Partie 1 : Gestion des stocks I. Les fonctions de stock : Les stocks représentent dans le bilan des entreprises de 20% à 80% du total des actifs; ils engendrent donc un important besoin de financement. En contrepartie, ils remplissent d importantes fonctions souvent stratégiques pour l entreprise. Le stock peut être défini comme l accumulation d une différence de flux. Le niveau d un stock est souvent mesuré par une durée d écoulement, temps nécessaire à l épuisement du stock en cas d arrêt total du flux entrant. Le stock coûte cher : frais financiers, espace de stockage, vieillissement. Dans ces conditions, pourquoi les entreprises conservent-elles du stock? Les fonctions des stocks sont nombreuses. Une première présentation sous forme d une classification générale en cinq grandes fonctions s impose. 1. La fonction commerciale L objectif est d assurer au client une livraison immédiate. Cette fonction est présente dans les magasins de détail ainsi que dans les usines qui livrent des articles standard à un réseau de distribution. La fonction de service du stock résulte d une différence de délai. Quand le délai de livraison est inférieur au délai d approvisionnement ou de production du produit, il est nécessaire d anticiper sur la commande du client. Le stock matérialise une anticipation en avenir incertain. Quand un magasin de détail stocke de la marchandise, c est parce qu il doit passer sa commande de réapprovisionnement plusieurs jours à l avance alors que le consommateur inconnu souhaite disposer de sa marchandise sans délai. Si ce dernier accepte de passer sa commande à l avance, en attendant que le commerçant soit lui-même livré, le stock n a plus de raison d être.
2. La fonction de régulation de l équilibre charge/capacité Alors que la vocation du stock commercial est de faire face à une incertitude sur la demande future, la fonction de régulation de la capacité sert à compenser un déséquilibre prévisible entre la charge de travail et la capacité d une ressource. En entreprise, la fonction de régulation est mise en oeuvre pour la vente de produits saisonniers. Un fabricant d articles de sports d hiver ou de crème à bronzer constitue des stocks pour absorber les pointes de charge. La régulation peut également être nécessaire en cas d insuffisance de capacité. Par exemple, avant les vacances du mois d août, une usine stocke des marchandises pour servir d éventuels clients. 3. La fonction de découplage des flux Selon le modèle logistique général, le système productif était parcouru par un flux. L emploi du mot flux implique une idée de continuité.or, s il est vrai que cette continuité existe à l échelle macroscopique de l ensemble de l usine, elle disparaît quand on considère l échelle de la cellule logistique élémentaire (la machine, l atelier). En effet il est souvent nécessaire de donner à chaque cellule, ou groupe de cellules, une certaine autonomie de programmation par rapport aux autres. L avantage est de permettre à chaque sous-système d optimiser séparément ses performances, compte tenu des contraintes qui lui sont propres. Ainsi, d une façon générale, le stock permet d assurer une circulation continue du flux dans un système logistique tout en autorisant un certain découplage entre ses différentes parties. 4. La fonction technologique Les fonctions technologiques du stock sont nécessaires à la mise en oeuvre des opérations de transformation elles-mêmes. On trouve dans cette catégorie les pièces en cours sur une machine ou celles qui sont placées dans un équipement travaillant par lot.les pièces en cours de séchage ou de vieillissement procèdent également d une fonction technologique.
5. Les stocks spéculatifs Les stocks à caractère spéculatif dont l objectif est soit de se prémunir contre une hausse prévisible des coûts des marchandises, soit, dans le cas du négoce, de réaliser un profit financier en revendant, lorsque le cours est élevé, les produits acquis à un moment où le cours était bas. II- Les coûts des stocks Le coût d acquisition : ce coût est composé, pour un article acheté, du montant des factures d achat de l article, majoré des frais d approvisionnement, des frais de transport et des frais de manutention; pour un article fabriqué, le coût d acquisition comprend la matière, la main d oeuvre directe, les frais généraux; Le coût de possession : Le fait de conserver un produit en stock entraîne pour l entreprise, d une part, des frais de stockage, d autre part, une immobilisation financière qui engendre des frais financiers. Pour certains articles, il faut ajouter le coût d obsolescence. Le coût de passation de commande ou de lancement en fabrication : le coût de passation de commande comprend des coûts administratifs (frais de correspondance et de téléphone, les salaires et les charges sociales du personnel d achat, etc.) et des frais de contrôle (contrôle quantitatif et qualitatif); le coût de lancement de fabrication comprend les coûts de préparation du lancement, d édition de l ordre de fabrication, du temps de réglage des machines et du montage des nouveaux outils, etc. Le coût de rupture : il est égal au manque à gagner découlant de la non satisfaction d une commande, éventuellement augmenté de la perte liée à la détérioration de l image de marque de l entreprise (par exemple, baisse de la clientèle); ou du coût d utilisation de moyens de livraison urgents, ou du coût de modification de l ordonnancement.
III. Les outils de gestion et de suivi des stocks : 1. Modèle de Wilson : Il s'agit de déterminer la quantité économique qui minimise le coût de gestion du stock afin de permettre l'automatisation des procédures de réapprovisionnement. Objectifs Minimiser le COÛT DE GESTION du stock: Coût d obtention des commandes Coût de possession du stock Hypothèses Ventes ou consommations régulières Docilité du fournisseur Unicité du tarif du fournisseur Paramètres C: consommation annuelle en quantité f: coût d obtention d une commande t: taux de possession du stock/an p: coût d un article stocké Inconnues 2Cpass D a Tposs Q: quantité économique = Ou N: nombre de commandes avec N= C/Q = a Tposs D 2Cpass 2. Méthode ABC : Il existe une hiérarchie des produits nécessaires à l'activité, une classification en fonction de leur prix, des quantités utilisées, de leur fréquence d'utilisation, des quantités minimales d'achat, des délais, etc. La méthode ABC consiste à classer les références en trois catégories : Classe A : d une importance capitale, Classe B : mérite une attention plus ou moins relâchée, Classe C : ensemble de produits d une très faible importance. Il est clair qu'en fonction de sa classe, chaque produit aura un mode de gestion spécifique.