Les antidépresseurs. Indications et utilisation pratique



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ACTUALITES THERAPEUTIQUES. Dr Sophie PITTION (CHU Nancy) Metz, le 2 Juin 2012

Transcription:

Certificat de Psychobiologie et Neurobiologie Lyon 3 décembre 2009 Les antidépresseurs Indications et utilisation pratique Emmanuel POULET Praticien Hospitalier EA4166 Service Universitaire de Psychiatrie (Pr d Amato) - CH le Vinatier - Bron

Définitions Classe pharmacologique très hétérogène Mécanismes d action Effets secondaires Propriété fondamentale Améliorer l humeur dépressive Disparition de la tristesse pathologique en quelques semaines Inversion de l humeur triste en euphorie excessive Stimulants psychiques: psycho- ou thymo-analeptiques Propriétés thérapeutiques dépassent le cadre de l indication initiale

Historique Avant 1957 Substances sédatives Laudanum de Sydenham Barbituriques Sirop de chloral 1er traitement véritable : les électrochocs (ECT) : 1938 A partir de 1957 : simultanément Iproniazide (Marsilid ): IMAO (Kline : USA) Imipramine (Tofranil ): Imipraminiques (Kühn : Suisse) Fin des années 1980 : ISRS Fluoxétine (Prozac ) Fin des années 1990 : IRSNA Venlafaxine (Effexor ) Ugo Cerletti (1877-1963) 1963)

Imipramine Dérivé phénothiazinique Testé initialement comme neuroleptique potentiel, sans succès! Repérage de ses effets stimulants et euphorisants chez des schizophrènes déficitaires Essai sur un groupe de déprimés Observation des premières guérisons de patients déprimés obtenues grâce à un médicament Chef de file des Imipraminiques (ou Tricycliques ) Reste un antidépresseur de référence

Iproniazide Dérivé d'un antituberculeux, l'isoniazide (Rimifon ) Observation de l'effet stimulant et euphorisant de l'isoniazide chez les tuberculeux traités Essai systématique chez des déprimés Observation de guérisons sous iproniazide Commercialisation comme antidépresseur (Marsilid ) Par la suite, mise en évidence de son mécanisme d'action Inhibition de la mono-amine-oxydase Premier représentant de la classe des antidépresseur IMAO

Classifications Classification de Deniker et Loo, 1978 Types d'action PSYCHOLEPTIQUES Hypnotiques Tranquillisants Neuroleptiques Régulateurs de l'humeur PSYCHO-ANALEPTIQUES Stimulants de la vigilance Antidépresseurs Autres stimulants PSYCHODYSLEPTIQUES Hallucinogènes et onirogènes Stupéfiants Subst. enivrantes PSYCHO-ISOLEPTIQUES Thymo-isoleptiques Groupements chimiques Barbituriques et non barbituriques Benzodiazépines - carbamates... Phénothiazines - butyrophénones... Sels de Lithium - dépamide Amphétamines et apparentées Tricycliques - IMAO... Ac. ascorbique - caféïne... LSD - mescaline... Morphine et dérivés opiacés Alcool - éther... Lithium

IMAO Iproniazide (Marsilid ) : IMAO non sélectif Moclobémide (Moclamine ) : IMAO sélectif de type A Effets secondaires : iproniazide Hypo-ou hypertension artérielle Hépatites cytolytiques d origine immuno-allergique Troubles du sommeil Prise de poids Pas d association avec les autres antidépresseurs Arrêt des IMAO : période de «wash out» de 15 jours avant de débuter un autre antidépresseur Mettre en place un régime pauvre en tyramine et en tryptophane (chocolat, banane, fromages fermentés )

IMAO : contre-indications Absolues Insuffisance hépatique AVC récent Association aux Imipraminiques Relatives Insuffisance cardiaque Ethylisme Grossesse

IMAO : intérêts / inconvénients Intérêts Efficacité dans certaines formes de dépressions répondant mal aux Imipraminiques Effet psychostimulant puissant Inconvénients Effets secondaires Toxicité Interactions avec aliments (régime) et autres médicaments

IMAO : choix Exceptionnel aujourd'hui A réserver aux non répondeurs aux autres ATD Nécessite une parfaite coopération de la part du patient Intérêt potentiel dans les dépressions "atypiques" avec : Hypersomnie et hyperphagie Asthénie intense ("paralysie de plomb") Réactivité à l'ambiance préservée Sensibilité au rejet Troubles anxieux associé

Imipraminiques Anafranil (clomipramine) Elavil, Laroxyl (amitriptyline) Ludiomil (maprotiline) Prothiaden (dosulépine) Quitaxon (doxépine) Surmontil (trimipramine) Tofranil (imipramine)

Imipraminiques Propriétés pharmacocinétiques Demi-vie d élimination 10-70 heures Propriétés pharmacodynamiques Inhibiteur de la recapture de la sérotonine Inhibiteur de la recapture de la noradrénaline Antagoniste des récepteurs noradrénergiques de type α 1 (vertiges hypotension somnolence) Antagoniste des récepteurs r muscariniques M 1 (sécheresse trouble accommodation) Antagoniste des récepteurs histaminiques H 1 (prise de poids)

Imipraminiques : effets secondaires Généraux Prise de poids, difficultés sexuelles (retard orgasme) Tachycardie, troubles de conduction Tremblements, dysarthrie Liés à l'action anti-cholinergique Sécheresse de la bouche Constipation Dysurie, rétention d urine Troubles de l'accommodation Augmentation de la pression intra-oculaire Liés à l'action adrénolytique Hypotension ortho-statique Liés à l'action anti-histaminique Sédation

Imipraminiques : effets secondaires Effets psychiatriques Anxiété, levée de l inhibition et conduite suicidaire Euphorie, manie Réactivation délirante chez les sujets schizophrènes Troubles du sommeil (insomnie, somnolence diurne) Asthénie Confusion mentale

Imipraminiques : contre-indications Absolues Adénome prostatique Glaucome à angle fermé IDM récent Association aux IMAO Relatives Troubles du rythme et de la conduction Epilepsie Grossesse et allaitement

Imipraminiques : intérêt / inconvénients Intérêts Efficacité démontrée Nombreux produits disponibles Large éventail d'impacts pharmacologiques Inconvénients Effets secondaires Toxicité (en cas de TS)

ATD de Nouvelle Génération Antidépresseurs non-tricycliques non-imao - Noradrénergiques : Vivalan (viloxazine) - Sérotoninergiques :. ISRS Deroxat (paroxétine) Floxyfral (fluvoxamine) Prozac (fluoxétine) Seropram (citalopram) Seroplex (escitalopram) Zoloft (sertraline). non ISRS Stablon (tianeptine) - Mixtes : IRS-NA et NASSA Ixel (milnacipram) Effexor (venlafaxine) Cymbalta (duloxetine) Norset (mirtazapine), Athymil (miansérine)

ATD de Nouvelle Génération Intérêts Efficacité comparable aux produits de référence Faible toxicité Effets secondaires réduits Inconvénients Effets latéraux Efficacité parfois en retrait dans certaines indications

ISRS Contre-indications Hypersensibilité connue au produit Grossesse et allaitement Prudence Insuffisance rénale ou hépatique Epilepsie AVK (risque de saignement)

ISRS Effets psychiatriques Asthénie, anxiété, nervosité, agitation intérieure Levée de l inhibition et conduite suicidaire Troubles du sommeil (insomnie, somnolence diurne) Euphorie, manie Réactivation délirante chez les sujets schizophrènes Confusion mentale

ISRS Autres effets secondaires Céphalées, tremblements, vertiges Nausées, vomissements, diarrhée Sécheresse buccale Anorexie ou augmentation de l appétit Prise ou perte de poids Sueurs Troubles de l accomodation Retard à l orgasme Elévation des transaminases hépatiques

Syndrome sérotoninergique Surtout si associations Confusion, hypomanie avec agitation Myoclonies, tremblements Tachycardie, hyper ou hypotension artérielle Diarrhée Sueurs, frisson, hyperthermie Arrêter le traitement et prescrire une BZD

IRS-NA Propriétés pharmacocinétiques Demi-vie d élimination Venlafaxine (Effexor ) ) 5 heures Propriétés pharmacodynamiques Inhibiteur de la recapture de la sérotonine Inhibiteur de la recapture de la noradrénaline Inhibiteur de la recapture de la dopamine

NASSA Propriétés pharmacocinétiques Demi-vie d élimination Mirtazapine (Norset ) ) 20-40 heures Propriétés pharmacodynamiques Antagoniste des récepteurs noradrénergiques α 2 Antagoniste des récepteurs r sérotoninergiques s 5HT2 A, C, 5HT3 Antagoniste des récepteurs histaminergiques H 1

NASSA Contre-indications Hypersensibilité connue au produit Grossesse et allaitement Prudence Insuffisance rénale ou hépatique Affections cardiaques graves ou en évolution Glaucome par fermeture de l angle Obstacle urétro-prostatique Epilepsie Interactions médicamenteuses Dépresseurs du SNC Opiacés Alcool Benzodiazépines

NASSA Effets secondaires Somnolence Euphorie, manie Vertiges Hypotension orthostatique Augmentation de l appétit Prise de poids Dyslipidémie Elévation des transaminases hépatiques Leuconeutropénie,, agranulocytose

ATD de Nouvelle Génération Prescription de première intention dans la majorité des cas Intérêt Tolérance excellente (par rapports aux imipraminiques) Peu ou pas toxique en cas de surdosage Impact sur l'impulsivité et la suicidalité Efficacité dans certains troubles anxieux Efficacité dans certains troubles des conduites alimentaires

Les antidépresseurs Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline ISRS IRSNA Paroxétine (DEROXAT) Fluoxétine (PROZAC) Citalopram (SEROPRAM, SEROPLEX) Sertraline (ZOLOFT) Fluvoxamine (FLOXYFRAL) Venlafaxine (EFFEXOR) Milnacipran (IXEL) Duloxétine (CYMBALTA) Inhibiteurs de la monoamine oxydase Imipraminiques Autres mécanismes IMAO IMI Iproniazide (MARSILID) Moclobémide (MOCLAMINE) Clomipramine (ANAFRANIL) Amitriptyline (LAROXYL) Imipramine (TOFRANIL) Miansérine (ATHYMIL) Mirtazapine (NORSET) Tianeptine (STABLON)

Règles de prescription des ATD Basées sur les RMO (JO du 19/08/00) Le traitement médicamenteux de la dépression N est qu un aspect de sa prise en charge Autres mesures thérapeutiques Psychothérapies Prise en compte des facteurs familiaux et sociaux

Règles de prescription des ATD Il n y a pas lieu d associer systématiquement, en début de traitement : Un anxiolytique Un hypnotique Un thymorégulateur Un neuroleptique. Si l importance de l anxiété, de l insomnie, de l agitation, du risque de levée d inhibition justifie une co-prescription, celle-ci doit être brève et rapidement réévaluée

Règles de prescription des ATD Il n y a pas lieu de prescrire, en première intention, plus d un antidépresseur lors de la mise en route du traitement d un état dépressif Il n y a pas lieu de poursuivre, sans le réévaluer, un traitement antidépresseur plus de 6 mois, après l obtention de la rémission complète de l épisode dépressif, sauf en cas d antécédents d épisodes dépressifs majeurs caractérisés récurrents et rapprochés

Voie d'administration Voie orale le plus souvent Voie parentérale dans certains cas : Disponible pour certains produits seulement Utile lorsque la voie orale n'est pas disponible Réalise un appoint "psychothérapique" N'augmente pas l'efficacité du traitement

Indications des antidépresseurs (AMM) Tous : épisodes dépressifs majeurs (c.a.d. caractérisés) Certains antidépresseurs : Episodes dépressifs sévères chez les patients hospitalisés Prévention des récidives dépressives chez les patients présentant un trouble unipolaire. Etats dépressifs au cours de la schizophrénie Hors dépression (certains ATD) : Troubles anxieux (TOC, TAG, phobies sociales, panique, PTSD) Douleurs chroniques, migraines Enurésie Boulimie

Traitement d un épisode dépressif Diagnostic, indication, information 1-3 consultations Phase aiguë (traitement d attaque) 6-12 semaines Phase de consolidation 16-20 semaines Phase d arrêt 4-88 semaines TOTAL ± Phase de maintenance 9-12 mois

Choix de la molécule (1) Dépressions légères Pas de supériorité / placebo Discussion psychothérapie ± antidépresseur Dépressions moyennes à sévères ISRS et imipraminiques > placebo Pas de différences d efficacité entre IRS Imipraminiques et venlafaxine IRS Mirtazapine = IRS IRS, IRSNA ou «autres» en 1ère 1 intention (bénéfice/risque)

Choix de la molécule (2) Dépressions sévères en hospitalisation Antidépresseurs > placebo Imipraminiques (CMI et AMI) et venlafaxine ( 150) > placebo EDM avec symptômes mes psychotiques Tricycliques ou venlafaxine + antipsychotique ou ECT EDM d un d trouble bipolaire Thymorégulateur seul ou associé à ATD non imipraminique

Choix de la molécule (3) Phase de maintenance Indication : prévention des récurrences Si 3 EDM en 4 ans (surtout si épisodes sévères) s Si symptômes mes résiduels, r comorbidités,, antécédents familiaux AMM : sertraline et venlafaxine Etudes positives : imipramine Ou maintien de l antidépresseur efficace antérieurement Durée?

Profils moyens des antidépresseurs Sédatifs Neutres Stimulants Tricycliques et apparentés LAROXYL ANAFRANIL TOFRANIL ISRS IMAO FLOXYFRAL DEROXAT SÉROPRAM ZOLOFT PROZAC MARSILID Autres ATHYMIL NORSET EFFEXOR

Efficacité des ATD Résultats des meta-analyses Taux de réponse à l imipramine : 65% Taux de réponse au placebo : 35% Pas de différence entre les produits Résultats d ensemble Taux de réponse (diminution de 50% du score des échelles) : 55 à 70 % Taux de rémission (disparition complète des symptômes) : 10 à 20% de moins que les taux précédents

Terminologie Réponse au traitement Réduction 50 % de la note initiale à l échelle HAM-D ou MADRS La réponse thérapeutique correspond à l amélioration de l état du patient Nierenberg AA, DeCecco LM. J Clin Psychiatry 2001; 62 (suppl 16): 5-9 Ansseau M. Critères de guérison. In Olié J-P, Poirier M-F, Lôo H (Eds), «Les maladies dépressives», Flammarion Médecine-Sciences, 1995 : 266-73 Rémission complète Amélioration d un degré suffisant pour que le patient puisse être considéré comme asymptomatique (Rémission complète : HAM-D17 7) Frank E et al. Arch Gen Psychiatry 1991; 48: 851-5 Nierenberg AA, DeCecco LM. J Clin Psychiatry 2001; 62 (suppl 16): 5-9

Terminologie Rémission partielle Période au cours de laquelle la patient présente une réduction du nombre et de l intensité des symptômes d un niveau tel qu il ne répond plus aux critères définissant le syndrome dépressif. Mais le patient reste symptomatique et présente des symptômes résiduels Conséquences Persistance de la gêne fonctionnelle Accroissement possible du risque suicidaire Augmentation du risque de rechute Augmentation du risque de récidives Frank E et al. Arch Gen Psychiatry 1991; 48: 851-5 Ferrier IN. J Clin Psychiatry 1999; 60 (suppl 6): 10-4 Judd LL et al J Affect Disrd 1998; 50: 97-108 Guérison Rémission complète et stable pendant 4 à 6 mois. Ansseau M. Critères de guérison. In Olié J-P, Poirier M-F, Lôo H (Eds), «Les maladies dépressives», Flammarion Médecine-Sciences, 1995 : 266-73

Terminologie Rechute (même épisode) Réactivation symptomatique de l épisode dépressif, avant guérison de l épisode Le patient répond de nouveau aux critères définissant le syndrome dépressif Frank E et al. Arch Gen Psychiatry 1991; 48: 851-5 Récidive (nouvel épisode) Survenue d un nouvel épisode dépressif, après guérison de l épisode index Le patient répond de nouveau aux critères définissant le syndrome dépressif Ansseau M. Critères de guérison. In Olié J-P, Poirier M-F, Lôo H (Eds), «Les maladies dépressives», Flammarion Médecine-Sciences, 1995 : 266-73

Schématisation de l évolution d un épisode dépressif majeur Hergueta T et al. Neuro-psy 1998; 13(3): 118-25 Ansseau M. Critères de guérison. In Olié J-P, Poirier M-F, Lôo H (Eds), «Les maladies dépressives», Flammarion Médecine-Sciences, 1995 : 266-73

Phases de traitement des EDM Hergueta T et al. Neuro-psy 1998; 13(3): 118-25

Stratégie thérapeutique Traitement d un premier EDM isolé (Conférence de consensus, Texas, 1999) Etape 1 (semaines 1 à 3) Monothérapie par ISRS ou IRSNA 3 semaines Si obtention d une réponse thérapeutique Poursuite du traitement 6 mois Etape 2 (semaines 4 à 6) : si échec étape 1 Augmentation des posologies Changement de molécule ( ISRS, IRSNA, Imipraminiques) Si réponse : poursuite du traitement 6 mois

Stratégie thérapeutique Etape 3 (semaines 6 à 8) Autre monothérapie (ISRS, IRSNA, Imipraminique, IMAO) Association ISRS et imipraminique. Si réponse : poursuite du traitement 6 mois. Etape 4 (semaines 8 à 10) ECT

Stratégie thérapeutique Dépression récurrente : prévention des rechutes Après 2 à 3 épisodes dépressifs Traitement prophylactique fortement recommandé 2 épisodes dépressifs sont suffisants Antécédents familiaux de maladie bipolaire Antécédents familiaux de dépression récurrente Age d apparition précoce (avant 20 ans) 2 épisodes durant les 3 dernières années avec une soudaineté et une intensité importantes Traitement prophylactique le plus efficace Maintien de l antidépresseur au long cours Même posologie que celle ayant amélioré le dernier épisode

Les facteurs prédictifs de la réponse Facteurs de résistance Troubles graves de la personnalité Comorbidité somatique Associations médicamenteuses Environnement pathogène... Facteurs généraux pouvant influencer la réponse Age Sexe Statut marital Qualité des relations familiales et du support social Evénements de vie

Les facteurs prédictifs de la réponse Facteurs cliniques Intensité de la dépression Dépression très sévère : meilleure réponse aux ECT Dépression trop légère : intérêt des psychothérapies? Eléments de gravité Dépression délirante Profil évolutif de la dépression Comorbidité Anxiété, abus d alcool ou de substances Facteurs thérapeutiques Réponse antérieure aux ATD Précocité du traitement Qualité du traitement (dose, durée,...) Observance du traitement

Etude de Pittsburg : maintien

Arrêt du traitement Sevrage? Dépendance psychologique Rebond de sommeil paradoxal : cauchemars Rebond anxieux, irritabilité Sensation d instabilité Courte durée : 1-1 2 semaines Plus facile avec les demi-vies longues (fluoxétine)

Dépressions résistantes Echec d un traitement ATD de durée et de dose correcte Mauvaise réponse à 2 ATD successifs (Fava, Biol Psychiatry,, 2003) Augmentation de dose Association Bupropion (Lam et al., J Clin Psychiatry,, 2004) Lithium (Bauer et al., Can J Psychiatry,, 2003) Pindolol (Brousse et al., Encephale,, 2003) Pramipexole (Cassano et al., Depress Anxiety,, 2004) Olanzapine (Shelton et al., Am J Psychiatry,, 2001) Risperidone (Ostroff( et Nelson, J Clin Psychiatry,, 1999) Lamotrigine Privation de sommeil Photothérapie

Indications des ATD : Tb anxieux Trouble anxieux Trouble panique Trouble obsessionnel compulsif (TOC) Trouble anxieux généralisé (TAG) Phobies sociale Anxiété Sentiment pénible d attente Peur sans objet Crainte d un danger imprécis Sentiment d insécurité indéfinissable Anxiété : manifestation psychique Angoisse : sensations physiques (constriction, oppression) L anxiété n est pas en soi un phénomène pathologique, mais elle peut le devenir par son caractère répétitif, anachronique et invalidant

Autres indications des ATD Psychiatriques Insomnie primaire chronique (amitriptyline, mianserine) Syndrome de stress post-traumatique (sertraline) Énurésie et terreurs nocturnes (clomipramine). Ejaculation précoce (clomipramine, venlafaxine) Phobies simples Anorexie mentale Lorsque celle-ci représente un équivalent dépressif ou décompense une dépression Boulimie Fluoxétine : propriétés «anti-boulimiques» Dose d attaque habituellement supérieure à celle des autres indications Réponse thérapeutique parfois plus rapide que dans la dépression Sevrage tabagique Bupropion : inhibiteur de la recapture de la noradrénaline et de la dopamine

Autres indications des ATD Non psychiatriques Les douleurs Névralgies faciales, post-zostériennes (zona), douleurs neuropathiques Douleurs chroniques (rhumatologie), ou d origine cancéreuse Céphalées et migraines (clomipramine, amitriptyline). La narcolepsie Accès de cataplexie : clomipramine, fluoxétine, venlafaxine La maladie de Parkinson Dépressions qui émaillent l évolution d une maladie de Parkinson Ffficacité sur l akinésie (clomipramine, imipramine)

1ere intention NICE Si sévérité échec Choix prendra en compte le traitement prophylactique

lithium: Concentration (1,0 mmol/l) échec valproate: Concentration échec Ajout antipsychotique AVEC TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE carbamazepine: échec antipsychotique: posologie échec Ajout lithium ou valproate

NICE: comme les états maniaques Pas d antidépresseur +++ Episode maniaque ou mixte Épisodes maniaques ou mixtes sévères : lithium ou valproate + antipsychotique Antipsychotiques préférés aux typiques (profil de tolérance) Formes moins sévères: monothérapie (lithium, valproate ou antipsychotiques type olanzapine) Practice Guideline for the Treatment of Patients with Bipolar Disorder (Revision). Am J Psychiatry. 2002;159(Suppl4):1-50.

NICE: Si Antidépresseur Les AD au long cours sont contre-indiqués car ne diminuent pas le taux de récidives et augmentent le risque de manie En cas de symptômes dépressifs chroniques ou récidivants: IRS à petites doses en association avec thymor,, TCC, ou quétiapine ou lamotrogine Arrêt de l AD: lors de l amélioration significative ou de rémission pdt 8 s, diminution, progressive de l AD sur plusieurs s.

Mode d action des ATD

LE CERVEAU 100 milliards de neurones 10.000 synapses par neurone 1 million de milliards de connexions

LES NEURONES

LES SYNAPSES

LES NEURO-TRANSMETTEURS Classiques Catécholamines Dopamine Adrénaline Nor-adrénaline Sérotonine Acides aminés Excitateurs: glutamate Inhibiteurs: GABA, glycine Acétyl-choline choline Histamine Adénosine, ATP Circuits localisés Diffus

LES NEURO-TRANSMETTEURS Peptides Endorphines Enképhalines Somatostatine Cholecystokinine Substance P Neuropeptide Y Vasopressine Prolactine Ocytocine Gaz soluble NO (monoxyde d azote)

LES RECEPTEURS Agoniste Antagoniste Agoniste partiel = agoniste antagoniste

Mode d action des ATD Action sérotoninergique Au niveau du cortex frontal Effet antidépresseur Au niveau des ganglions de la base Contrôle de la motricité, des idées obsessionnelles et des compulsions Au niveau limbique Régulation de l anxiété Au niveau hypothalamique Régulation de l appétit et des comportements alimentaires Au niveau du tronc cérébral Régulation du sommeil

LA SEROTONINE Fonctions de la 5-HT 5 Humeur, Anxiété Appétit, Sommeil Douleur, Température Déplétion expérimentale Hyperémotivité, anxiété Impulsivité, idées suicidaires Cauchemars, insomnie Augmentation expérimentale Indifférence émotionnelle Inhibition comportementale Fatigue, hypersomnie

LA SEROTONINE

LA NOR-ADRENALINE Fonctions Attention Émotion -> > humeur Sommeil, rêve Apprentissage Déficit en nor-adrénaline Troubles de l attention et de la concentration Humeur dépressived Ralentissement psychomoteur, fatigue traitement de l information, l mémoire m moire de travail

LA NOR-ADRENALINE COMT MAO Catécholamine- O-méthyltransférase Mono-amineoxydase

SEROTONINE NOR-ADRENALINE ANTI-DEPRESSEURS

Hypothèse des récepteur monaminergiques dans la dépression Etat normal Diminution des neurotransmetteurs Hypersensibilisation des récept. par manque de neurotrans.

Hypothèse d action des ATD via les récepteurs Hypersensibilisation des récept. par manque de neurotrans. => Dépression Augmentation des neurotrans. Désensibilisation des récept. => amélioration clinique

Neuroplasticité Permet au cerveau de s adapter aux stimuli (internes et externes) répétés, délétères ou nouveaux Nécessaire aux processus de mémorisation jusqu à la restauration des fonctions cognitives altérées Mise en évidence d altération de la neuroplasticité chez les patients par des études morphométriques

Stress et altération de la neuroplasticité

Diminution du volume de l hippocampe dans la dépression Sheline YI et al. The hippocampus and depression. Eur Psychiatry 2002;17(suppl.3):299-305

La dépression comporte La cognition après le premier épisode Déficit modéré Mémoire préservée une atteinte cognitive Cognition : vigilance, attention, adaptation, apprentissage, mémoire, compréhension, langage. Encodage & Rappel (Albus et al., 1996; Basso et Bornstein 1999; Fossati et al., 2004)

Les récidives dépressives peuvent altérer les fonctions cognitives La cognition après plusieurs épisodes Chaque épisode laisse une trace Mémoire (Basso & Bornstein 1999; Fossati Fonctions exécutives (Lampe et al., 2004; Fossati et al., 2004; Nandrino et al., 2002) (Lampe et al., 2004; Nandrino et al., 2004) Pas de spécificité du déficit cognitif Aggravation du déficit cognitif observé dans les premiers épisodes Sélectivité : fonctions exécutives et mémoire

L émoussement affectif s aggrave avec les récidives dépressives Processus adaptatif associant Une perte de la capacité à éprouver du plaisir (anhédonie) Une diminution de l expressivité émotionnelle Réduction des activités habituellement agréables Dubal S., Jouvent R. De la fatigue neuronale à la récidive dépressive. Pil

Conséquences morphologiques des récidives dépressives

Atteintes morphologiques Cortex préfrontal - Densité gliale - Taille neuronale - Densité grand neurones - Densité petits neurones - Atrophie Amygdale - Densité gliale - Hyper puis Atrophie Hippocampe - Densité gliale - Taille soma neuronal - Atrophie Bowley 2002; Ongur 1997; Lange et al., 2004 Manji et al. 2001; Rajkowska, 2000 ; Harrison 2002; Jansenn 2004

Impact sur la cognition et l émotion - Contrôle exécutif, attention, raisonnement - Expression, modulation émotionnelle Attribution émotionnelle Mémorisation

Les résultats dépendent de l histoire clinique 1. Premier épisode dépressif : pas d atrophie Frodl et al., 2002 ; MacQueen et al., 2003 2. Atrophies aggravées par la répétition des épisodes Corrélation entre durée totale des épisodes non traités et volume hippocampique MacQueen et al., 2003 3. Interaction avec le traitement Sheline et al. 2003

Conséquences neuronales des récidives dépressives 1 er épisode 2 ème épisode 3 ème épisode

Neuroplasticité et ATD Implication des antidépresseurs dans la neuroplasticité Certains antidépresseurs ont montré leur capacité A prévenir l atrophie neuronale due au stress A induire une neurogenèse

Effets bénéfiques des antidépresseurs sur la neurogenèse et les facteurs neurotrophiques Neurogenèse Facteurs neurotrophiques Nestler. Neurobiology of depression. 2002

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