l activité de somnologie en cabinet libérale Docteur Alexandre DAKAR President de la SMSV SFRMS Lille 22 1
1/ Optimisation des recettes: - A/ le secteur d exercice - B/ la cotation des actes - C/ Le temps de travail 2/ Diminution des charges Plan -A/ La diminution des charges passe par la mutualisation des services. - B/ L optimisation du secrétariat - C/ Autres postes CONCLUSION 2
Le cabinet de somnologie comme tous les cabinet libérale reste une petite entreprise qu il faut faire vivre et prospérer. Un principe de base dans une entreprise c est que le bénéfice restant correspond au chiffre d affaire diminué des charges. Il ne s agit pas de gagner le plus possible mais de gagner le mieux possible. Le chiffre d affaire est constitué par les recettes résultants des actes pratiqués et de leur valorisation en fonction de la cotation de chaque acte et de leur tarification qui varie selon le secteur d exercice. 3
Dans les charges il y a : des charges obligatoires (cotisations sociales, impôts, assurances), des charges nécessaires (loyer, éventuellement salaires, frais de secrétariat et les dépenses annexes ainsi que la prévoyance) et des charges d investissement. L optimisation c est faire en sorte que : le chiffre d affaire soit le plus élevé possible (cotation de façon adaptée, choix du secteur et niveau de dépassement, augmentation du temps de travail médical) et les charges soient les plus faibles possibles. 4
1/ Optimisation des recettes A/ le secteur d exercice mode d exercice (lorsque cela est possible) secteur 1 Si nous ne voulons pas faire de dépassement ou si nous dépassons très peu,pour abaisser nos charges sociales tout en sachant alors qu on ne peut maitriser le coût de nos actes. secteur 2 Si nous voulons pouvoir faire des dépassements pour adapter le coût de nos actes, en sachant que le dépassement doit être substantiel pour compenser les charges sociales supplémentaires (de l ordre de 20%). Pour les nouveaux installés qui y ont droit (anciens chefs de cliniques) il est recommandé de choisir le secteur 2 avec CAS. En effet ils seront en secteur 2 et pourront garder la possibilité de faire des dépassements tout en bénéficiant des avantages du CAS à savoir le calcul de leur dépassement sur les actes revalorisés et une prise en charge des cotisations sur les actes réalisés en tarif opposables. 5
B/ la cotation des actes L optimisation de la cotation des actes est le deuxième élément de l optimisation des recettes. Il faut savoir utiliser la juste cotation que ce soit pour les consultations ou pour les actes dit «techniques» de la CCAM. Le C 2 ou 2,5 (Neurologues faisant du sommeil) doit être largement utilisé c est-à-dire chaque fois que nous donnons un avis de consultant en répondant à la demande du médecin traitant (explicite mais pas forcément écrit) et que nous n avons pas vu le patient dans les 4 mois précédents et que nous ne sommes pas amenés à le revoir dans les 4 mois suivants sauf consultation de synthèse ou acte technique nécessaire. Cet avis doit être traduit dans un courrier adressé au médecin traitant. N oublions pas qu entre les 37 d une CNP (avec en plus, en secteur 1 ou secteur 2 avec CAS, le MPC et le MCS soit 43,70 ) et les 57,50 du C 2,5 il y a plus qu une nuance et qu à la fin du mois ou de l année la différence est conséquente ce qui vaut bien 30s de réflexion au Vendredi moment 21 de saisir l acte. 6
Il faut aussi rappeler qu il n y a pas de «petite consultation» qui ne justifierait pas de cotation. La délivrance d un certificat ou d une ordonnance, dans la mesure où nous voyons le patient (ce qui est en principe une obligation), justifie une cotation. Pour les actes techniques de la CCAM il faut savoir utiliser les cotations actuelles en fonction de notre activité. Pour la PSG il faut adapter la cotation à notre examen pour chaque patient en fonction de la durée, des mesures et des recherches effectuées selon ce qui est prévu dans la CCAM. Il faut savoir prendre le temps de rentrer les différentes combinaisons de cotation ainsi que les actes en procédures dans notre logiciel pour les utiliser au mieux sans perdre de temps. Il ne faut pas oublier la cotation ALQP006 pour les bilans cognitifs ou ALQP003 pour les bilans de dépressions Une autre solution possible est d avoir une technicienne diplômée dont le coût de revient par examen est de 28 environ (charges patronales et salariales comprises) ce qui laisse 30 pour l interprétation et l amortissement du matériel et de l installation. 7
C/ Le temps de travail Les revenus sont bien sûr proportionnels dans notre activité libérale à notre temps de travail. Il ne faut pas oublier que c est le temps de travail médical qui compte et que le temps passé à faire autre chose (courrier, téléphone, comptabilité, classement) ne donne pas droit à rémunération à l exception du ROSP (rémunération des objectifs de santé publique) à hauteur de 1750 /an pour ceux qui remplissent les 4 critères. Il faut donc faire en sorte que le rapport entre le temps travail médical sur temps passé au cabinet soit le plus élevé possible. Cela passe par la délégation de tâche (secrétariat, comptable) et l optimisation de l outil informatique (avec la possibilité de faire le courrier en direct). Un élément à prendre en compte également c est qu il y a des seuils dans le temps d activité libérale: en deçà d une certaine activité les charges sont excessives et à partir d un certain niveau il faut augmenter les charges de secrétariat ce qui nécessite un calcul de rentabilité. 8
2/ Diminution des charges La diminution des charges passe par une réflexion personnelle devant le détail de la déclaration 2035 qui nous permet de voir les postes qui peuvent alourdir nos charges et ceux sur lesquels il est possible d agir. En premier lieu il faut rappeler pour les praticiens ayant adhérés au CAS qu il faut plutôt dépasser beaucoup sur peu d actes et non pas dépasser peu sur tous les actes afin d avoir un maximum d actes en tarif opposable donnant droit à une prise en charge par la CPAM d une partie des charges URSSAF (au même niveau que le secteur 1 pour ces actes). Ceci nécessite une petite gymnastique intellectuelle mais qui n est pas là non plus neutre à l heure du bilan. 9
A/ la diminution des charges passe par la mutualisation des services. La pratique en cabinet de groupe est donc un élément essentiel pour faire diminuer les charges, que ce soit avec des confrères de même spécialité ou avec des maisons médicales pluridisciplinaire. Ce type d exercice en groupe va être favorisé par de nouvelles dispositions mais c est surtout une mesure de bon sens quand elle est réalisable. L individualisme n est plus de mise si on veut optimiser l activité libérale. Exercer en cabinet de groupe, c est diminuer presque par deux des charges fixes (loyer, secrétariat). Il faut donc mener une réflexion en fonction de notre environnement professionnel et de notre sensibilité et se poser la question d un tel fonctionnement. 10
B/ L optimisation du secrétariat L emploi d un salarié entraine toujours une masse salariale importante avec des contraintes dans la durée. A l inverse l emploi d une secrétaire permet de déléguer un certain nombre de tâche et de nous libérer du temps travail médical. Un secrétariat «physique» c est aussi une permanence d accueil et une visibilité de notre cabinet. Le secrétariat téléphonique peut être une alternative en cas d activité insuffisante ou si on est seul. La secrétaire doit aussi optimiser notre agenda et peut participer à éviter les rendez-vous non honorés avec également pour ce problème des techniques intégrées à un agenda électronique avec un système de rappel automatique par SMS. 11
Le problème du courrier doit également être pensé. Les logiciels actuels permettent d avoir un courrier en direct et il est tout à fait possible de décharger la secrétaire de cette activité lui permettant de se consacrer à l accueil, au téléphone et aux tâches administratives. Ceci permet également d économiser les timbres et le temps passé à poster le courrier en donnant le courrier en main propre au patient ce qui de plus améliore la relation médecinmalade. La téléphonie doit être également bien pensée avec un dimensionnement suffisant et une bonne adéquation des messages. 12
C/ Autres postes Il faut savoir bien sûr vérifier les autres postes importants avec en premier lieu le loyer qui doit être conforme au marché. En cas d achat des locaux il faut vérifier de la qualité du bien immobilier, sa possibilité de revente et du caractère raisonnable des remboursements. Dans certaines zones géographiques il existe des avantages fiscaux importants (zones franches) qui méritent notre attention. Les contrats d assurance et de prévoyance doivent faire rechercher le meilleur rapport prestation/prix. Il parait justifié d avoir recours à un comptable à la fois pour des questions de protection juridique mais aussi car le coût du comptable est largement compensé par le temps travail libéré et une certaine tranquillité d esprit. Le ratio habituellement admis de charges par rapport au chiffre d affaire est de 50% mais il faut savoir qu on peut descendre à 45% ce qui au final correspond à une substantielle augmentation du bénéfice qui passe à 55% (ceci en comptant l URSSAF, la CARMF et la CSG- RDS dans les charges). 13
CONCLUSION Dans l activité libérale nous choisissons notre manière de pratiquer la somnoloogie en fonction de nos aspirations personnelles ce qui en fait la spécificité. Nous sommes libre de nos choix. Toutefois il faut parfois réfléchir à nos pratiques et nous adapter à la fois aux réglementations et aux nouvelles technologies pour tirer le meilleur parti de notre activité et mieux servir nos patients. Le SMSV est un partenaire pour vous permettre de bien connaitre l environnement dans lequel nous pratiquons notre spécialité et nous aider à faire évoluer nos pratiques tout en défendant nos intérêts. Adhérer au SMSV c est déjà un acte d optimisation de notre activité 14