 t de PTAC et tracteurs routiers 2012 (en nombre) Évolution 2011-2012 Ensemble des immatriculations (y compris immatriculations de transports en commun) 2012 (en nombre) Évolution 2011-2012 Aisne 19 333-9,8 3 161-11,6 424-5,1 22 941-10,0 Oise 114 920-11,8 11 351-3,1 2 136 +13,0 128 490-10,7 Somme 19 471-9,7 4 169-22,2 366-5,2 24 063-12,0 Picardie 153 724-11,3 18 681-9,6 2 926 +7,4 175 494-10,8 France de Province 1 510 981-14,5 312 122-10,1 40 391-7,9 1 867 771-13,7 France métropolitaine 1 857 013-14,1 380 254-10,6 45 631-7,7 2 288 974-13,4 Source : SOeS, fichier central des automobiles (SIDIV)
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles TRANSPORTS 15 s'explique comme indiqué précédemment par la surreprésentation des voitures achetées par des entreprises de location. En France, le nombre d'immatriculations de voitures neuves est descendu à son plus bas niveau depuis 14 ans, conséquence de l'arrêt du soutien au marché par la prime à la casse, comme précédemment, en 1998, avec la fin de la mesure dite "Juppé". En France, en 2011, 84% du transport intérieur terrestre de voyageurs s'est accompli en voiture, 11 % par le train et 5 % par autobus ou autocars. Pour les déplacements domicile-travail en particulier, les Picards sont aussi nombreux à déclarer utiliser la voiture qu'en moyenne de Province : en 2009, les trois quarts des Picards Passagers des aéroports Progression du nombre de passagers des aéroports en 2012 Passagers des aéroports en Picardie et en France métropolitaine Picardie 2012 Évolution 2011-2012 (%) Évolution annuelle moyenne 2008-2012 (%) 2012 France métropolitaine Évolution 2011-2012 (%) Évolution annuelle moyenne 2008-2012 (%) Lignes nationales 132 271 +151,3 +34,8 47 388 928 +2,4 +0,9 Lignes internationales 3 730 598 +2,9 +10,6 109 466 961 +3,4 +1,5 Transit 0-100,0-20,0 707 958-6,2-3,7 Total 3 862 869 +5,0 +11,1 157 563 847 +3,0 +1,3 Passagers lignes à bas coût (low cost) 3 859 940 +5,0 +11,1 35 159 470 +9,5 +7,3 Part des lignes à bas coût (en %) 99,9 22,3 Passagers des aéroports Passagers des aéroports en France de Province et en Île-de-France France de Province 2012 Évolution 2011-2012 (%) Évolution annuelle moyenne 2008-2012 (%) 2012 Île-de-France Évolution 2011-2012 (%) Évolution annuelle moyenne 2008-2012 (%) Lignes nationales 31 068 894 +4,8 +1,7 16 320 034-2,0-0,4 Lignes internationales 37 123 926 +7,7 +3,6 72 343 035 +1,3 +0,6 Transit 582 562-15,6-2,9 125 396 +95,4-6,8 Total 68 775 382 +6,1 +2,7 88 788 465 +0,8 +0,4 Passagers lignes à bas coût (low cost) 22 953 984 +13,5 +9,2 12 205 486 +2,8 +4,3 Part des lignes à bas coût (en %) 33,4 13,7 Source : Union des aéroports français Déplacements domicile-travail : la Picardie, 1 re région de France Trois Picards sur cinq quittent leur canton ou agglomération de résidence pour aller travailler, un sur cinq quitte même la région. Cela fait de la Picardie la région de France où les travailleurs sont les plus mobiles. Les trois-quarts des sorties de la région se font vers l'île-de-france. Son attractivité sur la Picardie est beaucoup plus marquée que dans les autres régions voisines de la région parisienne. La raison en est que, depuis 10 ans, le nombre de Picards ayant un travail a augmenté plus rapidement que celui des emplois localisés dans la région, obligeant ainsi certains à aller chercher ailleurs ce qu'ils n'ont pas à proximité. La Champagne-Ardenne attire aussi de plus en plus d'axonais. En revanche, les échanges sont équilibrés avec la Haute-Normandie et il y a plus d'habitants du Nord-Pas-de-Calais qui viennent travailler en Picardie que l'inverse. Au sein de la Picardie, la hausse des déplacements domicile-travail résulte d'un double phénomène : la progression de la population se concentre essentiellement dans les villages et les bourgs alors que les emplois sont de plus en plus regroupés dans les grandes agglomérations. Quatre déplacements sur cinq se font en voiture Cette mobilité liée au travail s'accroît au fil des années, de même que les distances parcourues : les Picards parcourent en moyenne 19,8 km pour aller au travail en 2009, soit près de 3 km de plus qu'en 1999. Ils sont ceux qui, en France, vont le plus loin pour occuper un emploi. 80 % d'entre eux utilisent un véhicule automobile pour se rendre sur leur lieu de travail, 8 % empruntent les transports en commun, autant y vont à pied et seuls 3 % se servent d'un deux roues. La Picardie, 1 re région de France pour les déplacements domicile-travai Part des actifs travaillant hors de leur région de résidence en 2009 Part des actifs travaillant hors de 4,5 4,6 leur région de 5,3 5,4 résidence (en %) 3,1 15,0 10,0 2,8 3,6 6,0 5,5 4,5 1,3 3,0 Moyenne des régions de province : 5,8 % IGN - Insee 2013 Champs : actifs ayant un emploi, ne travaillant pas à leur domicile Source : Insee, recensement de la population 2009, exploitation principale L'usage de l'automobile est quasi systématique (94% des cas) quand on travaille en Picardie hors de son canton ou agglomération d'habitation. Il se réduit à 70% lorsque l'on travaille au sein de son canton ou de son agglomération, au profit surtout de la marche à pied (20 % des déplacements). Parmi les travailleurs qui ont un emploi en Picardie, on en compte environ 70 % qui utilisent un véhicule pour s'y rendre, l'autre mode de transport le plus fréquemment utilisé étant alors les transports en commun (25%). On constate donc que ce recours aux transports en commun se fait surtout au détriment de la marche à pied ou des deux roues et très peu au détriment de l'automobile. Cela s'explique par le fait qu'une bonne partie des emplois occupés par les Picards en Île-de-France se situent au nord de Paris. Article disponible au téléchargement : Insee Picardie Analyses n 75 Janvier 2013 : www.insee.fr/picardie "Les publications". 2,7 5,0 4,0 8,5 9,2 4,3 18,1 1,3 12,9 5,3 7,2 9,7 10,1 57
15 TRANSPORTS Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 déclarent dans le cadre du recensement de la population effectuer leurs déplacements domicile-travail en voiture, 8 % prendre les transports en commun et 16 % utiliser un autre moyen de locomotion (marche à pied ou vélo par exemple). Les Franciliens se démarquent fortement des Provinciaux avec la moitié de leurs déplacements domicile-travail en voiture et 34 % en transports en commun. Plusieurs villes de France revoient aujourd'hui leurs réseaux de transports en commun. La ville d'amiens, notamment, programme l'ouverture de sa première ligne de tramway en 2018, afin de proposer une nouvelle alternative à la voiture individuelle, en complément d'un réseau de bus repensé, d'une promotion du covoiturage et du développement des modes de transports doux. Toujours plus de passagers à l'aéroport de Beauvais-Tillé En 2011, les Français de plus de 15 ans ont effectué en moyenne 3,2 voyages personnels de longue distance (plus de cent kilomètres du domicile) avec nuitée. La voiture reste le mode de transport privilégié des personnes résidant en métropole pour effectuer un voyage à plus de 100 kilomètres de leur domicile (68 % en 2011) mais la part de l'avion (9 %), et dans une moindre mesure celle du train (18 %), continuent de s'accroître à ses dépens. En outre, le nombre de voyages pour motif personnel à l'étranger est en progression. Spécialisé dans les vols internationaux à bas coût, l'aéroport de Beauvais-Tillé profite bien de cet essor : avec 3,9 millions de passagers transportés en 2012, il se place au 9 e rang des aéroports français. En 2012, il a accueilli 200000 passagers de plus qu'en 2011, soit une progression de 5% en un an. Cette croissance du nombre de passagers est encore plus importante que celle de l'ensemble des aéroports français (+3 % de passagers de plus en 2012 qu'en 2011). Le succès de l'aéroport de Beauvais-Tillé s'est concrétisé par une évolution moyenne de son attraction de 11 % l'an au cours des cinq dernières années et un chiffre d'affaires de 54 millions d'euros en 2012. Le trafic à bas coût représente en 2012 un peu moins du quart du trafic métropolitain et un peu plus du tiers du trafic provincial. Il continue de croître sensiblement. Anne ÉVRARD Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Service gestion de la connaissance et garant environnemental Pour en savoir plus Banque de France - Les entreprises en Picardie Bilan 2012 - Perspectives 2013, Banque de France Picardie Indicateurs de développement durable pour les territoires, Commissariat général au développement durable - études et documents n 57-novembre 2011. La mobilité à longue distance des Français en 2011 : regain de dynamisme des voyages personnels, Commissariat général au développement durable - Le point sur n 149-décembre 2012. Résultats d'activité des aéroports français 2012, Union des aéroports français http://www.picardie.developpementdurable.gouv.fr 58
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles Une saison honorable pour le tourisme marchand La météo maussade et la persistance de la crise ont impacté les comportements des touristes en 2012. Toutefois, la saison reste honorable. La fréquentation des campings, soutenue par les clientèles du Royaume-Uni et de la Belgique se contracte plus légèrement (-1,8%) en Picardie que dans les régions voisines. Le nombre de nuitées dans les hôtels évolue peu par rapport à 2011 (-0,9%). Enfin, avec près de six millions de visiteurs, la fréquentation des musées, châteaux, parcs d'attractions, de loisirs ou sites naturels picards a progressé de +2%. TOURISME 16 L' offre touristique s'appuie à la fois sur l'offre marchande (hôtels, campings...) et l'offre non marchande (résidences secondaires). Cette dernière, avec environ 230000 lits en résidences secondaires, compose 70 % des lits touristiques picards. Avec 93 700 lits marchands proposés aux touristes en 2012, la Picardie se maintient depuis plusieurs années au 15 e rang des régions pour l'offre en hébergement marchand. Elle se situe derrière le Nord-Pas-de-Calais (10 e avec 155000 lits), mais devant ses autres voisines champardenaise (22 e avec 50 500) et hautenormande (20 e avec 64 000). En Picardie comme en France, les campings constituent la principale offre en lits marchands. Leur part est toutefois plus élevée en Picardie (66 %) qu'au niveau national (52 %). À l'inverse, le poids de l'hôtellerie est sous représenté en Picardie (18 %) par rapport à la France entière (23 %). Les résidences de tourisme arrivent en 3 e position en nombre de lits marchands. Elles représentent 9 % de l'offre en Picardie, contre 13 % en France. Ce type d'hébergement génère un important volume de nuitées. L'offre picarde s'enrichit chaque année d'hébergements insolites. Des roulottes, cabanes dans les arbres ou encore yourtes se développent rapidement et répondent aux besoins de dépaysement de la clientèle urbaine et notamment parisienne. Une saison hôtelière similaire à celle de l année 2011 Le nombre de nuitées dans les hôtels évolue peu par rapport à l année 2011 : -0,9% en Picardie, stable en France métropolitaine. Depuis plusieurs années, la clientèle hôtelière se dirige vers des établissements haut de gamme. Ce phénomène ne peut être apprécié 106 105 104 103 102 101 100 99 98 97 96 Le nombre des nuitées dans les hôtels et campings picards évolue légèrement en 2012 Évolution des nuitées dans les hôtels et les campings en indice base 100 en 2005 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Nombre de nuitées Picardie Nombre de nuitées France métropolitaine Nombre d arrivées Picardie Nombre d arrivées France métropolitaine Note : Les données hôtellerie jusqu en octobre 2012 sont définitives et celles de novembre et de décembre 2012 sont des données "consolidées". Les données camping 2012 sont définitives. La fréquentation des campings n est observée que de mai à septembre. Sources : Insee ; DGCIS, partenaires régionaux. Légère baisse des nuitées picardes dans les hôtels Nombre de nuitées dans les hôtels par département en 2012 2012 (en milliers) Nombre de nuitées dans les hôtels Évolution sur un an (%) Évolution moyenne annuelle sur 5 ans 1 (%) Part de nuitées effectuées en 2012 par une clientèle étrangère (%) Aisne 516 +1,6-1,7 21,9 Oise 1 136-3,2 +0,4 15,5 Somme 892 +0,9 +2,0 23,7 Picardie 2 544-0,9 +0,5 19,7 Note : Les données jusqu'en octobre 2012 sont définitives et celles de novembre et de décembre 2012 sont des données "consolidées". 1 Taux d'évolution annuel qu'aurait connu le nombre de nuitées si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période de 5 ans considérée. Sources : Insee ; DGCIS, partenaires régionaux. 59
16 TOURISME Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 72 70 68 66 64 62 60 58 56 54 52 50 48 46 65 60 55 50 45 40 35 30 25 20 15 Taux d occupation dans les hôtels en % du nombre de lits disponibles Picardie en 2012 Picardie moyenne 2007 2011 France métropolitaine en 2012 France métropolitaine moyenne 2007 2011 Note : Les données jusqu en octobre 2012 sont définitives et celles de novembre et de décembre 2012 sont des données "consolidées". Sources : Insee ; DGCIS, partenaires régionaux. Taux d occupation dans les campings en % du nombre d emplacements disponibles Mai Juin Juillet Août Septembre Picardie en 2012 Picardie moyenne 2007 2011 France métropolitaine en 2012 France métropolitaine moyenne 2007 2011 Note : données 2012 définitives. La fréquentation des campings n est observée que de mai à septembre. Sources : Insee ; DGCIS, partenaires régionaux. annuellement. En effet, la classification des hôtels et campings a évolué, entraînant des changements de catégories (nombre d'étoiles) pour beaucoup d'entre eux en 2011, 2012 et sans doute 2013. En 2012, le nombre de nuitées augmente légèrement dans les départements de l Aisne (+1,6 %) du fait de l augmentation du parc et de la Somme (+0,9 %). Dans l Oise, le nombre de nuitées est en baisse (-3,2 %). Porté par le tourisme d'affaires, le taux d'occupation des hôtels picards fléchit pendant l'été janv. 2012 mars 2012 mai 2012 juil. 2012 sept. 2012 nov. 2012 Un début de saison dynamique dans les campings picards La durée moyenne de séjour en Picardie se maintient, tant pour la clientèle française qu étrangère et s établit à 1,5 jour. En France métropolitaine, cette durée est de 1,8 jour (au même niveau qu'en 2011). Le taux d occupation est stable tant dans la région qu en France métropolitaine. Il s élève à 57,3 % en Picardie et 60,3 % sur le territoire métropolitain. Dans les régions voisines, le taux d occupation diminue légèrement : -2,0 point dans le Nord-Pas-de- Calais (56,0 %), -1,7 point en Champagne-Ardenne (54,5 %). Les Britanniques, les Belges et les Allemands les plus présents En Picardie, la part des nuitées effectuées par les touristes étrangers est de 19,6 % et reste similaire à celle de 2011. Parmi la clientèle étrangère, ce sont les britanniques (29 %), les belges (19,0 %), et les allemands (10 %) qui sont les plus présents dans la région. La clientèle belge a fortement chuté (-18 %), tandis qu elle reste quasiment stable pour les britanniques (+0,3 %) et les allemands (-1,6 %). La météo capricieuse durant les vacances d été n a pas encouragé les touristes à profiter de la côte : -10% de nuitées pour la Picardie Maritime. Dans le Sud-Oise, zone où le parc hôtelier est le plus développé de la région, les nuitées sont en légère baisse (-2,2 %). Le ralentissement économique entraîne une diminution de l activité affaire/séminaire, point fort de l hôtellerie isarienne. Par contre, la hausse est importante dans la zone du «Grand Amiénois» (+7,2 %) grâce au tourisme d affaires et aux événements tels que le Congrès national des sapeurs-pompiers. Une saison mitigée dans les campings Pour les campings après une bonne année 2011 (+3 % de nuitées contre +2,8 % en France), l'année 2012 retrouve en Picardie une fréquentation proche de 2010. La météo capricieuse durant les vacances d'été a découragé les campeurs de fréquenter les régions du nord de la France, avec par exemple une baisse des nuitées marquée en Haute-Normandie (-5,5 %). La Picardie a accueilli 330000 campeurs (336 000 en 2011) pour un total d'un million de nuitées. La fréquentation des campings se contracte légèrement (-1,8 %) mai reste dans la tendance nationale (-1,0 %). La clientèle britannique en tête des nuitées étrangères Dans la région, la part des nuitées étrangères représente 53,5 % des nuitées totales, soit +3,2 points par rapport à 2011. Le volume des 60
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles TOURISME 16 nuitées étrangères augmente de +4,5 %, avec une forte progression pour les emplacements locatifs (+29,9 %). Parmi la clientèle étrangère venant en Picardie, le Royaume-Uni représente quasiment un tiers des nuitées étrangères (29,0 %), devant les Pays-Bas (14,1 %) et la Belgique (5,6 %). Ce sont les clientèles du Royaume-Uni et de la Belgique qui enregistrent les plus fortes hausses, respectivement +13,2 % et +6,6 %. La durée moyenne de séjour de la clientèle (3,0 jours) reste inférieure à celle de la clientèle française (3,7 jours). Pour l'ensemble français et étrangers elle se maintient à 3,3 jours. La Picardie, 1 re région pour l'occupation des emplacements locatifs Le taux d'occupation des campings picards est de 31,5 % contre 35,6 % en France. Ce taux est stable par rapport à l'année 2011 (+0,4 point). La Picardie se place en 9 e position en taux d'occupation. En tête, les régions Provence-Alpes- Côte d'azur (45,5%), Languedoc-Roussillon (43,1 %) et Poitou-Charentes (37,1 %). Par contre, en ce qui concerne les emplacements locatifs, la Picardie se place en première position (57,0 %), ex-æquo avec la région Provence-Alpes-Côte d'azur et devant le Languedoc-Roussillon (54,6 %). Le choix du confort se confirme En 2012, l'engouement pour les emplacements locatifs se poursuit donc. Le nombre de nuitées est en hausse de +16,3% (+17,4 % en 2011), boostée par la clientèle étrangère (+29,9%). Depuis plusieurs années, ce mode d'hébergement (bungalow, mobile-home) est privilégié aux dépens des emplacements nus (-14,9 % par rapport à 2011). Ce phénomène est visible aussi dans les régions voisines : le Nord-Pas-de-Calais (+41,0%), la Champagne- Ardenne (+6,7 %) et la Haute-Normandie (+6,8 %). Après un bon mois de mai (+20,0 %), les mois de juin (-24,3 %) et de juillet (-10,2%) ont souffert d'une météo peu encourageante pour les campeurs. La bonne arrière-saison a profité au mois de septembre (+16,8 %). La fréquentation soutenue par la clientèle étrangère Dans l'aisne, la fréquentation des campings est mitigée, avec un volume des nuitées en baisse de -1,2 %, l'augmentation des nuitées étrangères (+2,1%) ne compense pas la diminution de la fréquentation française (-21,3%). La fréquentation dans les campings de la Somme augmente légèrement (+1,5%), grâce à une hausse des nuitées étrangères (+15,0 %) 2. Dans les trois départements picards, le nombre de nuitées dans les emplacements nus diminue tant pour la clientèle française qu'étrangère, au profit des emplacements locatifs. La Côte picarde et le Laonnois- Soissonnais boostent les nuitées La répartition des nuitées est inégale selon les zones picardes. Deux zones totalisent plus 2 Le chiffre d'évolution de fréquentation des campings du département de l'oise n'est pas significatif du fait d'un changement de champ. 2 544 000 nuitées dans les hôtels picards en 2012 Fréquentation des hôtels et des campings en milliers Picardie France métropolitaine Hôtels Campings Hôtels Campings Arrivées 1 685 330 108 730 19 684 Français 1 356 137 77 809 12 554 Étrangers 329 193 30 920 7 130 Nuitées 2 544 1 084 198 376 105 682 Français 2 044 505 130 008 70 219 Étrangers 501 580 68 368 35 463 Durée moyenne du séjour (en jours) 1,5 3,3 1,8 5,4 Français 1,5 3,7 1,7 5,6 Étrangers 1,5 3,0 2,2 5,0 Note :Les données hôtellerie jusqu'en octobre 2012 sont définitives et celles de novembre et de décembre 2012 sont des données "consolidées". Les données camping 2012 sont définitives. La fréquentation des campings n'est observée que de mai à septembre. Sources : Insee ; DGCIS, partenaires régionaux La Picardie bénéficie de grands espaces naturels et de nombreux sites de renom (cathédrales, châteaux, Baie de Somme ). Elle se caractérise également par des habitants chaleureux qui ont des valeurs liées aux plaisirs simples et à l'authenticité. Autant d'atouts répondant à une clientèle de proximité qui souhaite donner du sens à son séjour touristique et vivre une expérience unique. Le Comité Régional du Tourisme et ses partenaires souhaitent ainsi véhiculer ces valeurs fortes comme la convivialité ou la complicité à travers la marque Esprit de Picardie, co-construite avec les acteurs du tourisme. Ces derniers partagent la passion de leur métier et de leur territoire dans le magazine Esprit de Picardie, sur le site www.week-ends-picardie.com et sur les réseaux sociaux Esprit de Picardie. Innover pour un tourisme durable en Picardie Le Schéma Régional de Développement Durable du Tourisme et des Loisirs (SRDDTL) pose deux ambitions majeures : positionner la Picardie comme destination touristique de courts-séjours et contribuer à l'amélioration de l'attractivité régionale et de la qualité de vie des Picards. Avec l'appel à projets Innover pour un tourisme durable en Picardie, la Région et le CRT souhaitent dynamiser son offre touristique. Les 4 lauréats de l'année 2012 sont: "Le Nid dans les Bruyères" à Fère en Tardenois (02) : création d'hébergements insolites (maisons semi-enterrées, cabanes sur pilotis) complétée d'une offre bien-être (piscine, spa), et ouverture d'un parc accro-branche. "Le Clos Cacheleux" à Miannay (80) : création d'une cabane familiale dans les arbres dans l'enceinte du camping Le Clos Cacheleux. "Villa Coquelicot" à Cléry-sur-Somme (80) : restauration d'un corps de ferme en 5 gîtes écologiques haut de gamme, complétés d'une offre bien-être (piscine, spa). Le projet vise également la filière tourisme d'affaires avec l'accueil de séminaires d'entreprises. "Camping la Croix du Vieux Pont" à Berny-Rivière (02) labellisé Clef verte : Projet global de développement des activités du camping par l'extension de la capacité d'hébergement, la création d'une piscine naturelle. Les constructions répondront aux normes de haute performance environnementale. 61
16 TOURISME Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 En 2011, l'investissement touristique a été favorable pour les entreprises d'hébergement françaises L'investissement touristique en France en 2011 (dernière année disponible) est estimé à 12,4 milliards d'euros dont 4,2 milliards pour les résidences secondaires, 2,5 milliards dans la restauration et 2,2 pour l'hôtellerie. Ces investissements touristiques pèsent autant que ceux de l'agriculture ou de l'énergie (pétrole, gaz, électricité) et 3,5 fois plus que ceux de l'industrie automobile. Le domaine de l'hôtellerie connaît une embellie en 2011. C'est en milieu urbain que les 2/3 des investissements hôteliers sont concentrés. En Picardie, l'oise aurait réalisé entre 10 et 25 millions d'investissements contre moins de 10 millions pour la Somme et l'aisne. Dans l'hôtellerie de plein air, les investissements sont également en croissance en France en 2011. 40 % des investissements sont réalisés dans des départements du littoral Atlantique et méditerranéen, territoires où la part de l'hébergement locatif est forte. La Somme s'illustre avec des investissements réalisés à hauteur de 5 à 10 millions d'euros contre moins de 3 pour l'oise et l'aisne. Dans les résidences de tourisme françaises, les investissements sont à la baisse en 2011. La Somme se situe dans la fourchette d'investissement de 3 à 10 millions d'euros avec les travaux réalisés au Pierre et Vacances de Belle Dune. En France, les investissements dans les parcs de loisirs se sont ralentis en 2011 mais une progression était attendue en 2012. Toutefois l'oise se distingue avec un investissement de 20 millions d'euros dans la nouvelle attraction du Parc Astérix : OZIRIS, un grand huit inversé. Source : Tableau de bord des investissements touristiques en 2011 - Atout France 3 nouveaux hôtels picards "haut de gamme" Le dernier né des hôtels de luxe de Chantilly est l'auberge du Jeu de Paume, situé au cœur du Domaine de Chantilly, à quelques pas du Château. Avec 68 chambres et 24 suites il vient conforter une offre hôtelière très porteuse dans le Sud de l'oise. Sa situation privilégiée ainsi que ses équipements séminaire et bien-être attirent une clientèle de tourisme et d'affaires. de 80% des nuitées : 56,3 % pour la Côte picarde et 28,5 % pour la zone du Laonnois- Soissonnais. Cette dernière comprend le camping "La Croix du Vieux Pont" à Berny- Rivière (520 emplacements). Dans cette zone, le nombre de nuitées augmente légèrement : +2,5 %, grâce à une hausse de la clientèle étrangère (+2,8%). Sur la Côte picarde, l'augmentation des nuitées étrangères (+24,2 %) compense la baisse de la clientèle française (-7,2 %). Par rapport à l'année 2011, le nombre de nuitées reste stable (+0,9 %). Ces deux zones affichent aussi les taux d'occupation les plus forts de la région : 55 % pour la zone du Laonnois- Soissonnais et 30 % pour la côte picarde. Amiens accueille depuis fin 2012 son 1 er hôtel de niveau 4-5* : le Marotte. Cet établissement haut de gamme propose chambres et suites au cœur d'amiens et offre des prestations personnalisées. L'hôtel privilégie les savoir-faire et produits locaux tant pour son agencement (ébénisterie et tissus locaux) que pour les produits du terroir. Le 1 er hôtel labellisé Haute Qualité Environnementale de Picardie a vu le jour à Soissons. Le Best Western Hôtel des Francs est le 4 e hébergement touristique engagé dans cette démarche en France et le 1 er Best Western indépendant labellisé HQE en France. Plus de 300 m 2 de panneaux photovoltaïques ont été installés ainsi que des capteurs solaires pour chauffer l'eau, du triple vitrage, éclairage par leds Un fort taux d'occupation des meublés picards La Picardie compte environ 500 meublés labellisés Gîtes de France. Les centrales de réservation de l'aisne, de l'oise et de la Somme gèrent les trois-quarts de ces locations (dont 7 meublés Clévacances dans l'oise). Le taux d'occupation des meublés picards s'établit à 52 %. Il reste très supérieur à la moyenne française qui se situe autour de 40%. Avec 242 000 nuitées en 2012, la fréquentation est stable par rapport à 2011. Les 2/3 des nuitées proviennent de la clientèle française. Quant aux nuitées de la clientèle étrangère, elles sont en recul de 2 %. Contrairement aux campings et aux hôtels dans lesquels les britanniques sont largement en tête des clientèles étrangères, ce sont les Néerlandais qui sont les plus nombreux dans les meublés picards (26% de la clientèle étrangère). Ils sont particulièrement présents dans l'aisne et la Somme, à la recherche d'espaces naturels préservés comme la Thiérache ou la Côte Picarde. Les britanniques sont en seconde position avec 22% des nuitées étrangères, non loin devant les belges (20%). Près de 6 millions de visiteurs Que ce soient dans les musées, les châteaux, parcs de loisirs ou d'attraction ou encore dans les sites naturels, la Picardie a accueilli en 2012 environ 5,8 millions de visiteurs. La fréquentation a progressé de +2 % cette année. Les loisirs sont à l'origine de cette croissance ; la fréquentation des parcs d'attraction, parcs et bases de loisirs est en effet, en hausse de 7 % en 2012. En revanche, les sites de découverte du patrimoine culturel et naturel voient leur fréquentation baisser de 4 %. Claire HÉNOCQUE Observatoire régional du tourisme Comité régional du tourisme Benoît RIEM Institut national de la statistique et des études économiques Pour en savoir plus Données, analyses et études de l'observatoire Régional du Tourisme de Picardie www.picardietourisme-acteurs.com Les emplois touristiques en Picardie en 2009 - Le tourisme ne connaît pas la crise, Insee Picardie Analyses n 66, juillet 2012 www.insee.fr 62
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles TOURISME 16 63
Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 64
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles Une conjoncture difficile pour le commerce de détail picard L'année 2012 du commerce de détail a été marquée en Picardie par la morosité de l'activité. Le nombre de points de vente a baissé au cours de l'année s'établissant à 9 026 fin 2012. Les commerçants font également part d'une vive inquiétude pour 2013. Ces difficultés économiques se traduisent sur le niveau de l'emploi : l'effectif d'emplois salariés du commerce (commerce de gros, commerce de détail et commerce de réparation automobile) a baissé de -0,9% en un an dans notre région. COMMERCE 17 Selon les enquêtes conjoncturelles et le témoignage des conseillers des CCI picardes, les commerçants de détail ont dû faire face en 2012 au ralentissement général de l'activité. Après la timide reprise de 2011, ils ont vécu péniblement cette année et craignent encore une baisse de l'activité en 2013. Ils continuent d'afficher une morosité ambiante liée à la fois à l'augmentation des charges, une baisse du chiffre d'affaires et un manque de perspectives claires. Le moral des commerçants est morose Dans la région d'amiens, l'inquiétude sur le maintien de l'activité persiste, voire s'amplifie, pour les mois à venir. Ils sont plus nombreux que les années précédentes à penser que leur activité et leur trésorerie vont baisser en 2013. En effet, un bon tiers a vu son chiffre d'affaires diminuer en 2012, même s'il reste encore stable pour la majorité des commerçants amiénois. Dans l'aisne, il semble que la situation soit plus défavorable, avec une baisse du chiffre d'affaires au cours de l'année 2012, pour près de la moitié des commerçants, liée à une baisse du pouvoir d'achat des ménages. Concernant les détaillants isariens, la situation n'est pas bonne non plus. De nombreux commerçants se retrouvent avec des difficultés financières. Ils peinent à payer leurs charges et déclarent négocier un échelonnement avec le RSI (car les différences de chiffres d'affaires d'une année sur l'autre, sont conséquentes). L'inquiétude pour l'avenir se généralise et gagne du terrain même dans des secteurs peu atteints jusqu'alors (notamment les commerces de bouche "de qualité").tous les secteurs rencontrent donc des difficultés de maintien de leur activité. Pour l'aisne, les secteurs de la cultureloisirs, de l'équipement de la maison sont les plus durement touchés par la situation. Ce constat se vérifie également dans l'oise, où l'alimentaire résiste le mieux à la crise. Dans le secteur de la culture-loisirs, les commerces qui ont su innover en créant et développant de nouveaux concepts commerciaux se démarquent. L'achat de produits technologiques (smartphones, tablettes ) permet également de relever le niveau des ventes.. Baisse du nombre de magasins dans le commerce de détail Dans ce contexte difficile, le nombre global de magasins a baissé par rapport à 2011 (-1%). La région compte 9 026 commerces de détail à fin 2012. De nombreux mouvements de créations et disparitions de points de vente ont été La plus forte densité commerciale pour l équipement de la maison et l alimentaire Densité commerciale en m² pour 1 000 habitants en 2012 par secteur Aisne Oise Somme Picardie Alimentaire 448,0 418,0 443,0 434,0 dont hypermarchés 181,0 185,0 143,0 171,0 supermarchés 201,5 153,0 224,5 188,0 Équipement de la personne 122,0 135,0 140,0 133,0 Équipement de la maison 465,5 441,0 427,0 444,0 Culture-loisirs 117,0 157,0 131,0 138,0 Hygiène-beauté-santé 3,0 1,0 1,0 1,5 Automobile 132,0 90,0 117,0 110,0 1 761 commerces picards de grandes et moyennes surfaces Les commerces de 300 m² et plus en 2012 Nombre d établissements Source : CCI Picardie, fichier consulaire 2013 - LSA 2013 Surface en m² Densité en m² pour 1 000 habitants Surface moyenne en m² Aisne 551 710 911 1 315 1 290 Oise 644 1 018 415 1 267 1 581 Somme 566 740 129 1 297 1 308 Picardie 1 761 2 469 455 1 290 1 402 Source : CCI Picardie, fichier consulaire 2013 - LSA 2013 65
17 COMMERCE Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 Les hypermarchés et les surgelés représentent la plus faible part des commerces de l alimentaire Répartition des commerces de l alimentaire en 2012 Autres commerces alimentaires 15 % Commerces d'alimentation générale 20 % Hypermarchés 3 % Surgelés 2 % Supérettes 5 % Source : CCI Picardie, fichier consulaire 2013 - LSA 2013 Le secteur alimentaire représente 19 % des commerces picards Commerces de bouche 33 % Supermarchés 22 % Les enseignes de l alimentaire en tête du palmarès de la plus grande surface de vente Palmarès des 10 premières enseignes en 2012 en surface de vente Enseigne Nombre de magasins Surface en m² Surface en 2011 Intermarché 56 148 642 148 642 Centre Leclerc 21 101 507 101 507 Bricomarché 24 90 219 90 219 Auchan 11 89 914 89 914 Carrefour Market 39 71 939 71 939 Point P 22 71 071 71 071 Mr Bricolage 12 60 898 60 898 Gamm Vert 27 46 807 46 807 Lidl 50 40 952 39 967 Aldi 56 40 225 40 225 Source : CCI Picardie, fichier consulaire 2013 - LSA 2013 Répartition des commerces par grands secteurs en 2012 Nombre d établissements Picardie Nombre % Aisne Oise Somme Total 9 026 100 2 619 3 497 2 910 Alimentaire 1 753 19 501 689 563 Equipement de la personne 1 661 18 461 631 569 Automobile 1 275 14 385 538 352 Culture-loisirs 1 237 14 348 458 431 Equipement de la maison 1 201 13 348 467 386 Hygiène-beauté-santé 979 11 306 365 308 Autres 920 10 270 349 301 Source : CCI Picardie, fichier consulaire 2013 - LSA 2013 observés, même si le ryhtme des ouvertures/ fermetures s'est ralenti au regard de l'année précédente. Au total, les créations n'ont pas suffi à enrayer les disparitions de commerces. Une implantation commerciale liée au profil des territoires Les disparités dans la logique d'implantation des commerces sont liées au profil démographique des territoires. Dans la Somme, les commerces se concentrent essentiellement dans les villes moyennes ou grandes. Amiens, capitale régionale, a un rayonnement important en termes d'offres commerciales. C'est la première commune régionale en nombre de commerces. Elle détient 9 % de la totalité des commerces régionaux et 28 % des commerces samariens. Abbeville arrive en seconde position avec 9,5 % des commerces du département. Dans l'oise, la répartition est plus homogène sur le territoire. Même si Beauvais arrive en tête avec 13% des commerces isariens, la ville ne parvient pas à se démarquer nettement. Compiègne, Creil et Saint-Maximin totalisent 20 % des commerces départementaux. La répartition dans l'aisne est marquée par l'influence des pôles moyens. Saint-Quentin et Soissons détiennent respectivement plus de 10 % des commerces axonais (15,5 % et 11,5 %) et Laon 8 %. Le secteur alimentaire en tête des commerces picards Au niveau sectoriel, l'alimentaire représente 19 % des commerces picards suivi de l'équipement de la personne et de l'automobile. Cette répartition se vérifie également dans l'aisne et l'oise. Dans la Somme, l'équipement de la personne arrive en tête suivi de l'alimentaire et de la culture-loisirs en raison notamment d'une offre commerciale plus importante dans la capitale régionale. Chaque année, de nouveaux commerces de plus de 300 m² Avec 1 761 commerces de plus de 300 m ², la Picardie compte toujours plus de grandes et moyennes surfaces. L'ensemble de ces magasins représente 20 % de la totalité des commerces picards et s'étend sur près de 2,5 millions de m 2. La surface moyenne des magasins est plus élevée dans l'oise (1 580 m²) que dans les deux autres départements picards mais du fait du nombre élevé d'habitants, la densité commerciale de ce département (1 268 m² pour 1 000 hts) y est plus faible que dans la Somme (1 297 m² pour 1 000 hts), et surtout dans l'aisne (1 315 m²). 66
BILAN ECONOMIQUE 2012 Approches sectorielles COMMERCE 17 Priorité à l'équipement de la maison et à l'alimentaire pour les plus de 300 m² L'équipement de la maison et de l'alimentaire sont les deux secteurs les plus importants. Ils représentent plus de la moitié (60 %) des commerces de plus de 300 m² en nombre et les trois-quarts de la surface de vente régionale. Ces deux secteurs ont aussi les densités commerciales les plus fortes, il s'agit essentiellement de grandes surfaces alimentaires ou de bricolage qui nécessitent une surface de vente large. L'Aisne se démarque des deux autres départements picards pour sa densité commerciale plus élevée dans ces secteurs. La région compte près de 500 enseignes différentes quel que soit le secteur d'activité pour les commerces de plus de 300 m². C'est l'oise qui détient la plus grande variété d'enseignes à l'inverse de l'aisne, où l'offre est la moins diversifiée de Picardie. L'équipement de la maison est le secteur qui propose la plus grande offre d'enseignes et celui de l'hygiène-beautésanté la plus faible. Les enseignes qui ont le plus grand nombre d'implantations concernent en majorité les Automobile 12,5 % Équipement de la personne 18,1 % La majorité des commerces de plus de 300 m² pour l alimentaire et l équipement de la maison Répartition des commerces de plus de 300 m² par secteur Culture-loisirs 7,9 % Autres 3,2 % Hygiène-santé-beauté 0,4 % Équipement de la maison 29,5 % Alimentaire 28,5 % Source : CCI Picardie, fichier consulaire 2013 - LSA 2013 La densité du commerce de détail : 47 m² pour 10 000 habitants Commerce de détail en 2012 Nombre d établissements Densité pour 10 000 habitants Aisne 2 619 48 Oise 3 497 44 Somme 2 910 51 Picardie 9 026 47 Source : CCI Picardie, fichier consulaire 2013 - LSA 2013 Base 100 au 4 e trimestre 2001 110 108 106 104 102 Diminution des effectifs salariés dans le secteur du commerce en 2012 Évolution de l'emploi du secteur du commerce en Picardie et en France métropolitaine Commerce France métropolitaine Évolution de l'emploi dans le commerce Le commerce est ici entendu au sens large comme le regroupement du commerce de gros, du commerce de détail et du commerce/réparation automobile. En 2012, le commerce picard compte 75 900 emplois salariés. Au cours de l année, il subit le contrecoup des difficultés de l économie et affiche une diminution de 700 effectifs salariés alors qu il était en légère croissance en 2010 et 2011. Cette baisse (-0,9 %), comparable à celle enregistrée au niveau national (-0,7 %), se produit essentiellement au 2 e et au 4 e trimestre. Avec un repli de 1,4 %, le commerce de la Somme concentre près de la moitié des pertes d emploi. Dans le même temps, le secteur recule de 0,7 % dans l Aisne et l Oise. Jean-Marc MIERLOT Commerce Picardie Institut national de la statistique et des études économiques 100 Emploi France métropolitaine 98 Emploi Picardie 96 94 92 90 1 er 2 e 3 e 4 e 1 er 2 e 3 e 4 e 1 er 2 e 3 e 4 e 1 er 2 e 3 e 4 e tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. 1er 2 e 3 e 4 e 1 er 2 e 3 e 4 e 1 er 2 e 3 e 4 e 1 er 2 e 3 e 4 e tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. 1er 2 e 3 e 4 e 1 er 2 e 3 e 4 e 1 er 2 e 3 e 4 e tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr. 2002 2004 2006 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs ; données corrigées des variations saisonnières. Source : Insee, estimations d'emploi. 67
17 COMMERCE Approches sectorielles BILAN ECONOMIQUE 2012 Des commerces de proximité redimensionnés et modernisés Les années 2000 ont marqué un tournant dans l'approche de la notion de commerces de proximité. Souvent rapportées à des supérettes ou de petits commerces d'alimentation générale peu attractifs, ces commerces avaient tendance à véhiculer une image démodée, en décalage des pratiques urbaines. Depuis 2005, on assiste à un renouveau des magasins de proximité. De nouveaux concepts avec des services correspondant aux attentes des populations urbaines - notamment en termes de plages-horaires - voient le jour. Ces magasins sont également redimensionnés, modernisés. Cette tendance se poursuit encore aujourd'hui. En Picardie, 4 nouveaux magasins de ce genre ont été créés chaque année depuis 2010. Toutes les grandes enseignes ont développé ou remplacé leurs anciennes enseignes traditionnelles de proximité en commerces de proximité modernes. Parmi les enseignes, celle de Carrefour Contact est la plus implantée sur le territoire picard avec 26 magasins suivi de Carrefour City (14). Quelques magasins ont été créés mais il s'agit surtout du remplacement des enseignes Shopi, 8 à huit ou Proxi (du groupe Carrefour). De même, les commerces Relais des Mousquetaires prennent progressivement le nom d'intermarché Contact ou d'intermarché Express. La grande majorité des commerces du groupe Carrefour implantés en Picardie est passée sous l'une des nouvelles enseignes en 2010 et 2011. Ces magasins sont de trois types : Carrefour Express, avec une surface de vente de 90 à 300 m², parfaitement calibrée pour les courses d'appoint. Cette enseigne se retrouve en ville comme en zone rurale. Carrefour Contact a une surface de vente plus grande (350 à 900 m²) et se localise le plus souvent dans les petites villes de la région comme Picquigny, Verberie ou La Fère. Enfin, Carrefour City privilégie les villes, grandes ou moyennes (Amiens, Soissons, Crépy-en- Valois ) car il est davantage adapté aux besoins de la clientèle urbaine (amplitude horaire, produits prêts à consommer...). En parallèle, les enseignes de supérettes de type Petit Casino, 8 à huit, Coccimarket ou Vival subsistent et continuent de se développer sur le territoire picard. En 2012, trois magasins ont ouvert (Franprix et Vival). Même s'ils se retrouvent principalement dans les petites villes, ils sont également implantés dans de plus grandes communes comme Amiens et tendent à proposer les mêmes services - notamment en termes d'horaires - que les nouveaux magasins de proximité. commerces de l'alimentaire. Intermarché reste en haut du palmarès en nombre de magasin de vente et surface. Plusieurs maxidiscomptes (Aldi, Lidl, Dia) sont présents dans le palmarès en nombre de magasins. En termes de surface de vente, parmi les enseignes les plus importantes, on retrouve le secteur du bricolage avec Bricomarché ou Point P et du jardinage (Gamm Vert) en raison de l'importance du stockage des matériaux. Chambre de Commerce et d'industrie de Picardie Justine GENÊT Vincent TRELCAT Pour en savoir plus http://www.picardie.cci.fr http://www.insee.fr 68
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Directrice de la publication : Yvonne PÉROT ISSN 1967-1261 70