UNAT PACA en mouvement Classes de découverte 9 avril 2014 - CIPPA Briançon Rappel Les classes de découverte sont, de l avis de tous, des séjours d un intérêt majeur : - dans la vie de l enfant - pour les structures et territoires d accueil L Union Nationale des Associations de Tourisme en Provence Alpes Côte d Azur, en collaboration avec le Conseil régional, souhaite soutenir et redynamiser cette forme de séjours. Afin de poursuivre la démarche entamée et suite au colloque du 5 décembre 2012, à l Hôtel de Région à Marseille, qui a réuni plus de 150 personnes, une rencontre a été organisée ce 9 avril au CIPPA de Briançon : «Tourisme social et solidaire au service de la dynamique des territoires : les classes de découverte». Programme Ouverture - Gérard Fromm, Maire de Briançon et conseiller général des Hautes Alpes - Yannick Gallien, Président de l UNAT Paca Matin Tourisme social et solidaire, quelle réalité en région Provence Alpes Côte d Azur? Après-midi Les classes, des séjours découverte de haute importance Pour l enfant Pour les opérateurs Pour le tourisme de demain Conclusion - Sylvain Crapez, délégué général de l UNAT nationale - Yannick Gallien
Compte-rendu Destinée à tous les acteurs qui travaillent sur la mise en place et l accueil des classes de découverte, la rencontre a permis de débattre de l intérêt de ce type de séjours mais aussi de leur impact sur le développement local. 60 personnes étaient présentes. C est Gérard Fromm, Maire de Briançon et Conseiller général des Hautes-Alpes, qui a ouvert la journée, satisfait que la rencontre se déroule sur sa commune. Après avoir présenté Briançon et ses atouts, il a rappelé l importance du tourisme social et solidaire pour un territoire, mais aussi des classes de découverte, en mentionnant l exemple de Briançon où sont implantées plusieurs associations. Yannick Gallien prend ensuite la parole. Il remercie les participants de leur présence et énonce les excusés. Il remercie également le CIPPA pour son accueil. Cette rencontre fait suite au colloque du 5 décembre 2012. Le choix du lieu s est porté sur Briançon : décision avait été prise de décentraliser une manifestation, nombreux équipements du tourisme social et solidaire dans les Hautes-Alpes, accueil important de classes de découverte, maillage économique. Il évoque l exemple de la station-village de Crévoux, d une centaine d habitants, qui accueillait deux classes par an. Pour cette commune et les alentours, les séjours des classes ont permis une certaine revitalisation. Sur des territoires, notamment retirés, le tourisme associatif a permis un développement, une mise en valeur de l authenticité. La matinée était ensuite consacrée au thème «tourisme social et solidaire, quelle réalité en région PACA» afin de rappeler les objectifs, spécificités de notre secteur. Sont intervenus : Sylvain Crapez, délégué général de l UNAT nationale et Christian Laurens, Maire de Ristolas et Président de la communauté de communes Escarton du Queyras. Sylvain Crapez remercie l UNAT Paca pour son invitation et Monsieur le Maire de Briançon pour ses propos. Il effectue une présentation en trois parties pour présenter le secteur et l UNAT : le tourisme social et solidaire, ses valeurs, l accès aux vacances au plus grand nombre l UNAT, sa mission, l ancrage dans l ESS, les chiffres, le réseau le Projet Associatif et Stratégique 2014-2016 : projet politique, missions, plan d action Christian Laurens évoque sa commune, Ristolas, où le tourisme social et solidaire est présent depuis les années 1950. Même s il a pu constater des fermetures, trois centres de vacances y sont implantés. En quelques chiffres, cela représente environ 300 lits, 11 000 nuitées, 8 à 10 personnes embauchées à l année. Il y a de vraies répercussions au niveau local, sur l économie, puisque une telle activité fait vivre les commerces, les prestataires sportifs, la maison de la nature. Un travail est en construction pour développer davantage le tourisme dans le Queyras : montage de produits avec le Parc Naturel Régional, les Offices de Tourisme et les hébergements.
Sylvain Crapez s interroge sur la fermeture des centres. L UNAT est en veille sur la situation des équipements puisqu il y a une réelle perte de lits dans le secteur. Une place des marchés est en train de se créer. Objectif : que le patrimoine du tourisme social et solidaire reste en son sein. Pour cela, seront mises en commun des informations relatives à la vente, la mise en gestion, la recherche de partenariat, un appel à projet ou toute autre initiative visant des patrimoines et équipements du tourisme en général et du tourisme social et solidaire en particulier. Cet outil sera présent sur l extranet du nouveau site Internet de l UNAT nationale. Pour Gérard Fromm, le tourisme social est mal connu aujourd hui et il y a nécessité à le faire connaître plus. Le secteur représente 20% des lits dans les Hautes-Alpes. Il est important que les équipements soient référencés et promus auprès des organes de promotion, notamment les offices de tourisme. L après-midi, ce sont «les classes, des séjours découverte de haute importance», qui ont été abordées, sous plusieurs angles : pour l enfant, avec l intervention de Olivier Lecomte, conseiller technique départemental EPS à l Inspection Académique des Hautes-Alpes pour les opérateurs, avec les témoignages de 4 opérateurs : Raphaëlle Martoïa, directrice du Chatelrêt à Vars ; Alain Nicoloso, directeur général d Aventures 05 ; Jean-Pierre Labonde, directeur du Fontenil à Ristolas et Slavica Glisic, directrice de Lou Riou à Saint-Tropez pour le tourisme, avec l intervention de Nils Ginestou, chargé de mission au service Montagne et massif alpin du Conseil régional Olivier Lecomte évoque l importance, pour un enfant, de vivre une classe de découverte. On sort de la classe habituelle pour aller à la rencontre d un cadre nouveau qui permet des apprentissages nouveaux. On parle aussi de la cohésion qui s instaure au sein de la classe. Pour illustrer, il donne les chiffres clés du département : 20 000 enfants sont scolarisés dans les Hautes Alpes : 10 000 en primaire et 10 000 dans le secondaire 165 écoles publiques dans les Hautes Alpes soit 550 classes Ces quatre dernières années, entre 1 000 et 1 200 classes sont venues dans le département pour 7,5 jours en moyenne et 65% pour un séjour de ski. 160 classes par an partent des Hautes Alpes pour 3,5 jours en moyenne Au niveau du montage des dossiers, l inspection contrôle le contenu des séjours. Liberté est laissée aux enseignants mais les activités pratiquées doivent tout de même être variées. Raphaëlle Martoïa Les classes de découverte représentent 25% de l activité au Chatelrêt, soit 8 à 12 classes. La durée moyenne est de 8 jours. Beaucoup de classes viennent de la région parisienne. Au siège Odcvl, à Epinal, un pôle s occupe de construire le projet avec l enseignant : accompagnement, relation entre l objectif pédagogique et ce qui se trouve sur le territoire. Le vivre ensemble est important et il est mis en avant dans le montage. Au niveau national, à Odcvl, les classes représentent 44 000 journées vacances en 2012, 37 000 en 2013. La formation des animateurs est organisée pour leur faire connaître les différents centres et territoires ce qui leur permet donc d avoir des contrats plus longs.
Alain Nicoloso Les chiffres pour l association Aventures 05 : 25 classes accueillies au total dont 14 de Paris (la ville de Paris envoie plus de 100 classes dans les Hautes Alpes) 2 600 enfants par an ; 32 000 nuitées dont 50% dans les Hautes Alpes, 8% du chiffre d affaires. Les classes permettent de fonctionner en janvier et mars et de maintenir un emploi. Les séjours sont centrés sur la neige et les activités de pleine nature. Il y a un réel souhait de développer encore plus les classes de découverte pour toutes les raisons évoquées ce jour. Envoyer les enfants en classe pour donner une chance à chacun de vivre un tel séjour, de partir différemment du cadre familial. Slavica Glisic L œuvre Saint Jeannaise a été créée en pour faire partir des enfants à la mer. Lou Riou, à Saint-Tropez, a été acquis dans les années 1950. Jusque dans les années 1990, le centre accueillait uniquement des séjours de colonies et des classes de découverte. Au début des années 2000, l activité s est diversifiée en maison familiale. Concernant les classes de découverte, Lou Riou travaille en partenariat avec la ville de Saint-Tropez (existence d une convention) qui permet l accès à des activités et visites gratuitement. Le bus municipal peut être utilisé à un tarif très réduit. Un partenariat similaire est également en place avec la ville de Grimaud. C est un avantage pour dire aux enseignants que des activités sont déjà prévues gratuitement. En échange, Lou Riou offre 2 ou 3 chambres lors du déroulement de manifestations sur la commune. 2012 : 12 classes accueillies ; 2013 : 14 classes ; 2014 : 20 classes ; 5 jours en moyenne Jean-Pierre Labonde Avant tout, il présente rapidement Le Fontenil situé à Ristolas, un village de 80 habitants : accueil de tous les publics, ouverture 10 mois dans l année, 14 000 nuitées en 2013, 6 salariés permanents et 2 emplois d avenir dont un qui est venu en CM2 en classe de découverte et qui a dit «plus tard, je travaillerai au Fontenil» (actuellement apprenti cuisinier). Les classes de découverte représentent 5 000 nuitées par an, soit environ 1/3 des nuitées. Quelles actions sont mises en place? - Relation avec des élus qui ont la volonté de faire partir les enfants de leur commune. Exemple d une ville de Lorraine qui lui amène 4 classes sur 13. - Réponse à des marchés publics ou conventionnements - Suite à la journée du 7 juin 2013 organisée par l UNAT Paca où il a vu la collaboration entre le Parc Naturel Régional du Luberon, propriétaire du Château de l Environnement, et Vacances Léo Lagrange qui assure la gestion, travail entamé avec le Parc Naturel Régional du Queyras (montage de produits, marque Parc notamment) - Engagement dans des actions favorisant un développement durable : préservation de l environnement, économies d énergie, approvisionnement local Nils Ginestou mentionne le Schéma Régional de Développement Touristique 2012-2016 avec quelques mesures en faveur du tourisme social et solidaire : la modernisation des équipements, la professionnalisation des acteurs, le soutien aux classes de découverte.
Sur ce dernier point, il informe que plus de 45 800 élèves sont partis avec une aide de la Région depuis le début du dispositif, soit 2 021 classes. Sur l année 2013, 5 800 élèves sont partis soit 280 classes (77 en classe de neige). Il informe que, sur le massif des Alpes, la Région peut soutenir des projets pour l accessibilité des jeunes à la montagne (Régions Rhône Alpes et Paca avec une aide européenne FEDER pour des initiatives d innovation sociale). Conclusion Yannick Gallien On a un objectif : faire partir un maximum d enfants pour les sortir de leur milieu familial et leur faire vivre des découvertes, contribuant ainsi à leur épanouissement. L UNAT Paca et les opérateurs vont essayer de mener à bien des actions concrètes pouvant redynamiser le départ en classe de découverte. Sylvain Crapez Quelles suites à apporter après le colloque régional de 2012 et cette rencontre? - intégrer les classes de découverte au projet de l UNAT - travailler sur un temps fort : un colloque national dans la région avec l ensemble des partenaires - réaliser une étude nationale A travers cette journée, l Union Nationale des Associations de Tourisme en Provence Alpes Côte d Azur confirme son rôle de représentation du tourisme social et solidaire dans la région. Les classes, c est l affaire de tous!