INTERVENTIONS DE TRANSFERT DE CASH (ITCs) I. PRESENTATION GENERALE I.1. Definition Les interventions de transfert de cash (ITCs) sont des actions impliquant la distribution directe d argent (ou cash), une pratique qui s oppose aux interventions traditionnelles d apport en biens (aide alimentaire, distribution de graines et d outils, etc.). Ces ITCs ont pour but de fournir aux gens affectés par une situation de crise suffisamment d argent afin de les aider à accéder à des biens alimentaires et autres. Une ITC peut être utilisée comme une approche alternative ou complémentaire à une intervention traditionnelle d apport en biens (au cours de laquelle nourriture et cash sont distribués) ; le cash pouvant être utilisé soit pour compléter l apport de nourriture, soit pour subvenir à d autres besoins, soit pour investir dans la récupération des moyens de subsistance, soit afin de protéger les articles obtenus par le biais d autres interventions (afin d empêcher que les gens n échangent ces articles contre du cash). Ce type de programme répond au manque d accès à la nourriture et aux biens de base, souvent rencontré pendant ou à la suite d une situation de crise: c est un outil d urgence ou de post-urgence utilisé pour: faire face à des besoins immédiats, en cas de situation de secours d urgence (les besoins n étant pas uniquement alimentaires) restaurer les moyens de subsistance après une crise promouvoir le soutien des moyens de subsistance (souvent en association avec un programme de formation) Les ITCs peuvent faire le lien entre secours et développement dans le cas où des problèmes de connectivités apparaissent (impacts à long terme, stratégies/efforts de développement). Enfin, ces programmes peuvent être mis en place dans le cadre d une approche à plus long terme (lutte contre la pauvreté chronique) en établissant des programmes: de sécurité sociale (bien-être social), de microcrédit (les prêts doivent être ensuite remboursés) Afin d évaluer si le transfert de cash est la manière la plus appropriée d intervenir, le contexte de crise et les besoins doivent d abord être analysés et identifiés. Une fois qu il est montré qu une ITC est la réponse la plus appropriée, l intervention peut alors avoir lieu sous différentes formes et dépend de : ce que les gens peuvent percevoir: argent, coupon d achat ou coupon d échange; comment les gens perçoivent : financement inconditionnel/gratuit, financement restreint, financement conditionnel, et financement basé sur le travail. Secteur: Assistance alimentaire, sécurité alimentaire à cours terme, et promotion des moyens de subsistance. Sous-secteur: coupons promotionnels/d échange et cash. I.2. Objectifs and impacts Les objectifs généraux de ce type de programme sont: récupération de ressources (possibilités de revenu; restitution de commerces; restauration de la production de cultures, reconstruction d abri) augmentation de la sécurité des revenus à long terme (investissement) Remboursement de dettes Lutte contre la pauvreté Fournir les besoins alimentaires Prévenir contre la mise en pratique par les populations de stratégies d'adaptation néfastes ou nocives. Les objectifs spécifiques sont : d assurer un revenu économique, promouvoir le réapprovisionnement, favoriser la diversité des ressources et ACF-IN FSL Programming CBIs Page 1 of 12
de l apport alimentaire des habitants les plus vulnérables situés dans les régions XXX (par le biais de transfert de cash ou de coupons promotionnels). Les ITCs ont différents impacts attendus : Renforcer la sécurité économique des ménages. Reconstruire les stocks et des ressources productives. Instaurer une diversification alimentaire. Mettre en commun la trésorerie pour la mise en place de projets de développement communautaires. Augmenter l accès aux marchés ainsi qu aux soins de santé (par le biais de moyens de transport). Prévenir contre la pratique de mise en vente des ressources. Faire face aux besoins alimentaires immédiats. Relancer l économie locale. Réduction du fardeau économique subi par les communautés. Education. Reconstruction des abris (abris temporaires et transitoires) I.3. Conditions and limitations Lorsque une ITC est envisagée, les conditions suivantes sont requises : Contexte Situation du marché Population Logistique / Sécurité -Economie monétaire - Système bancaire fonctionnel ou - Les marchés sont moyens alternatifs potentiels fonctionnels ou sont (financement en cash) garantis de l être - Le nombre de traders est potentiellement (les suffisant pour la vente de tous les marchés sont biens nécessaires (systèmes de accessibles pour les bons promotionnels) fournisseurs et les - Les systèmes sont fiables bénéficiaires, les (politiquement et socialement) marchés sont - L approvisionnement local est réactifs) bien organisé (bons - Les biens et les promotionnels) services nécessaires - Situation sécuritaire adéquate sont disponibles - Importantes possibilités économiques informelles - Possibilité de réponse rapide - Manque de cash au sein de l économie, économie locale faible - Risques faibles d inflation (si un risque existe, bons promotionnels) - Acceptation culturelle des mécanismes de transfert de cash - Les gens subissent une perte de revenu - Les besoins des bénéficiaires sont variés ou uniformes mais sont bien identifiés et peuvent être apportés (bons promotionnels) - Les gens ont perdu presque toutes autres sources de revenu (financement en cash) - Les gens ont d autres sources de revenu pour subvenir à leurs besoins (systèmes de bons promotionnels) Le gérant FSL et son équipe doivent effectuer une évaluation, et ce en coordination avec les autres départements. L objectif de l enquête est de s assurer qu une ITC est effectivement la réponse la plus appropriée au contexte actuel, en comparaison à une intervention traditionnelle d apport de biens (alimentaires et autres). Afin de décider si une ITC est effectivement un moyen approprié d intervenir, les avantages et inconvénients théoriques sont répertoriés dans la table ci-dessous (en pratique, cela dépend surtout du contexte). Avantages Flexibilité (les besoins en cash ne s épuisent jamais, tous les besoins individuels ne peuvent pas être couvert en nature) Responsabilisation (les gens définissent leurs priorités par eux même) Dignité (les bénéficiaires redeviennent plus responsables de leur propre devenir) Inconvénients Utilisation inappropriée (par exemple: prostitution, consommation d alcool) Réticence des bailleurs de fonds et autres donneurs (perte de contrôle des biens distribués) Tendance à la déjudiciarisation (les hommes peuvent abuser de leur pouvoir et prendre le contrôle du cash distribué aux femmes; risques d aggravation de la corruption, risques d actes de vol de l argent distribué ) ACF-IN FSL Programming CBIs Page 2 of 12
Efficacité à cout réduit (une ITC est l option la moins couteuse, et est plus simple à mettre en place logistiquement parlant) Effets multiplicateurs (une ITC stimule toutes les branches d activités économiques) Favorisation de l échange local (une ITC engendre une baisse générale des prix) Risques sécuritaires (problème de protection des femmes, qui sont plus exposées à des pillages, des attaques ou des vols que lorsque les besoins individuels sont couverts en nature) Risque d inflation (si les marchés ne fonctionnent pas bien, les traders peuvent alors prendre le contrôle et engendrer une augmentation des prix; ou si les achats de biens restent faibles pour cause d isolement géographique des bénéficiaires ; ou parce que la demande reste élevée et donc les prix restent élevés également) Risques lies au sexe du bénéficiaire (les hommes sont traditionnellement en charge du portefeuille tandis que les femmes gèrent la nourriture; donner des financements aux femmes peut ne pas être la solution appropriée, les femmes constituent donc une population plus difficile à cibler). L évaluation effectuée doit être d ordre général (le type d ITC adéquate à mettre en œuvre n étant pas encore connu), et doit établir si les événements générateurs de l insécurité alimentaire ou économique sont causés par : -un manque de disponibilité (échec d approvisionnement) : au niveau national ou régional (dans ce cas, les besoins individuels seront plutôt couverts en nature) ; au niveau local (une ITC peut être considérée) -un manque d accès (échec de la demande) : causé par une forte inflation (une aide en nature sera alors préférable), ou causé par un manque d argent (une ITC peut être mise en place). I.4. Experience d ACF-IN en termes d ITC ACF-IN a mis en place plusieurs types d ITCs, et ce dans différents contextes. Par exemple, ACF-IN a mis en œuvre des financements basés sur le travail («argent contre travail») en Somalie de 2003 à 2006 (afin de promouvoir l accès aux besoins de base, pour assurer la recapitalisation et améliorer l accès à l eau par le biais de la réhabilitation de moyens de récolter de l eau) ; en Mongolie de 2004 à 2006 (pour promouvoir l accès aux besoins de base, comme la nourriture, par le biais de la réhabilitation de terres agricoles et de l infrastructure correspondante) ; en Indonésie en 2005 (pour faire face à une urgence en besoins non-alimentaires, et réhabiliter les moyens de subsistance ainsi que l habitat après le tsunami) ; en Afghanistan en 2005 (pour faciliter l accès à la nourriture et réhabiliter un axe routier clé pour le commerce) ; en Haïti en 2005 et 2008 (pour promouvoir l accès aux besoins de base pendant la réhabilitation des infrastructures endommagées après le cyclone : drainage de canaux en zones urbaines, étangs de sel en zones rurales). Concernant les coupons (coupons promotionnel et d échange), ACF-IN a mis en place des activités au Myanmar en 2003 (pour réduire le manque temporaire de nourriture), au Zimbabwe et en Uganda en 2006 (marchés de graines). ACF-IN a une expérience limité dans la réalisation d ITC effectuée à long terme. Cependant, ACF-IN a conduit une enquête concernant ce type d interventions en Ethiopie en 2006 (sur le programme gouvernemental «Productive Safety Net» démarré en 2003). I.5. Type de financement Les ITC ont été financées principalement par ECHO (European Commission Humanitarian Office) et le DfID. ACF-IN FSL Programming CBIs Page 3 of 12
II. FICHE TECHNIQUE Cette fiche donne les étapes clés du processus de mise en œuvre d un projet ITC. Pour une version plus exhaustive, une consultation du document d ACF-IN intitulé Implementing Cash-based Interventions: a guideline for Aid Workers ainsi que les références bibliographiques listées ci-dessous est fortement recommandée. Le but de cette fiche technique est de fournir à son lecteur des conseils pratiques liés à la mise en place et au suivi d une ITC. Ces recommandations générales doivent ensuite être adaptées au contexte particulier de l intervention. Les ITCs sont menées par l équipe en charge de la sécurité alimentaire (FSL), et pour s assurer de leur succès, elles nécessitent l implication des autres départements (département des eau, assainissement et hygiène au cours des programmes «argent contre travail» par exemple, ou département logistique lors de la mise en place de foires ). II.1. Evaluation préliminaire Afin de définir quel type d ITC doit être mise en œuvre, le contexte doit être finement analysé (situation culturelle, situation des marchés, situation sécuritaire, état actuel des banques); et les potentiels partenaires du programme doivent être rencontrés (corps gouvernementaux, ONGs) avant de définir les bases du projet. L évaluation doit examiner la situation des ménages, ou de la communauté (coutumes des habitants par rapport à l utilisation de l argent, leurs ressentis vis-àvis de l argent, les pratiques communautaires vis-à-vis du travail, le partage des taches, l accès aux marchés, la répartition des besoins des ménages ). L accessibilité du marché doit être évaluée afin de juger de sa capacité à réagir à une ITC. Une évaluation de la situation sécuritaire doit être effectuée (pour s assurer que les bénéficiaires soient en sécurité pendant la distribution de cash) et peut être réalisée en collaboration avec le département logistique. ACF-IN FSL Programming CBIs Page 4 of 12
II.2. Fiche transition évaluation/mise en œuvre Les ITC sont mises en place lorsque les évaluations montrent qu il existe un manque de nourriture, ou une insécurité des revenus, phénomène couplé soit à un maque de disponibilité (échec des réseaux d approvisionnement) au niveau local, soit à un manque d accès causé par un manque d argent. Les évaluations aident en général à définir, selon le contexte, quel type d ITC nécessite d être mis en place : > Ce que les gens peuvent recevoir? Argent Coupon d achat Coupon d échange Les gens peuvent percevoir soit du cash, soit un crédit bancaire qu ils peuvent retirer quand bon leur semblent. L argent distribué est de la monnaie courante pouvant être dépensée partout au niveau national. C est un coupon qui permet à son détenteur d acheter des biens coutants jusqu'à la valeur écrite sur le coupon. Le détenteur peut faire des achats dans n importe quel magasin ou stall qui a accepté de participer au programme, et accepte le coupon comme si c était du cash. Le magasin échange ensuite le coupon contre de l argent à l agence qui les a initialement distribués. L agence peut établir des règles qui restreignent l utilisation du coupon à l achat de certains biens (ex. farine de maïs d une valeur marchande de 1 euro) ou peut accepter que les coupons soient utilisés pour n importe quel article vendu dans le magasin participant au programme. C est un coupon qui est échangeable contre une quantité déterminée de certains biens ou services présents dans n importe quel magasin participant à l opération. Le coupon peut être échangé contre un seul article ou service (1 kg de farine de maïs, 50 kg de graine de sorghum, 1 chèvre ) ou contre un set complet ou panier contenant plusieurs articles (ex. 10 kg de riz, 2 kg de lentilles, 1 kg de sucre et 0.4 l d huile). Ensuite, le magasin «vend» le coupon à l agence à un prix qui a été déterminé préalablement d un commun accord. > Comment les gens reçoivent? Financement gratuit inconditionnel Financement restreints Financement conditionnel Financement basés sur le travail («argent contre travail») Un financement est attribué à un ménage ou à un individu en raison de la situation rencontrée (personnes déplacées, personnes âgées ). Aucune limite n est imposée, les gens peuvent décider de comment utiliser l argent attribué (pas de travail requis, ni de remboursement exigé) ; ces interventions peuvent être accompagnées de campagne d enseignement ou de formation à la gestion d entreprise. Le bénéficiaire reçoit de l argent ou un coupon, et n est autorisé à le dépenser que sous certaines conditions (ex : «pour reconstruire une maison après une catastrophe»). Toute autre utilisation du financement attribué serait une violation aux règles établies ; afin de contrôler l utilisation de l argent distribué, le financement est versé en plusieurs fois, et le second versement est effectué uniquement après avoir vérifié que l argent du premier versement a été correctement utilisé. Le bénéficiaire peut dépenser le financement selon bon lui semble, mais le financement est attribué selon certains critères (ex : «scolarisation des enfants»). Ce type de financement est distribué sous forme de salaire, pour rémunérer un travail effectué dans le cadre d un programme de travail d intérêt publique ou communautaire. Ce type financement aide ainsi non seulement le bénéficiaire mais aussi toute la communauté bénéficiant du travail effectué (réhabilitation d axes routiers) ou aide le groupe au sein du quel le travail est effectué (construction de maisons pour personnes âgées). II.3. Informations générales de début de programme > Sélection des bénéficiaires et ciblage En théorie, les règles de ciblage des bénéficiaires ne devraient pas être très différentes de celles mises en place pour ACF-IN FSL Programming CBIs Page 5 of 12
n importe quel autre programme, mais en pratique, les critères déterminant quels seront les bénéficiaires peuvent être difficiles à établir. En effet, la distribution de cash est une aide qui présente un intérêt pour chacun et les critères de distributions doivent donc être choisis en fonction des objectifs du programme définis et être basés sur la nature des besoins évalués. Dans certain cas, une population entière peut être ciblée et selon les objectifs, les bénéficiaires cibles peuvent être : -les ménages (si l objectif est de faire face à des besoins de base et de restaurer les moyens de subsistance) -les catégories professionnelles (ex. les pécheurs ayant perdus leurs bateaux) Concernant les financements argent contre travail, la sélection des bénéficiaires se fait souvent naturellement dans la mesure où les salaires sont fixés juste en dessous du salaire minimum (ainsi uniquement les gens qui ont réellement besoin d argent postuleront). Cependant, ce n est pas toujours le cas, et établir des salaires bas implique parfois que les objectifs ne seront pas remplis (car les gens ne peuvent acheter se qu ils espéraient). Si le travail demandé requiert un effort physique, certains groupes peuvent être exclus (ménage composé uniquement de femmes, personnes handicapées ) : il est donc important d anticiper quelles activités pourraient être confiées à ces personnes (ex. preparation des repas des travailleurs), ou bien ces gens peuvent bénéficier d un financement gratuit (pratique souvent acceptée par la communauté). Exemple de critères de sélection pour le programme argent contre travail établi en Ethiopie (région Somali) Critère démographique Critère économique socio- - Ménage - Ménage pastoral présentant un et agro-pastoral nombre élevé de ayant des moyens personnes à charge (enfants en bas âge, personnes âgées ) - Ménage ayant au moins une personne apte (faute de quoi, le ménage est alors inclus dans un de subsistance limités - Ménages ayant des récoltes très limitées programme distribution directe) de > Comment effectuer un paiement Si les résultats de l évaluation révèlent que la distribution de cash est la meilleure solution à adopter, différentes possibilités doivent être considérées, et l argent peut être versé sur un compte en banque, ou transféré à un intermédiaire, ou bien directement distribué par l ONG. Il faut s assurer que la somme totale d argent nécessaire est effectivement disponible en temps voulu afin de ne pas perturber la mise en place du système. > Déroulement de l intervention Le déroulement de l ITC et son planning au cours du temps aura un impact critique sur la façon avec laquelle les bénéficiaires vont utiliser l argent distribué. Le planning de l ITC est donc étroitement lié au contexte ainsi qu aux buts du projet à mettre en place. Il faut prendre en compte: -Ce que les ménages sont supposés acheter? -Quel est l impacte des changements de saisons sur le profil des dépenses? - Quel est l impacte des changements de saisons sur le profil d activité, ainsi que sur les sources de revenu? -Quels sont les besoins les plus urgents des ménages en fonction des périodes de l année? > Définir la somme du financement attribué La somme totale d un financement doit être définie en fonction des objectifs du programme. Trois points sont à considérer : -Quel montant serait nécessaire pour couvrir tous les objectifs fixés? -Le montant du financement doit-il être fixe ou peut-il être variable? -La totalité du financement sera-t-elle versée en une ou plusieurs fois? Dans tous les cas, afin d éviter tout risque d inflation, la somme totale d argent introduite dans l économie locale ne doit pas être trop importante. > Mise en place d un système de suivi: importance de l enquête initiale Une enquête initiale doit être effectuée au début du programme auprès des bénéficiaires, des non-bénéficiaires, des ménages couverts (situation économique, sources de revenus et leur rang, mécanismes d adaptation, situation nutritionnelle), et des marchés locaux (prix et disponibilités des ACF-IN FSL Programming CBIs Page 6 of 12
articles clés, flot d approvisionnement, nombre de traders et leurs activités habituelles). > Etablir une stratégie pour sortir de la situation de crise II est très important de planifier au plus tôt les stratégies qui aboutiront à des solutions de développement permettant aux bénéficiaires de se sortir de la situation de crise; il est aussi important d anticiper les événements pouvant survenir au cours du projet, afin d avoir une certaine flexibilité dans la mise en place des ITC et éventuellement d ajuster/bifurquer vers un autre type d aide au cours du programme. > Budget de l intervention Il faut s assurer que le budget total de l intervention couvrira la gestion de: la logistique (véhicules, moyens de communication, visibilité, papeterie ) ; des ressources humaines (mise en place, suivi et surveillance) ; la formation et du renforcement des capacités ; des plans d'urgence (paiements indexés sur l'inflation, ou de passage à une aide de type apport de biens). II.4. Intervention avec coupon > Coupon d achat ou coupon d échange? Les coupons peuvent être échangés contre des articles (coupon d échange) ou utilisés pour effectuer des achats dans les magasins participant à l opération (coupon d achat). Le choix du type de coupon mis en place dépend du contexte ainsi que des objectifs du programme. Coupon d achat Liberté/flexibilité donné aux bénéficiaires, les limites étant définies par le type de programme mis en place (nourriture, investissement agricole ) Pour permettre aux marchés de fonctionner normalement, laisser le choix aux bénéficiaires d aller à la recherche des articles les moins chers ou de meilleure qualité et de discuter de leurs prix. Coupon d échange Lorsque le secteur privé est utilisé dans le processus de distribution de l aide, l agence fourni aux traders certains articles, et distribue aux bénéficiaires des coupons d échange correspondant à ces articles. Les traders ont l interdiction de faire monter les prix des biens, surtout dans le cas où il y a des risques d inflation, cela permet de garantir le maintien des couts. > Foires et magasins existants La mise en place du système de coupons peut se faire grâce à la collaboration des commerces/magasins locaux (lorsque le marché fonctionne correctement) ou par l intermédiaire d une journée de foire (lorsqu il n existe aucun marché établi, ou bien lorsque beaucoup de gens vendent des petits excédents) durant la quelle les traders et les bénéficiaires de coupon sélectionnés pour l opération sont rassemblés. > Format du coupon Le coupon doit être traduit dans la langue locale et contenir un numéro de série qui consiste le principal outil de suivi. Pour être efficace, ce coupon doit contenir 3 parties (partie 1: signée et conservée par ACF, partie 2: signée et donnée au trader, partie 3 ; conservee par le beneficiaire, permet un contrôle additionnel mais peut être omise). > Selection des traders Le processus de sensibilisation doit englober le maximum de traders/acheteurs possible ACF-IN FSL Programming CBIs Page 7 of 12
surtout pour assurer une disponibilité suffisante lors des foires organisées à la journée); les traders qui souhaitent participer doivent satisfaire certains critères, et uniquement ceux qui sont strictement nécessaires (par ex. être en procession d un permis de trader, être capable de lire et écrire, posséder une capacité de stockage, être honnête ). Un contrat de commun accord doit être signé par avance. > Processus de sensibilisation Tous les participants (bénéficiaires de coupons, traders, vendeurs) doivent être conscients et informés à propos de : comment les coupons doivent être utilisés, leur valeur commerciale, contre quoi ils peuvent être échangés, ou ils peuvent être encaissés ou échangés, ainsi que leur conditions de validité. II.5. Intervention basée sur le travail Les interventions basées sur le travail sont aussi appelées interventions cash contre travail, que le paiement soit fait en cash ou en coupon. Ce type d intervention diffère de celle impliquant un travail occasionnel. Un travailleur occasionnel est embauché pour une tache précise inhabituelle, et pour une courte durée. Même si le bénéficiaire de ce programme est aussi embauche pour une courte période, il/elle doit être sélectionné selon des critères de vulnérabilité préétablis, et est rémunéré pour effectuer un travail. > Choix du travail à effectuer La sélection du travail à effectuer doit être établie selon un processus communautaire, et les autorités locales doivent participer au processus. Un plan d action communautaire, couvrant les besoins nécessaires doit être préparer et organisé dans le temps. Des accords concernant le temps de travail, les conditions de travail et les salaires doivent être également établis. Si des règles existent déjà au sein du pays (fixées par les autorités locales), celles-ci doivent être appliquées si elles correspondent et aident à couvrir les besoins nécessaires. Les critères de sélection doivent être clairement établis et aussi larges que possible. > Logistique et organisation Une fois que les activités ont été définies, elles doivent être planifiées dans le temps, sous forme de plan de travail, et être coordonnées avec les départements administratif et logistique de l agence. Il est crucial de coordonner les projets de travail en termes de logistique et de moyens de transport par exemple, ainsi qu avec les administrations et le département des finances. La gestion du budget ne doit pas être sous-estimée. Les achats d équipement (outils, grains, matériaux de construction ) doivent être planifiés, effectués et anticipés dans le temps afin que les projets démarrent en temps voulu. Enfin, la sécurité des travailleurs doit être assurée tout au long du programme. > Formation et organisation du travail Ce type d intervention basée sur le travail suit certaines règles et régulations liées à celles de l agence. Les lois nationales et administratives doivent être respectées, être adaptées aux pratiques locales ainsi qu aux conditions climatiques si possible. Des accords doivent être signés avec les groupes de travailleurs (un maximum de 25 travailleurs devrait être gérable), stipulant les conditions de travail, les heures de travail à fournir, les objectifs à atteindre, les salaires prodigués et les sanctions adoptées en cas de rupture de contrat. Les horaires de travail doivent être établis en fonction des aptitudes physiques des travailleurs. La communauté doit être activement impliquée, et des superviseurs doivent être sélectionnés au sein de la communauté, pour encadrer et surveiller le processus mis en place. Cette surveillance doit être régulière et de proximité. Une formation doit être dispensée aux travailleurs en début de contrat, afin d expliquer les termes techniques par exemple. Cette formation doit être prodiguée afin d assurer un bon déroulement des activités, une bonne efficacité de résultats, et la pérennité des travaux effectués même après que l agence ait quitté la zone. > Processus de paiement Le montant des salaires doivent être fixés selon les objectifs du programme. Lorsque cela est possible, et selon ces objectifs, les règles locales de salaire minimum doivent être suivies, mais peuvent être flexibles et ajustées en fonction des buts à atteindre. Les modalités de paiement peuvent être journalières, basées à la tache, ou les salaires peuvent être versés à la fin du programme effectué. ACF-IN FSL Programming CBIs Page 8 of 12
II.6.Suivi et évaluation du programme Le suivi du programme est très important et c est la responsabilité du «program manager» en charge, bien qu en général, une gestion en amont suit également le processus. Le suivi doit être régulier, et systématique; les informations collectées doivent être rapportées et utilisées pour les prochains programmes. Le but est aussi de définir/informer sur la pertinence du projet. Il est nécessaire de d organiser et planifier au mieux (il ne doit en aucun cas être effectué à la dernière minute). Ce travail de suivi doit être fait de façon qualitative et quantitative. Il doit englober et couvrir: -les activités du projet et les processus mis en place (ex. «le ciblage des bénéficiaires étaitil adéquate?») ; -l impact du projet sur les ménages (ex. «comment les gens ont-ils utilisé l argent?», «est-ce que le financement correspondait bien aux besoins des gens?», «quelle autre source de revenu les gens ont du abandonner pour participer au projet cash contre travail?») ; -l impact sur l économie et les marchés (suivi des marchés, des prix, de la disponibilité des marchés, de l état de la demande en biens, des volumes échangés ) ; -une analyse plus large de la situation concernant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, afin d avoir une vue globale de la situation dans la zone. Il est important de souligner l étendue de l impact que le projet a eu pour les bénéficiaires en termes de sécurité alimentaire. Les bénéficiaires, mais aussi les non-bénéficiaires, doivent être consultés. La communauté peut donner son appréciation sur : l impact du projet ; les modalités d utilisation du cash ; les éventuels problèmes rencontrés liés aux sexes des bénéficiaires (homme vs femme), aux habitudes culturelles ; le ciblage des bénéficiaires ; l étendue de la couverture du projet, sa pertinence ; et les questions de sécurité. L évaluation du programme sera souvent effectuée par une personne extérieure, qui peut apporter une nouvelle perspective au projet. De nombreuses questions pourront être abordées, mais les sept critères établis par OECD/Development Assistant Committee sont de plus en plus utilisés (pertinence ; connectivité, cohérence, couverture, efficacité, et impacte et efficacité de rendement). ACF-IN FSL Programming CBIs Page 9 of 12
III. NOTES DE CONCEPT SUR LES POINTS CLES Objectifs résultats désirés Les ménages vulnérables bénéficient d une nouvelle source de revenu (par le biais de leur participation au projet cash contre travail) Les familles vulnerables ont accès à plus de biens agricoles (grains et bétail) et augmentent leur capacité de production (par le biais de l organisation de foires locales aux grains et animaux). Une plus large partie de la communauté est ciblée et bénéficie d une meilleure accessibilité aux marchés (par le biais de travaux de réhabilitation d axes routiers dans le cadre d actions cash contre travail). Les revenus des ménages sont augmentés Indicateurs objectifs vérifiables Indicateur 1: Au moins % des ménages bénéficient d une source de revenue additionnelle (augmentation du pouvoir d achat, remboursement des dettes) Indicateur 2: Au moins % des ménages possèdent plus de bétail Indicateur 3: Au moins % des ménages cultivent au moins une variété additionnelle de culture comparée à la période précédant la mise en place du programme Indicateur 4: Au moins % des ménages observent une réduction de leur temps d accès aux marchés Indicateur 5: Structure et évolution des revenus des ménages Sources de vérification > ACF Rapport d activité > ACF FSL enquêtes préliminaire et finale > ACF PDM > Suivi de post-foire > Suivi de pré/post-récolte > ACF FSL enquêtes préliminaire et finale > Suivi des marchés > PDM > ACF FSL enquêtes préliminaire et finale ACF-IN FSL Programming CBIs Page 10 of 12
ACF Sudan / Darfur ACF-IN FSL Programming CBIs Page 11 of 12
IV.BIBLIOGRAPHIE DOCUMENTS EXTERNES * Adams, L. and P. Harvey (2006) Learning from cash responses to the tsunami: Issue Paper 1 to 6. ODI Humanitarian Policy Group, London: Overseas Development Institute <http://www.odi.org.uk/hpg/cash_vouchers_tsun ani.html * Cole, T. (2006) Market-Based Food Assistance Pilot Project. Pidie and Lhokseumawe Districts, Banda Aceh, Banda Aceh: Save the Children Indonesia. * Devereux, S., P. Mvula and C. Solomon (2006) After the FACT : An Evaluation of Concern Worldwide s Food and Cash Transfer Project in Three Districts of Malawi, Dublin: Concern Worldwide. * Harvey, P. (2007) Cash-based response in Emergencies, ODI Humanitarian Policy Group, London: Overseas Development Institute <http://www.odi.org.uk/hpg/papers/hpgreport24. pdf * Oxfam GB (2006) Cash-Transfer Programming in Emergencies: A Practical Guide, Oxford: Oxfam GB <http://publications.oxfam.org.uk/oxfam/add_inf o_024.asp * Rauch, E. and H. Scheuer (2007) SDC Cash Workbook: A practical user s guide for the preparation and implementation of Cash Projects. Bern: Swiss Agency for Development & Cooperation <www.sdc-cashprojects.ch * WFP (2005) Emergency Food Security Assessment Handbook, Emergency needs assessment branch, Rome: World Food Programme <http://www.wfp.org/operations/emergency_nee ds/> DOCUMENTS ACF-IN Position Papers - ACF Policy on Cash Based Interventions, 2006 ACF Internal Technical Guidelines and Tools - ACF-IN, Implementing Cash-bases Interventions: a guideline for aid-workers, 2007 - Cash or Food Decision Tree, 2007 - Outils statistiques pour des enquêtes terrain de qualité. Guide méthodologique. ACF Paris, 2007 Capitalisation documents > Intervention basée sur le travail - Mattinen, H. and K. Ogden (2006) Cash-based interventions: lessons from southern Somalia, Disasters, 30(3), p. 297 315. - ACF Somalia (2004) - Food Security Assessment Wajid area (Bay, Bakool and Gedo Regions).) - ACF Haiti (2006) - Réhabilitation des salines endommagées par la tempête Jeanne en septembre 2004. Rapport de fin de mission. - ACF Indonesia (2006) - SKAT Evaluation of the programmes of Action Contre la Faim in Aceh Jaya during 2006. - ACF Indonesia (2005) - Food security assessment general report April-May 2005. Districts of Aceh Jaya and Aceh Barat. - ACF Afghanistan (2006) - Food security monthly report, October 2006. - ACF Russian Federation (2006) - Cash-based intervention feasibility study. - ACF Haïti (2005) - Rapport final de l étude d impact du projet de curage des canaux par ACF sur les Gonaïves. - ACF Haïti (2005) - Analyse des résultats des enquêtes d impact du programme cash-for-work sur les bénéficiaires de la première série. - ACF Kenya (2003) - Lessons learned: Cash-forwork programme. - ACF Afghanistan (2003) - Road Impact Evaluation Report. - ACF Afghanistan (2003) - Organisation et supervision du CFW lors d une réhabilitation de route. > Coupon d échange - Agriculture rehabilitation program through seed fairs and seed distributions. End of project evaluation. ACF Zimbabwe, 2007. - ICRISAT report of visit of ACF seed fair in Mutambi, Zimbabwe. ACF Zimbabwe, 2006 - Seeds Fairs and Cash Projects Présentation Ile de Re June 2006 > Transfert sociaux d argent - Towards a Future Without Hunger? The State of Food Security Policy and Programming in Ethiopia. ACF 2006 SITES WEB There are now websites devoted to sharing lessons on CBIs, where you will find links to more literature. - Humanitarian Policy Group website on learning lessons from cash and voucher based responses to the tsunami <http://www.odi.org.uk/hpg/cash_vouchers_tsunani.ht ml> - Humanitarian Policy Group website on cash and vouchers in emergencies: <http://www.odi.org.uk/hpg/cash_vouchers.html> - Swiss Development Cooperation website on cash transfer projects: includes a very useful cash toolbox <www.sdc-cashprojects.ch> - Wahenga website for the (Southern Africa) Regional Hunger and Vulnerability Programme (with references to cash transfers experiences) <http://www.wahenga.net> - Humanitarian Information Centres and Partners <http://humanitarianinfo.org/> - UNDP International Poverty Center has a website on cash transfers and social protection with interesting information and links <http://www.undp-povertycentre.org/cct.htm> ACF-IN FSL Programming CBIs Page 12 of 12