Eau, Développement et Grands Barrages

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1 Chapitre 1 Eau, Développement et Grands Barrages Plus de fois, au cours du siècle dernier, des populations ont pris la décision de construire un barrage. Des barrages furent construits pour fournir de l eau pour l agriculture irriguée, pour l usage domestique ou industriel, pour produire de l énergie hydraulique ou aider à la maîtrise des crues. Mais les barrages ont également dénaturé ou détourné les cours d eau, affectant ainsi les droits établis et l accès à l eau, ce qui a conduit à d importants impacts sur les moyens d existence et l environnement. Les décisions relatives à la construction des barrages sont de plus en plus contestées, au fur et à mesure que les connaissances et les expériences humaines s accroissent, que de nouvelles technologies sont développées et que la prise de décisions devient plus ouverte, inclusive et transparente. 1

2 Au cœur même du débat actuel sur les barrages réside la manière dont les choix sont faits et les différents points de vue et opinions exprimés ou empêchés de l être dans le processus. La même question de prise de décision est au centre des préoccupations de la Commission. Les barrages ne sont qu un moyen d atteindre une finalité. Quelle est cette finalité? Quelle est l importance des défis auxquels les grands barrages sont censés répondre? Et dans quelle mesure les grands barrages peuvent-ils répondre à ces défis? La Commission Mondiale des Barrages considère que la finalité de tout projet doit être le La Commission Mondiale des mieux-être durable de l humanité. Cela implique un progrès notable du développement humain Barrages considère que la sur une base qui soit économiquement viable, socialement équitable et écologiquement finalité de tout projet doit être le durable. Si un grand barrage est le meilleur moyen d atteindre cet objectif, il faut alors en mieux-être durable de l humanité. soutenir le projet. Si d autres options offrent de meilleures solutions, il faut les préférer aux grands barrages. Le débat sur les barrages met donc en question les options de développement et de gestion des ressources en eau, dans le contexte plus large des choix de développement. Les dirigeants politiques s intéressent à l eau au plus haut niveau, déclenchant ainsi une série d initiatives stratégiques au niveau mondial, telles que la Commission Mondiale de l Eau. 1 Les plus grands acteurs dans le domaine du développement ont placé l eau en tête de liste de leur programme. Pourquoi cette attention soudaine pour une ressource qui fut, après tout, essentielle aux besoins de l homme bien avant l aube des civilisations? A un certain niveau, la question de l eau justifie la priorité qui lui est accordée parce que, dans plusieurs parties du monde, la demande en eau est en train de dépasser l offre rapidement. Au fur et à mesure que les populations augmentent et que le niveau de la consommation augmente avec le développement économique, la demande en eau s accroît fortement, exerçant une forte pression sur les réserves disponibles. Cela peut causer des tensions sociales ou même conduire à des conflits ouverts. Bien que les présomptions de guerres à venir autour de l eau soient quelque peu exagérées, il ne fait aucun doute que l accès aussi bien aux eaux de surface qu aux eaux souterraines devient de plus en plus un sujet de tensions. Là où la coopération cède le pas à une concurrence déloyale entre les différents usages de l eau ou entre les communautés et les nations, un ensemble de nouveaux problèmes se mettent en évidence. Ces problèmes sont liés à la distribution des pouvoirs et influences au sein des sociétés et entre les pays. Ils concernent le poids relatif des différents facteurs qui constitue la prise de décision consensuelle. Ils se rapportent également à la manière dont les choix sont faits entre les options en jeu. Les problèmes que soulèvent les barrages touchent à l eau et à la manière dont les décisions en la matière sont prises. Il existe très peu de controverses sur le choix entre un barrage-digue ou un barrage-poids, ou sur l opportunité d utiliser de la terre, du béton ou un enrochement, ou même sur le financement du développement. Les problèmes concernent essentiellement les impacts sur le cours d eau et sur les droits d accès à l eau et aux ressources fluviales, l éventuel déplacement forcé des populations, les perturbations de la culture et des moyens d existence, l épuisement et la dégradation des ressources environnementales. Les conflits au sujet des barrages sont plus que des conflits au sujet de l eau. Ce sont des conflits au sujet du développement humain et de la vie elle-même. Si l eau est la vie, les cours d eau en sont les artères. Les barrages régulent ou détournent l écoulement à travers ces artères, affectant ainsi la vie même de l humanité. Le fait de vouloir réguler cette vie au seul bénéfice de l humanité rend la décision de construire un grand barrage plus sensible ; ce qui déclenche un éventail d appréhensions, d espoirs et de craintes, à la fois rationnels et irrationnels. 2

3 Ce chapitre traite du contexte dans lequel le débat sur les grands barrages a conduit à la mise en place de la Commission. Il débute par un aperçu général des déterminants passés et actuels de la demande en eau et le rôle des grands barrages pour satisfaire cette demande. Il présente ensuite les caractéristiques et les tendances générales de développement des grands barrages au cours du 20 e siècle, ainsi qu une brève description des principaux objectifs de la construction des barrages. Le chapitre présente également le niveau et l importance des avantages, des coûts et des impacts des grands barrages décrits plus en détail dans les chapitres 2 à 6. Il étend son analyse aux questions essentielles dans le débat sur les grands barrages les avantages et les impacts négatifs les positions prises par les différentes parties sur l efficacité des barrages par le passé, et ce qui pourrait constituer les bonnes pratiques pour les prises de décisions futures. Le chapitre 7 reprend certains de ces thèmes et place le débat sur les barrages dans le cadre émergent de la mondialisation. La dernière partie de ce chapitre traite de la mise en place de la Commission et souligne le mandat qui lui est donné en réponse au débat sur les grands barrages. Il présente ensuite la méthodologie adoptée et le processus suivi par la Commission. Eau et Développement Actuellement, environ kilomètres cubes d eau douce sont annuellement prélevés des lacs, des cours d eau et des aquifères dans le monde, soit deux fois plus qu il y a 50 ans. Actuellement, environ kilomètres cubes d eau douce sont annuellement prélevés des lacs, des cours d eau et des aquifères 2 du monde, soit deux fois plus qu il y a 50 ans. L accroissement de la population et celui de l activité économique ont engendré la hausse la demande en eau et en services liés à l eau. Le développement, les changements technologiques, la distribution des revenus et les modes de vie affectent tous le niveau de la demande en eau. De quelle quantité d eau avons-nous besoins? La population mondiale a dépassé 6 milliards d habitants. Bien que l accroissement annuel ait atteint le point culminant de 87 millions en 1990, le taux élevé de jeunes, dans la plupart des pays en développement, signifie que la population mondiale continuera d augmenter de manière significative au cours de ce siècle. Selon les récentes prévisions, la population mondiale atteindra 7,3 à 10,7 milliards vers 2050, avant de se stabiliser ou de baisser 3.Les prévisions ne peuvent pas être précises parce que les autres dimensions du développement, telles que la santé, l éducation, les revenus, le contrôle des naissances et les autres services influent sur la croissance démographique. Encadré 1.1 : Nouveau paradigme pour l utilisation de l eau La satisfaction des demandes en eau de l homme au cours du prochain siècle dépendra de plus en plus de solutions non structurelles et d une approche totalement différente en matière de planification et de gestion. L objectif le plus important de ce paradigme est de repenser l utilisation de l eau en vue d accroitre sa productivité. Il faudra deux approches pour cela : accroître l efficience de la satisfaction des besoins actuels et accroître l efficience de l affectation de l eau aux différents usages. Source : Gleick,

4 Malgré de grands investissements dans la gestion des ressources en eau et, en particulier, dans les barrages, des milliards d enfants, de femmes et d hommes vivant dans les zones rurales n ont pas accès aux services les plus élémentaires d eau et d assainissement. Quoique les problèmes d accès soient pires dans les zones rurales, l urbanisation rapide accroît également la demande en services liés à l eau. En 1995, 46% de la population mondiale vivait dans les zones urbaines. Si les tendances actuelles persistent (et elles peuvent même s accélérer), ce chiffre pourrait atteindre 60% vers 2030 et dépasser 70% vers En grande partie, cette croissance surviendra dans les pays en développement où on estime que 25 à 50% de la population urbaine vit dans des taudis et des quartiers spontanés. Le manque d accès à l eau aussi bien dans les zones rurales qu urbaines n est pas uniquement une question d adduction. Elle est, en partie, due à l accès inéquitable aux adductions existantes. L urbanisation implique une concentration croissante de la demande en eau et en énergie dans les métropoles, un changement des modes de vie et des habitudes de consommation ainsi qu une une perte de terres agricoles. Il est un point de vue largement partagé que le manque d attention au développement des zones rurales alimente l urbanisation galopante, transférant ainsi la pauvreté des zones rurales vers les zones urbaines et contribuant aussi à une demande à croissance rapide en services supplémentaires. Dans les pays très peuplés, comme la Chine, l Inde et l Indonésie, beaucoup s interrogent sur l issue de l accroissement continuel du taux d urbanisation. Croissance économique et Développement Depuis 1950, la croissance économique dans le monde a été multipliée par cinq, soit environ un taux de croissance de 4% par an 5. L équilibre entre les régions est en train de changer, avec une croissance substantielle en Asie au cours des 25 dernières années. Actuellement, les pays de l OCDE continuent de représenter la plus grande part de cette croissance ; soit 55 % de la production mondiale, si on se réfère au pouvoir d achat paritaire ou près de 80%, si on se réfère au marché. 6 La croissance économique a deux implications en matière de demande en eau. La première est qu un accroissement de l activité économique accroît la demande de services liés à l eau, que cette demande soit satisfaite par une utilisation plus efficace ou par un niveau plus élevé de l offre. La seconde est que le développement généré par la croissance économique et les changements technologiques qui l accompagnent conduit à des changements dans la structure des biens et services que la société produit et dans la manière dont ces services sont fournis. La demande en eau par unité de Produit Intérieur Brut [PIB] dépend de la manière dont ces deux composantes de la croissance économique sont combinées. Les pays ayant le même revenu par habitant, mais des caractéristiques de production différentes par exemple ceux ayant de grands périmètres irrigués ou des industries à forte consommation d eau peuvent consommer trois ou quatre fois plus d eau par dollar de PIB. Cela se voit lorsque l on compare les Etats-Unis et le Canada à l Allemagne ou la France, ou l Inde à la Chine. Le développement et les changements technologiques peuvent également aider à économiser l eau, en termes de quantité par dollar de production. Entre 1950 et 1990 l économie mondiale s est accrue par un facteur de cinq, alors que les prélèvements d eau au niveau mondial se sont accrus par un facteur de 2 seulement 7. Les 50 dernières années ont donc vu, au niveau mondial, une réduction de la quantité d eau par dollar de production non agricole, due à une amélioration des technologies, un accroissement du recyclage, une mise en application des normes environnementales, un prix de l eau plus élevé et des industries abandonnant les activités à forte consommation de ressources naturelles. 8 Toutefois, les pratiques dans la gestion de l eau et les technologies qui ont permis de réaliser ces progrès ne sont pas assez accessibles ou promues et sont souvent absentes là où on en a le plus besoin. Malgré le nombre croissant d options disponibles, le nombre total de personnes sans accès à l eau potable continue d augmenter. Répartition des revenus et modes de vie L activité économique et le développement influencent le revenu, la répartition des revenus et les modes de vie. Ceux-ci, à leur tour, influencent la demande en eau par les changements du niveau et de la composition des consommations des ménages dans les domaines tels que l alimentation, l utilisation d appareils ménagers et les normes d assainissement. 4

5 Quel est le volume d eau nécessaire pour une personne de plus? Bien que le climat et la culture aient une influence sur ce qui constitue un niveau approprié de consommation de l eau, plusieurs organismes internationaux et experts ont proposé 50 litres par personne et par jour (ou un peu plus de 18,25 mètre cubes par an) comme quantité pouvant couvrir les besoins essentiels de l homme pour boire, pour l assainissement, pour la toilette et pour la préparation des repas. En 1990, un milliard de personnes était en dessous de ce niveau. 9 Par contre, les ménages dans les pays développés et les ménages plus aisés dans les villes en développement utilisent 4 à 14 fois le seuil de 50 litres par personne et par jour. Dans les pays en développement, des chiffres moyens beaucoup plus faibles de consommation domestiques reflètent non seulement des modes de vie différents et des revenus plus bas mais aussi un énorme volume demande non satisfaite. La faiblesse des chiffres moyens cachent aussi une consommation extrêmement élevée au niveau des ménages plus aisés des zones urbaines et une privation marquée au niveau des pauvres des zones rurales et urbaines. Utilisations concurrentes de l eau Les analystes en eau prévoient une concurrence accrue entre les utilisateurs de l eau pour En 1990, plus d un milliard de satisfaire la demande croissante. Ils prévoient que cette concurrence va s accentuer entre les personnes avaient accès à moins trois plus gros consommateurs d eau en termes de consommation globale. L agriculture de 50 litres d eau par jour. représente environ 67% des prélèvements, l industrie 19% et les municipalités et les ménages comptent pour 9%. 10 Les analystes prévoient que ces utilisations continueront à prélever sur l eau nécessaire au maintien des systèmes naturels. Dans les climats secs, l évaporation des grands bassins de retenue, estimée à près de 5% du total des prélèvements, peut également ajouter de façon notable à l utilisation abusive de l eau. 11 Les tendances au niveau régional varient largement comme le montrent les figures 1.1 et 1.2. Malgré une urbanisation croissante en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, l agriculture y reste le plus gros consommateur, comptant pour approximativement 85% de l eau utilisée. Dans toutes les régions du monde, exceptée l Océanie, la consommation en eau des ménages représente moins de 20% de l utilisation de l eau. 12 En Afrique, en Amérique Centrale et en Asie, elle se rapproche de 5%. Dans les régions plus développées de l Europe et de l Amérique du Nord, l industrie est le plus gros consommateur d eau. La répartition de l utilisation de l eau dans un pays donné influence l existence d opportunités de gestion de la demande. Figure 1.1 : Prélèvements annuels d eau douce par rapport aux ressources totales prélevées (1996) Pays à bas revenus Pays à revenus moyens inférieurs Pays à revenus moyens supérieurs Pays à revenus élevés % pour l agriculture % pour l usage domestique % pour l industrie Source : Banque Mondiale Pour de nombreux pays déficitaires en eau qui s industrialisent et qui ont une forte population urbaine, la crise actuelle de l eau tourne souvent autour de l approvisionnement en eau de l industrie et des ménages et l assainissement. Cela se voit dans la tendance marquée, ces dernières décennies, par un détournement de l eau de ses usages agricoles vers des 5

6 usages municipaux et industriels. Comme cela se passe dans le contexte d un accroissement général des prélèvements, la concurrence pour l eau va s accroître, à moins qu une utilisation plus efficiente dans ces deux secteurs n accompagne la transition des économies basées sur l agriculture vers celles basées sur l industrie. 13 Figure 1.2 : Prélèvement annuels d eau douce par tête d habitant ( ) Source : PNUD, 1999 Il existe des défis supplémentaires. Afin de satisfaire les besoins alimentaires des populations, l eau utilisée pour l agriculture pourraient augmenter de 15 à 20% vers 2025, même avec des améliorations dans l efficience de l irrigation et du potentiel agronomique. 14 Outre l accroissement de la production alimentaire, face au déficit en eau, la répartition, l accès équitable, le pouvoir d achat et la pauvreté sont des questions essentielles de la satisfaction de la demande alimentaire. Au-delà des demandes concurrentes de l homme, l eau pour la nature est une question d importance capitale. Les écosystèmes aquatiques qui fournissent les moyens d existence aux communautés riveraines et d autres biens et services à nos sociétés dépendent de l eau. Arrêter et, là où c est possible, renverser la tendance accélérée à la dégradation causée par l activité humaine dans divers bassins versants du monde est devenu une urgente priorité. Disponibilité et qualité de l eau Les précipitations et autres sources d eau douce (cours d eau, lacs, nappes phréatiques) sont inégalement reparties à travers le monde et ne sont pas toujours situées à l endroit où la demande en eau se manifeste. La pollution menace les eaux de surface et les nappes phréatiques. Elle peut les rendre impropres à plusieurs utilisations ou nécessiter des traitements onéreux. La pollution est particulièrement dangereuse là où les nappes phréatiques sont surexploitées et à faible taux de recharge due à la déforestation, aux changements dans l utilisation des terres et à l urbanisation. On s attend à ce que le tiers des pays des régions déficitaires du monde soient confrontés à de sérieuses pénuries d eau au cours de ce siècle et qu il y ait une grande disparité quant à l accès à l eau. Sans que cela ne soit surprenant, un grand nombre de pays moins développés, y compris certaines régions de l Inde et de la Chine, sont confrontés à de sérieuses pénuries. 15 Avec la croissance démographique, le nombre de pays dans cette catégorie augmente et, vers 2025, il y aura approximativement 6,5 fois plus d habitants soit un total de 3,5 milliards vivant dans les pays déficitaires en eau. 16 Les figures 1.3 et 1.4 montrent la répartition des ressources en eau dans le monde et une sélection de pays déficitaires. La 6

7 répartition inégale de la fourniture d eau signifie que ces pays peuvent avoir des régions excédentaires et des régions déficitaires en eau. Figure 1.3 : Répartition de l eau dans le monde Source : Gleick, 1998 Figure 1.4 : Sélection de pays déficitaires en eau Source : Raskin et al, 1995 Les eaux de surface ne sont pas seules à subir les pressions. L accroissement du taux d exploitation des cours d eau et des lacs est le même que celui des nappes souterraines, avec de nombreux aquifères largement épuisés. Le volume des prélèvements des eaux souterraines, essentiellement pour l irrigation mais aussi par les municipalités et les industries, dépasse la capacité de recharge des aquifères à long terme. Dans plusieurs régions de l Inde, du Pakistan, et de la Chine, le niveau statique de la nappe s abaisse de un à deux mètre par an. 17 7

8 Le changement climatique peut également affecter la distribution saisonnière des pluies et la disponibilité de l eau. Les études et les simulations examinées par la Commission, incluant celles du Panel Intergouvernemental sur le Changement Climatique (PICC) indiquent fortement que la tendance au réchauffement à l échelle mondiale pourrait accroître de manière significative la variabilité des climats. 18 Les conséquences pourraient inclure une baisse de la pluviosité dans les zones arides et semi arides et un accroissement des variations saisonnières des précipitations au cours des 50 à 100 ans à venir. Développement et grands barrages Les bassins hydrographiques sont connus pour être les berceaux de l héritage de la civilisation et de la culture. Les communautés anciennes comme celles modernes ont dépendu et dépendent encore des cours d eau, pour leurs moyens d existence, le commerce, l habitat et les fonctions écologiques nécessaires qu ils procurent. A travers l histoire, les modifications subies par les cours d eau qu ils soient dus à l homme ou à la nature ont affecté les communautés riveraines d une manière ou d une autre. Les plus anciens indices d aménagements de cours d eau sont les vestiges de canaux d irrigation datant de plus de ans, en Mésopotamie. Des vestiges de barrages de réservoirs d eau retrouvés en Jordanie, en Egypte et dans d autres parties du Moyen-Orient datent d au moins ans avant Jésus Christ. Les archives de l histoire indiquent que l utilisation des barrages pour l irrigation et l alimentation en eau s est largement répandue à peu près mille ans plus tard. A cette époque, les barrages étaient construits dans la région méditerranéenne, en Chine et en Méso-Amérique. Les vestiges de barrages en terre construits pour dévier l eau vers de grands réservoirs peuvent encore être trouvés au Sri Lanka et en Israël. 19 Le projet d irrigation du Du Jiang, qui alimentait hectares en Chine, est vieux de ans. 20 Les barrages et les aqueducs construits par les romains pour l approvisionnement des villes en eau potable et pour les systèmes d égouts existent encore de nos jours. La première utilisation des barrages pour la production de l énergie hydraulique eut lieu vers Vers 1900, plusieurs grands barrages furent construits dans différentes régions du monde, notamment pour la fourniture d eau et l irrigation. Les barrages au 20 e siècle Le siècle passé a connu un accroissement rapide dans la construction de grands barrages. Vers 1949, environ grands barrages ont été construits à travers le monde, les trois-quarts d entre eux dans les pays industrialisés. Vers la fin du 20 e siècle, il y avait plus de grands barrages dans plus de 140 pays. 21 Chine Asie Amérique du Nord et Centrale Europe de l Ouest Figure 1.5 : Répartition régionale des grands barrages à la fin du 20 e siècle Afrique Europe de l Est Amérique du Sud Australie Asie Nombre de barrages Source : Les estimations de la CMB sont basées sur la CIGB, 1998 et d autres sources (Voir annexe V) 8

9 La période de croissance économique, suivant la seconde guerre mondiale, a vu une hausse phénoménale du taux de construction de barrages dans le monde, qui a duré jusqu aux années 1970 et Au plus fort du phénomène, près de grands barrages ont été construits dans la période allant de 1970 à La chute du rythme de construction au cours des deux dernières décennies est également considérable, notamment en Amérique du Nord et en Europe où les meilleurs sites, du point de vue technique, sont déjà aménagés. Actuellement, l âge moyen d un grand barrage est d environ 35 ans. Les cinq plus grands pays constructeurs de barrages comptent près de 80% de tous les grands barrages du monde. La Chine, à elle seule, en a construit environ , soit près de la moitié du total. Avant 1949, elle n avait que 22 barrages. Les quatre autres pays sont les Etats-Unis avec plus de grands barrages, l Inde avec plus de 4.000, l Espagne et le Japon avec à chacun. Figure 1.6 : Construction de barrages par décennie ( ) Source : CIGB, Note : Les données n incluent pas les barrages en Chine Figure 1.7 : Barrages construits à te rme par région ( ) Source : CIGB, 1998 : Note : L information exclut la tendance des barrages en Chine 9

10 La figure 1.5 montre la répartition proportionnelle des grands barrages entre différentes régions du monde. Approximativement les deux tiers se trouvent dans les pays en développement. Les figures 1.6 et 1.7 indiquent le cumul et les tendances dans la construction des grands barrages au cours du siècle dernier. Les tendances par région de la figure 1.7 n incluent pas de données concernant la Chine ; par conséquent elles diffèrent légèrement des tendances décrites dans le texte. Importance actuelle de la construction des grands barrages par région Dans les années 1970, la construction des grands barrages a atteint un niveau record en Europe et en Amérique du Nord. Aujourd hui, la plupart des activités dans ces régions sont concentrées sur la gestion des barrages existants, notamment leur réhabilitation, leur rénovation et l optimisation de leur exploitation pour des fonctions multiples. On estime à le nombre de grands barrages en construction dans d autres régions du monde. Sur ce total, 40 % seraient en Inde (voir le Tableau 1.1 et l Annexe V pour les détails). Dans la mesure où les délais de construction vont généralement de 5 à 10 ans, il faut considérer qu en moyenne quelques 160 à 320 nouveaux barrages sont annuellement construits à travers le monde. Tableau 1.1 Barrages actuellement en cours de construction Inde Pays Nombre de barrages Objectif varie entre 695 et 960 selon la source des données Chine 280 Turquie 209 Corée du Sud 132 Irrigation, buts multiples maîtrise des crues, irrigation, énergie hydro-électrique incluant réserve de pompage Irrigation, énergie hydro-électrique, adduction Irrigation, énergie hydro-électrique, adduction, gestion des crues Japon 90 maîtrise des crues essentiellement Iran 48 (de plus de 60 m de haut) Irrigation, buts multiples Source : CIGB, 1997 ; Journal international de l énergie hydraulique et des barrages, 2000 ; CMB étude de cas sur l Inde, 2000 ; Almanach des barrages du Japon, 1999 ; Registre national des grands barrages cité dans l étude de cas sur l Inde. Mise h ors service des grands barrages La fin du 20 e siècle a vu l émergence d une no uvelle tendance relative aux grands barrages la mi se hors service de barrages dont la vocation n est plus utile, qui s ont excessivement chers à entretenir sans risque ou qui ont des impacts inacceptables de nos jours. La dynamique pour la réhabilitation des cours d eau prend de plus en plus d importance dans de nombreux pays, en particulier aux Etats-Unis où près de 500 barrages, en majorité anciens et petits, ont été mis hors service. Depuis 1998, le rythme de mise hors service de grands barrages a dépassé celui de la construction aux Etats- Unis. L expérience en Amérique du Nord et en Europe montre q ue la mise hors service de barrages a permis le rétablissement des pêcheries et des processus écologiques des cours d eau. Toutefois, la suppression des barrages sans études et sans mesures d atténuation appropriées peut inquiéter le public et causer des problèmes environnementaux. Ces derniers comprennent les impacts négatifs sur la vie aquatique en aval causés par la vidange rapide des sédiments de la retenue. Dans les endr oits où il y a eu une activité industrielle ou minière en amont, ces sédiments peuvent avoir été contaminés par des substances toxiques. Une autre option consiste à ouvrir les vannes des barrages, là où c est possible, soit 10

11 comme forme de mise hors service, soit pour permettre l écoulement naturel du cours d eau et un passage libre des poissons aux périodes critiques de l année. Aux Etats-Unis et en France où les efforts en matière de mise hors service sont jusqu ici soutenus par le public, il peut advenir une opposition locale là où les changements dans l écoulement et le niveau de l eau affectent les services fournis avant par le barrage ou là où le développement pris place autour de la retenue et en aval. Il existe relativement peu d expériences en matière de suppression des grands barrages. Plus le barrage est grand, plus la mise hors service ou la suppression sont susceptibles de se confronter à des problèmes les rendant ainsi plus coûteux. Comme nombre de barrages sont vieillissants et qu il faut choisir entre leur remise en état et leur mise hors service, davantage d études sont nécessaires pour aborder les problèmes de coûts, d avantages et d impacts en matière de mise hors service. Les grands barrages comme moyens de développement Les barrages ont été promus comme moyens importants de satisfaction des besoins en eau et en énergie et comme investissements stratégiques à long terme capables de fournir de multiples avantages. Certains de ces avantages supplémentaires sont communs à tous les grands projets d infrastructures publiques, tandis que d autres sont spécifiques aux barrages et à des projets donnés. Le développement régional, la création d emplois et la promotion de l industrie de base pour l exportation sont souvent cités comme des considérations supplémentaires à prendre en compte dans la construction Les barrages ont été promus des grands barrages. D autres objectifs peuvent être la génération de revenus à partir des comme un important moyen pour recettes d exportation, soit par la vente directe de l électricité, soit par la vente de récoltes ou satisfaire les besoins en eau et de produits de l industrie lourde électrique tels que l aluminium raffiné. en énergie, et pour maintenir la croissance économique. Les pays riches en eau, tels que le Canada, la Norvège, le Brésil et certaines parties de la Russie, ont construit de grands barrages pour la production d énergie hydro-électrique là où existaient des sites favorables. Les gouvernements de pays semi arides, tels que l Afrique du Sud, l Australie et l Espagne ont construit des barrages avec de grandes capacités de stockage afin de satisfaire la demande courante et se sécuriser contre les risques de sècheresse. En Espagne, par exemple, l un des cinq plus grands pays constructeurs de barrages la pluviométrie est très variable entre les saisons et d une année à l autre. Table 1.2 : Estimations des investissements annuels en barrages dans les années 1990 (en milliards de dollar Etats-Unis par an) Pays en développement Pays développés Total Barrages pour l énergie hydroélectrique Barrages pour l irrigation 8-11 Barrages pour l adduction 1,5 Barrages pour le contrôle de crues 0,5-1, Total

12 Source : CMB, Revue thématique III.2, Tendances du financement. Il faut noter que ces chiffres incluent les installations de production pour les barrages hydro-électriques, mais pas les canaux et les systèmes de distribution par tuyaux desservis par des barrages d irrigation et d adduction d eau. En Asie de l Est et du Sud-est, durant la mousson, le débit des cours d eau augmentent 10 fois plus qu en saison sèche. Dans ces conditions, les barrages ont été construits pour capter et stocker l eau durant la saison pluvieuse et la restituer durant la saison sèche. Les grands barrages requièrent des investissements financiers importants. Les estimations donnent un investissement global d au moins milliards de dollars Etats-Unis pour la construction de grands barrages au cours du siècle passé. On estime que pendant les années 1990, 32 à 46 milliards de dollars ont été investis chaque année dans les barrages, dont quatre cinquièmes dans les pays en développement. 22 Des 22 à 31 milliards de dollars investis chaque année dans les barrages dans les pays en développement, environ quatre cinquièmes ont été directement financés par le secteur public. De nos jours, les grands barrages régulent, stockent et dévient l eau des cours d eau à des fins de production agricole, d utilisation domestique et industrielle, de production d électricité et de maîtrise des inondations. Dans une moindre mesure, les barrages ont été construits pour améliorer le transport fluvial. Une fois construits à d autres fins, les réservoirs de nombreux grands barrages ont été utilisés pour les loisirs, le tourisme et l aquaculture. Encadré 1.2 : Types de grands barrages Il existe différentes définitions des grands barrages. La Commission Internationale des Grands Barrages [CIGB], créée en 1928, définit comme grand barrage tout barrage ayant une hauteur d au moins 15 mètres à partir de la fondation. Ceux d une hauteur comprise entre 5 et 15 mètres et ayant un réservoir d un volume supérieur à 3 millions de mètres cubes sont également classés comme grands barrages. Sur la base de cette définition, il existe plus de grands barrages à travers le monde. Les deux principales catégories de grands barrages sont les barrages de retenue et les barrages au fil de l eau qui, souvent, n ont pas de réservoir mais peuvent avoir une faible capacité journalière de rétention d eau. A l intérieur de cette classification générale il existe une grande diversité aux niveaux de l échelle, de la conception, de l exploitation et du potentiel d impacts négatifs. Les barrages de retenue servent à un stockage saisonnier, annuel - ou multi annuel dans certains cas - et pour la régularisation des cours d eau. Les barrages au fil de l eau (barrages et ouvrages de dérivation) forment une prise en tête dans le cours d eau, afin de dévier une partie des écoulements vers un canal ou une centrale électrique. La figure 1.8 montre qu environ un tiers des grands barrages servent à deux ou plusieurs fins. Les tendances récentes ont favorisé les barrages à buts multiples. Comme le montre la figure également, il existe une grande variation d une région à l autre dans les fonctions des grands barrages ; fonctions qui elles-mêmes changent au fil temps. 12

13 Figure 1.8 : Répartition des grands barrages existants par région et par objectif Source : Adaptée de la CIGB, 1998 (Voir annexe V) La majorité des grands barrages en Afrique et en Asie sont destinés à l irrigation bien qu ils soient le plus souvent à des fins multiples. En Asie, il y a un intérêt croissant pour les barrages de maîtrise des crues et pour ceux à réservoir de pompage destinés à la satisfaction des pointes de demande en électricité. Les barrages à vocation hydro-électrique uniquement sont plus fréquents en Europe et en Amérique du Sud, tandis que les projets à vocation d adduction d eau uniquement dominent en Asie du Sud. L Amérique du Nord a une répartition sensiblement égale des fonctions des grands barrages. Tous les autres buts potentiels, y compris les loisirs et la navigation, se retrouvent dans moins de 5% des projets. Dans l ensemble, la proportion de barrages d irrigation et de barrages à buts multiples a augmenté au cours des 20 dernières années, tandis que celle des barrages hydro- électriques a baissé. Eau pour l irrigation, à partir des grands barrages Actuellement, l irrigation est la plus grande consommatrice d eau, à but unique, dans le monde. Elle est liée à la production et à la sécurité alimentaire. Environ un cinquième des terres agricoles dans le monde est irrigué et l agriculture irriguée représente environ 40% de la production agricole mondiale. 23 La superficie totale irriguée s est considérablement accrue au cours des premières années de la révolution verte des années 1960, conduisant ainsi à une augmentation des récoltes et à une baisse des prix. De 1970 à 1982, l accroissement mondial des superficies irriguées a ralenti jusqu à 2% par an. Au cours de la période de l après-révolution verte, entre 1982 et 1994, elle est tombée à un taux annuel moyen de 1.3%. 24 La moitié des grands barrages a été exclusivement ou principalement construite à des fins d irrigation et on estime que 30 à 40% des 268 millions d hectares de terres irriguées à travers le monde dépendent des barrages. En ne tenant pas compte de l utilisation combinée des eaux de surface et des eaux souterraines, on estime que les barrages contribuent à plus de 12 à 16% de la production alimentaire dans le monde. L irrigation à partir des eaux souterraines a, généralement, de plus hauts rendements, pour une quantité d eau donnée, par rapport à l irrigation à partir des eaux de surface en raison d une meilleure maîtrise des ressources au niveau des exploitations agricoles. 25 Quatre pays la Chine, l Inde, les Etats-Unis et le Pakistan comptent pour plus de 50% des superficies totales irriguées dans le monde. Comme le montre la figure 1.9, la proportion de grands barrages à des fins d irrigation varie de manière significative d un pays à un autre en termes de pourcentage de terres agricoles irriguées et d eau d irrigation fournie par les grands barrages. En Egypte les barrages fournissent l eau à environ 100% des terres irriguées la plus grande partie provenant du barrage d Assouan tandis qu au Népal et au Bangladesh, les barrages ne fournissent que 1% de l eau 13

14 d irrigation. Dans les deux pays ayant les plus grandes superficies irriguées l Inde et la Chine les données statistiques officielles indiquent que les grands barrages fournissent approximativement 30 à 35% de l eau d irrigation, le reste provenant essentiellement des ressources en eaux souterraines. Il existe une certaine controverse au sujet du calcul du pourcentage de la production alimentaire attribuée aux barrages, en particulier au sujet de la méthode utilisée pour prendre en compte l utilisation conjointe des eaux de surface et des eaux souterraines. 26 Figure 1.9 : Terres agricoles irriguées à partir de barrages Source : CMB, Revue Thématique, IV.2 Options en matière d irrigation, section 1.3 Des pratiques d irrigation non durables ont affecté plus d un cinquième des superficies mondiales irriguées dans les régions arides et semi arides. Subséquemment, la salinité et l engorgement des sols rendent l agriculture impossible, ou limitent les rendements et les cultures qui peuvent être pratiquées. Dans d autres régions, l utilisation excessive des forages a réduit les nappes d eaux souterraines, abaissant ainsi les niveaux statiques et rendant l extraction plus coûteuse et particulièrement difficile pour les petits exploitants. L absence de politiques efficaces en matière d utilisation combinée des ressources en eau souterraine et de surface constitue l une des préoccupations les plus importantes. L eau pour l usage industriel et pour les centres urbains De manière globale, la consommation des zones urbaines représente 7% du total de l eau prélevée des cours d eau et 22% de ceux des lacs. 27 De nombreux réservoirs ont été construits pour un approvisionnement fiable en vue de satisfaire les besoins urbains et industriel qui croissent rapidement. Ils ont été construits en particulier dans les régions sujettes à la sècheresse où les sources naturelles d eau de surface et les lacs ou cours d eau étaient considérés comme insuffisants au vu de tous les besoins. De manière globale, environ 12% des grands barrages sont classés comme barrages d adduction d eau. Environ 60% de ces barrages se trouvent en Amérique du Nord et en Europe. La mesure dans laquelle les villes dépendent des barrages et des réservoirs pour leurs consommations domestique et industrielle varie grandement au sein-même des pays. Dans la région Saxe, en Allemagne, les réservoirs fournissent 40% de l eau destinée à deux millions de personnes, tandis que Los Angeles tire 55% de son alimentation en eau de ressources souterraines et 37% d un système de réservoirs et de conduites amenant l eau de sites plus éloignés. Ho Chi Min City au Vietnam obtient 89% de son eau à partir des eaux de surface, tandis qu Hanoi obtient 100% à partir des eaux souterraines

15 Production d électricité pour le réseau national Dans plusieurs pays, la production d électricité est une raison essentielle pour la construction de grands barrages, soit comme fonction principale, soit comme fonction additionnelle dans les cas où le barrage est construit pour d autres raisons. Au cours des 22 dernières années, la production mondiale d électricité a plus que doublé, quoique l accès soit la rgement inégal entre et au sein des pays. 29 L énergie hydraulique fournit 19% de l approvisionnement total en électricité dans le monde et représente plus de 90% du total de l approvisionnement dans 24 pays. Actuellement, l énergie hydraulique fournit 19% de l approvisionnement total en électricité dans le monde et est utilisée dans plus de 150 pays. Elle représente plus de 90% du total de la fourniture nationale d électricité dans 24 pays et plus de 50% dans 63 pays. Environ un tiers des pays dans le monde dépend actuellement de l énergie hydro-électrique pour plus de la moitié de ses besoins. Cinq pays le Canada, les Etats-Unis, le Brésil, la Chine et la Russie comptent pour plus de la moitié de la production mondiale de l énergie hydro électrique. Entre 1973 et 1996, la production de l énergie hydro-électrique dans les pays non OCDE s est accrue de 29 à 50% par rapport à la production mondiale, avec le taux le plus élevé en Amérique latine. 30 L énergie hydro-électrique a été perçue et promue comme une source renouvelable d énergie relativement propre, à faible coût, et basée sur une technologie éprouvée. En dehors de l évaporation des réservoirs, elle est d une utilisation non consommatrice d eau. On considère qu une fois installée, l énergie hydro-électrique, comme toute source renouvelable, a des coûts de fonctionnement faibles et une longue durée de vie, en particulier pour les projets de dérivation et les projets de réservoirs où la sédimentation ne pose pas de problème. Dans le passé, l énergie hydroélectrique était particulièrement attrayante pour les gouvernements ayant des ressources en combustibles fossiles limitées et qui, autrement, devaient en importer pour soutenir la production d électricité. A l échelle mondiale, les niveaux actuels de production de l énergie hydro-électrique compensent 4,4 millions de barils équivalent pétrole (production d énergie thermique) par jour, soit près de 6% de la production pétrolière mondiale. Protection contre les inondations Bien que les inondations naturelles aient des effets bénéfiques, elles sont également une menace pour la vie, la santé, les moyens d existence et les propriétés. Elles demeurent parmi les désastres les plus fréquents et le plus dévastateurs du monde. Elles ont, en moyenne, affecté la vie de 65 millions de personnes, entre 1972 et 1996 ; soit plus que tout autre type de désastre, y compris les guerres, les sécheresses et les famines. 31 Au cours de la même période, on estime que, chaque année, environ 3,3 millions de personnes sont restés sans abri à cause des inondations. En termes d importance régionale, les pertes économiques liées aux inondations en Asie dépassent celles en Amérique du Nord et en Europe entre 1987 et Environ 13% des grands barrages dans le monde --se trouvant dans 75 pays ont une fonction de maîtrise de crues. 33 Bien que les barrages aient été historiquement utilisés en grande partie comme moyen de défense contre les inondations, les approches récentes considèrent que la protection contre les inondations c est bien plus qu ériger une infrastructure de défense contre la montée des eaux. Par exemple, dans un rapport sur les inondations de 1998, les autorités chinoises ont reconnu que leur gravité était en partie due à une dégradation de l environnement à long terme et à une forte exploitation forestière des bassins versants. 34 Il existe également des cas où les barrages ont créé ou aggravé des inondations à cause de leur rupture, d une mauvaise manipulation de réservoir et à des changements dans la configuration de la sédimentation en aval qui réduisent la capacité d évacuation du chenal des cours d eau. Les deux dernières décennies ont vu une réévaluation exhaustive de ce qui constitue la combinaison appropriée de mesures de prévention, de protection et d atténuation des désastres dus aux inondations. En conséquence, la focalisation sur le contrôle des eaux d inondation qui prévalait dans les années 1950 à 1960 a cédé le terrain à des approches intégrées et beaucoup plus axées sur l environnement. Parmi les raisons figurent le fait que les inondations se produisent malgré la présence des structures mises en place, le coût élevé des solutions techniques et une meilleure compréhension du fonctionnement des systèmes naturels. 15

16 Les Problèmes liés aux grands barrages Bien que les grands barrages aient contribué à la croissance économique au cours du 20 e siècle, les services qu ils fournissent ont un coût. Cette section donne une vue d ensemble des problèmes liés aux grands barrages. Transformation physique des cours d eau Les grands barrages ont fragmenté et transformé les cours d eau du monde entier. L Institut des Ressources Mondiales (IRM) a trouvé qu un grand barrage a modifié au moins 46% des Les grands barrages ont fragmenté 106 bassins versants primaires du monde. 35 La mesure dans laquelle l écoulement des et transformé les cours d eau du cours d eau a subi des changements varie à travers le monde. Les Etats-Unis et la monde, modifiant ainsi 46% des Communauté Européenne règlent l écoulement de 60 à 65% des cours d eau sur leur bassins versants primaires. territoire, bien que le volume varie d un bassin à un autre. Les 53 kilomètres cubes d eau stockées de l Espagne derrière de grands barrages règlent 40% de l écoulement de ses cours d eau, allant de 71% dans le bassin de l Ebro à 11% dans les bassins sur les côtes de la Galicie. 36 En Asie, seul moins de la moitié des cours d eau régulés est doté de plus d un grand barrage. 37 La modification des cours d eau transfrontières a des implications particulières. Il y a 261 bassins versants partagés par deux ou plusieurs pays. 38 Ces bassins couvrent une superficie d environ 45% de la surface de la terre, représentent environ 80% des cours d eau au niveau mondial et affectent environ 40% de la population mondiale. 39 Les problèmes et les préoccupations auxquels sont confrontés les pays riverains situés dans ces bassins vont de la qualité de l eau au volume des écoulements. Encadré 1.3 Changements des attributs physiques et impacts des grands barrages Le volume du réservoir, en relation avec le débit annuel des cours d eau, est important par rapport à la vocation du barrage et à la manière dont il est exploité. C est également un facteur déterminant de l échelle des effets écologiques. La superficie du réservoir ou de la zone inondée indique la zone d influence des impacts potentiels. La plupart des grands barrages à réservoir ont une superficie de 0 à 1 kilomètre carré (plus de 60 %t). Ceux-ci incluent les barrages d écoulement sans réservoir. Peu de barrages (2%) ont une superficie de réservoir qui dépasse 100 km². Au cours de la première moitié du 20 e siècle, la hauteur moyenne, le volume du réservoir et la superficie du réservoir ont augmenté dans toutes les régions. La hauteur moyenne des nouveaux barrages était de 30 à 34 mètres de 1940 à 1990, mais elle est passée à environ 45 mètres dans les années 1990, en grande partie du fait des nouvelles tendances en Asie. La superficie moyenne des réservoirs qui avait considérablement augmenté à partir de 1945 jusqu en 1960 pour atteindre 50 kilomètres carrés, a diminué au cours des années 1980 pour atteindre une superficie moyenne de 17 km². Elle est remontée par la suite à environ 23 km² dans les années Source : CMB, Analyse du CIGB, 1998 La capacité totale de stockage des grands barrages, sur la base des formes, est d environ km³. 40 En supposant que la moitié de la capacité de stockage prévue soit effectivement atteinte, la capacité totale réelle de stockage est globalement la même que l ensemble des prélèvements d eau, estimés à environ km³

17 On estime que 0,5 à 1% de la capacité de stockage des barrages, à travers le monde, est perdue annuellement à cause de la sédimentation, aussi bien dans les grands barrages que dans les petits réservoirs. 42 Cela veut dire que 25% de la capacité de stockage des barrages dans le monde peuvent être perdus dans les 25 à 50 années à venir si des mesures ne sont pas prises pour contrôler les taux de sédimentation. Cette perte interviendrait surtout dans les pays en développement et les régions ayant des taux de sédimentation plus élevés. Impacts sur les écosystèmes riverains Les menaces croissantes qui pèsent sur l intégrité des écosystèmes des bassins versants du monde proviennent de l accroissement des populations, de la pollution de l eau, de la déforestation, des prélèvements d eau pour l irrigation et la consommation urbaine, ainsi que de la régulation des écoulements due aux grands barrages. Parmi les nombreux facteurs qui engendrent la dégradation des écosystèmes des bassins versants, les barrages sont la principale menace physique, fragmentant et transformant les écosystèmes aquatiques et terrestres avec une gamme d effets variables dans la durée, l envergure et le degré de réversibilité. Les bassins versants constituent 40% de l habitat des espèces halieutiques du monde. Ils fournissent de nombreuses fonctions de l écosystème allant du recyclage des éléments nutritifs et de la purification de l eau à la reconstitution des sols et la maîtrise des crues. Au cours des dernières années, moins au 20% des plus de espèces halieutiques d eau douce du monde ont fini par être éteints, menacées d extinction ou en danger. 43 Les ressources halieutiques constituent une source de protéine animale essentielle pour plus d un milliard de personnes. En Afrique, les protéines provenant des poissons représentent 21% des protéines animales dans l alimentation ; en Asie ce taux est de 28%. Alors que les cours d eau fournissent environ 6% des protéines provenant de poissons consommées par les humains en général, le taux est souvent 100% pour les nombreuses communautés riveraines. Les transformations de l écosystème n interviennent pas uniquement au niveau des cours supérieurs, inférieurs et moyens des bassins versants ; ils ont également un impact sur les estuaires des cours d eau qui sont souvent des écosystèmes complexes. La fermeture des embouchures des cours d eau importants, l intrusion du sel, la destruction des mangroves et la perte des zones humides sont parmi les nombreux problèmes en jeux. Les conséquences sociales des grands barrages Bien que de nombreuses personnes aient eu à bénéficier des grands barrages, leur construction et leur exploitation ont conduit à d importants impacts sociaux et humains négatifs. Les populations affectées comprennent des familles déplacées, des communautés hôtes au sein desquelles les familles déplacées sont réinstallées et des communautés riveraines, en particulier celles se trouvant en aval des barrages et dont l existence et l accès à des ressources sont affectés à différents niveaux par la perturbation du cours d eau et la fragmentation de l écosystème. De manière générale, des sociétés entières ont perdu l accès à des ressources naturelles et à un patrimoine culturel submergés par des réservoirs ou des cours d eau modifiés par les barrages. La construction des grands La construction des grands barrages a conduit au déplacement de quelques 40 à 80 millions barrages a conduit au de personnes à travers le monde, comme indiqué au chapitre Nombre d entre elles n ont déplacement de quelques 40 à 80 pas été réinstallées ou n ont pas reçu une compensation adéquate, si jamais il y avait millions de personnes à travers compensation. 45 Entre 1986 et 1993, un nombre de personnes estimé à 4 millions par an a été le monde. déplacé par 300 grands barrages construits chaque année. 46 Ces chiffres ne font que donner une idée de la dimension du problème, de grands écarts existant d un cas à un autre. L envergure et la portée des problèmes sociaux que l on rencontre dans les bassins altérés par la construction d un grand barrage varient d une région à une autre. Le nombre de personnes tirant leur existence directement du cours d eau et de son écosystème et la densité de la population dans les bassins donnent une indication des effets potentiels. Comme le montre le tableau 1.3, la densité de la population peut varier de manière considérable. 17

18 Les deux grands pays les plus peuplés au monde (la Chine et l Inde) ont construit environ 57% des grands barrages du monde et comptent le plus grand nombre de personnes déplacées. A la fin des années 1980, la Chine a officiellement reconnu environ 10,8 millions de «personnes déplacées de réservoirs», quoique d autres sources indiquent que ce chiffre peut être sensiblement plus élevé. 47 Des grands barrages et des réservoirs déjà construits dans le bassin du Yangzi uniquement ont conduit au déplacement d au moins 10 millions de personnes. 48 En Inde, les estimations du nombre total de personnes déplacées varient entre 16 et 38 millions. 49 Le déplacement causé par les grands barrages constitue une part importante des déplacements dus au développement d infrastructures publiques. En Chine, on estime que les personnes déplacées par les grands barrages représentent environ 27% de l ensemble des personnes déplacées par les projets de développement (le total inclut des personnes déplacées par l expansion urbaine, les routes et les ponts). 50 En Inde, ce chiffre est 77% (total n incluant pas les personnes déplacées par le développement urbain). 51 Parmi les projets financés par la Banque Mondiale, avec un volet déplacements, les barrages et les réservoirs représentent 63%. 52 Ces chiffres ne sont que des estimations et n incluent pas les personnes déplacées du fait d autres aspects des projets, tels que les canaux, les centrales électriques, les projets d infrastructures et les mesures d accompagnement connexes, telles que les réserves de biodiversité. Ces problèmes ne sont pas les seuls. Les chapitres 2 à 6 examinent d autres raisons de mécontentement. Comprendre le débat sur les grands barrages Les trois dernières décennies, en particulier, ont connu des changements considérables et de grande portée dans la perception du développement et des concepts d interdépendance avec d autres peuples et avec la nature. La forte croissan ce dans la construction de barrages au cours du 20 e siècle s est accompagnée avec, en toile de fond, des changements politiques, économiques et techniques considérables, pendant que la population mondiale augmentait de 1,65 milliard en 1900 à 6 milliards vers la fi n du siècle. Les trois dernières décennies, en particulier, ont connu des changements considérables et profonds dans la perception du développement et des concepts d interdépendance avec d autres peuples et avec la nature. La dynamique du changement est également en train de redéfinir les rôles que les pouvoirs publics, la société civile et le secteur privé jouent dans la planification du développement des ressources en eau et en énergie. Alors que les changements majeurs ont déclenché le débat sur les grands barrages, ce même débat est devenu le grand catalyseur du changement. Nous commencerons par examiner la genèse de l opposition aux grands barrages provenant des mouvements sociaux et environnementaux, avant d aborder les vraies questions du débat que la rencontre de Gland, en Suisse, a soumises à la Commission. Genèse de l opposition aux barrages. Dans la section précédente, nous avons vu que la construction des barrages a une longue histoire ; de même que les conflits, bien que ce soit seulement au cours de ces dernières années qu ils sont parvenus à faire l objet d une plus grande attention. Les conflits sur l eau et les barrages sont probablement aussi anciens que la construction des barrages eux-mêmes. En Angleterre médiévale, les propriétaires d embarcations s opposaient aux meuniers qui bloquaient les cours d eau afin de créer des réservoirs pour faire tourner leurs roues à aube. Des archives datant du 19 e siècle parlent de pêcheurs écossais qui essayèrent de détruire un barrage qui venait d être construit. Dans les années 1910, John Muir, le partisan de la protection de l environnement, fit pression sans succès sur l opinion publique et le Congrès américain contre la construction du barrage d O Shangnesy situé dans le parc national de Yosemite, en Californie. Au cours du siècle passé, les populations affectées par les barrages ont fortement résisté contre la construction de ces derniers. Parce qu elles étaient souvent seules, sans aucune aide extérieure, la résistance des personnes affectées est souvent passée inaperçue au niveau international et, dans certains cas, les gouvernements concernés faisaient usage d intimidation et de violence pour la réprimer. Huit personnes sont mortes et plus de 30 autres furent blessées lorsque les forces du gouvernement colonial tirèrent sur les populations Tonga qui opposaient une résistance à leur déplacement 18

19 pour faire place au réservoir du barrage de Kariba. Toutefois l attention de l opinion internationale s est focalisée sur la mission qui consistait à sauver la faune bloquée dans la zone du réservoir. 53 A peu près à la même période, au Mexique, la commission du fleuve Papaloapan a brulé les maisons des autochtones aztèques qui refusaient de partir pour faire place à la construction du barrage de Miguel Aleman. En 1978, la police a causé la mort de quatre personnes, en tirant sur la foule lors d une manifestation anti-déplacement au barrage de Chadil dans l Etat de Bihar, en Inde. Au Nigéria, en avril 1980, la police fit feu sur les manifestants qui bloquaient les rues pour protester contre le barrage de Bakolori. 54 En 1985, 376 Indiens Achi Maya, des femmes et des enfants en majorité, furent massacrés au cours du défrichage de la surface qui devait être submergée par la retenue d eau du barrage de Chixoy au Guatemala. 55 Avec l accroissement de la construction des barrages après les années 1950, l opposition aux Avec l accroissement de la barrages devient plus répandue, bruyante et organisée. Les défenseurs de l environnement construction des barrages après dans les pays du Nord, aux Etats-Unis notamment, menèrent avec succès les premières les années 1950, l opposition aux campagnes contre les grands barrages. 56 Dans ce dernier pays, les défenseurs de barrages devient plus répandue, l environnement réussirent, dans les années 1950, à faire arrêter la construction du barrage bruyante et organisée. haut de 175 mètres d Echo Park sur un affluent du fleuve Colorado. Ils réussirent également, dans la décennie suivante. A faire arrêter deux autres barrages prévus sur le Colorado luimême, dans le Grand Canyon. Une série de nouvelles lois (notamment la loi sur la protection de l environnement de 1969 et la loi sur les espèces en danger de 1974), ainsi que la préoccupation croissante manifestée par le public au sujet de la conservation de l environnement, des subventions de l état et des déficits budgétaires ont de plus en plus servi de base pour mettre un terme aux coûteux projets de barrages, de canaux et de canalisation des années 1970 et du début des années Tableau 1.3 : Densité de la population de bassins choisis Pays Bassin hydrographique Densité de population au km 2 Chine Yangtzé 224 Brésil Tocantins/Amazone 6 Inde Gange 175 Norvège Glomma et Laagen 26 Afrique du Sud Orange 12 Thaïlande Mun/Mékong 78 Etats-Unis Columbia/Snake 9 Zimbabwé et Zambie Zambèze 35 So urce : Revenga et al, 1998 Au cours des trente dernières années, l alliance des groupes d activistes du Nord (défenseurs de l environnement et des droits de l ho mme) avec des ONG et des groupes d associations de personnes affectées du Sud a abouti à une opposition plu s vigoureuse et plus coordonnée à la construction des barrages à travers le monde. Dans de nombreux cas, la force de ces coalitions a eu un impact important sur la planification et les politiques relatives aux barrages. La conséquence de ces pressions concertées a été l introduction de l évaluation des impacts environnementaux et de quelques enquêtes publiques dans le processus de planification qui, jusque dans les années 1970, était strictement réservée aux organismes gouvernementaux, aux ingénieurs et aux économistes. Vers la fin des années 1980, les environnementalistes et les sociologues commencèrent à jouer un rôle plus important dans le processus de planification et, vers le milieu des années 1990, l implication des personnes affectées et des ONG dans le processus devint plus importante

20 Il est aussi juste de mentionner que l action populaire a également été en faveur des barrages. Récemment, à Madrid, des fermiers ont organisé une marche pour demander plus d eau et plus de barrages pour l irrigation. Les dernières décennies ont vu apparaître un certain nombre d avancées dans les politiques Les dernières décennies ont vu pour répondre aux exigences de la société civile et au changement des valeurs. La Banque apparaître un certai n nombre Mondiale nous en donne une bonne illustration. Elle est la cible principale des critiques sur les d avancées dans les politiques barrages dans la mesure où elle est souvent la première et la principale source de pour répondre aux exigences de financement des grands barrages. En 1982, la Banque a adopté une directive interne relative la société civile et au aux populations autochtones. La révision des politiques en matière de déplacements et changement des valeurs. l évaluation environnementale ont été d autres étapes importantes. Tout récemment, en 1993, la Banque Mondiale a mis en place un système de recours, le groupe d inspection, qui permet aux citoyens affectés par des projets financés par la Banque de faire des revendications sur les violations de ses politiques, de ses procédures et de ses accords de prêts. Par la même occasion, la Banque a encouragé des approches plus flexibles en matière de diffusion de l information. 58 Ces réformes dans les politiques sont souvent étroitement liées aux effets de la résistance des groupes affectés et des campagnes menées au niveau international par les ONG sur des projets particuliers. Entre 1973 et 1977, la résistance des populations indigènes contre la construction de quatre barrages sur le fleuve Chico, aux Philippines, a poussé la Banque Mondiale à se retirer du projet, conduisant ainsi le gouvernement à surseoir, d une manière indéfinie, à sa réalisation. 59 D autres étapes importantes comprennent le retrait de la Banque Mondiale du projet de Sardar Sarovar en Inde, en 1993, et de celui de Arun III au Népal, en 1995 (quoique dans ce dernier cas, la pression du public n ait pas été le facteur déterminant). 60 Le projet de Sardar Sarovar, qui est toujours au programme malgré le retrait de la Banque Mondiale, continue de focaliser l attention de l opposition locale et de la communauté internationale. Il existe des exemples plus récents de campagnes tels que celles des barrages des Trois Gorges, en Chine, de Pak Mun en Thaïlande, d Ilisu en Turquie, de Ralco au Chili, d Epupa en Namibie, du Lesotho Highlands Water Project - qui implique le Lesotho et l Afrique du Sud - et de Nam Theun II au Laos. Comme l ont montré les précédentes sections de ce chapitre, le rythme de construction des barrages a considérablement baissé au cours de ces dernières années. Cela est en partie dû au fait que les pays industrialisés ont utilisé la plupart de leurs sites favorables et au fait que d autres facteurs, tels que les changements dans le mode de financement des barrages - fonds publics vers fonds privés - concomitamment à la baisse du niveau de financement de la part des bailleurs de fonds et à la croissance des coûts des grands barrages. Toutefois, cela reflète également l efficacité des stratégies anti-barrages mises au point par les groupes de militants pour la protection de l environnement et des droits de l homme à travers le monde. Une question souvent posée est de savoir pourquoi le débat se focalise essentiellement sur les barrages. Les problèmes débattus, tels que la durabilité de l environnement, le développement équitable et la nécessité de décisions transparentes et participatives, s appliquent également à d autres grands projets d infrastructures et ne peuvent être abordés que dans un contexte de profond changement social. Le point de vue selon lequel les groupes en faveur de la protection de l environnement et des droits de l homme ont choisi les grands barrages comme leur cible essentielle est erroné. Une évaluation a montré que sur 36 projets financés par la Banque Mondiale et ciblés avec un certain succès par les groupes activistes et les ONG, 12 seulement sont des projets de barrages ; alors que 14 sont des projets de gestion de forêts et de ressources naturelles, cinq de gestion minière ou industrielle et deux d infrastructures urbaines. 61 En fait, les grands barrages, tout comme d autres ouvrages industriels, commerciaux et publics sont de plus en plus controversés et difficiles à implanter ; de même que les installations de décontamination de déchets dangereux, les décharges de déchets solides, les hôpitaux, les zones de conservation, les centres commerciaux, les autoroutes, les parkings, etc. Si, les barrages ne sont pas les seules infrastructures à susciter les critiques, pourquoi donc sont-ils souvent au centre de controverses, de disputes et même de violentes confrontations? Il y a plusieurs raisons, liées surtout à l échelle et à l étendue des barrages et de leurs impacts : 20

21 Les grands barrages représentent des investissements importants et, dans certains cas, ils peuvent être l unique investissement dans un pays. Ces investissements sont essentiellement irréversibles et souvent empreints de connotations politiques. Les grands barrages sont généralement justifiés par les avantages macroéconomiques qu ils apportent aux niveaux national et régional, tandis que leurs impacts physiques sont localement concentrés, affectant surtout ceux qui se trouvent le long du cours d eau et à l intérieur des vallées concernées. L écart entre les avantages et les coûts engendre facilement la confrontation. Le déplacement des populations pour faire place à un grand barrage est généralement d envergure plus importante que celui d autres types d infrastructures physiques. Les routes et les centrales thermiques peuvent être implantées sur des terres marginales, tandis que les barrages inondent généralement des terres agricoles riches et fertiles. Les personnes déplacées pour faire place à un barrage ou un réservoir perdent très souvent, non seulement leurs habitations, mais également leurs moyens d existence. La réinstallation dans un milieu rural où les bonnes terres sont déjà occupées peut poser problèmes. Les grands barrages affectent des ressources essentielles et vitales telles que les terres, les pêcheries, la qualité et les usages de l eau ; cette dernière devenant de plus en plus rare et convoitée. Le manque de solutions appropriées et acceptables pour répondre aux impacts sociaux et environnementaux des grands ouvrages a conduit à une mobilisation accrue autour de ces problèmes. L efficacité économique de nombreux projets est plus faible que celle prévue. A l exception de ces facteurs, l injustice perçue dans la répartition des avantages et des impacts ainsi que les préoccupations croissantes au sujet des implications indiquent que les débats, les controverses et les conflits sur les grands barrages ne sont pas spécifiques à ceux-ci uniquement. Ils font partie d un plus large débat sur le développement, un débat sur lequel des points de vue divergents sur l utilisation des ressources naturelles et des ressources financières publiques se confrontent. Les termes du débat Il est clair que le débat sur les barrages comprend plusieurs niveaux et plusieurs problèmes interconnectés. Il est en partie relatif à ce qui est arrivé dans le passé et qui continue encore. Il est aussi en partie relatif à ce qui peut arriver dans le futur si plus de barrages sont construits (ou ne le sont pas). La portée du débat, nourri par des préoccupations sociales ou environnementales ou par des considérations plus larges de développement, varie d un pays à un autre. Aux Etats- Unis, où le taux de mise hors service de barrages est plus élevé que le taux de construction, le débat peut être aussi intense, mais il est qualitativement différent du débat en Inde qui, avec la Chine, construit actuellement plus de barrages que tout autre pays. Les deux prin cipaux pôles du débat sur les barrages, en évidence au cours de l atelier de Gland en 1997, permettent de définir l éventail de points de vue sur les expériences passées des grands barrages. Le premier pôle met l accent sur l écart en tre les avantages prévus d un grand barrage et ce qui se passe sur le terrain. La revue de l expérience mondiale faite aux chapitres 2 à 6 confirme que ces préoccupations sont justifiées. Les barrages n ont pas souvent atteint leurs objectifs. Le second pôle examine les défis en matière de développement des ressources en eau et en énergie dans la perspective de «construction de la nation» et de répartition des ressources. Pour ses initiateurs, la réponse à la question de l efficacité passée est évidente. D une manière générale, les barrages ont bien répondu aux attentes comme partie intégrante des stratégies de développement des ressources en eau et en énergie dans plus de 140 pays. A quelques exceptions près, ils ont fourni un éventail d indispensables services en eau et en énergie. 21

22 Au-delà de cette ébauche de caractérisation, il est possible de désagréger le débat autour de quelques thèmes centraux. La manière dont le débat est structuré permet de déterminer comment il sera mené au niveau national et international. Efficacité : coûts et avantages L efficacité est souvent mesurée en termes de savoir si le projet a produit les avantages qui étaient à la base de son approbation et de son financement. Toutefois, juger de l efficacité est plus que cela. Une évaluation de l efficacité globale ou de l efficacité par rapport au cycle de vie complet du barrage donne souvent des résultats différents. Il en est de même des coûts, qui dépendent surtout de comment ils sont entièrement internalisés et qui supporte les coûts spécifiques au regard de la répartition des avantages. Il n existe pas de formule toute faite pour mesurer les coûts et les avantages afin d avoir rapidement une bonne idée sur le bilan global. Encadré 1.4 : Questions essentielles dans le débat sur les barrages : le passé et le présent Efficacité : Coûts et avantages Impacts environnementaux et durabilité Impacts sociaux et équité Economie et finance Gouvernance et participation Impacts généraux des barrages sur le développement Solutions alternatives aux barrages Problèmes transversaux Impacts environnementaux et durabilité A un certain niveau, le débat tourne autour de la manière de mesurer l échelle des impacts, de savoir si ces impacts peuvent être évités ou atténués avec succès et s ils sont réversibles ou irréversibles. Une controverse plus fondamentale porte sur la manière dont les considérations environnementales sont prises en compte par rapport aux besoins immédiats de l homme en matière de développement. Pour les communautés qui dépendent directement des ressources des cours d eau pour leur existence, l environnement est la base même qui leur permet de satisfaire leurs besoins. Un exemple est la valeur que l on donne à la diversité biologique ou encore aux fonctions de l écosystème qui peuvent être perdues lorsque l écoulement du fleuve est régulé. Le débat gagne particulièrement en intensité lorsque d autres options deviennent disponibles. D autres controverses concernent les impacts environnementaux plus étendus, aux niveaux régional et mondial. En est un exemple, la question de savoir si les barrages émettent des gaz à effet de serre ou s ils réduisent les pluies acides et dans quelles conditions et quelle mesure, par rapport aux solutions alternatives. Cet aspect du débat comprend la question de savoir si les grands barrages doivent être inclus dans les protocoles sur le changement climatique et à quelle condition et de quelle manière les barrages doivent être traités dans les futurs programmes d échanges relatifs aux émissions de carbone.. Impacts sociaux et équité Cet aspect inclut aussi bien l échelle des impacts que la répartition des coûts, des avantages et des impacts, y compris ceux supportés par les familles déplacées, les communautés hôtes dans lesquelles les familles sont réinstallées ainsi que les communautés riveraines affectées par le changement des débits et de l accès aux ressources. Les problèmes sociaux vont au-delà de l équité dans la répartition des avantages et des impacts et touchent aux droits fondamentaux. Ils incluent : 22

23 le poids sur les populations autochtones et les minorités ethniques et le degré de reconnaissance de leur statut spécifique ; l impact sur le genre et les droits essentiels de l homme ; et la perte de moyens d existence et les impacts au niveau de la santé dans les zones rurales. S occuper de l héritage laissé par les populations déguerpies sous des régimes aussi bien autoritaires que démocratiques et le besoin de répartir les responsabilités aux fins de corrections, sont d autres problèmes inclus dans le débat. Un problème qui a causé une grande tension dans le passé concerne la base sur laquelle sont invoqués et décidés les compromis, tels que les bénéfices potentiels pour un grand nombre de personnes par rapport aux coûts liés aux épreuves subies par un nombre restreint. Economie et finance La controverse entoure également les limites et la capacité des méthodes d évaluation économique à saisir et refléter pleinement les différents impacts sociaux et environnementaux ainsi que leurs valeurs. Les Gouvernements et les Institutions financières continuent d utiliser les analyses économiques et financières conventionnelles taux de rentabilité, taux d actualisation, test de sensibilité et l exclusion ou l inclusion des coûts directs comme critères de décisions primaires. Le débat porte sur le degré d adéquation dans leur application pratique et sur l équilibre observé par rapport à d autres objectifs ou critères de développement. Les problèmes qui leur sont liés incluent les niveaux de recouvrement des coûts pour tous les types de projet de barrages, les implications des subventions relatives à l utilisation de l eau et la question de l équité de ces subventions. Gouvernance et participation Les principales considérations liées à ces questions portent sur la transparence et le caractère ouvert ou non de l évaluation des options et sur la manière dont les processus de planification et de prise de décision sont menés. D autres questions sont relatives à la méthodologie utilisée pour concilier la planification au niveau local ou communautaire avec des processus de renforcement de consensus ; ces derniers se caractérisant par des approches plus conventionnelles et centralisées en matière de planification et d accès à l information et par la prédominance d un organisme seul avec des responsabilités multiples de conception, de construction et de gestion des grands projets d infrastructure. Au cœur même du débat sur ces problèmes se trouve le niveau d implication des populations affectées et de plus grands groupes de parties prenantes dans l évaluation des besoins et dans la prise de décision au niveau du projet. La mise en œuvre engendre son propre lot de défis en matière de gouvernance, y compris le respect des normes acceptées pour les mesures sociales et environnementales de mitigation, de compensation et d amélioration. Les plus larges impacts de développement des barrages Un grand nombre de problèmes controversés va au-delà de l impact du projet lui-même et aborde des choix de développement régional et national plus étendus. Parmi les exemples figurent la part du budget de développement allouée aux grands barrages par rapport aux autres utilisations des fonds publics, à l impact d un investissement dans un barrage sur le poids de la dette du pays et aux considérations de compétitivité liées aux subventions. Il y a également des considérations plus positives, dont la possibilité des barrages à contribuer aux recettes d exportation. Solutions alternatives aux barrages Le degré d impartia lité appliqué en considérant d es solutions alternatives aux gra nds barrages est, peut être, l un des problèmes les plus sujets à contestation. Le degré d impartialité appliqué en considérant des solutions alternatives aux grands barrages est, peut être, l un des problèmes les plus sujets à contestation. Il soulève la question de savoir si les barrages sont choisis par rapport à d autres options qui permettent de réaliser les objectifs en matière de développement des ressources en eau et ceux en matière d énergie à des coûts plus faibles ou qui peuvent offrir des avantages plus durables et équitable en terme de développement. Cet aspect du débat s étend à la question de savoir si, et sur quelle la base, les barrages doivent être considérés comme complémentaires ou mutuellement exclusifs d autres options d envergure et de type différents. La question de savoir si la 23

24 primauté doit être accordée à des options telles que la gestion au niveau de la demande ou à l amélioration de l efficience des équipements existant du côté de l offre et dans quelles conditions, est également débattue. Le débat sur les options a un lien avec l économie politique de la prise de décision et par conséquent avec la répartition du pouvoir et de l influence au sein des sociétés. Cela inclut la manière dont les choix sont faits entre les options disponibles et dans quelle mesure le marché ou d autres facteur s institutionnels créent des barrières et des incitations pour différentes options qui fournissent les mêmes services. Questions transversales Un ensemble de questions transversales portent sur le rôle et l influence des différents intérêts des secteurs public et privé dans le processus de planification et de prise de décision. Cet ensemble inclut le rôle et l influence des groupes impliqués, allant des consultants nation aux et internationaux aux promoteurs, entrepreneurs et fournisseurs et s étend aux prestataires de services financiers. Le rôle du financement est particulièrement critique et inclut les banques multilatérales et bilatérales de développement, les assureurs et les organismes de garantie de crédits à l exportation ainsi que les banques commerciales. Les questions soulevées dans le débat vont de l harmonisation des normes de financement de la construction de barrages aux mesures à prendre pour aborder les pratiques de corruption qui peuvent fausser la prise de décision. Il y a de nombreux autres problèmes transversaux tels que les implications transfrontières des barrage s sur des cours d eau partagés. Ces exemples illustrent le terrain, l étendue et la complexité du débat et la manière dont il se trouve lié à des préoccupations plus larges en termes de développement. Au cours de la première moitié du 20 e siècle, le développement économique a été dominé Depuis l adoption d e la Charte des par une approche qui mettait l accent sur la maîtrise et l appropriation de l eau et d autres Nations Unies (1945) et la ressources naturelles pour des activités économiques. Depuis l adoption de la Chartre des Déclaration Universelle des Droits Nations Unies (1945) et la Déclaration Universelle des Droits de l Homme (1948), un cadre de l Homme (1948), un cadre de de développement accepté au niveau mondial établissant des objectifs et des normes développement accepté au niveau universels émerge de manière graduelle. A terme, on a ajouté à ces déclarations, entre mondial établissant des objectifs et autres, la Convention sur la Protection et l Intégration des Populations autochtones et Autres des normes universels émerge de Populations Tribales et Semi Tribales dans les Pays Indépendants (1959), la Convention manière graduelle. internationale sur les Droits économiques, sociaux et culturels (1966), la Déclaration des Nations Unies sur le Droit au Développement (1986) et la Déclaration de Rio sur l Environnement et le Développement (1992). Tous ensembles ils forment le cadre actuel pour le développement humain durable. Ces instruments ont en grande partie été ratifiés par les nations du monde, quoique des différences apparaissent dans les priori tés de réalisation et dans la résolution des conflits entre des droits concurrentiels. La jouissance de ces droits suppose la reconnaissance des conflits entre les droits concurrentiels et l établissement de mécanismes pour la négociation et la résolution des conflits. Nous examinons le cadre de développement et son lien avec l analyse et les méthodologie s de la CMB plus loin dans ce chapitre. Le chapitre 7 présente une approche pour l élaboration de mécanismes pour la négociation et la résolution des problèmes de droits concurrentiels. La où le droit international, les normes et les aspirations sont repris dans les cadres législatifs et politiques nationaux, un certain nombre d obstacles s opposent souvent à leur application dans la réalité. Ces obstacles incluent le manque de volonté politique ou d incitations, en particulier dans les pays où le processus de démocratisation n a pas atteint un niveau tel que les citoyens et les organisations de la société civile soient assez fortes pour influencer la prise de décision. Un autre obstacle majeur que rencontrent les pays pauvres en particulier, est le manque de capacités (ressources financières et humaines, mais également capacité institutionnelle) pour s assurer que les droits humains fondamentaux et les aspirations de leurs citoyens sont satisfaits. Le respect des lois et des politiques existantes est un autre problème important. 24

25 Existe-il une voie pour aller de l avant? Toutes les parties impliquées dans le débat ont leurs propres points de vue sur ce qu il y a lieu de faire pour résoudre les problèmes qui ont été identifiés. Quelques unes des principales suggestions faites par les opposants et les partisans des barrages dans différentes déclarations sont énumérées ci-après : Points mis en exergue par les opposants : le besoin de solutions alternatives plus durables et appropriées comparées aux barrages ; le besoin impérieux d améliorer la transparence, la responsabilité et la participation du public dans la planification des projets hydrauliques et énergétiques ; l importance de l approbation préalable du projet par les groupes qui peuvent en être affectés ; le besoin de protéger et de promouvoir les droits des populations qui peuvent être affectées et de mettre en place des mesures visant à réduire les inégalités et le besoin de mesures de réparation pour faire face à l héritage d engagements non tenus et de problèmes non résolus. Points mis en exergue par les partisans : l évolution et les changements dans le temps concernant les pratiques ; le besoin reconnu d élever les préoccupations d ordre social et environnemental au même niveau que celles de sécurité. (Ils pensent que ces coûts environnementaux et sociaux doivent être évités ou atténués de manière adéquate lorsqu ils surviennent) ; l importance de faire en sorte que les personnes affectées soient dans de meilleures conditions en raison de la construction du barrage et soient considérées comme des actionnaires et des partenaires et par conséquent comme des bénéficiaires du projet ; le besoin impérieux d un processus de prise de décision participatif ; la nécessité de promouvoir les principes d équité, d efficience et de viabilité économique et l importance de mettre en rapport le besoin de développement et l exigence d assurer la durabilité de l environnement. Cette taxonomie étendue montre qu il existe de nombreux domaines de convergence potentielle, en particulier en ce qui concerne ce qu il faut faire à l avenir. Tous sont d accord sur la nécessité : de prendre plus au sérieux les coûts sociaux et environnementaux des barrages ; d avoir plus de consultations systématiques avec les populations affectées ; de faire en sorte que les po pulations affectées soient dans de meilleures conditions en raison de la construction du barrage et de faire en sorte que les coûts et les avantages des barrages soient partagés de la manière la plus équitable. Toutefois, des questions non résolues séparent toujours les positions sur un certain nombre de questions économiques, sociales et environnementales. Les plus difficiles incluent : 25

26 L une des questions centrales (et certainement l une des causes essentielles de l impasse dans le débat) est le manque de confiance mutuelle entre les parties clés impliquées. la mesure dans laquelle des solutions alternatives aux barrages sont viables pour atteindre différents objectifs de développement et la question de savoir si les solutions alternatives sont complémentaires ou incompatibles ; la mesure dans laquelle les effets négatifs au niveau environnemental et social sont acceptables ; la mesure dans laquelle les effets négatifs au niveau environnemental et social peuvent être évités ou atténués et le niveau auquel le consentement local devrait, à l avenir, guider les décisions relatives au développement. L une des questions centrales (et certainement l une des causes essentielles de l impasse dans le débat) est le manque de confiance mutuelle entre les parties clés impliquées. Pour les opposants, les promoteurs de barrages acceptent trop souvent de nouvelles politiques et des principes directeurs qu ils ne respectent pas. Vers la mise en place de la CMB et de son mandat La CMB trouve ses racines à l origine même du débat sur les barrages. En plus du débat, deux autres facteurs liés sont également à l origine de sa conception. Le premier est le changement accéléré au niveau des concepts acceptés de la relation appropriée entre l Etat et ses citoyens. Le second est la reconnaissance croissante des effets négatifs subis aux niveaux social et environnemental du fait des grands barrages. Il en a résulté une controverse croissante et des lenteurs subséquentes au niveau des décisions en matière de développement. Au chapitre 7, la section sur les tendances de développement examine le changement au niveau du soutien du public qui s éloigne des décisions prises au niveau central, souvent sur la base des notions abstraites de bien le plus grand pour la communauté. Au contraire, le public se focalise plus nettement sur des notions d équité dans la répartition des coûts et des avantages en termes de développement et de participation dans la prise de décision. Le mécontentement grandissant de nombreux groupes dans la société envers la manière dont les décisions sont prises, la répartition des coûts et des avantages, ainsi qu avec les mécanismes de conformation et de recours, a provoqué de plus en plus de résistance aux grands barrages et un regain de tension et de conflits autour des projets individuels de barrages. Bien qu une grande partie de ces conflits soit concentrée dans les pays en développement, ils touchent néanmoins l industrie liée aux barrages dans son ensemble. Dans la mesure où les sites de barrages les plus appropriés se trouvant dans les pays développés ont déjà été exploités, l avenir de l industrie se trouve principalement dans les pays en voie de développement ; que cette industrie soit basée dans l une ou l autre catégorie de pays. Sont liées à tout cela, des considérations sur l image des compagnies internationales, sur leur statut au sein de la communauté, sur leurs relations avec les actionnaires et sur leur réputation en termes de responsabilité sociale en tant qu entreprise. Les nouvelles approches ne sont pas toujours bien accueillies par les gouvernements des pays en développement. Ces derniers considèrent que les pays développés, ayant déjà bénéficié en prenant eux-mêmes des raccourcis, insistent maintenant pour que les pays en développement respectent des Au début des années 1990, il est standards plus élevés. Toutefois, pour obtenir des financements au niveau international apparu clairement que le coût de qu ils soient publics ou privés les pays en développement sont obligés de se conformer aux la controverse pouvait no uvelles approches, normes et politiques comme condition pour un financement ou un sérieusement affecter l avenir partenariat. des barrages et bloquer les efforts de financement d autres L effet de l opposition et de la controverse par rapport aux résultats attendus est projets de développement l accroissement du niveau de risque associé aux projets en particulier pour ceux qui refusent hydrauliques et énergétiques de reconnaître le besoin d un changement dans la manière dont les choses sont faites. Cela a non liés à un barrage et devant conduit à des retards dans les projets de barrage où la controverse a mené devant les servir des communautés rurales tribunaux. Ces deux facteurs renchérissent, directement ou indirectement, les coûts des ou urbaines. barrages. 26

27 Au début des années 1990, il est apparu clairement que le coût de la controverse pouvait sérieusement affecter l avenir des barrage s et bloquer les efforts de financement d autres projets de développement hydrauliques et énergétiques non liés à un barrage et devant servir des communautés rurales ou urbaines. L impasse n a profité ni aux pouvoirs publics, ni aux constructeurs de barrages, ni aux communautés ou à l environnement dans la mesure où aucune action ou investissement n a suscité d intérêt à cause du conflit en cours. Une nouvelle voie devait donc être trouvée. Le besoin des partisans et des opposants aux barrages de négocier une nouvelle base acceptable à tous, pour l évaluation des options, la planification, la prise de décision, la réalisation et l exploitation, a crée les conditions de la mise en place de la CMB et l adoption de son mandat. Au-delà de ces considérations d ordre général, plusieurs étapes importantes ont jalonné le chemin menant à la mise en place de la CMB. Elles incluent : Le rapport Morse de Il s agissait d une étude indépendante du projet Sardar Sarovar commanditée par la Banque Mondiale à cause de la controverse croissante sur les projets financés par la Banque et les critiques à l endroit de ces projets au niveau local et international. Au lieu de calmer la controverse, le rapport Morse a ravivé des critiques acerbes sur les processus de décisions internes de la Banque Mondiale. La Déclaration de Mambeli, signée en Juin 1994 par 326 groupes d activistes et des coalitions d ONG de 44 pays. Celle-ci demandait, entre autres, un moratoire sur les grands barrages financés par la Banque Mondiale jusqu à ce qu une enquête indépendante soit menée sur tous les projets financés par la Banque Mondiale. 63 Le rapport du Département des Evaluations des Opérations de la Banque Mondiale (DEO), 64 qui consistait en une étude interne sur l efficacité et les impacts d un échantillon de 50 grands barrages financés par la Banque. Cette étude a fait remarquer que 90% des barrages examinés ont respecté, au moment de leur construction, les critères de la Banque en matière de déplacement de populations. Cependant il a révélé que 75% d entres eux n ont pas respecté les critères les plus récents de la Banque. Une autre conclusion importante était qu une atténuation appropriée des impacts environnementaux et sociaux de la plupart des barrages examinés était possible sans avoir à compromettre la faisabilité économique des projets. Le rapport et sa procédure de préparation ont été largement critiqués par la communauté des ONG. L examen de conscience ne s est pas confiné à la communauté de financement du développement. Des associations professionnelles de développement des ressources hydrauliques et énergétique se sont également mises à évaluer les causes de la controverse grandissante et à adopter des conclusions sur ce qu il fallait faire. La Commission Internationale des Grands Barrages (CIGB) a publié sa Note de Position sur les Grands Barrages et l Environnement, en De même, la Commission Internationale des Irrigations et du Drainage (ICID) a initié un processus qui a abouti à une déclaration majeure : le Rôle des Barrages pour l Irrigation, le Drainage et la Maîtrise des Crues, en La communauté des ONG a également été active dans la collecte des éléments sur l expérience des grands barrages et en a tiré des conclusions. Se basant sur le rapport de Goldsmith et d Hildyard de 1984, Silenced Rivers et sur celui de Patrick McCully du Réseau International des Cours d Eau, publié en 1996, elle dépeint un tableau particulièrement sombre L atelier de Glan d a réuni 39 des impacts sociaux et environnementaux des barrages et de leurs participants représentant des dimensions politiques sous-jacentes. gouvernements, le secteur privé, des institutions internationales de En 1997, la suspicion et la méfiance entre les partisans et les opposants aux grands financement, des organisations de barrages menaçait de dominer et de miner des discussions plus larges devant aboutir à des la société civile et des personnes accords sur les voies pour améliorer l accès aux services de l eau et de l énergie. En affectées, dans un équilibre qui réponse, la Banque Mondiale et l Union mondiale pour la nature (UICN) - une union s est plus tard reflété au sein la mondiale de plus de 800 gouvernements, organismes gouvernementaux et d ONG - CMB et au Forum des Parties parrainèrent une rencontre entre les partisans et les opposants des grands barrages à prenantes. Gland, en Suisse, en Avril Pendant que l atelier de Gland se focalisait sur le rassemblement de différentes opinions autour d une même table pour examiner les 27

28 implications l étude menée par le DEO de la Banque Mondiale sur 50 projets de barrages financés par la Banque, il trouva un terrain d entente suffisant pour lancer le processus qui a conduit à la création de la CMB. L atelier de Gland a réuni 39 participants représentant des gouvernements, le secteur privé, des institutions internationales de financement, des organisations de la société civile et des personnes affectées, dans un équilibre qui s est plus tard reflété au sein la CMB et au Forum des Parties prenantes. Outre l évaluation du rapport de la DEO, ils ont abordé trois questions : Les avancées essentielles nécessaires à la connaissance et à la pratique de la gestion des ressources hydrauliques et énergétiques ; Les méthodologies et les approches requises pour réaliser ces avancées ; Les propositions pour un processus de suivi impliquant tous les acteurs clés. Les participants à l atelier ont identifié des questions clés touchant aux aspects sociaux, environnementaux, techniques et financiers des barrages qui devaient être abordées lors de l examen du rôle des grands barrages et de leurs solutions alternatives pour un développement durable. Ils ont également formé un groupe de travail intérimaire composé de participants à l atelier et chargé ce groupe de mettre en place la CMB. Cette tâche s est avérée longue et complexe en partie à cause de la décision du groupe de travail de consulter tous les groupes clés des parties prenantes à chaque étape et également à cause du temps nécessaire pour bâtir la confiance dans la bonne foi de toutes les parties. La CMB fut finalement créée en février 1998 et elle commença ses travaux en mai de la même année sous la présidence du Prof. Kader Asmal, alors Ministre sud africain des Eaux et Forêts, qui devint par la suite Ministre de l Education. Ses 12 membres furent choisis selon un processus de recherche globale de façon à refléter la diversité régionale, l expertise et les perspectives des parties prenantes. La Commission était un organe indépendant, chacun de ses membres agissant à titre personnel et ne représentant ni une institution ni un pays. Comme défini par l atelier de Gland, les deux objectifs de la Commission étaient : d examiner l efficacité des grands barrages en termes de développement et d évaluer les solutions alternatives en matière de développement des ressources en eau et en énergie ; de développer des critères, des directives et des normes internationalement acceptables où cela s avère approprié, pour la planification, la conception, l évaluation, la construction, l exploitation, le suivi et la mise hors service des barrages. Ces deux objectifs sont à dessein, reflétant, dans une certaine mesure, les priorités des participants au débat sur les grands barrages. Bien que souhaitant tirer des leçons utiles de l examen des expériences passées, les partisans des grands barrages ont tendance à mettre l accent sur les outils pratiques qui permettront de dépasser la controverse et jeter les fondements pour des scénarios plus prévisibles. De leur côté, les opposants aux grands barrages ont tendance à mettre en exergue l importance de la revue, convaincus qu elle révélera la gravité et la persistance des impacts négatifs causés par les barrages. Ils veulent avoir la preuve que les barrages peuvent être une option acceptable avant de porter une trop grande attention sur les directives pour la construction de meilleurs barrages à l avenir. Réalis er le mandat de la CMB : processus et méthodologie Afin de répondre aux deux parties du mandat qu il s est donné à Gland, la Commission a mis au point un cadre analytique et un programme de travail en vue de rassembler une base de connaissances consolidées et partagées sur l expérience mondiale en matière de grands barrages. Un cadre qui : est basé sur les normes de développement humain durable et équitable acceptées au niveau international ; 28

29 vise à explorer les thèmes clés qui sont au cœur même du débat sur les barrages, en particulier ceux qui demeurent irrésolus ; et compare l efficacité projetée et les attentes lors de la planification des barrages avec l expérience effective après l achèvement du projet. La Commission a utilisé aussi bien des méthodes quantitatives que qualitatives en vue d une évaluation et d une réponse objectives aux questions clés soulevées. Elle ne s est pas mise à juger les décisions sur les projets de barrages datant d il y a 50 ou 100 ans. Elle s est plutôt attelée à tirer les leçons des conséquences des barrages et à voir comment ces leçons pourraient aider à changer ou influer sur les conséquences à l avenir. Afin de donner une assise solide aux éléments sur lesquels elle fonde ses analyses et ses conclusions, la CMB a commandité, organisé ou accepté : des études de cas détaillées de huit grands barrages dans quatre continents, en même temps que deux revues de pays ; une enquête par recoupements sur les grands barrages dans 52 pays à travers le monde ; 17 revues thématiques regroupées selon cinq catégories au niveau du débat ; quatre consultations régionales et plus de 900 propositions de personnes intéressées, de groupes et d institutions. Prenant en compte la valeur des points de vue donnés par les représentants de la rencontre de Gland, dans les premiers mois de travail, la Commission décida que le groupe de travail soit un organe consultatif pour le processus de la Commission, appelé le Forum de la CMB. Celui-ci était composé d anciens membres du Groupe de Référence formé lors de la réunion de Gland et de nouveaux groupes de parties prenantes et groupes d intérêt. Dans le choix des nouveaux membres, la CMB fut guidée par des critères tels que la pertinence, l équilibre et la représentation des différents points de vue et groupes d intérêt. Le Forum offre un modèle de consultation qui fonctionne à un niveau quelque peu différent des autres formes de consultation. Il compte environ 70 membres et fonctionne comme un «banc d essai» pour les travaux de la Commission. Il est avant tout un mécanisme de maintien du dialogue entre la Commission et les mandants des membres du Forum. Dans la mesure où la Commission facilitait le débat sur la question complexe de l efficacité des barrages en termes de développement, les apports tirés des consultations avec ces mandants étaient essentiels à l appréhension et à l acceptation des résultats finals des travaux de la Commission. Le Forum fut l un des moyens pour atteindre ces objectifs. Le Chapitre 10 jette un regard prospectif sur la dissémination et l adoption des recommandations de la Commission. Elle fait des suggestions sur le rôle des groupes de parties prenantes tels que le Forum dans la période de l après Commission. Mise au point de la base de connaissances La Commission a mis au point une base de connaissances qui devait lui donner accès à une large panoplie de questions et de points de vue sur les grands barrages. L objectif était d aller au-delà du monde des experts et des processus intergouvernementaux pour inclure des mandants avec des points d entrée très différents, dans le débat sur les barrages. Le processus était conçu pour ouvrir la voie à un dialogue entre les différents groupes d intérêt, tout en donnant une assise solide aux conclusions de la Commission. 29

30 30

31 Principaux éléments du programme de travail La Commission a basé son rapport sur une synthèse d informations sur des expériences passées, à partir de tous les éléments du programme de travail de la CMB. Une courte description de ces éléments essentiels est donnée ci-dessous. De plus amples détails sur la méthodologie sont donnés à l annexe III. Etudes de cas et études par pays La Commission a réalisé deux études de cas dans les pays de l OCDE et dans six pays en développement. Elle a préparé des études-revues pour l Inde et la Chine et un document sur la problématique pour la Fédération Russe et les Etats nouvellement indépendants. Les études de cas permettent une compréhension approfondie des défis et des dilemmes associés à un ensemble spécifique de barrages dans le contexte du développement dans des pays et des bassins hydrographiques spécifiques. Elles furent menées par étapes avec la participation des parties prenantes. La Commission a suivi un cadre standard pour chaque étude de cas basée sur le modèle mis au point par le Secrétariat. Six questions furent au centre : Quels étaient les avantages, les coûts et les impacts projetés par rapport à ceux actuels? Quels étaient les avantages, les coûts et les impacts inattendus? Quelle était la répartition des coûts et des avantages qui a gagné et qui a perdu? Comment les décisions furent-elles prises? Le projet s est-il conformé aux critères et aux directives en vigueur? Comment ce projet pourrait-il être considéré dans le contexte actuel, en termes de leçons tirées? Ces questions ont servi à un but plus large plutôt qu à orienter simplement les études de cas. Elles ont aidé à donner une forme à la revue globale et aux éléments du programme de travail utilisé par la Commission pour évaluer les questions clés du débat général. La Commission a également utilisé les études pour se concentrer plus particulièrement sur la question de l efficacité en termes de développement, du point de vue des groupes de parties prenantes pour chaque étude cas. Enquête de vérification par recoupements sur les barrages La Commission a mis au point l enquête par recoupements pour amener l analyse faite dans les études de cas à cibler un plus grand ensemble de barrages. Des fiches d étude remplies furent reçues de 125 barrages situés dans 52 pays. Les 125 barrages comprenaient ceux inclus dans l étude de cas de barrages, des barrages supplémentaires choisis dans les bassins ciblés dans les études de cas, des barrages choisis à partir des bases de données existantes et une sélection au hasard de barrages par la population dans son ensemble ; ceci afin de contribuer à la diversité dans l échantillon. L objectif de l analyse était de détecter des caractéristiques plus étendues et des tendances au niveau de l efficacité et du processus de prise de décision. Une variété de barrages de différents types (stockage, dérivation) ; d âges (des années 1930 aux années 1990) ; de fonctions (alimentation en eau, irrigation, électricité, maîtrise des crues, loisirs et autres) ; types de propriété (publiques, sociétés anonymes ou privées) ; et des sites régionaux ont été inclus dans l enquête. Les données ont été vérifiées par une revue interne et en soumettant des ensembles de données litigieuses et des données choisies au hasard, pour révision par des personnes autres que les propriétaires et les exploitants de barrages. L annexe III expose la méthodologie et les statistiques résumées. La figure 1.10 montre le site des études de cas et de l enquête par recoupements sur les barrages. 31

32 32

33 Revues thématiques Un total de 17 revues thématiques et de quelques 130 documents ont été commandités par la Commission pour aborder les cinq points de préoccupation identifiés dans la stratégie et les objectifs de la CMB : Questions sociales et de répartition ; Questions touchant à l environnement ; Questions économiques et financières ; Evaluation des options et Processus de gouvernance et institutionnels. Les revues thématiques ont fourni les informations de base, les analyses et les recommandations concernant les questions transversales aux éléments centraux du débat sur les grands barrages. Elles examinent les expériences passées et actuelles ainsi que le contexte novateur en procédant à une synthèse des connaissances actuelles, des pratiques et des points de vue clés sur chaque sujet. Dans les limites de la disponibilité des ressources et du calendrier de la Commission, le niveau de l effort mis à préparer ces documents de revue varient selon la complexité de la question et le niveau de la controverse qui l entoure. La préparation des documents de revue inclut la mise en place de groupes de travail et de procédures pour une revue plus étendue. Cela a permis de mettre ensemble un large éventail de points de vue et d approches sur le sujet et de clarifier les domaines d accord possibles et de désaccords persistants sur des questions hautement controversées. Consultations régionales En l espace de deux ans, la Commission a tenu quatre consultations régionales en Asie du Sud, en Afrique et au Moyen Orient, en Amérique Latine et en Asie de l Est et du Sud Est. Pour chacune de ces consultations, les gouvernements, les ONG, les communautés affectées par les projets, les institutions financières et les représentants de l industrie et du secteur privé ont été invités à soumettre des propositions sur tous les aspects de leur expérience sur les barrages et les solutions alternatives ainsi que sur le développement des ressources hydrauliques et énergétiques. Plus de 30 exposés ont été faits à chaque consultation et les participants ont débattu sur les questions soulevées. Ils ont donné à la Commission une occasion exceptionnelle et sans précédent d être confrontée aux différents points de vue relatifs au débat sur les barrages dans un certain nombre de pays et de régions. La Commission a également eu l avantage d écouter les exposés faits par les ONG et les communautés affectées à deux sessions organisées par des ONG d Europe et d Afrique australe, de même qu elle a obtenu une plus grande panoplie de contributions en assistant et en participant aux ateliers et aux conférences organisées par une grande variété d organisations et de réseaux. 33

34 Notes 1. La Commission Mondiale de l Eau au 21 e siècle, D autres exemples d initiatives stratégiques en matière d eau incluent l Evaluation Globale des Ressources en Eau du Monde faite par les Nations Unies, le programme Aquastat de la FAO et les Conférences de Vision mondiale pour l Eau. 2. Gleick, 1989, p43 3. NU. 1999, p1; également Raskin et al, La projection moyenne en 2050 s élevait à 8.9 milliards. 4. NU, 1998, p2. Il est projeté que dans 30 ans on trouvera le taux de croissance démographique le plus élevé dans les agglomérations urbaines ; les dix centres les plus peuplés, dans un ordre décroissant, seraient Mumbai (Bombay), Shanghai, Chiennai (Calcutta), Beijing, Delhi, Karachi, Tianjin, Manille métropolitaine, Djakarta et Dhaka. 5. IPPC, La parité de pouvoir d achat (PPA) utilise les taux de change comptables pour comparer ou additionner les données économiques des pays et éviter ainsi les distorsions introduites par les taux de change du marché. En 1995, la production mondiale brute a atteint le chiffre de 33,4 milliards de milliards de dollars des Etats-Unis au taux de la parité de pouvoir d achat (PPA). 6. Raskin et al. 1998, p9. Données de l OCDE ; 78% aux prix du marché et 55% au taux du PPA. 7. Shiklomanov, 1998 dans Gleick p51-54 ; Raskin et al, 1995 ; basé sur des données des Nations Unies, de la Banque Mondiale et de Organisation Mondiale de la Santé. 8. Raskin et al, Gleick, 1998, p Seckler et al, Shiklomanov, op cit. 12. WRI et al, 1998, p Shiklomanov, op cit. L utilisation par les municipalités et les industries a augmenté de 17 à 28% des prélèvements, globalement, entre 1950 et Van Hofwegen et Svendsen, Ruskin et al, 1995, p9 ; Les pays sont considérés comme déficitaires en eau lorsque le volume annuel de l eau renouvelable descend en dessous de 1700 mètres cubes par habitant et en pénurie lorsque le volume descend en dessous de 1000 mètres cubes. 16. Raskin et al, Brown et Halwell, CMB Revue Thématique II.2 Changement à l échelle mondiale. 19. Schnitter, 1994, McCully, Zhang, 2000, CMB document sur les consultations régionales. 21. CIGB, 1998 ; voir également l annexe V ; la compilation des estimations dans les principaux pays constructeurs de barrages indique qu il peut y avoir environ grands barrages. 22. CMB Revue Thématique III.2 Tendances du financement. 23. CMB : Revue Thématique IV.2 Options en matière d irrigation. Les rendements des zones irriguées sont en moyenne le double de ceux des cultures pluviales. Ils sont aussi généralement plus élevés sur des terres irriguées à partir des eaux souterraines que sur des terres irriguées à partir des eaux de surface. 34

35 24. Cosgrove et Rijsberman, 1999, p Idem 26. L étude-pays sur l Inde a constaté que les chiffres officiels de la Commission Centrale de l Eau indiquent que 30% des terres irriguées sont approvisionnées en eau par des barrages ; toutefois, l étude a également fourni un chiffre alternatif de 10%. 27. Shiklomanov, op cit. 28. Roo, 2000 pp1-31; McIntosh and Ynigez, 1997, p AIE, Les Nations Unies estiment que 2 milliards de personnes n ont pas accès à l électricité. La consommation en électricité par habitant varie à peu près d un facteur de 10% parmi les différentes régions du monde : de Kwh/an en Amérique du Nord à moins de KWh/an en Afrique. 30. AIE, IFRCRCS, Berz, CIGB, Lu, Revenga et al. L étude du WRI de 1998 sur les conditions des principaux bassins versants dans le monde s est focalisée sur 150 bassins versants représentant 55% des superficies du monde. 36. Berger et al, CIGB, 1998, Analyse de la CMB. 38. Wolf 2000, document de contribution à la Revue Thématique de la CMB V.3Bassins versants. 39. Wolf et al, Lecornu, Une partie importante de la capacité de stockage globale des grands barrages peut être destinée à des lâchers pour la production énergétique, exclusivem ent. L analyse de tous les grands barrages se trouvant dans le registre de la CMB (1998), excepté les barrages uniquement hydro-électriques donne une capacité de stockage de kilomètres cubes. Cet ensemble de données n inclut pas de nombreux grands barrages situés en Chine, barrages dont on estime qu ils fournissent une capacité de stockage de 451 kilomètres cubes (IJHD, 1999). 42. Keller et al, 2000, p Revenga et al, Sur la base de l enquête sur les expériences en matière de déplacements de populations, la Banque Mondiale a estimé qu entre 1986 et 1993, environ 4 millions de personnes ont été déplacés par an par les 300 grands barrages construits en moyenne chaque année. Vers la fin des années 1980, environ 10,2 millions de personnes furent reconnues comme étant des «déguerpis de réservoirs» en Chine. Ce chiffre serait nettement plus élevé s il était officiellement mis à jour pour inclure des chiffres récents de déplacements de populations. Par exemple, les barrages et les réservoirs déjà construits sur les affluents et le cours principal du fleuve Yangtze uniquement ont causé le déplacement d au moins 10 millions de personnes. En Inde, les estimations des personnes déplacées à cause des grands barrages varient entre 21 et 33 millions de personnes. En Chine, les barrages comptent pour 34% dans le déplacement des personnes en raison des projets de développement (les déplacements dus à la construction des villes étant inclus dans le total), tandis qu en Inde, ils représentent 77% (les déplacements en zones urbaines n étant pas inclus dans le nombre total des déplacés) et 65 pour cent pour les projets financés par la Banque Mondiale qui impliquent des déplacements. Tous ces chiffres sont au mieux des estimations prudentes et n incluent certainement pas les millions de personnes qui ont pu être déplacées en raison de plusieurs autres aspects des projets, tels que 35

36 les canaux, les centrales électriques, les projets d infrastructure et les mesures compensatoires qui y sont liées telles les réserves de biodiversité, etc. (Voir notes de 7 à 10 au chapitre 4 pour les références sur cette note.) 45. Fox et Brown, 1998b. 46. Banque Mondiale, 1996a, p Jing, 1999, document de contribution à la Revue Thématique de la CMB 1.3 Déplacement, p Wang, pas de date. 49. CMB Revue Thématique 1.3 Déplacement. 50. BAD, 1999b, p Fernandes et Paranjpye, 1997, p Banque Mondiale, 1996a, p CMB Etude de cas du barrage de Kariba. 54. Les contestataires comprenaient à la fois ceux qui devaient être déplacés et les paysans qui étaient supposés être les bénéficiaires du projet d irrigation de Bakolori. Selon le gouvernement nigérian, 23 contestataires furent tués par balles ; les estimations non officielles avancent un chiffre de plus de 126 morts. 55. Stewart et al, 1996 ; Banque Mondiale, 1996b ; Chen, 1999 ; Au cours des consultations régionales de la CMB à Sao Paulo, l un des survivants a décrit comment sa femme et ses enfants ont été tués par balles devant lui alors qu il tentait tout simplement de dire aux autorités «où voulez-vous que nous allions?» La réponse vint sous la forme de quatre tirs rapides. 56. McCully, 1996, p Goodland, Udall, 1998, p Gray, 1998, p Moore et Sklar, 1998, p286, Soumission de la CMB eco Fox et Brown, 1998a, p Morse et Berge, Déclaration de Manibeli, OED, 1996a et 1996b 65. CIGB, CIGB,

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